Droits
de l'Homme / Human Rights
Procès du mécène turc Osman Kavala: dénouement
attendu
Le philanthrope turc Osman Kavala, détenu sans jugement depuis quatre
ans et demi, devrait être fixé lundi sur son avenir, après avoir
dénoncé vendredi face aux juges l'influence du président Recep Tayyip
Erdogan sur son procès.
Le tribunal d'Istanbul, qui multiplie les audiences et le maintient
chaque fois en détention, a renvoyé à lundi 10H00 (07H00 GMT) les
plaidoiries de ses défenseurs, avant l'énoncé du verdict, a constaté
une journaliste de l'AFP.
Pour la première fois depuis de longs mois, M. Kavala, 64 ans, a pris
la parole par visioconférence depuis sa cellule de la prison de
Silivri, à l'ouest d'Istanbul, pour dénoncer "un acte d'accusation
étrange basé sur des théories du complot et de faux témoignages".
Osman Kavala, devenu au fil des ans la bête noire du régime, est accusé
d'avoir financé les manifestations anti-gouvernementales de 2013 et
d'avoir pris part au complot menant à la tentative de coup d'Etat de
juillet 2016, ainsi que d'espionnage.
Ces accusations, qu'il a toujours niées, lui font encourir la prison à
vie et exposent Ankara à la réprobation internationale et à des
sanctions européennes.
Il a rappelé qu'il avait été une première fois libéré et acquitté,
avant d'être de nouveau arrêté et inculpé "sur la base de soi-disant
preuves".
Le philanthrope a insisté sur le fait qu'il n'avait "jamais été
interrogé par le procureur à aucun stade de la procédure", ce qui
constitue "un manquement grave à ses obligations", a-t-il relevé.
Surnommé le "milliardaire rouge" par ses détracteurs, Osman Kavala
était relativement inconnu du grand public quand il a été arrêté à
l'aéroport d'Istanbul en octobre 2017, de retour d'un voyage à
Gaziantep, dans le sud-est du pays.
Acquitté une première charge en février 2020, il avait été arrêté de
nouveau le jour-même, avant même d'être rentré chez lui, et accusé de
coup d'Etat. Il fait désormais face à cette double accusation qu'il
rejette également.
Depuis, la reconduction régulière de sa détention malgré l'absence de
jugement en a fait le héros de l'opposition au président Recep Tayyip
Erdogan.
- "pas de compensation possible" -
Comme chaque fois, une dizaine au moins de représentants du corps
diplomatique occidental ont assisté à l'audience.
L'affaire Kavala avait déclenché à l'automne une crise diplomatique
entre Ankara et une dizaine d'ambassadeurs occidentaux, dont celui des
Etats-Unis, qui avaient été menacés d'expulsion par le président turc
pour avoir réclamé sa libération.
En février, la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a lancé une
"procédure en manquement" contre la Turquie, décision rarissime qui
pourrait déboucher sur de possibles sanctions contre Ankara si Osman
Kavala n'est pas rapidement libéré.
Le mois dernier, les procureurs avaient réclamé sa condamnation pour
"tentative de renversement" du gouvernement - soit une peine de prison
à vie sans possibilité de libération anticipée.
M. Kavala est jugé en même temps que sept des 16 autres accusés pour
les manifestations de 2013 - neuf d'entre eux ayant fui à l'étranger.
Les militants des droits humains espèrent encore une libération qui
enverrait un signal positif, alors que la Turquie essaie de faciliter
les pourparlers entre l'Ukraine et la Russie.
"Osman Kavala est l'un des plus éminents prisonniers de Turquie, mais
l'attention qui lui est portée ne l'a pas empêché de subir de graves
injustices aux mains du système", relève Guney Yildiz, d'Amnesty
International en Turquie.
Pour l'intéressé, "avoir passé 4 ans et demi de ma vie en prison ne
pourra jamais être compensé. La seule chose qui pourra me consoler sera
d'avoir contribué à révéler les graves erreurs de la justice", a-t-il
lancé aux juges.
Son épouse Ayse Bugra, dans une déclaration à la chaîne France 24, a
assuré ne pas comprendre ce que la justice lui reproche: "Mon mari
n'est affilié à aucun parti politique, organisation ou mouvement, donc
c'est assez étrange", a-t-elle relevé. "Je n'attends rien et j'essaie
de ne rien espérer surtout, parce que l'espoir déçu est dévastateur".
Kavala dénonce les "influences politiques" sur la justice
Le mécène et philanthrope Osman Kavala, détenu sans jugement depuis
2017, a dénoncé vendredi devant le tribunal d'Istanbul "l'influence des
politiques" et "l'implication" du président turc Recep Tayyip Erdogan
dans son affaire.
M. Kavala, 64 ans, qui s'exprimait en visioconférence depuis la prison
de Silivri à l'ouest d'Istanbul, est accusé d'espionnage, d'avoir
financé les manifestations anti-gouvernementales de 2013, dit
"Mouvement de Gezi", et d'avoir pris part au complot menant à la
tentative de coup d'Etat de juillet 2016.
Ces charges, qu'il a toujours niées, lui font encourir la prison à vie.
L'audience, qui pourrait être l'une des dernières de ce feuilleton
judiciaire, s'est ouverte vendredi matin avec neuf de ses seize
co-accusés.
Face aux juges et à une salle d'audience bondée comme jamais, Osman
Kavala a balayé des accusations "absurdes" et dénoncé une affaire qui,
"loin d'être objective, reflète le discours d'acteurs politiques".
Il a rappelé qu'il avait été une première fois libéré et acquitté,
avant d'être de nouveau arrêté et inculpé "sur la base de soi-disant
preuves".
Dès lors, a-t-il ajouté, "un acte d'accusation étrange basé sur des
théories du complot et de faux témoignages a été rédigé".
"Je veux insister ici sur le fait que je n'ai jamais été interrogé par
le procureur à aucun stade de la procédure", ce qui constitue "un
manquement grave à ses obligations", a-t-il encore déclaré.
"Avoir passé 4 ans et demi de ma vie en prison ne pourra jamais être
compensé. La seule chose qui pourra me consoler sera d'avoir contribué
à révéler les graves erreurs de la justice", a encore souligné Osman
Kavala.
Son épouse Ayse Bugra, dans une déclaration à la chaîne France 24, a
assuré ne pas comprendre ce que la justice lui reproche: "Mon mari
n'est affilié à aucun parti politique, organisation ou mouvement, donc
c'est assez étrange", a-t-elle relevé. "Je n'attends rien et j'essaie
de ne rien espérer surtout, parce que l'espoir déçu est dévastateur".
(AFP, 22 avr 2022)
Un mort et quatre blessés dans un attentat à la bombe
Un attentat à la bombe visant un bus transportant des gardiens de
prison à Bursa, ville industrielle du nord-ouest de la Turquie, a fait
un mort et quatre blessés, ont annoncé mercredi les autorités turques.
Une bombe, placée sous un poteau électrique au bord d'une route, a
explosé au passage du bus transportant les gardiens de prison, faisant
"un martyr", a déclaré le gouverneur de Bursa, Yakup Canbolat, à la
chaîne privée turque NTV.
L'attentat a également fait quatre blessés, dont un dans un état grave,
a annoncé le gouverneur.
Le bus visé transportait une trentaine de gardiens et l'explosion a été
"visiblement déclenchée" par un système télécommandé, a ajouté le
gouverneur.
"Les opérations pour arrêter les responsables sont en cours", a tweeté
le ministre turc de l'Intérieur Suleyman Soylu.
L'attentat n'a pas été revendiqué.
La Turquie a subi une vague d'attentats en 2016, revendiqués par le
groupe jihadiste Etat islamique et par le Parti des travailleurs du
Kurdistan (PKK), une organisation qualifiée de "terroriste" par Ankara
et ses alliés occidentaux.
Cette attaque survient alors que la Turquie a lancé depuis lundi une
offensive aérienne et terrestre contre le PKK, qui dispose de bases et
de camps d'entraînement dans le nord de l'Irak.
Ancienne capitale de l'empire ottoman avant Constantinople, Bursa,
connue pour ses soieries, accueille l'une des principales zones
industrielles de Turquie, en particulier pour l'automobile et le
textile. (AFP, 20 avr 2022)
Manifestations
contre la menace de dissolution d'une association
Des centaines de personnes ont manifesté samedi dans plusieurs villes
de Turquie, dont Istanbul et Ankara, contre la menace de dissolution
d'une des plus importantes association de défense des droits des femmes
du pays pour "activités contre la loi et la morale".
"Il n'est pas possible d'arrêter notre combat. Nous n'allons pas
permettre la fermeture de notre association", a déclaré à l'AFP la
secrétaire générale de la plateforme We Will Stop Feminicide, Fidan
Ataselim.
Un procureur d'Istanbul a ouvert mercredi un procès pour la dissolution
de l'association pour "activité" contre la loi et la morale".
Très active pour la défense des droits des femmes, l'association avait
aussi organisé plusieurs manifestations pour le maintien de la Turquie
dans la Convention d'Istanbul, un traité international établissant des
règles pour lutter contre les violences sexistes, dont le pays s'est
retiré en 2021.
"Ne poursuit pas les femmes, mais les assassins!", ont lancé des
centaines de manifestants réunis à Istanbul.
