Droits
de l'Homme / Human Rights
Men killed 3 thousand 151 women in ten years
According to the news compiled by bianet from local and national
newspapers, news websites, and agencies; men killed at least 289 women
in many provinces of Turkey in the 324 days from January 1, 2023, to
November 21, 2023.
13 women whom the men killed were refugees.
In the 324 days between January 1, 2023 and November 23, 2023, deaths
of at least 228 women reported in the press were "suspicious."
Male violence data of the last 10 years
"The İstanbul Convention saves lives."
Men killed at least 3151 women and injured at least 6005 women between
2013 and November 21 2023.
According to the male violence data reflected in the press between
January 1 - November 21, men killed 288 women, harrassed 350 women,
abused 116 women, inflicted violence on 681 women, and raped 16 women.
Men forced at least 335 women to sex work. The deaths of 228 women were
reflected in the press as "suspicious" and men killed at least 23
children within this period.
Who killed the women?
186 women were killed by husbands, ex-husbands/boy friends, 50 women
were killed by family members such as the father, brother or son.
17 women were killed by friends/workmates, eight women by their
son-in-laws, nine by their neighbors. One woman was kiilled by the son
of an employee, four women by relatives. The degree of acquintance
between the men and 13 women they killed was not reported in the press.
How did the men kill the women?
Men killed 165 women with firearms, 92 women with sharp objects, 11
women by strangling them, six women by beating, 5 women by throwing out
of the balcony.
Men killed three women by burning them, two women with stones and one
women by running her over with a vehicle. How men killed four women was
not reflected in the press.
Where did the men kill the women?
Men killed 72 women outside the house such as on the street, in a hotel
room, in a park, in forested area, and 199 women at home. Where men
killed 17 women was not reflected in the press.
With which “excuses” did the men kill the women?
Men killed at least 87 women because "they wanted to break up or did
not want to make peace."
Men killed at least 10 women due to jealousy. and 7 women using their
economic needs as excuses.
Men killed one woman because of "being bothered", one woman "because
she did not care for his mother" and one woman because she had pain.
Men killed four women because they "made noise." Men's "excuses" for
killing 177 women were not reported in the press. (BIA, 23 November
2023)
Si alliance, il doit y avoir, d’abord une alliance
avec la volonté kurde…

Doğan Özgüden
(Artı Gerçek, 14 novembre 2023)
Tant
qu’un engagement signé ne sera pas conclu au sujet des revendications
des citoyens kurdes, arméniens, assyriens, grecs et yézidis, les shows
électoraux ne cesseront de se succéder…
Le choc provoqué par
les résultats des dernières élections présidentielles et législatives
parmi tous les défenseurs de la démocratie, de la liberté et de la paix
a fait place à une nouvelle agitation avec les tentatives d’Erdoğan et
de ses partenaires, notamment à travers leurs déclarations relatives à
la Cour constitutionnelle, visant à abattre les dernières résistances
de la « séparation des pouvoirs ».
Dans cette agitation,
le nouvel élan impulsé par les seconds et troisième plus grands partis
de la Grande Assemblée nationale de Turquie, le CHP (parti républicain
du peuple) et l’HEDEP (parti de l’égalité et de la démocratie des
peuples), avec de nouveaux dirigeants après leurs grands congrès et à
l’approche des élections locales, joue un rôle important.
L’analyse exposée par
la coprésidente du HEDEP, Tülay Hatimoğulları, durant le 2e Congrès
extraordinaire du parti à Istanbul, tenu ce dimanche sous le slogan «
Pour la Victoire, encore le HEDEP, encore Istanbul », met en lumière la
dimension stratégique de ce nouveau processus :
« Une question que
tout le monde se pose avec impatience est de savoir ce que l’HEDEP fera
lors des élections locales. Que va faire l’HEDEP pour Istanbul et pour
Ankara ? Au point où nous en sommes, notre détermination la plus
fondamentale est de reprendre une par une nos municipalités placées
sous tutelle. Le régime de tutelle est un régime anti-démocratique,
l’incarnation même du fascisme et de l’autoritarisme. Le régime de
tutelle est un mode de pensée qui dit aux Kurdes : « Tu n’as pas le
droit d’élire et d’être élu ». C’est pourquoi notre premier travail est
de récupérer nos municipalités mises sous tutelle et de gagner toutes
celles qui nous ont échappé de peu. Pour cela, nous appelons à une
grande mobilisation populaire.
« Nous sommes les
sujets effectifs d’Istanbul. Istanbul ne signifie pas seulement
Istanbul. Istanbul, c’est Siirt, Bingöl ; Istanbul signifie les quatre
coins de la Turquie et du Kurdistan. Tout ce qui est fait ici aura un
impact dans la région, et tout ce qui est fait dans la région aura en
retour un impact sur nous tous ici. Ceux qui ignorent l’HEDEP, ceux qui
ne veulent pas voir l’HEDEP en politique, ceux qui envisagent l’HEDEP,
le peuple kurde et les composantes du HEDEP avec des phrases qui
continuent par « de toute façon » ou, au contraire, disent « Nous
verrons de que l’HEDEP fera », devrait très bien savoir que l’HEDEP se
concentrera pour obtenir la victoire dans ces élections, pour faire
gagner les peuples de Turquie. Nous allons nous concentrer tous
ensemble pour la victoire. Nous sommes le troisième plus grand parti
politique de ce pays ».
Le coprésident du
HEDEP, Tuncer Bakırhan, a également fait cette importante déclaration
sur les métropoles occidentales lors de la Conférence des gouvernements
locaux démocratiques à Ankara :
« Nous nous sommes
fixés une route et une ligne en tirant les leçons des lacunes et des
insuffisances de la période précédente. Si une nouvelle alliance doit
être conclue, nous voulons que cette alliance soit réalisée de manière
ouverte et transparente devant l’opinion publique. Cela ne doit pas
signifier pour autant que nous participerons à coup sûr à n’importe
quelle alliance. Si l’on nous imposera une alliance contraire aux
intérêts de notre peuple, contraire aux intérêts de nos peuples et de
nos travailleurs, nous ne sommes pas sans alternatives. Nous avons
achevé nos préparatifs afin de mettre en œuvre aux élections locales
notre politique de troisième voie, avec nos candidats les meilleurs et
les plus forts.
La danse
sans fin du CHP avec la mère-louve Akşener…
Face à cette position
nette du HEDEP, le CHP, principal parti d’opposition, malgré la mise à
l’écart de son leader Kılıçdaroğlu qui, en matière d’alliance, avait
suivi une politique opportuniste et de concession vers la droite, en
excluant le HDP (parti démocratique des peuples) et le YSP (parti de la
gauche verte) lors des dernières élections, n’a pas encore manifesté
une détermination à prendre la volonté kurde comme interlocuteur direct
et à former une alliance prioritaire avec l’HEDEP.
Avant le grand
congrès du parti, le nouveau président du CHP, Özgür Özel, avait fait,
durant le congrès départemental du CHP à Diyarbakir tenu le 6 octobre,
les déclarations suivantes concernant la question kurde :
« Nous voyons et
connaissons le problème kurde et nous engageons à avancer dans la voie
d’une solution véritable, sans arrière-pensée politicienne, face à
toutes les formes de discrimination auxquelles les Kurdes font face sur
les plans identitaire, linguistique et de liberté d’expression, et à
toutes les formes d’injustice auxquelles ils doivent faire face ».
Cependant, il n’a pas
été possible d’entendre à nouveau de la part d’Özel le même propos
déterminé lors des discours prononcés durant le 38e Congrès qui l’a élu
à une large majorité et des déclarations faites par la suite.
Dans la « Déclaration
du centenaire », adoptée à l’unanimité par les délégués ayant pris part
au Congrès, la position du parti concernant la question kurde a été
formulée, comme lors des précédents congrès, sous une forme vide de
sens :
« Nous ne pouvons
construire un avenir heureux qu’en unissant la société sur la base de
la citoyenneté, et non en la divisant en ghettos identitaires. Pour le
CHP, la question kurde est essentiellement un problème démocratique et
peut être résolu par des avancées en matière de démocratie, de droits
de l’homme et d’État de droit au sein de la Grande Assemblée nationale
de Turquie ».
Oui mais,
l’arithmétique actuelle de la Grande Assemblée nationale de Turquie,
résultant de la politique abracadabrantesque d’« alliance » de l’ancien
président Kılıçdaroğlu, le permettra-t-elle ?
Les 600 sièges de la
Grande Assemblée nationale sont de toute façon déjà aux mains des 324
élus de la majorité (présidentielle), dont 264 de l’AKP (parti de la
justice et du développement), 50 du MHP (parti d’action nationaliste),
5 du YRP (parti du retour à la prospérité), 4 du HÜDA (parti de dieu)
et 1 du DSP (parti de la gauche démocratique).
De plus, il ne fait
pas de doute que les 81 députés des cinq partis de droite que
Kılıçdaroğlu a favorisés lors de la dernière élection, tout en excluant
le YSP de l’alliance, dont 43 de l’IYIP (bon parti), 15 du DEVA (parti
de la démocratie et du progrès) – pour la plupart été élus sur les
listes du CHP –, 10 du SP (parti de la félicité), 10 du GP (parti de
l’avenir) et 3 du DP (parti démocratique), s’opposeront en accord avec
les députés Tayyipistes à toute proposition démocratique concernant les
citoyens kurdes, arméniens, assyriens, grecs et yézidis…
Ce qui fait 405
parlementaires, soit 5 de plus que la majorité des deux tiers du
Parlement !
A cette alliance de
facto réactionnaire fait face le front d’opposition de 194 sièges, dont
les 130 du CHP, les 57 du HEDEP, les 4 du TIP (parti ouvrier de
Turquie), les 2 de l’EMEP (parti du travail) et 1 du DBP (parti
démocratique des régions)…
Nous nous souvenons
encore de la manière dont, depuis des années, le groupe du CHP a adopté
sans réserve et sous les applaudissements, avec les groupes de l’AKP,
du MHP et de l’IYIP, au nom du « Parlement victorieux », lorsqu’ont été
soumis à son aval les opérations militaires menées en Syrie, en Irak,
au Haut-Karabagh et en Méditerranée.
Du reste, malgré le
changement de président et des membres de l’assemblée du parti, des
nouvelles constantes laissent entendre que le CHP maintient la position
prioritaire de l’IYIP dirigée par la mère-louve Meral Akşener, dans sa
recherche d’alliance en vue des élections locales.
Et ce n’est pas
surprenant… N’était-ce pas le nouveau président Özgür Özel qui, avant
le congrès, avait annoncé l’ouverture d’une « page blanche » avec
l’IYIP en déclarant « Ne pas faire alliance avec le parti IYI en
perdant mutuellement serait se faire harakiri » ?
L’état de
plein désarroi de l’Alliance nationale après les élections…
Sans nul doute, il
s’exprimait en gardant en tête les chiffres suivants :
Lors des dernières
élections générales, alors que l’Alliance populaire obtenait 46 % des
voix à Istanbul, l’Alliance nationale menée par le CHP n’avait pu
atteindre que les 36%, et ce avec les 8,22% de l’IYIP.
La situation n’était
guère différente à Ankara… Il est vrai que l’Alliance nationale avait
obtenu 43% des voix, mais avec les 13,12% de l’IYIP.
La crainte qu’un
alliance électorale avec l’HEDEP soit de nature à éloigner non
seulement les électeurs de l’IYIP, mais aussi ceux des autres membres
de l’Alliance nationale (DEVA, SP, GP et DP) des candidats du CHP à
Istanbul et à Ankara, perturbe le sommeil de tous les pontes du CHP, à
commencer par le maire d’Istanbul Ekrem İmamoğlu et son fondé de
pouvoir Özgür Özel, installé à la présidence du parti…
Les conflits internes
à l’IYIP montrent également que, même avec la poursuite par le CHP
d’une attitude opportuniste tenant, dans le seul but d’éviter de perdre
le soutien de ce parti, à bien se garder de conclure une alliance avec
le HEDEP, le soutien d’Akşener aux candidats du CHP est loin d’être
garanti.
Meral Akşener, qui,
lorsqu’elle avait fondé l’IYIP, n’avait eu l’opportunité de présenter
son parti aux élections qu’en formant un groupe parlementaire avec les
députés empruntés à Kılıçdaroğlu, et avait exprimé à de multiples
reprises sa gratitude envers ce dernier, n’était devenue dans le cadre
des alliances conclues avec le CHP, suivant ses opposants internes,
plus que la figurante d’une stratégie visant « à faire gagner le CHP ».
Pour cette raison,
bien qu’il figure parmi les cinq premiers partis ayant obtenu le plus
de voix en Turquie, l’IYIP n’a pu remporter aux élections locales que
15 des 922 districts du pays et ne compte que 144 élus dans les grandes
villes, 23 dans les conseils départementaux et 1114 dans les conseils
municipaux.
Pour cette raison,
l’opposition interne au parti force Akşener à ne plus nouer désormais
aucune alliance avec le CHP et à ne désigner que des membres du parti
comme candidats maires dans toutes les villes.
Le journaliste İsmail
Saymaz, du journal Sözcü, avait même commenté qu’en cas de candidatures
séparées de la « table des six » aux élections locales, le risque de
voir les municipalités d’Istanbul, d’Ankara, d’Adana, de Mersin, du
Hatay et d’Antalya passés à l’Alliance populaire serait élevé.
Tant que les partis
traditionnels, en ce compris le CHP, ne tiendront pas compte de la
volonté kurde dans le cadre de leurs alliances de comptes
d’apothicaires et tant qu’ils ne s’engageront pas par signature à une
véritable démocratisation du pays, à la résolution du problème kurde et
à la satisfaction des demandes des citoyens arméniens, assyriens, grecs
et yézidis, les shows électoraux bidons ne cesseront de se succéder.
En tant que
journaliste ayant suivi attentivement, sur place ou dans l’exil, toutes
les élections générales et locales en Turquie depuis 71 ans, je n’ai
que ceci à dire :
Si alliance, il doit
y avoir, d’abord une alliance avec la volonté kurde…
Les "Mères du
samedi" manifestent à Istanbul après 5 ans
d'interdiction
Des femmes turques commémorant la disparition de leurs proches dans les
années 1980 et 1990 ont organisé samedi une veillée à Istanbul pour la
première fois depuis cinq ans.
Samedi, dix manifestantes ont participé à la veillée sans aucune
intervention de la police.
Connues sous le nom de "Mères du samedi" (Cumartesi Anneleri, en turc),
elles se réunissaient le samedi depuis le 27 mai 1995 au coeur
d'Istanbul, en souvenir de leurs proches portés disparus, prétendument
aux mains de l'Etat, dans l'une des périodes les plus troubles de la
Turquie moderne.
En 2018, la police a violemment réprimé leur manifestation après que
les autorités locales ont annoncé qu'elle serait interdite parce que
des appels au rassemblement avaient été lancés sur des comptes de
réseaux sociaux liés à des militants kurdes, répertoriés comme
terroristes par Ankara et ses alliés occidentaux.
Ces disparitions se sont produites au plus fort de l'insurrection du
Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) exigeant l'autonomie dans le
sud-est à majorité kurde.
Le pays a également été ravagé par l'instabilité politique et la
violence à la suite du coup d'Etat militaire de 1980 suivi de
nombreuses arrestations.
Les militants affirment que l'Etat n'a jamais enquêté de manière
approfondie sur le sort des personnes disparues après leur arrestation
par les autorités.
Le groupe des "Mères du samedi" n'a pas pu organiser des manifestations
de 1999 à 2009, en raison des interventions répétées de la police, mais
il les a ensuite reprises même si la police a maintenu une surveillance
étroite lors de ses rassemblements. (AFP, 11 nov 2023)
Scandal juridique: affrontement entre deux
importantes cours de justice turques
Deux éminentes institutions judiciaires turques, la Cour suprême
d'appel et la Cour constitutionnelle, se sont affrontées mercredi à
coup de plainte pénale au sujet du sort réservé à un politicien de
l'opposition emprisonné.
La Cour suprême d'appel a annoncé mercredi qu'elle déposait plainte
contre les membres de la Cour constitutionnelle pour avoir ordonné la
libération de Can Atalay.
Cet avocat de 47 ans était l'un des sept accusés condamnés l'année
dernière à 18 ans de prison dans le cadre d'un procès controversé qui a
également vu l'emprisonnement à vie du fameux philanthrope Osman Kavala.
M. Kavala a été reconnu coupable d'avoir tenté de renverser l'ordre
constitutionnel en finançant des manifestations en 2013 contre le
gouvernement du Premier ministre de l'époque et actuel chef de l'Etat,
Recep Tayyip Erdogan.
M. Atalay représentait l'équipe d'avocats des personnes impliquées dans
ces manifestations.
Les deux hommes ont qualifié les accusations portées contre eux de
politiques et de fictives.
La commission électorale turque a ensuite autorisé M. Atalay à se
présenter depuis sa prison aux élections générales de mai en tant que
candidat du Parti des travailleurs de Turquie (TIP), une formation de
gauche.
Il a été élu représentant de la province méridionale de Hatay et a
ensuite demandé à la Cour suprême de le libérer parce qu'il bénéficiait
désormais d'une immunité.
La Cour suprême a rejeté l'appel de M. Atalay en juillet.
La Cour constitutionnelle a statué le mois dernier que la Cour suprême
avait violé les droits civils de M. Atalay.
La Cour suprême a riposté en engageant mercredi des poursuites contre
les membres de la Cour constitutionnelle, accusant cette Cour d'avoir
"outrepassé son autorité légale" et a déposé une plainte pénale auprès
du bureau du Procureur général.
Cette affaire découle d'une vague de protestations de 2013 qui avait
constitué le premier défi sérieux au régime de M. Erdogan.
Ces manifestations, initialement destinées à contrecarrer un projet de
raser les arbres d'un parc d'Istanbul, s'étaient rapidement
transformées en un mouvement de protestation national contre le régime.
Le gouvernement a violemment dispersé ces manifestations puis a
entrepris de réprimer ses dirigeants.
Cette querelle entre deux juridictions a été condamnée jusque dans les
rangs des alliés du président Erdogan.
"Nous vivons des événements qui ne devraient jamais, au grand jamais,
se produire", a ainsi déclaré Hayati Yazici, député du parti AKP au
pouvoir, sur les réseaux sociaux. "Les corps qui composent l'Etat
devraient résoudre les problèmes. Ils ne devraient jamais les créer",
a-t-il ajouté. (AFP, 8 nov 2023)
Le mécène
Kavala, condamné à vie, garde l'espoir d'être
libéré
Condamné à perpétuité en Turquie, le mécène Osman Kavala, bête noire du
président Recep Tayyip Erdogan, garde l'espoir d'être relâché un jour,
même s'il ne sait pas quand cette libération pourrait avoir lieu.
"Je n'ai commis aucun crime et le verdict de ma condamnation à vie ne
mentionne aucun acte concret qui puisse être considéré ainsi. Je n'ai
donc aucun doute que je serai relâché", affirme-t-il dans un entretien
écrit accordé à l'AFP par le biais de ses avocats.
"Ce que je ne sais pas, c'est quand cela arrivera. En prison, le plus
bouleversant est de s'attendre à être libéré, sans que ça ne se
réalise. J'essaye pour cette raison de ne pas y penser pour préserver
ma santé mentale", ajoute-t-il.
En prison depuis six ans, l'homme d'affaires né à Paris, âgé de 66 ans,
figure de la société civile, mécène des arts et de la culture, est
accusé d'avoir cherché à renverser le gouvernement en finançant des
manifestations hostiles au pouvoir en 2013.
Sa condamnation à la "réclusion à perpétuité aggravée", pour son rôle
présumé dans les manifestations de Gezi en 2013 à Istanbul, a été
confirmée en septembre par la justice turque.
Ce qui signifie qu'il ne peut y avoir de libération anticipée et que le
détenu restera à l'isolement.
Osman Kavala a toujours nié les charges pesant contre lui.
Il avait dénoncé un "assassinat judiciaire" contre lui et l'influence
du chef de l'Etat sur son procès.
- Irritation d'Erdogan -
Les responsables du Conseil de l'Europe ont sommé à plusieurs reprises
la Turquie de libérer immédiatement le mécène turc, après un arrêt
jugeant qu'Ankara avait violé la Convention européenne des droits de
l'Homme.
Le refus de la Turquie d'appliquer cet arrêt lui vaut une procédure
d'infraction, qui pourrait aller jusqu'à son expulsion du Conseil de
l'Europe.
En octobre, M. Kavala a reçu le Prix des droits de l'Homme Vaclav Havel
du Conseil de l'Europe, suscitant la colère d'Ankara.
Le chef de l'Etat turc exprime régulièrement son irritation concernant
l'attention de l'Europe et des Etats-Unis au sort d'Osman Kavala.
En 2021, il a menacé d'expulser dix ambassadeurs des pays occidentaux
qui avaient appelé à la libération du mécène.
M. Kavala suit les efforts menés en Turquie et à l'étranger pour sa
libération par le biais de son avocat qui lui rend visite deux à trois
fois par semaine.
Une journée ordinaire en prison commence pour lui en regardant le
journal télévisé, raconte-t-il.
"Je marche un peu lorsque la porte de la cour intérieure est ouverte.
Je laisse des miettes de pain pour les moineaux. Je peux utiliser la
cour uniquement jusqu'à midi, après la confirmation de ma peine à la
réclusion à perpétuité aggravée", affirme-t-il.
Il passe ensuite son temps à lire et à écrire, avant de regarder un
film sur la chaîne publique TRT2 le soir.
- "Vitale pour la démocratie" -
Pour lui, il est important que la communauté internationale poursuive
les efforts pour la libération des opposants emprisonnés en Turquie.
Le putsch manqué du 15 juillet 2016 avait été suivi de purges et
d'arrestations d'une ampleur sans précédent en Turquie contre les
partisans présumés du mouvement Gülen, accusé d'avoir fomenté le coup,
mais aussi contre des opposants kurdes, des intellectuels ou des
journalistes.
"Il est important que les hommes politiques à l'étranger continuent à
rappeler au gouvernement turc que le respect des arrêts de la Cour
européenne des droits de l'homme est nécessaire pour le système
juridique européen", affirme d'Osman Kavala.
Le chef du principal parti de l'opposition turque, Kemal Kiliçdaroglu,
avait dénoncé son "emprisonnement illégal" lorsqu'il lui avait rendu
visite début octobre.
Pendant sa campagne pour les présidentielles en mai dernier, M.
Kiliçdaroglu s'était engagé à libérer tous les "prisonniers politiques"
s'il était élu.
Mais il a été vaincu au deuxième tour des élections le 28 mai dernier
et le président Erdogan a été réélu.
M. Kavala espère que l'opposition continuera de faire des efforts.
"Avant les élections, les partis de l'opposition avaient affirmé que
l'indépendance de la justice et son fonctionnement conforme à la
dignité humaine, ainsi qu'aux normes internationales était leur
priorité. J'attends de leur part de maintenir cette question vitale
pour la démocratie à l'ordre du jour". (AFP, 3 nov 2023)
Kavala marks 6th year in prison, voices
concerns about worsening conditions
Imprisoned human
rights
advocate Osman Kavala, who has been in jail for the last six years,
said his conditions within the prison system have deteriorated after a
decision by the Court of Cassation upheld the verdict of his
controversial case in the Gezi Trial.
Kavala was sentenced
to
aggravated life imprisonment in the Gezi Trial, which has been widely
criticized for its perceived lack of concrete evidence, raising
concerns about the state of justice and human rights in Turkey.
In an official
statement
released on the anniversary of his imprisonment, Osman Kavala decried
the lack of evidence supporting the accusations against him.
"For six years, I
have
been held in prison without a shred of evidence pointing to my guilt.
As I awaited the end of this ordeal, the decision by the Court of
Cassation to confirm the injustice has only made my incarceration more
burdensome," he said.
Kavala also took the
opportunity to acknowledge a prestigious honor he received.
"Receiving the award
from
the Parliamentary Assembly of the Council of Europe in the name of
Vaclav Havel, who had his own prison experience, is an honor for me.
However, I find no joy in the attacks by Hamas on civilians and the
devastation caused by the Israeli bombardment in Gaza. It is my hope
that all international organizations will exhibit greater sensitivity
to the injustices perpetuating the atmosphere of terror and violence
that has caused immense suffering in Palestine. I trust they will take
strong initiatives to establish peace in accordance with international
legal norms," he said.
He concluded his
statement with an inspiring message of hope: "As Havel once said, 'the
most important thing is not to lose hope.' I have not lost hope that
the rule of law will prevail in my country."
Osman Kavala was
aırrested in 2017 on charges of "being the leader of Gezi protests" and
"participation in the attempted coup and was handed an aggravated life
sentence in 2022 on the charge of "attempting to overthrow the
government." As of today, Osman Kavala remains incarcerated in Silivri
Prison.
