Droits
de l'Homme / Human Rights
Centenaire de la république: la Turquie en fête
dans l'ombre de la guerre
Anne CHAON, AFP, 29 oct 2023
La Turquie célèbre dimanche le centenaire de sa république dans l'ombre
de la guerre entre Israël et le Hamas palestinien, sans l'éclat espéré
par la population.
Feux d'artifices, parade navale sur le Bosphore, démonstrations de
drones dans les cieux d'Istanbul, illuminations des lieux
emblématiques, de la mosquée Sainte-Sophie au site antique grec
d'Ephèse et aux concrétions de Cappadoce: le programme n'a été dévoilé
qu'à une semaine des festivités.
Cette réticence à fêter un siècle de république laïque de la part du
gouvernement et du parti islamo-conservateur au pouvoir n'empêche pas
les Turcs de sortir les drapeaux turcs, frappés du croissant et de
l'étoile, qui claquent sur les voitures, dans les vitrines et aux
façades des bâtiments publics et privés.
Le rouge le dispute aux portraits du fondateur de la république Mustafa
Kemal Atatürk - "le père des Turcs" - auquel le chef de l'Etat, Recep
Tayyip Erdogan, ira rendra hommage dimanche matin en déposant une gerbe
sur son mausolée à Ankara.
Deux défilés militaires, devant l'Assemblée nationale dans la capitale
et à Istanbul, seront suivis d'une parade navale sur le Bosphore. Le
chef de l'Etat a prévu de prendre la parole à 19H23 - clin d'oeil à
l'année de la fondation de la république, 1923 - avant les feux
d'artifice et les drones.
A la veille de ce rendez-vous historique, Recep Tayyip Erdogan a choisi
de rejoindre samedi le grand meeting organisé par son parti, l'AKP, "en
soutien à la Palestine" sur l'ancien aéroport Atatürk d'Istanbul.
Une marée humaine agitant des drapeaux turcs et palestiniens, - un
million et demi de personnes, a-t-il assuré - l'a écouté conspuer
l'Occident, "principal coupable des massacres à Gaza", qu'il a
soupçonné de vouloir créer une "atmosphère de croisade" contre les
musulmans.
"Vous avez pleuré les enfants tués en Ukraine, pourquoi ce silence face
aux enfants tués à Gaza?", a-t-il accusé qualifiant l'Etat d'Israël
"d'envahisseur et d'occupant".
"Neutralité impossible"
"Israël, nous vous déclarons devant le monde entier criminel de
guerre", a-t-il également martelé au 22e jour des bombardements sur la
bande de Gaza en représailles aux massacres de 1.400 Israéliens,
majoritairement civils, perpétrés par le Hamas le 7 octobre.
Une virulence qui contraste avec sa retenue des premiers jours, alors
que la Turquie vient tout juste de renouer avec Israël, relève Bayram
Balci, chercheur au CERI-Sciences Po à Paris.
"Sa neutralité devenait impossible en raison du positionnement
traditionnel d'Ankara et de son parti, AKP, en faveur de la cause
palestinienne", estime-t-il en rappelant la proximité du président avec
les Frères musulmans -- dont le Hamas s'est réclamé à sa création, en
2007 - et les liens historiques de la Turquie avec Jérusalem, qui fut
pendant quatre siècles sous la domination de l'Empire ottoman.
Le chef de l'Etat a également accusé Israël de "génocide" après la
frappe sur un hôpital de Gaza le 17 octobre, qu'il avait aussitôt
attribuée à l'armée de l'Etat hébreu - sans jamais revenir dessus
malgré l'absence de preuves. Et il a refusé de qualifier de
"terroristes" les islamistes du Hamas.
"Est-ce que (ce meeting) ne pouvait pas attendre la semaine prochaine?
le Centenaire c'est une fois par siècle", s'insurgeait cette semaine
Soli Özel, professeur de Relations Internationales à l'université Kadir
Has d'Istanbul.
L'universitaire y voit une volonté manifeste du chef de l'Etat de ne
pas rendre un hommage trop appuyé à Mustafa Kemal Atatürk, dont il
attaque peu à peu l'héritage laïque.
La chaîne de télévision publique TRT a de son côté annoncé qu'en raison
de la guerre à Gaza, elle annulait toutes les émissions de
divertissement initialement prévues.
Constitutional
court orders compensation for detained MP
The Constitutional Court of Turkey made a historic ruling, ordering
financial compensation for Can Atalay, a lawyer and TIP member from
Hatay, who was unlawfully detained while serving as an MP. This step is
in response to the noteworthy concerns about the violation of Atalay's
rights during his time in jail.
In a new ruling, the Court ordered a compensation of 50,000 Turkish
Lira for moral damages to Atalay. The Court directed that litigation
expenses totaling 21,020.60 TL, comprising 2,220.60 TL in dues and
18,800 TL in attorney fees, be paid to Atalay.
The Court stipulated that the payment must be made within four months
from the notification of the decision to the Ministry of Treasury and
Finance. In case of any delay in payment, legal interest will be
applied from the end of this period until payment.
This decision comes in the wake of Can's ongoing legal battles. Despite
being elected as a TİP MP from Hatay, Atalay remained in detention,
sparking significant outcry and legal debate. The 3rd Penal Chamber of
the Court of Cassation previously denied his request to suspend legal
proceedings and release him after his election.
Following this rejection, Atalay's lawyers applied with the
Constitutional Court, challenging the decision to continue legal
proceedings and denying his release. Meanwhile, the 3rd Penal Chamber
of the Court of Cassation had affirmed an 18-year prison sentence
against Atalay in the Gezi Park case.
The Constitutional Court's General Assembly delayed the meeting on
Atalay's application because of an incomplete file. The Court
ultimately concluded that Atalay's right to be elected and personal
freedom and safety were infringed upon. The decision was reached with
nine votes against 5, with one member absent for reported reasons.
A copy of this ruling will also be sent to the Ministry of Justice,
marking a significant development in the judicial landscape of Turkey,
particularly concerning the rights of elected officials and the rule of
law. (gerçeknews, 26 October 2023)
Police
detain students who protest neglect after death
of friend in elevator
Students who gathered to protest in the city of Aydin have been
dispersed by the police as many students were shoved to ground, reverse
handcuffed and detained.
Turkish police on Thursday targeted a demonstration in protest of an
incident in which a student was killed by a falling elevator.
Zeren Ertas, a senior student at the economics department of Adnan
Menderes University, was killed and 15 other students were injured
today when an elevator in a dormitory in the western province of Aydin
plummeted, allegedly due to lack of maintenance.
A group of students later in the day gathered to protest in the city
square and some wanted to place flowers outside the dormitory.
They were targeted by the police and several protesters were detained.
A video from the scene show protesters being shoved to ground and
handcuffed behind their back."
A public statement by the protesters said that an elevator malfunction
two weeks earlier trapped a group of students in one of the dormitory's
blocks, a short time after an elevator in another block failed, and
despite these incidents and the students' complaints and warnings the
dormitory administration did not take any measure for the maintenance
of the elevators. (gerçeknews, 26 October 2023)
Déclaration de
l’Assemblée des Exilés en Europe à propos du 100e
anniversaire
L’histoire de
la République Turque est une histoire d’exil et de massacres !
Les 100
ans d’histoire de l’État turc, de sa fondation à
nos jours, est pour l’essentiel une histoire douloureuse et sanglante,
pleine
de massacres et d’exil pout les différentes nations non turques, les
différentes croyances et l’opposition progressiste, de gauche et
communiste.
Les
dirigeants turcs, qui ont repris les coutumes de
l’État ottoman, ont une tradition et un bilan macabre d’oppression, de
brutalité, de déplacement forcé, de spoliation et de massacre contre
toutes les
différences dans le but de créer un État-nation formaté par l’idéologie
kémaliste unitariste.
Au 100e
anniversaire de sa fondation, toute l’histoire de l’État de la
République
Turque est pour l’essentiel une histoire d’oppression, de massacre, de
torture,
d’exécution, d’exil et de déportation.
C’est
une histoire au registre macabre chargé du génocide
des Arméniens et des Araméens, des exils grecs et pontiques, des
massacres d’Ağrı, de
Zilan, de Koçgiri, de Dersim, de Marache, de Sivas, de Roboski, de
Suruç et
d’Ankara, de la spoliation des biens minoritaires et des lois de
déportation,
des tribunaux de l’indépendance, du massacre de 15 communistes dans les
eaux
sombres de la mer Noire, de tortures, d’exécutions, de massacres et
d’exils… !
L’oppression
nationale et le chauvinisme marqué du sceau
de l’unitarisme qui n’a eu de cesse contre la nation kurde, ainsi que
l’oppression et le rejet de la croyance alévie ont été fréquemment
éprouvées
tout au long de ce siècle et se poursuivent de nos jours dans les faits
dans
une mesure croissante par l’État sous la direction du dictateur – le
fasciste
Erdoğan –
et du pouvoir de l’AKP et de l’Alliance populaire.
Alors
que l’agressivité sanglante du sionisme
colonialiste israélien contre la résistance nationale palestinienne est
condamnée avec héroïsme, l’État de la République Turque, qui lui
ressemble en matière
d’hypocrisie, continue également d’accroître son bilan en bombardant le
Rojava,
en détruisant et en massacrant les zones d’habitations civiles et en
forçant la
population locale à l’exil.
La
situation dans laquelle la Turquie se trouve après 21
ans de gouvernement Erdogan, qui a maintenu et prolongé son pouvoir
politique
grâce à diverses fraudes électorales, est patente.
Tous les
indicateurs continuent à plonger dans le rouge
avec une pénurie, une pauvreté et une corruption au sommet, une
population opprimée
et intimidée dont la vie est devenue insupportable dans le tourbillon
du
tremblement de terre, des hausses d’impôts et des difficultés
financières, un
climat d’oppression chauvine persistant contre la nation kurde et les
minorités
et une politique qui tend à en faire un pays militariste et belliciste
dans la
région.
Au 100e
anniversaire de la république,
l’émigration et l’exode ont augmenté de façon exponentielle, l’ordre
républicain tant vanté n’a apporté ni bonheur ni liberté aux différents
peuples, et a, bien au contraire, accru les problèmes sociaux de façon
extrêmement rapide.
Le 29
octobre, au 100e anniversaire de la
fondation de la République Turquie, il est une nécessité pour toutes
les
dynamiques sociétales de poursuivre la lutte, avec la conscience de
pouvoir
construire ensemble un avenir libre, contre les persécutions,
l’oppression et
les ténèbres actuelles, pour créer un nouveau pays démocratique où tous
les peuples
vivraient libres et égaux, où il n’y aurait plus d’oppression, de
torture et de
massacre et où il serait mis fin à l’exploitation et à la pauvreté.
Si nous jetons
un coup d’œil à l’histoire de l’exil de la République Turque, il y a au
cours
de cette histoire centenaire à la fois un exil intérieur et un exil
extérieur.
Après
chaque rébellion kurde, certains Kurdes ont été
contraints de vivre dans des lieux déterminés à l’ouest du pays.
Ceux qui
ont été condamnés pour des raisons politiques
ont été contraints, après avoir purgé leurs peines, de résider dans
certains
départements désignés. Pour exemple, Abidin Dino fut exilé à Adana.
Après la
proclamation de la République, de nombreux Grecs
– dont un petit nombre de Turcs chrétiens – furent échangés avec des
musulmans
de Grèce.
L’exil a
également été utilisé comme un moyen de nettoyer
le pays des non-musulmans.
Les 6 et
7 septembre 1955, les Grecs ont été contraints
de quitter le pays.
Il
existe également des exils vers l’étranger, mais elles
sont peu nombreuses dans les premières années.
Mehmet
Akif Ersoy, l’auteur de la Marche de
l’Indépendance (l’hymne national turc), et Halide Edip Adivar, qui
avait pris
la parole au meeting de Sultanahmet dans une Istanbul sous occupation
anglaise et
appelé le peuple à la résistance, durent se rendre en Égypte et en
France en
raison de leurs désaccords avec Mustafa Kemal.
Après le
coup d’État du 12 mars 1971, le nombre d’exilés
à l’étranger augmentèrent avec tous ceux contraints de quitter le pays.
Entre
1971 et 1980, de nombreux artistes et intellectuels se rendront dans
les pays
européens pour leur propre sécurité.
Server
Tanilli, Fakir Bayburt, Dogan Özgüden n’en sont que quelques exemples.
Vinrent
à la suite Yilmaz Güney, Ahmet Kaya et bien d’autres noms connus.
Tandis
qu’avec l’abrogation des articles 141 et 142 (du code pénal turc,
interdisant
toute propagande communiste) en 1991, une grande partie des personnes
jugées en
vertu de ces articles rentrèrent, les Kurdes dont les villages étaient
évacués
de force commencèrent à arriver en grand nombre.
L’exil
est permanent. Tandis que certains de ceux dont les dossiers sont
abandonnés ou
prescrits reviennent, d’autres prennent leur place, et le nombre de
ceux qui
vivent en exil ne cesse d’augmenter.
Depuis
quelques années s’est amorcé un type d’exil sans précédent, l’exil
« volontaire ». Ce groupe, généralement constitué de
médecins, n’a
pas de problème économique et politique dans le pays, mais ne veut plus
vivre
dans ces conditions.
Le
pays a un régime qui produit constamment de l’exil. L’exil intérieur
des
premières années a été supplanté par un exil extérieur bien plus
important.
Certains
de ceux qui sont partis en exil reviendront avec le temps mais beaucoup
d’autres prendront leur place.
Le
régime répressif intensif qui règne sur le pays produit constamment de
nouveaux
exilés, en ce compris des exilés « volontaires ».
Tant
que des changements économiques et sociaux radicaux n’auront pas lieu
dans le
pays et qu’une structure sociale démocratique ne sera pas construite,
l’exil de
Turquie ne fera que croître.
Octobre
2023
Assemblée
des Exilés en Europe
Respect aux enfants pacifistes des deux nations…

Les
enfants de deux peuples que l’impérialisme a rendu hostile, le
Palestinien Naïm Khader et la Juive Yvonne Jospa, étaient les
combattants inébranlables de notre lutte internationaliste…
Doğan Özgüden
Artı Gerçek, 19 octobre 2023
Lundi soir, alors que je venais de terminer mon article hebdomadaire et
que je l’avais soumis à Inci pour une dernière relecture avant de
l’envoyer à Artı Gerçek, ce flash inquiétant est tombé sur la page
d’information belge de mon écran… Deux Suédois, venus assister à
Bruxelles au match éliminatoire pour l’Euro 2024 entre les équipes
nationales de Belgique et de Suède au célèbre stade Roi Baudouin, ont
été assassinés près de la place Sainctelette, un quartier où les
immigrés marocains vivent en nombre, par un Tunisien qui a ouvert le
feu en criant « Allahu Akbar » (Dieu est grand) …
J’ai reporté mon article pour aujourd’hui afin de pouvoir y faire des
ajouts en fonction des nouvelles avancées.
L’année dernière, le soir où l’équipe nationale du Maroc, les « Lions
de l’Atlas », réussissaient à atteindre les demi-finales, après avoir
vaincu le Canada et le Portugal, en battant la Belgique, troisième de
la coupe du monde jouée quatre ans auparavant, nous avions assisté aux
célébrations enthousiastes des Marocains sur cette même place depuis le
studio d’Ali Cabbar, l’auteur du roman photo encyclopédique intitulé «
Aşk Olsun Çocuk (Tu m’épates mon garçon) » sur la vie de Deniz Gezmiş.
Après avoir été de très près témoin de cet enthousiasme, j’écrivais
dans mon article intitulé : « Des Diables Rouges aux Lions de l’Atlas…
» :
« Ce n’est pas seulement une victoire sportive remportée sur un terrain
de football, c’est aussi l’expression de l’indignation anticoloniale
des gens d’un pays longtemps colonisé par l’Occident et qui, même après
avoir gagné son indépendance, n’avait pas pu se libérer de
l’exploitation économique occidentale. (Artı Gerçek, 12 décembre 2022).
Cette année, la place Sainctelette était le théâtre de manifestations
continues de protestations de la part des Marocains, mais aussi des
immigrés nord-africains, moyen-orientaux et subsahariens contre les
attaques terroristes d’Israël prenant pour cible Gaza et les autres
territoires historiques de la Palestine. Les manifestations étaient
suivies sans grande réaction des forces de sécurité ni grand intérêt de
la part des médias et du monde politique.
Cependant, l’assassinat de deux Suédois par un islamiste tunisien du
nom d’Abdelselam Al Guilani a entrainé un changement visible d’attitude
dans les médias et le monde politique.
L’auteur de l’attaque s’étant déclaré membre de Daesh dans une vidéo
publiée sur les réseaux sociaux, et Daesh ayant elle-même revendiquée
cette action dans un message publié le lendemain, il n’était pas
surprenant que cela inquiète, voire instille la panique, chez tous ceux
qui continuent à porter en eux la douleur des 32 concitoyens disparus
et des centaines de personnes handicapées dans les attentats islamistes
survenus il y a sept ans de cela, le 22 mars 2016, à l’aéroport de
Zaventem et à la station de métro Maelbeek. De surcroît, alors que les
victimes et les témoins venaient d’exprimer jour après jour les
souffrances vécues durant cette période au cours du procès tenu des
mois durant dans l’ancien bâtiment du quartier général de l’OTAN contre
les islamistes ayant perpétré cet attentat…
Lorsqu’il apparut que l’islamiste tunisien à l’origine de ce dernier
attentat avait été toléré à résider pendant des années dans la commune
de Schaerbeek alors que sa demande d’asile avait été rejetée à
Bruxelles et son titre de séjour révoqué, le gouvernement belge a pris
la décision extraordinaire de relever l’état d’alerte à Bruxelles au
plus haut degré, et la commune où nous vivons depuis des années a été
toute la nuit le théâtre d’opérations de police spectaculaires.
Abdelselam Al Guilani a finalement été cerné et abattu par balle au
petit matin dans un café de la place Eugène Verboekhoven, aussi connue
sous le nom de la « Cage aux Ours ».
Comme ce nouvel incident rappelait également, qu’on le veuille ou non,
un détail des massacres commis il y a sept ans à l’aéroport et dans une
station de métro de Bruxelles, la commune de Schaerbeek, où se
concentrent les Turcs et les Marocains, a été à nouveau au cœur des
polémiques politiques.
En effet, les auteurs des massacres de 2016 avaient établi leur
quartier général à Schaerbeek, à quelques centaines de mètres de la
Cage aux Ours, dans un immeuble de la rue Max Roos, et y avaient
fabriqué les explosifs utilisés à l’aéroport et dans la station de
métro.
C’est pourquoi, ces derniers jours, l’administration communale de
Schaerbeek, où se concentrent les immigrés en provenance de pays à
majorité musulmane, a été la cible des critiques au niveau du
gouvernement fédéral pour ne pas avoir arrêté le Tunisien Abdelselam Al
Guilani, dont la demande d’asile avait été rejetée et le permis de
séjour révoqué, tandis qu’on assiste à une montée de la suspicion,
sinon de l’hostilité, envers les immigrés d’origine marocaine en
particulier.
Notre combat commun qui nous unit avec nos amis marocains et
palestiniens
Les Marocains ne méritent absolument pas ça… La Cage aux Ours, qui
était un des endroits que je ne manquais pas de visiter durant ma
promenade tous les matins avant mon accident de voiture, était l’un des
lieux où je pouvais facilement discuter des problèmes de la Belgique et
du monde avec des immigrés de différentes nationalités, et plus
particulièrement des Marocains et des Algériens.
Il m’est également impossible d’oublier le soutien et la solidarité de
nos amis marocains, en particulier lors d’évènements sociopolitiques et
culturels en Belgique.
Dans les jours où le leader du PKK Abdullah Öcalan séjournait en
Italie, alors que les manifestations sauvages se succédaient dans les
métropoles européennes à cause des déclarations agressives des
dirigeants turcs et des éditions provocatrices des journaux et
télévisions turques, l’Institut kurde de Bruxelles et un local
associatif kurde avaient été incendiés sous les yeux de la police belge
dans la nuit du 17 novembre 1998.
Face à cette attaque, le Regroupement démocratique marocain (RDM)
s’était immédiatement montré solidaire avec la diaspora kurde et avait
participé aux protestations que nous avons organisées avec les
organisations arménienne, assyrienne et kurde.
L’un des principaux intervenants lors du colloque organisé en 2006 à
l’occasion du 35e anniversaire du coup d’état du 12 mars 1971 par
l’Association des Arméniens démocrates de Belgique, les associations
assyriennes de Belgique, la Fondation Info-Türk et l’Institut kurde de
Bruxelles, dans les salons de la Maison communale de Bruxelles-ville,
était le président du RDM Mohamed El Baroudi…
La grande marche de protestation organisée à Bruxelles en 1982 à la
suite du massacre de centaines de Palestiniens, dont des enfants, lors
de l’attaque des camps de réfugiés de Sabra et Chatila par les
Phalangistes au service d’Israël, avec notamment la participation
massive de la jeunesse marocaine, était le premier exemple frappant de
l’entrée en force des Marocains dans les rues de la capitale de
l’Europe.
Un an auparavant, lors de l’assassinat par balle le 1er juin 1981 en
plein centre de Bruxelles de Naïm Khader, représentant en Belgique de
l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), les immigrés qui
avaient fait preuve de la plus grande réaction et de la plus grande
solidarité avec le peuple palestinien étaient nos amis marocains.
Il nous est aussi impossible d’oublier la solidarité manifestée par
notre ami palestinien Naïm Khader, comme par nos amis marocains, dans
la lutte de résistance que nous menions avec Info-Türk et l’Union pour
la démocratie dans la capitale de l’Europe après le coup d’état
militaire fasciste du 12 septembre 1980 en Turquie.
Naïm Khader, qui était né en 1939 à Zababdeh près de Jénine en
Palestine, était arrivé en Belgique en 1966 pour faire une thèse de
doctorat en droit international. Après l’occupation en 1968 de la
Cisjordanie par Israël, il avait rejoint les rangs du Fatah et était
devenu peu de temps après le représentant officieux de l’OLP à
Bruxelles, une position qui fut officiellement reconnue par la Belgique
en 1976.
Khader, qui, dans le cadre du dialogue euro-arabe, avait accompli de
multiples missions diplomatiques auprès des Nations Unies, des pays
non-alignés et tout particulièrement de la commission et du parlement
européen, avait lutté pour l’établissement d’un État palestinien laïc
et démocratique vivant en paix et en entente avec Israël, noué
également des amitiés avec des membres de la communauté juive en
Belgique, et était l’un des architectes de la reconnaissance de la
cause palestinienne en Europe.
La figure éminente du peuple juif dans la lutte contre le
racisme en Belgique
L’une de nos précieuses amies qui s’était montrée, tout comme le
Palestinien Naïm Khader, solidaire de notre lutte contre les
gouvernements racistes et fascistes en Turquie, était l’une des figures
éminentes de la communauté juive de Belgique, Yvonne Jospa.
J’avais connu Yvonne Jospa, qui était la présidente du Mouvement contre
le Racisme, l’Antisémitisme et la Xénophobie (MRAX) au moment de
l’arrêt de l’immigration en Belgique en 1974. Après cette date, nous
avons pris part ensemble à de nombreux comités, organisations et
manifestations contre le racisme et la xénophobie, et lutté ensemble
pour les droits politiques des immigrés.
Yvonne Jospa est née le 3 février 1910 à Popouti en Bessarabie, dans
l’actuelle Moldavie, s’est réfugiée en Belgique dans les années 1920
pour fuir l’antisémitisme et y a rejoint avec son époux Hertz Jospa les
rangs du Parti communiste pour lutter contre l’exploitation et la
discrimination raciale.
Jospa, qui s’était chargée d’héberger des enfants réfugiés après la
guerre civile espagnole, avait sauvé des milliers d’enfants juifs de la
persécution nazie en créant une organisation secrète en 1942, alors que
son mari avait été arrêté par les nazis et envoyé au célèbre camp de
concentration de Buchenwald.
Après la guerre, ils quittèrent le Parti communiste belge, mais
embrassèrent de manière plus ambitieuse la lutte pour société «
égalitaire » en fondant le MRAX.
Yvonne Jospa était un des compagnons de lutte et une des amies proches
de Naïm Khader, assassiné à Bruxelles en 1981…
Il y a 31 ans, nous avions organisé à Bruxelles avec Yvonne Jospa une
série d’évènements contre le racisme et la discrimination dans le cadre
du 500ème anniversaire de l’expulsion des Juifs d’Espagne.
L’ensemble de musique sépharade de Jak et Janet Esim, que nous avions
invités d’Istanbul, avait également participé aux festivités organisées
à l’Auditorium de l’ULB les 4 et 5 mai 1992. Je ne peux oublier le
dévouement et le militantisme avec lequel Jospa travaillait malgré ses
82 printemps.
Nous avons perdu cette personnalité exceptionnelle le 20 janvier 2000.
Après avoir assisté à ses funérailles, j’avais écrit dans le journal
Özgür Bakis (Regard libre) du 30 janvier 2000 :
« Le ciel de Bruxelles est comme toujours grisâtre… Nous sommes environ
300 personnes dans la salle pour accompagner Yvonne Jospa vers son
dernier voyage. Parmi nous se trouvent des octogénaires passés par les
camps de concentration et des sexagénaires sauvés par Jospa des griffes
des nazis, des jeunes de 20 ou 30 ans qui mènent aujourd'hui la lutte
antifasciste... Juifs, chrétiens, musulmans, bouddhistes, laïcs et
athées…
« Ni prière, ni cérémonie ! »
« Après les discours sur la personnalité exceptionnelle de Jospa
s’élève dans la salle une mélodie déchirante reprise en chœur. Cette
mélodie, pleine de douleur et de tristesse, mais aussi de détermination
et d’espoir, que nous écoutions en Turquie dans les années 1960 dans
les 33 tours de Pete Seeger et qui est gravée dans nos cœurs et dans
nos mémoires : « Wir sind die Moorsoldaten ! » (« Nous sommes les
soldats du marais ! »)
« Le chant de résistance des Juifs traînés par les nazis dans les
marais, une pelle à la main, hommes et femmes, jeunes et vieux, pendant
la Seconde Guerre mondiale ! »
« La résistance l’emporte, le nazisme s’effondre ».
« Mais exactement 55 ans plus tard, le 25 janvier 2000, les sirènes
d’alerte retentissent à nouveau en Europe. Les fascistes marchent à
nouveau vers le pouvoir en Autriche. Ceux de France, de Belgique,
d’Allemagne attendent leur heure ».
« Plus important encore, dans un autre pays candidat à l’Union
européenne, les fascistes sont déjà arrivés depuis longtemps au
pouvoir, et s’installent à tous les échelons de l’État, avec la
bénédiction commune de Demirel, d’Ecevit, des chefs de l’armée, des
médias turcs à leur botte et des renégats de gauche ».
« Alors que l’antifasciste Jospa effectue son dernier voyage, les
fascistes turcs sont accueillis avec un tapis rouge sous leurs pieds
dans les palais pharaoniques de Bruxelles. »
« Et les "soldats du marais" se préparent à de nouveaux combats dans le
marais politique ! »
Oui, sans distinction d’appartenance, je me souviens toujours avec
amour et respect d’Yvonne Jospa, tout comme de mon camarade du Parti
ouvrier de Turquie, Morris Gabay, l’un des fondateurs de la Fondation
d’art et de culture Nazim Hikmet, dont nous avons commémoré la semaine
dernière le premier anniversaire de sa disparition, tout comme Naïm
Khader, assassiné très jeune à Bruxelles…
Pendant que nous maudissons la guerre génocidaire et le massacre
ignoble des Palestiniens par l’État d’Israël, le peuple juif victime de
génocides tout au long de l’histoire et tous ses enfants qui, en Israël
comme dans la diaspora, luttent en faveur de la liberté et de la paix,
ne devraient pas être la cible de cette malédiction.
Plus encore, les Palestiniens et les peuples du Moyen-Orient, d’Asie et
d’Afrique qui les soutiennent ne devraient pas être vus comme des
ennemis au prétexte des actions menées par le Hamas, résultant de
l’occupation, de l’oppression et du génocide exercés contre le peuple
palestinien par Israël avec le soutien des forces impérialistes…
Il ne faut jamais oublier que ces peuples ont des enfants courageux qui
défendent la liberté et la paix, comme Yvonne Jospa, Naïm Khader et
Mohamed El Baroudi…
L’inquiétante
augmentation de la circulation des armes
à feu en Turquie
Céline Pierre-Magnani, La Libre Belgique, 19 oct 2023
Pas un jour ne s’écoule sans que la presse turque ne rapporte des
blessés ou des morts sous les balles, en Turquie. Mardi, un drame s’est
ainsi déroulé dans la ville de Trabzon, dans la région de la mer Noire.
Deux automobilistes se sont violemment disputés avant que l’un d’entre
eux ne sorte son arme et blesse grièvement son interlocuteur.
Mais les scénarios sont parfois bien plus macabres, comme celui de la
tuerie du 29 juillet dernier à Esenyurt (quartier périphérique
d’Istanbul). Filmée par des caméras de surveillance, la scène est
glaçante : quatre hommes entrent dans un commerce, avec une attitude
menaçante. En quelques minutes à peine, la situation dégénère en
bagarre généralisée avant que l’un d’entre eux ne sorte un pistolet,
tire à plusieurs reprises sur les deux personnes derrière le comptoir
et prenne la fuite. La vidéo, largement partagée sur les réseaux
sociaux, a relancé la question de la circulation des armes à feu dans
le pays.
Légalement, le port d’armes à feu est limité à certaines professions et
soumis à l’obtention d’une licence. Mais dans les magasins de chasse,
au marché noir, ou encore sur Internet, il est très facile de s’en
procurer. "Avec tout ce qui se passe dans notre pays, on n’est plus
tranquille de nos jours", argumente d’un air entendu le vendeur d’un
magasin de chasse du quartier d’Ulus, à Ankara. Parmi les di!érents
modèles de fusils et de pistolets, il sort un modèle "spécial dames" de
fabrication turque en vente à 7 500 livres turques (260 euros, moins
cher qu’un téléphone portable).
Comme d’autres avocats en droit pénal spécialisés sur les dossiers
impliquant des armes à feu, Me Yusuf Dere l’a!irme : la législation
actuelle n’est pas assez dissuasive et le nombre d’armes en circulation
a considérablement augmenté depuis la tentative de coup d’État du 15
juillet. D’après les estimations, neuf armes sur dix en circulation
n’ont aucune licence. Beretta, Infinity, Kalachnikov, HK G3… les
saisies de police révèlent un large choix de pistolets, de fusils de
chasse et de fusils d’assaut, dont beaucoup entrent dans le pays par
les frontières avec l’Irak et la Syrie. Allant d’un à trois ans de
prison ferme pour les pistolets, et de cinq à huit ans pour les armes
automatiques, les peines sont fréquemment transformées en amendes.
Les violences à main armée explosent
Parmi les organisations de la société civile mobilisées, la fondation
Umut n’a de cesse d’alerter l’opinion publique sur l’augmentation du
nombre d’armes à feu en circulation ces dernières années. Les données
de l’organisme a!ichent une augmentation de 83 % des violences à main
armée entre 2015 et 2022. L’un de ses membres, le psychiatre Ayhan
Akcan, assure, quant à lui, que 36 millions d’armes sans licence
seraient en circulation dans le pays, soit un foyer sur trois. Sans
surprise, les cas d’homicides par armes à feu ont également augmenté :
de 50 % à 85 % depuis 2013, et 55 % des féminicides seraient perpétrés
par pistolet ou fusil, d’après les données 2023 de la plateforme Stop
Féminicides.
D’après les dernières données des organismes SAS (Small Arms Survey) de
2017 ou de GunPolicy.org de 2017/2018, la Turquie se situerait en
deuxième position après l’Allemagne en termes de nombre d’armes à feu
possédées par des civils en Europe. Or, les estimations basses
récemment fournies par le principal parti d’opposition (CHP, parti
républicain du peuple) rapportent 27,5 millions d’armes (avec ou sans
licence) dans le pays, ce qui suggère que la Turquie serait désormais
au coude à coude avec l’Allemagne (à chi!re constant pour l’Allemagne),
voire l’aurait dépassé considérant les estimations de 36 millions
avancées par la fondation Umut.
Un usage "culturel"
Dans certaines régions comme celles de la mer Noire, l’usage d’armes à
feu relève quasiment de l’identité et de la culture. On tire en l’air
pour manifester sa joie lors des mariages et des départs à l’armée. À
l’échelle nationale, la conscription des hommes majeurs familiarise
également une large partie de la population aux armes de guerre et
celles-ci apparaissent même comme un attribut de la virilité. "Un
cheval, une femme et une arme" (At, avrat, silah), dit un vieux
proverbe turc pour résumer ce dont aurait besoin un homme de valeur…
Ces dernières années, les stands de tir (poligon) ont poussé comme des
champignons dans les grandes villes et connaissent un franc succès
auprès de publics très variés, en quête d’adrénaline.
Une société sous tension croissante
Plusieurs facteurs expliquent l’augmentation du taux d’armement par
habitant. Avocats, députés, agents de police et acteurs de la société
civile s’accordent essentiellement sur deux d’entre eux : la
dégradation de la situation économique et la perte de confiance dans
les institutions étatiques (police, justice). Les questions de dettes
sont la source de nombreux règlements de compte, comme dans le cas de
la tuerie du 29 juillet. Très handicapée par les grands remaniements
post-coup d’État de 2016, la Justice apparaît, quant à elle, de moins
en moins à même de faire son travail de manière e!icace et impartiale.
"Les citoyens se font désormais justice eux-mêmes", déplore la députée
du CHP à Adana, Müzeyyen Sevkin, très mobilisée sur la question des
armes à feu."Jusqu’à présent, nous n’avons observé aucune volonté
politique pour régler le problème. Nous espérons que la situation
avance après la rentrée parlementaire", explique l’élue qui a sollicité
la constitution d’une commission parlementaire sur le sujet, le 5
juillet dernier.
Si le départ du sulfureux Süleyman Soylu du ministère de l’Intérieur
permettra peut-être de redonner une impulsion sur des dossiers comme
celui de l’encadrement de la circulation des armes à feu, l’avocat
Yusuf Dere s’interdit tout optimisme : "même avec la nouvelle équipe à
l’Intérieur, rien ne va changer. Seuls les noms défilent, mais la
vision reste malheureusement la même".
Osman
Kavala, bête noire d'Erdogan, récompensé par le
Conseil de
l'Europe
Osman Kavala, mécène emprisonné en Turquie et bête noire d'Ankara, a
reçu lundi le Prix des droits de l'Homme Vaclav Havel du Conseil de
l'Europe, qui a pris le risque de susciter la colère du président turc
Recep Tayyip Erdogan.
L'homme d'affaires et philanthrope, âgé de 66 ans, a été arrêté en
octobre 2017 puis condamné en 2022 à la perpétuité par la justice
turque pour "tentative de renversement du gouvernement" via le
financement des manifestations dites du "mouvement de Gezi" en 2013.
Il a toujours nié les accusations portées contre lui. Lors de son
procès, il avait dénoncé un "assassinat judiciaire" ainsi que
l'influence du chef de l'Etat sur la justice.
Sa condamnation a été confirmée fin septembre par la Cour de cassation
turque, en dépit d'un arrêt de 2019 de la Cour européenne des droits de
l'homme (CEDH), bras judiciaire du Conseil de l'Europe, qui a jugé la
détention de M. Kavala contraire à la Convention européenne des droits
de l'homme et demandé sa libération.
Sa condamnation à la "perpétuité aggravée" est assortie d'un placement
à l'isolement et sans possibilité de remise de peine.
"Je suis très triste qu'il ne soit pas avec nous pour recevoir ce prix,
ce prix si important", a déclaré son épouse, Ayse Bugra Kavala, en
recevant la récompense du président de l'Assemblée parlementaire du
Conseil de l'Europe, Tiny Kox. Elle a précisé que son mari dédiait son
prix à "ses concitoyens maintenus en prison".
- "Emprisonnement illégal" -
Le refus de la Turquie de libérer Osman Kavala lui vaut une procédure
d'infraction pouvant aller jusqu'à son expulsion de l'organisation
internationale, qui ne réunit plus que 46 pays depuis l'exclusion l'an
dernier de la Russie à la suite de l'invasion de l'Ukraine.
Pour le Conseil de l'Europe, les mesures prises à son encontre
"visaient à le réduire au silence et à dissuader d'autres défenseurs
des droits de l'homme".
Depuis sa prison de Silivri, à l'ouest d'Istanbul, Osman Kavala avait
estimé fin septembre que la confirmation de sa sentence ne valorisait
"ni le droit, ni la vie humaine", selon des propos rapportés par un
visiteur.
Il a reçu la semaine dernière la visite, pour la première fois, du chef
du principal parti d'opposition turque, Kemal Kiliçdaroglu, candidat
malheureux à l'élection présidentielle en mai dernier.
"Il n'y a pas de justice dans ce pays", a déclaré M. Kiliçdaroglu,
dénonçant un "emprisonnement illégal".
La récompense attribuée à Osman Kavala a toutes les chances de susciter
la colère du pouvoir turc.
- "Dernière goutte" -
La semaine dernière, le président Erdogan a dénoncé un autre arrêt
récent de la CEDH qui a épinglé son pays: elle lui reproche d'avoir
condamné un homme pour appartenance à une organisation terroriste armée
en se fondant sur sa simple utilisation de l'application de messagerie
cryptée ByLock.
ByLock est considérée par Ankara comme l'outil de communication
privilégié des responsables présumés du putsch manqué de 2016, qui a
fait 250 morts et a été suivi d'arrestations et de purges sans
précédent dans l'histoire moderne de la Turquie.
"La décision de la CEDH est la dernière goutte qui a fait déborder le
vase", a martelé M. Erdogan.
L'homme fort d'Ankara avait au passage déclaré que "la Turquie n'attend
plus rien de l'Union européenne, qui nous a fait patienter à sa porte
depuis 40 ans".
Osman Kavala était en lice pour le Prix Havel, du nom du dissident puis
président tchécoslovaque mort en 2011, aux côtés de deux autres
candidats: la Polonaise Justyna Wydrzynska, qui défend le droit à
l'avortement dans son pays, et l'Ukrainien Evguen Zakharov, fondateur
du "Tribunal pour Poutine", qui collecte des preuves de crimes de
guerre commises depuis le début de l'agression russe.
L'an dernier, le prix avait été décerné à l'opposant russe emprisonné
Vladimir Kara-Mourza.