Des représentants des partis de l'opposition ainsi que des membres de
famille des femmes victimes de féminicides ont aussi participé à la
manifestation à Istanbul, a
constaté une journaliste de l'AFP sur place.
"Ces femmes sont des combattantes. Elles ne nous ont pas laissés seuls
et ont suivi notre procès. J'ai voulu être là pour les soutenir", a
affirmé Nihat Palandoken, le père d'une jeune fille tuée en 2017 par
son ex-ami.
A l'origine du procès, des plaintes déposées par des particuliers qui
reprochent aux membres de l'association de "détruire la famille au
prétexte de défense des droits des femmes", pour avoir publié des
rapports sur les féminicides.
Ces plaintes, envoyées à la présidence turque par le biais d'un site
internet destiné à collecter les requêtes et plaintes des citoyens,
reprennent, selon l'assocation,
"la terminologie des détracteurs de la Convention d'Istanbul".
Le gouvernement turc avait justifié sa décision d'abandonner le traité
en lui reprochant d'encourager l'homosexualité et de menacer la
structure familiale traditionnelle.
Selon l'association, 280 femmes ont été tuées en 2021, et 217 autres
sont mortes dans des circonstances suspectes, notamment celles
présentées comme des suicides.
La date de la première audience du procès a été fixée au 1er juin.
"C'est un procès pas seulement contre nous mais contre l'ensemble du
mouvement des femmes en Turquie. Nous allons continuer notre lutte", a
affirmé Rukiye Leyla Suren, avocate de l'association. (AFP, 16 avr 2022)
Osman Kavala’s arrest maintained by court
The İstanbul 13th High Criminal Court conducted the monthly review of
Osman Kavala's arrest based on his case file today (April 15). By a
majority of votes, the court has ruled that Kavala's arrest shall
continue "on the grounds that there has been no change in his legal
situation."
One of the judges of the court board has expressed a dissenting
opinion, noting that Osman Kavala should be released on probation.
The next hearing of the Gezi trial, of which Kavala is the only
arrested defendant, will be held on April 22, 2022.
In their statement titled "Summary of the 3.5 Years: Crime Not Found"
dated May 17, 2021, Osman Kavala's lawyers summarized the judicial
proceedings faces by Osman Kavala in the following words:
"The story of Osman Kavala's detention is a remarkable example of the
politicization of the judiciary and its use for political purposes. It
is an example of the attempts to create crimes according to the person
who is sought to be punished. It clearly shows how conspiracy theories
can be used instead of evidence, ignoring not only legal norms but also
the rule of reason.
"Kavala was arrested on 1 November 2017 on the charges of 'attempting
to overthrow the government or to prevent it from exercising its
functions' (Article 312 of the TCC) and 'attempting to overthrow the
constitutional order through force and violence' (Article 309 of the
TCC).
"He was acquitted in his trial for attempting to overthrow the
government by acting as the financier and organizer of the Gezi
Protests. After the decision of acquittal, he was not released but
ordered detention again on the second charge, for which a release order
had already been issued.
"In the meantime, the European Court of Human Rights (ECtHR) ruled that
there was not any evidence to raise reasonable suspicion for the charge
of overthrowing the government and other charges related to the
attempted coup of 15 July 2016; that the detention constituted the
abuse of power for political reasons; and that Kavala should be
released immediately. A third charge, the charge of espionage (Article
328 of the TCC), was brought in order to circumvent the judgment of the
ECtHR and continue the detention.
"This charge was included in the second indictment issued against
Kavala without explaining which classified information was the
substance of the allegation of espionage and how and from whom it was
obtained. The indictment also included incredible allegations that
Kavala was in contact with the secret officers of the Gülenist
organization, that he was involved in the attempted coup of 15 July,
and that he even coordinated those who would take part in the new
government to be established after the coup.
"In the indictment, it was alleged that Kavala had frequent contact
with Henri Barkey, who was alleged to be a secret agent of the foreign
powers behind the attempted coup, as a basis for the charges of
espionage and supporting the attempted coup of July 15. The so-called
evidence for this allegation was the fact that Kavala's mobile phone
transmitted signals from places close to Barkey's location, even though
his mobile phone was transmitting signals from his office, which was
between the Divan and Hilton hotels. Furthermore, their mobile phones
did not even transmit signals to the same cell tower. The explanation
provided for the fact that there was no concrete evidence was that the
relationship was maintained in a very secretive manner.
"During his imprisonment of more than 3.5 years when he was ordered
detention on different dates in relation to the cases in which he was
tried on highly serious charges such as overthrowing the government,
being involved in the attempted coup, and espionage, Osman Kavala has
never been interrogated by the prosecutor.
"Despite this severe lack of evidence, at different stages of the legal
process the President made several remarks suggesting that Kavala was
guilty. In one of these remarks, he criticized the decision of
acquittal in the Gezi trial and described it as an operation to ensure
the release of Kavala.
"In the hearing to be held in 30th Assize Court on 21 May, it is
expected that the Gezi case concerning Kavala will be merged with the
Gezi case concerning the Çarşı group, with both cases joined with the
trial concerning the allegations of supporting the attempted coup of 15
July and espionage against Kavala. This is an attempt to establish a
connection between different actions and people who do not know each
other.
"This practice, which we have previously encountered in the Ergenekon
and Sledgehammer trials, emerges as a convenient method for creating
perception in political cases. It seems that the criminalization of the
Gezi Events as a foreign plot through the judiciary will remain on the
agenda of the politics and that the efforts to keep Kavala in prison
will continue as a proof of this narrative." (BIA, 15 April 2022)
Professional organizations to meet in Maltepe
Square on May Day
Ahead of May the 1st Labor Day, the Confederation of Progressive Trade
Unions of Turkey (DİSK), Confederation of Public Employees Trade Unions
(KESK), Union of Chambers of Turkish Engineers and Architects, Turkish
Medical Association (TTB) and Turkish Dentists Union (TDB) kicked off
their May 1 activities in İstanbul's Beşiktaş yesterday (April 13).
With the motto "We will change it together", the professional
organizations have announced that this year's May Day rally in İstanbul
will be held in the Maltepe Square on the Anatolian side on May 1 at 1
pm.
Especially since the 1 May 1977 massacre, Taksim Square has been
actually considered the "May Day Square" by the professional
organizations, especially by the DİSK. However, the square has not been
in the list of "the permitted sites of demonstrations" of the
governor's office. And every attempted gathering there is faced with
local authorities' bans.
'People long for jobs, bread and justice'
Before the leaflets were distributed by the organizations'
representatives, the joint May Day declaration was read out. Reading
the declaration, DİSK Chair Arzu Çerkezoğlu briefly stated the
following:
"Amid the economic crisis, unemployment, price hikes and pandemic, it
is becoming increasingly difficult to survive in our country, let alone
leading a humane life. This system does not protect the job, daily
bread, livelihood or health of workers; on the contrary, it threatens
it.
"The wheels of this system continuously crush us, the ones who produce
all the values and beauties of the world. The wheels of this system
have been designed to make the rich richer, to fill the safes of banks
and to feed companies with tenders. The wheels of this system turn to
create cheap labor to exploit, nature to plunder and cities to prey on.
"While people are struggling against unemployment, hunger, poverty,
debt and outbreak, the AKP government is channeling all resources of
the country to a handful of bosses and privileged classes.
"Just as they are hungry for jobs, daily bread and a humane life,
people are also hungry for democracy, justice and law. This system
violates the rights and law of citizens and aggravates injustice.
Everyone who seeks rights and tells the truth is faced with the
unlawful despotism of this system. In order to sustain this system, the
last remnants of democracy are eliminated. They even lay hands on our
right to elect and to be elected.
"This system survives by breaking millions of people it has aggrieved
into pieces. Incited by this system, sexism, racism and anti-immigrant
opinions, sectarianism and war policies threaten the future of our
country and people. This system cannot go on like this. Condemning
people to poverty, hunger, indebtedness and precarity, this system is a
burden on Turkey's back.
"The ones who have been governing the country for the past 20 yeas and
those who have centered all powers in a single person cannot evade
responsibility. 'Enough is enough' we say to a mentality of governance
that attributes the open wounds of the country to everyone and
everything, except for itself. As workers, laborers, women, young
people and all of the exploited, impoverished and oppressed, we have
the strength to build a country where 84 million lead a humane life.
"We call on everyone who is one the side of labor, peace, democracy,
equality and freedom to meet in May 1 squares." (BIA, 14 April 2022)
Menace
de fermeture d'une association féministe pour "activités immorales"
Un procureur d'Istanbul a demandé la fermeture d'une association de
défense des droits des femmes pour "activités contre la loi et la
morale", a annoncé jeudi à l'AFP une responsable de l'ONG.
"Nous avons reçu hier un avis annonçant l'ouverture du procès en vue de
dissoudre notre association pour activité contre la loi et la morale",
a déclaré à l'AFP la secrétaire générale de la plateforme We Will Stop
Feminicide, Fidan Ataselim.
Très active pour la défense des droits des femmes, l'association avait
aussi organisé plusieurs manifestations pour le maintien de la Turquie
dans la Convention d'Istanbul, un traité international établissant des
règles pour parer les violences sexistes, dont le pays s'est retiré en
2021.