His case has drawn
widespread international attention and sparked debates about human
rights and justice in Turkey, leading to calls for his release from
various rights organizations and governments worldwide. (gerçeknews, November 1, 2023)
Turkey ranks 99th on Women, Peace, and Security Index
In a world grappling with health crises, conflicts, political upheaval,
and climate change, the 2023/24 Women, Peace, and Security (WPS) Index
has shed light on the disparities in women's status across the globe.
This marks the fourth publication of the index since its inception in
2017, evaluating the status of women in 177 countries.
On the 2023/24 WPS Index, Turkey secured the 99th position out of the
177 countries assessed. The index categorizes Turkey within the regions
of Middle and Eastern Europe, Central Asia, and the Middle East.
An in-depth analysis reveals that Turkey's performance in the fields of
education and social security was especially lackluster, resulting in
the country landing at the bottom of the heap among its regional peers.
(BIA, November 1, 2023)
Pression
sur les médias / Pressure on the Media
Journalist Sönmez faces his fifth trial for insulting the
President
Journalist and economist Mustafa Sönmez faces a new trial for insulting
the President (Article 299 of the Turkish Penal Code). The indictment,
prepared by public prosecutor İsmet Saçlı, accuses Sönmez for the fifth
time under Article 299.
The charges in the indictment relate to three posts made on the
platform then known as Twitter in 2016, 2018, and 2019. Sönmez's
specific posts are as follows:
August 2016: "The CHP administration, which until yesterday called
Tayyip [Erdoğan] a dictator, a thief with a fake diploma, has decided
to walk towards him. Which superior intelligence is guiding you?
July 2018: "Tayyip [Erdoğan] in Bingöl, has put himself in Mursi's
place, and he said "They will overthrow me too, the marauders... His
chemistry is messed up... God, grant healing, what else can we say."
May 2019: "Question: Who is called a cunning thief?" (Quoting a news
article from Yurt Newspaper titled 'We will hopefully not leave the
Istanbul elections to thieves,' reporting Erdogan's statement)
The prosecutor has requested a sentence of one to four years of
imprisonment for Sönmez due to these posts. İstanbul Anatolian 30th
Criminal Court of First Instance accepted the indictment and scheduled
the trial for February 13, 2024.
"Futile occupation of the judiciary"
In his assessment given to bianet regarding the case, Sönmez stated,
"An absurd indictment. The prosecutor has based the insult allegations
on my posts from 2016, 2018, and 2019. Has it only occurred to them
today seven years after the alleged insult? No sensible judge would
take such an indictment seriously. It's a futile occupation of the
judiciary. I have been acquitted of similar indictments before. Why
should this be any different?"
"An untouchable President and citizens held accountable for every
criticism"
Erol Önderoğlu, the Turkey Representative of Reporters Without Borders
(RSF), commented, "This regulation, namely Article 299 of the Turkish
Penal Code, symbolizes the inequality between an untouchable President
in the political and social environment and citizens who are held
accountable for every word and criticism. The Constitutional Court
should have confirmed the unconstitutionality of this article years
ago, but in this period where the Constitutional Court is under threat,
criticizing may no longer have any meaning. As RSF, we continue to
emphasize that this regulation resulting in the trial of hundreds of
journalists, with 74 of them being convicted, is entirely
antidemocratic." (BIA, 23 November 2023)
Iranian actor Shailin Asadollahi detained in Turkey
Iranian actor Shailin Asadollahi was detained yesterday (November 23)
in Istanbul. The actor, currently held at the Removal Center, is at
risk of being deported to Iran.
Asadollahi announced his detention through a post on his Instagram
account.
Theater and film actor Asadollahi also works as a Persian-Turkish
translator. She has undertaken the translation duties for many
filmmakers at events held at the Ankara Film Festival and İstanbul
Sinematek.
In a short video she shared, Asadollahi stated that she was detained
because someone she had previously argued with and filed a complaint
against had also filed a complaint against her. The actor mentioned
that she is currently continuing her education in Turkey as a student
and expressed deep sadness about being detained.
Asadollahi also called for solidarity for her release.
Iranian director, screenwriter, actor, and writer Mania Akbari,
speaking to bianet about the matter, stated that the actor came to
Turkey to avoid being detained in Iran and is now facing the danger of
deportation to Iran.
"We need your help very much, please help Shailin," Akbari said.
The message regarding the detention of Asadollahi that the friends of
the actor conveyed to Mania Akbari was as follows:
"We are asking for help from our friends. Today, Shailin Asadollahi,
the sister of political prisoner Anisha Asadollahi currently in Evin
Prison in Tehran, was detained by the Turkish police, and there are
plans to deport her to Iran.
"Shailin Asadollahi's life is in danger because she comes from a
political family, and her siblings Ali Asadollahi and Anisha Asadollahi
are two political activists also in Evin Prison. Shailin Asadollahi's
life could be in jeopardy if she is deported to Iran. We are seeking
help from friends in Turkey to prevent the deportation of Shailin
Asadollahi."
PEN International had released a statement in July 2023 regarding
Shailin Asadollahi's sister, Anisha Asadollahi, held in Evin Prison in
Tehran.
In an open letter addressed to the Supreme Leader of the Islamic
Republic of Iran, Ayatollah Ali Khamenei, PEN called for the immediate
and unconditional release of Anisha Asadollahi and Keyvan Mohtadi, who
were detained on May 9, 2022, on charges of translating for two French
citizens, Cécile Kohler and Jacques Paris, and were arrested a few days
later. (BIA, 23 November 2023)
Le combat multidimensionnel d’une femme journaliste…

Doğan Özgüden
(Artı Gerçek, 17 novembre 2023)
Mes mémoires sur notre vie et notre lutte, que ce soit en Turquie ou
dans l’exil, furent publiés en deux volumes sous le titre Journaliste «
apatride », tout comme une sélection de mes écrits en exil parus dans
divers revues, journaux et bulletins d’information, dont Artı Gerçek,
édités en six volumes par Info-Türk.
Le moment est venu, surtout après notre dernier terrible accident, il
était plus que temps de rendre justice à İnci Tuğsavul, avec qui je
suis depuis 61 ans et dont j’ai partagé jour après jour le combat et
l’amitié, la douleur et la joie, et publié la plupart des créations et
écrits le plus souvent sans la mentionner.
Le livre intitulé « Faire de l’apatridie une patrie – le combat
multidimensionnel d’İnci Tuğsavul” que j’ai écrit sur İnci, qui a dû
fuir son pays après le coup d’État du 12 mars 1971 en raison des
poursuites lancées à son encontre pour avoir partagé la responsabilité
éditoriale du journal Akşam (Le Soir) ainsi que de la revue et des
publications Ant (Le Serment), vient d’être publié par Info-Türk à
Bruxelles. Il sera également publié en Turquie par les éditions
internationales Belge qui avait déjà publié mes mémoires intitulées
Journaliste « apatride ».
Ce livre vise à rassembler une sélection des écrits d’İnci et de ceux
écrits sur elle, qui s’est consacrée dès son enfance à la musique et
aux arts plastiques, au journalisme pendant ses années universitaires,
puis à lutte socialiste à partir des années où nous avons vécu
ensemble, et qui a su rendre sa vie d’exil pleinement créative depuis
plus d’un demi-siècle.
Nous nous sommes connus avec İnci à Izmir en 1962. Mais plus tard, en
fouillant dans nos souvenirs d’enfance, nous avions découvert que notre
première rencontre remontait à bien plus tôt, en 1946.
Comme tous les enfants issus de familles à revenus modestes, nous
avions aussi tous deux passé notre enfance dans les privations
alimentaires qui pouvaient être considérées comme ordinaires dans les
années de guerre et d’après-guerre. Nos petits-déjeuners comprenaient
des olives noires, du fromage blanc (feta) et de la confiture maison,
mais les très onéreux fromage kashar, le soudjouk et le pastourma
étaient hors de notre portée.
Un jour, à la fin des années 60, alors que nous passions devant les
meules de kashar pendant que nous faisions nos courses hebdomadaires au
bazar aux épices à Istanbul, je racontais à İnci comment, enfant, lors
d’une visite chez un parent à Yenişehir, je contemplais, en avalant ma
salive, une meule posée contre la fenêtre.
İnci m’avait coupé la parole en me demandant “toi aussi?” : “N’était-ce
pas dans la maison du commissaire Halit, à Sağlık Sokak (rue de la
Santé)?”.
Le commissaire Halit, originaire du même pays que ma famille, habitait
en effet une partie moitié rez-de-chaussée, moitié sous-sol d’une
maison de cette rue. Il s’avère que la famille d’İnci vivait dans la
partie mitoyenne.
Je me suis soudainement souvenu. Chaque fois que nous nous y rendions,
nous allions immédiatement jouer avec les enfants du quartier et y
rivalisions dans tous les domaines. Parmi les nombreux garçons, une
fillette de cinq-six ans qui ne payait pas de mine se mêlait également
au jeu et dominait souvent les garçons.
Cette fillette, dont je ne me souvenais même plus du nom à la fin des
années 40, allait devenir des années plus tard à la fois mon grand
amour et ma partenaire de vie et de lutte.
Le combat commun de deux jeunes journalistes dans les années 60
À l’été 1962, tout juste de retour de mon premier exil où j’avais dû
aller gagner ma vie après avoir été mis sur liste noire par les patrons
de presse en raison de mon combat syndical, j’avais à la fois pris part
à l’organisation du Parti ouvrier de Turquie et assumé la
représentation égéenne du journal Öncü (L’Avant-Garde) soutenant le
parti.
Quant à İnci, elle était l’envoyée la plus brillante du journal
d’opposition Hür Vatan (La Patrie libre) paraissant à Ankara, grâce à
ses nouvelles qui faisaient la une du journal. À Izmir où elle était
venue rendre visite à un de ses proches, nous nous étions rencontrés
pour la première fois dans le bureau délabré d’Öncü, qui ressemblait à
tout sauf à un bureau de presse, et avions une longue conversation sur
les problèmes brûlants du pays.
Malgré son statut de “journaliste vedette” dans la presse ankariote,
İnci était mal à l’aise face au conformisme médiatique et était à la
recherche de quelque chose de précis. Sur le plan politique également,
elle s’opposait à la politique conservatrice d’İsmet pacha, divinisé
durant ses années d’opposition, une fois arrivé au pouvoir.
C’était l’époque où le colonel Aydemir, commandant de l’Académie
militaire, renvoyé de l’armée le 22 février du fait des complots et
intrigues d’İsmet pacha, et son entourage, tentaient de s’organiser
comme alternative politique radicale.
Nous avons eu une longue conversation sur les problèmes brûlants du
pays. Elle écoutait avec intérêt mes opinions suivant lesquelles, en
tant que militant socialiste, la seule solution était une véritable
révolution sociale sous la direction de la classe ouvrière et qu’il
fallait pour cela s’organiser le plus vite possible au sein du Parti
ouvrier de Turquie, mais disait que l’oligarchie politico-militaire
qu’elle suivait de près à Ankara utiliserait tous les moyens pour
empêcher une telle organisation.
Comme j’avais une réunion de parti ce soir-là, nous nous sommes séparés
avec la promesse de discuter plus en profondeur de ces questions à
l’avenir.
Après avoir déménagé à Istanbul en 1963, à la demande d’Aybar pour
assumer des responsabilités au siège central du Parti ouvrier de
Turquie, à chaque fois qu’elle venait à Istanbul, İnci passait me voir
au journal Gece Postasi (Les nouvelles du soir) où je travaillais, et
où nous nous entretenions et débattions.
1963 fut l’année où les succès journalistiques d’İnci, qui n’avait même
pas encore achevé sa deuxième année dans la profession, furent
récompensées par la plus grande organisation de presse de Turquie. Le
premier prix dans la catégorie information du concours du “Journaliste
de l’Année” de l’Association des journalistes d’Istanbul fut décerné à
İnci lors d’une cérémonie tenue le 16 juillet 1963. Elle était la seule
femme journaliste jugée digne d’un prix…
Malgré cela, elle était extrêmement contrariée et triste que ses
informations dans le journal Hareket (Action) pour lequel elle
travaillait, soient publiés de manière déformée avec de gros titres
sensationnels. Pour atténuer le choc de cet incident, elle effectua un
court voyage en Méditerranée. Avant de partir, elle passa au Gece
Postasi et s’entretint longuement avec moi. Elle était décidée à
changer de journal à son retour.
Notre collaboration professionnelle et notre camaraderie dans la lutte
socialiste commença en 1964 au journal Akşam. Alors qu’elle commençait
à travailler au bureau ankariote du journal, j’avais quitté le Gece
Postasi où j’étais rédacteur en chef pour assumer à Akşam le
secrétariat de nuit. Et quelques mois plus tard, la rédaction en chef…
Elle s’était réjouie que moi, journaliste venant de province,
assumait.à un jeune âge la direction du plus ancien quotidien de
Turquie, mais était aussi inquiète. Lorsqu’elle m’avait rendue visite à
Istanbul, elle m’avait demandé sans ambages : “As-tu bien mesuré tout
ce qu’impliquait d’assumer la rédaction en chef?”.
J’avais répondu : “Bien sûr” et lui avait déclaré que je constituerais
une équipe solide dans les plus brefs délais pour faire du journal la
voix quotidienne du mouvement de gauche en voie d’ascension en Turquie.
Et c’est ce qui s’est passé… Après avoir pris la direction d’Akşam,
j’avais créé une équipe éditoriale vraiment dynamique et avait ouvert
les pages du journal aux plumes de gauche les plus célèbres, à
commencer par Çetin Altan, Yaşar Kemal, Aziz Nesin et Fethi Naci.
1965 a été l’année où İnci et moi avons à la fois uni nos vies privées
et débuté notre lutte commune, que nous poursuivrons toute notre vie,
pour l’édition de gauche.
À partir du 31 janvier 1965, avec İnci, nous n’avons pas seulement
partagé notre vie privée, nous avons également vécu ensemble toute la
créativité, les difficultés, les condamnations et la douleur de l’exil
du journalisme de gauche.
La lutte d’İnci Tuğsavul en exil
Le fait d’avoir pendant deux ans fait du journal Akşam la voix
quotidienne de la gauche en Turquie, d’avoir publié jusqu’à leur
interdiction par le coup d’État de 1971 la revue et les livres Ant,
d’avoir organisé ensemble avec nos camarades dans les 20 premières
années de nos 52 ans d’exil l’Action de résistance démocratique contre
la Junte du 12 mars, puis l’Union pour la Démocratie contre la Junte du
12 septembre, tout cela est devenu de l’histoire ancienne.
Nous continuons sans interruption à publier en différentes langues les
bulletins et les livres Info-Türk, commencés il y a 47 ans, malgré de
nouvelles poursuites judiciaires à notre encontre, notre déchéance de
la nationalité turque, notre prise pour cible par les ambassades
turques et les publications des lobbyistes à leur solde, notre âge
avancé et nos problèmes de santé qui
s’aggravent.
La création et la survie des Ateliers du Soleil, qui fournissent à
Bruxelles des services éducatifs et culturels aux immigrants et exilés
de différents pays du monde, sont en grande partie l’œuvre de la
créativité d’İnci.
J’avais essayé de raconter en détail dans les deux volumes de mes
mémoires intitulées Journaliste « apatride » les luttes d’İnci, 6
années durant en Turquie et 52 années en exil, avec ses réalisations,
ses peines et ses joies.
Nous sommes aussi tous deux conscients que dans nos âges avancés, les
feuilles du calendrier tombent de plus en plus vite, les unes après les
autres. Le nombre de nos parents, amis et camarades encore en vie
diminuent à grande vitesse.
Et cette question qui ne nous a jamais quitté tout au long de notre
exil : pourrons-nous vraiment être un jour dans notre si beau pays ?
Les résultats des élections de mai dernier, qui ont déçu tous les
combattants de la démocratie, de la liberté et de la paix, ont montré
que cela ne pourra pas être possible avant longtemps, et peut-être que
nos âges avancés ne le permettront pas du tout.
De plus, nous avons à nouveau été la cible, le 20 août 2023, d’une
campagne provocatrice intitulée « Qui sont les « intellectuels turcs »
qui s’attaquent à l’Azerbaïdjan » après avoir signé une déclaration de
solidarité avec le peuple du Karabagh sous blocus de l’Azerbaïdjan.
Alors que nous avons déjà été déchus de la nationalité turque il y a 40
ans, les mêmes milieux ont appelé à ce que nous soyons à nouveau déchus
d’une nationalité que nous n’avons plus.
Mais ce n’est pas comme si nous n’existions plus dans le pays qui nous
a vu naître et grandir…
Le documentaire Apatride d’Esra Yıldız qui a été projeté à Boston,
Paris, Cologne et Hambourg a aussi montré nos images dans les villes de
notre jeunesse en Turquie, à Izmir et à Ankara.
De plus, grâce aux réseaux sociaux, ne sommes-nous pas de toute façon
depuis des années jour et nuit en Turquie avec nos pensées et nos
messages ?
« La patrie est l’endroit où tu produis » s’était exclamée Inci dans
son discours lors de la projection d’Apatride à Cologne…
Je suis le témoin privilégié des réalisations incessantes d’İnci tant
en Turquie qu’en exil. Info-Türk et les Ateliers du Soleil en Belgique
sont en grande partie le produit de ses travaux dévoués et créatifs.
En 2024, nous célébrerons le 50e anniversaire des Ateliers du Soleil
ensemble avec nos amis qui les dirigent, assument la responsabilité de
leurs activités aux multiples facettes ou, venus des quatre coins du
monde, y étudient en partageant la fraternité universelle.
Malgré tout, en communion avec İnci, nous continuerons à poursuivre
notre combat aussi longtemps que nous vivrons et que notre santé nous
le permettra.
Un journaliste libéré après trois mois de prison
Le journaliste turc Baris Pehlivan, sommé par SMS de regagner sa prison
il y a trois mois pour la cinquième fois en deux ans, a été libéré
vendredi ont rapporté les médias turcs.
"Je n'aurai jamais du vivre ce que j'ai enduré depuis trois mois. (...)
Je vais continuer à faire du journalisme de la même manière que je
faisais avant", a affirmé M. Pehlivan aux journalistes à sa sortie de
prison.
Le journaliste avait été incarcéré pour la cinquième fois en deux ans
en août à la suite d'un SMS le sommant de se présenter au centre de
détention de Marmara, l'ancienne prison de Silivri, où sont détenus
beaucoup d'opposants.
Sa demande de remise en liberté conditionnelle avait initialement été
rejetée à cause d'une plainte pour "insulte envers un fonctionnaire"
concernant un article qu'il a écrit sur la corruption au sein de la
justice.
Il a finalement pu être libéré après le retrait de cette plainte.
Ancien rédacteur en chef de Oda TV et contributeur au quotidien
Cumhuriyet, Baris Pehlivan, 40 ans, a été condamné pour violation de la
loi sur les services secrets à trois ans et neuf mois de prison en
2021, puis libéré une première fois après six mois de détention.
Incarcéré à cinq reprises et remis en liberté conditionnelle, il est
accusé d'avoir rapporté en 2020 la mort d'un officier du renseignement
turc en Libye, où Ankara avait apporté son soutien à un gouvernement
reconnu par l'ONU.
Ce décès n'a jamais été démenti par les autorités turques.
Une vingtaine d'organisations de protection des journalistes avaient
dénoncé un "harcèlement judiciaire" à son encontre.
Selon le dernier classement RSF, la Turquie figure en 2023 au 165e rang
sur 180 pays. (AFP, 17 nov 2023)
Author
Sadık Aslan faces extended prison term as his release delayed again
Sadık Aslan, who has been held in prison for 18 years and had his
release postponed last May for "mentioning the Constitution," will
remain in prison for another 3 months, according to a new decision by
the prison's Administration and Observation Board.
Aslan, an author of three books, including a novel, is currently
detained at the Elazığ 1st High-Security Prison.
Despite having a positive conduct evaluation in May 2023, Aslan was not
released, with the justification that he did not show remorse and had
the potential to commit crimes again after release.
The recent decision by the board, issued on November 14, states, "Since
he did not demonstrate remorse, it is determined that he is not ready
to integrate into society." The decision refers to observations from
the psychosocial service, stating that Aslan avoided answering key
questions regarding his repentance, potential for reoffending, and harm
to society and the victim.
The board also referred to Aslan's lack of enthusiasm for participating
in educational activities, numerous disciplinary actions, and alleged
collaboration with other inmates convicted of terrorism, concluding
that he does not exhibit good conduct.
"Prisons perform judicial duties"
Peoples' Equality and Democracy Party (HEDEP) Group Deputy Chair Meral
Danış Beştaş brought up the issue of preventing Sadık Aslan's release
at the parliament yesterday. During her speech in the General Assembly,
Beştaş criticized the prison administration boards, stating, "Prison
administration boards have begun to perform judicial duties; they
unlawfully judge and imprison people. But killers are set free."
In May, Aslan's lawyer Özge Akyüz had commented on the decision of the
Administration and Observation Board to bianet, saying, "In its current
state, the Administration and Observation Board is placing itself in
the position of a court with groundless, arbitrary, and subjective
assessments, claiming that prisoners have the possibility of committing
crimes again after release. Moreover, they are essentially rejudging
prisoners and transforming the execution law into a new realm of
punishment."
It's worth noting that similar decisions were made for other
individuals, such as Emrah Kandemir, Emrah Akyol, Fendi Yiğit, Serdar
Şitilay, and Suphi Güler, whose releases were also postponed by the
board.
Postponement of sentences
The amendment to the Execution of Criminal and Security Measures Law
and some other laws, implemented on January 1, 2021, introduced changes
to the evaluation of prisoners and the determination of good conduct.
The Good Conduct Board, consisting of prosecutors and prison staff,
evaluates and prepares reports on prisoners before their conditional
release date.
Criteria such as "remorse" and "confession" are considered for
political prisoners. Bar association representatives or the prisoner's
lawyer are not present in the board. This process can be applied twice,
and each time, the conditional release date can be postponed for up to
1 year, with each postponement lasting for 6 months. (BIA, 17 nov 2023)
Turkey blocks Deutsche Welle websites
The Ankara 9th Penal Judgeship of Peace has imposed a ban on the access
to Deutsche Welle's (DW) websites, including dwturkce.com and
inspiredminds.de. The main URL of the outlet had already been blocked.
The decision, aimed at the German public broadcaster, was sent to the
Information and Communication Technologies Authority (BTK) for
implementation.
This move comes in the wake of the recent demand from the Radio and
Television Supreme Council (RTÜK) for DW to acquire a broadcasting
license for its online presence and alternative domain names.
Earlier, RTÜK had enforced a block on DW Türkçe on June 30, 2022, as
the broadcaster declined to apply for a license to continue its online
broadcasts directed at Turkey. Despite the restriction, DW Türkçe has
publishing using different domain names.
The Ministry of Industry and Technology chose not to renew DW Türkçe's
operational license, prompting the broadcaster to close its Turkey
office and transition its employees into a copyrighted position. The
current block on DW's websites adds another layer to the ongoing
dispute between Turkish authorities and the international broadcaster.
(BIA, 17 nov 2023)
La Cour constitutionnelle défend la loi sur la
désinformation
La Cour constitutionnelle turque a défendu mercredi la loi sur la
désinformation entrée en vigueur l'an dernier et contestée par
l'opposition au président Recep Tayyip Erdogan et les défenseurs de la
liberté d'expression.
Les juges ont rejeté à la majorité des voix un recours déposé par le
Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) contre le texte,
qui prévoit jusqu'à trois ans de prison pour la divulgation de fausses
nouvelles, ont rapporté les médias turcs.
Cette loi a notamment été utilisée contre l'ex-chef du CHP et candidat
malheureux à l'élection présidentielle de mai, Kemal Kiliçdaroglu,
après que celui-ci eut accusé sur X (ex-Twitter) le gouvernement turc
d'être responsable d'une "épidémie de méthamphétamine" dans le pays.
La semaine dernière, un journaliste d'investigation d'un média
indépendant turc avait également été arrêté en vertu de ce texte
qualifié de "loi de censure" par l'opposition, avant d'être libéré
lundi.
La Turquie pointe à la 165e place sur 180 du classement de la liberté
de la presse publié par Reporters sans Frontières (RSF). (AFP, 9 nov 2023)
Kurdish
journalists face trial on terror charges
18 Kurdish journalists who were released after being detained for 13
months on charges of being members of a terrorist organization will
face court in Diyarbakır on Thursday.
The journalists, who are accused of being members of an organization
due to their professional activities, are being tried in the 4th Heavy
Penal Court of Diyarbakır.
Representatives from the Dicle Fırat Journalists Association, the
Mesopotamia Women's Journalists Association, and legal professionals
from the Clonney Foundation for Justice in Amsterdam are also attending
the hearing.
During the investigation, 22 people, including 20 journalists, were
arrested during raids on homes and workplaces on June 8, 2022.
Five of the arrested journalists were released under judicial control.