Doté de 60.000 euros, le prix récompense chaque année depuis 2013 une
personnalité de la société civile pour ses "actions exceptionnelles en
faveur des droits de l'homme en Europe et au-delà". (AFP, 9 oct 2023)
La Turquie condamne l'attribution
"inacceptable" d'un prix européen à l'opposant emprisonné Kavala
La Turquie a critiqué lundi le Conseil de l'Europe pour avoir décerné
le prix Vaclav Havel au mécène turc emprisonné Osman Kavala, bête noire
du président Recep Tayyip Erdogan.
"Il est inacceptable que le Prix des droits de l'homme Vaclav Havel ait
été décerné à une personne qui a été définitivement condamnée par la
justice de notre pays", a déclaré le ministère turc des Affaires
étrangères dans un communiqué. (AFP, 9 oct 2023)
Le deuxième
Vietnam de l’impérialisme : le
Moyen-Orient…

Doğan Özgüden
Artı Gerçek, 9 octobre 2023
Sans
l’acceptation des revendications justifiées des peuples arménien,
palestinien et kurde, la paix et la vie humaine ne pourront jamais être
garanties au Moyen-Orient.
C’était il y a
exactement 56 ans… C’était l’époque où les opérations inhumaines de
l’impérialisme américain, qui depuis la fin de la Seconde Guerre
mondiale gendarmait tous les continents du monde à coup d’occupations
et de coup d’état militaires, faisait aussi l’objet dans notre pays de
manifestations de protestation de la part du Parti ouvrier de Turquie
(TIP), de la DISK (Confédération des syndicats ouvriers
révolutionnaires) et des organisations de la jeunesse révolutionnaire…
Le président du TIP, Mehmet Ali Aybar, avait pris part au jury du
Tribunal Russell, institué pour juger l’impérialisme américain en
raison de ses crimes au Vietnam.
Dans la revue Ant tout comme dans le journal Aksam, nous dénoncions
constamment les complots et les agressions de l’impérialisme américain
et accordions une large couverture à l’actualité de la résistance
anti-impérialiste.
J’avais été jugé le 17 mai 1967 pour « trahison à la patrie » par le
Tribunal militaire de la 1ère armée à Istanbul sur instruction du chef
d’état-major général Cemal Tural, qui accusait la revue Ant « d’agir
comme l’organe de presse en Turquie de Bizim Radyo (Notre Radio, radio
du parti communiste de Turquie, interdite sur les ondes turques et
diffusant depuis l’Allemagne de l’Est) » à la suite de ses révélations
sur le projet de l’impérialisme américain d’installer des mines
nucléaires dans l’est de l’Anatolie.
Malgré les menaces du militarisme commandé par le Pentagone, nos
écrivains réguliers Yasar Kemal, Fethi Naci, Cetin Altan, Hüseyin Bas,
Haluki Tansug et Mekin Gönenç, à travers leurs écrits, et Günes et
Barbro Karabuda avec leurs reportages immersifs sur les luttes de
libération nationale dans différents pays dans le monde, apportaient
une force supplémentaire à la résistance anti-impérialiste d’Ant.
Grâce aux contributions de ces amis, dont plus aucun n’est vivant
aujourd’hui et dont nous saluons la mémoire avec tendresse, nous avions
publié notre analyse dans le numéro d’Ant du 30 mai 1967 avec comme
couverture : « Les nouvelles manœuvres de l’impérialisme au
Moyen-Orient ».
Moins d’une semaine plus tard, le 5 juin 1967, l’attaque israélienne,
avec le soutien des États-Unis, contre les terres de la Palestine et
des pays arabes commençait. Des réunions étaient organisées pour
protester contre ce nouveau crime de l’impérialisme, des déclarations
étaient publiées et on épiloguait des heures durant dans le petit
bureau d’Ant dans l’ancienne maison historique du (journal) Tan.
« Victoire dangereuse ! Le Moyen-Orient s’est politiquement vietnamisé »
Le fruit de ces considérations parut dans le numéro d’Ant du 13 juin
1967 sous l’intitulé « Victoire dangereuse ! Le Moyen-Orient s’est
politiquement vietnamisé », avec le discours d’Aybar ainsi que les
commentaires de nos éditorialistes sur le sujet.
Dans mon commentaire hebdomadaire, j’écrivais :
« Le brouillard qui entoure les événements du Moyen-Orient qui ont
entrainé l’humanité entière au seuil de la guerre mondiale n’est pas
encore totalement levé. Si une chose est sûre, c’est qu’Israël, qui
agit avec le soutien de l’Amérique et de l’Angleterre, a occupé les
terres de trois pays arabes et a remporté une victoire décisive au prix
de dizaines de milliers de vie.
« Après le cessez le feu annoncé par Israël à la suite de l’ultimatum
de l’Union soviétique et de ses alliés, le conflit israélo-arabe va
être abordé dans le cadre d’échanges diplomatiques et des pistes de
solution vont être recherchées afin de rétablir la paix au
Moyen-Orient. Apparemment, Israël va prendre part à ces négociations
diplomatiques avec l’avantage d’occuper de facto la péninsule du Sinaï,
Jérusalem et le sud de la Syrie jusqu’à Damas, et voudra récolter les
fruits de sa victoire militaire.
« Cependant, quels que soient les gains qu’il obtiendra à la suite de
ces négociations, le fait qu’Israël se soient lancé dans une opération
militaire de nature impérialiste dépassant les limites de la légitime
défense a entaché sa victoire et l’a transformée en victoire
véritablement dangereuse ».
Un camp de la vietnamisation du Moyen-Orient était Israël et
l’impérialisme américain, l’autre était naturellement les pays arabes
de la région… Toutefois, celui qui a marqué de son empreinte le front
anti-impérialiste de la lutte fut sans aucun doute l’Organisation de
libération de la Palestine sous la direction de Yasser Arafat.
L’OLP, qui fut fondée le 2 juin 1964, créa son aile militaire,
rassemblant le Fatah, la Force 17, le Groupe Haouari, le Front
populaire de libération de la Palestine et le Front démocratique pour
la libération de la Palestine, lors de la quatrième réunion du Conseil
national palestinien au lendemain de la guerre israélo-arabe de 1967.
L’hostilité des islamistes de Turquie envers l’anti-américanisme au
Moyen-Orient
Les islamistes de Turquie, qui soutenaient et étaient stipendiés par
l’Arabie saoudite, principal pilier de l’impérialisme américain au
Moyen-Orient, et les autres régimes arabes collaborationnistes, ne
tardèrent pas à monter leurs partisans contre les dirigeants de
l’Egypte et de la Syrie, tout en ignorant le rôle de Washington et des
régimes islamiques qui lui étaient alliés.
Par exemple, Mehmet Sevket Eygi du journal Bugün (Aujourd’hui) écrivait
: « Certains interprètent cette défaite et ce recul comme une débâcle
pour les musulmans. C’est un jugement erroné. Les musulmans ne reculent
jamais. La victoire est toujours de leur côté. Si quelqu’un recule, est
vaincu, honteux et déshonoré, ce n’est pas l’islam, mais le socialisme
et le nationalisme arabes. Nous faisons face à un événement qui doit
servir de leçon pour chaque musulman. C’est la faillite du socialisme
et du nationalisme athées ».
La servilité pro-américaine atteignait un tel niveau dans les médias
islamistes de la Sublime Porte qu’après chacune de nos éditions contre
l’impérialisme américain, tous leurs plumitifs passaient à l’attaque
contre nous.
Dans son édition du 3 octobre 1967, Ant avait révélé les nouveaux
marchandages américains à Ankara au sujet des armes nucléaires, partagé
la déclaration du président du TIP Mehmet Ali Aybar appelant à « sortir
les États-Unis de Turquie » et commencé à publier une série d’articles
sur les faits et observations qu’il avait rapporté de son enquête au
nord du Vietnam en qualité de juge du Tribunal Russell.
Une semaine plus tard, lorsqu’Ant publia son numéro du 10 octobre 1967
avec comme titre « Go Home », les capitalistes islamistes s’emparèrent
cette fois de l’imprimerie historique Tan et interdirent la composition
et l’impression de notre revue.
Ils étaient tellement remontés que Mehmet Sevket Eygi, dans le journal
Bugün du 31 octobre 1967, s’attaquait à la revue socialiste Ant en
lançant cette fatwa : « Il existe des preuves évidentes que le
communisme est protégé tandis que l’islam est matraqué en Turquie. Il
est désormais du devoir des musulmans d’être vigilants et prêts. Nous
avons devant nous un exemple récent et positif : le massacre des
communistes en Indonésie. Des centaines de milliers d’entre eux ont été
tués. Les animaux sauvages sur terre et les poissons de mer ont été
abreuvés de chairs humaines. Ce fut un terrible massacre de
communistes. Mais l’Indonésie a été sauvée ».
Et Necip Fazil dans la revue Büyük Dogu (Grand Est) donnait le signal
du Dimanche Sanglant de 1969 : « La première tâche juste et vertueuse,
que même le simple musulman ne peut omettre d’en apprécier le devoir,
est de commencer à nettoyer de telles impuretés de l’établissement
qu’elles louent. Et désormais, c’est le premier signe des étapes à
suivre. Comment les rats d’égouts de Moscou pourraient-ils savoir que
la lumière est partout où ils se croient dans l’obscurité et la
propreté chaque point qu’ils voient sales. Le traitement qui s’impose
pour les dégoûtants rats d’égouts de Moscou n’est pas de les expulser
de l’imprimerie Tan qu’ils ont colonisé de longue date, mais de les
noyer dans la (mer de) Marmara ».
Malgré ces menaces, sabotages et attaques, nous avons continué à
critiquer l’impérialisme américain et ses serviteurs déguisés en
musulmans, tant dans la revue Ant que dans les éditions éponymes.
Un front révolutionnaire moyen-oriental pour la liberté des peuples
opprimés
Pour nous, la lutte pour la liberté du peuple kurde et celle pour la
liberté du peuple palestinien constituaient un tout pour l’ensemble du
Moyen-Orient.
C’est pour cette raison que dans le numéro d’Ant du 6 janvier 1970,
nous avions proposé la création d’un cercle révolutionnaire
moyen-oriental comprenant les révolutionnaires arabes, palestiniens,
iraniens, chypriotes, kurdes et turcs.
Tout comme nous avons constamment relayé dans la revue Ant la lutte de
l’OLP contre l’expansionnisme israélien et l’impérialisme américain,
nous avons publié en 1970 le livre du leader du FPLP, Nayif Havatme,
traduit en turc par Mehmet Emin Bozarslan, et intitulé « La guerre
populaire en Palestine et au Moyen-Orient ».
Cette publication fut suivie, en 1971, peu avant le coup d’état
militaire du 12 mars, de la parution en deux volumes, aux éditions Ant,
du Sherefname (Histoire des Kurdes) de Sheref Khan, également sous la
traduction de Mehmet Emin Bozarslan.
Une partie des révolutionnaires partis illégalement à l’étranger après
ce coup d’état, parce que recherchés par le tribunal de la loi martiale
ou menacés d’être abattus sommairement, ont été accueillis par des
organisations de résistance palestiniennes. Des commandos israéliens
ont attaqué un camp de la guérilla dans la nuit du 21 février 1973 et
assassiné huit de nos révolutionnaires.
Parmi les victimes, se trouvait Bora Gözen, que j’ai connu et aimé non
seulement en qualité de révolutionnaire, mais aussi comme dirigeant du
syndicat de la presse Basin Is.
Exactement, 50 ans se sont écoulés… La libération du peuple vietnamien
de l’occupation de l’impérialisme américain en 1975 remonte à 48 ans…
Mais la lutte du peuple palestinien contre l’expansionnisme israélien
et celle du peuple kurde contre les régimes négationnistes et
oppressifs de ses quatre pays voisins, et ce jusque dans l’exil,
continuent avec la même détermination.
Le dernier témoignage tangible de cette détermination se retrouve dans
la déclaration faite hier par le comité exécutif du Parti de la Gauche
Verte (YSP) .
« Nous éprouvons avec douleur depuis des années que sans la résolution
des deux problèmes fondamentaux du Moyen-Orient que sont la question
kurde et palestinienne, aucune solution ne pourra jamais être apportée
aux maux du Moyen-Orient. Nous rejetons l’escalade sanglante et le
régime de massacres qui pèsent sur le Moyen-Orient et défendons la
paix. Nous constatons une fois de plus que les approches fondées sur le
principe de l’État-nation ne font qu’aggraver les crises et accroissent
l’hostilité entre les peuples. La plus juste voie de rétablissement
d’une entente dans cette zone géographique entre des peuples qui vivent
ensemble depuis des milliers d’années et ont déjà une expérience de
vivre-ensemble pacifique passe par une résolution démocratique et
pacifique ».
Dans ces jours où la dictature de l’AKP-MHP fait à nouveau pleuvoir la
mort dans la géographie kurde, et qu’en plus son partenaire criminel le
dictateur Aliyev fait revivre aux populations arméniennes du Caucase la
déportation et le génocide, j’adhère à cet appel du YSP en y ajoutant
le peuple arménien, et je souhaite du succès aux peuples palestinien,
kurde et arménien dans leurs luttes légitimes.
Constitutional Court refers Can Atalay's
application to the General Assembly
The Constitutional Court (AYM) has decided to refer to its General
Assembly the application of the Turkey Workers' Party (TIP) Hatay MP
Can Atalay on the grounds of "parliamentary immunity," who is still
imprisoned despite being elected a deputy. Atalay who was sentenced to
18 years in prison in the Gezi Trial.
Can Atalay had submitted an application requesting his release and the
suspension of his trial based on violations of his rights. The
Constitutional Court (AYM) has decided to refer the case to the General
Assembly. The options in front of the AYM were to either accept,
reject, or refer the application to the General Assembly. The date when
the application will be discussed in the General Assembly is yet
unknown.
Previously, the AYM had referred the case of Ömer Faruk Gergerlioğlu, a
former HDP member of parliament whose parliamentary membership was
revoked in the 27th term, to the General Assembly and subsequently
ruled that Gergerlioğlu's "right to stand for election and engage in
political activities" and "personal freedom and security" had been
violated.
What Happened?
Can Atalay, who was on trial in the Gezi Trial for "attempting to
overthrow the government," was sentenced to 18 years in prison on April
25, 2022.
Following the approval of the conviction decision by the Court of
Appeals on December 28, 2022, the case file was sent to the Court of
Cassation.
Can Atalay was elected as a member of parliament for TIP from Hatay
with 75,720 votes in the elections held on May 14.
His attorney received his mandate on May 25, and a request for his
release was submitted directly to the Court of Cassation through the
National Judiciary Informatics System (UYAP) on the same day, followed
by a direct application to the Court of Cassation on May 26.
However, the Court of Cassation's 3rd Criminal Chamber unanimously
rejected the release request on July 13, disregarding the precedent
decisions of the Constitutional Court. The subsequent objection to this
decision was also rejected by the Court of Cassation's 4th Criminal
Chamber by a vote of four against one, affirming the 3rd Criminal
Chamber's decision.
In response to this decision, Atalay's lawyers applied to the
Constitutional Court on July 21, stating that his right to a fair trial
and his right to stand for election, be elected, and engage in
political activities had been violated.
Subsequently, on September 28, the Court of Cassation's 3rd Criminal
Chamber upheld the life sentences of Osman Kavala and the 18-year
prison sentences of Can Atalay, Çiğdem Mater, Tayfun Kahraman, and Mine
Özerden in the same case. (BIA, 5 October 2023)
Le mécène Kavala, condamné à vie, dénonce le mépris de la vie
humaine
Le mécène Osman Kavala, dont la peine de prison à vie vient d'être
confirmée par la justice turque, a dénoncé vendredi un mépris du droit
et de la vie humaine, selon ses propos rapportés par un de ses proches.
En prison depuis six ans, l'homme d'affaires, figure de la société
civile et bête noire du gouvernement de Recep Tayyip Erdogan est accusé
d'avoir cherché à renverser le gouvernement en finançant des
manifestations hostiles au pouvoir en 2013.
"Cette décision résulte d'une vision qui ne valorise ni le droit ni la
vie humaine", a confié vendredi le philanthrope au député de
l'opposition Enis Berberoglu qui lui a rendu visite dans la prison de
Silivri, à l'ouest d'Istanbul.
M. Berberoglu, qui a rapporté ses propos à l'AFP, a précisé que
l'entretien avait duré "quinze à vingt minutes".
Osman Kavala lui a dit avoir appris la décision de la Cour de cassation
"à la télévision" alors qu'il écrivait une lettre à un proche.
"Il était sur le point d'écrire 'Si je dois rester ici plus longtemps'
et il a vu l'info à la télévision. Il a alors écrit 'Je pense que je
resterai longtemps'", a affirmé le député.
Le mécène a cependant assuré au député "avoir bon moral".
Les condamnations de quatre de ses co-accusés à dix-huit ans de prison
ont été également confirmées en cassation, dont celle de Can Atalay,
élu député en mai et qui perd donc son mandat.
Trois autres ont en revanche vu leurs peines annulées dont Mücella
Yapici, porte-parole de Solidarité Taksim, collectif au coeur des
manifestations dites de Gezi, qui avaient déstabilisé en 2013 le
pouvoir de Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre.
-"Coup porté aux droits de l'homme"-
Des responsables européens, ainsi que des défenseurs des droits humains
ont dénoncé la confirmation des peines de M. Kavala et de quatre de ses
co-accusés.
"Nous regrettons la décision de la Cour de cassation turque.(...) Cela
accroît encore les inquiétudes de l'Union européenne quant au respect
par le système judiciaire turc des normes internationales et
européennes", a réagi Peter Stano, porte-parole du chef de la
diplomatie européenne Josep Borrell, dans un communiqué vendredi soir.
"Chaque jour où Osman Kavala est emprisonné est un jour de trop", a de
son côté réagi le ministère allemand des Affaires étrangères sur le
réseau social X (ex-Twitter).
"Chaque jour constitue une violation des obligations de la Turquie en
tant que partie à la Convention européenne des droits de l'homme",
a-t-il ajouté.
Amnesty International a de son côté dénoncé le verdict d'être
"politiquement motivé" et de viser à "faire taire les voix
indépendantes".
"Cette décision épouvantable est un coup dévastateur (...) porté aux
droits de l'homme", a déclaré Ruth Tanner, directrice de campagne pour
l'Europe, dans un communiqué.
"Malheureusement, ces actions continuent de saper les perspectives de
la Turquie dans l'UE", a affirmé le rapporteur du Parlement européen
sur la Turquie, Nacho Sanchez Amor, sur le réseau social X (ex-Twitter).
-"Assassinat judiciaire"-
Osman Kavala qui a vu tous ses appels rejetés a été condamné
définitivement jeudi soir à la "réclusion à perpétuité aggravée" pour
son rôle présumé dans les manifestations de Gezi en 2013 à Istanbul.
Ce qui signifie qu'il ne peut y avoir de libération anticipée et que le
détenu restera à l'isolement.
Osman Kavala a toujours nié les charges pesant contre lui.
M. Kavala avait dénoncé lors de son procès un "assassinat judiciaire"
contre lui et l'influence du chef de l'Etat sur son procès.
Les responsables du Conseil de l'Europe ont sommé à plusieurs reprises
la Turquie de libérer immédiatement le mécène turc, après un arrêt
jugeant qu'Ankara avait violé la Convention européenne des droits de
l'Homme.
Le refus de la Turquie d'appliquer cet arrêt lui vaut une procédure
d'infraction, qui pourrait aller jusqu'à son expulsion du Conseil de
l'Europe. (AFP, 29 sept 2023)
Pression
sur les médias / Pressure on the Media
Apatride-Heimatlos projeté à Hambourg

La prochaine
projection du documentaire aura lieu le 8 décembre au Festival de
cinéma méditerranéen à Bruxelles
Après Antalya,
Ankara, Izmir, Boston, Paris et Cologne, le documentaire
"Vatansız-Heimatlos” (Apatride-Heimatlos) sur la vie et les luttes des
journalistes Doğan Özgüden et İnci Tuğsavul, qui vivent en exil depuis
le coup d'État du 12 mars en Turquie, a été projeté le vendredi
27 octobre à Hambourg, en Allemagne.
Lors de la soirée
organisée par l'Interkulturelle Denkfabrik, la réalisatrice du
documentaire Esra Yıldız a informé les invités sur le sujet, les
conditions de tournage et les échos de son œuvre.
L’animateur de la
soirée İrfan Cüre, en parlant également des mémoires en deux
volumes de Doğan Özgüden, Journalist “Apatride”, a dit qu’ils devraient
être lus non seulement comme le vécu de deux journalistes socialistes,
mais aussi comme un résumé de l'histoire des luttes socio-politiques en
Turquie. Il a rappelé que les textes complets de ces livres sont
accessibles sur le site Info-Türk.
Doğan Özgüden et İnci
Tuğsavul, qui n'ont pas pu assister à la réunion ont envoyé le message
suivant au public:
"Chers amis,
"Les années
précédentes, à l'invitation de nos chers amis de Hambourg, nous avons
participé à une table ronde sur la liberté de la presse en Turquie et à
deux événements sur la vie difficile de Yılmaz Güney et de Sabahattin
Ali.
"Nous aurions aimé
être avec vous ce soir lorsque vous vous êtes réunis pour reconnaître
notre histoire commune de vie et de lutte dans le documentaire d'Esra
Yıldız, mais malheureusement des problèmes de santé causés par un
accident douteux à la fin du mois d'août ont rendu cela impossible.
"Comme le montre le
documentaire, en tant que journalistes socialistes, nous avons partagé
61 ans de vie commune, 9 ans dans le pays où nous sommes nés et avons
grandi, 52 ans en exil, mais toujours dans la lutte pour nos
convictions.
"À 87 ans pour l'un
et 83 ans pour l'autre, nous sommes conscients que les feuilles du
calendrier tombent de plus en plus rapidement l'une après l'autre. Le
nombre de nos parents, amis et compagnons de lutte survivants diminue
rapidement.
"La question qui ne
nous a jamais quittés tout au long de notre exil : serons-nous vraiment
un jour dans notre beau pays ? Les résultats des élections de mai
dernier, qui ont déçu tous les défenseurs de la démocratie, de la
liberté et de la paix, ont montré que cela ne sera pas possible avant
longtemps, peut-être que notre âge avancé ne nous le permettra pas.
"Mais ce n'est pas
que nous n'ayons jamais pu être dans le pays où nous sommes nés et où
nous avons grandi...
"Lors des projections
du documentaire Apatride d'Esra Yıldız à Ankara et Izmir en Turquie,
nos visages étaient tous deux présents dans les villes de notre
jeunesse où nous avons commencé notre lutte.
"En outre, grâce aux
médias sociaux, n'avons-nous pas été en Turquie jour et nuit avec nos
pensées et nos messages pendant des années ?
"Comme nous l'avons
toujours souligné, la patrie est aussi l'endroit où l'on crée et où
l'on produit... L'apatridie est aussi une patrie universelle...
"Tout comme nous
l'avons fait en Turquie avec le journal Akşam et la revue Ant, nous
continuons à nous battre pour nos convictions au même rythme en
Belgique avec Info-Türk et les Ateliers Soleil.
"L'année prochaine,
nous célébrerons le 50e anniversaire de ces organisations, qu'Esra
présente dans son documentaire, avec nos amis qui les gèrent, qui
assument la responsabilité de leur travail multiforme et qui partagent
la fraternité universelle des immigrés venus du monde entier pour y
être formés.
"Bien sûr, vous êtes
déjà nos invités...
"Nous vous saluons
tous avec respect et amour."
Dans la deuxième
partie de la soirée, le Dr. Etem Ete, l'un des leaders de la jeunesse
des années 60, qui a travaillé comme spécialiste en psychiatrie
migratoire et en psychiatrie trans-culturelle en Allemagne dans la
période suivante et qui a été le président de la Fédération européenne
des associations populaires sociales-démocrates, après avoir rappelé
les contributions d'Özgüden et de Tuğsavul à la lutte socialiste en
Turquie et en Europe, a souligné que "les années 60 étaient l'ère la
plus honorable de la lutte socialiste en Turquie"
Mme Blanca Ines,
membre du Conseil municipal d'Altona d'origine colombienne, a déclaré
dans son discours : "Ce que ces deux socialistes ont fait à l'étranger
dans les Ateliers du Soleil est une révolution. Une révolution est une
transformation de soi et de son environnement. Les Ateliers du Soleil
qui unissent et forment des personnes arrivées de pays très différents
sont une de telles initiatives révolutionnaires."
La version
franco-turque du documentaire Apatride-Heimatlos sera projetée à
Bruxelles dans le cadre du Festival de cinéma méditerranéen le vendredi
8 décembre 2023 à 19 heures à l'Espace Magh.
Après une rencontre
avec Esra Yıldız, Doğan Özgüden et İnci Tuğsavul suivant la projection
du film, le groupe musical Anatolian Stories présentera un programme
avec les chants arméniens, assyriens, kurdes et turcs.
"Nuit noire
en Anatolie" d' Özcan Alper a décroché samedi
l'Antigone d'or
Panorama du cinéma méditerranéen, le festival Cinemed de Montpellier,
dont la 45e édition s'est achevée samedi, est aussi un creuset où de
jeunes talents font leurs premiers pas avant d'y revenir en haut de
l'affiche pour les plus chanceux ou persévérants.
Samedi, le film "Nuit noire en Anatolie" du réalisateur turc Özcan
Alper a décroché samedi l'Antigone d'or du meilleur long métrage de
fiction. Il raconte l'histoire d'Ishak, un homme qui reçoit un appel de
son village où il ne s'est pas rendu depuis longtemps, car sa mère est
malade et souhaite le voir avant de mourir.
Le film était en compétition avec huit productions tunisienne,
marocaine, israélienne, française ou italienne, dont quatre avaient été
présentées ces dernières années à la "Bourse d'aide au développement"
du Cinemed.
Cette dernière a permis d'aider 109 projets de films, dont 50 ont
réellement vu le jour sur toutes les rives de la Méditerranée.
"C'est une fonction que les festivals n'avaient pas à l'origine, d'être
un intermédiaire et de favoriser l'émergence de films", explique à
l'AFP le directeur du Cinemed Christophe Leparc.
"On s'est aperçu que ce qui était important, c'était que des auteurs de
projets de films qui n'étaient pas forcément aboutis devaient avoir de
l'argent pour se permettre de continuer à écrire et d'aboutir au
scénario", poursuit-il.
A ses débuts, le cinéaste marseillais Robert Guédiguian avait défendu
un projet à Montpellier, bien avant d'être reçu en tant qu'invité
d'honneur lors de la 40e édition en 2018, souligne aussi M. Leparc.
En 2019, le réalisateur français Karim Bensalah avait décroché une
bourse pour son premier long métrage "Six pieds sur terre".
"Ca fait quelque chose de revenir dans ce festival qui m'a vu naître",
a-t-il lancé mercredi devant une salle comble lors de la présentation
en compétition officielle du film.
"Cette bourse a été déterminante car elle m'a permis de travailler le
scénario, mais aussi de faire du repérage et de trouver des acteurs",
de Roubaix à Nice, se souvient-t-il.
Les trois autres films aidés cette année étaient "Excursion", de la
Bosnienne Una Gunjak, "Anna" de l'Italien Marco Amenta et "Backstage",
du Marocain Khalil Benkirane et de la Tunisienne Afef Ben Mahmoud.
(AFP, 28 oct 2023)
Journalist
receiving treatment in intensive care unit
arrested
Turkish journalist Elif Akkus who has been receiving treatment in a
coronary intensive care unit left the hospital on Friday to give a
statement to the prosecution in an investigation that was launched
reportedly on suspicion that she provided sensitive information to a
social media account.
Akkus was later in the day taken under arrest upon a court decision.
She was dismissed from her job on 20 April without any explanation by
Turkish state broadcaster TRT, which she had worked for 25 years.
She was more recently detained on 16 October in Ankara, in the context
of an investigation that was launched upon complaints filed by TRT
General Manager Zahid Sobaci and some others.
She was taken to the hospital after her detention due to her health
condition. (gerçeknews, 20 October 2023)
Veteran journalist arrested after suspension from
state-run TV
Veteran Turkish journalist Elif Akkus who was previously suspended by
Turkey's state-run TRT now finds herself under arrest.
Akkus's lawyer, Huseyin Ersoz, revealed in a social media post that
taking such action against a journalist who is willing to cooperate
with authorities has no legal basis.
Furthermore, Akkus's Twitter account was subjected to multiple hacking
attempts on the same day.
In July, Attorney Ersoz had announced that his client, TRT journalist
Elif Akkus, was suspended without justification. And even after the
three-month suspension period ended, she was denied entry into the TRT
building, kept waiting at the entrance, and received no response to her
inquiries.
Elif Akkus, a well-known war correspondent who has witnessed many
heated conflicts and sustained injuries in the line of duty, filed a
lawsuit against TRT in May after her suspension.
In 2014, Akkus was reassigned from reporting to technical services,
allegedly due to her tweets following the injury and subsequent death
of 15-year-old Berkin Elvan, who fell into a coma after being hit by a
police-fired tear gas canister and died 269 days later. (gerçeknews, 17
October 2023)
Décès du journaliste kurde Necmettin Salaz à
Sulaymaniyah
Le journaliste kurde Necmettin Salaz, originaire de Van, qui a consacré
quarante ans de sa vie aux médias kurdes indépendants, s'est éteint
dans un hôpital de Sulaymaniyah.
Necmettin Salaz, journaliste kurde indépendant décédé à Suleymaniyah le
14 Octobre.
Le journaliste kurde Necmettin Salaz, originaire de Van, qui a consacré
quarante ans de sa vie aux médias kurdes indépendants, s’est éteint
dans un hôpital de Sulaymaniyah.
Samedi, le journaliste, présentateur et écrivain Necmettin Salaz a
succombé à une cirrhose du foie. Originaire de Van, une ville kurde, il
a œuvré dans les médias kurdes indépendants pendant quatre décennies et
a résidé au sud-Kurdistan, dans le nord de l’Irak, pendant une
décennie. Né à Van en 1958, il a obtenu son diplôme d’enseignant de
l’institut d’éducation local en 1979. Tout au long de sa vie, il a été
étroitement associé aux mouvements kurdes , une affiliation qu’il a
entretenue depuis le milieu des années 1970 et qui l’a conduit à être
arrêté à plusieurs reprises. Après le coup d’État militaire de 1980, il
a enduré près de cinq ans dans la tristement célèbre prison de la
terreur d’Amed (Diyarbakir). En conséquence, il a été banni à vie de la
fonction publique et a été privé de la possibilité d’exercer en tant
qu’enseignant. Avant l’interdiction du parti kurde HADEP, il a
également siégé en tant que conseiller au sein de la municipalité de
Van.
Salaz a animé l’émission “Başûr Gündemi” (L’Agenda du Sud-Kurdistan)
diffusée sur la chaine kurde Medya Haber TV et a rédigé de nombreux
articles et livres sur le Kurdistan. Atteint de maladie, il avait suivi
un traitement médical prolongé et était en soins intensifs depuis une
semaine.” (ROJINFO -
14 octobre 2023)
Kurdish
journalist Fırat Can Arslan faces 3 years in prison
Arslan had become the first journalist to be arrested for “marking
counterterrorism officials as a target for terror groups.”
The Diyarbakır Chief Public Prosecutor's Office has prepared an
indictment against journalist Fırat Can Arslan, who was arrested for
reporting on the transfer of prosecutor Mehmet K. and his spouse Seda
K. to Samsun from Diyarbakır. These prosecutors were responsible for
the indictment of 16 (18 on trial) journalists who were imprisoned from
June 2022 to July 2023.
The Prosecutor's Office charged Arslan with "inciting the public to
hatred and enmity against those involved in the fight against terrorism
(Law No. 3713, Article 6/1)." Arslan became the first journalist to be
arrested under Law No. 3713, which dates back to 1991.
In the three-page indictment, the Prosecutor's Office noted that the
names and surnames of Mehmet K. and Seda K., as well as their duties
and appointments, were included in the Council of Judges and
Prosecutors (HSK) Decree. However, it was stated that the content of
the decree did not specify which investigations and prosecutions they
were involved in.
The Prosecutor's Office also claimed that Mehmet K. and Seda K.
examined the files of the imprisoned journalists in Diyarbakır, stating
that the journalists produced news for Sterk TV and Medya Haber TV, two
channels allegedly affiliated with the PKK, according to the
indictment, which led to their prosecution. Furthermore, it alleged
that Mehmet K. and Seda K. were involved in "counter-terrorism"
activities based on this.
The Prosecutor's Office requested a prison sentence of 1 to 3 years for
Arslan. The Diyarbakır 4th Heavy Penal Court accepted the indictment
and set October 31 for the initial hearing.
What happened?
Mezopotamya Agency (MA) reporters Fırat Can Arslan and Delal Akyüz, T24
editor Sibel Yükler, bianet editor Evrim Kepenek, and journalist Evrim
Deniz were detained on July 25.
While Arslan was arrested, the other journalists were released after
giving statements to the prosecutor.
The reason for Arslan's arrest was his report on the transfer of
prosecutor Mehmet K. and Seda K., who were married, to Samsun
Vezirköprü on June 16, 2022.
The detained individuals had shared Arslan's social media post related
to the news. Arslan is currently held in solitary confinement at Sincan
1st Type F Prison. (gerçeknews, 8 October 2023)
Desire to silence journalists to conceal
crimes
The BİA Media
Monitoring
Report covering the period from July to September reveals that in the
past three months, 206 journalists have lived under the threat of
imprisonment primarily due to cases based on the Turkish Penal Code and
the Anti-Terrorism Law. The report highlights that critical media is
being suppressed with the imprisonment of many journalists such as
Barış Pehlivan, Merdan Yanardağ, and Abdurrahman Gök, and that the
judiciary is turning a blind eye to journalists like Hale Gönültaş and
İsmail Arı becoming targets of certain religious sects, religious
groups, and illegal organizations. Additionally, the report indicates
attempts to restrict media representatives' access to demonstration
areas with 10 detentions.
The report also
points
out a fundamental issue: the Constitutional Court, as an individual
application authority, has previously made many positive decisions
regarding journalist rights, such as violence, internet censorship, and
arbitrary cases, but these decisions have been ignored by
first-instance courts, and the cycle of violations persists. In the
last three months, three applications were made to the Constitutional
Court, totaling 39,000 lira in compensation, and imprisoned journalist
Merdan Yanardağ and 18 Kurdish journalists also applied. Similarly, the
Parliament ignored the Constitutional Court's request for regulations
regarding access restrictions on online journalism and granted a
one-year period.
Lastly, the European
Parliament's recent report on Turkey, which has fallen to 165th place
in the World Press Freedom Index covering 180 countries, highlights a
"crossroads" due to the long-standing lack of progress in fundamental
freedoms, media freedom, and the rule of law. It suggests an
"alternative path" as a solution.
206 journalists on
trial in three months
During July, August,
and
September, at least 148 journalists were on trials conducted or
initiated based on regulations such as the Turkish Penal Code (TCK),
Anti-Terrorism Law (TMK), and Law on Meetings and Demonstrations No.
2911. Out of these journalists, 97 faced charges of "membership in an
organization" and "aiding an organization," while 29 were subjected to
prosecution for "making propaganda for an organization" or "pointing to
the target of a person fighting against terrorism." During this period,
12 of the accused journalists were tried on charges of "discrediting
state institutions," and 12 others faced trial for "resisting the
police" or "violating Law No. 2911." Three journalists were also being
tried in defamation cases during this period.
Additionally, 30
journalists were involved in criminal cases related to "insult" and
"insulting a public official," while 17 faced charges of "insulting the
President." This brings the total number of accused journalists
mentioned in the three-month report to 206. Furthermore, three
journalists were tried in cases demanding a total of 420,000 lira in
compensation. (BIA, 5 October 2023)
Turkey indicts 2 Kurdish journalists on terrorism charges
The Committee to Protect Journalists urged Turkish authorities on
Thursday to immediately release journalists Dicle Müftüoğlu and Sedat
Yılmaz, who have been held in pretrial detention for more than five
months, and to stop using terrorism legislation to criminalize
journalists.
Müftüoğlu and Yılmaz, both editors at the pro-Kurdish Mezopotamya News
Agency, were charged with membership and leadership of the outlawed
Kurdistan Workers’ Party (PKK), a militant group and political party
that Turkey classifies as a terrorist group, according to the
indictments, which were reviewed by CPJ. The journalists face up to 15
years in prison if found guilty under Turkey’s anti-terrorism laws.
The 40-plus-page indictments, which the chief public prosecutor’s
office in Turkey’s capital, Ankara, presented to the court on September
6, mainly focused on the structure of the PKK. The indictments did not
mention the journalists until the final pages and three of the four
state witnesses cited were anonymous. The journalists’ travels,
financial transactions, and logs of phone calls with other journalists,
politicians and human rights activists were also cited as evidence.
“Turkish journalists Dicle Müftüoğlu and Sedat Yılmaz have been held
behind bars since April, waiting for the state prosecutor to prepare
these indictments, which rely heavily on secret witnesses and present
everyday journalistic activities as criminal behavior,” said Özgür
Öğret, CPJ’s Turkey representative. “Authorities must immediately
release both editors and stop using terrorism charges to jail
journalists for months on end in retaliation for their reporting.”
Müftüoğlu, who is also co-chair of the local media advocacy group Dicle
Fırat Journalists Association, and Yılmaz were arrested on April 29 in
the southeastern city of Diyarbakır. The journalists, who were being
held in Ankara, will be tried separately in Diyarbakır on dates that
were yet to be determined, their lawyer Resul Temur told CPJ. Temur
said that the evidence against the journalists was “not solid” and
included “unfounded claims” that their media outlets were “terrorism
tools.”
In April, 17 Kurdish journalists and a media worker were charged with
membership of the PKK. At a hearing in July, the 15 defendants who had
been held under pretrial arrest for 13 months were released on bail,
pending trial.
Turkey was the world’s fourth-worst jailer of journalists, with 40
behind bars at the time of CPJ’s latest annual worldwide census of
imprisoned journalists on December 1, 2022.
CPJ’s emails to the Ankara chief public prosecutor’s office requesting
comment did not receive any reply. (CPJ, October 5, 2023)
Journalist Yanardağ sentenced to 2
years and 6 months and released
The 30th Heavy Penal Court of Istanbul has sentenced Tele1 TV Editor in
Chief Merdan Yanardağ to 2 years and 6 months in prison for the charge
of 'propaganda for a terrorist organization' due to his criticism of
the isolation of PKK leader Abdullah Öcalan in prison.
Merdan Yanardağ, who was arrested on charges of 'praising the crime and
the criminal' following the targeting of his statements regarding
Abdullah Öcalan on his program on Tele1, appeared before a judge today
(October 4) for the first time after over three months in detention.