Pour Fidan Ataselim, la lutte de son mouvement contre l'abandon de la
Convention, ainsi que ses activités de documentation et de suivi des
féminicides, lui vaut l'hostilité des autorités turques.
"Nous pensons que l'ouverture du procès fait partie d'une politique de
dissuasion envers les activités que nous conduisons depuis douze ans",
estime Mme Ataselim.
A l'origine du procès, des plaintes déposées par des particuliers qui
reprochent aux membres de l'association de "détruire la famille au
prétexte de défense des droits des femmes" et les accusent même
"d'insulte envers le président", pour avoir publié des rapports sur les
féminicides ou lancé des appels aux responsables politiques pour qu'ils
agissent contre l'impunité des auteurs de violences sexistes.
Ces plaintes, envoyées à la présidence turque par le biais d'un site
web destiné à collecter les requêtes et plaintes des citoyens,
reprennent "la terminologie des détracteurs de la Convention
d'Istanbul", ajoute Mme Ataselim.
Le gouvernement turc avait justifié sa décision d'abandonner le traité
en lui reprochant d'encourager l'homosexualité et de menacer la
structure familiale traditionnelle.
Selon l'association, 280 femmes ont été tuées en 2021, en plus de 217
autres mortes dans des circonstances suspectes, notamment celles
présentées comme des suicides.
La date de la première audience du procès contre l'association est
encore inconnue.
"Ils ne pourront pas saboter notre lutte. Notre détermination en est
même accrue", a affirmé Mme Ataselim.
L'association a appelé à protester ce week-end contre la menace de
fermeture dans plusieurs villes de la Turquie. (AFP, 14 avr 2022)
Turkey
fails to achieve 165 of
261 targets in human rights action plan
The government has failed to achieve most of the goals set in the Human
Rights Action Plan as one year has passed since it was unveiled, an
opposition deputy has said.
The President and Justice and Development Party (AKP) Chair announced
the plan supported by the Council of Europe on March 2, 2021.
Having prepared a report evaluating the first year of the project,
Democracy and Progress (DEVA) Party MP Mustafa Yeneroğlu said, "165 of
the 261 goals have been forgotten."
"We are facing a mentality that doesn't even comply with the decision
it made," said Yeneroğlu, a former AKP deputy who switched to the DEVA
Party in 2019.
The MP listed several areas where the situation in the country even
worsened and the goals in the plan were not achieved.
Despite the plan saying "freedom of expression would be guaranteed,"
the Radio and Television Supreme Council continued to intimidating TV
outlets with heavy penalties, noted the MP.
Prisoners and torture
The practice of putting political prisoners in provinces far away than
their hometowns, Yeneroğlu noted.
Minimum seniority requirement was going to be introduced for
assignments of penal judgeships of peace but it was not done, the MP
also noted. These judgeships decide whether people should be arrested
pending trial or further investigation.
Torture and maltreatment, excessive use of force by law enforcement
officers during demonstrations, and violations of rights of suspects
and defendants also continue, according to the MPs report.
Inadequate protection measures for women against their husbands or
ex-husbands are still an issue, he added.
Council of Europe report
Citing the Council of Europe's Communication on EU Enlargement Policy
2021 report, Yeneroğlu said the "principle of separation of powers is
not respected" in Turkey and "no measures were foreseen to improve the
structure of the Council of Judges and Prosecutors (HSK)," the top
judicial oversight body of the country.
The government's action plan does not address such important issues in
terms of judicial independence, he added.
Also quoting the CoE report, Yeneroğlu said judges and prosecutors who
were dismissed from their posts after the 2016 coup attempt were not
reinstated despite being acquitted in trials and there are no objective
and merit-based criteria for the recruitment and promotion of judges
and prosecutors. (BIA, 1 April 2022)
AI: "Deep flaws in the judicial system not addressed in
Turkey in 2021"
Amnesty International released its annual report 2021/2022 titled "The
State of the World's Human Rights" today (March 29).
Offering a detailed overview of the state of human rights in 154
countries, the report of the organization has said, "From a human
rights perspective, 2021 was largely a story of betrayal in the
corridors of power".
It has found that "the promises to 'build back better' after the
pandemic were little more than lip service", noting that "hopes of
global cooperation withered in the face of vaccine hoarding and
corporate greed".
Governments suppressed independent and critical voices, with some
even
using the pandemic as a pretext to shrink further the civic space. New
and unresolved conflicts erupted or persisted. Those forced to flee
were subjected to a litany of abuses, including pushbacks by countries
in the Global North. But hopes for a better post-pandemic world were
kept alive by courageous individuals, social movements and civil
society organizations.
The state of human rights in Turkey
Noting that "violations of rights and protests were all across Turkey"
in 2021, the report has also shared observations and findings about the
state of human rights and freedoms in the country. Before going into
detail, the report has offered the following general commentary on
Turkey:
Deep flaws in the judicial system were not addressed.
Opposition politicians, journalists, human rights defenders and others
faced baseless investigations, prosecutions and convictions.
Turkey withdrew from the Istanbul Convention.
Government officials targeted LGBTI people with homophobic rhetoric.
Freedom of peaceful assembly was severely curtailed.
A new law unduly restricted freedom of association for civil society
organizations.
Serious and credible allegations of torture and other ill-treatment
were made.
Turkey hosted 5.2 million migrants and refugees, but thousands of
asylum seekers were denied entry.
Physical attacks against refugees and migrants increased in the context
of rising anti-refugee rhetoric.
Offering some background information about the country as well,
Amnesty International has indicated that "new Human Rights Action Plan
and two Judicial Reform Packages prepared by the Ministry of Justice
failed to address deep flaws in the judiciary".
Noting that "the Parliament extended the mandate for military
operations in Syria and Iraq for another two years" in October, it has
also reminded the international community that "a threat by the
president to expel 10 Western ambassadors after they called for the
immediate release of civil society leader Osman Kavala was withdrawn
after several days".
The report has then moved on to analyze the state of human rights in
Turkey under the subheadings of "state overreach", "repression of
dissent", "freedom of expression", "human rights defenders", "women's
and girls' rights", "LGBTI+ people's rights", "freedom of assembly",
"freedom of association", "torture and other ill treatment", "enforced
disappearances", "refugees' and migrants' rights". (BIA, 29 March 2022)
Pression
sur les médias / Pressure on the Media
Le mécène
Osman Kavala condamné à la perpétuité
Le mécène turc Osman
Kavala, détenu depuis quatre ans et demi, a été condamné lundi à
Istanbul à la perpétuité après les plaidoiries de la défense qui avait
réclamé son acquittement pour manque de preuves et dénoncé
l'acharnement du pouvoir.
Osman Kavala, accusé
d'avoir tenté de renverser le gouvernement du président Recep Tayyip
Erdogan, ne pourra bénéficier d'aucune remise de peine, ont précisé les
juges dont le verdict, énoncé après moins d'une heure de délibéré, a
été accueilli par des huées dans la salle du tribunal et les pleurs de
ses proches.
Il a été seulement
acquitté de l'accusation d'espionnage. Ses avocats ont fait part de
leur intention de faire appel.
Les Etats-Unis se
sont dits "profondément troublés et déçus" par sa condamnation, en
appelant à sa remise en liberté et en exhortant "le gouvernement à
cesser les poursuites motivées par la politique".
La ministre allemande
des Affaires étrangères Annalena Baerbock a, elle, dénoncé un arrêt "en
contradiction flagrante avec les normes de l'Etat de droit", tandis que
le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a jugé que la
décision témoignait "d'une sévérité maximale".
La représentante de
Human Rights Watch, Emma Sinclair-Webb, présente au tribunal, a dénoncé
sur Twitter le "pire dénouement possible" - "Horrible, cruel et
diabolique", et le directeur Europe d'Amnesty International, Nils
Muiznieks, a fustigé une "parodie de justice".
L'association turque
des juristes contemporains (CHD) a appelé les avocats à participer à
une veille mardi devant le palais de justice pour protester contre le
verdict.
"Ce gouvernement, qui
s'est abattu sur le pays comme un cauchemar, continue de piétiner le
droit", a réagi de son côté le chef du principal parti turc de
l'opposition, Kemal Kilicdaroglu.
Par avance, à la
clôture des débats, Osman Kavala - qui a toujours nié les charges
pesant contre lui - avait dénoncé un "assassinat judiciaire" contre sa
personne. "Les théories du complot, avancées pour des raisons
politiques et idéologiques, ont empêché une analyse impartiale des
événements", avait-il lancé avant que les juges ne se retirent.
Figure de la société
civile turque, Osman Kavala, 64 ans, était accusé d'avoir cherché à
renverser le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan via le financement
des manifestations anti-gouvernementales dites "mouvement de Gezi" en
2013 et lors du coup d'Etat raté de juillet 2016.
C'est depuis la
prison de haute sécurité de Silivri, en lisière d'Istanbul, par
visioconférence et vêtu comme à l'accoutumée d'une chemise blanche
impeccable, qu'il a suivi les plaidoiries et entendu l'énoncé du
verdict, épilogue d'un feuilleton judiciaire renvoyé de mois en mois.
Les trois avocats de
l'homme d'affaires, éditeur et philanthrope ont notamment fait valoir
que jamais les juges ne lui avaient demandé "où il se trouvait" lors
des faits qui lui étaient reprochés.