In the hearing held on July 11, the court ordered the release of all 15
detained journalists with a travel ban. (gerçeknews, 9 November 2023)
Cette
semaine 3 journalistes victimes des tribunaux du monarque d’Ankara
Ragip Duran, TVXS.GR, 4 novembre 2023
* Trois
journalistes encore, à part une dizaine d’opposants, ont été
arrêtés la semaine passée en Turquie. Le Président Erdogan ne désire
entendre aucune voix discordante même si elle vient de son propre
appareil.
La première page des
quotidiens, les premières informations du journal
télévisé, les bulletins d’information des stations de radio et bien
entendu sur les sites d’information de la toile, on lit, on voit, on
entend toujours ‘’la mise en garde à vue ou bien l’arrestation’’ d’une
personnalité ou bien d’un groupe de personnalité. Il s’agit en ce
moment, des journalistes ou bien des membres présumés de la
‘’Communauté Gulen’’. Des étudiants ou bien des travailleurs qui
protestent leurs conditions de travail ou bien en solidarité avec l’un
des leurs qui était victime d’une injustice sont également ‘’mis en
garde à vue et plus tard arrêtés’’.
Le régime actuel essaie de punir tout le monde qui n’est pas d’accord
avec lui. Un citoyen peut très facilement, selon le pouvoir devenir
dans la Turquie d’aujourd’hui ‘’un terroriste’’, ‘’un traître à la
nation’’ ou ‘’membre d’un organisation séparatiste/subsersive ’, car il
n’est pas le genre de personne qui s’accommode aux exigences du
pouvoir. C’est-à-dire si cette personne n’est pas nationaliste,
islamique ou islamiste, Étatiste et si elle n’aime pas le Président
Erdogan alors d’abord la police doit l’arrêter et puis le procureur et
le juge doivent le mettre en prison. Il est facile pour ces derniers de
trouver des articles du Code Pénal promulgué en 1926, une copie à la
turque du Code italien de 1889, avec des articles récemment ajoutés
rédigés assez vaguement afin qu’ils couvrent plus d’actes à sanctionner.
Cette semaine, ce fut le tour de notre collègue Tolgan Sardan,
correspondant spécialiste de la police et du judiciaire à Ankara.
Sardan (55 ans) , connaît très bien presque l’ensemble des membres de
la haute bureaucratie de la sécurité. Il a été arrêté d’ailleurs au
début de l’après-midi et sa maison était fouillée tout au long de la
journée alors que la police arrête les suspects en général au petit
matin entre 03h00 et 05h00. ‘’Les policiers était très gentils’’
reconnaît-il.
Correspondant pour le site d’information T24 (populaire, centre), qui a
plus d’un million de lecteurs quotidien, Sardan avait dernièrement
publié en exclusivité une information sur un rapport des services de
renseignements (la MIT) qui exposait concrètement la corruption et les
mauvaises pratiques au sein du judiciaire. Les juges qui reçoivent des
pots-de-vin, des procureurs qui à la demande des politiciens arrêtent
des innocents ou libèrent des détenus sont nommément cités dans ce
rapport rédigé pour le président de la République, donc un document
très confidentiel. La Direction Générale de la Communication
(présidentielle) a tout de suite renié l’existence d’un tel document.
Mais la police a cherché essentiellement ce document chez Sardan. Par
ailleurs le juge qui a décidé d’arrêter Sardan, précise dans son
verdict que l’accusé ‘’peut modifier les preuves du crime’’.
Les preuves ne peuvent être dans ce cas que l’article déjà publié et le
dit rapport également déjà publié donc impossible de les modifier. Ce
juge brille également par ses connaissances juridiques, car il croit
que le délit définit dans le nouvel article du Code Pénal dont Sardan
est accusé, fait partie des crimes et délinquances organisées alors que
ce nouvel article ne paraît pas sur la liste des crimes et délinquances
organisées. Sardan est accusé de violer l’article 217-A du Code Pénal
qui sanctionne les personnes ‘’qui divulgent publiquement une fausse
information concernant la sécurité interne et externe, l’ordre publique
et la santé publique, dans l’objectif de troubler la paix publique et
dans le but de créer de l’inquiétude, de la peur et de la panique au
sein de la population’’ seront sanctionnées de 12 à 36 mois de prison
ferme. Cet article supplémentaire, ajouté au Code il y a un an, était
présenté à l’époque comme une mesure pour lutter contre la
désinformation.
Tolga Sardan et les représentants des syndicats et des associations de
journalistes ont protesté contre cette arrestation. ‘’Je ne fais que du
journalisme’’ a déclaré Sardan. ‘’Le journalisme n’est pas un crime’’
ont affirmé les représentants des journalistes. Le chef de la
principale formation de l’opposition parlementaire M. Kilicdaroglu, qui
prépare actullement le congrès national de son parti pour prolonger sa
présidence, a également protesté l’arrestation du journaliste.
Par ailleurs, mercredi dernier, un autre collègue Cengiz Erdinc,
journaliste indépendant spécialisé sur les affaires de corruption a été
également arrêté chez lui à Ayvali (Egée). Son avocat a précisé que le
motif de l’arrestation est encore ‘’divulgué de fausses informations’’.
Erdinc, dans son dernier message sur X avait écrit sur l’arrestation de
Sardan: ‘’Le judiciaire est en pleine panique donc il se passe des
choses graves’’.
Toujours le même mercredi, Dincer Gokce, correspondant de la chaîne
Halk TV (opposition), spécialisée des affaires de la police et du
judiciaire a été mis en garde à vue, mais plus tard libéré par le juge.
Par contre Mme Dilsah Kocakaya, journaliste du quotidien kurde, Ozgur
Gundem, interdit par un décret-loi, a été déjà condamnée à 15 mois de
prison ferme a été arrêtée à Edirne (Andrinople Thrace) à la suite du
verdict de la Cour Cassation.
Cette semaine, les procureurs ont demandé des peines de prison pour 6
autres journalistes accusés de ‘’faire la propagande d’organisation
terroriste’’, traduction officielle de ‘’défendre les droits des
Kurdes’’. Par ailleurs, au moins 52 journalistes sont toujours jugés
par les tribunaux du Palais, accusés tous d’insulte au président de la
République ou bien de la propagande terroriste. La cellule du Palais,
responsable du droit et du judiciaire, n’a plus besoin désormais de
donner des ordres aux juges et procureurs, car ces derniers savent très
bien, par expérience, que s’ils ne condamnent pas les journalistes
independants qui critiquent dans leurs articles ou interventions orales
le régime ou le Président, les juges et le procureurs risquent de
perdre leurs postes ou bien ils seront nommés à un petit village isolé
au fond de l’Anatolie.
En 2023, la Turquie est le 165e pays dans la liste sur la liberté de
presse des 180 pays du Reporters sans frontières (RSF). Elle était 109e
l’année dernière. Selon le rapport des RSF publié en mai dernier 32
journalistes étaient déjà en prison.
Cette semaine, faut-il ajouter qu’une enseignante de littérature turque
a été également mise en garde à vue et puis libérée à Antalya
(Mediterannee). Lors de la cérémonie de célébration du Centenaire de la
République dans la cour de son école privée, l’enseignante avait
critiqué le régime, car ’’il fête ce soi-disant Le Siècle de Turquie à
la place du Centenaire de la République’’. Elle avait ajouté ‘’La
Turquie est devenue l’Hôtel des Monnaies pour les Arabes, un centre
commercial pour les Bulgares, salle d’accouchement pour les Syriens et
enfin asile de fous pour nous !’’.
Le chef médecin de l’asile n’est pas du tout content de ce genre de
discours !
Manifestation contre l'arrestation d'un
journaliste
Les associations et syndicats de journalistes turcs ont protesté jeudi
à Ankara contre l'arrestation d'un de leurs confrères pour un article
sur la corruption au sein de la justice.
Journaliste pour le site d'information T24, Tolga Sardan avait publié
mardi un article dans lequel il évoquait un rapport des services de
renseignement turcs sur la corruption au sein de la justice. Il a été
arrêté mercredi soir dans la capitale pour "diffusion de fausses
informations", en vertu d'une loi sur la désinformation votée en 2022.
Critiquée par des défenseurs de la liberté de la presse comme une
tentative de "censure" et un renforcement de l'arsenal répressif déjà
bien garni du gouvernement turc, cette loi punit la diffusion de
"fausse nouvelle" jusqu'à trois ans de prison.
"Tolga sera libre et écrira de nouveau!", "La presse libre ne peut être
réduite au silence!", ont chanté les manifestants réunis à Ankara à
l'appel des principaux syndicats et associations des journalistes turcs.
Avec la loi controversée de 2022, les autorités tentent "d'intimider et
de réduire la presse au silence", a dénoncé le secrétaire général de
l'Association des journalistes de Turquie, Kenan Sener lors du
rassemblement devant le bureau de T24 à Ankara.
"Nous continuerons à dire haut et fort que le journalisme n'est
pas un
crime, et à dénoncer la corruption malgré les pressions et les
menaces", a-t-il ajouté.
La présidence turque a démenti mercredi soir, peu de temps après
l'arrestation du journaliste, l'existence d'un rapport des
renseignements sur une éventuelle corruption au sein de la justice.
M. Sardan a défendu son article affirmant qu'il n'avait fait que
pratiquer son métier de journaliste.
L'Association des journalistes, de son côté, a estimé "pas crédible"
que l'article de M. Sardan "qui n'avait pas été contesté pendant un
jour et demi, soit démenti juste après son arrestation", et ce, alors
même que "les informations erronées sont immédiatement démenties par
les autorités".
"Tolga Sardan n'a fait que son devoir, il a écrit ce que le peuple
avait besoin de savoir. Il doit être libéré", a réagi le représentant
de Reporters sans Frontière (RSF) en Turquie, Erol Önderoglu.
Selon le dernier classement de RSF sur la liberté des médias, la
Turquie figure en 2023 au 165e rang sur 180 pays.
Toujours sur sa ligne de crête, le président turc tente de ménager la
chèvre et le chou en faisant cohabiter des intérêts contradictoires.
(AFP, 2 nov 2023)
Journalist Sardan arrested after article on 'judiciary report'
presented to Erdogan by MİT
In his article,
Sardan
elaborated on the MİT report, which was reportedly prepared in response
to frequent allegations against judiciary members and submitted to
President Erdogan at the presidency's request.
T24.com.tr journalist
Tolga Sardan has been arrested following an investigation triggered by
his article titled "What does the 'Judiciary Report' presented to the
Presidency by MİT contain?". The arrest came after his interrogation by
a judge, despite the defense of Ankara Bar Association President
Mustafa Koroglu.
The article that led
to
Sardan's arrest discusses a report prepared by MİT (National
Intelligence Organization) and submitted to President Recep Tayyip
Erdogan. This report allegedly contains findings on corruption within
the judiciary. The investigation, initiated by the Istanbul Chief
Public Prosecutor's Office, was based on the decision to arrest Şardan
at his home, where a police search was conducted.
In a brief statement
following Sardan's arrest, the Istanbul Chief Public Prosecutor's
Office stated that the arrest was made for "publicly disseminating
misleading information."
In response, Kemal
Kilicdaroglu, leader of the CHP (Republican People's Party), took to
social media to express his discontent and criticize the arrest. He
stated: "Instead of addressing the findings of the MİT report, the
palace is persecuting journalists like Tolga Sardan, who exposed the
corruption in the judiciary. This decision must be reversed immediately.
In his article,
Sardan
elaborated on the MİT report, which was reportedly prepared in response
to frequent allegations against judiciary members and submitted to
President Erdogan at the presidency's request. The report, completed
about six weeks ago, highlighted significant corruption within the
judiciary.
According to Şardan,
after receiving the report, President Erdogan personally met with
high-ranking MİT officials to obtain more detailed information.
(gerçeknews, November 1, 2023)
Report: Turkey blocked access to over 40,000 URLs in 2022
Access to more than 40,000 URL addresses was blocked by authorities
last year, according to the Free Web Turkey 2022 report. Among the
blocked URLs were 35,066 domain names, 3,196 news articles, 2,090
social media posts, and 184 social media accounts.
The most common targets for censorship were news articles that
mentioned alleged irregularities related to the government and
President Recep Tayyip Erdoğan and his family, according to the report.
Additionally, websites with content opposing the government's ideology
were prominently blocked, categorized as "critical websites."
Among these "critical websites," Etkin New Agency (ETHA), Mezopotamya
Agency, Kızıl Bayrak, Jin News, Siyasi Haber, Umut Gazetesi, Komün
Dergi, Gazete Yolculuk, Özgür Gelecek, PİRHA, Yeni Demokrasi, and
Kaldıraç Dergisi had 53 domain names blocked through 51 different
decisions. Such outlets usually circumvent access bans by changing
their domain names.
The military’s role
Concerning the
blocking of URLs, Adana Provincial Gendarmerie Command
topped the list with 12,208 blocked URLs, followed by Denizli
Provincial Gendarmerie Command with 5,252 and Elazığ Provincial
Gendarmerie Command with 4,983. All these URLs were blocked on
allegations of promoting "adult content, gambling, fraud, financial
sites, and terrorism."
The reasons for blocking URLs included accusations of "illegal and/or
explicit content sharing" and safeguarding "national security and
public order." This particularly affected opposition websites with
content opposing the government's ideology.
Articles about Erdoğan
In the category of
news articles, the most frequently restricted
subject matter was news related to allegations of irregularities
involving Erdoğan and his family. Around 1,770 articles discussing
these allegations faced access restrictions. This was followed by 517
articles reporting irregularities concerning individuals and
organizations affiliated with the ruling party (AKP).
Furthermore, 402 articles were blocked concerning President Erdoğan's
former lawyer, Mustafa Doğan İnal. The reasons for blocking news
articles were predominantly "violations of personal rights" and
"preservation of national security and public order."
The majority of the blocked URLs were based on accusations of
"violations of personal rights," numbering 3,191 out of 3,196 blocked
news articles, followed by 3 articles blocked for "preservation of
national security and public order" and 2 articles blocked for "statute
of limitations, no longer meeting the criteria of 'reality and
accuracy' at that time." (BIA, November 1, 2023)
Kurdish
Question / Question kurde
Turkish opposition leader under fire for kissing
Kurdish singer’s hand
Ozgur Ozel, leader of Turkey’s main opposition party, has drawn the ire
of Turkish nationalists after he kissed the hand of a renowned Kurdish
opera singer during a concert in Istanbul earlier this week. He said on
Thursday that he does not regret it.
Pervin Chakar, a Kurdish-Turkish singer who lives in Germany, on Sunday
performed at a concert in Istanbul city. The event was attended by
artists and politicians from the pro-Kurdish Peoples’ Equality and
Democracy Party (HEDEP) and the main opposition Republican People's
Party (CHP).
CHP Leader Ozel went to the stage, bowing down and kissing Chakar’s
right hand after her vibrant performance. Hours later, Turkish
nationalists took to social media, targeting the new leader of the
Turkish oldest party for kissing the Kurdish singer’s hand. Turkish
pro-government media and far right politicians expressed their anger at
Ozel as well.
Devlet Bahceli, leader of Turkey’s far-right Nationalist Movement Party
(MHP), President Recep Tayyip Erdogan’s ally, on Tuesday slammed Ozel
during a speech at the parliament, stating that it was “shameful” to
kiss the hand of someone “who talks about Kurdistan and sees Turkey as
an invader.” He noted that there are numerous women in the parliament
if Ozel really wants to kiss the hand of a woman.
The Turkish pro-government described Chakar as “the enemy of Turkey”
and “someone who wants [the establishment of] a Kurdish state and sees
Turkey as an invader.”
The CHP defeated the ruling Justice and Development Party (AKP) in the
2019 local elections - thanks to Kurdish voters. As provincial
elections near, the party tries to maintain the support of the Kurds to
maintain control of both municipalities.
Chakar on Monday thanked Ozel and other politicians for attending her
concert, stating that it is her “greatest right to sing in my native
language.”
“Our values, culture, language, and art are the red line of Kurds,
including me. Our door is open to everyone and every idea. I prefer to
respond to racist and insulting words with my art because everything is
temporary except for art,” she said.
Ozel responded to the criticism on Thursday, reiterating his support
for Chakar.
“I have no regrets. I knew Pervin Chakar, but I had never listened to
her live. I went to the concert, and I don't regret it. I listened and
enjoyed it very much. If there is another chance, I will listen to her
again. I don't think there is anything wrong with kissing the hand of a
female artist when she extends her hand while giving flowers. I see
kissing Pervin Chakar's hand as the value given to art, the artist and
the identities they carry,” he told the independent Duvar news outlet.
He added that Chalar had been featured by the state-owned TRT Kurdi,
which airs only in Kurdish, several times, calling on Bahceli to
include Erdogan in his criticism as well.
Chakar was born to a Kurdish family in the Derik district of Mardin
province in 1981. She has received several international awards. She
has been living in Germany since 2016.
She said in August last year that her request to give a concert in her
hometown of Mardin was rejected by Turkish authorities because her
repertoire included Kurdish songs.
Concerts of numerous Kurdish singers have been banned in Turkey for
various reasons.
The Kurdish language had been banned in formal settings in Turkey since
the establishment of the state until the AKP’s government partially
removed the ban a decade ago, allowing Kurds to speak their language in
informal settings and granting them the right to attend Kurdish
elective courses at school and continue their studies in their mother
tongue language at college. (Rudaw, 24 November 2023)
Nouvelle vague d’arrestations à Istanbul et dans des villes
kurdes
Des membres du HEDEP et de l’association de juristes ÖHD ont été
arrêtés ce vendredi lors de raids à Istanbul et dans les villes kurdes
d’Urfa et de Silopi.
Le jour du congrès de la jeunesse du HEDEP, la répression du régime
turc a frappé dans plusieurs villes. Des raids ont eu lieu au petit
matin dans le nord du Kurdistan et en Turquie. De nombreux
représentants du Parti de l’égalité et de la démocratie des peuples
(HEDEP) et de l’Association des juristes pour la liberté (ÖHD) ont été
arrêtés.
Descentes de police contre le HEDEP à Urfa
La police turque a fait des descentes dans plusieurs habitations à
Urfa, au nord du Kurdistan, aux premières heures de la matinée. Deux
membres du conseil de la jeunesse du HEDEP ont été arrêtés. L’un d’eux
aurait été maltraité par la police lors de son arrestation. Les
domiciles de deux dirigeants nationaux et locaux du parti ont également
été pris d’assaut.
Le nombre d’arrestations peut encore augmenter. Les jeunes détenus ont
pu s’entretenir avec leurs avocats. On a appris que les arrestations
étaient liées à la “marche de la liberté” organisée à Diyarbakir pour
la levée de l’isolement carcéral imposé au représentant kurde Abdullah
Öcalan.
Au moins dix arrestations à Istanbul
Au moins dix personnes ont été arrêtées lors de raids politiques à
Istanbul. Les personnes arrêtées se trouvent à la direction de la
police d’Istanbul. Parmi elles figurent au moins un juriste de l’ÖHD et
plusieurs membres du Conseil de la jeunesse du HEDEP. (ROJINFO, 24 novembre 2023)
Top court rejects new acronym for pro-Kurdish party
The Court of Cassation, Turkey’s highest court of appeals, has declined
the request of the Green Left (Yeşil Sol) Party to change its name to
the People’s Equality and Democracy Party (HEDEP) due to its acronym.
Citing concerns that the acronym HEDEP resembled the abbreviation of
the previously closed People’s Democracy Party (HADEP), the Court of
Cassation argued that this similarity violated the Political Parties
Law.
The court sent a letter to HEDEP, requesting a modification in the
abbreviation of the party’s name. HEDEP is set to decide on its next
steps following a meeting with legal experts, Mezopotamya Agency (MA)
reported.
Background
The Green Left Party, which was founded as an environmentalist and
socialist party, became the new political platform for the pro-Kurdish
movement in Turkey after the People’s Democratic Party (HDP) faced a
closure case.
The HDP, which was the third-largest party in the parliament, was
accused of having links to the outlawed Kurdistan Workers’ Party (PKK).
The closure case, which was initiated by the chief public prosecutor of
the Court of Cassation, sought to ban 687 HDP members from politics,
including former co-chairs Selahattin Demirtaş and Figen Yüksekdağ, and
to seize the party’s assets.
In response to the closure case, the HDP’s members and executives
switched to the Green Left Party, which ran in the May 2023 local
elections instead of the HDP. The Green Left Party has 57 seats, making
it the third-largest party in the parliament.
Following the elections, the Green Left Party changed its name to
Peoples’ Equality and Democracy Party, with the acronym HEDEP. The
party said that the name change was a reflection of its inclusive and
pluralist vision, and that it aimed to appeal to a broader segment of
the society.
However, the name HEDEP also resembled previous pro-Kurdish parties,
such as the HDP and the HADEP. The HADEP was the predecessor of the
Democratic Society Party (DTP), which was also banned in 2009.
What the law says
Under the "Political Parties Law," names and symbols that cannot be
used for political parties are specified as follows:
Article 96 – (Amended first paragraph: 19/6/1992 - 3821/8) Names,
emblems, aliases, badges, and similar symbols of political parties
permanently closed by the Constitutional Court or registered in the
political party registry shall not be used by another political party
in any way that directly or indirectly resembles them. Flags, emblems,
and banners that belong to previously established Turkish states and
have become the property of the public are also prohibited from use by
political parties.
(Amended: 19/6/1992 - 3821/8) Newly established political parties
cannot claim to be a continuation of political parties closed by the
Constitutional Court and cannot make such assertions. Political parties
cannot be established or operate under names that suggest communism,
anarchism, fascism, theocracy, national socialism, religion, language,
race, sect, or region, or use words that convey the same meaning in
their party names. (BIA, 23 November 2023)
PKK leader Öcalan faces new lawyer visit ban
İmralı High-Security Prison marked the 24th year of PKK leader Abdullah
Öcalan's imprisonment with a fresh prohibition on lawyer visits,
effective until October 31, 2023.
According to a report from Mezopotamya Agency, the judiciary rejected
the lawyers' request for the disclosure of the content and file samples
of the ban, citing security concerns. An appeal made by the legal
representatives to a higher court against the ban was also dismissed.
In response to the imposed prohibition, the Asrın Law Office plans to
file a petition with the Constitutional Court.
This latest ban adds to the tally of at least 12 lawyer visit
restrictions imposed on Abdullah Öcalan in the past eight years.
The Democratic Regions Party (DBP) and the Peoples' Equality and
Democracy Party (HEDEP) will stage a march to Gemlik district in Bursa
on November 18, opposing the isolation of PKK leader Öcalan, who has
been held at İmralı High-Security Prison since February 1999.
The last meeting between lawyers and Abdullah Öcalan took place on
August 7, 2019, by the Asrın Law Office. Since the brief 4.5-minute
phone conversation with his brother Mehmet Öcalan on March 25, 2021,
there has been no news from Öcalan.
During that phone call, Öcalan, who exercised his legal phone rights
for the second time in his 24 years of incarceration, expressed
dissatisfaction, stating, "What you are doing is very wrong. Both the
state and you are playing wrong. This is neither legal nor right. This
is unacceptable. Are you aware of what you are doing? I want my lawyers
to come here and meet with me. This is a legal matter. I've been here
for 22 years. How will this issue be resolved in the future? This
problem can only be resolved through the law. Why aren't they coming
here? If there is to be a meeting, it should be with these lawyers
because this situation is both political and legal."
From 2011 to 2020, Öcalan's family submitted 385 visit requests, of
which only 29 were approved. (BIA, 16 nov 2023)
HEDEP: “Turkey should resolve Kurdish
issue in its second century”
The Co-Chair of the People's Equality and Democracy Party (HEDEP),
Tuncer Bakırhan, gathered with the party's provincial and district
organizations in Diyarbakır's Demir Hotel Meeting Hall. During the
public session of the meeting, Bakırhan addressed various topics,
including the attacks on Rojava, the appointed trustees, the isolation
of PKK leader Abdullah Öcalan, and comments made by CHP Chair Özgür
Özel.
Among those present at the meeting were HEDEP parliamentarians Çiçek
Otlu, Celal Fırat, and HEDEP Central Executive Board Member Hacı
Erdemir.
Regarding Turkey's attacks on Rojava, Bakırhan expressed, "Those
shedding crocodile tears for Palestine are playing the three monkeys
when it comes to Rojava."
Commenting on the release of Ogün Samast, the murderer of Hrant Dink,
Bakırhan stated, "Selahattin Demirtaş is inside because of his
speeches, Selçuk Mızraklı is inside, Gültan Kışanak is inside, but this
killer is outside."
Confinement of Öcalan
Bakırhan emphasized the need to lift the isolation on PKK leader
Abdullah Öcalan, stating, "The isolation on Abdullah Öcalan must be
lifted, and opportunities for Öcalan to contribute to the resolution of
the Kurdish issue must be created. The Kurdish issue should be resolved
in the 21st century. Öcalan's role is crucial. If isolation persists,
there is no intention for a solution. If isolation persists, illegality
will continue."