The court sentenced Yanardağ to 2 years and 6 months in prison for the
charge of 'propaganda for a terrorist organization.' Finding the crime
established, the court decided to increase the sentence by half due to
Yanardağ's statement being broadcast on television. Along with the
verdict, which will be implemented after the finalization of the
judgment, the court also ordered Yanardağ's release.
Yanardağ receives mass support
Before the trial at the Istanbul 30th Heavy Penal Court in Çağlayan,
journalists, press organizations, members of parliament, civil society
organizations, and citizens staged a protest in front of the
courthouse, demanding "justice."
In the aftermath of the protest, the crowd proceeded to the courthouse
and ascended to the floor where the trial was to take place. The small
size of the courtroom, accommodating only 20 people, led to
overcrowding.
Only a few journalists managed to enter the courtroom. Representatives
from Reporters Without Borders (RSF) Turkey, the International Press
Institute (IPI) led by Scott Griffin, the Committee to Protect
Journalists (CPJ) Turkey represented by Özgür Öğret, along with Gürkan
Özturan from the European Centre for Press and Media Freedom (ECPMF),
and the Turkish Journalists' Association (TGC), the Turkish
Journalists' Union (TGS), and the Press Workers' Union (DİSK Basın
İş)
representatives were not allowed into the courtroom and they left the
courthouse.
Yanardağ's defense
The trial, which began with a limited audience, saw Yanardağ defending
himself against the charges outlined in the indictment, which could
result in a prison sentence of up to 10 years and 6 months. He asserted
that the trial was opened by the oppressive authorities with the
intention of eliminating press and freedom of expression, attempting to
intimidate people into submission. He questioned, "What could be
considered a crime in asking for the enforcement of the law?"
Yanardağ summarized his defense as follows: "I have produced 3,000
programs to date. In none of them did I praise any
terroristorganization or engage in propaganda. The only thing I did in
a 50-minute program was to criticize AKP (Justice and Development
Party) policies."
He also criticized the prosecution for considering social media trolls
as credible sources and mentioned cases like Ayşenur Aslan's, where
individuals were targeted by the prosecution for what he referred to as
"social plagiarism."
Yanardağ expressed his frustration with his arrest based on a 62-second
video, highlighting that nothing said in the video constituted a crime.
He emphasized that there was no endorsement or promotion of any
terrorist organization or its actions. He argued that the government
was using the Imralı issue* as a political tool to interfere in
elections and politics.
While mentioning that he was notified of the indictment on July 27,
Yanardağ explained that they had submitted the entire recording as
evidence, but the prosecution focused on a 62-second segment in
preparing the indictment.
Yanardağ stated, "I did not invent the discussion on the isolation of
Abdullah Öcalan. Galip Ensarioğlu (former AKP Diyarbakır MP.) made a
statement in an interview accusing Selahattin Demirtaş, saying, 'The
isolation was imposed because of him.' In my program, I discussed
Ensarioğlu's statement. However, the indictment does not mention Galip
Ensarioğlu."
During the trial, the prosecutor charged Yanardağ with 'propaganda for
a terrorist organization' and requested a sentence. Yanardağ and his
lawyers presented their defense against the charges.
The court announced its verdict, sentencing Yanardağ to 2 years and 6
months in prison for 'propaganda for a terrorist organization.' The
court found the crime to be established and increased the sentence by
half due to the televised nature of the statement. The court also
decided to release Yanardağ with this verdict. (BIA, 5 October 2023)
The cycle of censorship in Turkish Cinema from the 1970s
to today
Deniz Cakmak, gerçeknews, 29 September 2023
The censorship debate started after the exclusion from the festival
selection of the documentary 'Kanun Hukmu (The Rule of Law),' which
depicts the struggle for justice of Yasemin Demirci, a doctor, and
Engin Karatas, a teacher, who were suspended from their jobs by the
State of Emergency decrees, has expanded to include all the
interlocutors in the world of cinema.
The process, which involved everyone from the Golden Orange management
to the jury, from directors and producers whose films were included in
the festival program to the Antalya Metropolitan Municipality, has
finally reached the Ministry of Culture and Tourism, a shadow actor
whose name is always spoken behind closed doors, points to other kinds
of structural problems that mark Turkey's cultural life beyond the
decision to include or remove 'Kanun Hukmu' in the selection.
Understanding that what is happening today is not an isolated incident
is enough to look at the cycle of censorship that Turkish cinema has
fallen into since the 1970s.
Let's look at the long tally of censorship, in which the same bans are
perpetuated on the same grounds. The crisis that flared up again with
the documentary 'Kanun Hukmu' has happened many times in the past, and
the judiciary has even been used as a springboard for larger political
agendas.
The recent history
For bans, there is no need to go back too far to locate the censorship
of documentary cinema in the collective memory. Only nine years ago, in
2014, two documentary films were banned from screening at two different
festivals in Turkey - reportedly on the Ministry of Culture and Tourism
instructions.
One of them is Reyan Tuvi's 2014 documentary film 'Yeryuzu Askın Yuzu
Oluncaya Dek (Until the Earth Becomes the Face of Love)' about the Gezi
Resistance, and the other is 'Bakur' by journalist and writer Ertuğrul
Mavioglu and director Cayan Demirel.
Directed by Reyan Tuvi, 'Yeryuzu Askın Yüzü Oluncaya Dek' was screened
at the Istanbul Film Festival and Adana Golden Orange Film Festival and
was selected as one of the films to compete in the National Documentary
section by the preliminary jury comprising Berke Bas, Ayse Çetinbas and
Seray Genc.
The Antalya Golden Orange Festival committee excludes the film from the
competition because it "contains expression and content contrary to
articles 125 and 299 of the Turkish Penal Code".
Upon this decision, the festival's preliminary jury members declared
they did not recognize the decision, saying, "We consider it censorship
to evaluate a documentary film according to the Turkish Penal Code,
regardless of its content, and to exclude it from the list."
Following the announcement, the representatives of the professional
cinema associations came together. They submitted a text signed 'Power
Unity' to the signatures of the filmmakers who will attend the
festival, calling on them to withdraw if the film is not included in
the program again.
Following the call, the Antalya Golden Orange Film Festival Committee
said inviting the preliminary juries was "to submit a selection to help
the management and the main jury in their work" and that the festival
would not go back on its decision.
"The festival management "may accept or reject the submitted films,"
and this is also stated in Article 25 of the festival's regulations".
The committee explains the criteria for a film to be included in the
screening program as "not offending human rights and not violating
ethical and legal criteria".
The years 2014-2015 are a particular period in terms of Turkish
cinema's test with censorship. The attitude of the festival management
and the Ministry towards filmmakers and society is almost like a game
of hide and seek.
Regulations, reasons, accusations, and each institution skipping out on
their responsibilities during a protracted festival season in 2015
choked the windpipe of cinema.
In the same year, the 34th Istanbul Film Festival canceled the
screening of 'Bakur/Kuzey,' a guerrilla documentary made by Ertuğrul
Mavioglu and Cayan Demirel, which was shot in 2013 while the resolution
process was ongoing.
The Istanbul Foundation for Culture and Arts (İKSV) cited a warning
letter the Ministry of Culture and Tourism sent on April 11 regarding
the "registration certificate" for canceling the documentary screening.
The Ministry claims that "the letter in question was not sent to the
festival management recently, but was a general information letter sent
on January 9, 2014, reminding them of the relevant legislation."
Azize Tan, director of the 34th Istanbul Film Festival, told Bianet
that the Ministry sent them the same letter dated January 9, 2014, on
April 11, 2015, and insisted on pointing to the Ministry's "written
warning" about the cancellation of the documentary screening:
"The General Directorate of Cinema of the Ministry of Culture and
Tourism of the Republic of Turkey sent a letter to the Istanbul
Foundation for Culture and Arts reminding the Foundation that, under
Article 15 of the 'Regulation on the Procedures and Principles
Regarding the Evaluation and Classification of Cinema Films,' films
produced in Turkey to be screened at festivals must have a registration
certificate."
At the meeting, Tan stated that they, like many other festivals, did
not request this document during the application process and said,
"When we were struggling for the amendment, we had the attitude that
screenings could continue without the document, but it is necessary to
face this."
The Ministry responded to the Istanbul Film Festival management's
statement that the censorship did not originate from them and that the
festival management had deliberately blamed the Ministry for their
deficient practices.
The Ministry's statement at the time holding the festival management is
responsible is:
"This irresponsibility is further reinforced because the festival
management, by hiding the existing shortcomings and wrong practices,
made statements that would lead to an understanding as if the Ministry
was practicing censorship... Before all this, it is also clear that the
legal process that both the festival management and the film producers
had to fulfill for the film's screening was not started and was even
ignored. Attempting to portray our Ministry as an institution that
imposes censorship in this process, which continues as a series of
inaccuracies by hiding the deficiencies, is, to put it mildly, a false
statement. In this respect, claims to the contrary are incompatible
with reality."
"As the use of the term 'PKK documentary' in the news reports about the
film shows, the terrorist organization propaganda in question is
incompatible with basic democratic values and universal criteria of
freedom of thought. Terrorist organization propaganda, as shown by the
characterization 'PKK documentary,' concerns the foundation and the
festival management."
The events, which can also be described as a quick joke, show that
censorship in Turkey's culture and art life is common when it is not
met with an organized reaction from artists or the public.
As an irony of this environment, in 2015, a year of censorship debates,
the documentary 'Yollara Dustuk (We Hit the Road),' which tells the
story of Yesilcam's 1977 March against censorship, had to be withdrawn
twice from film festivals where it was selected as a finalist because
of censorship and once due to lack of a certificate of authorship.
Deniz Yesil, the film's director, told Bianet's Cicek Tahaoglu, "I
couldn't screen a censorship documentary in two festivals because of
the censorship imposed on other films. But my astonishment didn't end
there. Yesterday evening, I received a phone call from the Eskisehir
Film Festival, and Yollara Dustuk had to get off the roads again." His
words prove that censorship is not limited to regulations and singular
decisions but operates like a machine that grinds every narrative on
its periphery, if possible, with its judgment.
"Yollara Dustuk" was first withdrawn from the 51st Antalya Golden
Orange Film Festival because of the censorship imposed on Reyan Tuvi's
documentary and then from the 34th Istanbul Film Festival because of
the censorship imposed on Ertuğrul Mavioglu and Cayan Demirel's
documentary Bir Gerilla Belgesi Bakur/Kuzey (A Guerrilla Documentary
Bakur/Kuzey), cannot be screened at the Eskisehir Film Festival because
of the obstacle of the Work Management Certificate.
'Yollara Duştuk' was first selected as a finalist for the Antalya Film
Festival. However, when Reyhan Tuvi's documentary was censored, 12 of
the 15 films signed a joint text and announced their withdrawal from
the festival.
What exactly was the copyright certificate requirement that led to the
banning of these documentaries, then?
The Work Management Certificate is a document that films must get from
the Ministry of Culture and Tourism before entering festivals.
The requirement to have a certificate of registration and registration,
which was also a stumbling block for Bakur in 2015, has become a
justification that directly affects the processes related to the
screening of films by both festival administrations and the Ministry.
In the same interview, director Deniz Yesil explains how this procedure
works in the following words:
"The Ministry will not give that certificate to films it deems
unsuitable under the headings of national interests and general
morality, and those films cannot apply to the festival. This is direct
censorship, blocking the film."
The regulation, which paved the way for the process that resulted in
filmmakers withdrawing their films from the festival and canceling
competitions after Bakur was blocked, was met with reaction by
filmmakers.
Subsequently, the Ankara Film Festival announced the cancellation of
the documentary and short film competitions. The festival states that
this decision is a consequence of the law that prevents the screening
of films at the Istanbul Film Festival and announces that it has
withdrawn from jury duties.
In its decision, the Ankara National Film Competition Jury points out
that the procedure operates as an apparatus of censorship and says: "We
oppose the operation of the registration and copyright certificate as a
censorship mechanism."
The same year, film workers and writers marched from the French
Cultural Center on Istiklal Street in Beyoglu to the Atlas Movie
Theater with the slogan "Free cinema."
We recall the censorship and obstructions against Turkish cinema in the
press statement made after the march.
The filmmakers stated the following in 2015, claiming that they regard
the removal of the requirement to get a Certificate of Authorship as
the first step in the struggle against censorship:
"Films and festivals will probably face much greater restrictions in
the coming period. We will fight with all our strength to abolish all
overt or covert practices that allow censorship immediately."
The junta heritage
Every subsequent crisis in the history of censorship extends to the
junta era. However, the suppression of 1979 is a crucial starting point
to comprehend how the coup's impact infuses institutional reasoning.
Following Yesilcam's "No to Censorship" march in 1977, all producers
and directors withdrew from the Antalya Golden Orange Film Festival in
1979 after the Censorship Board banned the films "Yolcular
(Travellers)" by Yavuz Pagda, "Demiryol (Railroad)" by Yavuz Ozkan and
"Yusuf file Kenan (Yusuf and Kenan)" by Omer Kavur, which were in the
competition selection of the festival.
The jury members protested the situation by saying, "Since we could not
evaluate all the films, we unanimously decided not to evaluate the
takes part in the competition for feature films". Taking a stance
against censorship, the festival management canceled the 16th Antalya
Golden Orange Film Festival Feature Competition.
Despite the preparations for the 17th edition of the festival, the
Feature Competition section, which had been canceled the previous year,
and despite the clarification of the festival date, the day before the
opening date, which had been set for September 13, the military coup of
September 12 took place. The festival was canceled entirely following
the declaration of martial law.
What "Kanun Hukmu" shows
The motivation for cinema censorship has never been free from the
political baggage of the governments. Still, since the 1970s until
today, the efforts of art institutions to create public pressure and
protect the autonomy of art against the practices that have been
normalized by the executive, sometimes with the stick of the judiciary
and sometimes with the conditions of the 'State of Emergency,' have
always lagged the efforts of art workers.
The exact process can be traced to the shyness of the Ministry and the
Istanbul Film Festival to take ownership of the censorship decision
during the chain censorship crisis that emerged in 2015.
The removal of the film 'Kanun Hukmu' by Nejla Demir from the selection
by the Antalya Golden Orange Film Festival management on the claim that
'the judicial process is ongoing' shows that without the public
pressure created by film workers and the jury, festival management can
easily evade responsibility against the "warnings" of the Ministry.
That the event has grown into a sizable economy contributes to the
current predicament.
One reason the Antalya Metropolitan Municipality, which organizes the
festival, remained silent for a long time in response to the reactions
following the decision to exclude the film from the selection is that
the cost of the festival is shared with the Ministry and other sponsors.
Besides the general costs of the festival, another dimension of the
crisis is the fines that the organizers of the Golden Orange will have
to pay after the withdrawal of the Ministry's support because of the
tender procedure at the festival.
Following the reinstatement of Kanun Hukmu to the selection after
pressure from the public and film workers, Festival President Ahmet
Boyacioglu announced that he was left alone in the face of
investigations and death threats against his person and that the film
was again excluded from the selection.
With this latest decision, Turkey has entered a new era for cinema and
all cultural life.
Aside from all the dilemmas of the current situation, which is
impossible to keep up with, that the film was accused of "FETO
(Gulenists) propaganda" by the Ministry is interpreted as a sign that
the film may face a Governorate ban in the coming days, even if the
administration does not cancel it.
Nouveau
renvoi au 28 juin du procès de la sociologue Pinar
Selek
Le procès de la sociologue et écrivaine turque Pinar Selek, brièvement
rouvert vendredi à Istanbul, a été une nouvelle fois renvoyé au 28 juin
2024.
Après deux ans et demi de prison, maintes fois condamnée et quatre fois
acquittée des accusations de terrorisme - en 2006, 2008, 2011 et 2014 -
Pinar Selek, réfugiée en France où elle enseigne à l'université de Nice
(sud-est) avait vu son dernier acquittement annulé par la Cour suprême
en juin 2022.
Comme lors de la première audience, en mars, une délégation
internationale d'une cinquantaine d'élus, d'avocats et de représentants
du monde culturel et associatif, ainsi que des représentants des
consulats de France et de Suisse à Istanbul ont assisté à l'audience
devant une salle comble.
Le père de l'accusée, Alp Selek, avocat nonagénaire, s'est adressé à la
cour pour dénoncer un "dossier farci de fausses preuves".
"Nous ne sommes pas en mesure même d'exercer une défense", a-t-il
insisté en dénonçant "une affaire très injuste".
"J'ai 90 ans, il ne me reste plus longtemps à vivre et cette affaire ne
fait que traîner".
Pour son avocate française Françoise Cotta, qui a réclamé "la justice"
et l'abandon des poursuites, "Pinar Selek est devenue le symbole de la
lutte pour la liberté démocratique".
"On a le sentiment que ça ne va jamais s'arrêter (...) Cette pression
dure depuis 25 ans, c'est humainement impossible", a dénoncé à l'issue
de l'audience la députée française Pascale Martin, venue assister au
procès.
Le juge a continué d'insister sur la demande d'extradition faite à la
France afin de placer la sociologue et écrivaine en détention.
Pinar Selek, infatigable défenseuse des droits humains et des
minorités, âgée de 51 ans, qui vit et enseigne à Nice dans le sud de la
France, avait été arrêtée en 1998 pour ses travaux sur la communauté
kurde, avant d'être accusée d'être liée à une explosion qui venait de
faire sept morts au bazar aux épices d'Istanbul.
Une expertise a montré qu'il s'agissait de l'explosion accidentelle
d'une bouteille de gaz. Libérée en décembre 2000, la militante a été
acquittée quatre fois, en 2006, 2008, 2011 et 2014.
Un temps restée se battre en Turquie, Pinar Selek a pris le chemin de
l'exil en 2009, quand les menaces se sont multipliées, après la
publication de "Devenir un homme en rampant", un recueil de témoignages
sur la construction de la masculinité dans le service militaire, succès
d'édition en Turquie.
"La vie est courte, je veux la vivre bien. Je ne veux pas que ce procès
façonne ma vie. Ils ne pourront pas effacer mon sourire ni diminuer la
qualité de ma réflexion", a-t-elle affirmé dans un entretien récent à
l'AFP. (AFP, 29 sept 2023)
Un festival de cinéma annulé après une controverse
autour d'un film
Un festival international de cinéma de Turquie a été annulé à la suite
d'une controverse autour d'un documentaire sur les purges qui ont suivi
le coup d'Etat avorté de 2016, ont annoncé vendredi les autorités.
"Je dois informer avec regret tous les cinéphiles que nous avons annulé
notre festival qui devait avoir lieu entre le 7-14 octobre à cause des
développements externes", a affirmé le maire d'Antalya, dans le sud du
pays, en charge de l'organisation du festival Altin Portakal ("Orange
d'or" en turc), dans un vidéo partagé sur le réseau social X
(ex-Twitter).
Au coeur de la controverse, le film documentaire "Le Décret" qui
raconte l'histoire d'un médecin et d'un enseignant, tous les deux
purgés dans la vague de répression qui a suivi la tentative de coup
d'Etat de 2016 contre le président turc Recep Tayyip Erdogan.
D'abord sélectionné, le film a ensuite été exclu la semaine dernière de
la compétition, provoquant le tollé de nombreux cinéastes qui ont
dénoncé une "censure".
"Nous rejetons l'approche qui cherche des éléments à charge dans un
film et la normalisation de la censure", ont déclaré l'ensemble des
membres des jurys du festival, menaçant de se retirer si le fil n'était
pas réadmis, dans un communiqué.
Le festival a alors dans un premier temps fait marche arrière, en
réintégrant le film dans la compétition.
Mais il l'a exclu à nouveau à la suite de la dénonciaton du film par le
ministère de la Culture, qui a par ailleurs retiré son soutien du
festival, de "propagande" du prédicateur Fethullah Gülen qu'Ankara
accuse d'avoir fomenté la tentative de coup d'Etat en 2016.
"Des accusations d'éloge de Feto (acronyme utilisé par Ankara pour
désigner le mouvement güléniste) ou de terrorisme sont incensés", a de
son côté réagi la réalisatrice du film Nejla Demirci.
Organisé depuis 1964, l'Orange d'Or est un des plus grands festivals de
cinéma de Turquie, considéré comme l'équivalent local du festival de
Cannes.
Le putsch manqué du 15 juillet 2016 avait été suivi de purges d'une
ampleur sans précédent en Turquie contre les partisans présumés du
mouvement Gülen, mais aussi contre des opposants kurdes, des
militaires, des intellectuels ou des journalistes. (AFP, 29 sept 2023)
Turkey urged to act on death threats against journalist
İsmail Arı
The Committee to Protect Journalist calls on Turkish authorities to
respond to reporter İsmail Arı’s criminal complaints regarding the
online threats he has been receiving.
“Turkish authorities should stop turning a blind eye to reporter İsmail
Arı’s criminal complaints about the online threats he is facing and
take them seriously,” said Özgür Öğret, CPJ’s Turkey representative.
“Arı has legitimate worries for his safety and authorities are legally
obliged to protect him, and any other members of the media who are in
danger, in every way they can.”
Arı, a reporter for the leftist daily BirGün, posted on X, formerly
known as Twitter, on September 19 that he had been receiving death
threats but prosecutors had not investigated his complaints.
Arı told CPJ that he had been targeted with online insults and threats
since he started reporting on the activities of an Islamist group in
southern Turkey after the area was struck by a 7.8 magnitude earthquake
on February 6, killing tens of thousands.
Arı told CPJ that most of the threats came through X and Instagram.
Some messages came from named accounts and some mentioned the Islamist
group in their messages, Arı said.
Arı said Istanbul prosecutors had rejected at least 10 complaints that
he and his lawyer had filed since February for “insults and threats.”
In their rejections, authorities simply said that there were no grounds
for investigating insults, and they did not mention the threats, he
said.
“They purposefully do not recognize the threat,” he said.
CPJ emailed the Istanbul chief prosecutor’s office for comment but did
not receive a reply.
Since 1992, 31 journalists and media workers have been killed in
Turkey, according to CPJ data. (CPJ, September 29, 2023)
Police prevent distribution of daily
newspaper in Dersim
Despite the absence of any prohibition or confiscation order, the
police today (September 29) hindered the distribution of the Yeni Yaşam
daily newspaper in the city center of Dersim.
According to the Yeni Yaşam, the police prepared a report about the
distributor Azime Bozkurt. Subsequently, they detained Bozkurt and
confiscated the newspapers she had with her.
Ayten Kordu, a Member of Parliament for the Green and Left Party (YSP)
and members of the Human Rights Association (İHD), reacted to the
police's behavior and attempted to prevent Bozkurt's detention.
Kordu stated, "There is no confiscation order for the newspaper, and
there is no detention order for the individual," and questioned on what
grounds she was being detained, indicating that the detention was
arbitrary.
Despite all objections, Bozkurt was taken to the Tunceli Police
Department. (BIA, 29 September 2023)
Kurdish
Question / Question kurde
10
membres du PKK tués dans des frappes aériennes imputées à la Turquie
Dix membres du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, kurde turc),
ont été tués dans des frappes nocturnes menées "par des avions et des
drones turcs" sur plusieurs sites du Kurdistan irakien, ont annoncé
jeudi les autorités de cette région du nord de l'Irak.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé il y a deux semaines
que la Turquie allait "continuer d'intensifier" ses frappes aériennes
en Syrie et en Irak contre le PKK, organisation qu'Ankara et ses alliés
occidentaux considèrent comme "terroriste".
Cette annonce faisait suite à l'attentat suicide qui a blessé deux
policiers à Ankara le 1er octobre et que le PKK a revendiqué.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, "neuf combattants du PKK ont été tués
dans une série de frappes aériennes menées par des avions de guerre et
des drones turcs" dans la province d'Erbil, ont indiqué les services
antiterroristes du Kurdistan d'Irak dans un communiqué.
Un dixième membre du PKK a été tué dans un "bombardement sur plusieurs
sites" de l'organisation dans la province de Dohuk, selon la même
source qui évoque trois blessés.
L'armée turque commente rarement ses frappes en Irak, mais elle mène
régulièrement des opérations militaires terrestres et aériennes contre
le PKK et ses positions dans le nord de l'Irak, au Kurdistan autonome
ou dans la région montagneuse du Sinjar.
La Turquie a installé depuis 25 ans plusieurs dizaines de bases
militaires au Kurdistan irakien pour lutter contre le groupe, qui
dispose également de bases-arrières dans cette région.
De longue date, Bagdad et le Kurdistan d'Irak sont accusés de détourner
le regard sur les bombardements turcs pour préserver l'alliance
stratégique les unissant à la Turquie, partenaire commercial
incontournable. Même si régulièrement des communiqués viennent
condamner du bout des lèvres une violation de la souveraineté irakienne
et les répercussions pour les civils.
A l'été 2022, des frappes d'artillerie imputées à Ankara contre une
aire de loisirs ont tué neuf personnes, principalement des vacanciers
venus du sud de l'Irak. La Turquie a nié toute responsabilité et accusé
le PKK.
Fin juillet, les services du Premier ministre irakien, Mohamed Chia
al-Soudani, avaient évoqué une "visite à venir" en Irak de Recep Tayyip
Erdogan, un déplacement dont la date exacte n'a pas été dévoilée. (AFP,
26 oct 2023)
Prominent figures unite for peaceful resolution
of Kurdish question in Turkey
A diverse group of 78 individuals, including politicians, journalists,
intellectuals, and artists, have come together to release a declaration
titled "Call for Peace," advocating for a democratic and peaceful
resolution of the Kurdish issue in Turkey.
Prominent figures such as Ahmet Turk, Eren Keskin, Fikret Baskaya, and
Hasan Cemal gathered in an Istanbul-Taksim hotel to announce the
declaration, emphasizing the urgent need for a peaceful solution.
The meeting saw a substantial turnout, including representatives from
civil society organizations, academics, politicians, writers, and
artists, in addition to the signatories of the declaration. The opening
speech was delivered by Akin Birdal, Honorary President of the Human
Rights Association (IHD), one of the signatories, while the declaration
itself was read by human rights activist Nimet Tanrikulu, another
signatory.
The declaration highlighted the historical context of previous attempts
to address the Kurdish issue through democratic means, pointing out
that the most recent effort between 2013 and 2015 ultimately failed.
During that period, the peace process resulted in a significant
reduction in conflict and the establishment of a societal climate of
peace and tranquility.
Notably, negotiations that took place in Imrali prison where PKK leader
Abdullah Ocalan is staying, with the knowledge of the government,
played a vital role in creating this environment.
The dialogue process, which was crucial for the future of society, led
to the enactment of special legislation and the formation of the Wise
People Commission by the government. The commission produced
significant reports following discussions on the Peace and Resolution
Process throughout Turkey. The central characteristic of this critical
period was that both the government and the state recognized Abdullah
Ocalan as the main interlocutor, as indicated by the Kurdish side.
The Peace and Resolution Process, which halted in 2015, triggered a
multifaceted crisis in Turkey, affecting political, legal, economic,
moral, and cultural aspects. Ongoing conflicts in Turkey, Iraq, and
Syria have led to a shift towards an authoritarian regime and
intensified political opposition and judicial politicization.
The declaration further stresses that restoring social peace primarily
relies on a democratic system, urging political parties, social
opposition, and parliament to prioritize peace over war. Additionally,
the declaration emphasizes the significance of Abdullah Ocalan in
achieving a peaceful resolution to the Kurdish issue and calls for
ending his 32-month-long isolation. In conclusion, the declaration
advocates for a culture of dialogue, justice, and equality in building
a peaceful society and highlights the importance of peace for overall
societal health and well-being. It underscores that no one benefits
from war, emphasizing the need to prioritize peace.
Signatories of the Declaration:
Abdulhakim Das, Ahmet Asena, Ahmet Faruk Unsal, Ahmet Turk, Ahmet Ucar,
Akin Birdal, Ali Duran Topuz, Ali Kenanoglu, Atilla Yuceak, Aysegul
Devecioglu, Azad Baris, Bahadir Altan, Birgul Asena Guven, Canan
Kaplan, Canan Yuce, Cavit Ugar, Celal Firat, Cengiz Cicek, Cevdet
Bagca, Dilek Gokcin, Dogan Ozguden, Ekin Yeter Moray, Elif Torun
Oneren, Ender Ondes, Erdal Dogan, Erdogan Yalgin, Eren Keskin, Erol
Katircioglu, Ertugrul Barka, Ertugrul Mavioglu, Ercan Altuntas, Esengul
Demir, Fatma Gok, Ferda Koc, Feryal Oney, Fikret Baskaya, Filiz
Kerestecioglu, Gamze Tasci, Gulsum Agaoglu, Hakan Ozturk, Hakan Tahmaz,
Hasan Cemal, Hayrettin Belli, Huseyin Aykol, Huseyin Ayrimaz, Husnu
Ondul, Inci Hekimoglu, Inci Tugsavul, Irfan Aktan, Julide Kural,
Kadriye Dogan, Kanber Saygili, Kezban Konukcu, Mert Buyukkarabacak,
Mukaddes Erdogan Celik, Musa Kulu, Muslum Yucel, Namik Koyuncu, Nejat
Tastan, Nesimi Aday, Nimet Tanrikulu, Orhan Alkaya, Oya Ersoy, Oya
Oznur, Ozgur Karabulut, Ozgur Muftuoglu, Pakrat Estukyan, Perihan Koca,
Pinar Aydinlar, Ridvan Turan, Seda Berzeg, Serhat Cakmak, Sinan Gokce,
Suna Aras, Sanar Yurdatapan, Yasar Guven, Zeki Gul, Ziya Halis.
Imprisoned Kurdish politician's detention
exceeds legal limit
An imprisoned Kurdish politician has been illegally denied release
despite the expiry of his maximum detention period, pro-Kurdish HEDEP
group deputy chairperson Meral Danis Bestas said on Thursday.
Bestas submitted an inquiry to the Turkish Grand National Assembly
(TBMM), urging Justice Minister Yilmaz Tunc to provide answers
regarding Kisanak's extended incarceration.
Kisanak, who is currently held at Kandira Prison and facing trial in
the Kobani Case, has been in detention for seven years as of October
25, 2023. Bestas emphasized that the maximum detention period under the
law has expired, noting that the court does not possess the authority
to prolong her detention.
"In compliance with legal procedures, on October 25, 2023, which marks
the expiration of the seven-year maximum detention period, an
additional application was submitted by her lawyers to the
Constitutional Court (AYM)," Bestas explained.
The prolonged detention of individuals has become a contentious issue
within Turkey's legal landscape, drawing attention for its potential
violations of human rights and freedoms. (gerçeknews, 26 October 2023)
Marathon
de protestation a Bruxelles par la communaute kurde
NavBel, 25 oct 2023
Après le sommet européen de Bruxelles cette semaine, la communauté
kurde organise un « marathon de protestation » à Bruxelles contre le
belligérant Erdogan et son AKP-MHP gouvernement. Mais nous
voulons
surtout remettre en question l’attitude des institutions européennes.
Aujourd'hui, 25 octobre, nous nous sommes tenus devant le Conseil de
l'Europe et avons eu une conversation avec le représentant permanent du
Conseil de l'Europe auprès des institutions de l'UE. Ce fut une
conversation empathique et constructive. Demain, 26 octobre, nous nous
présenterons devant la Commission européenne et vendredi 27 octobre,
nous nous présenterons devant le Parlement européen.
Nous sommes extrêmement en colère et déçus en Europe, car elle observe
silencieusement ce que la Turquie fait à l’opposition intérieure, aux
Kurdes et au leader populaire Abdullah Öcalan. La Turquie bombarde,
arrête, criminalise… tandis que l’Europe détourne délibérément le
regard pour satisfaire la Turquie. Lorsqu’il s’agit de l’Ukraine, de
Gaza, du flux de réfugiés, des intérêts de l’OTAN, des intérêts
économiques… alors la Turquie se présente comme une aide bienvenue à
l’Occident, et tout le reste est secondaire. La démocratie turque a été
violée, l’État de droit est devenu une plaisanterie. Les Kurdes paient
pour cela un prix très élevé. Il existe une répression sans précédent
contre la politique, les médias et la société civile kurdes en Turquie,
ainsi que des attaques militaires brutales au Kurdistan syrien et
irakien.
Cela fait maintenant 24 ans qu'Abdullah Öcalan est sur une île-prison.
Un régime d'isolement strict est en place depuis des années pour le
faire taire. Les avocats, les politiques, sa famille… plus personne ne
peut y aller. Nous ne savons pas quel est son état de santé. Nous
savons qu’Öcalan est le principal porte-parole en faveur d’une solution
pacifique et politique à la question kurde. Mais Erdogan choisit la
guerre et la répression pour assurer la sécurité de son régime. C'est
pourquoi nous n'avons pas vu ni entendu parler d'Öcalan depuis des
années. Les institutions européennes ont déclaré à plusieurs reprises
que cet isolement absolu constitue une violation des droits de l’homme
et qu’il doit cesser. Mais la Turquie n’écoute pas et l’Europe ne fait
rien. D'où cette protestation pour les institutions européennes.
Nous demandons la fin immédiate de cet isolement et nous demandons
qu'Öcalan soit libéré et puisse s'exprimer librement pour sauver la
démocratie en Turquie et ramener la paix au Kurdistan.
Kurdish journalist
faces up to 15 years in prison
Renowned Kurdish journalist Beritan Canozer, who is currently on trial
for alleged "membership in a terrorist organization," strongly asserted
her innocence during the first hearing held at a court in Turkey's
southeastern Diyarbakir province on Wednesday. The prosecution has
recommended a prison sentence of 7 years and 6 months to 15 years for
Canozer.
The case against Beritan Canozer emerged as a result of an
investigation initiated by the Diyarbakir Chief Public Prosecutor's
Office, stemming from statements provided by a confessing individual.
The operation was launched on April 25, spanning across 21 provinces,
which ultimately led to Canozer's apprehension.
In the courtroom, Beritan Canozer, accompanied by her lawyer Muharrem
Erbey, appeared resolute in her defense. Confessing witness Umit
Akbiyik joined the hearing remotely via the Audio and Visual
Informatics System (SEGBIS). The trial was attended by representatives
from the Mesopotamia Women Journalists Association (MKG), the Dicle
Firat Journalists Association (DFG), and the Media and Legal Studies
Association (MLSA).
Refuting the allegations laid out in the indictment, Canozer declared
that she did not know the witness Umit Akbiyik personally, only
recognizing him as a member of the HDP Youth Council through news
reports. She emphasized her well-established standing as a journalist
known for her transparent work. Canozer had previously faced legal
proceedings due to her reporting, ultimately being acquitted in those
cases. She underlined her commitment to giving voice to women and
children who had been victims of violence, harassment, or abuse, and to
impartially providing a platform for female politicians.
The prosecution delivered their closing statement, recommending a
prison term ranging from 7 years and 6 months to a maximum of 15 years
for Canozer on charges of "membership in a terrorist organization." In
response, Canozer's attorney, Muharrem Erbey, requested additional time
to prepare their defense against the prosecution's recommendations. The
court granted the extension, rescheduling the next hearing for December
8th, 2023. The case continues to draw attention amid concerns about
press freedom in Turkey. (gerçeknews, 25 October 2023)
HEDEP criticizes 'hypocrisy' on Israel while attacking
Kurds
A Turkish opposition lawmaker accused the government of hypocrisy for
condemning Israel's actions in Gaza while attacking Kurds in Syria,
noting Turkey exports cement used in West Bank walls.
HEDEP (Peoples' Equality and Democratic Party) MP Meral Danis Bestas
denounced the hospital bombing in Gaza as a war crime violating
humanitarian law. However, she said Ankara pursues a "double standard"
by criticizing Israel while waging a bloody war against Kurds in
northern Syria.
Bestas argued one cannot justly condemn one war while causing another.
She reiterated that peace is the greatest precaution against war, with
civilians, women, and children as the biggest losers.
The MP highlighted Turkey's hypocrisy in demanding visas from
Palestinians but not Israelis. She also revealed Turkey exports the
most cement and iron to Israel, used in illegal West Bank settlements.
"The cement for the houses and walls built by Israel in Gaza comes from
Turkey," Bestas stated, demanding an explanation for these exports
aiding occupation. (gerçeknews, 18 October 2023)
Green and Left Future Party renames
itself HEDEP
The Green and Left Future Party (YSP) held its Fourth National Congres
on Sunday (October 15) at the Atatürk Sports Hall in Ankara. During the
congress, the party changed its name to the People's Equality and
Democracy Party (HEDEP). Tülay Hatimoğulları Oruç and Tuncer Bakırhan
have been elected as the Co-Chairpersons of the party and both made
speeches at the congress.
"AKP's hostility towards Kurds turned the region into a bloodbath"
Addressing the audience, Hatimoğulları emphasized the dire situation in
Turkey and Kurdistan, stating that they have been turned into open
prisons, with the judicial system being manipulated to create injustice
through conspiracy and politically motivated cases. She also
highlighted the turmoil in the Middle East, where people have suffered
for centuries under imperialism and where the struggle has resulted in
the shedding of as much human blood as oil that is fought for. She
called for unity and resistance in this region.
She also condemned the Justice and Development Party's (AKP)
anti-Kurdish policies, saying that the AKP's hostility towards the
Kurds has turned the region into a bloodbath. She called on the Arab
world for peace in the Middle East, emphasizing that solving the
Kurdish and Palestinian issues is essential.
Hatimoğulları stressed that the Kurdish issue is not just a problem for
the Kurds but for all, as it affects everyone, causing economic crises,
poverty, and suffering for all citizens. She called for peace and the
establishment of conditions for people to live together in a humane,
equal, and brotherly manner.
Furthermore, she highlighted the need to lift the isolation on PKK
leader Abdullah Öcalan in prison, which she cited as a significant
obstacle to solving the Kurdish issue, and called for his immediate
release.
"Peacemaker in Palestine war machine in Rojava"
Bakırhan, who greeted all in the congress first in Kurdish, began by
acknowledging the similar suffering in Rojava and Palestine, where they
face bombings, lack of basic services, and attacks on their places of
worship. He condemned the hypocrisy of those who portray themselves as
peacemakers in Palestine but as war machines in Rojava.
He also pointed out that the Kurdish and Palestinian issues have been
left unresolved, leading to an economic focus on war rather than
addressing the deep economic crisis in the country. He criticized the
government for spending a significant budget on the war in the past 25
years while neglecting housing, inflation, poverty, and hungry children.
Bakırhan declared in his speech that the Kurdish issue is a matter of
usurping will, appointing trustees, restricting political rights,
banning Kurdish, causing ecological destruction, and keeping numerous
politicians and activists imprisoned. He emphasized that the problem
has a democratic solution, and Abdullah Öcalan is the interlocutor for
that solution.