"Il n'y a pas eu de
procès: vous n'avez pas posé une seule question à Osman Kavala", a
lancé Me Tolga Aytöre.
- "Lâchez vos
téléphones" -
Pendant les
plaidoiries, la représentante du Pen Club, association de défense de la
liberté d'expression, Caroline Stockford, a demandé aux juges de
"lâcher leur téléphone", laissant entendre qu'ils n'écoutaient pas la
défense.
Face à la cour
vendredi, Osman Kavala avait dénoncé l'influence du président Erdogan
sur son procès.
Ses sept co-accusés -
qui comparaissaient libres - ont écopé d'une peine de dix-huit ans de
prison, accusés de lui avoir apporté leur soutien.
Surnommé le
"milliardaire rouge" par ses détracteurs, Osman Kavala, né à Paris,
avait été arrêté en octobre 2017.
- "Graves erreurs de
la justice turque" -
Acquitté en février
2020 pour les charges liées aux manifestations de 2013, l'éditeur avait
été arrêté quelques heures plus tard - avant même de pouvoir rentrer
chez lui - puis renvoyé en prison, cette fois accusé d'avoir cherché à
"renverser le gouvernement" lors du putsch raté de juillet 2016, ainsi
que d'espionnage.
Son acquittement
avait ensuite été invalidé par la justice turque, mais la reconduction
régulière de sa détention en a fait le héros de l'opposition au
président Erdogan.
"Avoir passé quatre
ans et demi de ma vie en prison ne pourra jamais être compensé. La
seule chose qui pourra me consoler sera d'avoir contribué à révéler les
graves erreurs de la justice turque", avait-il prévenu vendredi.
L'affaire Kavala a
déclenché à l'automne une crise diplomatique, Ankara menaçant
d'expulser une dizaine d'ambassadeurs occidentaux, dont celui des
Etats-Unis, qui avaient réclamé sa libération.
En février, la Cour
européenne des droits de l'homme (CEDH) a lancé une "procédure en
manquement" contre la Turquie.
Le mois dernier, les
procureurs avaient réclamé sa condamnation pour "tentative de
renversement" du gouvernement, soit une peine de prison à vie sans
possibilité de libération anticipée. (AFP, 26 avril 2022)
Journalist
İbrahim Haskoloğlu
arrested over coverage of alleged hacking
Turkish authorities should release journalist İbrahim Haskoloğlu
immediately and drop any charges against him, the Committee to Protect
Journalists said Wednesday.
On the night of Monday, April 18, police in Istanbul arrested
Haskoloğlu, a freelance journalist, for allegedly “illegally obtaining
and spreading personal information,” according to multiple news
reports. Authorities placed Haskoloğlu in pretrial detention on
Tuesday, according to those reports, which said a court date had not
been set for his case.
The journalist was detained in response to a complaint filed by the
Turkish Interior Ministry over a Twitter thread he published on April
12 in which he claimed to be in touch with hackers who had allegedly
accessed government documents connected to President Recep Tayyip
Erdoğan, Intelligence Chief Hakan Fidan, and other Turkish citizens.
“Turkish authorities should be more concerned with the alleged hacking
of government databases than the journalists who are covering it,” said
CPJ Program Director Carlos Martinez de la Serna, in New York. “Members
of the press cannot do their jobs properly in an environment in which
they can face detention over journalistic posts on social media.
Authorities should immediately release İbrahim Haskoloğlu and stop
harassing journalists.”
Haskoloğlu is a freelance journalist who covers local and international
politics and sports on Twitter, where he has about 540,000 followers,
Instagram, with about 100,000 followers, and YouTube, with 79,000
followers.
In his Twitter thread, Haskoloğlu posted photos purporting to be hacked
copies of Erdoğan and Fidan’s government identity cards with their
personal information redacted, saying that the hackers provided them to
prove that they had accessed government databases containing ID cards,
college diplomas, financial information, and other data.
He wrote that the hackers had contacted him two months ago and that he
had notified authorities at the time. Those news reports said that
authorities accused Haskoloğlu of failing to also notify the
prosecutor’s office.
When CPJ called Haskoloğlu’s lawyer Emrah Karatay, he confirmed his
client was arrested in response to that Twitter thread, and noted that
journalist had not actually shared Erdoğan or Fidan’s personal
information as those parts of the images were redacted.
CPJ emailed the Interior Ministry of Turkey for comment but did not
immediately receive any reply. (CPJ, April 20, 2022)
Özgür Gündem
trial: Appeals court
upholds prison sentences
The court of appeals has upheld the prison sentences in the trial over
daily Özgür Gündem, which was closed by a Statutory Decree.
At the final hearing of the trial on February 15, 2021, Özgür Gündem
newspaper's grant holder Kemal Sancılı, managing editor İnan Kızılkaya,
editor-in-chief Zana Kaya and Eren Keskin were sentenced to 20 years,
10 months in prison in total on "terrorism" charges.
While Sancılı, Kızılkaya and Keskin were sentenced to 6 years, 3 months
each on charge of "organization membership", Kaya was sentenced to 2
years, 1 month for "propagandizing for a terrorist organization".
Finding the prison sentences insufficient, the İstanbul Chief Public
Prosecutor's Office applied to the İstanbul Regional Court of Justice
and requested that the defendants be separately penalized for
"disrupting the unity of the state and integrity of the country",
"being members of an organization" and "propagandizing for a terrorist
organization".
Rejecting the appeal of the prosecutor, the 27th Chamber of the
İstanbul Regional Court of Justice, the appeals court, has upheld the
verdicts. (BIA, 14 April 2022)
Assassinat de Khashoggi: une crise majeure
De l'assassinat du journaliste saoudien par des agents de Ryad à
Istanbul en 2018, au renvoi du dossier par la justice turque à l'Arabie
saoudite jeudi, rappel des étapes de l'affaire Jamal Khashoggi.
Collaborateur du Washington Post et critique du régime saoudien après
en avoir été proche, l'éditorialiste s'était exilé aux Etats-Unis en
2017, redoutant une arrestation après avoir critiqué le prince héritier
saoudien Mohammed ben Salmane, dit MBS.
Il était âgé de 59 ans lorsqu'il a été tué et démembré. Ses restes
n'ont jamais été retrouvés.
- "Découpé" -
Le 2 octobre 2018, Jamal Khashoggi entre au consulat saoudien à
Istanbul, selon une image de caméra de surveillance publiée par le
Washington Post. Selon sa fiancée turque, il s'y était rendu pour des
démarches administratives en vue de leur mariage mais n'en est jamais
ressorti.
Le 5, MBS affirme que Khashoggi est entré au consulat mais en est
sorti peu après.
Une source proche du gouvernement turc affirme que "le journaliste a
été tué au consulat par une équipe venue spécialement à Istanbul et
repartie le même jour". Ryad dément.
Le Washington Post affirme le 7 que le corps "a probablement été
découpé et mis dans des caisses avant d'être transféré par avion" hors
de Turquie.
Selon le New York Times, l'un des hommes soupçonnés d'être impliqué
dans l'assassinat appartient à l'entourage de MBS et trois aux services
de sécurité rattachés au prince.
- Plusieurs versions -
Le 20 octobre, Ryad admet que le journaliste a été tué dans le consulat
lors d'une "rixe". Le roi Salmane demande à son fils de restructurer
les services de renseignement. Quatre responsables sont limogés.
Khashoggi a été victime d'un "meurtre", déclare le lendemain le
ministre saoudien des Affaires étrangères, évoquant une "opération non
autorisée", dont MBS n'était "pas informé".
Le 23, le président turc Recep Tayyip Erdogan décrit un "assassinat
politique", "planifié", exécuté par une équipe de "quinze agents".
MBS réagit le lendemain: "c'est un incident hideux et totalement
injustifiable".
Le 2 novembre, M. Erdogan accuse les "plus hauts niveaux du
gouvernement saoudien" d'avoir commandité le meurtre, excluant le roi.
Son conseiller affirme que le corps a été démembré pour pouvoir être
"dissous".
Le 15, Washington, suivi par Berlin, Paris et Ottawa, annonce des
sanctions contre des responsables saoudiens.
- MBS "responsable" -
Le 20, Donald Trump n'exclut pas que le prince ait été au courant, mais
affirme que "les Etats-Unis entendent rester un partenaire inébranlable
de l'Arabie saoudite".
Le 13 décembre, après avoir été informé des conclusions de la CIA, le
Sénat adopte cependant une résolution tenant MBS pour "responsable".
Le 19 juin 2019, la rapporteure spéciale de l'ONU sur les exécutions
sommaires Agnès Callamard affirme avoir des "éléments de preuves
crédibles, justifiant une enquête supplémentaire sur la responsabilité
individuelle de hauts responsables saoudiens, y compris celle du prince
héritier". Le rapport est "sans fondement", réagit Ryad.
- "Parodie de justice" -
La justice turque commence en juillet 2020 à juger par contumace une
vingtaine de Saoudiens, dont deux proches du prince, l'ex-conseiller
Saoud al-Qahtani et l'ancien numéro deux du renseignement, Ahmed
al-Assiri, identifiés comme les commanditaires.