Addressing CHP Leader Özgür Özel's comparisons between Demirtaş and
Öcalan, Bakırhan expressed disapproval, stating, "They came saying they
were innovative, claiming they would change, but it seems they haven't
changed much. We do not approve of fighting through comparisons and
contrasts of Kurdish leaders. We do not approve of using Kurds as a
battleground."
Concerning local elections, Bakırhan highlighted attempts to create a
perception among the public that "trustees will be appointed again." He
emphasized the determination not to yield the hard-won positions
through struggle and resistance.
"Paramilitary forces"
Warning about the recruitment of paramilitary forces, Bakırhan stated,
"They failed to achieve their goals through killing, they failed with
the hawk-pigeon dichotomy. Now, they are trying to achieve it through
different methods, organizing paramilitary forces, organizing primitive
nationalist segments. I want to warn about this dangerous ground."
Bakırhan also commemorated the anniversary of Ahmet Kaya's death,
condemning the system that either confines Kurds to prison,
underground, or exile. He also remembered Seyit Rıza on the 87th
anniversary of his death, stating, "As Seyid Rıza said, we will never
give up. The stance of Seyid Rızas guides us."
Following the meeting, Tuncer Bakırhan was expected to visit the
businesses in Dörtyol district in Bağlar at 3:00 PM. The heavy police
presence on the street where Demir Hotel is located drew attention.
(BIA, 15 nov 2023)
Producer and director Reber Dosky
detained in Turkey for three days
Dutch-Kurdish journalist, producer, and director Reber Dosky, known for
films like "Radio Kobanî," "Sıddık and the Panther," and "Daughters of
the Sun," was detained in Turkey last week.
Dosky, who came to Turkey for his new project and was held in custody
for three days, was detained on grounds of being "connected to
terrorist activities."
According to Villa Media's report, Dosky commented on the detention
process, saying, "You can never exactly know what triggered the
process. I believe they attached the terrorism label to me because of
my work."
Taken to the Repatriation Center (GGM) in Urfa, Dosky stated that he
encountered inhumane conditions there, including placing a migrant in
the freezer as a punishment.
Dosky stated, "During the headcount, someone was overlooked. I had to
remind them that the missing person was in the freezer."
Providing information to the press about the process, Dosky's manager,
Thomas Bruning, said, "We are happy about his release, but it is
currently not possible for Dosky to continue his work in Turkey. It is
extremely sad that critical journalists in Turkey can be
indiscriminately detained and deported."
Dutch journalist and writer Frederike Geerdink condemned the detention
of Dosky in Turkey with the following statement on the social media
platform X:
"Award-winning Kurdish-Dutch filmmaker Reber Dosky was detained in
Turkey for several days and then expelled. The charge? "Terrorism", of
course, based on some secret witness. Glad he is back home safely now
but what a disgrace to treat an independent filmmaker like this!" (BIA,
14 nov 2023)
Kurdish concert banned in Şırnak
The Confederation of Public Employees' Trade Unions (KESK) and the
Sanatça art group expressed their dismay over the prevention of a
concert within the scope of the Cizre Culture and Art Festival by the
district governor in Cizre, Şırnak, a predominantly Kurdish-populated
province in souheastern Turkey.
Following a sit-in protest, a statement was read out, with KESK member
Murat Özbey saying, "Today, we once again face prohibitive practices
against Kurdish culture and language. The ban on language, culture, and
traditional attire persists, contributing to denial. For centuries, the
Kurdish people have been systematically subjected to both assimilation
and attempted eradication."
He continued, "Our cultural and artistic programs are being prohibited
on flimsy pretexts. Our activities are criminalized. The system,
established to eradicate the culture and identity of the Kurdish
people, has sealed off the wedding hall where our concert was supposed
to take place. With this, they only aim to hinder the continuation of
our events, favoring only themselves and those close to them." (BIA, 13
nov 2023)
Kurdish poet and author Fadıl Öztürk
taken into custody in Izmir
A Turkish police anti-terror unit has arrested the Kurdish poet and
author Fadıl Öztürk. The 68-year-old was taken into custody in Izmir on
Friday as part of investigations by the public prosecutor's office in
the Aegean metropolis, his lawyer said.
Öztürk is suspected of having spread "terrorist propaganda" in columns
for the anti-government internet portal Artı Gerçek and on social
networks. Öztürk's wife, Berrin Biçek, was also arrested on charges of
spreading terrorist propaganda.
This is not the first time that Fadıl Öztürk has been targeted by the
Turkish justice system. He was in prison for the first time in the wake
of the military coup of 1980. At that time, the Dersim-born poet was
sentenced to life imprisonment in the trial against the left-wing
Devrimci Yol (Revolutionary Way, also Dev-Yol), a political movement
that existed from 1977 to 1985 . After ten years in prison, which were
characterized by torture, he was released.
In 2018, Öztürk was arrested once in connection with the texts he wrote
for Artı Gerçek and was later sentenced to almost two years in prison
for alleged terrorist propaganda, which was suspended for five years
under conditions. This probation has not yet expired.
Öztürk and Biçek are currently being held in the anti-terror
headquarters of the Izmir Police Headquarters. After the interrogation
is completed, the couple will be transferred to the Izmir Public
Prosecutor's Office. (ANF, 18 Nov 2023),
Deux combattants affiliés au PKK
tués en Irak par une frappe imputée à la Turquie
Deux membres d'un mouvement yazidi affilié au PKK turc dans le nord de
l'Irak ont été tués par une frappe de drone menée par l'armée turque,
ont indiqué mardi les services antiterroristes du Kurdistan autonome
d'Irak.
L'armée turque commente épisodiquement ses frappes en Irak contre le
Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK). Elle mène régulièrement des
opérations militaires terrestres et aériennes contre le groupe classé
organisation "terroriste" par Ankara et contre un mouvement allié issu
de la minorité yazidie dans la région montagneuse du Sinjar, les Unités
de résistance du Sinjar.
"Un drone de l'armée turque a ciblé un véhicule des Unités de
résistance du Sinjar dans la localité de Sinuni au Sinjar, tuant un
responsable sécuritaire et un combattant qui l'accompagnait", selon le
communiqué des services antiterroristes du Kurdistan d'Irak, précisant
que l'attaque a eu lieu tard lundi.
Ce mouvement avait pris les armes contre les jihadistes du groupe Etat
islamique (EI) au moment de leur montée en puissance en 2014. Il
s'était aussi affilié aux ex-paramilitaires du Hachd al-Chaabi,
coalition pro-Iran désormais intégrée aux forces régulières irakiennes.
La Turquie a installé depuis 25 ans plusieurs dizaines de bases
militaires au Kurdistan d'Irak pour lutter contre le PKK, qui dispose
également de bases arrières dans cette région autonome, outre sa
présence au Sinjar voisin.
En octobre, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé que son
pays allait "continuer d'intensifier" ses frappes en Irak et en Syrie
contre l'organisation classée "terroriste" par Ankara et ses alliés
occidentaux.
Il y a une semaine, deux combattants du PKK ont été tués et deux autres
blessés par un "drone de l'armée turque" ayant frappé un secteur du
Kurdistan d'Irak, toujours selon les services antiterroristes. (AFP, 14
nov 2023)
Scandaleux: La fatwa de Darmanin contre Remzi
Kartal
Remzi Kartal, co-président du Kongra-Gel, la plus haute personnalité
kurde en Europe, réfugié politique en Belgique, a reçu du ministre
français de l’Intérieur, Gérard Darmanin, une notification d’une
interdiction administrative du territoire au motif qu’il constituerait
« une menace grave pour l’ordre public et la sécurité intérieure de la
France ».
Qui est donc ce « dangereux terroriste » à qui on reproche, par exemple
d’avoir, le 19 juillet 2020, lors d’une réunion au sein du Centre
démocratique kurde de Bordeaux, rendu hommage « à deux combattants tués
en déclarant qu’ils avaient donné du moral et de l’espoir au peuple » ?
Heureusement, pour M. Darmanin, que le ridicule ne tue pas. Il est
patent que derrière cette interdiction « d’entrée et de séjour sur le
territoire français » dont la rédaction est manifestement bâclée, se
cache une pressante intervention du puissant lobby turc dont
l’influence sur la politique française n’est plus à démontrer.
Qui est Remzi Kartal ?
Remzi Kartal, né en 1948 à Van, diplômé de la Faculté de médecine
dentaire, fait partie des grandes figures de la résistance kurde,
celles que l’Etat turc aimerait supprimer. On peut dire que, pour Remzi
Kartal, La chasse à l’homme commença le 2 mars 1994, quand la police
encercla la Grande Assemblée de Turquie pour se saisir des députés
kurdes du DEP, élus en 1991, qui venaient de perdre leur immunité
parlementaire. Remzi Kartal et quelques autres furent exfiltrés vers
l’Europe.
La vindicte se poursuivit et, à la demande d’extradition de la Turquie,
via Interpol, l’Espagne interpella, le 24 mars 2009, Remzi Kartal,
alors président de la Commission des Affaires étrangères du KNK
(Congrès National du Kurdistan). Assigné à résidence il sera, 4 mois
plus tard, libéré et blanchi de toute accusation de terrorisme par
l’Audiencia Nacional, un tribunal pénal espagnol à compétence
nationale, après une intense campagne de pétition à laquelle les
Amitiés kurdes de Bretagne ont participé. Il est vrai que Remzi Kartal
est très connu et estimé en Bretagne, depuis le festival de cinéma de
Douarnenez qu’il a honoré de sa présence en 2003, édition consacrée au
Kurdistan.
En janvier 2013, à la suite du triple assassinat de militantes kurdes à
Paris (Fidan Doğan, Sakine Cansız et Leyla Söylemez), il fut révélé que
la Turquie avait envoyé des tireurs d’élite en Europe dans le but
d’éliminer les dirigeants du mouvement kurde. Remzi Kartal était parmi
les personnalités visées. Une note du 28 octobre 2015 émanant du
ministère de l’Intérieur turc le place sur la liste rouge des
“terroristes les plus recherchés”. Le 1° décembre 2016, Il dépose à
Bruxelles, où il réside, une plainte pour “menaces de mort” reçues à
plusieurs reprises sur son téléphone portable. Remzi Kartal est
aujourd’hui co-président du Kongra-Gel, « organe politique de
l’organisation », comme l’écrit Darmanin dont la fatwa encourage les
tueurs à passer à l’action.
Remzi Kartal, un homme clef pour des négociations de paix Les Kurdes
appellent de leurs vœux depuis de nombreuses années l’ouverture de
négociations en vue d’une paix juste et durable. Les représentants de
la France (l’Elysée, Matignon, le Quai d’Orsay, le palais du
Luxembourg, le palais Bourbon, le ministère de l’Intérieur) auraient dû
prendre l’initiative de recevoir M. Remzi Kartal, président de
Kongra-Gel, considéré comme l’aile politique du PKK Partiya Karkerên
Kurdistan, Parti des Travailleurs du Kurdistan, fondé en 1978.
More ,
dont la place est incontournable à la table d’une négociation. On sait,
dans les chancelleries que R. Kartal, est courageux, intègre et ouvert
à toutes initiatives qui pourraient favoriser un règlement politique.
“La France reste convaincue qu’une solution politique à la question
kurde est la seule qui soit viable à long terme“ écrivait le 15 juillet
2021 dernier JY Le Drian, alors ministre des Affaires étrangères.
Disons que la brutalité d’un Darmanin douche nos illusions quant à la
volonté réelle de nos gouvernants à travailler dans ce sens.
Laissons les va-t’en-guerre et les faux culs délibérer sur le sexe des
anges (le PKK Partiya Karkerên Kurdistan, Parti des Travailleurs du
Kurdistan, fondé en 1978. More est-il une organisation terroriste
?).
Ils veulent seulement se donner bonne conscience.
Mobilisons-nous pour faire rapporter cette décision inique de Darmanin.
Travaillons pour exiger de nos gouvernants qu’ils usent de tous leurs
pouvoirs (et ils en ont) pour faire pression sur la Turquie enn vue de
l’ouverture de vraies négociations de paix. (André Métayer, akb.bzh, 8
novembre 2023)
Former BDP Co-Chair sentenced to 2.5 years for
"terror propaganda"
Former Co-Chair of the pro-Kurdish Peace and Democracy Party (BDP),
Emine Ayna, has been sentenced to 2,5 years of prison for her
involvement in 34 events and activities from 2011 to 2016, where she
delivered speeches that were deemed "propaganda for a terrorist
organization" and violated the "law on meetings and demonstrations."
The verdict was handed down in the 4th Heavy Penal Court of Diyarbakır,
a city in southeastern Turkey. Notably, Emine Ayna, who is currently
detained in relation to the Kobanê case, did not attend the hearing,
but her lawyer, Semra Balyan, was present. The prosecution reiterated
its previous request for punishment in the form of charges related to
"systematic organization propaganda" and "violation of the law on
meetings and demonstrations."
Emine Ayna's attorney, Semra Balyan, emphasized that they had submitted
written defenses to the case, pointing out that Ayna had delivered
these speeches during her tenure as the Co-Chair of the BDP and as a
Member of Parliament. Balyan stressed that Ayna's speeches were within
the realm of political activities. She also argued that Ayna's speeches
did not endorse violence or coercion and were related to resolving the
Kurdish issue. Balyan further stated that the elements of the alleged
crime were not present in her client's actions and pleaded for Ayna's
acquittal.
The court ruled that Emine Ayna would serve a 2-year prison sentence
for the charge of "propaganda for an organization" in seven of her
speeches. However, considering the cumulative effect of the propaganda,
the court extended the sentence to 3 years. After granting a
discretionary reduction, the court ultimately sentenced her to 2 years
and 6 months. On the other charge, "violation of the law on meetings
and demonstrations," the court decided to acquit Ayna. Additionally,
for other speeches and actions, the court ordered the suspension of
prosecution. (gerçeknews, 7 November 2023)
Deux membres du PKK tués par une frappe de drone
imputée à la Turquie
Deux combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, kurde
turc) ont été tués lundi et deux autres blessés par un "drone de
l'armée turque" ayant frappé la région autonome du Kurdistan dans le
nord de l'Irak, ont rapporté les autorités locales.
L'armée turque commente rarement ses frappes en Irak, mais elle mène
régulièrement des opérations militaires terrestres et aériennes contre
le PKK et ses positions dans le nord de ce pays voisin, principalement
dans la région du Kurdistan autonome.
"Deux combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan ont été tués
et deux autres blessés quand un drone de l'armée turque a visé un
groupe de combattants du PKK à Buskini, un village de la région de
Ranya", ont annoncé les services antiterroristes du Kurdistan d'Irak
dans un communiqué.
Le secteur visé se trouve au nord de Souleimaniyeh, deuxième grande
ville du Kurdistan irakien.
La Turquie a installé depuis 25 ans plusieurs dizaines de bases
militaires au Kurdistan d'Irak pour lutter contre le PKK, qui dispose
également de bases-arrières dans cette région.
En octobre, le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé que son
pays allait "continuer d'intensifier" ses frappes en Syrie et en Irak
contre le PKK, organisation qu'Ankara et ses alliés occidentaux
considèrent comme "terroriste".
La frappe de lundi au Kurdistan d'Irak intervient alors que le
secrétaire d'Etat américain Antony Blinken rencontre son homologue turc
Hakan Fidan à Ankara.
Fin octobre, 10 membres du PKK ont été tués dans des frappes "d'avions
et de drones turcs" au Kurdistan irakien.
De longue date, Bagdad et la région du Kurdistan sont accusés de
détourner le regard sur les bombardements turcs pour préserver
l'alliance stratégique les unissant à la Turquie, partenaire commercial
incontournable. Même si régulièrement des communiqués viennent
condamner du bout des lèvres une violation de la souveraineté irakienne
et les répercussions pour les civils.
A l'été 2022, des frappes d'artillerie imputées à Ankara contre une
aire de loisirs ont tué neuf personnes, principalement des vacanciers
venus du sud de l'Irak. La Turquie a nié toute responsabilité et accusé
le PKK. (AFP, 5 nov 2023)
HRW exige la libération des politiciens kurdes
emprisonnés en Turquie
Le Réseau des Droits Humains du Kurdistan (KHRN) souligne, dans ses
rapports mensuels, la persistance des cas de violations des droits
humains au Rojhilat (Kurdistan iranien) et des droits des civils kurdes
dans diverses régions et villes d'Iran. Le rapport en question compile
tous les cas enregistrés et rapportés par le KHRN à travers l'Iran,
grâce à ses propres sources et mécanismes de vérification, du 1er au 31
octobre.
Human Rights Watch interpelle la Turquie pour la libération de
politiciens kurdes emprisonnés de manière abusive. « Le septième
anniversaire de l’incarcération illégale de Selahattin Demirtaş et de
Figen Yüksekdağ souligne la propension de la présidence d’Erdoğan à
instrumentaliser la détention à des fins politiques pour réduire au
silence les opposants élus démocratiquement, représentants de millions
de Kurdes et d’électeurs de gauche en Turquie », a déclaré Hugh
Williamson, directeur pour l’Europe et l’Asie Centrale de HRW.
À l’occasion du septième anniversaire de l’emprisonnement des
ex-coprésidents du parti pro-kurde HDP, Selahattin Demirtaş et Figen
Yüksekdağ, Human Rights Watch (HRW).
HRW a exhorté la Turquie à mettre en œuvre les arrêts de la Cour
européenne des droits de l’homme (CEDH) qui ordonnent la libération de
ces prisonniers politiques, soulignant leur « emprisonnement injustifié
».
Demirtaş et Yüksekdağ ont été arrêtés en novembre 2016, en même temps
que plusieurs autres hauts responsables du HDP, sous l’accusation de
terrorisme, à laquelle s’ajoutèrent en 2018 des accusations pour avoir
incité une série de manifestations connues sous le nom « procès de
Kobanê ».
Dix-huit autres anciens membres élus du HDP et du Parti des Régions
Démocratiques sont également actuellement détenus, a noté le communiqué.
Le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe a, à plusieurs reprises,
appelé à leur libération. (ROJINFO, 4 novembre 2023)
The Ordeal
of Turkey's HDP
The political landscape in Turkey experienced profound tremors starting
November 2, 2016, when the HDP (People's Democratic Party) referred to
the arrest and detention of their co-chairpersons, deputies, municipal
co-mayors, and executives as the "November 4th Coup." This event marked
the beginning of a relentless period of pressure against the party,
which has since undergone uninterrupted arrests and imprisonments for
seven years.
The road to November 4
The events leading to the "November 4 Coup" started before the June 7,
2015 elections. The AKP (Justice and Development Party) aimed for a
constitutional majority and wanted the HDP to join the elections with
independent candidates, not as a party.
The HDP was firm in its decision to run as a party. President Tayyip
Erdogan revealed the government's determination by saying, "Give 400
deputies, and this will be over," before the June 7 elections.
June 7 elections and subsequent assaults
Attacks occurred on HDP headquarters in Adana and Mersin on May 18,
2015, as the June 7 elections approached. On June 5, 2015, violence
reached its highest point during an HDP rally in Diyarbakir (Amed) when
an ISIS bomb attack occurred.
Continued aggression during the pre-election period included an arson
attack on an HDP election vehicle in Erzurum and the execution of the
HDP vehicle driver, Hamdullah Oge, in Bingol (Cewlîg). HDP offices in
various cities were frequently attacked during these events.
The AKP's parliamentary setback
Despite the hostile climate, the HDP won 13% of the vote and 80 seats
in the June 2015 elections, sparking coalition discussions because of
the AKP's inability to govern alone.
HDP facilities faced increased assaults as conflicts escalated. From
July 23 to October 23, 2015, the party reported 127 attacks on its
premises. Detentions were quickly followed by the violence, resulting
in 700 HDP members being arrested in October alone.
Rise in ISIS attacks
ISIS intensified its attacks both within and beyond Turke's borders
during this period. Turkey called for a snap election on November 1,
2015, after coalition government negotiations failed.
Before this election, a peace rally in Ankara was targeted by ISIS,
resulting in the death of 104 people and injuring over 100. Despite the
atmosphere of terror and repression, the HDP won 10.7% of the vote and
59 seats in the election.
Stripping of immunities and State of Emergency
On January 1, 2016, President Erdoğan called for the lifting of
immunities during a speech at a muhtars meeting following the
elections. With the backing of the main opposition party, CHP
(Republican People's Party), the constitutional amendment to remove
immunity was passed on May 20, 2016, despite some internal dissent.
Repressions increased after the coup attempt, with the declaration of a
State of Emergency on July 20, 2016, which allowed governance through
decrees and marginalized the legislature. HDP faced mounting pressure,
resulting in the appointment of trustees and detention of co-mayors.
Wave of arrests
The detention of 12 HDP members, including co-chairs Figen Yuksekdag
and Selahattin Demirtas, followed shortly after the constitutional
change on immunity on November 4, 2016. Despite some prosecutors and
judges being dismissed for ties to the Gulen Movement, the judiciary
proceeded with the indictments, leading to imprisonment for the HDP
members.
The detention of Selahattin Demirtas was deemed politically motivated
by the European Court of Human Rights, a judgment that President
Erdogan overlooked.
Despite the relentless pressure on the HDP, the party's slogan, "We
will send the trustees away," during the local elections on March 31,
2019, resulted in significant opposition victories in major western
cities.
After 2019
The AKP lost metropolitan cities and brought back trusteeship after the
March 31, 2019, local elections. The second trustee period started.
Trustees were appointed to the HDP-affiliated Diyarbakir, Mardin, and
Van Metropolitan Municipalities on August 19, 2019, about four months
after the elections.
After the trustee appointments, 84 co-mayors from HDP were apprehended.
Out of the co-mayors who were detained, 39 were arrested, with 20 of
them being women. Even though some co-mayors were released during the
ongoing trials, six, two of whom are women, are still incarcerated.
The crackdown on HDP elected officials continued, while the case
related to the October 6-8 events remained ongoing. Turkey's failure to
comply with the ECHR's ruling on Demirtaş resulted in the case being
elevated to the Grand Chamber of the ECHR.
The ECHR's Grand Chamber ruled a violation and ordered Demirtaş's
release after discussing the case on December 22, 2020. Following the
ECHR ruling, the Ankara Chief Public Prosecutor's Office reopened the
Kobanê investigation, which had been dormant for six years, and
submitted an indictment to the court. On January 7, 2021, the Kobanê
indictment, which led to the closure of HDP, was approved.
Then, shutting down the HDP started with the lawsuit. Amidst ongoing
trials of 108 individuals, including HDP Co-Chairs and party members,
there was a concerted effort to shut down the HDP. MHP (Nationalist
Movement Party) President Devlet Bahceli made the call for this.
On June 7, 2021, the Chief Public Prosecutor of the Court of Cassation
filed a lawsuit at the Constitutional Court, requesting the closure of
HDP. The lawsuit process began after the Constitutional Court General
Assembly accepted the indictment unanimously on June 21, 2021.
The HDP, facing closure and lawsuits against its members, took part in
the general elections as the Green Left Future Party. These pressures
affected HDP executives, provincial and district executives, employees,
and their families, according to reports. During the summer, around
26,000 of its members were either incarcerated or being investigated.
(gerçeknews, 4 November 2023)
Pour
le parti pro-kurde, une défaite lourde à digérer
Chris Den Hond, orient xxi, 1er nov 2023
Sous la menace permanente d’une interdiction, le deuxième parti
d’opposition en Turquie, le Parti démocratique des peuples, HDP
(pro-kurde) a tenu son 4 ème congrès à Ankara le 15 octobre 2023, alors
que plus de 3 000 de ses militants croupissent dans les geôles turques,
pour la plupart pour de simples délits d’opinion. Parmi les dirigeants
emprisonnés, le très populaire député Selahattin Demirtaş ou l’ancienne
maire de Diyarbakir, Gültan Kışanak. Les milliers de participants au
congrès ont fait vibrer le stade de sport de la capitale turque avec ce
slogan : « Les prisonniers politiques sont notre fierté ».
Aussi, si la morosité hante les couloirs, c’est en raison de la défaite
électorale de l’opposition unifiée en mai 2023 qui a laissé des traces.
« Il y a moins d’enthousiasme que lors des congrès précédents, nous
confie Özgül Saki, élue d’Istanbul pour le mouvement socialiste et
féministe. Les gens sont toujours très déçus. Il est difficile dans
l’atmosphère politique actuelle de relever la tête ».
UNE ALLIANCE QUI A ÉTÉ UN PIÈGE
Le 14 mai 2023, Recep Tayyip Erdoğan arrive en tête du premier tour de
l’élection présidentielle, laissant la moitié de la population
consternée. Son opposant Kemal Kılıçdaroğlu obtient moins de votes que
prévu alors qu’il est soutenu par le HDP. L’espoir s’envole d’une
défaite d’Erdoğan dans un pays asphyxié par un gouvernement
islamo-conservateur et à tendances fascistes. Une bonne partie de
l’opposition y est toujours muselée, emprisonnée ou en exil.