Four people were detained following yesterday on charges of displaying
a poster of PKK leader Abdullah Öcalan during the congress and Anadolu
Agency reported today that one of the four individuals has been
arrested.
What happened?
People's Democracy Party (HDP), which was at risk of being closed due
to the ongoing closure case at the Constitutional Court participated in
the parliamentary elections held on May 14, 2023, under the YSP (Green
and Left Future Party) lists.
On August 27, 2023, with its 4th Extraordinary Congress, HDP suspended
its activities and decided to continue the political struggle under the
YSP umbrella.
YSP held its Fourth Grand Congress on October 15, 2023, and changed its
name to the People's Equality and Democracy Party (HEDEP). (BIA, 16
October 2023)
Trois membres du PKK tués dans une frappe de drone
imputée à la Turquie
Trois membres du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) ont été tués
samedi dans le nord de l'Irak dans une frappe de drone menée par
l'"armée turque", ont annoncé les services antiterroristes du Kurdistan
d'Irak.
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, avait annoncé mercredi que la
Turquie allait "continuer d'intensifier" ses frappes aériennes en Syrie
et en Irak contre les combattants du PKK, organisation qu'Ankara et ses
alliés occidentaux considèrent comme "terroriste".
Cette annonce faisait suite à l'attentat suicide qui a blessé deux
policiers à Ankara le 1er octobre et que le PKK a revendiqué.
La frappe de "drone de l'armée turque" de samedi a visé "un véhicule
appartenant à des combattants du PKK" dans la province de Dohuk, au
Kurdistan d'Irak, ont indiqué les services antiterroristes de la région
autonome dans un communiqué.
"Un haut responsable et deux combattants du PKK ont été tués", ont-ils
poursuivi.
L'armée turque commente rarement ses frappes en Irak mais elle mène
régulièrement des opérations militaires terrestres et aériennes contre
le PKK et ses positions dans le nord de l'Irak, au Kurdistan autonome
ou dans la région montagneuse du Sinjar.
La Turquie a installé depuis 25 ans plusieurs dizaines de bases
militaires au Kurdistan irakien pour lutter contre le groupe, qui
dispose également de bases-arrières dans cette région.
De longue date, Bagdad et le Kurdistan d'Irak sont accusés de détourner
le regard sur les bombardements turcs pour préserver l'alliance
stratégique les unissant à la Turquie, partenaire commercial
incontournable. Même si régulièrement des communiqués viennent
condamner du bout des lèvres une violation de la souveraineté irakienne
et les répercussions pour les civils.
A l'été 2022, des frappes d'artillerie imputées à Ankara contre une
aire de loisirs ont tué neuf personnes, principalement des vacanciers
venus du sud de l'Irak. La Turquie a nié toute responsabilité et accusé
le PKK.
Fin juillet, les services du Premier ministre irakien, Mohamed Chia
al-Soudani, avaient évoqué une "visite à venir" en Irak de Recep Tayyip
Erdogan, un déplacement dont la date exacte n'a pas été dévoilée. (AFP,
15 oct 2023)
Des
mercenaires djihadistes turcs enlèvent trois
kurdes à Afrin
Trois kurdes ont été enlevés et emmenés vers une destination inconnue
dans le canton d'Afrin, occupé par des mercenaires djihadistes sous
commandement turc, selon un témoignage provenant de la région.
Trois kurdes ont été enlevés et emmenés vers une destination inconnue
dans le canton d’Afrin, occupé par des mercenaires djihadistes sous
commandement turc, selon un témoignage provenant de la région.
Une patrouille composée de mercenaires de l’occupation turque a fait
irruption dans le village de Deir Sawan, situé dans le district de
Shra, et a procédé à l’enlèvement de trois citoyens du village. Les
victimes, identifiées comme Horo Hassan Hesso, 53 ans, Ali Nabo Othman,
24 ans, et Khalil Sheikho Karaz, 45 ans, ont été emportées vers un lieu
tenu secret.
Le canton d’Afrin est sous occupation turque depuis mars 2018, à la
suite d’une attaque terrestre et aérienne qui a duré 58 jours.
Depuis l’occupation turque de nombreux crimes ont été perpétrés contre
la population du canton d’Afrin. (ROJINFO - 14 octobre 2023)
Ankara veut
assécher le financement des forces kurdes en
Syrie
Les récentes frappes transfrontalières menées par la Turquie contre des
cibles kurdes dans le nord-est de la Syrie ont détruit une bonne partie
des installations pétrolières dans la région, afin d'assécher le
financement des forces kurdes, a déclaré leur chef militaire à l'AFP.
Mazloum Abdi, chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), a
reproché, dans un entretien accordé à l'AFP mardi soir, à l'allié
américain de ne pas être intervenu pour arrêter la campagne de
bombardements turcs.
"Les attaques turques (..) ont directement visé les infrastructures,
les services et les sources de financement de l'administration autonome
kurde", endommageant "plus de la moitié des sites pétroliers et des
centrales électriques", selon M. Abdi.
Dominées par les forces kurdes, les FDS ont été le fer de lance de la
lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI) en Syrie en 2019
et jouissent toujours de l'appui de Washington, également allié
d'Ankara au sein de l'Otan.
Elles contrôlent une zone semi-autonome kurde dans le nord-est du pays,
y compris des pans entiers de la province de Deir Ezzor, riche en
pétrole, dans une région où sont également déployées des forces
américaines, plus gros contingent de la coalition internationale
anti-EI en Syrie.
Ankara a deux objectifs:"provoquer un exode" des habitants et "assécher
les sources de financement" de l'administration et des forces kurdes
pour "empêcher les FDS de se maintenir", assure M. Abdi.
Les frappes turques en Syrie ont fait depuis le 5 octobre au moins 44
morts, Ankara disant agir en représailles à un attentat à la bombe qui
a blessé deux policiers le 1er octobre. La Turquie a également visé des
cibles kurdes en Irak.
Les FDS ont nié que les responsables de l'attaque d'Ankara soient
passés par leur région, comme l'affirme la Turquie.
- "Position faible" -
Les frappes ont notamment visé des dizaines de sites pétroliers proches
de la frontière avec la Turquie et des centrales électriques, privant
plusieurs régions de courant depuis une semaine.
Elles ont également ciblé une académie des forces antidrogue kurdes, où
29 membres des forces de sécurité ont été tués.
Le chef kurde a par ailleurs déploré une "position faible des
Etats-Unis" face aux frappes turques. "Les forces américaines se sont
limitées à protéger leurs positions (..) mais n'ont rien fait pour
arrêter ces attaques".
Dans un pays morcelé par 12 ans de guerre et qui compte plusieurs
forces étrangères sur son sol, il a appelé la Russie, les Etats-Unis ou
la coalition anti-EI à "accomplir leur devoir et empêcher la réédition
de ces attaques".
L'armée turque, également présente en Syrie, a achevé "avec succès" la
"première phase" de sa campagne de bombardements, a annoncé lundi le
président turc, Recep Tayyip Erdogan, prévenant qu'elle "continuerait à
mener des opérations" dans le nord de la Syrie et de l'Irak.
Interrogé, d'autre part, sur les combats ayant fait une centaine de
morts le mois dernier entre les FDS et des combattants de tribus arabes
locales, M. Abdi a assuré que sur le plan sécuritaire, la question
avait été réglée.
Les affrontements avaient été déclenchés par l'arrestation fin août par
les FDS d'un chef militaire arabe local qui leur était allié.
M. Abdi a toutefois reconnu "des problèmes de gouvernance et
d'administration à Deir Ezzor qui n'avaient pas encore été résolus",
évoquant des efforts en cours avec la population locale pour les régler.
Les FDS assurent qu'il s'agit d'une dispute locale et non d'un conflit
kurdo-arabe, accusant le régime syrien de soutenir les combattants des
tribus locales.
Sur les liens des Kurdes syriens avec le pouvoir de Bachar al-Assad,
qui n'ont jamais été rompues, M. Abdi a parlé d'une certaine "tiédeur"
dans ces relations. (AFP, 11 oct 2023)
Syrie: 29 Kurdes tués par les frappes turques dans le nord-est
Vingt-neuf membres des forces kurdes en Syrie ont été tués et 28 autres
blessés dans un nouveau raid de la Turquie qui a visé un de leurs
centres de formation dans le nord-est du pays, ont indiqué lundi les
autorités de la région semi-autonome.
Depuis jeudi dernier, la Turquie mène une campagne de frappes aériennes
sur des cibles dans des régions sous contrôle des Kurdes dans le
nord-est syrien, en représailles à un attentat à la bombe à Ankara qui
a blessé deux policiers le 1er octobre.
Une académie des forces antidrogue kurdes figurait parmi les cibles
visées durant la nuit, ont indiqué les autorités kurdes dans un
communiqué, ajoutant que "29 membres des forces antidrogue ont été tués
et 28 autres blessés", dont certains grièvement.
L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), a rapporté que 30
membres des Assayech, la police kurde, ont été tués et 37 autres
blessés dans un raid aérien turc qui a ciblé un centre de formation à
la périphérie à Al-Malikiya, dans la province de Hassaké près de la
frontière turque.
Selon des correspondants de l'AFP dans la région, notamment à Qamichli
dans la province de Hassaké, les hôpitaux et les mosquées ont appelé la
population à faire des dons de sang en raison du grand nombre de
blessés.
Les raids, qui ont baissé d'intensité au cours du week-end, avaient
fait au moins 15 morts jeudi et vendredi, dont huit civils selon
l'administration kurde autonome.
Ils ont notamment visé des infrastructures civiles selon la même
source, mais également "des quartiers généraux et des abris" utilisés
par les forces kurdes d'après Ankara.
- Démenti kurde -
La Turquie, qui déploie des troupes dans le nord de la Syrie, morcelée
par la guerre, a intensifié ses raids contre des cibles kurdes en Syrie
et en Irak voisin en représailles à l'attentat d'Ankara.
L'attentat a été revendiqué par une branche du Parti des travailleurs
du Kurdistan (PKK, turc), en lutte armée contre les autorités turques
et considéré comme groupe "terroriste" par Ankara et ses alliés
occidentaux. Le PKK a des bases dans le Kurdistan d'Irak (nord).
Les Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenues par les Etats-Unis
- l'armée de facto des Kurdes dans la région -, ont nié que les
responsables de l'attaque d'Ankara soient passés par leur région.
La Turquie a affirmé que les deux assaillants décédés lors de l'attaque
d'Ankara venaient de Syrie.
Les combattants kurdes syriens, soutenus par les Etats-Unis, ont été le
fer de lance de la bataille qui a délogé les jihadistes du groupe Etat
islamique du nord de la Syrie en 2019.
Entre 2016 et 2019, la Turquie, qui déploie des soldats dans le nord de
la Syrie, a effectué trois opérations d'envergure contre la région
tenue par les Kurdes qui y ont établi une administration autonome.
La guerre en Syrie, déclenchée en 2011, a fait plus d'un demi-million
de morts, déplacé des millions de personnes et morcelé le territoire.
(AFP, 9 oct 2023)
La Turquie cible les forces kurdes en Syrie
Il n’aura pas fallu attendre longtemps avant que la Turquie ne riposte
à l’attaque de dimanche dernier à Ankara, où deux policiers turcs ont
été blessés dans un attentat contre le siège du ministère de
l’intérieur revendiqué par le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).
Dès mercredi 4 octobre, l’aviation turque lançait des frappes aériennes
contre le PKK dans le nord de l’Irak. «Vingt-deux cibles, composées de
cavernes, d’abris et de dépôts, considérées comme étant utilisées par
l’organisation terroriste, ont été détruites », annonçait le ministère
turc de la défense. Le lendemain, la Turquie lançait une série de
frappes de drones contre des cibles militaires et des infrastructures
dans des régions sous contrôle des Kurdes, cette fois en Syrie. Pour
Ankara, il ne fait aucun doute que les auteurs de l’attaque terroriste
de dimanche ont été formés en Syrie.
Les frappes turques ont visé principalement des sites pétroliers à
proximité de la frontière avec la Turquie, comme celui de Qahtaniya, et
dans le Nord-Est (province de Hassaké) la centrale électrique de
Kamechliye, un barrage et une usine, sous contrôle des Forces
démocratiques syriennes (FDS), une coalition dominée par les Kurdes et
soutenue par les États-Unis. Les FDS ont été le fer de lance de la
lutte contre le groupe djihadiste État islamique (EI) en Syrie.
Aux yeux du gouvernement turc, la principale composante des FDS, les
YPG (Unités de protection du peuple), est constituée de « terroristes »
liés au PKK. « Dorénavant, toutes les infrastructures et les
installations, notamment énergétiques, appartenant au PKK et aux YPG en
Irak et en Syrie, constituent des cibles légitimes pour nos forces de
sécurité », a averti le ministre turc des affaires étrangères, Hakan
Fidan.
Le refus d’une présence kurde à la frontière avec la Syrie
Le chef des FDS, Mazloum Abdi, a démenti mercredi les accusations
turques : « La Turquie cherche des prétextes pour légitimer ses
attaques en cours contre notre région et lancer une nouvelle agression
militaire. » Dans un communiqué publié jeudi 5 octobre,
l’administration autonome kurde a appelé « la communauté
internationale, la coalition internationale » ainsi que la Russie à «
prendre des positions capables de dissuader » Ankara.
La région contrôlée par l’administration autonome kurde est
régulièrement visée par des attaques de drones turcs, Ankara refusant
toute idée de présence kurde durable à sa frontière avec la Syrie.
Entre 2016 et 2019, la Turquie, qui déploie des soldats dans le nord de
la Syrie, a effectué trois opérations d’envergure contre les forces
kurdes.
Les États-Unis, la Russie, l’Iran et la Turquie sont présents
militairement en Syrie avec des troupes déployées dans des régions
distinctes du pays. Grâce au soutien militaire de Moscou et de Téhéran,
le régime syrien a reconquis la plupart des territoires perdus au début
de la guerre, déclenchée en 2011 par la répression de manifestations
pro-démocratie.
Ce jeudi, le régime de Bachar Al Assad a toutefois été frappé très
durement, dans une attaque de drones qui a visé l’académie militaire de
Homs (centre de la Syrie), où se tenait une cérémonie de promotion
d’officiers. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH),
plus de 60 personnes auraient trouvé la mort dans cette attaque imputée
par l’armée syrienne à « des organisations terroristes ». (AFP, 5
Octobre 2023)
KNK: Stop the ethnic cleansing of the Kurds and Turkish
war crimes
The Executive Council of the Kurdistan National Congress (KNK) released
a statement calling for international action against Turkey’s escalated
attacks on civilian settlements in North-East Syria after threats of
brutal aggression on the region.
KNK noted that Turkish Foreign Minister Hakan Fidan publicly declared
on Wednesday that all infrastructure and energy facilities in
Rojava/North and East Syria (NES) and northern Iraq/Iraqi Kurdistan are
“legitimate targets”, although military attacks on civilian
infrastructure clearly violate international humanitarian laws and
conventions. “Turkish FM Fidan has claimed, without evidence, that
those responsible for the attack on the Turkish Interior Ministry on 1
October came from Syria. Just a few hours after these statements,
Turkish warplanes bombed the al-Misheirfah neighborhood in the city of
al-Hasakah and 7 other sites in Amuda and Qamislo, reportedly causing
several civilian casualties,” KNK said.
While the Syrian Democratic Forces (SDF) rejected Fidan’s accusations
that “the perpetrators of the attack in Ankara came from Syria”, the
Turkish Armed Forces launched a series of airstrikes against civilian
areas in North and East Syria. The SDF stated, “…Turkey's search for
excuses to legitimise its ongoing attacks on our regions and launch a
new military offensive increases our deep concern. Targeting the
infrastructure and economic resources of the region and its populated
cities is a war crime.”
KNK pointed out that: “Civilian infrastructure includes schools,
hospitals, dams, power plants, grain storages, and other vital
facilities, and Turkish forces have targeted these structures numerous
times throughout areas governed by the Autonomous Administration of
North and East Syria (AANES) over the years. The Turkish state’s
ongoing war against the civilian population of Kurdish-populated
regions in Syria and Iraq, deliberately puts the lives of 5 million
people, including hundreds of thousands of displaced persons and
refugees, at risk.”
The statement continued: “The endless bombardment of mountainous areas
in northern Iraq, also illegal under international law, continues. The
Turkish state must be held accountable for its years of attacks on
civilians and civilian infrastructure and other war crimes in North and
East Syria and Iraqi Kurdistan. In parallel to this brutal military
aggression, the Turkish state has launched a new wave of repression
within Turkey’s borders, arbitrarily detaining and arresting hundreds
of Kurdish politicians since 1 October.”
“It is outrageous that the Turkish government can publicly announce a
campaign of ethnic cleansing against civilians and this bold
declaration of intent to systematically commit war crimes is met with
silence from all relevant international organisations of which Turkey
is a member, including the Global Coalition Against ISIS (Daesh), the
Council of Europe, NATO, and the United Nations, all of whom, through
their silence, accept the clear suspension of international law and
provide the Turkish state with implicit approval to proceed as
planned,” KNK said.
According to the KNK, “This new campaign of military aggression and
ethnic cleansing pursued by the Turkish state is a consequence of the
political inability to resolve a centuries-old conflict based on the
denial of the Kurdish people’s basic right to self-determination.
International acceptance and support for the aggressive and
militaristic Turkish state intensify the Kurdish-Turkish conflict and
will result in increased instability, displacement, and war throughout
the region if there is no international political, legal, and
diplomatic intervention. Furthermore, attacks against North and East
Syria will directly provide ISIS, which is still supported by the
Turkish state, with an opportunity to reemerge and pose a renewed
threat to regional and global security.”
The statement pointed out that: “The incident in Ankara has once again
drawn international attention to Turkey’s unresolved Kurdish question,
which has resulted in tens of thousands of lives lost and millions of
people displaced across various countries, shaping other major regional
crises, and drawing in global powers. This conflict must be resolved
through political intervention.”
To this end, KNK called on all international organisations of which
Turkey is a member to compel Turkey to comply with international law in
order to prevent a new campaign of ethnic cleansing by the Turkish
state.
“Furthermore, we call on all friends of the Kurdish people and other
peoples of North and East Syria to express their support for the
peoples of the region and uncompromising opposition to the Turkish
state’s intention to wage a total war against civilians in the region,”
KNK added. (ANF, 5 Oct 2023)
Plus de 110 morts dans une attaque contre l'armée, les Kurdes
visés par des frappes turques
Plus de 110 personnes ont été tuées jeudi dans une attaque contre une
académie militaire en Syrie, qui a promis de "riposter fermement",
faisant craindre une escalade.
L'attaque contre une cérémonie de promotion d'officiers du régime à
Homs (centre) a été imputée à "des organisations terroristes" par
l'armée syrienne, qui a promis de "riposter fermement". Elle a été
menée "à l'aide de drones chargés d'explosifs", selon l'armée.
L'attaque a fait "112 morts dont 21 civils" et au moins 120 blessés,
selon un nouveau bilan de l'Observatoire syrien des droits de l'homme
(OSDH), une organisation basée au Royaume-Uni disposant d'un vaste
réseau de sources en Syrie.
Le ministre syrien de la Santé Hassan al-Ghobash a annoncé un bilan
"préliminaire" de 80 morts, "dont six femmes et six enfants", et
environ 240 blessés.
L'attaque n'a pas été revendiquée. Des groupes jihadistes qui
contrôlent une partie du territoire syrien ont parfois recours aux
drones armés.
Les forces gouvernementales ont riposté par des bombardements qui ont
visé, selon des habitants, la région d'Idleb, dernier bastion rebelle
du pays, dans le nord-ouest. L'OSDH a fait état de huit morts et 30
blessés.
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres "est profondément
inquiet" après l'attaque à Homs, a déclaré son porte-parole Stéphane
Dujarric. Il "est également profondément préoccupé par les informations
faisant état de bombardements de représailles" dans le nord-ouest de la
Syrie.
De son côté, l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie a appelé jeudi à
"une désescalade immédiate" de la violence en Syrie
"Les scènes horribles d'aujourd'hui rappellent la nécessité d'une
désescalade immédiate de la violence, d'un cessez-le-feu national et
d'une approche coopérative de la lutte contre les groupes terroristes
inscrits sur la liste du Conseil de sécurité", a déclaré Geir Pedersen,
dans un communiqué publié à Genève.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, cinq membres d'une même famille
avaient été tués dans un bombardement des forces du régime sur une zone
rebelle dans la province d'Alep (nord-ouest).
Déclenché en 2011, le conflit en Syrie a fait plus d'un demi-million de
morts et morcelé le pays, où les Etats-Unis, la Russie, alliée du
régime, et la Turquie ont déployé des troupes dans différentes régions.
- Drone turc abattu -
Le ministère turc de la Défense a déclaré dans un communiqué jeudi soir
que les forces d'Ankara avaient mené des frappes aériennes dans le nord
de la Syrie, détruisant 30 cibles, dont "des abris, des dépôts et des
sites de stockage".
Plus tôt dans la soirée, des médias turcs avaient rapporté de nouvelles
frappes turques contre les forces kurdes en Syrie, affirmant que "des
dépôts d'armes et de munitions des PKK/YPG ont été détruits" lors d'une
opération menée par les unités du MIT, les services de renseignement.
Les Kurdes ont notamment établi une administration autonome dans le
nord-est, qui est régulièrement prise pour cible par l'armée turque.
Jeudi, des drones turcs ont visé dans la journée des sites pétroliers,
deux centrales électriques, un barrage et une usine dans la province de
Hassaké, contrôlée par les Forces démocratiques syriennes (FDS), une
coalition dominée par les Kurdes.
Les forces kurdes ont annoncé que la Turquie avait mené 21 frappes qui
ont fait 11 morts, dont cinq civils et six membres des forces de
sécurité.
La Turquie affirme agir en représailles à un attentat qui a visé
dimanche le ministère de l'Intérieur à Ankara, blessant deux policiers.
Selon elle, les auteurs de l'attentat, revendiqué par le Parti des
travailleurs du Kurdistan (PKK, kurde turc), ont été formés en Syrie,
des accusations démenties par le chef des FDS, Mazloum Abdi.
Les FDS ont été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste
Etat islamique (EI) en Syrie en 2019 et jouissent toujours de l'appui
de Washington.
Ankara considère la principale composante des FDS, les YPG (Unités de
protection du peuple), comme une extension du PKK, qualifié
d'"organisation terroriste" par la Turquie et ses alliés occidentaux.
A Washington, le ministère américain de la Défense a annoncé que les
Etats-Unis avaient abattu jeudi en Syrie un drone turc, estimant qu'il
représentait une menace potentielle pour des forces américaines sur
place.
- "La situation empire" -
Après les frappes de jeudi, des colonnes de fumée étaient visibles
au-dessus du site pétrolier de Qahtaniya, près de la frontière turque,
selon des correspondants de l'AFP, tandis que des pompiers se
dirigeaient vers la principale centrale électrique de Qamichli, dans la
province de Hassaké.
Sur le marché central de Qamichli, les commerçants et les rares clients
avaient les yeux rivés sur les écrans de télévision et leurs téléphones
portables.
"La situation empire chaque jour. La Turquie ne nous laisse pas
souffler et nous vise chaque jour. Nous voulons juste que nos enfants
vivent en paix", déclare Hassan al-Ahmad, un commerçant de 35 ans.
L'administration autonome kurde a appelé jeudi "la communauté
internationale, la coalition internationale" anti-EI ainsi que la
Russie à "prendre des positions capables de dissuader" la Turquie, qui
a mené entre 2016 et 2019 trois opérations d'envergure contre les
forces kurdes en Syrie. (AFP, 5 oct 2023)
La Turquie mène de nouvelles frappes en Irak et menace le Nord
syrien de représailles
La Turquie a annoncé mercredi soir avoir mené de nouvelles frappes
aériennes contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le
nord de l'Irak, pour la troisième fois depuis l'attentat d'Ankara où
deux policiers ont été blessés dimanche, après avoir menacé plus tôt
dans la journée de représailles les combattants kurdes présents dans le
Nord syrien.
"Vingt-deux cibles, composées de cavernes, d'abris et de dépôts,
considérées comme étant utilisés par l'organisation terroriste ont été
détruites", lors de frappes aériennes mercredi soir, a annoncé le
ministère turc de la Défense.
Les auteurs de l'attaque ayant blessé deux policiers dimanche à Ankara
ont été formés en Syrie, avait affirmé plus tôt dans la journée le
ministre turc des Affaires étrangères, menaçant de représailles les
combattants kurdes présents dans le Nord syrien et dans le nord de
l'Irak.
Une réunion sur la sécurité nationale ayant rassemblé les ministres de
la Défense, des Affaires étrangères, de l'Intérieur, ainsi que le chef
d'état-major de l'armée et le directeur des services de renseignement a
par ailleurs eu lieu dans l'après-midi dans la capitale turque.
"Grâce au travail de nos forces de sécurité, il a été établi que les
deux terroristes venaient de Syrie et avaient été formés là-bas", a
déclaré le ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan.
Le PKK, en lutte armée contre les autorités turques depuis 1984, a
revendiqué l'attaque de dimanche contre le siège du ministère turc de
l'Intérieur.
L'un de ses deux auteurs s'est fait exploser et l'autre a été abattu
avant de pouvoir pénétrer dans l'enceinte du ministère.
"Dorénavant, toutes les infrastructures et les installations, notamment
énergétiques, appartenant au PKK et aux YPG (Unités de protection du
peuple kurde, NDLR) en Irak et en Syrie constituent des cibles
légitimes pour nos forces de sécurité", a affirmé M. Fidan.
"Je conseille aux parties tierces de se tenir à distance des lieux et
des personnes affiliés au PKK et aux YPG", a-t-il ajouté.
Le ministère turc de la Défense a par ailleurs partagé mercredi sur X
(ex-Twitter) une vidéo de frappes menées mardi soir sur des cibles qui
appartiendraient au PKK dans le nord de l'Irak.
Ankara qualifie les YPG - partenaires des Etats-Unis dans la lutte
contre les jihadistes du groupe Etat islamique - de "terroristes" et
les considèrent comme une extension du PKK, classé organisation
terroriste par la Turquie et ses alliés occidentaux.
L'armée turque dit avoir visé depuis dimanche les positions de
combattants kurdes turcs du PKK dans le nord de l'Irak, où ils
disposent de bases arrière.
Le ministre irakien de la Défense Thabet al-Abbassi sera en visite
jeudi à Ankara pour y rencontrer son homologue turc Yasar Guler, selon
l'agence étatique turque de presse Anadolu.
- "Crime de guerre" -
Les déclarations de M. Fidan pourraient être le signe d'une prochaine
intensification des frappes de la Turquie en Syrie.
Un des organisateurs présumés de l'attentat qui a fait six morts en
2022 à Istanbul a été tué lors d'une opération menée par les services
turcs de renseignement dans le nord de la Syrie, ont rapporté mercredi
les médias turcs.
L'Observatoire syrien des droits de l'homme, basé au Royaume-Uni, a
confirmé qu'un "responsable de renseignement" de l'administration
autonome kurde du nord-est de la Syrie avait été tué mardi.
Le chef des Forces démocratiques syriennes (FDS, une coalition soutenue
par les Etats-Unis) Mazloum Abdi a démenti mercredi que les auteurs de
l'attentat d'Ankara étaient venus de l'administration autonome kurde du
nord de la Syrie.
"La Turquie cherche des prétextes pour légitimer ses attaques en cours
contre notre région et lancer une nouvelle agression militaire", a-t-il
déclaré sur les réseaux sociaux.
"La menace de cibler les infrastructures, les ressources économiques et
les villes peuplées de la région est un crime de guerre, ce dont nous
avons déjà été témoins", a-t-il ajouté.
Ankara mène régulièrement des attaques de drones en Syrie dans les
zones contrôlées par l'administration autonome kurde.
Entre 2016 et 2019, la Turquie a effectué trois opérations d'envergure
dans le nord de la Syrie contre les forces et les organisations kurdes.
(AFP, 4 oct 2023)
Attentat d'Ankara: les deux assaillants formés en
Syrie, affirme la Turquie
Les auteurs de l'attaque ayant blessé deux policiers dimanche à Ankara
ont été formés en Syrie, a affirmé mercredi le ministre turc des
Affaires étrangères, menaçant de représailles les combattants kurdes
présents dans le Nord syrien.
"Grâce au travail de nos forces de sécurité, il a été établi que les
deux terroristes venaient de Syrie et avaient été formés là-bas", a
déclaré Hakan Fidan.
Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), en lutte armée contre
Ankara depuis 1984, a revendiqué l'attaque lancée dimanche contre le
siège du ministère turc de l'Intérieur.
L'un des deux assaillants s'est fait exploser et l'autre a été abattu
avant de pouvoir pénétrer dans l'enceinte du ministère.
"Dorénavant, toutes les infrastructures et installations, ainsi que des
stations énergétiques appartenant au PKK et aux YPG (Unités de
protection du peuple kurde, NDLR) en Irak et en Syrie forment des
cibles légitimes pour nos forces de sécurité", a affirmé M. Fidan.
"Je conseille aux parties tierces de se tenir à distance des lieux et
des personnes affiliés au PKK et aux YPG", a-t-il ajouté.
Ankara qualifie les YPG -- alliées des Etats-Unis dans la lutte contre
les jihadistes du groupe Etat islamique -- de "terroristes" et les
considèrent comme une extension du PKK, classé organisation terroriste
par la Turquie et ses alliés occidentaux.
L'armée turque dit avoir visé depuis dimanche 36 positions de
combattants kurdes turcs du PKK dans le nord de l'Irak, où ils
disposent de bases arrières.
La Turquie mène également régulièrement des attaques de drones dans les
zones contrôlées par l'administration autonome kurde en Syrie.
Entre 2016 et 2019, la Turquie a mené trois opérations d'envergure dans
le nord de la Syrie contre les forces et organisations kurdes. (AFP, 4
oct 2023)
Investigation launched into
Kurdish deputy's Ocalan and Kurdistan remarks
A criminal investigation was launched on Friday in Turkey into the
remarks of Kurdish deputy Omer Ocalan, who said in a gathering, "Our
struggle will continue till Mr. Ocalan and Kurdistan are free."
Omer Ocalan, Urfa deputy for the pro-Kurdish Green Left Party and the
nephew of Abdullah Ocalan, the imprisoned leader of the Kurdistan
Workers' Party (PKK), said in the gathering:
"We are struggling for the release of Abdullah Ocalan. Our struggle
will continue till Mr. Ocalan and Kurdistan are free."
The Chief Prosecutor's Office said in a statement that an investigation
was launched into the deputy's remarks over alleged violation of the
anti-terrorism legislation.
PKK leader Abdullah Ocalan has been incarcerated under conditions of
severe isolation since 1999.
Omer Ocalan served as the co-chair of the Democratic Regions Party
(DBP) from 2014 to 2016. He was elected deputy for the Peoples'
Democratic Party (HDP) in June 2018, and reelected in May 2023.
(gerçeknews, 29 September 2023)
Minorités
/ Minorities
Racist sign against Jews displayed in Istanbul
bookshop
Old books store in Beyazit sparks outrage with an anti-semitic sign
amidst the Israeli-Palestinian conflict.
An Istanbul bookshop owner has sparked controversy by displaying racist
remarks against Jews on his store's signboard. The incident in Beyazit
reflects the tensions arising from the Israeli-Palestinian conflict and
has faced widespread condemnation.
According to photos captured by Artı Gerçek, the sign blatantly read,
"Jews are not allowed." The anti-Semitic message has triggered a wave
of criticism for its blatant racism and discriminatory stance.
Recent escalations between Palestine and Israel set the background for
this incident, particularly after Israeli forces' unfortunate attack on
a Gaza hospital. Various groups in Turkey are protesting the violence,
resulting in widespread demonstrations across different cities.
In response to the protests, the Israel National Security Council
advised Israeli citizens in Turkey to leave for their safety. Reports
show that the Israeli Ambassador to Ankara has also returned to Israel.
Human rights organizations and advocates have been openly critical of
the Israeli state's policies and Hamas' attacks on civilians. They
stressed the need for respectful and non-discriminatory language in
these critiques. They have urged caution to avoid racist attacks that
may target the Jewish community in Turkey, emphasizing the need for a
careful and calculated response. (gerçeknews, 26 October 2023)
MP raises alarm over return of Yazidi girl to alleged ISIS
family
Gamze Tascier, an Ankara Member of Parliament for the CHP, has
presented a distressing case to the Turkish Parliament. It centers on a
Yazidi Kurdish girl reportedly sold on the dark web. Tascier's query
centers on the girl's controversial reunion with an ISIS-affiliated
family, endorsed by the Directorate of Family and Social Services.
In her motion for a written response from the Minister of Family and
Social Services, Mahinur Ozdemir Goktaş, MP Tascier recounted
significant details involving the abduction of a girl by ISIS militants
in 2017. She was allegedly listed for sale online but was later saved
from an ISIS family in a raid on a cell house in Ankara in February
2021. As documented in multiple press reports, the Directorate of
Family and Social Services lifted her protective order and returned her
to the family linked to ISIS on June 21, 2022.
Tascier's parliamentary motion further demanded answers to pressing
questions:
1) On what grounds was the young girl, reportedly bought for $500 by
ISIS militants and involved in an 'international human trafficking'
case, returned to a family associated with the terrorist organization?
2) Given that the girl was brought from Iraq to Turkey, and the
individuals who brought her faced charges of 'international human
trafficking,' and considering they were not her biological family, will
there be any administrative action against the management of Pursaklar
Sevgi Evi and the officials of the Ankara Provincial Directorate who
approved this return?
3) If no administrative action is taken against these public officials,
is this decision a routine procedure? Has the Ministry of Family and
Social Services previously returned other children under its protection
to individuals charged with crimes?
The case has sparked concerns about protecting vulnerable individuals
in Turkey, particularly children, and the protocols of government
agencies. It sheds light on the treatment of trafficking victims and
the complexities of repatriation and care. The Turkish Parliament's
latest development shows increased focus on child welfare and security
in cases involving people connected to terrorist groups. (gerçeknews,
26 October 2023)
Lawyers face second lawsuit over statement on Armenian Genocide
Former officials of a bar association in Turkey for the second time
face charges of insulting the state and the state's officials in the
context of a statement on the Armenian Genocide, a year after they were
acquitted by a Turkish court on these charges.
The prosecution asks the court to punish the officials of the bar
association of the Kurdish-majority city of Diyarbakir because they
allegedly degraded the Turkish Republic and its officials as they
commemorated the victims of the genocide on its anniversary.
Lawyer Erhan Aytekin told the court at the hearing on Monday that
reject the lawsuit which was launched despite the earlier acquittal of
the accused on the same charges, and said "the prosecution just put
together the indictment in the manner of copy and paste."
He added that this was an ill approach that should be urgently
addressed and solved by the judiciary.
Armenian Genocide that wiped out the entire Armenian population in the
Ottoman Empire except for a small community in Istanbul took place in
1915, eight years before the establishment of the Republic of Turkey.
(gerçeknews, 23 October 2023)
L'Azerbaïdjan
mène des exercices militaires avec la Turquie
près de l'Arménie
Le ministère azerbaïdjanais de la Défense a annoncé lundi le début de
manoeuvres militaires avec la Turquie près de l'Arménie, dans un
contexte de tensions entre Bakou et Erevan après la reconquête
azerbaïdjanaise de la région du Haut-Karabakh.
Parallèlement, les chefs des diplomaties arménienne, azerbaïdjanaise,
russe, turque et iranienne ont rendez-vous à Téhéran pour une réunion
censée aider à apaiser les relations entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie.
Selon le ministère azerbaïdjanais de la Défense, les manoeuvres
militaires sont organisées dans l'enclave azerbaïdjanaise du
Nakhitchevan, frontalière de l'Arménie et de l'Iran, ainsi que dans des
"territoires libérés", dont la localisation n'a pas été précisée et qui
pourraient désigner le Haut-Karabakh ou des districts azerbaïdjanais
mitoyens.
Ces exercices, par la suite confirmés par la Turquie, mobiliseront
jusqu'à 3.000 soldats des deux pays, des dizaines de véhicules blindés,
de l'artillerie et une vingtaine d'aéronefs, a précisé le ministère.
Leur but est d'"assurer la cohérence en combat", d'"améliorer le
commandement" ainsi que le "professionnalisme des troupes", d'après
l'Azerbaïdjan.
Les soldats s'entraîneront à l'usage de l'artillerie et de l'aviation,
à la construction de pontons et à des parachutages en territoire
ennemi, a encore déclaré le ministère.
Après l'annonce de ces manoeuvres, la France s'est dite "extrêmement
vigilante" face aux potentielles menaces à l'intégrité territoriale de
l'Arménie.
- Réunion à Téhéran -
L'Azerbaïdjan et l'Arménie se vouent une haine tenace et les tensions
ont connu un regain avec la reconquête militaire éclair du
Haut-Karabakh par l'Azerbaïdjan fin septembre, alors que la région
était depuis une trentaine d'années aux mains de séparatistes arméniens.
La quasi-totalité de la population - plus de 100.000 personnes sur les
120.000 officiellement recensées - a fui en Arménie.
Avant cela, l'Azerbaïdjan et l'Arménie s'étaient opposés pendant deux
guerres pour le contrôle de cette enclave montagneuse, l'une dans les
années 1990 à la dislocation de l'URSS, l'autre à l'automne 2020,
remportée par Bakou.
L'Arménie craint désormais que son voisin, plus riche, mieux armé et
soutenu par la Turquie, ne cherche à pousser son avantage. Elle a
notamment peur que l'Azerbaïdjan ne soit tenté de relier par la force
l'enclave du Nakhitchevan au reste de son territoire en attaquant des
régions méridionales arméniennes.
Divers formats de pourparlers existent entre ces deux ex-républiques
soviétiques du Caucase mais, jusqu'ici, aucun accord n'a été trouvé
entre elles.
Une réunion des chefs des diplomaties arménienne, azerbaïdjanaise,
russe, turque et iranienne a d'ailleurs commencé lundi après-midi à
Téhéran.
Les ministres ont prévu d'évoquer les "pourparlers de paix" entre
Erevan et Bakou, selon l'agence de presse iranienne Irna.
En ouvrant la rencontre, le ministre iranien des Affaires étrangères,
Hossein Amir-Abdollahian, a affirmé que "les problèmes de la région, y
compris dans le Caucase du Sud", pouvaient être réglés "sans
l'intervention des étrangers".
"La présence d'étrangers dans la région non seulement ne résout pas les
problèmes mais complique la situation", a-t-il ajouté.