Le 7 septembre, un tribunal saoudien annule, dans un verdict final,
cinq peines capitales prononcées fin 2019 pour le meurtre, et condamne
huit accusés à des peines de sept à 20 ans de prison.
"Parodie de justice", réagit Agnès Callamard.
- MBS accusé d'avoir "validé" l'assassinat -
Le 26 février 2021, les Etats-Unis rendent public un rapport des
renseignements accusant le prince héritier d'avoir "validé" une
opération visant à "capturer ou tuer" Khashoggi. Ils sanctionnent
certains de ses proches, sans aller jusqu'à punir le dirigeant.
Ryad rejette des "conclusions fausses et préjudiciables".
Le 3 janvier 2022, le président Erdogan - en quête de rapprochement
avec Ryad - annonce une visite imminente en Arabie saoudite, la
première depuis l'assassinat de Khashoggi. Elle n'a pas encore eu lieu.
- Renvoi du dossier d'Istanbul à Ryad -
Le 31 mars, des médias turcs et la fiancée de Khashoggi rapportent que
le procureur d'Istanbul a demandé à "clore le dossier".
Le 7 avril, la justice turque renvoie le dossier à l'Arabie saoudite.
La fiancée de Khashoggi fait appel. (AFP, 7 avr 2022)
Un demi-siècle
d’exil pour un couple de journalistes turcs

Tory Kiliç et Nicolo Tissier, Latitudes, 8 avril 2022
Les journalistes Dogan
Özgüden et Inci
Tugsavul ont passé leur vie à lutter pour une Turquie démocratique.
Même après 50 ans d’exil, l’engagement et la passion de ce couple
restent toujours aussi vifs. Un journaliste en exil et un étudiant en
journalisme sont allés à leur rencontre lors d'une soirée organisée en
leur hommage.
Le lieu est
improbable, assez lunaire. Après avoir pris le train, il faut 20
minutes de marche pour y accéder. Une zone industrielle est par
définition sans charme et étrange, et celle de Zaventem n’y échappe
pas. C’est pourtant ici, un samedi en fin d’après-midi, au milieu des
bâtiments vides, que se prépare un événement bien particulier. Un
établissement semble en effet animé, les seules voitures croisées
viennent se garer aux alentours. Il s’agit des locaux de l’Association
des arméniens démocrates en Belgique. Quelques personnes sont présentes
et patientent calmement, on sert des cafés en attendant. Sur une table
quelques livres sont étalés. Différents ouvrages sont présentés. Les
titres sont les suivants : « Le journaliste apatride I »,
« Le journaliste apatride II », « Ecrits d’exil »
et « Les ateliers du soleil ».
L’auteur de ces textes s’appelle Dogan Özguden, une figure du
journalisme turc. Les Ateliers du soleil est le nom d’un centre
bruxellois qui lutte contre le racisme et la xénophobie et défend les
droits des citoyens d’origine étrangère en promouvant la diversité.
L’association est liée au site d’information Info Turk qui « informe
l’opinion publique de la situation des droits de l’Homme en Turquie ». Les deux ont été créés
par Dogan Özguden et Inci Tugsavul, également journaliste. Le couple
vit, travaille et lutte ensemble depuis plus d’un demi-siècle. Tous
deux sont exilés depuis 50 ans et vivent à Bruxelles depuis 1974.
Une épopée
journalistique dans la Turquie des années 60
C’est à
l’occasion des 50 ans de leur exil que cette rencontre est organisée.
Malgré le prestige de leur réputation, l’entrée de Dogan Özguden et
d’Inci Tugsavul est sobre et discrète, à leur réelle image. Ce sont
aujourd’hui deux personnes âgées (86 ans pour Dogan, 82 ans pour Inci)
qui se fraient timidement un chemin à travers l’assistance, serrant des
mains et souriant derrière leur masque. Presque tous ici se
connaissent, de nombreux intellectuels, écrivains et journalistes de la
communauté turc en Belgique et aussi d’autres origines, sont venus leur
rendre hommage.
L’histoire de Dogan Özguden est singulière. Fils d’un cheminot, né en
1936 juste avant la guerre, il est issu d’un milieu populaire et a
grandi dans plusieurs villages d’Anatolie. Il commence sa carrière de
journaliste en 1952 dans la ville d’Izmir, dans l’Ouest de la Turquie
au bord de la mer Egée. En parallèle, il s’engage politiquement à
gauche, militant notamment dans le Parti ouvrier de Turquie (TIP) à
partir de 1962. L’apogée de sa carrière en Turquie est sans nul doute
la deuxième partie des années 60, lorsqu’il devient en 1964 à seulement
28 ans le rédacteur en chef d’Aksam, le plus grand
quotidien de gauche du pays, qui est aussi l’un de ses plus vieux
journaux. Pourtant d’origines très modeste, Özguden est ainsi devenu
une personnalité connue et prestigieuse de la société turque de
l’époque. Dès la fin des années 50, il a connu et côtoyé de nombreuses
personnalités publiques et dirigeants. On peut d’ailleurs voir sur le
site d’InfoTürk une
série de photos où il apparait (parfois en smoking) en compagnie de
généraux, de diplomates (l’ambassadeur américain notamment), de
nombreux politiques dont même des futurs premiers ministres et
présidents. C’est à l’époque d’Aksam qu’il rencontre Inci
Tugsavul.
Née en 1940 à
Ankara, elle débute sa carrière de journaliste en 1961 et arrive à Aksam en 1963, un an avant Dogan.
Depuis, ils n’ont cessé de travailler et lutter ensemble.
Özguden est démis de ses fonctions de rédacteur en chef d’Aksam en 1966. Lui et Inci
fondent alors en 1967 un nouvel hebdomadaire, lui aussi de gauche, nommé Ant (qui signifie « Le serment ») et le dirigent ensemble.
Cette revue, qui éditait également des livres, se disait fièrement
socialiste et eu un fort succès pendant presque 5 ans. Elle prenait des
positions fermes : antimilitariste et pour la défense des classes
ouvrières et de tous les peuples vivant en Turquie. C’est notamment
pour ces raisons que l’aventure Ant cessa
brutalement en 1971, lorsque la revue fut bannie à la suite d’un coup
d’Etat de la junte militaire. Recherchés par les militaires, menacés de
prison par d’innombrables procès d’opinion, Dogan Özguden et Inci
Tugsavul sont alors contraints à l’exil. Ils quittent la Turquie peu
après le coup d’Etat du 12 mars 1971.
Commence alors un long exil dont ils n’avaient alors aucune idée de la
durée.
Une vie d’exil
Avant le début de
la rencontre publique, nous échangeons avec Özguden sur cet exil forcé
et soudain, contraint par « les menaces de mort de la part des militaires ». « Nous
défendions les principes de la démocratie, des droits humains, du droit
de la presse. C’est la raison de notre exil, car nous nous sommes
dressés pour ces valeurs-là »
rappelle-t-il. Au moment de quitter le pays, Dogan et Inci pensaient
évidemment que ce serait temporaire : « Nous sommes
partis en exil dans l’espoir de retourner en Turquie après le
rétablissement de la démocratie »
raconte Dogan.
Sans statuts, ils
passent les deux premières années de leur exil en clandestinité, avec
de faux passeports. Ils déambulent à travers l’Europe, d’abord à Berlin
Ouest, puis à Paris. Heureusement, ils ont bénéficié du soutien de
nombreux lecteurs à travers le continent et des relations qu’ils
avaient tissées avec la renommée de Ant. « Dès nos premiers jours en Europe, nous avons commencé à
organiser la résistance démocratique ».
Trois ans après avoir quitté la Turquie, le couple décide en 1974 de
venir vivre à Bruxelles « car c’était la capitale de l’Europe, de l’Otan, de tout ». À peine installés dans
la capitale belge, Dogan et Inci fondent directement InfoTürk et les Ateliers du soleil,
pour poursuivre leur engagement journalistique et militant.
En 1978, ils
décident après 7 ans d’exil de retourner en Turquie, la situation s’est
améliorée et le pays jouit alors d’une « relative démocratie ». Tous
les préparatifs ont été arrangés, mais le jour du départ, Özguden
reçoit un message de son avocat l’informant qu’un nouveau procès
s’ouvre contre elle. La situation demeurant dangereuse, le retour au
pays est reporté. Seulement, en 1981, dix ans après le premier, la
junte militaire commet un nouveau coup d’Etat. L’année suivante, en
1982, Dagan Özguden est déchu de sa citoyenneté turque et devient
apatride. À partir de ce moment-là, la perspective d’un retour
s’éloigne.
Lorsqu’on lui pose la question du retour en Turquie aujourd’hui, sa
réponse est nuancée : « La question n’est pas de retourner seul ou de résoudre ma
situation personnelle. C’est la situation de tous les militants,
journalistes et politiques qui doit changer. Nous voulons rentrer en
Turquie tous ensemble ».
Désormais de citoyenneté belge et réfugié politique depuis plusieurs
décennies, il est heureux d’être belge et se dit fier de ne pas être «
un simple réfugié », mais d’être actif dans son nouveau pays, via les
Ateliers du soleil notamment. « Je suis un citoyen combattant de Belgique » dit-il en rigolant.
Malgré son âge, Dogan Özguden parle d’un ton ferme et décidé. Lorsqu’il
raconte son histoire, ses yeux brillent et on peut y lire toute sa
détermination forgée par une vie d’engagements. Il arbore toujours
fièrement son iconique moustache, qu’il porte depuis l’époque d’Ant.