Le choix du HDP de ne pas présenter de candidat à l’élection
présidentielle et de s’allier au candidat kémaliste n’avait rien
d’évident pour les Kurdes et dans la gauche turque. Mustafa Kemal
Atatürk a créé la Turquie « moderne » il y a cent ans avec comme slogan
: « Un seul pays, un seul peuple, une seule langue, un seul drapeau ».
Kılıçdaroğlu incarnait ce courant kémaliste avec son Parti républicain
du peuple (CHP), connu pour sa politique négationniste vis-à-vis des
Kurdes. Il s’agissait donc de s’allier avec cet ennemi pour faire
tomber un ennemi encore plus dangereux. Gultan, assistante
parlementaire, l’explique ainsi : « Si jamais Erdoğan avait gagné avec
une opposition divisée et un candidat du HDP présent au premier tour,
tout le monde aurait accusé les Kurdes d’avoir raté une occasion
historique de le faire tomber ».
Une surprise, la victoire d’Erdoğan ? « Pas vraiment », nous répond
Sebnem Oğuz.
Erdoğan a graduellement pris le contrôle de tout l’appareil d’État :
les médias, l’appareil judiciaire, l’éducation nationale. La Cour
suprême est entièrement dans les mains du Parti de la justice et du
développement (AKP). Il est prouvé qu’il y a eu de la fraude, surtout
dans les zones affectées par le tremblement de terre, où beaucoup de
bulletins de vote étaient aux noms d’électeurs qui n’étaient même pas
sur place. Dans les zones kurdes aussi, il y a eu fraude, c’est prouvé.
DES CHOIX MAL NÉGOCIÉS
Isolés, frappés par la répression notamment dans l’éducation nationale,
l’université et les hôpitaux, le mouvement kurde et les progressistes
turcs avaient besoin d’une ouverture démocratique pour se recomposer,
ce qui les conduit à choisir d’appeler à voter pour le kémaliste
Kılıçdaroğlu. Mais la méthode adoptée pour ce choix ne fait pas
l’unanimité. Le HDP n’a-t-il pas bradé son autonomie un peu trop vite ?
Dans les coulisses du congrès, plusieurs participants nous font part de
leur mécontentement à ce propos, que résume Gultan :
Nous aurions dû exiger de Kılıçdaroğlu des engagements concrets par
écrit avant de lui donner nos voix, par exemple la libération des
prisonniers politiques et la réinstallation de maires déchus par
Erdoğan. Mais Kılıçdaroğlu était prisonnier de son alliance avec cinq
autres partis, tous plus nationalistes les uns que les autres, et
hystériquement antikurdes.
Autre élément de crispation dans le mouvement : la déclaration en
faveur de Kılıçdaroğlu par Selahattin Demirtaş. Après avoir hésité, ce
dernier a fini par apporter, du fond de sa cellule, son soutien au
candidat kémaliste, mettant les instances de son parti devant le fait
accompli. La grogne est d’autant plus importante que, pour une partie
du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Demirtas est un peu trop
populaire et fait de l’ombre à un autre prisonnier, Abdullah Öcalan. La
fin de l’isolement et la libération de ce dernier est une revendication
importante pour les congressistes. Öcalan, en isolement total dans la
prison d’Imrali depuis trois ans, a été emprisonné en 1999 grâce à une
opération conjointe des États-Unis, de la Turquie et... d’Israël.
UN RÔLE ALTERNATIF À VALORISER
Les intervenants ne laissent d’ailleurs aucun doute sur le soutien
clair et net des Kurdes au peuple palestinien, que rappelle Tülay
Hatimogullari, nouvelle coprésidente du Parti pour l’égalité des
peuples et la démocratie (Hedep), le nouveau nom du HDP. Elle-même est
arabe d’Alexandrette (Hatay), et incarne la volonté du mouvement
politique kurde de continuer sa politique d’alliance avec les autres
communautés opprimées en Turquie. Pour Sebnem Oğuz :
On peut faire pas mal de critiques au HDP, mais il possède la manivelle
qui peut faire bouger les choses. Tous les autres partis sont
nationalistes. Le HDP est contre toute sorte de nationalisme, même
kurde. C’est le seul parti qui reconnaît les différents groupes
ethniques, les Kurdes, mais aussi les Arméniens, les identités
religieuses opprimées comme les Alévis, ou le mouvement LGBT. Ce n’est
pas évident de soutenir ouvertement le mouvement LGBT. Cela ne passe
pas toujours chez une partie de la base, mais en même temps, c’est le
HDP qui a le plus grand nombre de féministes élues au parlement.
À ce congrès du doute et de la remise en cause, dans un climat
politique difficile, d’autres critiques ont visé la démocratie interne
du parti. Pour l’assistante parlementaire Gultan :
Les candidats étaient parfois parachutés, venant d’autres régions et
inconnus sur place. Ils passaient souvent devant les militant(e)s qui
bossaient jour et nuit, prenaient des risques. Le congrès a décidé qu’à
l’avenir, les candidats seront désignés par la base. La façon verticale
de choisir les candidats pour les élections ne passe plus.
KOBANÉ, LE PROCÈS DE LA HONTE
L’acharnement des pouvoirs turcs à museler la direction kurde du HDP se
révèle encore mieux au procès Kobané. Le lendemain du congrès, nous
assistons à une séance du tribunal d’Ankara, où 108 cadres du parti
sont accusés d’avoir provoqué en 2014 la mort de 37 personnes suite aux
manifestations en solidarité avec Kobané. Dans cette ville kurde
syrienne frontalière de la Turquie, des guérilléros du PKK et des
Unités de protection du peuple (YPG) défendaient les dernières maisons
contre les assauts de l’Organisation de l’État islamique (OEI). Au prix
d’énormes pertes, la ville ne tombe pas, et la coalition internationale
décide finalement, presque trop tard, d’aider militairement les
combattants. C’est le début de la fin de l’OEI.
Pendant la bataille de Kobané, non seulement l’armée turque ferme les
frontières, empêchant les Kurdes de Turquie de venir en aide à la
résistance, mais pire, des journalistes comme Can Dündar ont prouvé que
des convois humanitaires turcs transportaient en réalité des armes
destinées aux djihadistes syriens. Le HDP appelle alors à des
manifestations de soutien et critique l’inaction d’Ankara dans la lutte
contre l’OEI. Certaines de ces manifestations dégénèrent et le pouvoir
accuse le HDP des morts qui en ont résulté. Aujourd’hui, 39 membres de
sa direction se trouvent toujours en prison, tandis que d’autres sont
assignés à résidence. Le procureur demande au total 300 ans de prison
contre Selahattin Demirtaş. D’autres accusés risquent la prison à vie.
Nous sommes émus lorsque Nazmi Gür, élu et ancien responsable de
l’Association des droits humains (IHD), qui risque également la prison
à vie, nous crie malgré les trente mètres qui nous séparent dans le
tribunal : « Votre présence signifie beaucoup pour nous, vive la
solidarité internationale ! » Il n’est pas certain que cela fasse écho
auprès des autorités turques qui viennent de bombarder plus de 150
infrastructures au Rojava et tentent toujours d’exterminer la guérilla
du PKK, dans le nord de l’Irak. Le Hedep a du pain sur la planche.
Former HDP
deputy Huda Kaya arrested at Istanbul airport
In the latest
development
in a case initiated by the Ankara Republican Prosecutor's Office, Huda
Kaya, a former Istanbul deputy of the HDP (Peoples' Democratic Party),
was detained at Istanbul Airport on the instructions of the Istanbul
Republican Prosecutor's Office. Kaya is accused of "participating in
illegal meetings and demonstrations and resisting dispersal despite
warnings and the use of force.
Zilan Leventoglu,
Kaya's
lawyer, told Artı Gerçek that the detention decision stems from the
Kobanê case file. According to Leventoglu, a warrant was issued for
Kaya's arrest on suspicion of absconding even though she was
accessible. "We contested this decision repeatedly, both in writing and
orally, and confirmed her presence. Despite this, the public prosecutor
never engaged directly with us. We were repeatedly brushed aside,"
Leventoglu said.
Leventoglu detailed
the
circumstances that led to the arrest: "Although she was known to be in
Turkey and accessible, she was arbitrarily detained at the airport 10
minutes before her flight after passing through passport control
without any problems. She is currently being held at the airport
prosecutor's office. We're confused about the basis of the charges of
'participation in illegal meetings and resistance' as the file is
related to the Kobanê case.
Leventoglu also
stated on
social media regarding Kaya's arrest: "Huda Kaya was unjustly and
arbitrarily detained at Istanbul Airport on her way to an international
event. Although she has been accessible and at her residence for
months, the Ankara Republic Prosecutor's Office had issued an
absconding warrant against her. Although she recently gave a statement
to the Istanbul Republic Prosecutor's Office and expressed her
willingness to testify, even traveling to Ankara if necessary, the
absconding decision hasn't been lifted, and her attempts to testify
have been arbitrarily obstructed".
At the end of her
statement, Leventoglu expressed her frustration: "Despite being at the
airport for hours and passing through passport control without any
problems, Huda Kaya was detained 10 minutes before her flight in a
completely arbitrary manner. We leave this unfair, random, and illegal
process to the public's judgment. (gerçeknews, November 1, 2023)
HEDEP Co-Chairs celebrate 9th World Kobane Day
HEDEP Co-chairs Tulay
Hatimogulları and Tuncer Bakirhan commemorated the 9th World Kobane Day
in a multilingual statement, celebrating the victory against ISIS in
Kobane and pledging continued solidarity with people in Northern Syria
People's Equality and
Democracy Party (HEDEP) Co-Chairs Tulay Hatimogulları and Tuncer
Bakirhan commemorated the 9th anniversary of World Kobane Day, in a
statement released in Kurdish, Turkish, English, and Arabic to mark the
victory of Kurdish led forces against ISIS in Kobanê of Northern Syria.
They expressed solidarity with the struggle for common ideals and
enlightenment represented by this day.
In their joint
statement,
they said, "We celebrate World Kobane Day, a symbol of collective
struggle and enlightenment. On the 9th anniversary, we salute the
victory of humanity against the darkness of ISIS in Kobane."
The statement also
addressed the Kobane case where many Kurdish politicians are tried
regarding the 2014 protests against ISIS offensive to the city.
"The government in
Turkey
seeks to settle accounts with the victory of collective struggle and
enlightenment that emerged in Kobane through the courts under its
command. We promise once again to expand the struggle of our comrades
on trial in the Kobane Conspiracy Case.”
The statement also
touched upon the recent offensive by Turkish forces against Northern
Syria:
“We know that the
attacks
on the territories of the North-East Syria Administration are aimed at
completing what ISIS couldn't. We will never give up on standing in
solidarity with the Rojava (Northern Syria) people, where a common and
democratic life is budding. The internationalist solidarity of world
populations illuminated our present and our future. Happy World Kobanê
Day on November 1st to all oppressed people worldwide, especially the
Kurdish people."
(gerçeknews, November 1, 2023)
Kobane's
triumph over ISIS remembered on World Kobane Day
People across the
globe
gathered to commemorate World Kobanê Day, a solemn occasion that honors
the heroic resistance of Kurdish-led forces and the residents of
Kobanê, who successfully thwarted the advances of the Islamic State
(ISIS) in 2014.
In Turkey, Halide
Turkoglu, the Spokesperson of the Women's Council of the Peoples'
Democratic Party (HEDEP), delivered a powerful message during a press
conference held in honor of World Kobanê Day, emphasizing the
significance of the day and the pivotal role of Kurdish women in the
resistance against ISIS.
“Kobane is the light
of
women's resistance and struggle. Kobane is the name of the struggle
where women's organisation and comradeship meet by crossing the borders
built with iron wires and walls. It is the land where revolution
flourished with an international struggle,” she said.
Kobanê, located in
northern Syria, became a symbol of defiance in 2014 as the world
watched in horror as ISIS attempted to capture the city. The battle
that unfolded was not just a regional conflict but a stark
representation of a global fight against terrorism. Thousands of people
in numerous countries took to the streets to express their support for
Kobanê and its struggle against the Islamic State.
On November 1, 2014,
millions of people worldwide united in solidarity to acknowledge the
extraordinary resistance of Kobanê. Since then, this day has been
consecrated as World Kobanê Day, an annual reminder of the indomitable
spirit and courage displayed by the residents of Kobanê. (gerçeknews, November 1, 2023)
Minorités
/ Minorities
Hommage à
Gérard Collomb, maire de Lyon, grand défenseur
des droits humains en France

Nous avons appris
avec
grande tristesse que le maire de Lyon pendant près de 20 ans, Gérard
Collomb est décédé le 25 novembre à l'âge de 76 ans.
Atteint d'un cancer à
l'estomac, “il a souhaité lorsqu'il est devenu évident que sa maladie
ne pourrait être améliorée par un quelconque traitement anticancéreux,
bénéficier d'une sédation profonde qui lui a permis de s'éteindre
paisiblement auprès des siens” vers 21 heures samedi, a-t-elle dit dans
un bref message à l'AFP.
J'avais l'honneur
d'avoir
connu ce grand défenseur des droits humains et d'avoir partagé le
podium avec lui le 24 avril 2009 lors de la commémoration du génocide
de 1915 à Lyon.
Le quotidien Progrès
du 25 avril 2009 rapportait:
"Une chose est sûre,
à
Lyon, les Arméniens possèdent un fervent défenseur en la personne de
Gérard Collomb. Hier, le sénateur-maire (PS) a misé sur une
commémoration officielle du centenaire en Turquie dans six ans.
"La présence de Dogan
Özgüden, rédacteur en chef d'Info-Türk, en tant que militant de la
démocratisation en Turquie constituait, hier place Antonin-Poncet, le
moment fort de la cérémonie. Exilé politique en Belgique, ce défenseur
des Droits de l'Homme est venu dénoncer la politique cynique d'Ankara
autant que souligner le réveil considérable observé dans la population
pour reconnaître les crimes perpétrés en 1915."
Dans son discours, le
maire Gérard Collomb disait:
"Le monde change, les
mentalités aussi ; les populations ne veulent plus être l’otage du
passé! Oui, la Turquie peut franchir des pas décisifs grâce à tous ceux
qui se battent pour la liberté d’expression, à l’image de Hrant Dink, à
l’image de Dogan Özgüden, qui nous fait l’honneur aujourd’hui de sa
présence, et nous y sommes sensibles ; grâce à tous ceux qui, de
l’intérieur ou de l’extérieur, mènent ce combat difficile pour la
vérité et la liberté, fût-ce, au prix-même de leur vie.
"Je forme le vœu que
leur idéal se réalise.
"Cela fera bientôt
cent
ans que le gouvernement Jeune-Turc prit la décision d’exterminer tout
un peuple. Dans six ans, ce sera le centenaire du génocide.
"Je forme le vœu, que
dans six ans, la Turquie prenne elle-même l’initiative de procéder à
une commémoration officielle du génocide. Elle ne peut plus laisser des
millions d’hommes et de femmes amputés de leur mémoire, exilés depuis
des générations.
"La Turquie ne doit
plus passer à côté de son histoire, l’histoire des Européens,
l’histoire de l’Humanité !
"Le nouveau cours du
monde appelle cette évolution majeure.
"Il faut travailler à
construire les ponts, travailler ensemble, encore et encore, pour que
le soleil se lève en Anatolie!
"C’est là,
l’espérance
que nous devons porter, le serment qu’ensemble nous devons prêter: oui,
dans six ans, c’est au pied du Mont Ararat, qu’il nous faudra pouvoir,
officiellement, célébrer en Turquie la commémoration du centenaire du
génocide arménien !"
Il est dommage que
son
attente, commémorer officiellement le génocide arménien au pied du Mont
Ararat, n'a pas été concrétisée à six ans, même 14 ans après cette
commémoration en 2009 à laquelle nous avons assisté ensemble...
Honte à ceux qui font
de
l'obstruction à une telle commémoration au pied du Mont Ararat et à
ceux qui ne s'opposent pas à cette obstruction !
(Le texte complet de
cette commémoration de 2009: https://www.info-turk.be/368.htm#24)
Photos: Pascal
Muradian
L'assassin du
journaliste Hrant Dink
remis en liberté
Le principal assassin de Hrant Dink, célèbre journaliste turc d'origine
arménienne, qui avait été condamné en 2011 à 23 ans de prison pour ce
meurtre, a été remis en liberté mercredi soir pour "bonne conduite",
ont rapporté les médias turcs.
Selon les chaînes privées NTV et CNN Türk et de nombreuses autres
publications dont l'agence DHA et Agos, le journal où travaillait Hrant
Dink, Ogün Samast - l'auteur des coups de feu tirés contre le
journaliste - a été libéré de la prison de Bolu (nord) "à 19h50" (16h50
GMT) au motif qu'"il a été déterminé qu'il remplissait les conditions
de libération conditionnelle", a précisé NTV.
Cette information n'a pas été confirmée de source officielle, ni par
aucun média public.
Hrant Dink, rédacteur en chef du journal bilingue en turc et en
arménien Agos, a été tué devant le siège de sa publication sur un
trottoir d'Istanbul le 19 janvier 2007.
Signe du choc qu'avait suscité le meurtre de ce journaliste de 52 ans,
chantre de la réconciliation entre Turcs et Arméniens, plus de 100.000
personnes avaient défilé le jour de ses obsèques.
Ogün Samast, mineur au moment des faits, aura finalement passé seize
ans et dix mois en prison.
Après sa condamnation, la famille de Hrant Dink avait réclamé pendant
des années que soient retrouvés les commanditaires du meurtre, ne
croyant pas à la thèse d'un acte solitaire.
Un tribunal d'Istanbul avait finalement condamné en mars 2021 quatre
personnes, dont deux anciens chefs de la police, à la prison à vie.
Selon les médias turcs, 24 autres prévenus avaient été condamnés à
diverses peines de prison à l'issue de la 131e audience d'un procès
dans lequel 77 personnes étaient mises en accusation.
Mais de nombreux responsables des forces de sécurité, dont d'anciens
chefs de la police d'Istanbul et de Trabzon (nord-est), accusés par la
famille de Hrant Dink, avaient été acquittés pour "prescription des
faits".
Pour le chef du CHP, le principal parti d'opposition, Özgür özel, cette
libération est "inconcevable".
"C'est une injustice incroyable commise envers une importante
communauté de Turquie, la communauté arménienne", a-t-il déclaré au
média en ligne T24.
"Il est clair que quelqu'un a protégé Ogün Samast", a-t-il accusé
ajoutant que si ce dernier "peut être libéré pour bonne conduite, alors
parler de justice dans ce pays c'est vraiment manquer de scrupule".
Joint par l'AFP, le représentant en Turquie de l'organisation Reporters
sans Frontières (RSF), Erol Onderoglu, a dénoncé "une nouvelle très
douloureuse pour la famille Dink et tous ceux qui ont pu connaître cet
homme de paix".
"La Turquie avait seize ans et dix mois (le temps passé en prison par
l'assassin, ndlr) pour traduire en justice l'ensemble des acteurs de
l'Etat responsables de la préparation de ce meurtre. Ca n'a
malheureusement pas été le cas", a-t-il regretté.
Pour RSF cependant, "la libération du tueur ne doit pas marquer la fin
de la quête de vérité autour de cet odieux assassinat". (AFP, 15 nov
2023)
Pourquoi
l'Assyrien Gevriye a-t-il été assassiné en
Turquie?
Le citoyen assyrien Gevriye Akgüç (Beth-Ego), 92 ans, qui a été attaqué
par une ou plusieurs personnes inconnues le 6 novembre dans le quartier
rural de (Enhil en syriaque) dans le district de Midyat à Mardin, a
perdu la vie.
Le corps d'Akgüç a été envoyé à Istanbul pour être enterré hier après
les procédures d'autopsie, tandis que l'enquête sur l'incident se
poursuit.
Dans le cadre de l'enquête, 15 personnes ont été arrêtées jusqu'à
présent.
Certaines d'entre elles, dont des gardes de village et des Assyriens,
ont été libérées après leur déposition.
Les condoléances pour Akgüç sont acceptées à l'église Kuryakos du
village.
S'adressant à Rûdaw, la femme de Gevriye Akgüç, Ediba Akgüç, a déclaré
ce qui suit :
"J'ai ouvert la porte avec la clé, je suis entrée et j'ai posé mon
chapelet sur la table. Soudain, j'ai entendu cinq coups de feu, comme
s'ils étaient à l'intérieur de la maison.
"J'ai couru, j'ai regardé et je l'ai vu allongé sur le sol, du sang
coulait de sa tête. J'ai crié 'Courrez ici, votre oncle a été tué'.
Puis la police est arrivée.
"Il ne s'est jamais battu avec personne. Il y avait là une maison
délabrée. Il faisait sombre et on ne voyait rien.
"Ils disent qu'ils vont éclaircir l'affaire. Qu'ils révèlent le
meurtrier, je ne veux rien d'autre. Je les supplie de découvrir qui est
le meurtrier de mon mari".
Kuryakos Ergun, président de la fondation du monastère Mor Gabriel, a
déclaré à Rûdaw ce qui suit à propos du meurtre :
"Gevriye Akgüç était à Istanbul depuis longtemps. Depuis près de 50
ans. Il était revenu au village pour quelques années. Il avait
construit sa maison. Il a également construit une maison à Midyat. Ses
enfants étaient déjà revenus et s'occupaient du bien du village".
Le député HEDEP de Mardin, George Aslan, a fait la déclaration suivante
à Rûdaw à ce sujet :
"Nous ne pouvons pas séparer ce qui se passe actuellement dans le
village de Nehilê des meurtres qui ont eu lieu dans les années 90. Cela
a été clairement planifié et fait délibérément.
"Les Assyriens sont partis en Europe et maintenant, ils reviennent dans
leurs villages et s'installent.
"Ils revendiquent leurs terres et enregistrent leurs maisons à leur
nom. Cela n'entre pas dans le compte des gangs qui avaient usurpé leurs
biens". (Rûdaw, 9 novembre 2023)
Turkey to
introduce entry fees for foreign tourists at Hagia
Sophia
Culture and Tourism Minister Mehmet Nuri Ersoy held a press conference
at the İstanbul Atatürk Cultural Center (AKM) to unveil the latest
developments in Turkey's tourism sector, along with significant changes
coming to one of its most iconic landmarks, Hagia Sophia Mosque.
Ersoy shared details about a new visitor management system set to be
implemented at Hagia Sophia, emphasizing its status as a UNESCO World
Heritage Site. Starting from January 15, 2024, foreign tourists
visiting Hagia Sophia will be charged an entrance fee, marking a change
from the previous practice.
Ersoy said, "Hagia Sophia is on the UNESCO Cultural Heritage List. We
are proceeding in consultation with UNESCO. Upon UNESCO's
recommendation, starting from January 15, we will introduce a visitor
management system at Hagia Sophia. This will enhance the quality and
security of visits."
Notably, Turkish citizens visiting Hagia Sophia for religious purposes
will not be affected by this change, as there will be no charge for
their entry.
Foreign visitors will experience a shift in their entrance point,
moving to the upper-level gate near Topkapi Palace. This strategic
change aims to reduce congestion and elevate the quality of the visit
and religious experience for tourists.
Furthermore, Ersoy mentioned that visitors to Hagia Sophia will have
access to information in 16 different languages through a dedicated
mobile application.
Hagia Sophia's conversion
Hagia Sophia is a 1,500-year-old building that was originally built as
an Orthodox Christian cathedral by the Byzantine Empire. It was
converted into a mosque by the Ottoman Turks in 1453, and then into a
museum by the secular Turkish Republic in 1934. It is a UNESCO World
Heritage Site and a symbol of Istanbul’s rich cultural and religious
heritage.
In July 2020, President Recep Tayyip Erdogan ordered the conversion of
Hagia Sophia back into a mosque, after a court annulled the 1934 decree
that made it a museum.
The decision sparked criticism from many countries and organizations,
such as Greece, the European Union, UNESCO, and the World Council of
Churches, who argued that it violated the universal value and status of
Hagia Sophia as a monument of world civilization13. (BIA, November 1, 2023)
Politique
intérieure/Interior Politics
Anti-refugee leader exposes secret
election deal with CHP leader
Ümit Özdağ, the leader of the anti-refugee Victory (Zafer) Party, has
disclosed a protocol signed with the CHP leader Kemal Kılıçdaroğlu
ahead of the second round of the presidential election on May 28.
Kılıçdaroğlu, the primary contender against President Recep Tayyip
Erdoğan in the election, brokered a deal with Özdağ to outpace him in
the runoff vote, a strategy that ultimately fell short of success.
Revealing the details of the protocol on social media today, Özdağ
claimed that the six-party bloc behind Kılıçdaroğlu, also known as the
“Table of Six,” had rejected “any form of negotiation” with his party
before the first round of the election. However, after Kılıçdaroğlu
lagged behind Erdoğan in the first round, he accepted Özdağ’s terms, he
noted.
The detailed provisions of the protocol shared by Özdağ include the
allocation of three minitries to the Victory Party, with one being the
Interior Ministry. Also, appointments in the security, justice, and
economic bureaucracies under the influence of the Victory Party.