Plus tôt, il avait estimé que cette réunion pouvait constituer "la
pierre angulaire sur la voie de l'établissement de la paix et de la fin
des défis dans le Caucase du Sud".
La Turquie, soutien de l'Azerbaïdjan, et la Russie, considérée comme
l'alliée de l'Arménie, jouent un rôle majeur dans la région.
Mais la récente offensive au Haut-Karabakh a rebattu les cartes. Erevan
a accusé Moscou de l'avoir abandonné en n'arrêtant pas les forces de
Bakou, des critiques rejetées par la Russie.
A la recherche de protection, l'Arménie semble donc prête à davantage
se tourner vers les Occidentaux.
Ce pays a par exemple ratifié mi-octobre son adhésion à la Cour pénale
internationale (CPI), ce qu'elle espère être un bouclier supplémentaire
contre les potentielles ambitions de l'Azerbaïdjan.
Un geste vu d'un très mauvais oeil par Moscou, la CPI ayant émis au
printemps un mandat d'arrêt contre le président Vladimir Poutine pour
la "déportation" d'enfants ukrainiens vers la Russie, une décision que
Moscou juge "nulle et non avenue". (AFP, 23 oct 2023)
L'Iran et
la Russie dénoncent l'interventionnisme de
l'UE et des Etats-Unis
L'Iran et la Russie ont dénoncé lundi l'interventionnisme européen et
américain dans les tensions entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie, au plus
haut depuis la reconquête par Bakou de la région du Haut-Karabakh, au
cours d'une réunion à Téhéran destinée à trouver une issue sans les
Occidentaux.
En parallèle, le ministère azerbaïdjanais de la Défense a annoncé lundi
le début de manoeuvres militaires avec la Turquie près de l'Arménie,
qui craint justement que l'Azerbaïdjan voisin ne veuille empiéter sur
son territoire.
Réunis avec les chefs des diplomaties arménienne, azerbaïdjanaise et
turque, les ministres iranien et russe des Affaires étrangères ont
affiché à Téhéran leur entente pour montrer qu'ils n'ont pas besoin,
selon eux, des Occidentaux pour régler les tensions régionales.
"Les problèmes de la région ne peuvent être réglés par l'intervention
de forces étrangères", a déclaré le président iranien Ebrahim Raïssi,
ont dit ses services.
"La présence d'étrangers dans la région non seulement ne résout pas les
problèmes mais complique la situation", a renchéri son ministre des
Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian.
A l'issue des discussions, son homologue russe, Sergueï Lavrov, a lui
aussi dénoncé "les tentatives de la part, en premier lieu, de l'UE et,
dans une certaine mesure, des Etats-Unis, de s'immiscer dans le
processus de délimitation" de la frontière entre l'Arménie et
l'Azerbaïdjan.
Dans une déclaration commune finale, les participants à la rencontre
ont ainsi rappelé "l'importance du règlement pacifique des différends,
du respect de la souveraineté, de l'indépendance politique, de
l'intégrité territoriale (...), de la non-ingérence dans les affaires
intérieures".
Sergueï Lavrov, qui s'est également entretenu en tête-à-tête avec le
président Raïssi, a par ailleurs assuré que la porte restait "ouverte"
à un autre pays de la région, la Géorgie, absente lundi, et qu'une
prochaine réunion était prévue en Turquie "à peu près au premier
semestre de l'année prochaine". (AFP, 23 oct 2023)
Human
rights leader warns of racism in Turkey after
Israel's Gaza attack
Eren Keskin, the Co-Chair of the Human Rights Association in Turkey,
has voiced concern over the potential rise of racism in the wake of
Israel's recent actions in Gaza. Keskin emphasized the significance of
unity against racism for both the Arab population in Gaza and the
Jewish community in Turkey.
"States commit the most significant crimes against humanity,
meticulously sweeping them under the rug. They are aware of each
other's transgressions... and remain silent. Written law is but a mere
'cover’,'" Keskin wrote on X, formerly known as Twitter.
Against the backdrop of a brutal incident that occurred last night, a
crowd gathered in front of the Israeli Consulate in Istanbul,
attempting to breach barricades and enter the consulate, which resulted
in a confrontation with the police.
In response to these events, Israel escalated its travel warning for
Turkey to the highest level, urging Israeli citizens in Turkey to leave
the country immediately. This comes amid growing tensions between
Turkey and Israel. (gerçeknews, 18 October 2023)
Erdogan inaugure une nouvelle église à Istanbul, la
première en 100 ans de république
C'est une première dans la république laïque et majoritairement
musulmane de Turquie, fondée en 1923: le président Recep Tayyip Erdogan
a inauguré dimanche une église syriaque à Istanbul, saluant la
cohabitation des communautés.
"Juifs, chrétiens, nous sommes heureux que toutes les communautés de
notre pays vivent ensemble", a déclaré le président turc devant une
foule de dignitaires religieux et d'officiels, alors que la violence
fait rage en Israël et dans les territoires palestiniens.
"Il y a aujourd'hui de nombreux problèmes à travers le monde. La
Turquie est un pays où de multiples communautés vivent en paix depuis
des siècles", a-t-il ajouté.
"Nous avons toujours protégé les opprimés face à l'oppresseur, c'est
notre devoir", a poursuivi M. Erdogan, soulignant que "vingt églises"
avaient été rénovées à travers le pays depuis son arrivée au pouvoir il
y a vingt ans.
Sait Susin, président de la Fondation assyrienne d'Istanbul, avait
exprimé son enthousiasme à la veille de l'ouverture aux fidèles: "C'est
la première église construite depuis la fondation de la République
turque qui va ouvrir ses portes. Nous sommes très heureux",
confiait-il à l'AFP.
Sise sur la rive européenne du Bosphore, dans le quartier périphérique
de Yesilköy, où résident la majorité des chrétiens syriaques de Turquie
- les autres étant installés dans le sud-est, non loin de la frontière
syrienne - l'église orthodoxe Saint-Ephrem a été financée par cette
communauté, forte de 17.000 membres.
Le gros édifice blanc, posé au milieu d'un quartier verdoyant, est
conçu pour accueillir 750 personnes.
Le chef de l'Etat, qui avait déjà posé la première pierre lors d'une
cérémonie en août 2019, avait ordonné à la municipalité d'Istanbul de
trouver un terrain disponible.
Un an plus tard, en juillet 2020, M. Erdogan, musulman pieux et
conservateur, transformait la basilique Sainte-Sophie d'Istanbul en
mosquée puis demandait la conversion de l'église
Saint-Sauveur-in-Chora, construite elle aussi par les Byzantins au Ve
siècle - qui reste depuis fermée au public.
- De Mardin à Damas -
Saint-Ephrem devait être inaugurée en février dernier mais l'ouverture
a été repoussée en raison du puissant séisme qui a ruiné le sud du pays
et fait au moins 50.000 morts, dévastant Antakya, l'ancienne Antioche,
l'un des berceaux de la chrétienté.
Les Syriaques orthodoxes prient en araméen, une langue ancienne qui
aurait été celle de Jésus. Situé jusqu'en 1932 à Mardin, dans le
sud-est de la Turquie, le siège de leur église est aujourd'hui à Damas,
en Syrie.
L'église Saint-Ephrem est la première construite en Turquie depuis la
fondation de la République turque en 1923 par Mustafa Kemal Atatürk,
rappelle Sait Susin.
Au cours du siècle écoulé, des églises existantes ont pu être
restaurées, comme l'a souligné le chef de l'Etat, et d'autres petits
édifices ont pu accueillir leurs fidèles en toute discrétion.
Mais c'était "sans permission officielle", a expliqué M. Susin à
l'agence étatique Anadolu. "C'est la première fois qu'une église est
officiellement bâtie. C'est une source de grande fierté", a-t-il
ajouté, disant attendre de nombreux visiteurs de tout le pays et même
de l'étranger.
Les membres des minorités chrétiennes turques, qui représentent 0,2% de
la population selon les estimations disponibles - le pays, laïc, ne
tient pas de statistiques sur les cultes -, se plaignent régulièrement
d'être traités comme des citoyens de seconde zone dans ce pays très
majoritairement musulman de 82 millions d'habitants.
Après l'inauguration officielle, le premier service de la messe appelé
"la bénédiction de l'église" aura lieu le dimanche suivant 15 octobre.
(AFP, 8 oct 2023)
Turquie et
Azerbaïdjan boudent le sommet de Grenade centré
sur le Haut-Karabakh
Près de 50 dirigeants du continent européen se sont rassemblés jeudi à
Grenade, dans le sud de l'Espagne, pour tenter d'afficher leur unité
mais le refus de l'Azerbaïdjan et de la Turquie de participer affaiblit
ce rendez-vous destiné à apaiser des tensions régionales.
L'absence d'Ilham Aliev et celle de son homologue turc Recep Tayyip
Erdogan, soutien de Bakou, est un revers pour ce forum. La situation au
Haut-Karabakh ne pourra être abordée avec les principaux protagonistes
et la photo de famille de ce troisième sommet de la Communauté
politique européenne n'aura pas l'éclat espéré.
"C'est dommage", a déploré chef de la diplomatie européenne, Josep
Borrell à son arrivée dans la ville andalouse.
"Nous ne pourrons donc pas parler ici de quelque chose d'aussi grave
que le fait que plus de 100.000 personnes aient dû abandonner à la hâte
leurs maisons pour fuir un coup de force militaire".
Deux semaines après l'offensive éclair des forces azerbaïdjanaises qui
a poussé la quasi-totalité de la population arménienne à fuir la
république autoproclamée du Haut-Karabakh, le format semblait idéal
pour une rencontre.
Mais à la veille de ce sommet, agacé par les marques de soutien
européennes à l'Arménie, Ilham Aliev a fait savoir qu'il ne serait pas
au rendez-vous.
Dénonçant une "atmosphère anti-azerbaïdjanaise", il n'a pas jugé
"nécessaire" de participer aux négociations dans ce format, a déclaré à
l'AFP un responsable azerbaïdjanais.
Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian, bien présent à Grenade,
doit y rencontrer le président français Emmanuel Macron, le chancelier
allemand Olaf Scholz et le président du Conseil européen Charles Michel.
Lors du dernier sommet de la CPE, en juin en Moldavie, les quatre
dirigeants s'étaient vus en présence d'Ilham Aliev, dans un climat
alors déjà très tendu entre Bakou et Erevan.
"Il est important de ne jamais abandonner", a souligné Charles Michel,
assurant que l'UE était "un médiateur neutre".
- Appel de Zelensky -
La guerre de la Russie contre l'Ukraine est aussi à l'agenda des
discussions, les puissances européennes souhaitant réaffirmer leur
soutien à Kiev au moment où la crise politique à Washington suscite des
interrogations sur la poursuite du soutien américain.
Dès son arrivée, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a souligné
qu'il était crucial de renforcer la défense aérienne de son pays à
l'approche de l'hiver.
L'objectif de la CPE, imaginée par Emmanuel Macron, est de rassembler
beaucoup plus large que l'Union européenne: au-delà des 27 membres du
bloc, 20 pays ont été invités pour ce troisième sommet.
Derrière cet acronyme, on trouve des pays aux trajectoires radicalement
différentes vis-à-vis de l'UE: des candidats déclarés (et impatients) à
l'adhésion, des pays qui savent que la porte leur est fermée pour
longtemps et le Royaume-Uni, qui a choisi il y a sept ans de quitter
l'UE avec fracas.
"L'absence d'Erdogan pour la deuxième fois consécutive affaiblit la CPE
imaginée pour traiter avec Ankara dans un autre format que l'UE, à
laquelle sa candidature est gelée", souligne Sébastien Maillard, de
l'Institut Jacques Delors.
"Sans la Turquie, ni l'Azerbaïdjan, la Communauté politique devient
plus strictement européenne et apparaît plus anti-Poutine, à quelques
dirigeants près", ajoute-t-il.
"Il reste à savoir si ces absences sont provisoires ou définitives",
poursuit-il, soulignant que l'appartenance à la CPE reste souple.
- Sunak veut parler immigration -
La rencontre très attendue sur le Haut-Karabakh n'ayant pas lieu, ce
rendez-vous en Andalousie pourrait se porter sur la crise migratoire,
que le Premier ministre britannique Rishi Sunak espère placer au coeur
des débats.
Mercredi, les 27 se sont mis d'accord sur un texte destiné à organiser
une réponse européenne en cas d'afflux massif de migrants dans un Etat
de l'UE, comme au moment de la crise des réfugiés de 2015-2016.
Mais en attendant la finalisation d'une laborieuse réforme du système
migratoire européen, l'Italie et le Royaume-Uni veulent agir au plus
vite.
"Les niveaux d'immigration illégale vers l'Europe continentale sont au
plus haut depuis près d'une décennie", a déclaré mercredi le Premier
ministre britannique.
"Avec des milliers de personnes qui meurent en mer, la situation est à
la fois immorale et intenable. Nous ne pouvons laisser des
organisations criminelles décider qui arrive sur les rives européennes".
Selon Downing Street, Rishi Sunak et la Première ministre italienne
Giorgia Meloni organiseront une réunion en marge du sommet et
annonceront "une action conjointe" sur ce thème. (AFP, 5 oct 2023)
Karakbakh: la Turquie condamne une résolution
"populiste et islamophobe" du parlement européen
Le ministère turc des Affaires étrangères a dénoncé jeudi une
résolution du Parlement européen appelant à sanctionner l'Azerbaïdjan
et "condamnant" son implication dans le conflit du Haut-Karabakh, la
jugeant "populiste, raciste et islamophobe".
Dans ce texte, les députés européens accusent Bakou "d'épuration
ethnique" et "condamnent l'implication de la Turquie dans l'armement de
l'Azerbaïdjan et son soutien total aux offensives de Bakou en 2020 et
2023" au Haut-Karabakh.
Ankara dénonce en retour une "décision fondée sur une rhétorique qui
cible notre pays par un groupe de parlementaires populistes sur la base
d'accusations sans fondement", selon un communiqué du ministère publié
en soirée.
"Populisme, racisme, Islamophobie (...) gagnent du terrain dans la
politique européenne comme la composition actuelle du Parlement en
témoigne dans toute sa démesure", fustige-t-il.
"La Turquie déploie des efforts importants en faveur d'une paix
durable, de la stabilité et de la prospérité dans le sud du Caucase, en
conduisant un processus de normalisation avec l'Arménie, en apportant
des contributions concrètes au processus de paix entre ce pays et
l'Azerbaïdjan, en mobilisant tous ses moyens pour l'établissement de la
paix", poursuit le ministère qui s'insurge contre un "texte
irresponsable".
Le Parlement européen s'est prononcé jeudi en faveur de sanctions
"ciblées" contre Bakou, dénonçant dans un texte voté à une très large
majorité, une "épuration ethnique" au Haut-Karabakh, après
l'intervention militaire azerbaïdjanaise.
Bakou et Ankara ont tous deux boudé jeudi un sommet de la Communauté
politique européenne, pour marquer leur désaccord avec les marques de
soutien européen à l'Arménie à l'issue de l'offensive éclaire de
l'Azerbaïdjan sur le Haut-Karabakh.
En quelques jours, la quasi-totalité de la poulation arménienne a fui
l'enclave. (AFP, 5 oct 2023)
Dissolution du Nagorny Karabakh: l'Arménie face
à de multiples tourmentes
Trente années de lutte, ponctuées d'une défaite, puis l'anéantissement.
La dissolution annoncée de la République autoproclamée du Nagorny
Karabakh, source de décennies de tensions entre Arménie et Azerbaïdjan,
laisse Erevan en première ligne face à des menaces multiples et
peut-être existentielles.
- Double-jeu russe -
Plus de 80.000 des 120.000 habitants du Karabakh s'étaient déjà
réfugiés en Arménie jeudi soir. Un exode qui "s'effectue sous l'oeil
complice de la Russie", critique Paris. Erevan accuse Moscou, son
protecteur naturel, de l'avoir abandonné face à l'Azerbaïdjan, ce que
nie le Kremlin.
La Russie avait déployé il y a trois ans une force de maintien de la
paix dans ce territoire après une brève attaque de l'Azerbaïdjan. Mais
ses troupes n'ont pas bougé lors de la dernière offensive-éclair de
Bakou.
Et Moscou, après avoir loué l'"héroïsme" de ses militaires, s'est borné
jeudi à "prendre acte" de l'annonce de l'auto-dissolution historique.
Entre une Arménie faiblement peuplée (3 millions d'habitants), pauvre
et isolée diplomatiquement et un Azerbaïdjan en croissance, enrichi par
ses hydrocarbures et renforcé militairement, la Russie a définitivement
pris le parti du second, estiment des analystes.
Alors qu'Erevan, en réaction, a décidé de voter rapidement la
ratification du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI),
qui a émis un mandat d'arrêt contre Vladimir Poutine, le Kremlin l'a
mis en garde contre une décision "extrêmement hostile".
La Russie, soucieuse de surveiller son pré carré qu'est le Caucase,
veut aussi "garder la frontière Sud de l'Arménie" avec l'Azerbaïdjan,
assure le président de la Commission des Affaires étrangères française
Jean-Louis Bourlanges.
Pour cela, Moscou dispose d'un "atout", estime l'expert du centre
Carnegie Europe Thomas de Waal: l'accord de cessez-le-feu
arméno-azerbaïdjanais signé sous sa férule en novembre 2020 prévoit que
le contrôle des transports entre l'Azerbaïdjan et l'enclave du
Nakhitchevan soit exercé par des gardes-frontières russes,
rappelle-t-il au magazine Foreign Affairs.
- Menace turco-azerbaïdjanaise -
Complexité héritée de l'URSS, le Nakhitchevan, République autonome
enclavée entre l'Arménie, la Turquie et l'Iran, est rattachée à
l'Azerbaïdjan depuis 1923, mais sans continuité territoriale avec Bakou.
Situé dans le sud de l'Arménie, le corridor de Zangezour permettrait de
relier l'Azerbaïdjan au Nakhitchevan et à la Turquie. Il est convoité
tant par l'Azerbaïdjan que par la Turquie au nom du panturquisme, une
idéologie aspirant à "la marche vers la mer Caspienne de l'ensemble
turc", ou turco-azerbaïdjanais, et qu'importe la "souveraineté
arménienne", explique le député Bourlanges.
Lundi, quelques jours après la guerre éclair remportée par
l'Azerbaïdjan, c'est au Nakhitchevan que le président turc Recep Tayyip
Erdogan, grand allié de Bakou, et son homologue azerbaïdjanais Ilham
Aliev se sont retrouvés.
Depuis peu, le président Aliev qualifie ainsi le Sud arménien
d'"Azerbaïdjan occidental". Ses habitants "doivent pouvoir retourner
sur leurs terres d'origine", affirmait-il en décembre dernier.
En février 2018, il allait beaucoup plus loin, donnant corps aux pires
craintes arméniennes, nourries du génocide arménien perpétré par les
Ottomans de 1915, qu'Ankara et Bakou ne reconnaissent pas. "Erevan est
notre terre historique", affirmait-il lors d'un congrès. "Nous
Azerbaïdjanais devons retourner sur nos terres historiques."
- L'inconnue iranienne -
Autre acteur important de ce grand jeu géopolitique, l'Iran, qui
soutient la chrétienne Arménie contre l'Azerbaïdjan chiite, un courant
de l'Islam dont elle est pourtant la principale puissance.
L'enjeu est commercial pour les Iraniens, dont l'Arménie constitue la
porte d'entrée vers le Caucase, et qui "ne veulent pas voir bouger la
frontière" au profit de l'Azerbaïdjan, assure Taline Ter Minassian,
professeure à l'Inalco.
Il est surtout géostratégique car Bakou, depuis des années, s'est
rapproché d'Israël, l'ennemi intime de Téhéran.
D'après l'Institut Stockholm de recherche pour la paix, près de 70% des
armements vendus à l'Azerbaïdjan entre 2016 et 2020 l'ont été par
Israël.
Selon le Centre français de recherche sur le renseignement, l'Etat juif
aurait construit "plusieurs stations de renseignement électronique" en
Azerbaïdjan. Bakou "aurait également autorisé le Mossad à établir une
base opérationnelle avancée sur son territoire", selon le CF2R.
La Turquie, grande alliée de l'Azerbaïdjan, est en outre membre de
l'Otan, l'alliance pro-Etats-Unis, l'autre grand ennemi de Téhéran.
Faute d'un engagement occidental convaincant en faveur de l'Arménie, sa
"seule protection, c'est jusqu'à présent l'Iran", constate Jean-Louis
Bourlanges. "C'est quand même une garantie vraiment fragile et
inquiétante." (AFP, 29 sept 2023)
Erdogan: la victoire de l'Azerbaïdjan au Karabakh
ouvre de "nouvelles opportunités"
Le président turc Recep Tayyip Erdogan, en visite lundi dans l'enclave
azerbaïdjanaise du Nakhitchevan, a célébré la "victoire" de
l'Azerbaïdjan au Nagorny Karabakh qui ouvre selon lui de "nouvelles
opportunités pour une normalisation" dans la région.
"C'est un motif de fierté pour la Turquie de voir les opérations
antiterroristes de l'Azerbaïdjan accomplies avec succès en un temps
court et dans le respect des droits des civils", a déclaré le président
turc lors d'une déclaration à la presse au côté de son homologue Ilham
Aliev.
"Avec cette victoire, de nouvelles fenêtres d'opportunités s'ouvrent
pour une normalisation générale dans la région", a-t-il poursuivi.
Le chef de l'Etat turc effectue une visite d'une journée dans l'enclave
azerbaïdjanaise du Nakhitchevan, située entre l'Arménie et l'Iran et
frontalière de la Turquie.
Il a été accueilli par le président Aliev qui l'a chaleureusement
étreint au pied de l'avion, quelques jours après la prise de contrôle
militaire du Nagorny Karabakh par l'Azerbaïdjan.
"Nous espérons que l'Arménie saisira la main pacifique qui lui est
tendue", a-t-il ajouté.
Officiellement, les deux dirigeants devaient lancer la construction
d'un gazoduc de 85 km entre l'est de la Turquie et le Nakhitchevan et
présider à l'inauguration d'un complexe militaire.
Mais selon les médias turcs, ils devaient aussi discuter de l'ouverture
du corridor de Zangezur aux Azéris à travers l'Arménie.
Ouvrir le corridor de Zangezur, le long de la frontière arménienne avec
l'Iran, permettrait à Bakou d'établir une continuité territoriale
jusqu'au Nakhitchevan et, au-delà, avec la Turquie.
La petite bande de terre du Nakhitchevan est rattachée à l'Azerbaïdjan
depuis 1923, mais sans continuité avec le reste de ce pays.
Cette démonstration de force turque en Azerbaïdjan, en pleine crise du
Nagorny Karabakh, contraste avec le retrait apparent de la Russie de la
région. (AFP, 25 sept 2023)
Concert in İstanbul in commemoration of
Khachaturian postponed
The concert planned in Istanbul's Cemal Reşit Rey Concert Hall to
commemorate the 120th anniversary of Armenian composer Aram
Khachaturian's birth, which was scheduled for yesterday (September 21),
has been postponed.
According to Agos Newspaper, the concert, organized by the Permanent
Representation of Armenia to the Black Sea Economic Cooperation, was
set to feature Turkish musicians alongside the Khachaduryan Trio from
Armenia and the Istanbul Philharmonic Chamber Orchestra conducted by
Oleksandr Samoylenko.
The concert's rescheduled date has not been announced. (BIA, 22
September 2023)
Politique
intérieure/Interior Politics
Le président de la République contre la République
Ragip Duran, TVXS.GR, 29 octobre 2023
Le régime d’Erdogan a annulé toutes les cérémonies de célébration du
centenaire de la République turque. Le motif officiel est le deuil de
trois jours décrété pour commémorer les victimes Palestiniens. La
notion de République est en général identifiée à celle de M.Kemal
Ataturk par la majorité des Turcs. Cette dernière adore le fondateur de
la Turquie moderne d’une façon dogmatique.
M. R.T. Erdogan n’apprécie pas du tout, depuis le très jeune âge,
Ataturk. Il l’avait qualifié ‘’d’ivrogne’’. Le Président n’aime pas non
plus ni le mot ni le concept de la République. Le laïcisme est selon
lui une perversion contre l’Islam. Les islamistes et les nostalgiques
de l’ère Ottomane croient qu’Ataturk a mis fin au califat et a donc
combattu l’Islam. De même, la République, selon eux, est un régime qui
dégénère le caractère islamique de la société turque. De plus, les
islamistes accordent une importance capitale à ‘’l’oumma’’ (nation
islamique) et s’opposent contre le concept moderne de la ‘’Nation
Républicaine’’.
Alors que la Turquie fête, exactement le 29 octobre 2023, le centenaire
de la déclaration de la République, l’administration Erdogan garde le
silence (‘’Silence honteux’’, selon le sociologue Prof. Emre Kongar) et
elle est contente d’avoir déjà annulé toute cérémonie officielle sous
prétexte du deuil national de trois jours décrété pour commémorer les
victimes palestiniens. Cette déclaration de deuil est sévèrement
critiquée par l’opposition:
- Aucun pays arabe n’a pas déclaré de deuil !
- Est ce que la Turquie est obligée d’être en deuil pour une nation (La
Palestine) qui nous avait empoignardé du dos lors de la Première Guerre
Mondiale?
- Est ce qu’un seul pays arabe a déclaré le deuil pour nous, quand le
tremblement de terre avait frappé la Turquie?
On constate clairement le ton anti-arabe voire raciste dans ces
objections, déjà nourri par les sentiments contre les réfugiés syriens,
déjà plus de 5 millions vivant en Turquie.
Ce sont maintenant essentiellement les grands holdings et les ONG qui
célèbrent le centenaire. Les banques, les produits alimentaires font de
la publicité sur les écrans de TV et sur la toile grâce au centenaire,
mais en particulier grâce à Ataturk. Il s’agit essentiellement d’une
campagne de promotion, de propagande et d’agitation basée sur la
personnalité de M.K.Ataturk. Culte de la personnalité, en somme.
L’opposition d’Erdogan contre Ataturk a renforcé l’amour de la
population en particulier des opposants vis-à-vis du fondateur de la
République. Il est impossible de voir, de lire, d’entendre un seul mot
qui critique Ataturk. Ce dernier est par principe et par excellence,
même 85 ans après sa disparition, le Super Homme. Pour la très grande
majorité des fans d’Ataturk, la République ne se définit pas par la
démocratie, les droits de l’homme, la liberté et l’égalité des
citoyens, mais elle est conçue comme le régime crée par Ataturk.
Personne dans les médias ou à l’académie en Turquie ne parle du
Génocide arménien ni des répressions qu’ont subi les Grecs et autres
minorités chrétiens d’Anatolie lors de la création de la République
Kémaliste. Les politiques répressives du Parti unique d’Ataturk (CHP,
1923-1950) ne sont pas non plus mentionnées dans les interventions ou
les articles.
De son coté, Ergin Yildizoglu, dans sa chronique du quotidien
Cumhuriyet (Kémaliste), remarque qu’il s’agit depuis 21 ans,
c’est-à-dire depuis l’avènement au pouvoir d’Erdogan, ‘’d’un retour au
passé ’, car le régime a quitté progressivement les principes
républicains : Les règles du Siècle des Lumières, la modernité et le
laïcisme. Le chroniqueur estime que le régime actuel est dans le
processus du ‘’Fascisme’’.
Plusieurs intellectuels de gauche n’omettent pas d’accuser la
principale formation de l’opposition, le CHP (Parti Républicaine du
Peuple, Kémaliste, 130 sièges sur 600) car ce parti défend ‘’un
Kémalisme de garde-robe’’, ancien dogme d’apparence progressiste.
Sırrı Sureyya Onder, député du HEDEP (Parti de la Démocratie et de
l’Egalite des Peuples, kurdes et gauches, 57 sièges) avait, il y a 7
ans, déclaré sur l’écran ‘’qu’il ne devait rien à cette République, car
cette dernière avait dès le départ renié l’existence même des Kurdes,
des alévis et s’était opposé contre les droits de toutes les minorités
et contre ceux de la gauche’’. Il s’était plaint de la répression
policière et de l’armée contre les travailleurs et les activistes
pacifistes.
‘’Nous, les Turcs, nous sommes incapables de revoir objectivement notre
passé. Nous ne savons pas critiquer nos propres erreurs. Nous nous
consolons grâce à l’histoire officielle. Alors qu’il faut faire le
bilan de 1915 (Génocide arménien), de 1923 (Déclaration de la
République), de 1925 (Première révolte kurde)…Ainsi de suite. On ne
peut pas combattre la réalité pendant très longtemps’’ croit un
professeur de droit, en exile en Belgique.
Erdogan belligérant, antisémite et sponsor de Hamas
désire devenir intermédiaire
Ragip Duran, TVXS.GR, 14 octobre 2023
* Le
Président turc qui poursuit les bombardements sur la population
civile en Syrie, représente bien l’antisémitisme d’une grande partie de
la population turque est un des plus importants sponsors de Hamas, il
se présente maintenant comme un intermédiaire entre Israël et Palestine.
Les Kurdes de Turquie se
sentent comme les Ukrainiens ou les
Palestiniens, actuellement sous les bombes de Moscou et de Tel-Aviv.
Ils sont depuis longtemps bombardés par l’aviation turque en Syrie, en
Irak et dans l’est et le sud-est de ’Anatolie. Ce qu’on appelle ‘’La
Communauté İnternationale’’, expression diplomatique qui signifie les
capitales de l’Occident, qui a agit d’une façon différente, c’est à
dire avec deux poids deux mesures, contre les agressions de Poutine et
de Netanyahu, est presque complètement sourde et aveugle devant les
opérations militaires de l’armée turque en Syrie. Ce silence encourage
bien entendu l’Homme Unique d’Ankara, qui est incapable, même après sa
victoire électorale du 14 mai dernier, de résoudre les problèmes
économiques et financiers d’un pays qui souffre encore d’une crise
sociétale.
L’ancien Premier ministre d’Israël, M. Shimon Peres, lors de sa visite
en novembre 2007 à Istanbul avait répondu d’une façon laconique à la
question sur les Palestiniens d’un journaliste turc: ‘’Ne me posez pas
des questions sur les Palestiniens, je ne vais pas parler des Kurdes!’’
Faut-il admettre par ailleurs qu’Erdogan est une bête politique, qui
sait tirer des profits de tout conflit ? Ankara, qui avait relativement
de bonnes relations politiques et économiques et avec Moscou et avec
Kiev, a pu s’interposer entre les deux belligérants et a su trouver
quand même une solution temporaire pour l’exportation des céréales
ukrainiennes à travers la Mer Noire. Erdogan avait au départ du conflit
proposé ses services d’intermédiaire entre Poutine et Zelenski, mais
ces deux leaders ne l’avaient pas pris au sérieux. Moscou et Kiev ont
d’ailleurs aujourd’hui de sérieux doutes sur l'intégralité politique et
la sincérité du Président turc, qui n’est pas reconnu comme un allié
sûr par les deux pays.
Erdogan n’a pas perdu du temps pour encore une fois se présenter comme
un intermédiaire entre Israël et Hamas. Les deux belligérants n’ont
pas, encore une fois pris au sérieux la proposition du Président turc.
Du côté de la Palestine, bien qu’Erdogan a plusieurs fois reçu
officiellement à Ankara les dirigeants de Hamas et bien que plusieurs
militants de Hamas sont sous la protection du régime en Turquie, les
Palestiniens ne sont pas du tout contents des relations
diplomatico-économiques qui ne cessent de se développer entre Ankara et
Tel-Aviv. Erdogan, n’a pas récemment condamné les agissements
terroristes de Hamas. Le leader turc a même critiqué sévèrement la
position de Washington: ‘’ Qu’est-ce que cherche donc ce porte-avions
américain au Moyen-Orient?’’.
Les vols réguliers entre la Turquie et Israël de la compagnie publique
et ceux des compagnies privées turques ont été suspendus.
Du côté d’Israël, Erdogan n’inspire pas du tout confiance vis-à-vis de
Tel Aviv. Les discours chaleureux antisémites du Président turc depuis
au moins 40 ans sont bien accueillis par une grande majorité de la
population turque. Un détail intéressant : L’antisémitisme turc déteste
les Juifs, mais également les Arabes. Les Juifs, car la majorité des
Turcs croient que les petits-fils de Moise sont les ennemis jurés de
l’Islam et les Arabes ’, car ils nous ont empoignardés du dos lors de
la dissolution de l’Empire Ottoman’’. Les partisans d’Erdogan sont
devenus depuis l’avènement au pouvoir (2002) de leur idole beaucoup
plus pro-arabe que le reste de la population, car ‘’ils sont nos frères
de religion’’.
Alors qu’en Turquie toute manifestation politique, sociale ou
culturelle de masse des opposants sont interdites par les préfets,
plusieurs milliers de personnes ont manifesté le 8 octobre dernier à
Istanbul contre l’agression d’Israël et pour la solidarité avec la
Palestine. Des slogans religieux ont été fréquemment lancés lors de
cette manifestation.
Les services de renseignement d’Israël savent très bien les détails
concrets du soutien politique, économique et logistique accordés par
Ankara, aux responsables et activistes de Hamas.
Le pianiste turc de renommée internationale M. Fazil Say, a fait jeudi
sur son compte X, une déclaration pas très bien accuellie par les plus
de 500 milles sympathisans: ‘’Pour le moment, Erdogan est, sur la terre
toute entière, le leader qui a fait les meilleures et les plus justes
déclarations concernant la paix’’. Ancien Kémaliste pur et dur,
l’artiste chéri des opposants d’antan, il était invité au Palais
Présidentiel en 2019 par Erdogan, pour faire le gala d’une sonate pour
piano le 29 octobre journée de la Fête Nationale. L’opposition
officielle turque ne s’est pas opposée d’ailleurs contre les politiques
d’Erdogan en rapport avec le conflit Israel-Palestine.
‘’Paix dans le pays, paix dans le monde’’ disait Atatürk alors qu’il
avait déjà des conflits armés à la fois dans le pays et dans le monde.
‘’Guerre dans le pays, guerre dans le monde’’ insiste aujourd’hui
Erdogan.
Le diplomate en chef turc annonce et lance la guerre
contre les Kurdes en Syrie et en Iraq
Ragip Duran, TVXS.GR, 9 octobre 2023
* M.Hakan
Fidan, ancien chef des services de renseignements, nommé
récemment ministre des affaires étrangères d’Erdogan, a menacé mercredi
les Kurdes de Syrie et d’Irak. L’aviation turque a commencé jeudi à
bombarder les infrastructures civiles des Kurdes dans les deux pays
voisins.
‘’A partir de
maintenant, tous les objectifs d’infrastructure, de
suprastructure et des installations d’énergie du PKK (Parti des
Travailleurs du Kurdistan de la Turquie) et ceux des UPP (Unités de la
Protection du Peuple de la Syrie), en particulier en Irak et en Syrie,
sont devenus des objectifs légitimes pour nos forces de sécurité, nos
forces armées et les unités de nos services de renseignement’’ a
déclaré mercredi M. Fidan.
‘’La diplomatie devra en théorie être le métier des personnalités qui
sont chargées de trouver des solutions pacifiques et politiques aux
conflits entre les Etats, mais M. Fidan se comporte encore comme le
général d’une armée’’ remarque un ambassadeur en retraite à Istanbul.
Les médias kurdes de Turquie ont qualifié les déclarations de M. Fidan
d’’Appel au Génocide’’.
La police turque dans un communiqué écrit a révélé, sans donner de
détails et preuves concrets, que les deux ‘’terroristes du PKK’’
auteurs de l’attentat dimanche devant la Direction de Sûreté à Ankara,
étaient formés et venus de la Syrie du Nord, administrée par les
Kurdes. Mazlum Abdi, commandant en chef des Forces Démocratique de
Syrie, a réfute la thèse de la police turque. Il a rappelé que les
Kurdes de Syrie ne voulaient pas s’immiscer dans les affaires internes
de la Turquie et qu’ils ne provoqueront pas le conflit entre les Kurdes
de Turquie et Ankara. Selon Abdi, les forces armées turques qui ne
cessent pas de bombarder les territoires de Rojava (Le Kurdistan de la
Syrie) ‘’inventent encore un prétexte’’ pour attaquer de nouveau les
objectifs civils.
En effet, selon les informations de Rojava News, agence d’information
locale, plusieurs installations civiles, dont une usine de brique, un
champ pétrolifère, une voiture et une motocyclette ont été attaqués :
Au moins dix morts. Par ailleurs, l’AFP et Reuters précisent qu’un
centre et un véhicule militaires étaient également touchés. Les médias
turcs relatent ‘’50 points touchés en deux jours’’.
M. Fidan avait dans son avertissement ‘’conseillé les tierces parties
de rester loin des objectifs légitimes’’. Il s’agissait simplement et
clairement d’un message aux forces armées américaines qui soutiennent
sur place depuis longtemps les Kurdes de la région dans la lutte
commune contre l’Etat Islamique. Pentagone a confirmé jeudi qu’un F-16
américain a dû descendre un drone militaire turc en Syrie du Nord. ‘’Ce
fut un moment triste mais ce drone volait pas trop loin de nos troupes.
Sinon les Etats Unis d’Amérique soutient la Turquie dans sa lutte
contre le PKK’’ a déclaré le porte-parole du Pentagone. Il s’agit pour
la première fois d’un avion militaire américain qui descend un drone
d’un pays membre de l’OTAN.
Les menaces lancés par M. Fidan et les opérations de l’armée turque en
Syrie du nord tombent au moment où il y a beaucoup point
d’interrogation à propos de l’attentat du dimanche le 1er octobre. Les
deux auteurs ont été tués et deux policiers étaient légèrement blessés.
Plusieurs ministres, les chefs des armées et dizaines de responsables
politiques s’étaient rendus dimanche et lundi au ministère de
l'Intérieur pour présenter leurs messages de bon rétablissement et de
solidarité. Pratique peu commune pour un attentat si simple. Certains
observateurs estiment qu’il y a encore une concurrence entre l’ancien
et le nouveau ministre de l'Intérieur. Ce dernier a mis en écart
plusieurs cadres de son prédécesseur et de plus, il a mené plusieurs
enquêtes contre les groupes mafiatiques accusés d’être proche de
l’ancien ministre M. Suleyman Soylu.