Nous finissons par lui demander si lui et Inci ont eu des enfants. « Non, nous
n’avons pas d’enfants, répond-t-il d’un air songeur. Nous n’avons
pas pensé à en avoir car nous menions une vie très active et risquée ». Néanmoins, le couple a
transmis son vécu aux plus jeunes via les Ateliers du soleil : « Nous avons eu
des centaines d’enfants de diverses nationalités grâce aux Ateliers que
nous avons créés en exil ».
« Construire
avec toutes les communautés »
Une fois la foule
assise et installée, le documentaire « Apatrides Patriotes : vie
et luttes de Özgüden et Tugsavul » est projeté. Il a été réalisé 7
ans auparavant par le journaliste turc Nazim Alpman. Le documentaire
retrace les parcours journalistiques et le vécu du couple. Notamment
l’ascension fulgurante d’Özguden dans le milieu journalistique turque
et sa propulsion à la tête d’Aksam. Il aborde ensuite
l’aventure Ant,
puis finalement leur exil forcé.
S’ensuit une petite conférence animée par Bogoz Yalim, un médecin
d’origine arménienne, qui présente Özguden et Tugsavul comme « deux
personnalités qui sont un peu à part, malheureusement il n’y en a pas
beaucoup d’autres ».
« Par leur
parcours, ils représentent la lutte pour la démocratie et la défense
des opprimés en Turquie et ailleurs » détaille-t-il. Puis Dogan
Özguden s’est exprimé notamment sur le négationnisme de l’Etat turc
autour du génocide arménien de 1915. Cet événement historique n’est
généralement pas mentionné en Turquie, même dans le milieu de la gauche
militante dans lequel il évoluait. Il considère que sa prise de
conscience n’a pu se faire que grâce à son exil : « C’est la
pierre angulaire de mon ouverture d’esprit sur le sujet ». C’est notamment en
développant sa relation avec la communauté arménienne de Bruxelles
qu’il s’est mis à accepter cette réalité-là. Depuis lors, et via InfoTürk,
il milite pour qu’un travail de mémoire sur le génocide arménien soit
pris en compte. Il a également toujours pris fait et cause pour la
défense et la reconnaissance de tous les peuples et communautés qui
vivent en Turquie, notamment les Kurdes. Des prises de position qui ont
détérioré un peu plus ses relations avec les autorités turques : « Ils nous ont
présentés comme des traitres pour avoir soutenu le processus de
reconnaissance et défendu toutes les communautés. »
À la fin de la
soirée, Inci Tugsavul prend brièvement la parole pour dire son espoir,
toujours présent, de pouvoir retourner en Turquie un jour.
Et Dogan Özguden de conclure : « Le retour ne pourra se faire que tous ensemble. Et une
Turquie démocratique ne pourra se construire qu’avec toutes les
communautés, en les intégrant, en les respectant. C’est indispensable.
Nous pourrons alors espérer un réel changement. »
Après 50 ans d’exil, l’espoir est toujours vivace.
Khashoggi:
le procureur turc veut "clore le dossier" et
l'envoyer à l'Arabie saoudite
Le procureur d'Istanbul a demandé à "clore le dossier" de l'affaire
Jamal Khashoggi, journaliste saoudien assassiné en Turquie en 2018,
afin qu'il soit transféré à l'Arabie saoudite, ont rapporté jeudi des
médias turcs.
Selon l'agence de presse privée DHA, le procureur a fait valoir que
"l'affaire traîne parce que les ordres de la cour ne peuvent être
exécutés, les accusés étant des ressortissants étrangers".
La requête a été confirmée par la fiancée de Khashoggi sur Twitter.
"Lors de l'audience d'aujourd'hui (...), le procureur a demandé,
conformément à la demande saoudienne, le transfert du dossier en Arabie
Saoudite et sa finalisation en Turquie", a indiqué Hatice Cengiz.
Dans un entretien fin février à l'AFP, Mme Cengiz exhortait la Turquie
à "insister pour que justice soit faite" et à ne pas renoncer au profit
d'un rapprochement avec Riyad.
Le procès de 26 ressortissants saoudiens accusés par la Turquie d'avoir
assassiné Jamal Khashoggi s'est ouvert en juillet 2020, en leur absence.
La prochaine audience est programmée pour le 7 avril.
Le meurtre de M. Khashoggi, tué et démembré dans le consulat saoudien à
Istanbul, empoisonne les relations entre les deux puissances régionales
sunnites.
Mais Ankara, en proie à une crise économique et à une inflation
au
plus haut depuis 20 ans, cherche depuis quelques mois le rapprochement
avec Ryad.
Le journaliste saoudien de 59 ans, détracteur du pouvoir de la famille
royale saoudienne et collaborateur du Washington Post, a été assassiné
et son corps découpé le 2 octobre 2018 à l'intérieur du consulat
d'Arabie saoudite à Istanbul, où il s'était rendu pour obtenir un
document, selon la Turquie.
Ses restes n'ont jamais été retrouvés.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait annoncé début janvier une
visite imminente en Arabie Saoudite - qui n'a pas eu lieu à ce jour.
Multipliant depuis quelques mois des initiatives pour renouer des liens
avec plusieurs puissances régionales, M. Erdogan a déclaré début
décembre vouloir développer les relations d'Ankara avec les pays du
Golfe, "sans distinction".
Les relations entre Ankara et Ryad s'étaient dégradées en 2017 lors du
blocus du Qatar, un proche allié de la Turquie, décrété par l'Arabie
Saoudite et suivi par les Emirats. (AFP, 31 mars 2022)
Khashoggi: Amnesty dénonce l'envoi du dossier par
la Turquie à l'Arabie saoudite
L'ONG Amnesty International a dénoncé vendredi l'intention de la
Turquie de transférer à l'Arabie saoudite le dossier de l'affaire Jamal
Khashoggi, journaliste saoudien assassiné en Turquie en 2018.
"Aujourd'hui est un jour sombre pour ceux qui ont passé plus de trois
ans à faire campagne pour la justice pour le meurtre de Jamal
Khashoggi. En transférant l'affaire (...), la Turquie l'enverra
sciemment et volontairement entre les mains de ceux qui en portent la
responsabilité", a réagi Agnès Callamard, secrétaire générale
d'Amnesty, dans un communiqué.
Le ministre turc de la Justice, Bekir Bozdag, a annoncé vendredi qu'il
allait transmettre un avis positif concernant le transfert du dossier à
l'Arabie saoudite, demandé la veille par le procureur d'Istanbul qui a
dit vouloir "clore" l'affaire.
Selon l'agence de presse privée DHA, le procureur avait fait valoir que
"l'affaire traîne parce que les ordres de la cour ne peuvent être
exécutés, les accusés étant des ressortissants étrangers".
"L'Arabia saoudite a refusé à plusieurs reprises de coopérer avec le
procureur turc et il est clair que la justice ne peut être rendue par
un tribunal saoudien", a estimé Amnesty.
Le meurtre de M. Khashoggi, tué et démembré dans le consulat saoudien à
Istanbul, empoisonne les relations entre les deux puissances régionales.
Mais en proie à une crise économique et à une inflation au plus haut
depuis 20 ans (près de 55% sur les 12 derniers mois), la Turquie
cherche depuis plusieurs mois un rapprochement avec Ryad.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait annoncé début janvier une
visite imminente en Arabie Saoudite - qui n'a pas eu lieu à ce jour.
Dans un entretien télévisé, le ministre turc des Affaires étrangères
Mevlüt Cavusoglu avait reconnu jeudi que "des étapes importantes vers
la normalisation des relations (avec l'Arabie saoudite) sont en cours".
"La coopération judiciaire a atteint un meilleur niveau", a-t-il ajouté.
Dans un entretien fin février à l'AFP, la fiancée de Jamal Khashoggi,
Hatice Cengiz, exhortait la Turquie à "insister pour que justice soit
faite" et à ne pas renoncer au profit d'un rapprochement avec Riyad.
Le procès de 26 ressortissants saoudiens accusés par la Turquie d'avoir
assassiné Jamal Khashoggi s'est ouvert en juillet 2020, en leur absence.
La prochaine audience est programmée pour le 7 avril.
Le journaliste saoudien de 59 ans, détracteur du pouvoir de la famille
royale saoudienne et collaborateur du quotidien américain Washington
Post, a été assassiné et son corps découpé le 2 octobre 2018 à
l'intérieur du consulat d'Arabie saoudite à Istanbul, où il s'était
rendu pour obtenir un document, selon la Turquie.
Ses restes n'ont jamais été retrouvés. (AFP, 1 avril 2022)
Journalism within four walls: State of Emergency
continues
The Dicle Fırat Journalist Association (DFG) has shared the findings of
its "Journalism within four walls" report with the public.
Documenting the violations of rights against press workers in Turkey,
the report was presented at a press conference at the association
office in Diyarbakır earlier today (March 28). During the press
conference, the documentary of "Journalism in a Tunnel of Horror" was
also screened.
The obstacles to freedom of thought and expression, the empire of fear
that has been established and the problems faced by journalists in
Turkey were expressed by witnesses in the documentary.