The agreement also stresses the repatriation of refugees and migrants
within one year and a “resolute fight against various terrorist
organizations.”
The provisions about refugees and “terrorism” were made public when the
deal was signed whereas Kılıçdaroğlu’s promise to hand over ministries
and bureaucratic positions to the Victory Party have been kept
confidential until today.
Background
The Victory Party, which was founded in 2021 by for MP Ümit Özdağ, is a
nationalist and anti-immigration party that advocates for the expulsion
of Syrian refugees and other migrants from Turkey.
Özdağ is a well-known nationalist politician in Turkey, having served
as an MP from the Nationalist Movement Party (MHP), and İYİ (Good)
Party, an offshoot of the MHP. Özdağ parted ways with İYİ Party in
2021, citing its shift from Turkish nationalism to a center-right
stance.
Özdağ’s Victory Party managed to get 2.5 percent of the vote in the
parliamentary election, while its presidential candidate, Sinan Oğan,
got over 5 percent of the vote in the first round. Erdoğan received
49.5% of while Kılıçdaroğlu received 44.9%. Ahead of the second round,
Oğan announced his support for Erdoğan.
Ahead of the runoff vote, Kılıçdaroğlu sought to broaden his appeal and
attract more votes from the nationalist and conservative segments of
the society. To this end, he struck a secret deal with the Victory
Party, which proved insufficient as Erdoğan won the run-off with 52.18%
of the votes, while Kılıçdaroğlu received 47.82%. (BIA, 23 November
2023)
Erdogan
prend ouvertement parti contre la Cour
constitutionnelle
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a pris vendredi le parti de la
Cour de cassation contre la Cour Constitutionnelle, dont l'opposition
et les juristes soupçonnent qu'il voudrait la supprimer à la faveur
d'une nouvelle constitution.
"Malheureusement à ce stade, la Cour constitutionnelle a commis une
erreur après l'autre", a déclaré le chef de l'Etat, selon ses propos
rapportés vendredi par des médias turcs.
C'était la première fois que le président intervenait dans la
controverse entre ces deux hautes cours qui s'affrontent au sujet de
Can Atalay, un avocat de 47 ans élu au Parlement en mai dernier,
condamné à 18 ans de prison.
La Cour constitutionnelle a ordonné sa remise en liberté le mois
dernier mais la Cour de cassation a refusé cette décision et annoncé
mercredi une plainte au pénal contre les juges de la Cour
constitutionnelle qui ont ordonné cette libération.
Pour M. Erdogan, les poursuites engagées par la Cour de cassation "ne
peuvent être renversées ou ignorées" puisque cette Cour "est aussi une
haute cour" du pays.
Can Atalay est l'un des sept accusés condamnés l'an dernier en même
temps que le mécène Osman Kavala.
Tous deux ont dénoncé un procès "politique" et des accusations
fictives, mais depuis la Cour de cassation a rejeté l'appel de M.
Atalay et confirmé en septembre la condamnation à la "perpétuité
aggravée" de M. Kavala.
A Ankara, un millier d'avocats vêtus de leurs robes noires, la
constitution turque en main et en évidence, ont marché vendredi du
palais de justice au siège de la Cour de Cassation pour défendre la
Cour constitutionnelle.
Le président du barreau turc Erinc Sagkan a dénoncé une "violation de
la constitution": "Cette crise n'est pas une simple crise judiciaire,
c'est une crise d'État et la constitution a été clairement violée par
la justice", a-t-il déclaré .
Il a rappelé qu'en vertu de la Constitution, "les décisions de la Cour
constitutionnelle sont contraignantes".
- "Liquider la constitution" -
"Nous ne permettrons pas la liquidation de la constitution ni de la
Cour constitutionnelle", a également prévenu le président du barreau
d'Ankara, Mustafa Köroglu.
La controverse entre les deux hautes cours suscite aussi de vives
réactions au sein de l'opposition et chez les défenseurs des droits de
l'homme.
Pour le nouveau chef du principal parti d'Opposition CHP, Ozgur Ozel,
qui a rejoint la marche des barreaux, "avant les propos du président,
ils s'agissait d'une crise judiciaire".
"Maintenant, c'est une tentative évidente d'éliminer l'ordre
constitutionnel de la part d'Erdogan", a-t-il déclaré.
Jeudi M. Ozel avait déjà dénoncé "une tentative de coup d'état".
Le CHP a réclamé une réunion extraordinaire du Parlement, rejetée par
le parti du chef de l'Etat, l'AKP.
S'exprimant de nouveau vendredi, Recep Tayyip Erdogan a saisi
l'occasion de pousser son idée de nouvelle constitution.
"La nécessité pour notre pays de se doter le plus rapidement possible
d'une nouvelle constitution est évidente", a-t-il lancé.
Le chef de l'Etat a également défendu le maintien en détention de Can
Atalay en faisant valoir qu'une éventuelle levée de son immunité
parlementaire par ses pairs prendrait du temps.
"Malheureusement", a-t-il expliqué, "de nombreux terroristes ont pu
gagner l'étranger par le passé parce que la procédure de levée de leur
immunité au Parlement tardait".
"Ces affaires doivent être traitées rapidement" sinon "vous en voyez un
ressurgir en Amérique, un autre en Allemagne et un autre en France et
de là, menacer la Turquie", a-t-il continué.
"Mon pays ne doit et ne peut pas subir les menaces de pervers qui se
sont enfuis à l'étranger", a-t-il martelé. (AFP, 10 nov 2023)
Turkish opposition starts vigil in the parliament
Turkey's main opposition party announced that the Parliamentary
Advisory Board meeting would no longer occur. This decision comes in
the wake of the Supreme Court of Appeals' contentious resolution to
file a criminal complaint against members of the Constitutional Court
over the case involving TIP (Turkish Workers' Party) Hatay MP Can
Atalay.
The Parliamentary Advisory Board, initially scheduled to convene at
17:00, was expected to address the fallout from the Supreme Court's
decision, which has intensified the ongoing judicial crisis. In a bold
response, Ozgur Ozel took to social media to state that the CHP
(Republican People's Party) would begin an indefinite vigil within the
General Assembly of the Grand National Assembly of Turkey starting
today. This action, he explained, is intended to maintain focus on the
judicial crisis and what he termed as a coup attempt.
The CHP group first articulated the decision to occupy the General
Assembly, which had previously declared its intention to hold a vigil.
Echoing the sentiment of determination, CHP Group Deputy Chairman
Gokhan Gunaydin expressed hope for a positive outcome from the Advisory
Board, which represents all party groups. Gunaydin suggested that the
CHP's decision to remain in the Assembly might be reassessed following
the Advisory Board's deliberations. However, he emphasized that the
party's commitment not to vacate the Assembly would be steadfast under
the current conditions.
This latest development indicates a significant escalation in the
political tensions within Turkey, as opposition parties take a stand
against decisions made by the judiciary that they perceive as
encroachments on the democratic process and constitutional order. The
eyes of the nation now turn to the Grand National Assembly, where the
next chapter of this unfolding political drama will be written.
(gerçeknews, 9 November 2023)
Le CHP change de chef après sa défaite
face à Erdogan
Le principal parti d'opposition turc a remplacé dimanche son chef de
file, Kemal Kiliçdaroglu, par un ancien pharmacien encore
inexpérimenté, à la suite d'une amère défaite électorale face au
président Recep Tayyip Erdogan.
Le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) est divisé
depuis que M. Kiliçdaroglu a perdu, en mai, un second tour âprement
disputé contre le président turc.
Lors du congrès annuel du parti, les délégués ont voté en faveur du
remplacement de M. Kiliçdaroglu par Ozgur Ozel, relativement méconnu,
après avoir gaspillé ce que beaucoup considèrent comme la meilleure
chance pour l'opposition de mettre fin à deux décennies de régime
islamo-conservateur de M. Erdogan.
Les élections de mai ont eu lieu dans un contexte de grave crise du
coût de la vie que les analystes imputent aux convictions économiques
peu orthodoxes de M. Erdogan.
M. Kiliçdaroglu a réussi à rassembler une alliance à multiples facettes
comprenant à la fois des nationalistes de droite, des socialistes de
gauche et des Kurdes.
Mais le bloc des six partis a failli se fracturer quelques mois avant
l'élection et a ensuite enregistré des résultats médiocres dans les
sondages.
De son côté, M. Erdogan est parvenu à consolider son contrôle du
parlement grâce au soutien de groupes islamiques et ultranationalistes.
M. Kiliçdaroglu a ensuite mécontenté de nombreuses personnes au sein de
son propre parti en refusant d'admettre sa défaite et de démissionner.
Le candidat malheureux à la dernière élection présidentielle, âgé de 74
ans, a perdu son poste de dirigeant après deux tours de scrutin houleux
au congrès du parti, au profit d'un candidat soutenu par le maire
d'Istanbul, Ekrem Imamoglu.
M. Ozel a passé une grande partie de sa carrière à travailler comme
pharmacien dans la ville touristique d'Izmir (ouest), bastion de
l'opposition à M. Erdogan.
Il est ensuite devenu président de l'association des pharmaciens de
Turquie et a été élu au Parlement en 2011.
L'orateur de 49 ans a remporté le scrutin final par 812 voix contre
536, après s'être présenté comme le candidat du "changement".
Mais le vote a été bien plus axé sur la personnalité des deux hommes
que sur des politiques particulières.
M. Kiliçdaroglu a comparé les tentatives visant à l'évincer à un "coup
de poignard dans le dos", M. Ozel soulignant quant à lui sa volonté
d'"écrire une nouvelle histoire et remodeler la politique turque".(AFP,
5 nov 2023)
Forces
armées/Armed Forces
7th European Forum condemns Turkish attacks
in Kurdish regions
The final declaration of the 7th European Forum of the Left, Green and
Progressive Forces, which took place in Madrid from the 10th to the
12th of November, has been released.
According to the final declaration, the debates at the 7th European
Forum of Left, Green and Progressive Forces confirmed the failure of a
neo-liberal, reactionary, patriarchal, and environmentally predatory
model of European construction. “This model has demonstrated its
inability to offer positive solutions to the challenges confronting our
people, and it lacks a genuine commitment to achieving strategic
autonomy in its foreign policy.”
Based on this observation, the 7th Forum calls on progressive social,
cultural, trade union and political forces to unite in the endeavor to
construct a different Europe.
“A Europe that places the democratic and sovereign choices of peoples
at the center of all concerns, aiming to improve the lives of
individuals and defend the environment.
A Europe free from gender-based violence that puts an end to all forms
of discrimination and inequality, and closes the gender pay gap by
promoting public care systems to alleviate the burden borne by women,
ultimately dismantling the patriarchal system, human trafficking, and
exploitation.
A Europe that achieves full democratic development by implementing
socially progressive policies that provide young people with the
prospect of a dignified life and stability.
Europe that creates a new definition of “global security” working to
build peace and resolve conflicts diplomatically and through
negotiation, based on the United Nations Charter and respect for
international law, as well as the protection of social rights,
co-development, food security, and climate security. Therefore, we
believe that the next steps to stop the war would be: a return to the
negotiating table, a ceasefire, a withdrawal of all Russian troops from
Ukraine.”
The final declaration pointed out that: “We are resolute in our
commitment to engage in political action and facilitate the development
of a democratic and socially progressive Europe founded on the
principles of equality, solidarity, and sustainability. This vision
entails Europe assuming a stance of strategic autonomy in foreign
policy, advocating for an international order free from hegemonies that
hinder the right of peoples to self-determination, and promoting
cooperation and solidarity among sovereign nations.
In pursuit of these objectives, participants in the 7th Forum,
representing our diversity and plurality, engaged in debates, exchanged
proposals, shared experiences, and coordinated actions. We will
disseminate these insights to various participating organizations,
urging them to study and implement these ideas within their respective
spheres of influence. Additionally, we encourage the consideration of
these proposals for integration into their programs for the upcoming
European elections. Our collective aim is to collaborate in pushing
back against the right, in both its neoliberal and neo-fascist
manifestations, and to collectively pave the way for a future of peace
and prosperity in Europe.”
The Left, Green and Progressive Forces conveys their active engagement
and solidarity with the ongoing struggles in Europe and various parts
of the world.
The Forum calls for an end to the partition of Ireland, stating: “We
believe that the political and electoral conditions are in place. The
full implementation of the Good Friday Agreement in Northern Ireland
cannot continue to be compromised 18 months after the last provincial
elections, and the British government must take responsibility. The
peace process in Ireland, so far exemplary, could serve as inspiration
for the resolution of many conflicts.”
This Forum demands the end of the 49-years-long Turkish occupation of
37% of Cyprus. It calls for the resumption of the talks under the
auspices of the United Nations from where they were left in 2017, to
reach according to the UN Resolutions a bizonal bicommunal federal
solution with political equality as defined by the UN. Strongly
supports the common work of Greek Cypriot and Turkish Cypriot political
and social organizations to achieve the reunification of Cyprus and its
people.
“We vigorously denounce Turkey's pressure on the democratic opposition;
we demand Turkey the release of all political prisoners and the
implementation of decisions by the Council of Europe and the European
Court of Human Rights. We condemn armed attacks on civilian
infrastructure in Kurdish regions, leading millions to face poverty due
to a lack of access to water and electricity. We support calls for a
democratic solution to the Kurdish issue. On behalf of Jina Amini, we
stand in solidarity with all women fighting for freedom, especially the
Yazidi women of Şengal, echoing the cry of Jin-Jiyan- Azadi (Women,
Life, Freedom),” said the final declaration.
The 7th European Forum of Left, Green and Progressive Forces condemns
all acts of terrorist violence committed in Israel, Gaza, the West Bank
and Lebanon, stating: “We endorse the declarations of the Secretary
General of the United Nations, who has called for an immediate
ceasefire, the withdrawal of the Israeli army from Gaza and the release
of the hostages held by Hamas. We call for the release of political
prisoners in Israeli prisons and express our condemnation of the
apartheid policy to which the Israeli government subjects the
Palestinian people, as well as the entry of the Israeli army into Gaza,
contrary to international law. And above all, we condemn the
indiscriminate bombings by the Israeli army in the Gaza Strip,
veritable war crimes for which the perpetrators must be held
accountable before the International Criminal Court. We reaffirm that
the establishment of a lasting and stable peace depends on the
recognition of a viable and fully sovereign Palestinian state,
alongside Israel, under the conditions defined by various United
Nations resolutions.” (ANF, 23 November 2023)
La police disperse une manifestation pro-palestinienne près
d'une base militaire
La police turque a dispersé dimanche à l'aide de gaz lacrymogènes un
rassemblement pro-palestinien organisé devant la base militaire
d'Incirlik abritant des forces américaines, quelques heures avant
l'arrivée prévue à Ankara du secrétaire d'Etat Antony Blinken.
La manifestation, devant la base aérienne d'Incirlik (sud-est), était
organisée par l'ONG turque Humanitaire Relief Foundation (IHH). En
2010, celle-ci avait affrété une flottille pour tenter de rallier Gaza
sous blocus israélien, entraînant un raid israélien qui avait fait dix
morts.
Selon un photographe de l'AFP sur place, la police est intervenue
lorsque la foule a commencé à se diriger vers la base après avoir tenu
un rassemblement pacifique à Incirlik.
Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent plusieurs
centaines de personnes agitant des drapeaux palestiniens, courant dans
un champ et poursuivies par la police qui a également fait usage d'un
canon à eau.
Aucun blessé et aucune interpellation n'ont été rapportés à ce stade.
Les autorités américaines n'ont fait aucun commentaire dans l'immédiat.
La base aérienne d'Incirlik appartient à la Turquie, membre de l'Otan,
mais est utilisée par l'US Air Force - et occasionnellement par la
Royal Air Force britannique - auxquelles elle offre un accès
stratégique à de vastes régions du Proche-Orient.
La manifestation à l'appel de l'IHH devait coïncider avec une visite
d'Antony Blinken, attendu dimanche soir en Turquie après s'être rendu
en Cisjordanie et à Chypre. Il doit rencontrer lundi à Ankara son
homologue turc, le ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan, pour
discuter de la guerre entre Israël et le mouvement islamiste
palestinien Hamas à Gaza.
Près d'un millier de personnes se sont également rassemblées dimanche
devant l'ambassade américaine à Ankara, selon un photographe de l'AFP
sur place.
La Turquie a été le théâtre ces dernières semaines d'importantes
manifestations de soutien aux Palestiniens.
- "Massacre immoral" -
Après l'attaque menée le 7 octobre par le mouvement islamiste sur son
territoire depuis Gaza, Israël a juré "d'anéantir" le Hamas. Au moins
1.400 personnes, en majorité des civils, selon les autorités
israéliennes, sont mortes lors de cette attaque d'une violence et d'une
ampleur inédites depuis la création d'Israël en 1948.
L'armée israélienne pilonne depuis sans répit Gaza, petit territoire
assiégé où vivent 2,4 millions d'habitants. Depuis le 7 octobre, 9.770
personnes, essentiellement des civils, y ont été tuées par les
bombardements israéliens, selon le Hamas.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a critiqué à plusieurs reprises
les Etats-Unis pour leur soutien à l'opération israélienne dans la
bande de Gaza.
Il a indiqué dimanche qu'il poursuivrait lundi comme prévu son voyage
en province, rendant ainsi peu probable une rencontre avec M. Blinken.
M. Erdogan a condamné un "massacre immoral, sans scrupule et
méprisable" à Gaza.
Le 28 octobre, dans un discours virulent prononcé à Istanbul lors d'un
"meeting de soutien à la Palestine" rassemblant des centaines de
milliers de personnes, le chef de l'Etat turc avait déjà accusé Israël
de "crimes de guerre".
Dimanche, il a précisé qu'Ankara oeuvrait "en coulisses" pour tenter de
mettre fin au bain de sang à Gaza et assurer l'acheminement de l'aide
humanitaire. "Soyez assurés que nous faisons bien plus que ce que l'on
voit", a-t-il déclaré.
Selon une source diplomatique turque, le chef de la diplomatie turque
s'est entretenu par téléphone dimanche avec ses homologues égyptien et
jordanien.
La Turquie a rappelé samedi son ambassadeur en Israël pour
consultations et rompu le contact avec le Premier ministre israélien
Benjamin Netanyahu en réaction à l'opération à Gaza.
Après une décennie de relations quasiment gelées, à la suite de la
tentative de l'IHH de briser le blocus israélien de Gaza en 2010,
Israël et la Turquie avaient progressivement rétabli leurs relations
depuis l'année dernière. Les deux pays avaient renommé des ambassadeurs
et relancé les discussions sur un gazoduc soutenu par les États-Unis.
(AFP, 5 nov 2023)
Affaires
religieuses / Religious Affairs
Polémique autour de la
présence d'un taliban dans une mosquée allemande
La polémique enfle en Allemagne après une conférence donnée par un
responsable du régime afghan des talibans dans une mosquée de Cologne,
le gouvernement demandant lundi des "explications" aux responsables du
culte musulman.
Abdul Bari Omar, un responsable du ministère de la Santé des Talibans,
a tenu jeudi soir une conférence dans une mosquée du quartier de
Chorweiler, à Cologne, appartenant à l'association turque musulmane
Ditib, la plus importante du pays.
Durant cet évènement, organisé par une association afghane de la ville,
il est accusé d'avoir "diffusé de la propagande", et "demandé des dons
pour le régime islamique", affirme notamment le quotidien Bild.
Sommé de s'expliquer, le gouvernement, a nié toute "connaissance"
préalable de cette visite, qu'il a aussi condamnée.
"La conférence d'un représentant des talibans à Cologne est totalement
inacceptable et doit être fortement condamnée. Personne ne doit donner
une tribune aux radicaux islamistes", a déclaré la ministre de
l'Intérieur, Nancy Faeser.
Mme Faeser a appelé lundi Ditib à fournir "des explications" sur
"comment il est possible que ces locaux aient été utilisés" de la sorte.
Les responsables de la mosquée ont assuré qu'ils n'avaient pas
connaissance de la visite du responsable taliban, ajoutant que
l'association afghane qui louait les lieux ne "faisait pas partie de la
Ditib".
"Un événement religieux (...) a eu lieu dans nos locaux. Contrairement
à l'accord contractuel, cela s'est transformé en un événement politique
et un orateur qui nous était inconnu de nous a été invité", ont-ils
déclaré rejetant "toute proximité - même spirituelle - avec les
talibans".
La question de savoir comment M. Omar a pu entrer en Allemagne se pose
également, alors que Berlin ne reconnaît pas le régime taliban et n'a
plus d'ambassade en Afghanistan depuis son retour au pouvoir, à l'été
2021.
"Qu'un fonctionnaire taliban puisse venir faire une conférence en
Allemagne et diffuser son idéologie inhumaine" est "encore une preuve
de faiblesse du gouvernement", a dénoncé un responsable de l'opposition
conservatrice, Alexander Throm.
"Nous avons vérifié si un visa allemand avait été délivré. Cela n'a pas
été le cas", a rétorqué lundi un porte-parole du ministère des Affaires
Étrangères.
Le fonctionnaire aurait voyagé avec un visa Shenghen délivré par un
"pays voisin", a-t-il ajouté. Selon plusieurs médias, Abdul Bari Omar
est arrivé par les Pays-Bas, où il participait à une conférence de
l'Organisation Mondiale de la Santé début novembre. (AFP, 20 nov 2023)
Socio-économique
/ Socio-economic
La Turquie
relève son taux directeur à 40%
La Banque centrale turque a relevé jeudi son taux directeur pour le
sixième mois consécutif, à 40%, au plus haut depuis l'arrivée au
pouvoir de Recep Tayyip Erdogan.
La Banque a relevé son taux de cinq points comparé au mois dernier et
explique, dans un communiqué, que le niveau du resserrement monétaire
est "très proche du niveau requis pour établir le cap de la
désinflation. En conséquence, le rythme du resserrement monétaire
ralentira et le cycle de resserrement s'achèvera dans un court laps de
temps".
"Le resserrement monétaire sera maintenu aussi longtemps que nécessaire
pour garantir une stabilité durable des prix", ajoute la Banque
centrale.
Depuis les élections de mai et la reconduction au pouvoir du président
Erdogan, la nouvelle équipe à la tête de la Banque centrale et du
ministère de l'Economie a fait remonter le taux directeur de 8,5 à 40%
afin de tenter de réduire l'inflation qui a atteint le mois dernier
61,36%, selon les statistiques officielles.
Les économistes s'attendent à ce que les taux restent élevés au moins
jusqu'à la fin du premier semestre l'année prochaine.
La nécessité de relever les taux au plus haut niveau depuis l'arrivée
au pouvoir de Recep Tayyip Erdogan en 2002 indique, selon les
économistes, la profondeur de la crise dans laquelle le pays est plongé
à la suite des politiques menées par le chef de l'Etat turc.
M. Erdogan a longtemps défendu, à contre-courant des théories
orthodoxes, que les taux d'intérêt élevés étaient à l'origine de
l'inflation.
-Crise profonde-
Le président turc a été réélu en mai dernier en s'engageant durant sa
campagne à ne jamais autoriser la Banque centrale à relever son taux
directeur tant qu'il serait au pouvoir.
Il a cependant changé de cap, en nommant une nouvelle équipe
d'économistes respectés, formés à Wall Street et dans le privé, chargés
de sortir la Turquie de la crise qui altère gravement le quotidien des
Turcs.
Le taux d'inflation annuel officiel de la Turquie a culminé à 85 pour
cent en octobre dernier puis, après une nette réduction durant la
campagne, a de nouveau bondi à 61% en octobre.
La Turquie s'est enfoncée dans la crise il y a deux ans, quand le
président a ordonné à la Banque centrale, théoriquement indépendante,
de réduire son taux directeur, suscitant une flambée de l'inflation.
La livre turque s'est rapidement effondrée quand les Turcs, pour tenter
de sauver leurs économies, ont commencé à acheter des dollars et de
l'or afin de se prémunir contre de nouveaux chocs économiques.
La Banque centrale aurait, selon les estimations, dépensé plus de 200
milliards de dollars pour tenter de soutenir la livre turque au cours
des deux dernières années.
- "Cercle vertueux" -
Les nouveaux responsables de l'économie, le ministre des
Finances,
Mehmet Simsek, et le gouverneur de la Banque centrale, Hafize Gaye
Erkan, ont tenté de rééquilibrer l'économie avec des solutions
conventionnelles visant à atténuer la crise du coût de la vie et à
mobiliser le soutien des investisseurs étrangers.
Le chef de l'Etat a déclaré cette semaine que l'économie turque
pourrait bientôt "entrer dans un cercle vertueux" de désinflation,
permettant à la livre turque de gagner de la valeur.
"Il y a une forte probabilité que la livre turque prenne de la valeur
en termes réels", a-t-il affirmé.
"Nous gagnerons la confiance des investisseurs grâce à nos politiques
judicieuses et à nos réformes structurelles." (AFP, 23 nov 2023)
Three
workers killed in Siirt mine collapse
In Siirt's Şirvan district, an unspecified cause led to a collapse in a
private copper mine, resulting in the tragic death of three workers and
injuries to two others.