Par ailleurs, Mme Aysenur Arslan, un journaliste avec plus de 40 ans de
métier, a émis, dans son émission quotidienne sur Halk TV (Opposition)
quelques doutes sur les auteurs de l’attentat. Ces derniers avaient tué
un jour avant l’attentat un vétérinaire à Kayseri, à 345 km. d’Ankara,
pour mettre main à sa voiture. Mme Arslan s’est demandé comment une
voiture pleine d’explosif et de fusils d’assaut a pu librement, sans
être contrôlé par la police faire ce trajet. Les autres spécialistes
ont également exprimé des doutes sur le choix de la journée et de
l’heure de l’attentat. Un dimanche matin vers 09 h 30 il n’y a presque
personne devant le bâtiment de la Direction de Sûreté.
Enfin, les commentateurs de politique étrangère n’oublient pas de
préciser que M. Hakan Fidan, qui avait toujours chaleureusement soutenu
les opérations de Bakou contre l’Arménie et le Haut Karabagh, a été
très probablement encouragé par le silence de la communauté
internationale devant l’initiative de M.Aliyev d’annexer le Haut
Karabagh.
M. Fidan, avec ses déclarations et les bombardements qui l’ont suivi a
pu également freiner le développement du débat sur les points sombres
de l’attentat du 1er octobre.
Constitutional
Court postpones review of Can Atalay's application
The Constitutional Court has postponed the review of the individual
application made by TİP MP Can Atalay, who is currently held in prison.
Atalay's hearing was scheduled for today. The reason cited for the
postponement is that a member judge in the General Assembly was not
prepared for the case.
The Constitutional Court (AYM) has postponed the review of the
individual application made by Can Atalay, Hatay MP from the Turkey
Workers' Party (TİP) who is still kept in prison after being elected a
deputy on the grounds of "violation of legislative immunity." Atalay
was sentenced to 18 years in prison in the Gezi trial. The review of
the file, which was previously scheduled for October 12, was postponed
due to a member judge in the General Assembly not being prepared for
the case.
While the date of the General Assembly meeting for Can Atalay has not
been announced, in a report by AYM rapporteurs, it was noted that Can
Atalay's rights had been violated.
What happened?
After being sentenced to 18 years in the Gezi Park trial and
subsequently elected as a Member of Parliament from Hatay, Can Atalay,
whose request for release and suspension of the trial was denied by the
Court of Cassation, made an individual application to the AYM.
The AYM Second Division referred Can Atalay's individual application to
the AYM General Assembly on October 5.
AYM General Assembly consists of 15 members. (gerçeknews, 5 October
2023)
Is Selcuk Bayraktar Turkey’s crown prince-in-waiting?
The meteoric rise of Selcuk Bayraktar, the chairman of the board and
chief technology officer of the Turkish aerospace group Baykar, has
sparked speculation about his potential role in Turkey's political
future, the Foreign Policy magazine said on Thursday.
His contributions to the field of military technology, particularly
through the production of the Bayraktar drones, have not only bolstered
Turkey's defense capabilities but also positioned him as a potential
contender for a significant role in Turkish politics, the FP said.
According to an analysis by Halil Karaveli posted on the Foreign Policy
web site, Bayraktar's journey from being a tech innovator to a possible
political figurehead has been closely observed in the context of
Turkey's evolving political landscape. As the ruling Justice and
Development Party (AKP) faces uncertainty and the 2024 local elections
loom, there is growing speculation about who might succeed President
Recep Tayyip Erdogan, and the heir could be his son in law, Sealcuk
Bayraktar.
“The chairman of the board and chief technology officer of the Turkish
aerospace group Baykar and the producer of the famous drones and
unmanned aircraft that bear his name, Bayraktar may be best placed to
fulfill that mission. Turkey’s military-technological achievements have
catapulted Bayraktar to public prominence, and he actively propagates a
popular form of techno-nationalism that transcends the
secular-religious divide,” the analysis said.
According to the FP, Bayraktar's unique appeal lies in his promotion of
techno-nationalism, a vision that transcends Turkey's traditional
secular-religious divide. This techno-nationalism, rooted in
self-confidence, aligns with Western interests and emphasizes Turkey's
military-industrial achievements. Bayraktar has played a pivotal role
in Turkey's shift toward self-sufficiency in military technology,
significantly reducing arms imports and increasing arms exports, making
Turkey one of the top drone exporters globally.
The Bayraktar drones, particularly the Bayraktar TB2, have played
decisive roles on various battlefields worldwide, including Ukraine,
Ethiopia, Libya, Syria, and Nagorno-Karabakh, earning a reputation as a
symbol of national pride.
Teknofest, an aviation, aerospace, and technology festival founded by
Bayraktar's Turkish Technology Team Foundation, has further highlighted
the growing appeal of techno-nationalism among the Turkish public. With
millions of visitors attending these festivals, it's clear that this
brand of nationalism resonates with a wide audience.
While Erdogan's political career evolved from liberal-conservative
reformer to a more nationalist stance, Bayraktar's techno-nationalism
offers a fresh perspective that appeals to a secular nationalist
constituency while maintaining Turkey's commitment to national grandeur
and power projection abroad. (gerçeknews, 6 October 2023)
Erdogan temporarily sidelines international diplomacy
amid health concerns
In a notable change to the President's hectic schedule, Recep Tayyip
Erdogan's immediate public engagements, including a crucial visit to
Spain, have been postponed due to a reported cold. The development,
however, has yet to wholly immobilize the Turkish leader, who remains
actively engaged in domestic political preparations.
Erdogan's morning engagements, including an AKP group meeting and a
much-anticipated visit to Spain, were promptly canceled following the
onset of the cold. Yet, the President, embodying his tenacious spirit,
made his way to the AKP headquarters later in the day. According to
reports from Anadolu Agency (AA), AKP Deputy Chairmen Binali Yildirim
and Efkan Ala, among other deputy chairpersons, welcomed the President.
Despite the unexpected health concern, Erdogan focuses on the AKP's 4th
Extraordinary Congress slated for Saturday, October 7.
The cancellation of the Spain visit marks a temporary interlude in the
international diplomatic circuit for Erdogan. A scheduled phone call
with Spanish Prime Minister Pedro Sanchez had set the stage for
discussions expected to traverse the intricate pathways of bilateral
relations and regional developments. (gerçeknews, 5 October 2023)
Turkey 'surrounded by terror threats,' according to
National Security Council
The National Security Council (NSC) convened its regular meeting in
Beştepe. In the statement issued by the NSC General Secretariat, it was
observed that the primary threat perception towards all of Turkey's
eastern neighbors was classified as "terrorism."
At the beginning of the statement, "all kinds of threats and dangers to
our national unity and solidarity, as well as to our survival" were
said to be caused by "PKK/KCK-PYD/YPG, FETÖ, and ISIS" listed as
components.
The developments that resulted in the loss of over a hundred lives in
Deir ez-Zor, Syria, were assessed as the "legitimate resistance of the
Syrian people against the PKK/KCK-PYD/YPG terrorist organization."
However, there was no mention of the large-scale humanitarian crisis
that began with mass migrations.
The activities of the UN Peacekeeping Force in Cyprus were referred to
as a "double standard attitude" towards the sovereignty of the Turkish
Republic of Northern Cyprus (TRNC).
All the points in the statement collectively painted a picture of
Turkey being surrounded by regional tensions and threats. The NSC's
description of the situation is as follows:
"Terrorism"
1. Information about operations conducted with determination, resolve,
and success both domestically and abroad against all kinds of threats
and dangers to our national unity and solidarity, as well as to our
survival, primarily including terrorist organizations such as
PKK/KCK-PYD/YPG, FETÖ, and ISIS, was presented to the Council.
"Clean-up" in Syria
2. It was noted that the legitimate resistance shown by the Syrian
people against the PKK/KCK-PYD/YPG terrorist organization, which kills
innocent people, forcibly recruits children, and exploits the natural
resources of the country, is the biggest obstacle to peace and
stability. The determination to cleanse the separatist terrorist
organization from our region was emphasized, and actors who continue to
support this criminal network were reminded of their obligations
arising from international law and human rights.
"Terror" in Kirkuk
3. It was indicated that Turkey will continue to provide maximum
support to the friendly and brotherly Iraqi people, who have been
facing significant challenges for nearly half a century. It was
underlined that preserving peace and completely eliminating terrorist
organizations in Kirkuk, which constitutes one of the most outstanding
examples of the culture of living together peacefully, is among the
main principles of our policy in the region.
"Double standard" in Cyprus
4. It was stated that the double-standard approach and activities of
the United Nations Peacekeeping Force towards the sovereignty of the
Turkish Republic of Northern Cyprus (TRNC) and the most basic
humanitarian needs of the Turkish Cypriots do not comply with the
obligation of neutrality and tarnish its reputation. In this context,
the need to put the activities of the peacekeeping force in the TRNC on
a legal basis through a written agreement with the TRNC authorities,
within the framework of the rights arising from international law and
treaties, was once again emphasized. It was highlighted that Turkey
will continue to be the guarantor of the security and peace of the
Turkish Cypriots within the framework of its rights arising from
international law and agreements.
"Ethnic cleansing" in Nagorno-Karabakh
5. It was reminded to all parties, especially Armenia, that the road to
lasting peace in the South Caucasus can only be opened by fully and
unconditionally establishing the territorial integrity and sovereignty
of Azerbaijan and fulfilling the obligations under international law
and commitments that will contribute to the prosperity of all countries
in our region. It was stated that Turkey will continue to support
efforts for permanent peace and stability in the region.
Black Sea Grain Initiative
6. Recent developments regarding the ongoing war in Ukraine and steps
that can be taken, including the revitalization of the Black Sea Grain
Initiative, were discussed. Turkey's determination to continue its
efforts to end the war promptly with a fair and lasting peace was
confirmed. (BIA, 29 September 2023)
Un
président aux mille visages
Ragip Duran,
TVXS.GR, 25 sept 2023
Seulement en trois
jours
à New York, lors de l’Assemblée Générale de l’ONU M. Erdogan a déclaré
de nouvelles positions politiques et exactement le contraire de ces
dernières. Diplomatiquement dit ‘’extrêmement flexible’’, mais en fait
sans principe, il est difficile de comprendre s’il fait partie du bloc
occidental ou bien du front russe. Il a été bizarrement assez gentil
vis à vis de deux pays, qu’il n’avait pas jusqu’à maintenant cessé de
blâmer : La Grèce et l’Israël…
Les journalistes et
les
observateurs découvrent à l’étranger un Erdogan presque complètement
différent de l’Erdogan local et national. Il donne des interviews, il
fait des discours assez différents par rapport à ce qu’il dit en
Turquie. Car il n’a probablement pas besoin de se justifier devant
l’opinion publique turque, incapable de le critiquer, vu que 90 pc. des
médias sont sous sa propre domination. De plus l’opposition de Sa
Majesté, autant nationaliste et Étatiste qu’Erdogan n’ose pas contester
comme il faut ses politiques erronées. Alors qu’à l’étranger, surtout
dans les pays démocratiques, les médias, les opinions publiques et
parfois même les gouvernements n’adorent pas ‘’Le Leader Mondial’’
comme l’appellent ses partisans.
Alors que
l’antisémitisme
du Président turc est bien connu, il a eu deux rencontres officielles
avec les représentants d’Israël à New York. La première, un tête-à-tête
avec le Premier ministre Netanyahu et la seconde une réunion à huis
clos avec l’ensemble des représentants et les hommes d’affaires de la
communauté juive des Etats Unis. En Turquie Erdogan se présente comme
le grand défenseur des Palestiniens, mais les relations politiques,
militaires et économiques entre Ankara et Tel-Aviv ont fait d’énormes
progrès depuis qu’il est au pouvoir.
Erdogan suit une
route
pleine de zig zag, de virages et de demi-tour au sujet de l'Union
européenne. Il avait réouvert le dossier de l’UE à la suite de sa
victoire électorale de mai 2023 et avait promis que la Turquie fera
tout le nécessaire pour être membre à part entière de l’UE. Mais il
avait récemment, suite au rapport du Parlement européen du 13 septembre
2023 violemment critiqué ‘’l’Europe’’ et avait même déclaré que ‘’la
Turquie pouvait quitter la route de l’Europe’’ comme si l’UE voulait
absolument intégrer Ankara dans son sein.
Faut-il le
reconnaître
qu’il a été relativement sincère et clair au sujet des relations
turco-russes lors de l’interview qu’il a accordé à la chaîne de
télévision publique américaine PBS: ‘’Nous avons autant de confiance à
la Russie qu’aux Etats Unis’’!. D’ailleurs, M.Erdogan, lors des
entretiens, tête à tête, appelle le nouveau tsar, ‘’Mon frère Poutine’’
alors que le Président américain est simplement ‘’M.Biden’’.
Il faut également
noter
que le Président turc a carrément réprimandé la journaliste américaine
du PBS qui avait posé des questions sur la violation des droits de
l’homme en Turquie. Aucun journaliste en Turquie n’a pas pu poser
jusqu’aujourd’hui des questions de ce genre à Ankara, car Erdogan ne
reçoit que des ‘’journalistes’’ de son camp et c’est lui qui prépare
également les questions.
Au sujet de l’attaque
de
Bakou, il n’a pas omis dans son discours de l’Assemblée Générale de
préciser que ‘’Le Haut-Karabagh est la terre de l’Azerbaïdjan’’.
Toujours incapable de
résoudre les problèmes économiques et financiers de la Turquie, malgré
des nominations des ministres soi-disant libéraux, Erdogan désire être
reconnu par le bloc occidental. Moscou avait déjà affirmé qu’Ankara
n’était pas un ‘’allié politique’’, Washington et Bruxelles n’ont
toujours pas de confiance vis à vis de le monarque turc. Erdogan ne
peut compter sur la scène internationale que sur au maximum trois pays:
L’Azerbaïdjan, le Koweït et l’Arabie Saoudite. Et cela pour des raisons
essentiellement de bon voisinage, de ressemblance idéologique et
d’intérêts financiers.
Le fait que le Maroc,
victime d’un tremblement de terre, a refusé récemment l’aide de la
Turquie ne fut pas une information publiée dans les médias turcs. Celui
qui voulait être le nouveau grand sultan du monde islamique a été bien
humilié, donc il faut censurer cette information.
Enfin, les médias
turcs
du régime ont présenté l’entretien entre Erdogan et Mitsotakis comme un
succès diplomatique. Sous le titre ‘’d’Erdogan a reçu le Premier
ministre grec’’, les écriveurs du régime ont précisé que les deux
leaders se sont entendus pour travailler conjointement sur le sujet des
réfugiés. Le même jour, un chroniqueur à la solde d’Erdogan, Nedim
Sener du quotidien Hurriyet, a proposé à l’armée turque ouvertement
d’occuper militairement les îles grecques de l’Egée. Et Erdogan de son
côté a répété que ‘’la Turquie poursuivra à recevoir des réfugiés
fuyant leurs pays en guerre’’.
Finalement, comparée
à
l’opinion publique turque, la communauté internationale, surtout le
monde occidental, n’a pas des sensibilités islamistes et elle est
beaucoup mieux informée sur Erdogan que l’homme de la rue turc. Donc
les efforts de propagande d’Erdogan, présentés comme des élans
diplomatiques, n’ont pas encore une fois atteint leurs buts.
Forces
armées/Armed Forces
Le
Parlement turc prolonge de deux ans
l'autorisation de son armée d'opérer en Syrie et en Irak
Le Parlement turc a prolongé mardi de deux ans le mandat de l'armée
l'autorisant à mener des opérations transfrontalières en Syrie et en
Irak.
Ce mandat a été accordé pour la première fois en 2013, lors de la
campagne internationale menée contre le groupe Etat islamique (EI), et
a depuis été renouvelé tous les ans.
En 2021, il a pour la première fois été renouvelé pour deux ans,
donnant au président Recep Tayyip Erdogan un mandat plus long afin de
poursuivre ses campagnes contre les forces kurdes.
"Il est essentiel pour la sécurité nationale de la Turquie de prendre
les mesures nécessaires, conformément au droit international, contre
toutes les sortes de risques, de menaces et d'actions pouvant
constituer une menace", indique le texte de la motion, signée par le
président Erdogan.
Ce texte prévoit également la possibilité d'accueillir des troupes
étrangères sur le sol turc.
Cette clause a suscité de vives critiques du CHP, le principal parti
d'opposition.
"En tant que nationaliste, je ne veux pas que des forces étrangères
mettent le pied sur le sol turc", a déclaré la semaine dernière le chef
de ce parti, Kemal Kilicdaroglu.
La Turquie a intensifié ses raids aériens transfrontaliers contre des
cibles kurdes dans le nord-est de la Syrie et le nord de l'Irak en
représailles contre un attentat à la bombe le 1er octobre à Ankara, qui
a blessé deux policiers et a été revendiqué par le PKK.
La Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène une insurrection
armée contre Ankara depuis des décennies, est considéré comme une
organisation terroriste par la Turquie et ses alliés occidentaux.
Des responsables turcs ont affirmé que les deux auteurs de cet attentat
étaient venus de Syrie. (AFP, 17 oct 2023)
Kosovo: la Turquie prend le commandement de la Kfor
pour la première fois
La Turquie a pris mardi, pour la première fois, le commandement de la
force de maintien de la paix de l'Otan au Kosovo (Kfor), dans une
période tendue, marquée par un fort regain de tensions entre Pristina
et la Serbie.
Le général Ozkan Ulutas sera pour les douze prochains mois à la tête
d'environ 4.500 hommes, venus de 27 pays.
Il s'est dit, lors de la cérémonie de prise de commandement, "conscient
de la responsabilité placée sur [ses] épaules dans la période sensible
que traverse le Kosovo".
Les tensions sont extrêmement vives entre le Kosovo et la Serbie depuis
la mort, le 24 septembre, d'un policier kosovar tué dans une embuscade.
Il aurait été abattu par un commando paramilitaire composé de Serbes du
Kosovo.
La police kosovare a lancé une opération contre ce groupe, qui s'était
retranché dans un monastère de l'Eglise orthodoxe serbe. Trois de ses
membres, tous des Serbes du Kosovo, ont été tués, trois arrêtés, et les
autres ont fui. Ces 24 heures ont généré les tensions les plus fortes
depuis des années entre la Serbie et le Kosovo.
La présence parmi le commando de Milan Radoicic, depuis longtemps
considéré comme le responsable politique serbe le plus influent dans le
nord du Kosovo, et comme un proche du pouvoir de Belgrade, a prolongé
la crise.
L'Otan s'était dit prête à renforcer sa présence au Kosovo après
l'attaque, et 600 militaires britanniques vont être déployés.
C'est la première fois que la Kfor, présente dans le pays depuis la
guerre de 1998-99, est commandée par la Turquie. (AFP, 11 oct 2023)
Nouvelles frappes aériennes turques contre des cibles en Syrie
Le ministère turc de la Défense a annoncé vendredi avoir lancé une
nouvelle vague de frappes aériennes contre des cibles kurdes en Syrie
en représailles à un attentat à la bombe à Ankara.
Cette annonce intervient quelques heures seulement après que le
ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan a discuté avec son
homologue américaine Antony Blinken de la destruction par les
Etats-Unis d'un drone de combat turc impliqué dans l'opération en Syrie.
Le ministère turc de la Défense a indiqué avoir touché vendredi soir 15
cibles kurdes dans le nord de la Syrie.
Les cibles comprenaient "des quartiers généraux et des abris" utilisés
par les forces kurdes sur lesquelles les Etats-Unis s'appuient pour
combattre le groupe Etat islamique en Syrie.
Lors d'un entretien téléphonique, M. Fidan a dit à M. Blinken que les
frappes aériennes d'Ankara en Syrie se poursuivraient "avec
détermination" malgré l'épisode de drones de jeudi, le premier du genre
entre les alliés stratégiques de l'Otan.
La Turquie a intensifié ses raids aériens transfrontaliers contre des
cibles kurdes dans le nord-est de la Syrie et le nord de l'Irak en
représailles à un attentat à la bombe à Ankara qui a blessé deux
policiers dimanche dernier.
Une branche du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), considéré
comme groupe terroriste par Ankara et ses alliés occidentaux, a
revendiqué la responsabilité du premier attentat à la bombe visant la
capitale turque depuis 2016.
La Turquie a conclu que les deux assaillants décédés lors de l'attaque
d'Ankara venaient de Syrie. L'opération turque en Syrie vise
principalement les installations pétrolières et autres installations
énergétiques contrôlées par les Unités de protection du peuple kurde
(YPG).
Le groupe fait partie des Forces démocratiques syriennes (FDS),
soutenues par les Etats-Unis - l'armée de facto des Kurdes dans la
région - qui ont mené la bataille visant à déloger les jihadistes du
groupe Etat islamique de la région en 2019.
Les FDS ont indiqué vendredi que huit civils figuraient parmi les 15
personnes tuées au cours des deux premiers jours des frappes turques.
Le soutien des Etats-Unis aux YPG a détérioré les liens d'Ankara avec
Washington depuis la défaite des jihadistes.
Washington a déclaré qu'un avion F-16 avait abattu le drone turc après
qu'il se soit approché des positions américaines soutenant les
combattants kurdes suffisamment pour être considéré comme une menace
pour la sécurité. (AFP, 6 October 2023)
Turkey’s FM
declares all PKK, YPG facilities ‘legitimate
targets’ following Ankara bomb attack
In a joint press conference with the Foreign Minister of Northern
Cyprus, Tahsin Ertuğruloğlu, Turkey's Foreign Minister Hakan Fidan
addressed the recent security concerns following an attack on the
General Directorate of Security in Ankara.
Responding to a question regarding the attack on the General
Directorate of Security, Minister Fidan pointed out that the assailants
came from Syria.
"Especially in Iraq and Syria, all the infrastructure, superstructure
facilities, and energy installations belonging to the PKK and YPG are
now the legitimate targets of our security forces, armed forces, and
intelligence units," Minister Fidan stated. He went on to advise third
parties to steer clear of PKK/YPG-affiliated facilities and individuals.
Minister Fidan emphasized that the Turkish Armed Forces' response to
the attack in Ankara would be "extremely clear." He added, "Those who
carried out such an act will regret it once again. I can say this now."
In another development, a high-level meeting was held at the Ministry
of National Defense, attended by Minister of National Defense Yaşar
Güler, Foreign Minister Hakan Fidan, Interior Minister Ali Yerlikaya,
Chief of the General Staff General Metin Gürak, and the Director of the
National Intelligence Organization İbrahim Kalın.
The discussions likely focused on the recent security situation and
measures to address ongoing concerns. (BIA 5 October 2023)
Turkey launches military operation near Iran border
The Turkish Armed Forces (TSK) has launched a military operation in
Hakkari, a predominantly Kurdish-populated province in the country's
east, targeting the Kurdistan Workers' Party (PKK).
The operation specifically targets the rural areas near the villages of
Aşağı Uluyol (Tilorana Jêr) and Yukarı Uluyol (Tilorana Jor) in the
Yüksekova district, near Turkey's border with Iran, Mezopotamya Agency
(MA) reported.
As part of this operation, a bridge used for accessing the Horê,
Beresor, and Conî plateaus from these villages has been sealed off by
soldiers utilizing armored vehicles. Additionally, a strict cordon has
been placed around the villages.
Those who own sheep in the Beresor Plateau found their passage
obstructed, preventing them from herding their livestock. This, in
turn, forced shepherds to return to their village without being able to
tend to their sheep.
Since the early morning hours, the military has been actively involved
in the operation, with numerous troops transported to the area using
armored vehicles. The region close to the Iran border has witnessed
heightened activity of reconnaissance and armed drones. (BIA, 22
September 2023)
Affaires
religieuses / Religious Affairs
Sword & sermon: Turkey condemns Palestine
'genocide' from Hagia Sophia
Turkey's President of Religious Affairs Ali Erbas, who led the Friday
prayers at Hagia Sophia, once again read the sermon with a sword in his
hand. In his sermon, Erbas described the events in Palestine as
genocide.
Erbas used strong language in his sermon, saying: "One of the greatest
atrocities in the history of humanity is taking place today in
Palestine, in Gaza. Innocent people, including babies, children, women,
and the elderly, are brutally slaughtered. Homes, mosques, schools, and
even hospitals are being mercilessly bombed. A great crime against
humanity is being committed before the eyes of the whole world."
He criticized the international response: "While thousands of innocent
people are dying at the same time, the world, which has lost mercy and
conscience, is only watching this genocide. The race, language, and
religion of the oppressed do not matter. We invite all humanity to
stand with the oppressed against the oppressor."
This is not Erbas's first use of a sword while delivering a sermon.
After Hagia Sophia was converted into a mosque, he read a sermon with a
sword in hand. He defended the act: "Reading a sermon with a sword is a
common practice that exists in our history and tradition." (gerçeknews,
20 October 2023)
Turkey's Alevi groups decry Gaza hospital attack, call for
justice and peace
A chorus of condemnation and a call for peace echo from various Alevi
organizations in the aftermath of the devastating attack on a hospital
in Gaza. The groups, while censuring Israel’s assault, also criticized
Hamas, underscoring the complexity of the violence that has gripped the
region and the world’s attention.
The Pir Sultan Abdal Cultural Association was unequivocal in labeling
the Israeli actions as “genocide,” illuminating the depth of its
revulsion at the loss of life. War, in the association's perspective,
epitomizes barbarism and stands as a cardinal crime against humanity.
“We cannot accept the attacks and brutality of the reactionary and
fundamental Hamas against civilians and innocent people,” the statement
noted, balancing its critique. However, it was adamant that Hamas’
actions do not grant Israel carte blanche to commit atrocities. The
massacre at the Gaza hospital, where hundreds perished and thousands
were injured, drew ire.
As a community with a history marred by massacres, the Alevi resonate
deeply with the agonies unfolding in Palestine. “Our hearts are
burning. Not only people but also humanity is dying in the region,” the
association lamented.
The Alevi Cultural Associations emphasized that upholding peace is a
collective responsibility. In a world where imperial and colonialist
powers continue to impose war, being advocates for peace and the
brotherhood of peoples is not just a moral stance but a “historical
responsibility.”
Similarly, the Haci Bektash Veli Anatolian Cultural Foundation anchored
its rebuke in human dignity, reminding of Haci Bektash Veli’s words,
“Even if he is your enemy, do not forget that he is a human being.” The
foundation called for the immediate lifting of the blockade against the
Palestinian people and demanded accountability for those turning the
region into an “open prison.”
Echoing this sentiment, the Black Sea Alevi Bektashi Federation labeled
Israel as a “terrorist organization,” underscoring that the events
unfolding in Palestine are not a war but a massacre. The federation’s
vehement language underscores the mounting international outrage over
the crisis. (gerçeknews, 19 October 2023)
Socio-économique
/ Socio-economic
Istanbul's
looming threat: Experts warn of impending
earthquake and tsunami
Anticipated seismic activity in the Sea of Marmara necessitates urgent
preventive measures.
In the aftermath of the devastating 1999 earthquake, Istanbul remains
on high alert as experts persistently warn of another imminent seismic
catastrophe. Assoc. Prof. Dr. Dogan Kalafat, Director of Bogazici
University Kandilli Observatory and Earthquake Research Institute
Regional Earthquake-Tsunami Monitoring and Evaluation Center, amplifies
these concerns, cautioning that an earthquake in the Sea of Marmara
could precipitate a tsunami.
During a presentation at the "Earthquake in All Aspects" symposium at
Trakya University, Kalafat emphasized Turkey's vulnerability to
earthquakes and the critical need for heightened awareness and
preparedness. His analysis suggests that an earthquake in the Sea of
Marmara would impact seven surrounding provinces and potentially
trigger a tsunami.
Kalafat highlighted the mechanics behind the anticipated tsunamis,
attributing them to landslides caused by the shaking of the seafloor.
The Sea of Marmara, he explained, contains three deep pits layered with
15-20 meters of alluvium. An earthquake, particularly one exceeding a
magnitude of 7, could dislodge these sediment layers, causing them to
flow into the sea and instigating a tsunami.
Referencing the 2011 Japanese earthquake and subsequent tsunami,
Kalafat underscored the imperative of evacuating coastal areas
immediately following an earthquake. Despite constructing 10-meter
flood walls in Japan's Sendai Bay, the tsunami waves, triggered by a
magnitude nine earthquake, easily surpassed 32 meters. This historical
precedent illustrates a tsunami's potential scale and impact in the Sea
of Marmara following a significant seismic event. (gerçeknews, 20
October 2023)
Les bâtisseurs turcs de Kinshasa, "encore plus
rapides que les Chinois"
Annie THOMAS, AFP, 19 oct 2023
Les Kinois n'en reviennent pas, de la vitesse à laquelle une entreprise
turque a construit un imposant complexe financier au coeur de la
capitale de la République démocratique du Congo, plus habituée aux
grands travaux chinois qu'à ces nouveaux bâtisseurs du continent
africain.
"Ça a changé brutalement", constate en riant un vendeur de rue,
contraint depuis un peu plus d'un an de déplacer sa marchandise au
rythme des changements de périmètre du chantier. "Ils travaillent jour
et nuit, encore plus vite que les Chinois", ajoute, un brin admiratif,
un agent de sécurité.
En février 2022, le président turc Recep Tayyip Erdogan venait en
visite officielle en RDC, son énième déplacement en Afrique.
Sous sa direction, Ankara s'est beaucoup investi sur le continent ces
deux dernières décennies, pour développer des liens diplomatiques mais
aussi économiques. Des entreprises turques ont par exemple construit
une mosquée au Ghana, des stades au Rwanda ou au Sénégal, des aéroports
dans plusieurs pays.
A Kinshasa, il avait conclu des accords de coopération concernant
notamment la sécurité, la défense et la construction d'infrastructures,
parmi lesquelles le "Centre des Finances" dont les travaux étaient
rapidement lancés, dans une concession située près de l'école turque,
dans la commune des affaires de la Gombe.
Il y avait à cet endroit, entre le palais de justice et le ministère
des Affaires étrangères, un rond-point pompeusement appelé Place de
l'Indépendance, orné d'une sorte de plateforme en ciment défraîchi
portée par des escaliers ne menant vers aucun monument.
Des visiteurs s'y promenaient parfois, entre les alignements de plantes
en petits sacs qu'achètent les occupants des villas avec jardin
construites dans le quartier du temps des colons belges.
Puis les palissades et bungalows de chantier sont apparus, vite dominés
par une demi-douzaine de tours de béton peu à peu recouvertes de
panneaux de verre.
Deux d'entre elles, d'une vingtaine d'étages, vont accueillir les
ministères des Finances et du Budget. Le complexe, qui comprend neuf
bâtiments au total, abritera aussi un centre de congrès, des bureaux,
un grand hôtel...
- Téléphérique -
Le maître d'oeuvre est l'entreprise Milvest, filiale de la holding
turque Miller.
Selon son PDG Turhan Mildon, qui donnait mi-septembre un point de
presse sur le site, ce chantier aura employé quelque 3.000 personnes -
1.800 Congolais et 1.200 Turcs.
Le coût des travaux est chiffré à 290 millions de dollars, pré-financés
par la compagnie, qui investit aussi 60 millions de dollars dans
l'hôtel dont elle assurera la gestion pendant 49 ans.
Le centre des finances doit être inauguré le 2 décembre. Avant les
élections prévues le 20 du même mois, auxquelles l'actuel président
Félix Tshisekedi est candidat à un second mandat.
Avec ses échafaudages poussiéreux, le chantier tout proche de la
nouvelle ambassade de Chine semblerait presque piétiner, et les
ouvriers chinois n'ont plus auprès des Congolais l'attrait de la
nouveauté.
Très présents dans le pays depuis l'époque de Mobutu Sese Seko
(1965-97), ils ont construit le "palais du peuple", siège du Parlement,
ou encore le stade des Martyrs, immense enceinte de 80.000 places.
Sous Joseph Kabila (2001-2019), aux termes d'un méga-contrat "mines
contre infrastructures", ils ont refait et agrandi de grandes avenues,
dont le boulevard du 30 Juin aux allures d'autoroute en pleine ville.
Sous Félix Tshisekedi, ils continuent à construire, entre autres un
gigantesque complexe culturel en cours d'achèvement.
Mais face à eux, la Turquie avance ses pions. En plus du centre
financier, la société Milvest est sur les rangs pour la rénovation et
l'extension de l'aéroport de Kinshasa, un projet initialement attribué
à une entreprise chinoise mais non abouti.
Il est aussi prévu la construction d'un téléphérique urbain dans un
secteur excentré, vallonné et embouteillé de Kinshasa, pour lequel
Milvest est en contrat avec la société française Poma, spécialiste du
transport par câbles.
Ce projet, encore dans sa phase administrative, intrigue
particulièrement les habitants de Kinshasa, une ville chaotique de 15
millions d'âmes où l'électricité et l'eau courante sont des denrées
rares dans certains quartiers.
Foot: avec l'Euro-2032, la Turquie touche enfin au but
Le cinquième essai devrait être le bon. Passée quatre fois à côté, la
Turquie est de nouveau candidate à l'organisation de l'Euro-2032 de
football, seule prétendante cette fois et associée à l'Italie.
L'une des plus prestigieuses compétitions sportives au monde, c'est ce
que le président Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir depuis 2002, rêve
d'offrir à son pays, où la population se débat dans une grave crise
économique qui ronge la monnaie et son pouvoir d'achat avec une
inflation à 60% sur un an.
La réponse est prévue mardi, à l'issue d'une réunion du comité exécutif
de l'UEFA, l'instance du foot européen.
L'intérêt d'Erdogan pour le ballon rond, le sport N.1 en Turquie, n'est
pas feint: le chef de l'Etat a joué en semi-professionnel dans sa
jeunesse et est un fan reconnu du grand club stambouliote de Fenerbahçe.
Alors accueillir à domicile la plus grande compétition sportive d'une
Europe dont il dénonce les "exigences" et qui persiste à lui fermer la
porte au nez "depuis 40 ans" serait mieux qu'un couronnement, une forme
de revanche.
L'enjeu est hautement symbolique: "le sport moderne a toujours été
perçu comme un moyen pour la Turquie de se forger une légitimité et
d'atteindre une forme d'égalité avec les autres nations du monde
occidental", rappelle Daghan Irak, maître de conférences en médias et
communication à l'université d'Huddersfield, au Royaume-Uni.
Recep Tayyip "Erdogan ne s'écarte pas de cette stratégie historique",
ajoute ce spécialiste du football turc.
Fin 2002, Erdogan arrivait au pouvoir comme Premier ministre quand la
Turquie, associée à la Grèce -dans une période de réchauffement des
relations entre les deux pays-, était éliminée de la course à
l'organisation de l'Euro-2008, remportée par l'Autriche et la Suisse.
Partie seule à la conquête de l'édition 2012, elle a été coiffée par le
couple Ukraine-Pologne. Pour 2016, c'est la France qui l'a doublée.
Enfin, pour l'Euro-2024, le rapport d'évaluation de l'UEFA avait
notamment pointé du doigt "l'absence d'un plan d'action dans le domaine
des droits de l'homme".
- Stades et droits humains -
Après quatre échecs, la Turquie, associée à l'Italie, est cette fois
protégée par l'absence de concurrents.
La situation des droits humains ne s'est toutefois pas améliorée avec
la réélection en mai dernier du chef de l'Etat, au pouvoir depuis 20
ans: il n'a pas fait montre de la moindre clémence, ni annoncé
d'amnistie envers les dizaines de milliers d'opposants emprisonnés.
La Cour de cassation turque vient de confirmer la "réclusion à
perpétuité aggravée", sans possibilité de libération anticipée et à
l'isolement complet, d'Osman Kavala, mécène et philanthrope accusé
d'avoir financé des manifestations antigouvernementales en 2013, en
faveur duquel l'Europe est régulièrement intervenue.
"Malheureusement, ces actions continuent de saper les perspectives de
la Turquie dans l'UE", a d'ailleurs réagi le rapporteur du Parlement
européen sur la Turquie, Nacho Sanchez Amor.
Lors des candidatures précédentes à l'organisation de l'Euro, l'état
des stades avait aussi desservi la candidature turque: mais cette fois,
le problème est réglé, assure Bagis Erten, contributeur au magazine
sportif Socrates et enseignant en communication sportive à l'université
Kadir Has à Istanbul.
"S'il y a une chose que l'AKP (le parti présidentiel, au pouvoir depuis
2002) sait faire, c'est bâtir. Ils adorent ça! Maintenant on a vraiment
beaucoup de bons stades", affirme-t-il.
Il cite des villes moyennes comme Trabzon, sur la mer Noire, Konya ou
Eskisehir en Anatolie centrale, ou encore Izmir, troisième ville du
pays, sur la côté égéenne (ouest).
"Nos stades sont désormais mieux préparés que dans bien d'autres pays",
assure-t-il.
Pour lui, la Turquie ne saurait s'aligner pour d'énormes compétitions
internationales comme les Jeux olympiques, "mais elle est tout à fait
en mesure d'organiser (un Euro), aussi bien sur le plan économique,
sécuritaire, que pour sa culture du foot avec les foules qui se rendent
au stade", comme elle l'a fait en juin dernier pour la finale de la
prestigieuse Ligue des champions remportée par les Anglais de
Manchester City.
"Maintenant, la Turquie est prête", affirme Bagis Erten.
Les stades turcs sont en outre connus pour leur ambiance survoltée.
Et puis, en matière d'intégration européenne, relève Daghan Irak,
"organiser un championnat international de football est bien plus
facile pour la Turquie d'Erdogan que de respecter les verdicts de la
Cour européenne des droits de l'homme". (AFP, 9 oct 2023)
Hatay's struggle echoes in Ankara
Eight months have elapsed since Hatay (Antioch) was rocked by a
devastating earthquake, leaving the city and its citizens in a
precarious state. In a press statement convened at Cemal Sureya Park,
Ankara, the victims, supported by several MPs, echoed their enduring
woes and the apparent neglect by the state.
Brought together by the People's Houses, the victims found solace and
strength in unity, their cries for help accompanied by MPs from the
Green Left Party and EMEP. As the victims narrated their ordeal,
slogans like "We will rebuild Hatay" filled the air, declaring their
unwavering spirit.
A city drowned in dust
Berna Demirdas of Halkevleri commenced the press address with a
poignant recount of the citizens' ordeal. "We were unheard, unaided,
and left to contend with the aftermath alone," she asserted.
Unsupervised demolitions following the earthquake have choked the city
with dust, health facilities are inaccessible, and students are without
qualified schools.
Yet, amid the despair, solidarity has birthed infirmaries and training
areas. "We realized there's no state aid coming; there is only us, the
citizens, and our unwavering spirit of solidarity," Demirdaş asserted.
Unheard and unseen
Sezai Diyapoglu, a survivor, took the platform to convey the muted
pleas of the victims. Their fundamental rights to shelter, education,
and health remain elusive for eight months. "We are in Ankara today
because they have not seen or heard Hatay," Diyapoglu affirmed. Their
presence was a stark reminder of the state's unmet responsibilities.