The meeting was held by DFG Co-Chairs Serdar Altan and Dicle Müftüoğlu
as well as the director of the documentary, Ensar Özdemir.
'Violations increased after 2016'
The report has shared the following findings and observations about the
pressure on the press in Turkey in the recent period:
"In the 21st century, some positive steps were expected in Turkey in
terms of freedom of thought and expression and freedom of the press,
but unfortunately this did not happen. During the 20-year rule of the
Justice and Development Party (AKP), which came to power in 2002,
freedom of thought and expression deteriorated gradually.
"While there was a mild process in the Kurdish issue and freedoms
during the first 10 years of AKP rule, the repressive state regime
gained a new dimension in the second half of the rule. Journalists and
media organs have also taken their share from this fascist ecosystem.
"In particular, the events following the military coup allegedly
carried out by the Fethullah Gülen cult in 2016 brought about a process
that turned the human rights and legal system in the country upside
down.
"With the declaration of a state of emergency (OHAL) following the coup
attempt, human rights violations increased rapidly.
"With the decree-laws (known widely as 'KHK' in Turkish) issued
overnight on the basis of the state of emergency, many opposition
institutions, organizations, foundations, associations and outlets in
the country were shut down, even some universities and educational
institutions were closed as hundreds of academics were dismissed.
"Tens of thousands of people were arrested and jailed Thousands of
people were tortured under police custody or in prisons. Rallies,
demonstrations and democratic protests were banned and the voice of
civil society was silenced. The government has tried to limit people's
access to information through the increasing control of internet and
social media.
The state of emergency, which lacks legal security and has been
used
as an authoritarian tool of pressure against dissidents in society has
led to abuses and grave violations of human rights in terms of freedom
of opinion and expression, especially freedom of the press through the
means of decree-laws. (BIA, 28 March 2022)
Kurdish
Question / Question kurde
L’objectif de la Turquie est d’occuper la région
du Sud-Kurdistan
Plusieurs partis politiques du Sud-Kurdistan ont mis en garde contre le
but des attaques menées par la Turquie dans la région. Soulignant que
l’objectif de la Turquie était d’occuper la région du Kurdistan, Ils
ont appelé toutes les forces politiques à adopter une position unie
contre l’occupation et à ne pas tomber dans le piège tendu par la
Turquie.
Des responsables de partis politiques du Sud-Kurdistan (nord de l’Irak)
ont parlé au média kurde Rojnews des attaques continues de l’État turc
contre les zones de protection de Medya (contrôlées par la guérilla du
PKK) depuis le 15 avril.
Kurdo Salih, membre du Comité central du Parti communiste du Kurdistan,
a déclaré à Rojnews : « L’État turc mène des attaques sur le territoire
de la région du Kurdistan sous prétexte que le PKK s’y trouve, mais en
réalité, il a l’intention de briser la volonté des Kurdes et du
Kurdistan ».
« La Turquie attise les flammes pour créer une guerre qui oppose les
kurdes aux kurdes »
Et d’ajouter: « Il existe des dizaines de bases militaires de l’État
turc dans la région du Kurdistan, ce qui signifie qu’il y a une
coopération avec l’armée turque. L’État turc attise les flammes de
cette guerre afin de créer une guerre qui oppose les kurdes aux kurdes.
Tous les partis politiques au Kurdistan doivent être conscients afin de
ne pas être impliqués dans les plans de l’ennemi, être conscientes du
danger. »
« Le but de ces attaques est de mettre fin à l’autonomie du
Sud-Kurdistan »
Hîwa Seyid Selim, membre du Politburo du Parti des Ouvriers du
Kurdistan, a également déclaré à Rojnews que : « Le but de ces attaques
est de mettre fin à l’autonomie de la région du Sud-Kurdistan. J’espère
qu’aucune force ou parti politique ne sera impliqué dans ce plan et
programme des occupants du Kurdistan. Parce que cela nuit au peuple
kurde et à son unité. »
« Toutes les forces kurdes doivent être unies »
Hîwa Seyid Selim a conclu: « Par conséquent, tous les partis, en
particulier le gouvernement régional du Kurdistan (KRG) et le parlement
régional du Kurdistan, doivent être unis face à l’ennemi du peuple
kurde dans des moments et des situations aussi dangereuses. »
(ROJINFO, 21 avril 2022)
La
Turquie lance une nouvelle offensive contre les
rebelles kurdes en Irak
La Turquie a annoncé lundi avoir lancé une nouvelle offensive aérienne
et terrestre contre les rebelles kurdes turcs basés dans le nord de
l'Irak, avec la participation de forces spéciales et de drones de
combat.
Le ministre de la Défense, Hulusi Akar, a déclaré que des unités de
commandos, des drones et des hélicoptères d'attaque avaient lancé
l'offensive contre les repaires du Parti des travailleurs du Kurdistan
(PKK) dans trois régions proches de la frontière turque.
La Turquie mène de façon régulière des raids contre les positions du
PKK, un groupe qualifié de "terroriste" par Ankara et ses alliés
occidentaux, qui dispose de bases et de camps d'entraînement dans la
région du Sinjar, ainsi que dans les zones montagneuses du Kurdistan
d'Irak.
"Nos pilotes héroïques ont frappé avec succès des abris, des grottes,
des tunnels et des dépôts de munitions appartenant à l'organisation
terroriste", a déclaré M. Akar.
"Un grand nombre de terroristes ont été neutralisés", a-t-il ajouté,
indiquant que l'opération allait gagner en ampleur "dans les heures et
les jours à venir".
Le ministre n'a pas précisé le nombre de militaires impliqués dans
l'offensive qui a été déclenchée dimanche soir selon lui.
Sollicité par l'AFP, un porte-parole du PKK, qui n'a pas souhaité être
identifié, a évoqué d'"intenses combats entre l'armée turque et le
HPG", l'aile militaire du PKK.
"L'armée d'occupation, qui a essayé de débarquer des troupes par
hélicoptères, a également tenté une avancée terrestre", a-t-il assuré.
Le ministère turc de la Défense a déclaré que l'opération était
destinée à déjouer une attaque de grande envergure du PKK contre la
Turquie.
Mais les médias turcs évoquent une telle opération depuis des semaines.
L'offensive a été lancée deux jours après une visite en Turquie du
Premier ministre du Kurdistan d'Irak, Masrour Barzani, ce qui laisse
entendre qu'il aurait été mis au courant des intentions d'Ankara.
M. Barzani avait déclaré, à l'issue de ses entretiens avec le président
turc Recep Tayyip Erdogan, qu'il était favorable à "l'élargissement de
la coopération en vue de promouvoir la sécurité et la stabilité" dans
le nord de l'Irak.
Le gouvernement du Kurdistan irakien entretient une relation compliquée
avec les rebelles du PKK, dont la présence entrave les relations
commerciales avec la Turquie.
Et les offensives de l'armée turque ont accentué les tensions entre
Ankara et le gouvernement central irakien à Bagdad, qui accuse la
Turquie de ne pas respecter l'intégrité territoriale du pays. (AFP, 18
avr 2022)
Turkey’s media watchdog RTÜK fines
Diyarbakır’s Amed Radyo TV
The Radio and Television Supreme Council (RTÜK), the media watchdog of
Turkey, has fined Amed Radyo TV, a Diyarbakır-based media outlet doing
terrestrial broadcasting, 12 thousand 804 Turkish Lira (TRY).
Making a statement about the issue, Amed Radyo TV Executive Board Chair
and Editor-in-Chief Ferat Mehmetoğlu has announced that the RTÜK has
cited its alleged failure to send its statement of business income.
Mehmetoğlu has said that they sent the related statement in May 2021.
He has briefly stated the following about the issue:
"In fact, even though it was requested by the RTÜK at the indicated
date and even afterwards several times and we sent it via the
Registered Electronic Mail (KEP) account, the official channel of
communication, every time, we were unfortunately given a fine today."
Indicating that local and terrestrial broadcasters have been offered no
support by the state and are struggling to keep their heads above the
water during the COVID-19 pandemic, Mehmetoğlu has defined the RTÜK's
fine as "deliberate and a product of the policy of intimidation".
He reiterated, "We sent it several times; it is written in the official
documents, but we are fined. We have officially submitted our petition
of objection. I hope that they will realize this mistake and the
related fine will be canceled. Otherwise, it will be an indication that
another blow is dealt to the local media outlets, which have been
closed during the pandemic, by the RTÜK."
Noting that the Amed Radyo TV is "an independent outlet broadcasting
only for people", he said, "We do not have political powers or doors of
unearned income at our back. So, the fines imposed on us undermine us
and our ambition to work." (BIA, 21 April 2022)
Facing closure, HDP submits plea to Constitutional
Court
The Law and Human Rights Commission of the Peoples' Democratic Party
(HDP) and a team of lawyers named "We are defending HDP" yesterday
(April 19) submitted the party's defense as to the accusations to the
Constitutional Court.
Ümit Dede, a deputy co-chair of the party responsible for the
commission, and lawyer Maviş Aydın, spoke to reporters about the
closure case against the party.
Dede recalled that the party had submitted its preliminary defense on
November 21 and now, they submitted their plea against the opinion as
to the accusations of the chief public prosecutor's office.