Siirt Governor Kemal Kızılkaya provided details of the incident in a
statement to AA, explaining that the collapse occurred around 01:25
today in the Eti Copper mine. "Five of our colleagues were exposed to
the collapse in the mine. Two of them managed to survive with minor
injuries, but unfortunately, the other three lost their lives," he said.
The injured workers were promptly transported to Siirt Training and
Research Hospital by ambulance.
Following the incident, the Siirt Public Prosecutor's Office initiated
an investigation into the collapse. As part of the inquiry, individuals
identified as Y.K, A.T, and D.A. have been taken into custody.
Authorities are now working to determine the circumstances surrounding
the tragic event in the mining facility. (BIA, 23 November 2023)
Intempéries en Turquie: neuf morts, onze marins
portés disparus
Neuf personnes ont été retrouvées mortes en Turquie après de violentes
intempéries, tandis que onze marins sont toujours portés disparus en
mer Noire, a annoncé lundi le ministre turc de l'Intérieur.
"Neuf de nos concitoyens sont décédés à cause des tempêtes (...) et des
pluies extrêmes", a déclaré Ali Yerlikaya lors d'un point-presse dans
la province de Zonguldak (nord-ouest), où quatre personnes ont trouvé
la mort.
Cinq autres personnes, dont trois enfants, sont mortes dans des
inondations dans les provinces de Batman et de Diyarbakir, dans le
sud-est du pays, a-t-il annoncé.
Le corps d'un des douze marins turcs portés disparus au large d'Eregli,
port de la province de Zonguldak, a été retrouvé lundi matin, a-t-il
précisé.
Le navire Kafkametler, battant pavillon turc, a coulé après avoir
heurté dimanche matin un brise-lames en quittant le port d'Eregli, à
200 kilomètres environ à l'est d'Istanbul, a indiqué M. Yerlikaya.
Des opérations de recherche, rendues jusque-là impossibles par les
conditions météorologiques, ont été lancées lundi, a-t-il annoncé.
Un autre navire, battant pavillon camerounais, s'est fracturé en deux
dimanche à Eregli sous la violence des vagues, après que l'ensemble de
son équipage a pu être évacué sain et sauf.
Des vents de 130 à 140 km/h ont balayé la zone, formant des vagues de
huit à neuf mètres, selon le ministre de l'Intérieur. (AFP, 20 nov 2023)
Relations
turco-européennes / Turkey-Europe Relations
HRW director urges Europe to pressure
Turkey over human rights record
The HRW director for Europe and Central Asia, Hugh Williamson, has
called on the European Union and its member states to put human rights
issues at the center of their engagement with Turkey, especially the
case of Osman Kavala and four others who face life imprisonment for
their alleged involvement in the 2013 Gezi Park protests.
Williamson said in an article that the EU should not ignore the
“deteriorating human rights situation” in Turkey, where the government
has cracked down on dissent, media freedom, and civil society. He also
criticized the EU for failing to take a clear stance on the ongoing
trial of Kavala and his co-defendants, who are accused of attempting to
overthrow the government by organizing the peaceful protests that swept
across Turkey in 2013.
“The EU should make clear that Turkey’s human rights record is a key
factor in its relations with the bloc, and that it expects concrete
steps from Ankara to improve it,” Williamson said. “The EU should also
publicly and privately urge Turkey to drop the baseless charges against
Kavala and the others, and to release them immediately and
unconditionally.”
Williamson’s statement came ahead of the EU-Turkey summit scheduled for
November 25, 2023, where the leaders of the two sides are expected to
discuss issues such as migration, trade, security, and regional
cooperation. Williamson said that the summit should not be a “missed
opportunity” for the EU to raise its concerns about human rights in
Turkey, and to press for meaningful reforms.
“The EU has a responsibility to stand up for the rights of people in
Turkey, who have faced increasing repression and injustice in recent
years,” Williamson said. “The EU should not trade away human rights for
other interests, but rather use its leverage to support positive change
in Turkey.” (BIA, 23 November 2023)
Scholz et Erdogan affichent leurs
divergences sur le conflit Israël-Berlin
Les dirigeants allemands et turc ont étalé vendredi leurs désaccords
sur le conflit au Proche-Orient, Berlin affirmant le droit d'Israël à
se défendre alors que Recep Tayyip Erdogan a de nouveau exigé la fin
immédiate des bombardements israéliens.
Le "droit à l'existence d'Israël" est "irréfutable", a déclaré Olaf
Scholz lors d'une conférence de presse avec le président turc, qui a
récemment paru remettre en cause la légitimité de l'Etat hébreu.
Ces propos, que M. Erdogan n'a pas réitéré à Berlin, avaient choqué en
Allemagne qui a élevé son existence au rang de "raison d'Etat" compte
tenu de sa responsabilité dans la Shoah.
Pour sa première visite en Allemagne depuis 2020, il s'est entretenu
d'abord avec le chef de l'Etat Frank-Walter Steinmeier.
Ce dernier a lui aussi réaffirmé avec force la position allemande selon
laquelle Israël a le droit "de se défendre" après l'attaque meurtrière
le 7 octobre du Hamas, qui a fait 1.200 morts, en grande majorité des
civils, selon les autorités israéliennes.
- "Pas dans la Torah" -
Erdogan s'était posé en médiateur dans les premiers jours du
conflit déclenché par les massacres du Hamas en Israël
Mais il a ensuite pris fait et cause pour le mouvement islamiste au fil
des bombardements massifs lancés en riposte par l'armée israélienne
contre la bande de Gaza.
A Berlin, il a de nouveau exhorté Israël à cesser "immédiatement" ses
attaques qui ont fait 12.000 morts à Gaza, surtout des civils, selon le
Hamas.
"Bombarder des hôpitaux ou tuer des enfants n'est pas dans la Torah.
Vous ne pouvez pas faire cela", a-t-il dit.
M. Erdogan a nié toute connotation antisémite dans ses critiques contre
Israël. "Pour nous, il ne devrait y avoir aucune discrimination entre
juifs, chrétiens et musulmans dans la région. Je suis le premier à
mener la lutte contre l'antisémitisme dans le monde", a-t-il affirmé.
Tout en reconnaissant la situation humanitaire dramatique pour les
civils à Gaza, M. Scholz a souligné que le Hamas était le premier
responsable car il se sert d'eux "comme des boucliers humains".
"Pour une perspective de paix durable", le Hamas "ne doit plus être en
mesure de mener des actes d'agression comme celle du 7 octobre", a
estimé le chancelier.
Malgré les divergences, Erdogan et Scholz ont fait montre de civilité,
le chancelier l'accueillant notamment avec un grand sourire.
Beaucoup avaient redouté un éclat lors de la conférence de presse. M.
Erdogan avait qualifié Israël "d'Etat terroriste" peu avant de se
rendre à Berlin.
Il avait aussi jugé que la légitimité de l'Etat d'Israël était "remise
en question en raison de son propre fascisme", des propos qui ont
choqué en Allemagne.
Olaf Scholz les avait qualifiés cette semaine "d'absurdes".
Des voix, notamment d'associations juives ou de l'opposition, se sont
élevées pour exiger le report ou l'annulation de sa venue, prévue
depuis plusieurs mois. Le chancelier l'avait invité après sa réélection
en mai.
- Interlocuteur incontournable -
Si M. Erdogan a conservé sa ligne très autoritaire adoptée depuis la
tentative de putsch contre son gouvernement en 2016, son influence
accrue au niveau géopolitique en fait néanmoins un interlocuteur
incontournable pour Berlin.
Dans la guerre en Ukraine, lancée le 24 février 2022 par la Russie, il
fut notamment un artisan de l'accord garantissant l'exportation de
céréales ukrainiennes via la mer Noire, avant que Moscou ne le dénonce
cet été.
Les puissances occidentales lui prêtent un rôle à jouer pour éviter un
embrasement du conflit au Proche-Orient et la libération des otages
israéliens retenus par le Hamas dans la bande de Gaza, ce qui, selon la
cheffe de la diplomatie allemande Annalena Baerbock, rend le dialogue
encore "plus important et plus urgent".
L'Allemagne, comme l'UE dans son ensemble, a aussi besoin de lui pour
renouveler le pacte signé en 2016 afin de contenir l'arrivée des
migrants, alors que l'Europe connaît une nouvelle vague d'arrivées en
provenance d'Afghanistan ou de Syrie. Celle-ci nourrit - notamment en
Allemagne - une envolée de l'extrême droite dans les sondages d'opinion.
Le président turc pourrait de son côté évoquer lors des entretiens avec
le chancelier, qui devaient se poursuivre dans la soirée lors d'un
dîner, l'achat envisagé de 40 avions de combat Eurofighter Typhoon.
La Grande-Bretagne et l'Espagne y sont favorables et essaient de
"convaincre" l'Allemagne, impliquée dans sa production et dont l'accord
est indispensable, a dit jeudi le ministre de la Défense turc. (AFP, 17
nov 2023)
KON-MED calls for protests against ‘war
criminal’ Erdoğan in Berlin
The Confederation of Kurdistan Societies in Germany (KON-MED), the
largest Kurdish institution in Germany, released a statement calling
for protests against the Turkish President who will visit Berlin and
the Scholz government which invited him.
The KON-MED statement released on Thursday said: “The Turkish state’s
annihilation policies against the Kurdish people continue unabated.
Suppressing the opposition in Turkey and pursuing a fascist policy
against the Kurdish people’s institutions in the first place, Erdoğan
has taken thousands of Kurdish politicians hostage and maintains the
isolation imposed on Kurdish people’s leader Abdullah Öcalan. With an
unprecedented isolation system that has no place in the universal law
and domestic law, he manifests his stand against the Kurdish people. He
wants to complete this annihilation campaign by bombing Kurdistan every
day and using unconventional weapons that are banned by the
international law of war. The ambitions of fascist Erdoğan and his
allies are very obvious and clear. He wants to destroy all the gains of
the Kurdish people.”
The statement continued: “The Turkish state’s war against the Kurdish
people knows no morals. Both the domestic politics and foreign politics
of the Turkish state are shaped on this basis. They are engaged in
relations with all kinds of terrorist groups through an anti-Kurdish
position. The practices of Erdoğan, who turns the Middle East into a
bloodbath and acts with a Neo-Ottoman mindset, show what kind of a
threat he constitutes to liberties and democracy.
Such a dictator will be visiting Berlin at the invitation of the German
state. What a coincidence that he will come to Germany one day before
the rally against the PKK ban in Berlin. With dirty deals, they want to
give a message to the Kurdish people. The German state should put an
end to its long-standing dirty relations with Turkey. Their meeting
will discuss not only dirty plans against the Kurdish people, but also
the war in the Middle East, migration control and the future of the
EU-Turkey deal.
As KON-MED, we ask the German state to cancel this invitation,
believing that it should take sides with human rights and democracy.
This is at the same time an important test for German democracy. We
believe that Erdoğan is a war criminal in the eyes of the German
public, and we know that this invitation does not only hurt us, but
also disturbs German society.
In this sense, we condemn the visit which is set to take place one day
before the central rally in Berlin, and we call on the German state to
abandon this attitude and cancel the invitation immediately.
We call on our people and all those who stand for humanity to ensure
broad participation in the grand rally in Berlin and to mobilize to
respond to dictator Erdoğan and the German government that invited
him.” (ANF, 16 Nov 2023)
Le
chancelier allemand reçoit le président turc
Erdogan le 17 novembre à Berlin
Le chancelier allemand Scholz recevra le président turc Erdogan le 17
novembre à Berlin, a annoncé vendredi une porte-parole du gouvernement
allemand, dans un contexte de tensions entre Ankara et l'UE aiguisées
par le conflit au Proche-Orient.
"Au cours d'un dîner vendredi prochain à la chancellerie, le président
Erdogan et le chancelier allemand aborderont toute la gamme des
questions politiques (...) naturellement particulièrement les
développements au Proche-Orient", a dit la porte-parole, Christiane
Hoffmann au cours d'un point presse régulier à Berlin.
Le plaidoyer pro-Hamas affiché par le président turc Recep Tayyip
Erdogan, dans la guerre menée par Israël contre le Hamas, complique la
relation de son pays avec l'Union Européenne, déjà mise à mal par des
années de crises et d'incompréhension.
Questionnée sur les sujets de discussion entre Olaf Scholz et Recep
Tayyip Erdogan, Mme Hoffmann a indiqué qu'ils "parleraient
naturellement particulièrement des développements au Proche Orient".
"Il est connu que le gouvernement allemand a une position et une
évaluation très différente du Hamas que le président turc", a-t-elle
ajouté. "Je suppose naturellement qu'ils vont l'évoquer", a-t-elle dit.
Parmi les autres sujets de discussion, les relations de l'Allemagne et
de la Turquie en tant que membres de l'Otan, et les problèmes
migratoires de l'UE et la Turquie.
Interrogée si Erdogan visiterait le mémorial de la Shoah à Berlin ou se
rendrait au match amical opposant la Turquie et l'Allemagne samedi 18
novembre, Mme Hoffmann a expliqué qu'elle ne pouvait parler que "des
rendez-vous du chancelier allemand".
Avant son dîner avec le chancelier Scholz, le président turc doit
rencontrer le président allemand Walter Steinmeier. (AFP, 10 nov 2023)
European
Parliament Rapporteur condemns Turkish Court's
ruling
The European Parliament's Turkey Rapporteur, Nacho Sánchez Amor, has
publicly criticized the decision of the 3rd Criminal Chamber of the
Court of Appeals in Turkey. The court recently refused to abide by the
Turkish Constitutional Court's ruling regarding the violation of rights
of the TIP (Workers' Party of Turkey) Hatay MP, Can Atalay, further
escalating to the filing of a criminal complaint against the AYM
members who supported Atalay's justified application.
Taking to social media to express his concerns, Amor did not mince
words when describing the situation unfolding within the Turkish
judiciary. "It is surreal that the Court of Cassation refused to comply
with the Constitutional Court ruling on MP Can Atalay and filed
criminal complaints against members of the Constitutional Court," he
stated. This move by the Court of Appeals triggered what Amor called an
"unprecedented institutional crisis." It has "confirmed all the
concerns about Turkey's judiciary that the Council of Europe and the
European Union have raised for years."
The rapporteur's remarks underscore the growing unease within European
circles regarding the state of judicial independence in Turkey. The
refusal of a superior court to follow a constitutional court's verdict
signifies a potential undermining of the rule of law, a cornerstone of
democratic governance and a key criterion for EU accession.
(gerçeknews, 9 November 2023)
Vadot,
Le Vif, 3 novembre 2023
Elargissement de l'UE: Oui, mais sans la
Turquie d'Erdogan
L'Union européenne se prépare à accueillir de nouveaux membres dans un
avenir plus ou moins proche, mais pour la Turquie, éternelle candidate,
le bout du chemin semble hors d'atteinte, les négociations d'adhésion
étant gelées depuis 2018.
La Commission européenne rend mercredi son rapport annuel sur
l'élargissement de l'UE à plusieurs pays candidats, et tous les regards
seront tournés vers l'Ukraine ou la Moldavie.
Mais la Turquie, officiellement candidate à l'adhésion depuis 1999,
sera à peine mentionnée.
L'ouverture des négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE remonte à
2005. Un événement considéré comme historique par Tony Blair, Premier
ministre britannique à l'époque.
Mais, très vite, les dirigeants européens se sont heurtés aux
difficultés liées à la présence turque dans le nord de Chypre,
avant-goût des nombreux problèmes à venir dans les négociations
Pour de nombreux Etats membres, les négociations d'adhésion, gelées
depuis juin 2018, sont au point mort pour longtemps. En septembre,
l'Autriche, opposée de longue date à l'entrée de la Turquie, a réclamé
que le processus soit formellement interrompu.
Plusieurs responsables européens, sous couvert d'anonymat, jugent que
cela serait plus honnête, mais personne ne veut faire le premier pas.
- Améliorer les relations -
Les relations entre l'UE et Ankara reposent aujourd'hui essentiellement
sur le "donnant-donnant". La Turquie reçoit ainsi des fonds européens
en échange de son aide dans le contrôle des flux migratoires vers
l'Europe.
Après les élections turques de mai, les dirigeants européens ont
suscité de nouveaux espoirs, en demandant à la Commission européenne et
au chef de la diplomatie de l'UE de préparer un rapport en vue
d'améliorer les relations.
Ce rapport est attendu pour décembre, avant un sommet des 27, mais les
experts restent prudents sur les avancées qu'il pourrait contenir.
"Je ne m'attends pas à une revitalisation significative de la relation
parce qu'il y a un nombre restreint de domaines où des progrès peuvent
être obtenus", estime Senem Aydin-Duzgit, professeure de relations
internationales à l'université Sabanci d'Istanbul.
Il y a un "découragement" vis-à-vis de la Turquie en Europe, a reconnu
le rapporteur du dossier turc au Parlement européen, Nacho Sanchez Amor.
"Nous sommes fatigués de maintenir le processus d'adhésion en vie quand
apparemment il n'y a pas de véritable volonté politique de l'autre
partie pour avancer sur la voie démocratique", a jugé cet eurodéputé
espagnol.
L'UE accuse la Turquie de faire marche arrière en matière de
démocratisation, particulièrement depuis le coup d'Etat manqué de 2016
contre le président turc Recep Tayyip Erdogan.
Le rapport sur la Turquie devrait dans ce contexte se contenter de
recommander une amélioration de l'union douanière entre les deux
parties. Mais là encore, les experts sont sceptiques. "Si les
négociations sur l'Union douanière peuvent démarrer avec l'actuel
gouvernement (turc), je ne pense pas qu'elles aillent très loin",
estime Mme Aydin-Duzgit.
- "La Turquie n'attend plus rien" -
Si Bruxelles envoie parfois des messages contradictoires, M. Erdogan
n'est pas en reste. "La Turquie n'attend plus rien de l'Union
européenne qui nous a fait patienter à sa porte depuis 60 ans", a-t-il
ainsi affirmé début octobre, deux mois après avoir lié son possible feu
vert à une adhésion de la Suède à l'Otan à un renouveau des
négociations avec l'UE.
L'ambassadeur turc auprès de l'UE, Faruk Kaymakci, se dit toujours
favorable à l'adhésion de son pays. "Ce que nous attendons, c'est de
recevoir le même traitement que les autres pays candidats", a-t-il fait
valoir.
A Bruxelles, comme à Ankara, beaucoup pensent qu'une clarification est
nécessaire.
Dès 2009, le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière
allemande Angela Merkel avaient clairement exprimé leur opposition à
une entrée de la Turquie en Europe. Depuis, le Brexit a fait perdre à
la Turquie sa principale allié dans l'UE, la Grande-Bretagne.
Les Etats-Unis continuent cependant à faire pression pour maintenir le
processus de négociations en vie, dans le souci de maintenir la
Turquie, membre de l'Otan, aussi éloignée que possible de la Russie,
particulièrement depuis l'invasion de l'Ukraine par l'armée russe.
Mais la perspective d'une entrée de l'Ukraine dans l'UE, qui pourrait
progresser mercredi en cas d'un avis favorable de la Commission
européenne au lancement du processus d'adhésion de Kiev, risque
d'éloigner encore davantage la Turquie des rivages européens.
"L'adhésion de l'Ukraine changera l'UE et il lui sera impossible
d'accepter un nouveau membre tel que la Turquie", a juge un responsable
européen, qui a requis l'anonymat en raison du caractère sensible du
sujet. (AFP, 8 nov 2023)
Turkey tops Europe’s organised-crime
index: 2023 Global Report
Turkey has surged to the top of Europe’s organised crime index, ranking
14th globally, in the Geneva-based International Organised Crime
Initiative’s latest report.
The 2023 report shows that Turkey’s Organised Crime Index score has
worsened, rising from 6.89 in 2021 to 7.03 this year. This score, on a
scale of 1 to 10, indicates the prevalence of organised crime in a
country.
The index compares organised crime activity in 193 UN member states.
Data for the research is collected by reviewing publications on
organised crime and verified for accuracy by local experts and groups.
The comprehensive assessment of the Organised Crime Index includes 20
sub-items, assessing both the criminal environment and criminal actors.
Within the criminal environment category, Turkey faces significant
concerns in the areas of human trafficking, arms smuggling, heroin,
cocaine, and synthetic drug trafficking, financial crime, and illicit
trafficking in non-renewable resources.
With regard to criminal actors, the report highlights the activities of
mafia groups, criminal networks, state actors, foreign criminal actors
and private sector actors and their close links to the government in
Turkey. It highlights the alarming presence of mafia groups that
maintain close ties with government officials and politicians to
protect themselves from law enforcement and the judiciary.
Turkey’s overall organised crime score of 7.03 is particularly worrying
in areas such as human trafficking, state-linked criminal actors, arms
trafficking, heroin trafficking and mafia operations, all of which
score 8.5 or higher. The report also highlights Turkey’s role as a
transit country for illegal immigrants, facilitating various criminal
activities in the region.
The report cites Turkey’s strategic geographical location as a key
factor in its involvement in fuel smuggling, heroin and cocaine
trafficking.
In terms of leadership and governance, government transparency and
accountability in Turkey is described as low, with increasing
allegations of corruption, nepotism and bribery in major public
tenders, especially in the wake of a financial crisis.
Non-state actors in Turkey, often perceived as political opponents, are
reportedly targeted, and numerous civil society organisations have been
closed on national security and terrorism grounds. In addition, media
pluralism is limited, with a significant proportion of national media
under government control and investigative journalists facing legal
proceedings and arrest.
The report notes that while Turkey has extradition treaties with
several countries, there are serious concerns about the Turkish
government’s use of extradition procedures and requests. It also
highlighted that in recent years, Turkey has made an increasing number
of requests to INTERPOL for politically motivated red notices,
targeting journalists, activists and political opponents living abroad.
(Medyanewas, 28 sept 2023)
Turquie-USA-OTAN /
Turkey-USA-NATO
Parliamentary committee delays
decision on Sweden’s NATO entry
The parliament's Foreign Affairs Committee encountered an impasse
yesterday as it discussed the "Protocol on the Accession of the Kingdom
of Sweden to the North Atlantic Treaty."
The session concluded without a resolution, to be continued at a later
date, following a petition by ruling AKP deputies.
During the general discussion phase, Berdan Öztürk, a member of the
Kurdish-focused Peoples’ Equality and Democracy Party (HEDEP), voiced
the party's rejection of the agreement.
Öztürk cited concerns over NATO's historical expansion strategy,
stating, "We reject this agreement due to both NATO's expansion
strategy that historically brought nothing but war and the Kurds being
used as bargaining chips, and we are making a reservation." He also
urged NATO countries to allocate their budgets to peaceful policies and
addressing the damages caused by wars instead of increasing military
budgets.
Northern Syria
Öztürk was followed by another HEDEP Commission member, Serhat Eren,
who opposed the classification of YPG and PYD, Syrian Kurdish groups,
as "terrorists" in the protocol. Eren argued that individuals labeled
as "terrorists" by some could be seen as "heroes" in other countries,
emphasizing the diverse perspectives on the matter.
In his speech, Eren emphasized the existence of various ethnic groups
in northeast Syria and their long-standing history in the region. He
stated, "People living in northeastern Syria, including Kurds, Arabs,
Assyrians, Armenians, and Turkmens, are the rightful owners of those
lands, having lived there for centuries.
“Today, the people living there are protecting their lands against the
fascism of Assad, who has subjected these people to oppression for
centuries, and at the same time, they are protecting their lands
against jihadists who come from various parts of the world in the name
of jihad and occupy the lands of the indigenous people."
The commission's meeting was adjourned, citing the need for members to
attend international "Friendship group" meetings at the same time.
However, it was noted that many Foreign Affairs Committee members,
including AKP MPs, found the information provided by Deputy Foreign
Minister Burak Akçapar insufficient regarding the removal of
reservations about Sweden's participation.
While AKP committee members quickly approved the Finland protocol,
which is essentially identical to the one with Sweden, during the
Thursday session, they chose to slow down the negotiations.
Particularly, AKP members questioned the statements made by the Deputy
Foreign Minister about changes Sweden claimed to have made in its laws
regarding "preventing terrorism." They expressed skepticism about the
implementation of these changes.
AKP members also expressed dissatisfaction with the fact that, despite
political reasons, Sweden had extradited one person among the 32
requested for extradition, who was allegedly affiliated with the PKK.
They highlighted their discontent by contrasting this with the
non-extradition of any member of the Gülen movement. (BIA, 16 nov 2023)
À Ankara, Blinken promet plus d'aide
pour Gaza "dans les jours à venir"
Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a promis lundi en Turquie
une extension "dans les jours à venir" de l'aide humanitaire à
destination des habitants de la bande de Gaza, assiégée par l'armée
israélienne.