Particular policy or neglect?
MP Tulay Hatimogullari accused the government of implementing a
'special policy' towards Hatay, neglecting the city and its citizens.
The failed responsibility has bred an environment where fires break out
in containers and tents are submerged in floods.
Nebiye Merturk, chairperson of People's Houses, emphasized the
neglected state of Hatay. "The government sees rent; we see a life to
be rebuilt," she declared, condemning the rejection of parliamentary
questions regarding Hatay with AKP-MHP votes.
Lies uncovered
EMEP's Sevda Karaca pulled no punches in highlighting the blatant lies
peddled to cover the government's inaction. She promised continued
efforts to expose these truths. "They are trying to veil our reality
with lies, but we will continue raising our voice," Karaca affirmed.
(gerçeknews, 6 October 2023)
L'inflation
grimpe à 61,5% sur un an en septembre
L'inflation a atteint 61,5% sur un an en septembre en Turquie, au plus
haut depuis décembre 2022, selon les données officielles publiées mardi.
La hausse des prix à la consommation, alimentée notamment par la
dépréciation de la livre turque, s'est établie à 4,75% sur un mois.
L'inflation, en plein rebond depuis juillet, avait reflué à 38,2% sur
un an en juin, son plus bas niveau en un an et demi, après avoir
culminé à 85,5% en octobre 2022.
Elle avait atteint 58,9% en août, avec une très forte hausse des prix
sur un mois (+9,1%), après une accélération déjà marquée en juillet
(+9,6%).
Quoique élevés, les chiffres officiels sont contestés par les
économistes indépendants du Groupe de recherche sur l'inflation (Enag),
qui calculent la hausse des prix à la consommation à 130,1% en
glissement annuel.
La banque centrale turque, qui a relevé son principal taux directeur de
8,5% à 30% depuis juin afin d'endiguer l'inflation, a annoncé fin
septembre de nouvelles hausses des taux "jusqu'à amélioration
significative des perspectives d'inflation".
Des économistes estiment toutefois que l'inflation poursuivra sur une
trajectoire ascendante jusqu'au second trimestre 2024 au moins.
Prise dans une spirale dévaluation-inflation, la Turquie connaît une
inflation à deux chiffres sans discontinuer depuis fin 2019, rendant le
coût de la vie difficilement supportable pour de nombreuses familles.
(AFP, 4 oct 2023)
Relations
turco-européennes / Turkey-Europe Relations
Retour à "la solitude précieuse" de la diplomatie
turque
Ragip Duran, TVXS.GR, 21 octobre 2023
Ankara voulait profiter des contradictions entre les parties en conflit
pour s’ériger en intermédiaire valable mais devant l’intensité de la
polarisation la diplomatie turque n’est plus prise au sérieux par les
forces en guerre. Après l’échec en Ukraine, maintenant, le problème
palestinien désavoue les initiatives astucieuses et rusées du régime
d’Erdogan.
Le Président turc se nourrit de conflits. Que ce soit sur le plan
national ou régional et international, s’il n’y a pas de conflit,
Erdogan est très habile d’en inventer. Il croit qu’il peut toujours
tirer des profits de tout conflit. Ce qui n’est pas le cas dans tous
les exemples.
Sa politique extérieure est qualifiée de ‘’flexible’’ par ses
partisans, mais les observateurs indépendants et les opposants
déclarent qu’il s’agit purement et simplement d’une politique
‘’opportuniste, sans principe voire sans perspective’’.
Erdogan, qui avait déjà de bonnes relations avec et Moscou et Kiev,
voulait poursuivre ses liens avec les deux capitales. Poutine était son
‘’frère’’ et il vendait des drones à Zelenski. Mais quand la
contradiction entre la Russie et l’Ukraine était devenue antagoniste,
voire inconciliable, les deux capitales ont commencé à se méfier
d’Ankara. On ne pouvait pas être simultanément pro-russe et
pro-ukrainien.
Quant au conflit israélo-arabe le problème est encore plus compliqué,
car la très grande majorité de la population turque est du côté de la
Palestine, certains pour des raisons religieuses et d’autres par
sympathie politique. Cette même majorité déteste Israël, certains par
antisémitisme d’autres pour des raisons politiques.
Erdogan a une mission très difficile à remplir : il doit paraître
anti-américain, anti-occident et contre l’Etat d’Israël pour répondre
aux attentes de son électorat. Mais il est par ailleurs obligé de
poursuivre de bonnes relations avec Washington et Bruxelles, car la
Turquie est membre de l’OTAN et de plus candidat pour devenir membre à
part entière de l'Union européenne. Les contraintes économiques et
financières obligent la Turquie à maintenir des relations au moins
normales avec le monde occidental.
Le Président turc avait promis, tout de suite après sa victoire
électorale du 14 mai 2023, d’améliorer les relations
politico-diplomatiques avec l’Europe. Les relations diplomatiques avec
Tel-Aviv devraient être renouvelées. Mais ces promesses n’ont pas été
du toutes réalisées. Car le régime du Monarque insiste toujours à
violer les règles fondamentales de la démocratie et des Droits de
l’Homme en Turquie. Par ailleurs, il continue à soutenir Hamas et
critique sévèrement, de plus avec un ton antisémite, Israël. Ce dernier
a récemment retiré d’Ankara l’ensemble de ses diplomates et tous les
citoyens d’Israël en Turquie sont appelés à rentrer immédiatement au
pays.
Les Turcs, en particulier les musulmans, les islamistes et les gens de
la gauche continuent à manifester en masse leur colère devant les
bâtiments diplomatiques d’Israël et des Etats Unis. Celui qui avait
proposé dès le premier jour du conflit ses services d’intermédiaire
entre Tel Aviv et Hamas n’est plus considéré comme un correspondant
neutre et valable par Israël. Les Palestiniens ne comptent plus sur
Erdogan qui n’avait pas cessé d’encourager le développement des
relations économiques entre la Turquie et Israël.
M. Ibrahim Kalın, ancien porte parole du Président Erdogan, aujourd’hui
chef des services de renseignement (MİT) avait inventé en 2013 la
formule de ‘’Solitude Précieuse’’ pour qualifier la diplomatie
d’Ankara, quand cette dernière était isolée à la fois du monde
occidental et du Moyen-Orient. Les opérations diplomatico-politiques
voire militaires du régime d’Erdogan n’ont pas pu briser cette
isolation malgré toutes les initiatives abracadabresques en Irak et
Syrie, dans les Caucases, dans la mer Égée et en Libye.
Faut-il aussi remarquer que l’engagement aveugle du côté d’Israël des
principales forces du monde occidental, à commencer par celui de
Washington, de Londres, de Berlin... renforce indirectement le Monarque
turc.
‘’La Turquie, un pays musulman, ancienne superpuissance du
Moyen-Orient, désire en même temps faire partie du monde occidental,
mais elle n’est pas arrivée à maintenir ni sa position dans le monde
islamique ni à s’intégrer dans le cercle des pays civilisés’’ constate
un professeur de droit en exil en Belgique. ‘’La solitude précieuse de
la diplomatie d’Ankara n’a désormais rien de précieux’’ conclut-il.
Le Conseil de l'Europe appelle la
Turquie à "libérer immédiatement" Osman Kavala
L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) a demandé à
Ankara de libérer "immédiatement le défenseur des droits humains, Osman
Kavala", dans une résolution qui a été qualifiée d'"erreur historique"
par le gouvernement turc vendredi.
La résolution a été adoptée par 44 voix contre 18 à l'issue d'un débat
jeudi soir.
L'homme d'affaires et philanthrope, âgé de 66 ans, a été arrêté en
octobre 2017 puis condamné en 2022 à la perpétuité par la justice
turque pour "tentative de renversement du gouvernement" via le
financement des manifestations dites du "mouvement de Gezi" en 2013.
Sa condamnation a été confirmée fin septembre par la Cour de cassation
turque, en dépit d'un arrêt de 2019 de la Cour européenne des droits de
l'homme (CEDH), bras judiciaire du Conseil de l'Europe, qui a jugé la
détention de M. Kavala contraire à la Convention européenne des droits
de l'homme et demandé sa libération.
Pour l'APCE, les activités d'Osman Kavala qui ont abouti à sa
condamnation relèvent "du rôle classique d'un défenseur des droits
humains", et aucun élément "n'indique un comportement criminel".
"Les éléments de preuve présentés contre lui dans le dossier n'étaient
pas crédibles pour justifier ne serait-ce qu'un soupçon raisonnable
qu'il ait commis ces infractions, sans parler des poursuites ou de la
condamnation", indique l'APCE. "Osman Kavala relève de la définition de
prisonnier politique."
Son maintien en détention, malgré la décision de la CEDH, constitue
"une tragédie pour l'État de droit et la justice" en Turquie, déplore
l'Assemblée. Le gouvernement turc "a l'obligation d'exécuter les arrêts
contraignants de la Cour et tout refus de s'y conformer est
incompatible avec ses obligations internationales".
Elle demande aux Etats membres du Conseil de l'Europe et de l'Union
européenne d'imposer "des sanctions ciblées aux fonctionnaires" turcs
"responsables" de la détention et de la condamnation d'Osman Kavala.
Dans un communiqué, le ministère turc des Affaires étrangères a dénoncé
l'adoption de cette résolution, qualifiée d'"erreur historique". "Avec
cette initiative, l'APCE instrumentalise les processus judiciaires pour
des raisons politiques (...), cela va à l'encontre des valeurs
démocratiques", a-t-il réagi.
Lundi, Osman Kavala s'est vu attribuer le Prix des droits de l'Homme
Vaclav Havel du Conseil de l'Europe.
L'APCE réunit 324 parlementaires issus des 46 Etats membres du Conseil
de l'Europe, soit les pays qui ont ratifié la Déclaration européenne de
sauvegarde des droits de l'Homme. (AFP, 13 oct 2023)
Les corapporteurs de l'APCE consternés par la
décision de la peine d'Osman Kavala
Strasbourg, 29.09.2023 – « Nous souhaitons exprimer notre vive
consternation suite à la décision de la Cour de cassation turque
confirmant la peine de prison à perpétuité aggravée du philanthrope
Osman Kavala. Cette décision a été rendue au mépris de deux arrêts de
la Cour européenne des droits de l'homme ordonnant sa libération », a
déclaré aujourd'hui John Howell (Royaume-Uni, CE/AD) et Stefan
Schennach (Autriche, SOC), corapporteurs de l'Assemblée parlementaire
du Conseil de l'Europe (APCE) pour le suivi de la Türkiye.
« Nous sommes également choqués par la confirmation par la Cour des
peines prononcées contre quatre autres accusé·e·s dans le procès de
Gezi, tout en prenant note avec satisfaction de l'ordre de libération
de trois autres éminent.e.s militant.e.s de la société civile qui
restent sous contrôle judiciaire, notamment l'ancien directeur de
l’École d’études politiques du Conseil de l’Europe ».
« Nous sommes, d’une manière générale, extrêmement déçus de cette
décision », ont ajouté les corapporteurs.
« Nous, ainsi que le Conseil de l’Europe, continuerons à faire pression
sur les autorités turques pour qu'elles se conforment aux arrêts de la
Cour européenne des droits de l'homme et libèrent tous les accusé.e.s
», ont-ils conclu.
M. Kavala est l'un des trois candidat·e·s présélectionné·e·s pour le
Prix des droits de l'homme Václav Havel, qui sera décerné le 9 octobre
à Strasbourg, lors de la Session plénière d'automne de l'APCE. Un débat
d'urgence a été demandé pour discussion pendant la Session sous le
titre « Appel à la libération immédiate d'Osman Kavala ».
CEDH: Ankara épinglé pour une condamnation pour
l'usage d'une messagerie
La Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) a épinglé mardi la
Turquie qui a condamné un homme pour appartenance à une organisation
terroriste armée en se fondant sur sa simple utilisation de
l'application de messagerie cryptée ByLock.
ByLock est considérée par Ankara comme l'outil de communication
privilégié des responsables présumés du putsch manqué de 2016, qui a
fait 250 morts et a été suivi d'arrestations massives ainsi que de
purges d'une ampleur sans précédent dans l'histoire moderne de la
Turquie.
Dans l'affaire jugée par la CEDH, un enseignant turc d'une cinquantaine
d'années, Yuksel Yalcinkaya, a été arrêté en 2016 et placé en détention
provisoire car il était soupçonné d'appartenir à FETÖ/PDY
("Organisation terroriste fethullahiste/Structure d'État parallèle").
Jugé l'année suivante, il a été reconnu coupable et condamné à six ans
et trois mois de prison, une peine confirmée par la cour d'appel
régionale d'Ankara puis par la Cour de cassation. En 2019, la Cour
constitutionnelle a déclaré irrecevable le recours formé par
l'intéressé.
La CEDH constate que le simple fait qu'il utilisait ByLock a constitué
l'élément de preuve déterminant contre lui.
Le ministre de la Justice Yilmaz Tunç a vivement réagi à cette
condamnation "inacceptable" dans un long message sur X (ex-Twitter).
"Il est inacceptable que la CEDH outrepasse son autorité et rende une
décision de violation (...) pour
une affaire dans laquelle nos autorités judiciaires à tous les niveaux,
du tribunal de première instance à l'appel, de la Cour suprême à la
Cour constitutionnelle, ont estimé que les preuves étaient suffisantes"
s'insurge M. Tunç.
Pour la Cour en revanche, "les juridictions turques ont purement et
simplement assimilé l'utilisation de ByLock au fait d'être sciemment et
volontairement membre d'une organisation terroriste armée,
indépendamment de la teneur des messages échangés ou de l'identité des
correspondants. Les juridictions n'ont pas non plus établi que tous les
éléments constitutifs de l'infraction (notamment l'intention
nécessaire) étaient réunis."
"Cette interprétation extensive de la loi a eu pour effet de créer une
présomption quasi automatique de culpabilité reposant sur la seule
utilisation de ByLock, qui a rendu presque impossible pour le requérant
de se disculper des accusations portées contre lui".
Dans un arrêt de Grande Chambre, sa formation suprême, la Cour basée à
Strasbourg condamne la Turquie pour violation de l'article 7 (pas de
peine sans loi) de la Convention européenne des droits de l'homme,
violation de l'article 6
(droit à un procès équitable) et de l'article 11 (liberté de réunion et
d'association).
Elle condamne la Turquie à verser au requérant la somme de 15.000 euros
pour "frais et dépens".
Au-delà de ce cas individuel, environ 8.500 requêtes similaires sont
actuellement examinées par la CEDH, bras judiciaire du Conseil de
l'Europe, qui rassemble 46 pays du continent. De très nombreuses autres
pourraient être introduites car les autorités ont identifié environ
100.000 utilisateurs de ByLock. (AFP, 26 sept 2023)
Turquie-USA-OTAN /
Turkey-USA-NATO
Erdogan:
l'Occident est le "principal coupable" des
massacres à Gaza
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé samedi l'Occident
d'être "le principal coupable des massacres à Gaza" et Israël de
commettre "des crimes de guerre".
"Les principaux coupables des massacres à Gaza sont les Occidentaux. A
l'exception de quelques consciences qui ont élevé la voix, (ces)
massacres sont totalement l'oeuvre de l'Occident", a lancé le chef de
l'Etat, lors d'un "meeting de soutien à la Palestine" qui a rassemblé
plusieurs centaines de milliers de personnes sur l'ancien aéroport
Atatürk d'Istanbul.
Dans un discours virulent à leur encontre, le chef de l'Etat turc a
interpellé les puissances occidentales en les soupçonnant de "créer une
atmosphère de croisades" contre les musulmans.
"Je le demande à l'Occident: allez vous créer une nouvelle atmosphère
de croisades à l'encontre du Croissant?", emblème de la religion
musulmane, a-t-il martelé.
"Chacun sait qu'Israël ne peut pas faire un pas sans eux", a-t-il
enchainé, en reprochant aux grandes puissances occidentales de n'avoir
pas appelé à un cessez-le-feu.
"Vous avez pleuré les enfants tués en Ukraine, pourquoi ce silence face
aux enfants tués à Gaza?", a-t-il lancé.
Assurant que 1,5 million de personnes assistaient au meeting, il a
accusé Israêl de "crimes de guerre". "Israël, nous vous déclarerons
devant le monde entier criminel de guerre", a-t-il dit: "Israël, vous
êtes les occupants, les envahisseurs".
"Bien sûr, chaque pays a le droit de se défendre, mais où est la
justice? Ce qui se passe à Gaza n'est pas de l'autodéfense mais un
massacre", a poursuivi le président turc.
Ces déclarations ont conduit Israël à rappeler ses diplomates en
Turquie.
"Etant donné les graves déclarations en provenance de Turquie, j'ai
ordonné le rappel des représentants diplomatiques afin de réévaluer les
relations entre Israël et la Turquie", a posté le ministre israélien
des Affaires étrangères Eli Cohen samedi soir sur X (anciennement
Twitter).
Israël avait déjà demandé le 19 octobre dernier à ses diplomates en
poste en Turquie de quitter temporairement le pays par "mesure de
sécurité".
Le président Erdogan a également appelé les Israéliens au "dialogue":
"Ecoutez nos appels au dialogue, faites un pas dans la bonne direction
pour vous et vos enfants. Nous pensons qu'il n'y aura pas de perdants à
une paix juste", a-t-il dit.
M. Erdogan a dans les jours précédents durci son ton à propos des
bombardements menés par Isräel à Gaza en représailles à l'attaque
sanglante du Hamas le 7 octobre qui a fait 1.400 morts selon les
Israéliens.
Il avait annoncé mercredi renoncer à tous ses projets de déplacement en
Israël et stigmatisé l'incapacité des Occidentaux à arrêter la guerre à
Gaza, où plus de 7.700 Palestiniens ont été tués selon le ministère du
santé du Hamas.
"Le Hamas n'est pas un groupe terroriste, c'est un groupe de
libérateurs qui protègent leur terre", avait-t-il dit, s'attirant les
foudres d'Israël. (AFP, 28 oct 2023)
Otan: Erdogan soumet l'adhésion de la Suède au
parlement turc
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a soumis officiellement lundi au
parlement turc la demande d'adhésion de la Suède à l'Otan, après
dix-sept mois de blocage, a indiqué la présidence turque.
"Le protocole d'adhésion de la Suède à l'Otan a été signé le 23 octobre
2023 par le président Recep Tayyip Erdogan et renvoyé à la Grande
Assemblée nationale de Turquie", a affirmé la présidence dans un
message publié sur le réseau social X (ex-Twitter).
Le président Erdogan avait levé en juillet son veto à l'adhésion de la
Suède à l'Alliance atlantique, précisant toutefois que la ratification
dépendrait du parlement turc qui a repris ses travaux le 1er octobre
après leur suspension estivale.
M. Erdogan, qui s'est entretenu samedi par téléphone avec le secrétaire
général de l'Otan Jens Stoltenberg, a continué depuis l'été de mettre
la pression sur la Suède pour qu'elle prenne des mesures contre les
profanations de Coran qui ont envenimé les relations entre les deux
pays.
Ankara reproche en parallèle aux autorités suédoises leur mansuétude
présumée envers les militants kurdes réfugiés sur leur sol et réclame
l'extradition de dizaines d'entre eux.
La Turquie est avec la Hongrie le dernier des 31 Etats membres de
l'Otan à ne pas avoir ratifié l'adhésion de la Suède.
Ankara avait validé l'entrée de la Finlande le 30 mars dernier,
dissociant son cas de celui de Stockholm. (AFP, 23 oct 2023)
Contre l'arrogance du sanctionnateur mondial, un
tribunal international à Bruxelles
Siempre con Cuba, une plateforme du mouvement de solidarité
internationale, a confirmé, via le réseau social X, la tenue de cet
événement au cours duquel seront dénoncées les agressions contre le
peuple cubain, qui fait face à cette politique, qualifiée d'illégale et
de génocidaire, en violation de ses droits.
Plusieurs générations de Cubains ayant vécu sous ce siège économique
seront présents pour témoigner contre cette politique qui prive la
nation des revenus nécessaires pour acheter des aliments, du carburant
et des matières premières pour la production, y compris des médicaments.
Des organisations sociales, syndicales, politiques et juridiques
d'Europe, d'Amérique latine et des États-Unis ont présenté, lors du
Sommet des peuples Bruxelles-2023, l'appel à ce Tribunal international
contre le blocus imposé à Cuba.
La politique agressive et unilatérale des États-Unis contre l'Île s'est
aggravée depuis 2019, sous l'administration de l’ancien président
Donald Trump (2017-2021), qui, en plus de dicter 243 mesures pour
renforcer le blocus, a de nouveau inclus Cuba dans la liste fallacieuse
des pays qui, soi-disant, soutiennent le terrorisme, dans laquelle son
successeur à la Maison-Blanche, Joe Biden, a maintenu la nation
caribéenne.
De nombreuses voix dans la communauté internationale s'élèvent contre
cet embargo. Ainsi à l'Assemblée générale des Nations unies, de
nombreuses résolutions proposant aux États-Unis de cesser leur embargo
sur Cuba ont été votées, à une très large majorité. En juin 2021, seuls
deux États, les États-Unis et Israël, sur plus de 190 ont voté contre
la résolution demandant la fin totale de l'embargo.
Récemment, le ministre cubain des Relations extérieures, Bruno
Rodriguez Parrilla, a déclaré que les États-Unis ignoraient les appels
à l'élimination, sans conditions, de cette politique unilatérale,
extraterritoriale et génocidaire.
Erdogan critique Blinken qui s'est présenté comme
"juif" en Israël
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé vendredi les propos du
chef de la diplomatie américaine Antony Blinken qui a dit s'être
présenté en Israël comme secrétaire d'Etat "mais aussi comme juif".
"Que diriez vous si quelqu'un vous affirme 'Je me présente dans la
région comme un musulman'? Regardez, nous ne faisons pas de distinction
entre Juif, Turc ou autre. Il faut d'abord approcher l'autre comme un
être humain", a martelé le chef de l'Etat.
"Je me présente devant vous non seulement en tant que secrétaire d'Etat
des Etats-Unis, mais aussi en tant que juif" a déclaré Antony Blinken
jeudi devant la presse à Tel Aviv.
"Ne voyez vous pas qu'il s'agit d'enfants martyrisés, de mères?", a
continué M. Erdogan devant un forum de chefs d'Etat et représentants
africains à Istanbul.
"Nous n'avons jamais approché les choses de cette façon", a-t-il
insisté.
Le président turc a par ailleurs reproché aux Etats-Unis "d'envoyer un
porte-avion" au large d'Israël quand la Turquie dépêche de l'aide
humanitaire pour la population de Gaza, via Rafah en Egypte.
Un avion militaire turc est vendredi parti en Egypte chargé de vivres
et de médicaments, a-t-il précisé. (AFP, 13 oct 2023)
US sanctions Turkey and UAE-based tanker owners over
oil price cap on Russia
The U.S. on Thursday imposed the first sanctions on owners of tankers
carrying Russian oil priced above the G7's price cap of $60 a barrel,
one in Turkey and one in the United Arab Emirates, in an effort to
close loopholes in the mechanism designed to punish Moscow for its war
in Ukraine, Reuters reported on Friday.
Last year, the US, along with other G7 countries and Australia, jointly
imposed a price cap, which prohibits Western companies from providing
maritime services, including insurance, finance, and shipping, for
Russian seaborne oil exports exceeding $60 per barrel. The intention is
to curtail Russia's income from oil exports while ensuring a consistent
flow of oil to global markets. Similar caps were also introduced on
Russian fuel exports.
The US President, Joe Biden's administration, has placed sanctions on
Turkey-based Ice Pearl Navigation SA, the owner of the Yasa Golden
Bosphorus tanker. According to the US Treasury, this vessel carried
Russian ESPO crude priced above $80 a barrel after the price cap went
into effect in December of the previous year. Furthermore, the US
imposed sanctions on UAE-based Lumber Marine SA, the owner of the SCF
Primorye, which was found carrying Novy Port Russian crude priced above
$75 per barrel.
A senior Treasury official, speaking on condition of anonymity,
explained that these actions are just the beginning. "Because of the
actions we're announcing today, and the further actions we will take in
the coming weeks and months, these costs will continue to rise and
Russia's ability to sustain its barbaric war will continue to weaken."
Under these sanctions, the US has identified and blocked access to all
property and interests owned by these companies on American soil.
The coalition responsible for enforcing the price cap also issued
recommendations for the maritime industry, including requirements for
"appropriately capitalized" protection and indemnity insurance, agreed
protocols on the use of Automatic Identification Systems, and enhanced
checks of high-risk ship-to-ship cargo transfers.
Notably, both tankers had conducted port calls in Russia and used
US-based service providers while transporting Russian oil. However, the
Treasury did not respond to inquiries about these providers. A price
cap coalition official clarified that US service providers would not
face sanctions if they had been provided false or misleading
information about the price of Russian oil by others in the shipping
chain.
Turkey's Yasa Holding, the operator of the Golden Bosphorus, claimed to
have necessary documentation from major London insurers to carry
Russian origin cargoes. They also stated that it had been their company
policy for over a year not to carry Russian crude. Currently, the
vessel is under a time-charter for three to five months with Exxon
Mobil, which clarified that it does not trade Russian oil or oil
products, stating that the deliveries were certified products of
Canadian origin.
Despite the price cap, Russian crude oil exports have remained
significant. The International Energy Agency (IEA) estimated that
Russian crude oil exports stood at 4.9 million barrels per day, down
about 100,000 bpd from the May-June average. However, Russia's total
exports of crude oil and products in September increased by 460,000 bpd
to 7.6 million bpd, with crude accounting for 250,000 bpd of the
increase.
As a result of the price cap, Russia and traders have turned to a
"ghost fleet" of old tankers, which are susceptible to leaks and oil
spills, for delivering crude to refiners in China and India, the two
largest buyers of Russian crude. Notably, neither of these countries
has imposed sanctions on trade with Russia.
The US Treasury official explained that the price cap has compelled
Russia to pay around $36 a barrel for non-Western maritime services,
with these expenses indirectly supporting Ukraine against the Russian
invasion.
Treasury Secretary Janet Yellen emphasized that the price cap has
significantly reduced Russian revenues over the past 10 months, and she
stressed the importance of maintaining severe and increasing costs on
Russia.
Andriy Yermak, the head of Ukraine's presidential office, welcomed the
sanctions as a result of studies by an international working group he
helped create and warned that violations of the Russian oil price cap
will be punished. The international community is committed to putting
economic pressure on Russia in response to its actions in Ukraine.
(gerçeknews, 13 October 2023)
La Turquie
a confirmé son accord sur l'adhésion de la
Suède à l'Otan
La Turquie a confirmé jeudi devant l'Otan son engagement à ratifier
l'adhésion de la Suède, conformément à l'accord conclu lors du sommet
de l'Alliance à Vilnius en juillet dernier, a assuré le secrétaire
général de l'Otan Jens Stoltenberg.
Les ministres de la Défense de l'Otan réunis mercredi et jeudi à
Bruxelles ont pressé la Hongrie et la Turquie de ratifier rapidement
l'adhésion de la Suède à l'Alliance, a-t-on affirmé de source proche de
la réunion.
Seuls ces deux alliés, sur les 31 membres de l'Otan, n'ont pas encore
ratifié la demande d'adhésion formulée par la Suède en même temps que
celle de la Finlande, après l'invasion russe de l'Ukraine fin février
2022. La Finlande a rejoint officiellement l'Alliance en avril, mais la
Suède a vu son adhésion bloquée par Budapest et Ankara.
Au sommet de Vilnius, le président turc Recep Tayyip Erdogan s'est
toutefois engagé à présenter la demande de ratification de la Suède
devant le parlement turc. Mais rien ne s'est passé depuis que les
parlementaires turcs ont repris leurs travaux début octobre.
"Le ministre turc de la Défense (Yasar Guler) a confirmé que la Turquie
restait engagée à respecter l'accord obtenu à Vilnius pour finaliser
l'accession de la Suède" à l'Alliance, a affirmé M. Stoltenberg devant
la presse.
"Je m'attends maintenant à ce que le gouvernement turc soumette le
protocole d'adhésion à la Grande Assemblée nationale et travaille avec
l'Assemblée pour s'assurer d'une ratification rapide", a-t-il ajouté.
Selon des diplomates, la Turquie joue la carte de la Suède pour tenter
d'obtenir un feu vert des Etats-Unis à la vente de F-16 dont elle a
besoin pour moderniser sa force aérienne.
Le gouvernement américain n'est pas hostile à cette vente mais le
Congrès la bloque pour des raisons politiques.
Selon un autre diplomate de l'Otan, la Turquie continue également à
avancer des arguments liés à la lutte anti-terrorisme pour refuser de
ratifier l'adhésion de la Suède.
Ankara accuse Stockholm de se montrer trop bienveillante à l'égard des
mouvements kurdes présents en Suède, que la Turquie dit combattre au
nom de la lutte anti-terroriste. (AFP, 12 oct 2023)
Ankara confirms Turkish drone shot down by US forces in
Syria
Turkish Foreign Ministry on Friday acknowledged the downing of a
Turkish armed drone by the US forces on Thursday in al Hasaka, Northern
Syria, stating, "During the operation, an armed drone was lost due to
differing technical evaluations within the non-conflict mechanism
operated with third parties."
The statement did not explicitly mention the US or the international
anti-ISIS coalition led by the United States but emphasized that
“necessary measures were being taken to enhance the effectiveness of
the non-conflict mechanism with relevant parties.
The United States Department of Defense on Thursday confirmed that US
forces in Syria shot down an armed Turkish drone that was operating
near its troops.
The incident marked the first time Washington has brought down an
aircraft of NATO ally Turkey.
The incident took place amid intense Turkish airstrikes targeting
Kurdish-led forces in the region that is under the control of the
Autonomous Administration of North and East Syria (AANES,) in the wake
of a live bomb attack in Ankara, for which Turkish Foreign Minister
Hakan Fidan claimed the attackers had come from Syria.
At least 10 people have been killed and several have been injured in
the latest wave of Turkish airstrikes targeting areas under the control
of the AANES. (gerçeknews, 5 October 2023)
Kilicdaroglu visits Gezi Park Trial prisoners
CHP Chairman Kemal Kilicdaroglu's visit to prisoners of the Gezi Park
trial stirred a fresh wave of discussions about the independence of
Turkey's judiciary. Kilicdaroglu met with Can Atalay, Osman Kavala,
Tayfun Kahraman, Cigdem Mater, and Mine Ozerden, whose sentences were
upheld by the Court of Cassation. He openly criticized the judiciary's
dependence on executive orders and called for immediate remedial
actions.
Following his visit to the Marmara Closed Penal Institution and
Bakırköy Women's Closed Prison, Kilicdaroglu addressed the press,
shedding light on Can Atalay's predicament. Atalay, a Hatay MP from the
Workers' Party of Turkey (TİP), remains behind bars, a situation
Kılıçdaroğlu attributes to a judiciary that bows to executive whims.
Reminding the public that judicial authorities sanctioned Atalay's
election, Kilicdaroglu's discontent was evident. "If there is something
wrong, it lies with those who made this decision in the first place,"
he stated, implicating Council of State and Supreme Court judges in the
controversial decision to keep Atalay imprisoned.
Kilicdaroglu didn't mince his words, pointing out the judiciary's
compromised independence. "Now there are instructions from the Palace,"
he claimed, insinuating that higher powers influence judicial
decisions. He believes the Supreme Court of Appeals has deviated from
legal paths.
The Chairman called upon the Constitutional Court to intervene. "Can
Atalay should be released as soon as possible. No one should be tried
for their thoughts," he asserted, championing the intellectual freedom
of every citizen.
Kilicdaroglu also elaborated on the discrepancies in the treatment of
Atalay before and after his election as MP. He underscored that Atalay
was deemed fit for election by the same judiciary now keeping him
imprisoned – an inconsistency he attributes to instructions from the
executive branch. (gerçeknews, 6 October 2023)
Adhésion de la Suède à
l'Otan: la France presse Turquie et Hongrie
La ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna a
pressé jeudi la Turquie et la Hongrie de ratifier l'adhésion de la
Suède à l'Otan.
"Nous aimerions voir la Suède dans l'Otan et nous aimerions voir la
Turquie et la Hongrie mettre en oeuvre leur engagement", a-t-elle dit à
l'occasion d'une conférence de presse avec son homologue finlandaise
Elina Valtonen à Helsinki.
La Hongrie et la Turquie ont levé en juillet leur veto à l'entrée de la
Suède dans l'Alliance atlantique mais tardent à ratifier son adhésion.
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a récemment estimé qu'il n'y
avait "pas d'urgence" à ratifier cette adhésion, exigeant d'abord du
"respect" de la part du pays nordique.
De son côté, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait indiqué en
juillet que cette ratification par le parlement turc n'interviendrait
pas avant le mois d'octobre.
M. Erdogan met depuis des mois la pression sur la Suède pour qu'elle
prenne des mesures contre les profanations de Coran qui ont tendu les
relations entre les deux pays.
De son côté, la Finlande est devenue en avril le 31e pays membre de
l'Otan, après trois décennies de non-alignement militaire et en pleine
guerre en Ukraine. (AFP, 28 sept 2023)
Relations
régionales / Regional Relations
Erdogan:
Hamas are freedom fighters, not terrorists
Hamas is not a terrorist organization and it should be recognized as a
"group of freedom fighters," Turkish President Tayyip Erdogan said on
Wednesday, as the conflict between Israel and Hamas entered its 19th
day of conflict, resulting in thousands of civilian casualties.
Erdogan also criticised both the Israeli government and the Western
world, accusing them of having a "debt" to pay regarding the ongoing
crisis in Gaza.
“Since 7 October, Israel has been carrying out one of the bloodiest and
most brutal attacks in history. This picture alone is an indication
that the aim is not self-defence but a crime of savagery aimed at
committing a crime against humanity. You cannot find another country
that bombs cities day and night with its warplanes, drowns the streets
in fire with its buildings, and carries out the attack with its tanks
and weapons,” he said, describing Israel’s offensive against Gaza as
"the bloodiest and most brutal attacks in history."
He added: “Hey, Israel, the West owes you a lot, but Turkey owes you
nothing. Israel is killing children, and we have seen the condition of
those children; we will never allow them to be torn apart, because we
have humanity in us. Hamas is not a terrorist organization but a group
struggling to protect its land and citizens.”
Erdogan also made clear that his previously planned visit to Israel,
where he had once shaken hands with Israeli Prime Minister Benjamin
Netanyahu, had been canceled. He emphasized the importance of not
harming children and urged a shift towards justice, asserting that an
equitable world is essential.
Erdogan also placed responsibility for the ongoing tragedy in Gaza on
those who provide unlimited support to Israel. He called for an
immediate ceasefire, cessation of missile attacks by Israel, and a
swift resolution of the hostage situation. Erdogan also urged the
opening of corridors for urgent aid in Gaza and the facilitation of
access for the injured.
The Turkish leader further emphasized the need to keep the Rafah Border
Crossing open, allow humanitarian assistance to reach Gaza, and not
hinder the rapid reconstruction of the city's infrastructure. Turkey
has already sent humanitarian aid to the region and pledged continued
support.(gerçeknews, 25 October 2023)
Erdogan "annule" tout déplacement en Israël et attaque
l'Occident "hypocrite"
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé mercredi renoncer à
tous ses projets de déplacement en Israël et stigmatisé l'incapacité
des Occidentaux à arrêter la guerre à Gaza.
"Nous avions le projet de nous rendre en Israël mais c'est annulé. Nous
n'irons pas", a déclaré devant le Parlement le chef de l'Etat, qui
avait rencontré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou pour
la première fois en septembre à New York.
Le chef de l'Etat s'est attiré en retour les foudres d'Israël pour
avoir qualifié les combattants palestiniens du Hamas de "libérateurs"
et refusé de les appeler "terroristes".
"Le Hamas n'est pas un groupe terroriste, c'est un groupe de
libérateurs qui protègent leur terre" a-t-il dit.
Le ministère israélien des Affaires étrangères a dénoncé ces propos en
retour.
"Même la tentative du président turc de défendre l'organisation
terroriste et ses mots provocateurs ne changeront rien aux horreurs que
le monde entier a vues, ni à ce fait sans équivoque: Hamas = groupe
Etat islamique", a répliqué le ministère dans un communiqué.
M. Erdogan a mis un terme à toute perspective de rapprochement imminent
avec Tel Aviv.
"J'ai serré la main de cet homme, nous avions de bonnes intentions mais
il nous a abusés", a-t-il asséné dans un discours virulent à propos du
Premier ministre israélien tandis que les députés, enflammés,
scandaient "A bas Israël" et "Allah Abkar!" (Dieu est grand).
"Les relations auraient pu être différentes mais cela n'arrivera plus,
malheureusement", a ajouté le président turc.
"Vous ne trouverez aucun autre Etat dont l'armée se conduise avec une
telle inhumanité", a-t-il continué à propos des bombardements menés par
Isräel à Gaza en représailles à l'attaque sanglante du Hamas le 7
octobre qui a fait 1.400 morts selon les Israéliens. Les représailles
israéliennes à Gaza ont causé la mort de 5.791 personnes selon le Hamas.
Le chef de l'Etat s'en est également pris "aux puissances occidentales
(qui) versent des larmes pour Israël et ne font rien d'autre",
stigmatisant leur "incapacité à arrêter Israël".
"Que ceux qui ont mobilisé le monde en faveur de l'Ukraine ne se soient
pas prononcés contre les massacres à Gaza est le signe le plus flagrant
de leur hypocrisie", a-t-il souligné. "Tant que des innocents
continueront à mourir à Gaza, aucun navire ou avion envoyé dans notre
région n'y apportera la paix".
Le président turc a appelé à la fondation d'une "Palestine
indépendante" et à une conférence entre Israël et les Palestiniens,
proposant que la Turquie agisse comme "garant" de tout accord futur.
Mardi soir, Recep Tayyip Erdogan avait accusé le Conseil de sécurité
des Nations unies d'avoir "aggravé la crise" dans la bande de Gaza par
son attitude "biaisée" et de causer "les pires torts" à la réputation
de l'ONU, se montrant "incapable
d'assurer un cessez-le-feu le plus rapidement possible et de prendre
des mesures pour éviter des pertes civiles".
Après avoir appelé à la retenue dans les jours qui ont suivi le
massacre d'Israéliens perpétrés par le Hamas et la réponse israélienne
sur la bande de Gaza, le président turc a changé de ton et dénoncé un
"génocide" après la frappe, la semaine dernière, sur un hôpital de Gaza
qu'il a immédiatement attribuée à Israël - sans jamais revenir dessus.