"Nous travaillons très activement pour obtenir davantage d'aide
humanitaire (...) et je pense que vous verrez dans les jours à venir
que l'aide peut être étendue de manière significative", a déclaré le
chef de la diplomatie américaine au terme d'un tête-à-tête de deux
heures et demie à Ankara avec le ministre turc des Affaires étrangères
Hakan Fidan.
Venu avec pour mission d'apaiser la colère d'Ankara, allié de l'Otan
qui dénonce avec véhémence la réponse israélienne à l'attaque
meurtrière perpétrée le 7 octobre par le mouvement islamiste
palestinien Hamas, M. Blinken a affirmé que "de gros progrès" avaient
été réalisés "ces derniers jours" pour venir en aide aux civils
gazaouis.
De son côté, et tandis que des centaines de manifestants
pro-Palestiniens étaient réunis aux abords de son ministère à Ankara,
M. Fidan a demandé à son homologue américain un cessez-le-feu
"immédiat" et "complet" dans la bande de Gaza, a indiqué une source
diplomatique turque, ce à quoi s'opposent jusqu'ici les Etats-Unis, qui
privilégient des "pauses" afin d'acheminer l'aide humanitaire.
La colère contre Israël et l'Occident -- exprimée à plusieurs reprises
par le président turc Recep Tayyip Erdogan -- s'était encore manifestée
dimanche dans le sud-est de la Turquie.
La police turque a dû faire usage de gaz lacrymogènes et de canons à
eau pour disperser des centaines de manifestants qui s'étaient
rassemblés devant une base aérienne abritant des forces américaines.
Plus de 10.000 personnes ont été tuées, selon le gouvernement du
Hamas, dans les bombardements israéliens sur la bande de Gaza depuis le
début de l'offensive israélienne.
L'opération a débuté après que des combattants du Hamas ont tué plus de
1.400 personnes et emmené plus de 240 personnes dans la bande de Gaza
qu'ils contrôlent, d'après les autorités israéliennes, lors de
l'attaque la plus meurtrière de l'histoire d'Israël.
- "Larmes de crocodile" -
Cette guerre menace d'avoir d'importantes répercussions sur les
relations entre Washington et la Turquie, membre de l'Otan et très
active au Moyen-Orient.
M. Blinken s'est toutefois dit convaincu lundi que la Turquie
honorerait son "engagement" de donner son feu vert à l'adhésion de la
Suède à l'Alliance atlantique, toujours suspendue à un vote du
parlement turc.
Les Etats-Unis ont pour leur part renforcé les sanctions à l'encontre
des personnes et des entreprises turques soupçonnées d'aider la Russie
à échapper aux sanctions et à importer des équipements utilisés dans
son effort de guerre contre l'Ukraine.
Ankara n'apprécie pas que le Congrès américain retarde l'approbation
d'un accord soutenu par le président Joe Biden, qui vise à moderniser
l'armée de l'air turque avec des avions de chasse F-16.
La Turquie exprime également, depuis longtemps, des réserves sur le
soutien américain aux forces kurdes en Syrie qui ont mené la lutte
contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI), qu'Ankara
considère comme affiliées au mouvement kurde du PKK, interdit en
Turquie.
La visite de M. Blinken faisait suite à une tournée éclair au
Moyen-Orient, au cours de laquelle il s'est rendu en Cisjordanie pour
s'entretenir dimanche avec le président de l'Autorité palestinienne,
Mahmoud Abbas.
Le diplomate américain avait déjà fait face à un concert d'appels
arabes en faveur d'un cessez-le-feu. Israël affirme qu'il pourrait
accepter une pause humanitaire pour permettre l'acheminement d'une aide
supplémentaire, mais uniquement à condition que le Hamas libère tous
ses otages.
M. Blinken a soutenu la position israélienne, tout en essayant
d'assurer aux acteurs régionaux que Washington s'attachait à soulager
les souffrances de la population civile à Gaza.
Lundi à Ankara, il a encore affirmé que Washington avait demandé à
Israël de "minimiser les pertes civiles". (AFP, 6 nov 2023)
Blinken to visit Turkey and U.S. allies
U.S. Secretary of
State
Antony J. Blinken will embark on a major diplomatic tour from Feb.
16-22, with key stops in Turkey, Greece and Germany.
In Germany, Blinken's
itinerary will begin on February 16 at the Munich Security Conference,
according to the State Department. His engagement will revolve around
key discussions on continuing assistance to Ukraine, expanding support
to Turkey, and strengthening the transatlantic security framework
within a rules-based international system.
In Turkey on February
19,
Secretary Blinken will tour Incirlik Air Base to assess ongoing U.S.
efforts to assist Turkish authorities with earthquake relief. Essential
meetings with Turkish Foreign Minister Hakan Fidan and other senior
officials will mark his subsequent visit to Ankara. Blinken will thank
the Turkish government for facilitating cross-border humanitarian
assistance to Syria.
The final leg of
Blinken's trip will take him to Athens, Greece. Here, he will meet with
Greek Prime Minister Mitsotakis, Foreign Minister Dendias, and
opposition leader Stephanos Kasselakis to discuss defense cooperation,
energy security, and a shared commitment to upholding democratic
values. The trip will culminate on February 21, when Blinken will
inaugurate the fourth U.S.-Greece Strategic Dialogue, underscoring the
enduring bilateral relationship between the two nations.
Relations
régionales / Regional Relations
Arrivée en Turquie de malades du cancer évacués de
Gaza
Plus d'une vingtaine de malades du cancer qui ont pu quitter Gaza via
l'Egypte sont arrivés dans la nuit de mercredi à jeudi en Turquie pour
y être soignés, a rapporté l'agence officielle turque Anadolu.
Deux avions transportant les patients se sont posés sur l'aéroport
d'Ankara peu après 00H30 locales (21H30 GMT mercredi).
Au total, selon le ministre de la Santé, Fahrettin Koca, "une
quarantaine de personnes, vingt-sept patients et treize
accompagnateurs, ont été acheminées en Turquie".
Il s'agit de malades souffrant de cancer à Gaza ayant pu franchir le
poste frontière de Rafah, a-t-il précisé.
M. Koca s'était rendu en Egypte pour des discussions sur l'acheminement
de l'aide humanitaire à Gaza. Ces malades devaient être transférés en
Turquie grâce à "une coordination entre la Turquie, l'Egypte et
Israël", a affirmé le ministre.
Rafah, contrôlé par l'Egypte, est le principal point d'accès à la bande
de Gaza, soumise depuis quarante jour à un siège total et aux
bombardements intenses de l'armée israélienne, qui ont fait selon un
bilan du gouvernement du Hamas plus de 11.500 morts.
L'opération militaire a été déclenchée après l'attaque du Hamas le 7
octobre sur le sol israélien, sans précédent depuis la création
d'Israël, qui a causé la mort d'environ 1.200 personnes,
essentiellement des civils.
En outre environ 240 personnes ont été prises en otages.
Ankara, qui a envoyé une dizaine d'avions cargos et 66 tonnes d'aide,
attend par ailleurs le feu vert de l'Egypte pour ouvrir une dizaine
d'hôpitaux de campagne à Rafah.
"J'espère que dans un avenir proche - nos efforts vont dans ce sens -
nous pourrons établir un hôpital de campagne à Gaza, dans la zone
proche de la porte de Rafah", a affirmé le ministre turc.
La Turquie, soutien traditionnel de la cause palestinienne, a vivement
condamné les bombardements sur Gaza: le chef de l'Etat a qualifié
mercredi Israël "d'Etat terroriste" et "maudit le gouvernement
israélien" pour le coût en vies humaines des opérations militaires.
Elle a déjà envoyé plusieurs avions cargos, ainsi qu'un navire, chargés
de vivres, de matériel médical et de médicaments vers l'Egypte à
destination de Gaza, dont des incubateurs et des générateurs. (AFP, 17
nov 2023)
Erdoğan: 'Israel is a terror state'
President and Justice and Development Party (AKP) Chair Recep Tayyip
Erdoğan spoke today at his party's parliamentary group meeting today
(November 15).
Addressing Israel's attacks on Gaza, Erdoğan mentioned that Israel's
Prime Minister Benjamin Netanyahu did not even walk in the same
direction as his two ministers during a joint press conference.
Stating that the Israeli government, receiving unlimited support from
the US and Western countries, has been continuing its massacres
relentlessly for 40 days, Erdoğan drew attention to Israel's deliberate
strategy of targeting schools, mosques, churches, hospitals,
marketplaces, buildings, and streets, aiming to systematically
annihilate the people within a city."
"Hamas is a political party that won the elections"
"Erdoğan emphasized that Israel, by intentionally bombing civilians
forced to leave their homes, has exhibited literal state terrorism. He
stated, 'I openly say that Israel is a terrorist state. You label Hamas
as a terrorist organization. Hamas is a political party that
participated in and won elections in Palestine. However after winning
the election, you took away its rights. Israel and America did it
together. Let's see the facts. Yet, there are still people in my
country who are unaware and don't understand that Hamas is a political
party.'"
Do you have an atomic bomb or not?
"Those who killed babies in incubators, those who rained bombs on
innocent people they expelled from their homes, those who sentenced
people to death by cutting off their water, food, and fuel, those who
talk about annihilating over 2 million civilians with an atomic bomb...
I address Netanyahu from here: Do you have an atomic bomb or not? If
you dare, disclose it, but you can't. Hey Israel, you have an atomic
bomb, a nuclear bomb, and you threaten with it. We know this. Your end
is coming. Have as many nuclear bombs as you want, have whatever you
have, but you will be leaving.'"
"We are facing a genocide"
Showing a video about Israel's attacks on Gaza and the experiences of
Palestinians, Erdogan stated, 'We are facing a genocide. Right now,
hundreds, thousands of lawyers are making efforts to take all necessary
steps, including bringing these to the International Court of Justice
in The Hague, for committing such a genocide.'
"While condemning the Israeli administration, we do not forget those
who openly support and justify these massacres. Those who remain silent
about the war crimes committed by Israel are complicit in these crimes
as much as the perpetrators. The blood of the children killed in Gaza
is a stain of shame on the foreheads of those who provide weapons,
ammunition, and intelligence support to the Israeli government."
Erdoğan further said, "Can you imagine, every day hundreds of children
are losing their lives under bombs; none of those who constantly preach
about human rights and freedoms, from the European Union to America,
come out and say a single word. Journalists who broadcast the savagery
in Gaza to the world are being killed by Israel along with their
families; international press organizations do not make a single
statement.
The United Nations Security Council, let alone protecting the lives of
civilians in Gaza, cannot even stand up for its own employees. The will
demonstrated by 121 member countries of the United Nations General
Assembly is officially usurped by one or two countries in the Security
Council." (BIA, 15 nov 2023)
Le plaidoyer pro-Hamas de la Turquie complique sa
relation avec l'UE
Le plaidoyer pro-Hamas affiché par le président turc Recep Tayyip
Erdogan, dans la guerre menée par Israël contre groupe islamiste
palestinien, vient compliquer davantage la relation de son pays avec
l'Union Européenne, déjà mise à mal par des années de crises et
d'incompréhension.
Juste après l'attaque meurtrière lancée par le Hamas contre Israël le 7
octobre, le président Erdogan a d'abord cherché à jouer les médiateurs.
Mais cette ambition semble avoir totalement disparu depuis qu'il a
choisi de considérer le Hamas comme un groupe de moudjahidines, de
combattants de la liberté, plutôt qu'un groupe terroriste,
qualification retenue dans l'Union européenne, aux Etats-Unis et en
Israël.
La Turquie est officiellement candidate à rejoindre l'UE, mais les
négociations, ouvertes en 2005, sont gelées depuis 2018.
Dans son dernier rapport sur l'état des négociations avec les pays
candidats, publié mercredi, la Commission européenne a constaté, une
nouvelle fois, qu'Ankara s'éloignait toujours davantage des valeurs
démocratiques que l'Union européenne dit défendre.
Bruxelles souhaite néanmoins ne pas couper totalement les ponts avec la
Turquie, pays membre de l'Otan, qui occupe une position stratégique à
la charnière entre Europe et Asie.
"Ce que le président (turc) dit est mal perçu ici à Bruxelles où nous
nous attendons toujours à voir la Turquie s'aligner sur nos positions
en matière de politique étrangère", a expliqué cette semaine un
responsable européen sous couvert d'anonymat.
- Rappel de l'ambassadeur -
Recep Tayyip Erdogan, fervent musulman et défenseur de la cause
palestinienne, a durci ses positions à mesure que le nombre de victimes
palestiniennes augmentait du fait des représailles israéliennes après
le 7 octobre. La Turquie a qualifié les incessants bombardements
israéliens de crimes de guerre et rappelé son ambassadeur à Tel-Aviv.
L'attaque du Hamas, sans précédent depuis la création de l'Etat
d'Israël en 1948, a fait quelque 1.400 morts, selon Israël,
essentiellement des civils.
Les représailles de l'armée israélienne, qui pilonne sans relâche la
bande de Gaza où le Hamas est au pouvoir, a fait plus de 10.000 morts
dont des milliers d'enfants, selon le mouvement palestinien.
La rhétorique du président turc "en soutien au groupe terroriste du
Hamas après son attaque contre Israël (...) est en totale opposition
avec l'approche européenne", a déploré la Commission dans son rapport
publié mercredi.
"Quand la guerre à Gaza a débuté, beaucoup d'entre nous ont alors pensé
que la Turquie pouvait jouer un rôle de médiateur, d'acteur majeur pour
faire baisser la tension dans la région", a expliqué un autre
responsable européen sous couvert d'anonymat.
"Nous étions très encouragés quand nous avons vus le rôle très positif
joué par la Turquie dans la reprise des exportations ukrainiennes de
céréales via la Mer Noire", un moment bloquées par la Russie, a-t-il
ajouté.
Mais le discours turc sur Gaza a douché ces espoirs.
"L'Europe doit s'engager davantage avec la Turquie, mais cela devient
de plus en plus difficile", a déploré ce responsable européen.
La Turquie a réagi mercredi au rapport de la Commission européenne en
soulignant qu'elle considérait comme une "sorte de louange" le fait
d'avoir été critiquée à Bruxelles pour ses positions dans la guerre
entre Israël et le Hamas.
Mais, pour le rapporteur sur la Turquie au Parlement européen, Nacho
Sanchez Amor, la Turquie n'est pas exempte de contradictions sur cette
question.
"Si vous considérez le Hamas comme des combattants de la liberté,
d'autres verront alors aussi le PKK comme tel", a-t-il souligné, en
référence au Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), considéré comme
une organisation terroriste par l'UE et la Turquie. (AFP, 9 nov 2023)
La Turquie dénonce Netanyahu, rappelle son ambassadeur
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé samedi qu'il rompait
tout contact avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, et
Ankara a annoncé rappeler son ambassadeur, en raison des actions
perpétrées par Israël dans la bande de Gaza.
"Netanyahu n'est plus quelqu'un avec qui nous pouvons parler. Nous
avons fait une croix sur lui", a déclaré M. Erdogan, selon des propos
rapportés par les médias turcs.
Peu après, la Turquie annonçait le rappel de son ambassadeur en Israël
pour consultations, en raison du refus d'Israël d'accepter un
cessez-le-feu à Gaza.
Ce n'est que l'an dernier que les deux pays avaient à nouveau nommé des
ambassadeurs, après une décennie de relations quasiment gelées. Et ils
avaient repris les discussions sur la construction d'un oléoduc, projet
soutenu par les Etats-Unis et qui aurait pu lancer la base d'une
coopération plus durable entre les deux pays.
Mais samedi, le ministère turc des Affaires étrangères a annoncé que
l'ambassadeur Sakir Ozkan Torunlar avait été rappelé compte tenu "de la
tragédie humanitaire en cours à Gaza causée par les attaques
incessantes d'Israël contre des civils et le refus d'Israël
(d'accepter) un cessez-le-feu".
Le 25 octobre, le président turc, qui avait rencontré Benjamin
Netanyahu pour la première fois en septembre à New York, avait annoncé
renoncer à tous ses projets de déplacement en Israël, affirmant avoir
été "abusé" par le Premier ministre israélien.
- Visite difficile -
"Vous ne trouverez aucun autre Etat dont l'armée se conduise avec une
telle inhumanité", avait-il lancé à propos des représailles menées par
Israël à Gaza, après l'attaque sanglante lancée par le Hamas contre
Israël le 7 octobre et qui a fait 1.400 morts côté israélien, en
majorité des civils.
Il avait également durci le ton vis-à-vis des soutiens occidentaux
d'Israël, notamment les Etats-Unis.
Ces annonces d'Ankara interviennent à la veille d'une visite du
secrétaire d'Etat américain Antony Blinken en Turquie. M. Blinken, qui
s'est rendu vendredi en Israël et samedi en Jordanie, est attendu
dimanche à Ankara pour deux jours, dernière étape de sa tournée dans la
région.
Mais la visite s'annonce difficile, et des manifestations sont
attendues dimanche en protestation contre le soutien américain à
Israël, notamment autour de la base aérienne américain d'Incirlik, dans
le sud-est de la Turquie.
- Ankara en médiateur -
Le ministère de la Santé du Hamas palestinien a déclaré samedi que
9.488 personnes, dont 3.900 enfants, avaient été tuées dans la bande de
Gaza depuis le début de la guerre avec Israël, qui y mène des raids
aériens incessants.
Après la diatribe de M. Erdogan, Israël avait annoncé le 29 octobre
retirer tous ses diplomates de Turquie. Mais il avait déjà demandé le
19 octobre à ses diplomates de quitter temporairement le pays par
"mesure de sécurité".
M. Erdogan a précisé samedi que la Turquie ne rompait pas ses relations
diplomatiques avec Israël.
"Rompre complètement les liens n'est pas possible, surtout dans la
diplomatie internationale", a déclaré M. Erdogan.
Il a expliqué que le chef de l'agence turque de renseignement (MIT),
Ibrahim Kalin, était le fer de lance des efforts de la Turquie pour
tenter de mettre fin à la guerre, via une médiation.
"Ibrahim Kalin parle avec la partie israélienne. Bien sûr, il négocie
également avec la Palestine et le Hamas", a déclaré M. Erdogan.
Mais selon lui, M. Netanyahu est le principal responsable des violences
et a "perdu le soutien de ses propres citoyens (...) Ce qu'il doit
faire, c'est prendre du recul et mettre fin à cette situation". (AFP, 4
nov 2023)
Chypre
et la Grèce / Cyprus and Greece
Historic Armenian Church in Nicosia reportedly
leased to a foundation linked to Erdogan
The Armenian Monastery and Virgin Mary Church, a cultural landmark with
an 800-year history in the heart of Nicosia, has become the center of
controversy following reports that the site may have been leased to a
private foundation with connections to Turkish President Recep Tayyip
Erdogan's inner circle.
With reference to a recent news article in Avrupa newspaper, Cenk
Mutluyakali, a journalist for Yeni Duzen, has brought attention to the
situation, highlighting the emotional and historical significance of
the church, which has served as a vital place of worship and community
for Armenians in Cyprus. The church has withstood numerous challenges
throughout the centuries, including its seizure by the Ottomans and
subsequent conversion into a salt warehouse before being returned to
the Armenian community.
The recent rumors suggest that the church has been leased to a
foundation associated with Erdogan's son-in-law, Selcuk Bayraktar,
raising alarms amongst heritage conservationists and the Armenian
community. This move is part of a broader trend in Northern Cyprus,
where operations conducted through foundations are increasingly common.
These foundations often have close ties to the ruling AKP in Turkey or
Turkish individuals and are known to promote Islamic teachings.
One such example is the involvement of the T3 Foundation, run by
Bayraktar, in organizing events in cooperation with the Cyprus Science
and Intelligence Foundation. These events, which have the backing of
Turkish government institutions, suggest a potential shift in
educational and cultural emphasis towards Islamic perspectives.
Mutluyakali's inquiry with the Director General of Evkaf revealed that
while the church has not been rented out, adjacent buildings have been
leased to the Cyprus Science and Intelligence Foundation for a nominal
fee. This non-profit organization, headed by Mustafa Tumer, focuses on
providing science education to children and receives material support
from Bayraktar's foundation in Turkey.
This revelation has sparked a debate over the necessity of new
foundations in a country already home to 23 universities and the
appropriateness of external influences in Cypriot affairs. The author
calls for transparency in the allocation of properties and suggests
that returning the Armenian Church to its rightful community and
allowing Cypriots to manage their affairs without nepotism and
partisanship would benefit all parties involved. (gerçeknews, 10
November 2023)
Greek Press: Turkey continues to move
away from the West
In a new analysis by
Konstantinos Filis for Kathimerini, the dynamics of Turkey's foreign
policy under President Recep Tayyip Erdogan are brought to light,
revealing a significant pivot away from the West. The article, dated
October 31, 2023, titled "Turkey's path of no return, away from the
West," delves into Erdogan's recent political maneuvers, particularly
in the Israel-Hamas conflict.
Initially showing
ambivalence, Erdogan's stance gradually aligned with Hamas, marked by
increasingly aggressive rhetoric towards Israel, the U.S., and the
broader Western bloc. This shift was exemplified when Turkey quickly
condemned Israel for its actions in Gaza, particularly the attack on
the al-Ahli Arab Hospital, with unanimous parliamentary condemnation.
Further, Erdogan's coalition partner, Devlet Bahceli of the Nationalist
Movement Party, suggested military intervention in Gaza.
Erdogan's portrayal
of
Hamas as a liberation movement starkly contrasts with his position on
Kurdish groups and signals a potential rift in Turkey-West relations.
Filis notes the historical connection between Erdogan's ruling AKP and
the Muslim Brotherhood, highlighting a fluctuating relationship with
Hamas and a broader, more complex diplomatic stance.
Erdogan's approach
serves
multiple objectives: domestically, it resonates with nationalist
sentiments, while internationally, it positions Turkey as a bold
defender of Muslim interests, challenging the more cautious stances of
many Arab leaders. This repositioning is tactical and strategic, as
Erdogan seeks to enhance Turkey's image in the Muslim world and assert
its role as a key international player.
However, Filis
expresses
concerns over this 'path of no return.' This new trajectory leans
towards political Islam and an increasing divergence from the West,
aiming to gain the trust of leaders skeptical of Western intentions,
like Russian President Vladimir Putin, who has commended Erdogan for
his autonomous foreign policy stance.
This eastward pivot
suggests a strategic recalibration in Turkey's international role,
moving away from its traditional alignment with Western powers. Filis
argues that in a shifting global landscape, Turkey perceives its
interests as better served by a path of diplomatic autonomy. Such a
shift has profound implications for Greek-Turkish relations and the
broader geopolitical dynamics of the region.
In conclusion,
Erdogan's
recent foreign policy decisions mark a decisive shift in Turkey's
international stance, focusing on confrontation over conciliation and
signaling a new era in Turkey's engagement with the global community.
Immigration
/ Migration
Arrestation de deux Turcs dont l'un lié au DHKP-C
Deux ressortissants turcs dont l'un est accusé d'être lié à
"l'organisation terroriste DHKP-C", un groupe radical d'extrême gauche
clandestin turc, ont été arrêtés en Grèce, a annoncé mardi la police
grecque.
Tous les deux ont été arrêtés lundi, selon le communiqué de la police
qui précise que l'homme lié à DHKP-C (Front révolutionnaire de
libération du peuple), âgé de 56 ans est accusé d'"actes terroristes
soit de fourniture, transport d'armes et d'explosifs et financement
pour le compte des terroristes de l'organisation terroriste DHKP-C".
La police grecque l'accuse en outre d'avoir présenté de faux documents
d'identité.
Le DHKP-C est considéré comme une organisation terroriste par la
Turquie mais aussi par les Etats-Unis et l'Union européenne.
Le second Turc de 54 ans a été arrêté car il était recherché pour avoir
été condamné par la cour pénale de la ville de Halkida, près d'Athènes,
pour "violences" et "lésions corporelles".
Tous les deux ont refusé de laisser prendre leurs empreintes digitales,
selon la police qui n'a pas donné plus de détail sur ces deux hommes.
De nombreux Turcs souvent d'origine kurde ont trouvé de longue date
refuge en Grèce, pays membre de l'UE qui entretient de relations
difficiles avec la Turquie voisine. (AFP, 14 nov 2023)
Turkey for the first time ranked first
country in asylum applications in Germany
Turkey was ranked the first country in asylum application in October,
according to a report by Welt am Sonntag.
In October, Turkish citizens made up the largest group of asylum
seekers in this country for the first time, with a total of 40,000
applications this year, Welt am Sonntag said.
While the number of Turkish nationals who seek asylum in Germany is on
an exponential rise, only a small part of the applications are accepted
by German authorities, Deutsche Well (DW) Turkish noted.
The rate of approval in applications from Turkey was at 14.4% in
September.
Some 80% of the applicants in the last two years have stated that they
were Kurdish, DW Turkish added, citing experts saying that most of them
first travel to Balkan countries that do not require visa, then
illegally cross into Germany through land routes.
The total number of illegal entries into Germany of this kind is
estimated at 60,000 in the course of 2023. (gerçeknews, 5 November 2023)
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