A la tête d'un pays majoritairement musulman et favorable à la cause
palestinienne, dont il s'est toujours présenté comme le défenseur, le
président a prévu de se joindre samedi au rassemblement organisé par
son parti islamo-conservateur, l'AKP, "en soutien à la Palestine" sur
l'ancien aéroport Atatürk d'Istanbul. (AFP, 25 oct 2023)
Gaza : le Conseil de sécurité de l'ONU "a aggravé
la crise", accuse Erdogan
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé mardi le Conseil de
sécurité des Nations unies d'avoir "aggravé la crise" dans la bande de
Gaza par son attitude "biaisée" et de causer "les pires torts" à la
réputation de l'ONU.
"Le Conseil de sécurité a aggravé la crise par son attitude biaisée, au
lieu de mettre fin au bain de sang, d'assurer un cessez-le-feu le plus
rapidement possible et de prendre des mesures pour éviter des pertes
civiles", a dénoncé le chef de l'Etat dans un communiqué diffusé à
l'occasion du 78e anniversaire des Nations Unies.
Le président turc, qui a accusé Israël de "génocide" contre la
population palestinienne de Gaza, reproche également à "la communauté
internationale de ne pas s'être opposée aux attaques illégales et sans
retenue du régime israélien contre les civils".
M. Erdogan qui a récemment renoué avec les dirigeants israéliens et
venait de rencontrer pour la première fois le Premier ministre
israélien Benjamin Netanyahu, en septembre à New York, a rapidement
pris ses distances avec Israël depuis le 7 octobre.
Après avoir appelé à la retenue dans les jours qui ont suivi le
massacre d'Israéliens perpétrés par le Hamas et la réponse israélienne
sur la bande de Gaza, il a changé de ton et dénoncé un "génocide" après
la frappe, la semaine dernière, sur un hôpital de Gaza qu'il a
immédiatement attribuée à Israël - sans jamais revenir dessus.
A la tête d'un pays majoritairement musulman et favorable à la cause
palestinienne, dont il s'est toujours présenté comme le défenseur, le
président a prévu de se joindre samedi au rassemblement organisé par
son parti islamo-conservateur, l'AKP, "en soutien à la Palestine" sur
l'ancien aéroport Atatürk d'Istanbul.
D'importantes manifestations hostiles devant son consulat à Istanbul -
qui ont fait près de soixante blessés, essentiellement parmi les
policiers - et devant son ambassade à Ankara ont conduit Israël à
retirer ses diplomates, après avoir appelé ses ressortissants à
"quitter au plus vite" la Turquie.
Dans son communiqué mardi soir, M. Erdogan juge "impossible qu'une
structure (le Conseil de sécurité, ndlr) qui ne peut se préoccuper que
du châtiment intégral de la population de Gaza donne espoir à
l'humanité et puisse garantir la paix et la stabilité mondiales".
"Les agences de l'ONU, en particulier l'Office de secours et de travaux
des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient
(UNRWA), sont rendues dysfonctionnelles par le Conseil de sécurité de
l'ONU lui-même", a-t-il encore dit, estimant que cet organe, "une fois
de plus, cause le pire dommage à la réputation de l'ONU".
M. Erdogan dénonce régulièrement la composition du Conseil de sécurité
des Nations unies, soulignant que "le monde est plus vaste que ces cinq
pays", à savoir ses membres permanents - Etats-Unis, Royaume-Uni,
Chine, Russie et France. (AFP, 24 oct 2023)
Israël
retire ses diplomates de Turquie
Israël a demandé à ses diplomates en poste en Turquie de quitter le
pays par "mesure de sécurité", a indiqué jeudi une source proche du
dossier à l'AFP.
"Il s'agit d'une mesure temporaire et qui devrait être de courte durée"
a insisté cette source qui a refusé d'être citée.
Israël avait appelé mercredi ses ressortissants à quitter la Turquie
dès que possible pour leur propre sécurité, évoquant des "menaces
terroristes" croissantes pour ses concitoyens à l'étranger selon le
consulat de l'Etat hébreu à Istanbul.
Selon cette source, l'alerte sécurité pour les voyageurs israéliens en
Turquie a été "élevée au niveau 4, le plus élevé".
"À la lumière de la montée continue des menaces terroristes contre les
Israéliens à l'étranger (...) tous les Israéliens séjournant en Turquie
doivent partir au plus tôt", avait également mis en garde le Conseil
national de sécurité israélien dans un communiqué officiel.
Des manifestations ont eu lieu mardi soir devant le consulat israélien
à Istanbul et devant l'ambassade à Ankara, après le tir de roquette sur
un hôpital dans la bande de Gaza qui a suscité une vague de
condamnations et de manifestations dans le monde arabe.
Israël et les Palestiniens se rejettent la responsabilité de ce tir que
le président turc Recep Tayyip Erdogan a attribué à l'État hébreu.
Les deux pays ont renoué l'an dernier leurs relations diplomatiques
après une décennie de brouille.
M. Erdogan qui s'est toujours présenté comme le défenseur de la cause
palestinienne, avait même rencontré pour la première fois, le mois
dernier, le président Benjamin Netanyahou à New York, en marge de
l'assemblée générale. (AFP, 19 oct 2023)
Israël appelle ses citoyens à quitter la Turquie
"au plus tôt"
Israël a demandé à ses ressortissants de quitter la Turquie dès que
possible pour leur propre sécurité, a indiqué mercredi à l'AFP le
consulat israélien à Istanbul, évoquant des "menaces terroristes"
croissantes pour ses concitoyens à l'étranger.
Selon cette source, l'alerte sécurité pour les voyageurs israéliens en
Turquie a été "élevée au niveau 4, le plus élevé".
"À la lumière de la montée continue des menaces terroristes contre les
Israéliens à l'étranger (...) tous les Israéliens séjournant en Turquie
doivent partir au plus tôt", a également mis en garde le Conseil
national de sécurité israélien dans un communiqué officiel.
Des manifestations ont eu lieu mardi soir devant le consulat israélien
à Istanbul et devant l'ambassade à Ankara, après le tir de roquette sur
un hôpital dans la bande de Gaza qui a fait plusieurs centaines de
morts civils parmi les patients et les déplacés palestiniens.
Israël et les Palestiniens se rejettent la responsabilité de ce tir que
le président turc Recep Tayyip Erdogan a attribué à l'État hébreu,
dénonçant "le dernier exemple des attaques israéliennes dépourvues de
toute humanité".
De son côté le président américain Joe Biden, en visite en Israël
mercredi, a soutenu la version des autorités israéliennes, en imputant
ce tir de roquette à des combattants palestiniens. (AFP, 18 oct 2023)
Civils tués à Gaza: la Turquie décrète trois jours
de deuil national
La Turquie a décrété mercredi trois jours de deuil national, au
lendemain de la frappe sur un hôpital de Gaza qui a fait de nombreux
morts et dont Israël et les Palestiniens s'accusent mutuellement.
"Par respect pour les milliers de martyrs, dont la plupart sont des
enfants et des civils innocents, trois jours de deuil national sont
décrétés dans notre pays", a indiqué le président turc Recep Tayyip
Erdogan dans un message sur le réseau social X (ex-Twitter).
"Nous, Turquie, ressentons dans nos coeurs la vive douleur ressentie
par nos frères palestiniens", a ajouté le chef de l'Etat turc.
Le président Erdogan avait appelé mardi soir à "mettre fin à cette
brutalité sans précédent à Gaza", accusant Israël d'avoir "frappé un
hôpital abritant des femmes, des enfants et des civils innocents".
M. Erdogan a de nouveau dénoncé mercredi "un crime contre l'humanité
comparable à un génocide contre la population de Gaza".
L'armée israélienne a toutefois affirmé mercredi avoir "des preuves" de
la responsabilité du groupe palestinien Jihad islamique dans cette
frappe, une version soutenue par le président américain Joe Biden, en
visite en Israël.
La frappe a suscité une très vive émotion en Turquie, où quelque 80.000
personnes ont manifesté mardi soir devant le consulat d'Israël à
Istanbul, selon les autorités.
De nouvelles manifestations, devant les consulats d'Israël et des
Etats-Unis, ont réuni des milliers de personnes mercredi soir à
Istanbul, selon des journalistes de l'AFP présents sur place. (AFP, 18
oct 2023)
Nouvelle
manifestation devant le consulat d'Israël à
Istanbul
Des milliers de personnes se sont rassemblées mercredi, pour le
deuxième soir consécutif, devant le consulat d'Israël à Istanbul pour
dénoncer la politique de l'Etat hébreu, qui pilonne la bande de Gaza en
représailles à une sanglante attaque du Hamas palestinien.
Une foule a également manifesté mercredi soir devant le consulat des
Etats-Unis, dont le président Joe Biden s'est rendu mercredi à Tel-Aviv
pour exprimer son soutien à Israël, frappé le 7 octobre par une attaque
sans précédent.
De nombreux manifestants ont brandi des drapeaux palestiniens ou des
pancartes accusant Israël d'être responsable de la mort d'enfants à
Gaza.
"Fermez ce consulat sioniste !", ont clamé les manifestants devant les
deux représentations diplomatiques.
Une foule avait déjà afflué mardi soir devant le consulat israélien
d'Istanbul, quelques heures après l'annonce d'une frappe meurtrière sur
un hôpital de Gaza, dont Israël et les Palestiniens s'accusent
mutuellement.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé mardi que l'armée
israélienne en était l'auteure.
La manifestation avait fait plus de 60 blessés, policiers pour la
plupart, après que des manifestants ont tenté de forcer l'entrée du
bâtiment abritant le consulat israélien. (AFP, 18 oct 2023)
Gaza: "Israël ne se conduit pas comme un Etat",
affirme Erdogan
Israël ne se conduit pas "comme un Etat" dans la bande de Gaza, où
l'armée israélienne a lancé de nouveaux raids mercredi en riposte à
l'attaque sanglante lancée par le Hamas, a affirmé mercredi le
président turc Recep Tayyip Erdogan.
"Israël ne doit pas oublier que s'il se conduit comme une organisation
plutôt que comme un État, il finira par être traité comme tel", a
déclaré le chef de l'Etat turc, dénonçant les "méthodes honteuses" de
l'armée israélienne.
"Bombarder des localités civiles, tuer des civils, bloquer l'aide
humanitaire et tenter de présenter cela comme des exploits ne peut être
qu'un réflexe d'une organisation et non d'un État", a insisté le
président turc, qui utilise d'ordinaire le terme "organisation" pour
qualifier le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), classé comme
terroriste par Ankara et ses alliés occidentaux.
"Nous pensons que la guerre doit avoir une éthique et que les deux
parties doivent la respecter. Malheureusement, ce principe est
gravement violé en Israël et à Gaza", a-t-il dit encore, dénonçant les
"meurtres de civils sur le territoire israélien" ainsi que "le massacre
aveugle d'innocents à Gaza soumis à des bombardements constants". (AFP,
11 oct 2023)
Erdogan met
en garde Israël contre une attaque "indiscriminée"
de Gaza
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde Israël lundi
contre une attaque "indiscriminée" de civils à Gaza dans sa guerre
contre le Hamas et a exhorté les deux parties au respect de l'"éthique"
de la guerre.
M. Erdogan a dit à son homologue israélien Isaac Herzog, lors d'une
conversation téléphonique, que "frapper collectivement et de manière
indiscriminée les habitants de Gaza ne ferait qu'accroître les
souffrances et renforcer la spirale de la violence dans la région", a
indiqué la présidence turque dans une communiqué.
Soutien fervent de la cause palestinienne, favorable à une solution à
deux Etats pour régler le conflit israélo-palestinien, le président
turc a aussi demandé aux Palestiniens de "cesser de harceler" les
Israéliens.
"Nous demandons à Israël de cesser ses bombardements sur le territoire
palestinien et aux Palestiniens de cesser de harceler les colonies
israéliennes", a ajouté le président Erdogan dans une allocution
télévisée lundi soir, exhortant les deux parties à respecter
"l'éthique" de la guerre.
Le Hamas a menacé lundi soir d'exécuter des otages israéliens en
réaction aux frappes israéliennes qui se multiplient sur la bande de
Gaza au troisième jour de l'offensive massive déclenchée par le
mouvement islamiste palestinien, qui a provoqué la sidération dans le
pays.
Le président turc s'était absenté plus tôt d'une réunion ministérielle
hebdomadaire pour des entretiens téléphoniques d'urgence sur le conflit
en cours entre le Hamas et Israël.
Il s'était aussi entretenu avec le président palestinien Mahmoud Abbas
et le Premier ministre libanais Najib Mikati.
Le président "a déclaré que la Turquie allait poursuivre ses
efforts
pour mettre fin au conflit", ont indiqué ses services après la
conversation avec Mahmoud Abbas. (AFP, 9 oct 2023)
La Syrie en
proie aux violences, nouvelles frappes turques
sur les Kurdes
La Syrie a enterré vendredi les militaires et leurs proches tués dans
une attaque de drones contre une cérémonie de promotions d'officiers
qui a fait plus d'une centaine de morts, à laquelle Damas a répliqué
par des bombardements intensifs de zones rebelles.
Dans le nord-est contrôlé par les Kurdes, l'armée turque a mené de
nouveaux raids contre des infrastructures vitales, portant le bilan à
15 morts.
L'attaque jeudi contre l'académie militaire de Homs, dans le centre du
pays sous contrôle du pouvoir central, est l'une des plus sanglantes
contre l'armée depuis le début de la guerre en 2011.
Des dizaines de proches de victimes s'étaient rassemblés tôt le matin,
le visage fermé, devant l'hôpital militaire de Homs d'où les ambulances
transportaient les dépouilles des officiers vers leur dernière demeure.
"Mon fils, ne pars pas, reste près de moi", pleurait une mère éperdue
de douleur. Des soldats portant des couronnes précédaient les
cercueils, au son d'une musique militaire.
- Panique -
Des vidéos sur les réseaux sociaux montrent des victimes tombant à
terre et des blessés appelant à l'aide pendant l'attaque, au milieu de
scènes de panique, alors que des coups de feu étaient entendus.
L'attaque a fait 89 morts parmi lesquels 31 femmes et cinq enfants, et
277 blessés, selon les autorités.
L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a donné un bilan
plus lourd de 123 morts incluant 54 civils parmi lesquels 39 enfants,
et quelque 150 blessés.
Le ministre de la Défense, Ali Mahmoud Abbas, a assisté aux funérailles
d'une trentaine de militaires et de civils à Homs. Il participait à la
cérémonie jeudi mais était parti avant l'attaque des drones, intervenue
vers la fin, selon un témoin et l'OSDH.
Les autorités ont proclamé trois jours de deuil.
L'attentat n'a pas été revendiqué. Les forces syriennes ont repris en
2017 le contrôle de Homs, ex-bastion des rebelles, et la province
éponyme est éloignée des lignes de front.
Des groupes jihadistes qui contrôlent une partie du territoire syrien,
mais également les combattants du groupe Etat islamique, malgré sa
défaite territoriale, ont parfois recours aux drones pour attaquer les
forces syriennes et leur allié russe.
Le président russe, Vladimir Poutine, a assuré dans un message de
condoléances à son homologue syrien, Bachar al-Assad, qu'il avait
"l'intention de poursuivre (la) coopération étroite avec les
partenaires syriens pour lutter contre toute forme (...) de terrorisme".
"M. Assad et d'autres membres de sa famille ont été formés à l'académie
de Homs, ce qui signifie que l'attaque +vise de près+ le pouvoir", a
déclaré à l'AFP Aron Lund, du centre de réflexion Century International.
"Les réactions officielles très fortes doivent être vues dans ce
contexte", a-t-il ajouté.
- Riposte -
L'armée syrienne, qui avait promis de "riposter fermement", a bombardé
dès jeudi après-midi le dernier bastion rebelle du pays, dans le
nord-ouest.
L'OSDH a fait état de 15 civils tués dans les zones rebelles. Des
avions russes ont également mené au moins cinq raids sur la région
rebelle d'Idleb, faisant un mort, un enfant selon l'OSDH.
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a exprimé son
inquiétude, et l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Geir Pedersen,
a appelé jeudi à "une désescalade immédiate".
Déclenché en 2011, le conflit en Syrie a fait plus d'un demi-million de
morts et morcelé le pays.
Dans le nord-est où les Kurdes ont établi une administration autonome,
la Turquie a mené vendredi, pour le deuxième jour consécutif, une série
de raids sur des infrastructures, ciblant les principales centrales à
gaz.
Ces nouvelles frappes ont porté le bilan de deux jours de bombardements
à 15 morts, dont huit civils, selon les responsables kurdes, qui
avaient donné un premier bilan de 16 morts.
Les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les kurdes, ont
répondu vendredi en ciblant deux bases sous contrôle des forces turques
et des factions pro-Ankara dans l'ouest de la province de Hassaké.
Les FDS ont en outre appelé dans un communiqué leurs alliés américains
et russes "à montrer une position claire en réponse aux attaques de
l'occupation turque contre les civils, les services publics et les
institutions civiles".
Un membre des forces spéciales turques, blessé dans une attaque de
missile contre une base militaire turque dans le nord de la Syrie, est
en outre décédé, ont annoncé vendredi les autorités turques.
La Turquie affirme avoir agi en représailles à un attentat qui a visé
dimanche le ministère de l'Intérieur à Ankara, blessant deux policiers.
(AFP, 6 Octobre 2023)
25 morts dans des affrontements dans l'Est
de la Syrie
Vingt-cinq personnes ont été tuées lors d'affrontements entre les
forces dominées par les Kurdes et des combattants fidèles au régime
syrien qui se sont infiltrés dans une localité arabe située dans une
région stratégique de l'Est de la Syrie, selon une ONG.
Les Forces démocratiques syriennes (FDS, une coalition soutenue par les
Etats-Unis) ont annoncé mardi avoir "chassé les hommes armés du régime
qui s'étaient infiltrés dans la localité de Dheibane", dans la province
de Deir Ezzor.
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), les
affrontements qui ont éclaté lundi et se sont poursuivis jusqu'à l'aube
mardi ont fait 21 morts dans les rangs des combattants pro-régime, et
trois du côté des FDS. Une femme a également été tuée.
Début septembre, des affrontements entre les FDS, dominées par les
Kurdes, et des combattants de tribus locales arabes dans cette région
avaient fait 90 morts en une dizaine de jours.
La province à majorité arabe de Deir Ezzor est traversée par l'Euphrate
qui marque la frontière entre les zones tenues par le régime de Bachar
al-Assad et celles contrôlées par les FDS.
Selon l'OSDH, une ONG basée au Royaume-Uni mais qui dispose d'un vaste
réseau de sources en Syrie, "des combattants pro-régime se sont
infiltrés lundi dans les zones sous contrôle des FDS en traversant
l'Euphrate et des affrontements les ont opposés".
Dans un communiqué, les FDS ont accusé les hommes armés de s'être
infiltrés à partir de la rive ouest de l'Euphrate "sous la couverture
de bombardements aveugles" depuis les zones tenues par le régime.
- Riposte des FDS -
Selon l'OSDH, les FDS ont bombardé les zones de la rive ouest de
l'Euphrate où sont déployés les forces du régime et des milices
pro-iraniennes alliées.
Les FDS ont été le fer de lance de l'offensive qui a défait l'EI en
Syrie en 2019 et jouissent toujours de l'appui de Washington. Elles
contrôlent une zone semi-autonome kurde dans le nord-est du pays, y
compris des pans entiers de la province de Deir Ezzor, riche en
pétrole, où les forces américaines sont déployées.
Les affrontements en septembre avaient été déclenchés par l'arrestation
fin août par les FDS d'un chef militaire arabe local allié.
Les FDS avaient annoncé à l'issue de ces combats avoir délogé de la
région, et notamment de Dheibane, des combattants de tribus arabes
locales qui s'étaient insurgés contre eux.
Ils avaient assuré qu'il s'agissait d'une dispute locale et non d'un
conflit kurdo-arabe.
Les Etats-Unis, qui ont des centaines de soldats déployés dans cette
province, avaient alors envoyé des médiateurs auprès des FDS et des
dirigeants tribaux pour empêcher que les combats ne dégénèrent en
conflit entre Kurdes et tribus arabes.
Le chef des FDS Mazloum Abdi avait annoncé après la fin des combats que
des chefs de tribus arabes locales avaient été chargés de se mettre en
contact avec les insurgés et assuré que ses forces allaient "amnistier"
les personnes arrêtées.
Selon l'OSDH, une partie des combattants arabes qui avaient fui vers
les régions tenues par le régime début septembre ont retraversé
l'Euphrate et participaient aux combats de lundi.
Déclenchée en 2011, la guerre en Syrie a fait plus d'un demi-million de
morts, morcelé le pays et déplacé des millions de personnes. (AFP, 26
sept 2023)
Chypre
et la Grèce / Cyprus and Greece
Immigration
/ Migration
Mercato: Comment le MR pourrait séduire la communauté turque
à Bruxelles…
Gauvain Dos Santos, La Libre Belgique, 27 oct 2023
Plus de 1300 membres du MR se sont réunis dimanche lors du second
congrès Belgium 2030 du MR. Une photo prise lors de l’événement et
postée sur Facebook par la conseillère CPAS Khadija Boudiba a suscité
de nombreux commentaires dans la sphère politique bruxelloise. On y
voit Safa Akyol aux côtés d’Amin El Boujdaini, l’homme qui sert la
stratégie du MR pour séduire les Belgo-Marocains, et de Rachid Azaoum,
nouvelle recrue berchemoise soustraite aux Engagés.
Safa Akyol est le bras droit du bourgmestre de Saint-Josse, Emir Kir,
exclu du PS début 2020 pour avoir accueilli des maires turcs
d’extrême-droite dans la maison communale. Comme son chef, il a
récemment claqué la porte du parti socialiste au terme de longs
désaccords. Il est également président de BizzTürk, une association de
commerçants turcs.
Séduit par la touche Bouchez
Va-t-il rejoindre le Mouvement réformateur ? “Il n’y a rien de garanti
pour le moment. Je suis encore en train de voir les possibilités. En
tant que président d’une association de commerçants, je suis séduit par
le discours du MR à l’égard des indépendants. Le MR a changé de
politique ces dernières années. Ce n’est plus le parti que l’on croyait
raciste à cause du discours du PS”, déclare celui qui se dit sensible à
la tonalité imprimée au parti libéral par son président, Georges-Louis
Bouchez.
L’ex-socialiste tennodois est considéré comme un faiseur d’opinion au
sein de la communauté turque. On lui a aussi longtemps collé une
étiquette de relais du pouvoir turc. “Le lobbyisme pro-Erdogan de Safa
Akyol s’est exercé au sein de son engagement au sein de l’UETD”, nous
expliquait Bahar Kimyongür, auteur, militant laïque et opposant au
régime turc. L’UETD, l’Union of International Democrats – Belgique est
considérée comme une branche officieuse belge de l’AKP, le parti
islamo-conservateur dont le président de la Turquie Recep Tayyip
Erdogan est cofondateur et président.
Passé sulfureux
”Safa Akyol était un agent d’infiltration au service du lobby
national-conservateur islamique turc en général, de sa fraction
nationaliste “panturkiste” et racialiste en particulier”, commente sans
fard Manuel Abramowicz, de l’Observatoire belge de l’extrême droite –
RésistanceS. “Bras-droit du PS Émir Kir, Akyol pourrait être son cheval
de Troie ou son intermédiaire pour éventuellement préparer l’arrivée du
bourgmestre belgo-turc de Saint-Josse auprès de Georges-Louis Bouchez.”
”J’en ai marre de ces allégations qui sont faites sur ma personne
depuis dix ans sur base d’événements auxquels j’ai participé quand
j’étais en recherche d’identité”, réplique Safa Akyol. Un événement en
particulier a participé à forger cette réputation. Le 23 mai 2015,
l’ex-conseiller PS a pris part, en tant que porte-parole de l’UETD, à
une manifestation contre la reconnaissance du génocide arménien lors de
laquelle il a appelé à retirer les “structures commémoratives sur les
places publiques, ces soi-disant monuments blessant la communauté
belgo-turque.”
”Je cherchais à faire entendre la voix des autres jeunes dans les
quartiers populaires avec mon association. Aujourd’hui, j’ai arrêté la
politique internationale. Cela m’a ramené plus de problèmes que
d’aide”, explique-t-il. Quand on l’interroge sur son éventuel soutien
au président turc, il réplique : “Je ne suis ni pro, ni anti Erdogan.
Je suis anti Good Move.”
Atout électoral
Ces questionnements mis de côté, le profil de Safa Akyol représente un
atout de taille sur le plan électoral. Le MR en est conscient. “Il fait
partie de ces nombreuses personnes qui veulent nous rejoindre”,
reconnaît David Leisterh, président du MR bruxellois. “Nous l’avons
d’abord rencontré avec Georges-Louis Bouchez et David Clarinval
[ministre des Indépendants, NdlR] dans le cadre des discussions sur les
aides à accorder aux commerçants pendant la période du covid. C’est une
personne influente dans la communauté turque dont l’expertise est utile
pour renforcer le tissu économique bruxellois.”
David Leisterh espère pouvoir séduire toutes ces personnes qui, comme
Safa Akyol, ont été “déçues de la gauche bruxelloise." Il rappelle que
dix ans plus tôt, le nord de Bruxelles était encore “assez bleu."
Aujourd’hui, “cela semble inimaginable que des libéraux puissent
convaincre dans ces quartiers." Il accueille donc avec un intérêt
certain le fait que “des personnes influentes dans la communauté turque
comme Safa Akyol s’intéressent à ce que le MR fait."
Il n’est pas question, par contre, pour David Leisterh de recruter Emir
Kir.
C1: rixe entre supporters du Bayern et de Galatasaray, 5
blessés
Cinq personnes, dont quatre supporters du Bayern Munich, ont été
légèrement blessées mardi dans des affrontements survenus à Istanbul
avant le match de Ligue des champions entre Galatasaray et l'équipe
allemande, ont rapporté les médias turcs.
Selon des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, un groupe
réunissant plusieurs dizaines de supporters du Bayern Munich s'est
retrouvé au coeur d'une rixe sur l'avenue d'Istiklal, immense artère
piétonne bordée de rues fourmillant de bars, aux alentours de 03H00
(00H00 GMT).
Plusieurs bagarres ont éclaté avec des supporters de Galatasaray, dont
le quartier est le fief, accompagnées de jets de chaises et de
bouteilles.
Des fans munichois ont également lancé des projectiles sur la vitrine
de la boutique officielle de Galatasaray, devant laquelle la police
turque est intervenue.
Cinq personnes, dont quatre Allemands âgés de 24 à 32 ans, ont été
légèrement blessées au visage, selon l'agence de presse turque IHA.
Tous avaient quitté l'hôpital mardi matin, selon cette même source.
Contacté par l'AFP, le consulat d'Allemagne à Istanbul n'avait pas
répondu dans l'immédiat.
Leader du groupe A de la Ligue des champions, le Bayern Munich tentera
mardi soir d'enchaîner une troisième victoire consécutive dans la
compétition sur le terrain de Galatasaray, tombeur de Manchester United
à Old Trafford lors de la 2e journée. (AFP, 25 oct 2023)
Arabs, Jews in Brussels send message of peace amid
Israel-Palestine conflict
Arabs and Jews living in the Belgian capital Brussels came together
Thursday to send a message of peace amid the Israel-Palestine conflict.
They gathered in Schuman Square, where European Union buildings are
located, carrying banners saying "Peace now," "Arab-Jewish solidarity,"
"Our choice is unity" and "Political solution, not military."
Speaking to Anadolu, Wassim Allouka, who is of Moroccan origin, said
Arab and Jewish communities should live together by understanding each
other's point of view.
Avi Tawil, a member of the Jewish community, also emphasized the
importance of peaceful coexistence.
"While I wear my kippah, a Muslim woman should be able to walk freely
with her headscarf. No one should be discriminated against because of
their religion," he said.
Tawil said he believes there will be a time when Israelis and
Palestinians will live in peace in the region and children will focus
on their bright futures instead of bombs.
Patrick Menache, a Jewish Belgian citizen, said that Arab-Jewish
tensions are politically based and it is possible for the two peoples
to live in peace.
The conflict in Gaza, which has been under Israeli bombardment and a
blockade since Oct. 7, began when the Palestinian group Hamas initiated
Operation Al-Aqsa Flood, a multi-pronged surprise attack that included
a barrage of rocket launches and infiltrations into Israel by land, sea
and air.
It said the incursion was in retaliation for the storming of Al-Aqsa
Mosque and growing violence by Israeli settlers against Palestinians.
The Israeli military then launched Operation Swords of Iron against
Hamas targets in the Gaza Strip.
Gaza is experiencing a dire humanitarian crisis with no electricity,
while water, food, fuel and medical supplies are running out.
UN Secretary-General Antonio Guterres has called for an immediate
humanitarian cease-fire to ease the “epic human suffering.”
At least 3,785 Palestinians have been killed in Israeli attacks on
Gaza, while more than 1,400 Israelis have been killed in the conflict.
(AA, 20 oct 2023)
L'Allemagne
traque les passeurs pour
endiguer le flux de migrants
Ils ont franchi la frontière germano-polonaise à pied par le pont de la
voie ferrée. Mais le périple d'un groupe de 22 Syriens s'est arrêté à
leur entrée en Allemagne, où la police les a repérés.
"Le passeur qui devait les déposer en camion s'est enfui en voyant la
police et les a laissés seuls", suppose Jens Schobranski, porte-parole
de la police allemande, lors d'une intervention à l'aube dans une
petite ville d'ex-RDA, Forst, à laquelle l'AFP a assisté.
Depuis début octobre, Berlin a renforcé les contrôles aux frontières
sur son flanc est. La hausse des arrivées illégales de migrants,
majoritairement originaires de Syrie et d'Afghanistan, provoque un vif
débat dans le pays, dont les capacités d'accueil s'épuisent.
La situation profite à l'extrême droite, qui a obtenu des résultats
record dans deux scrutins régionaux dimanche dernier.
"Le nombre de personnes qui viennent actuellement chez nous est trop
élevé", a encore martelé cette semaine le chancelier Olaf Scholz, en
présentant des mesures pour accélérer les expulsions de personnes
déboutées de l'asile.
- Trois jours sans manger -
Même des ministres écologistes de la coalition de centre gauche
durcissent le ton.
En septembre, 2.000 personnes sont arrivées illégalement dans le
Brandebourg, l'une des trois régions allemandes frontalières de la
Pologne. "La seule fois où l'on a eu un chiffre mensuel plus élevé
--3.014 personnes--, c'était en octobre 2021", relève M. Schobranski,
quand les frontières du Belarus étaient grandes ouvertes.
Depuis, la Pologne a érigé un mur de barbelés avec ce pays. Varsovie,
tout comme la République tchèque et l'Autriche, a également renforcé
les contrôles frontaliers avec un autre voisin, la Slovaquie, ces
dernières semaines.
Devant des jardins ouvriers de la ville de Forst, aux premières heures
de la matinée, le groupe de 22 Syriens, dont un enfant et un
adolescent, se laisse appréhender sans résister. La majorité d'entre
eux vivaient en Turquie où la situation économique dégradée les a
poussés à fuir de nouveau.
L'un des hommes, Adem Ahmed, 30 ans, raconte être "resté sans manger
les trois derniers jours" de son périple. Auparavant, il se nourrissait
"de dattes et de noix" dont il avait rempli un sac.
Une fois les téléphones portables temporairement saisis pour analyse,
les migrants, dont la plupart n'ont plus de papiers, sont auditionnés
avant d'être envoyés dans un centre de premier accueil.
- Herses contre les passeurs -
Parfois l'arrestation est plus mouvementée : "Il y a deux semaines, un
passeur syrien, demandeur d'asile en Allemagne, a forcé un barrage et
provoqué un accident avec des personnes à bord", raconte M.
Schobranski. Pour stopper les transports illégaux, la police utilise
des herses qui crèvent les pneus des véhicules.
"La plupart du temps, s'il s'agit de leur première arrestation, les
passeurs sont condamnés entre un an et trois ans de prison avec
sursis", témoigne le commissaire Frank Malack, en service à Forst. "Ce
qui leur fait vraiment peur, c'est d'être renvoyés dans leur pays"
s'ils sont demandeurs d'asile.
"En ce moment, il peut arriver que nous arrêtions dix passeurs en deux
jours", témoigne M. Schobranski.
Parmi eux, beaucoup d'Ukrainiens et de Géorgiens. Les premiers
risqueraient d'être enrôlés dans l'armée pour combattre la Russie s'ils
restaient dans leur pays. Et les seconds n'ont pas le droit de
travailler en Allemagne durant leur demande d'asile, mais ont souvent
besoin d'argent pour rembourser leur passage.
Le prix d'un périple vers l'Allemagne ? Entre 3.000 et 10.000 euros,
selon M. Schobranski. Pour un nombre illimité de tentatives "c'est plus
cher", ajoute-t-il.
Après huit ans passés en Turquie, pays qui accueille au moins 3,4
millions de réfugiés syriens, Adem Ahmed dit avoir pris la route de
l'Europe pour retrouver des proches.
"J'ai vécu seul pendant huit ans, c'était difficile. Je veux rejoindre
ma famille", confie cet homme aux traits tirés.
Originaire de la ville syrienne d'Idleb, il a suivi la route des
Balkans --de la Bulgarie à la Slovaquie--. L'autre route d'immigration
arrivant en Allemagne passe par Moscou et le Belarus.
Plus de 250.000 demandes d'asile ont été déposées à fin septembre en
Allemagne, soit davantage que sur toute l'année 2022. L'Allemagne
accueille aussi plus d'un million d'Ukrainiens fuyant la guerre.
Les craintes d'une nouvelle crise, comme celle de 2015-2016 lorsque la
première économie européenne avait accueilli plus d'un million de
réfugiés, préoccupent l'opinion publique selon les sondages.
En 2016, l'Allemagne avait enregistré plus de 740.000 demandes d'asile.
(AFP, 13 oct 2023)
Un partisan du PKK et condamné en France, arrêté à
Athènes
Un Turc d'origine kurde, condamné en France pour avoir recruté des
militants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), a été arrêté à
Athènes sur mandat international, a indiqué mercredi la police grecque.
L'homme âgé de 35 ans a été interpellé mardi soir lors d'un contrôle de
routine dans le quartier contestataire d'Exarchia, dans le centre de la
capitale grecque, a précisé la police.
"Les autorités confirment qu'il était recherché en raison de sa
condamnation en France" à une peine de prison ferme, selon la même
source.
Il doit être présenté mercredi au parquet d'Athènes afin de lancer la
procédure d'extradition vers la France où il avait obtenu l'asile
politique, selon la même source.
Au moment de son arrestation, l'homme était accompagné de deux
compatriotes kurdes et d'une femme belge, qui ont également été arrêtés
avant d'être relâchés.
Le PKK est considéré comme organisation terroriste par la Turquie et
ses alliés occidentaux.
De nombreux Kurdes de nationalité turque ont trouvé de longue date
refuge en Grèce, pays membre de l'UE qui entretient de relations
difficiles avec la Turquie voisine.
En février 1999, Abdullah Öcalan, chef historique du PKK et le plus
recherché alors par Ankara, avait été arrêté devant l'ambassade de
Grèce à Nairobi par les services secrets turcs.
Il purge depuis une peine de prison à vie pour trahison et et tentative
de diviser le pays. (AFP, 11 oct 2023)
Migrations:
l'UE pour un renouvellement du pacte
UE-Turquie de 2016
Le vice-président de la Commission européenne, Margaritis Schinas,
s'est dit samedi en faveur d'"une amélioration" du pacte entre l'UE et
la Turquie conclu en 2016 pour parer à l'époque à la crise migratoire,
s'exprimant à Thessalonique, la deuxième ville grecque, à l'issue d'une
réunion des pays de la région.
Se félicitant de l'accord sur la réforme migratoire lors du sommet
européen mercredi à Grenade en Espagne, Margaritis Schinas a par
ailleurs souligné la nécessité de l'UE d'avoir de "bonnes relations"
avec "les pays d'où arrivent ou transitent" les migrants comme les pays
de l'Afrique occidentale, la Tunisie, l'Egypte ou la Turquie.
"Avec la Turquie, nous avons une relation de partenariat sur
l'immigration depuis 2016" que "nous voulons rafraîchir et améliorer
compte tenu des conditions actuelles" concernant l'augmentation du
nombre d'arrivées en Europe, a-t-il précisé.
Il s'exprimait à l'issue d'une réunion à Thessalonique des ministres
des Migrations de cinq pays du sud de la Méditerranée (MED5), la Grèce,
l'Espagne, l'Italie, Chypre et Malte, principales portes d'entrée de
migrants en Europe.
Après la crise migratoire de 2015, l'UE avait conclu avec Ankara un
pacte selon lequel la Turquie retenait les migrants, syriens
principalement, sur son sol, moyennant une importante contrepartie
financière. Une partie des 6 milliards d'euros alors promis doit encore
être versée.
- "Augmenter le taux de renvoi" -
Le ministre grec des Migrations, Dimitris Kairidis, avait indiqué fin
septembre que son pays, frontalier avec la Turquie, "avait un intérêt
immédiat" à oeuvrer pour "amender" et "étendre" le pacte de 2016. Ce
sujet sera abordé lors d'une rencontre le 7 décembre entre hauts
responsables grecs et turcs à Thessalonique.
Comme l'Italie, la Grèce a connu une recrudescence d'arrivées de
migrants depuis janvier. Selon le ministère grec, plus de 18.000
personnes y sont arrivées durant les huit premiers mois de l'année, une
augmentation de 106% par rapport à 2022.
Dans un communiqué commun, les pays de la MED5 ont appelé la Commission
européenne à "garantir la mise en oeuvre des partenariats et des
accords avec les pays tiers pour stopper les départs illégaux,
démanteler les réseaux de passeurs (...)" et "augmenter le taux de
renvoi" des migrants qui n'ont pas les droits adéquats de séjour dans
l'UE.
Ces pays ont également approuvé "le rôle de l'Agence européenne de
surveillance des frontières (Frontex)" et "sa contribution aux efforts
des pays membres de l'UE pour protéger leurs frontières". Ils appelent
la Commission "à octroyer des ressources suffisantes à cet organisme",
selon ce communiqué.
Selon de nombreux médias et ONG, les autorités grecques et Frontex sont
régulièrement accusés de participer à des refoulements illégaux des
migrants vers la Turquie. En avril 2022, le directeur à l'époque de
Frontex, le Français Fabrice Leggeri, avait été contraint de
démissionner après une enquête de l'Office européen de lutte antifraude
(Olaf) mettant en cause sa mauvaise gestion. (AFP, 8 oct 2023)
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