The indictment seeking the closure of the party was a "political
document," Dede said, adding, "As lawyers, we examined the indictment
line by line and saw that this assessment was a correct one not only as
a political assessment but also as a legal assessment."
The Constitutional Court in June 2021 accepted an indictment seeking
the closure of the party because of its alleged ties to the outlawed
Kurdistan Workers' Party (PKK), after rejecting a previous indictment
in April.
The Constitutional Court had rejected the first indictment because of
non-compliance with the Criminal Procedure Code and it was against
articles 68 and 69 of the Constitution about political parties.
The second indictment was no different from the first one, according to
Dede.
He further said the indictment was prepared by the orders of the
"ruling party and their partners."
The ruling Justice and Development Party (AKP) and their allies
Nationalist Movement Party (MHP) have long accused the HDP of being
"the political wing of the PKK."
"We approached the indictment both as a document of pushing the HDP and
the ideology it represents out of politics, and, specifically, pushing
the women's struggle out of politics," lawyer Maviş Aydın remarked.
"The fact that demonstrations on November 25 Day of Day for the
Elimination of Violence against Women and March 8 Women's Day are
included in the indictment as criminal charges is a threat against
women's struggle for freedom. I think the Constitutional Court needs to
examine this seriously and diligently.
"We think that women should take an active part in politics. We think
that pushing women out of politics carries serious risks and will harm
all the rights that women have gained so far."
The HDP's co-chairpersonship system was also cited as proof of its
alleged connections with the PKK, which was also a threat against
women's struggle, said Aydın. (BIA, 20 April 2022)
Sixty-six
people, including
journalists, detained in police raids in six cities
Police raided several homes this morning (April 15) in the mostly
Kurdish-populated provinces of Diyarbakır, Diyarbakır, Mardin, Urfa, ,
Bitlis and Batman, as well as in İstanbul, detaining at least 66 people.
The detainees include Kadri Esen, the rights holder of Xwebûn, a
Kurdish-language newspaper, and journalist Ali Koçer, Mesopotamia
Agency (MA) reported.
The Diyarbakır Chief Public Prosecutor's Office had ordered the
detention of the people as part of an investigation, according to the
report. (BIA, 15 April 2022)
Kobanî investigation | Detentions of 48 people
extended for four days
Forty-eight people who were detained in a new investigation into the
"financial aspect" of the 2014 Kobanî protests were referred to the
courthouse this morning (April 15).
Upon a request by the prosecutor's office, the penal judgeship of peace
ordered their detention to be extended for four days, Mesopotamia
Agency (MA) reported. The detainees were then taken back to the
Security Directorate in the capital city of Ankara.
On April 12, prosecutors issued detention orders against 91 people, 48
of which have been detained.
The Ankara Chief Public Prosecutor's Office previously said the
detentions had been carried out as per Law no. 6415 on the Prevention
of Financing of Terrorism.
The suspects are accused of "being involved in the financial
organization of the Kobanî incidents" and "providing financial
assistance to the Kurdistan Workers' Party (PKK) members who were
killed or injured during the incidents," according to the prosecutor's
office.
There is an ongoing trial about the deadly protests where 108 members
of the Peoples' Democratic Party (HDP), including its former co-leaders
and MPs, are facing aggravated life sentences on charges of "attempted
overthrow" for having allegedly organized the protests by the orders of
the PKK. (BIA, 15 April 2022)
Military deployment for Turkey’s
invasion attacks in South Kurdistan
The Turkish state continues to prepare for a new operation against the
Zap, Metina, and Avaşîn regions of the guerrilla-held Medya Defense
Zones in southern Kurdistan (northern Iraq), according to the
Mezopotamya Agency. Troops and armoured vehicles have been stationed on
the borderline after being dispatched to the villages of Hakkari's
Çukurca region for days in preparation for the invasion operation,
which will be conducted in collaboration with South Kurdistan’s ruling
KDP.
Helicopters departing from the Suvara Kotra region at Şırnak-Hakkari
border and the areas of Zawîte (Ormanlı), Aşût (Çığlı), Gêman (Köprülü)
and Elemûnê (Andaç) in Şırnak's Uludere district, headed towards Federe
Kurdistan Region amidst intense military activity on the borderline.
It was stated that on the other side of the border, Turkish troops were
transported by helicopter to the bases in the villages of Gundê Bêdûhê
and Orê.
Military activity continues in the region. (ANF, 6 Apr 2022)
HDP's Sancar says opposition should be 'brave' to
tackle Kurdish question
Peoples' Democratic Party (HDP) Co-chair Mithat Sancar spoke at his
party's provincial congress in Malatya yesterday (April 3).
Commemorating Armenian writer Mıgırdiç Margosyan, who passed away a day
before, he said, "He was the memory of the massacre, the slaughter that
took place here in 1915. He was the voice of this pain but he had never
turned the pain into hatred and hate. On the contrary, he looked for
ways for great peace, which would heal the wounds."
Sancar responded to Minister of Süleyman Soylu's recent remarks that
"The Kurds don't like the HDP," without mentioning his name.
"Millions gave such a strong answer that everyone saw who likes what,"
he said, referring to the Newroz celebrations in the predominantly
Kurdish province of Diyarbakır.
"[The crowds] have a strong message to the government for a peaceful
solution to the Kurdish question ... 'We are here; we want peace and
equality.' This was what millions said," Sancar remarked.
"The message from the Newroz square was not only for the government.
There was also a message for other opposition parties. 'Don't be timid,
be brave if you want change.' Change in this country will come with
great peace," he added.
"What will unlock the great peace is a democratic solution to the
Kurdish question. Without putting forward a convincing and consistent
program, without convincing society for a change, you can't achieve the
results you want.
"In other words, you can't solve such grave problems with mere messages
of change, technical programs or timid messages."
The ruling Justice and Development Party (AKP) accuses the HDP of the
being the "political wing" of the outlawed Kurdistan Workers' Party
(PKK) and other opposition parties with "cooperating with terrorists."
(BIA, 4 April 2022)
New
indictment against Demirtaş
over tweet from nine years ago
Prosecutors have prepared an indictment against imprisoned Kurdish
politician Selahattin Demirtaş because of a Twitter post from 2013.
Prosecutor Ahmet Altun, who also prepared the indictment of the Kobanî
trial, where more than 100 members of the Peoples' Democratic Party
(HDP) members face life sentences, charged Demirtaş with
"propagandizing for a terrorist organization."
The tweet shared by Demirtaş on November 16, 2013, when he was the
co-leader of the HDP, included the phrase "Bijî Serok Apo," Kurdish for
"Long live leader Apo," a slogan for Abdullah Öcalan, the imprisoned
leader o the Kurdistan Workers' Party (PKK), according to the 28-page
indictment.
The prosecutor demands a prison sentence of one to five years for the
politician. (BIA, 1 April 2022)
More summaries of proceedings against
HDP deputies
Twenty-three summaries of proceedings seeking to lift the legislative
immunity of 19 deputies have been submitted to the parliament.
One of the MPs, Saliha Aydeniz, is from the Democratic Regions Party
(DBP) and 18 are from the Peoples' Democratic Party (HDP): Dersim Dağ,
Sıdık Taş ve Necdet İpekyüz, Muazzez Orhan Işık, Semra Güzel,
İmam
Taşçıer, Abdullah Koç, Berdan Öztürk, Dirayet Taşdemir, Ömer
Öcalan,
Murat Çepni, Alican Önlü, Meral Danış Beştaş, Habip
Eksik, Ayşe
Sürücü, Ebru Günay, Feleknas Uca and Nuran İmir
The summaries of proceedings have been referred to the Joint Committee
of Constitutional and Justice. (BIA, 1 April 2022)
Syrie: heurts entre Kurdes et jihadistes dans un
camp, 4 morts
Quatre personnes, dont une femme et un enfant, ont été tuées dans le
camp de déplacés d'Al-Hol en Syrie, lors d'affrontements entre les
forces kurdes et des cellules dormantes du groupe Etat islamique (EI),
a indiqué mardi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Le camp surpeuplé d'Al-Hol, contrôlé par l'administration semi-autonome
kurde et où vivent quelque 56.000 personnes selon l'ONU, a déjà été le
théâtre de tentatives d'évasion et d'attaques.
Ce camp, qualifié de "poudrière jihadiste", abrite, outre des familles
étrangères de jihadistes, celles de déplacés syriens et de réfugiés
irakiens, dont certains continuent d'entretenir des liens avec l'EI.
Mardi, l'OSDH a rapporté la mort de trois civils, un homme, une femme
et un enfant, ainsi que celle d'un membre d'"une cellule de l'EI", lors
d'affrontements ayant éclaté lundi soir, marqués par le tir de
roquettes à l'intérieur même du camp.
Un précédent bilan de l'OSDH faisait état de trois morts.
Basée au Royaume-Uni et disposant d'un vaste réseau de sources en
Syrie, l'OSDH a précisé mardi que quatre femmes et six enfants avaient
été blessés, de même que trois membres des "Assayesh", des forces de
sécurité kurdes présentes sur place.
"L'une de nos patrouilles a été prise pour cible hier soir, dans le
camp d'Al-Hol", ont indiqué de leur côté les "Assayesh".
Les "Assayesh" disent avoir ouvert le feu après avoir essuyé des tirs à
la kalachnikov, au pistolet et à la roquette, "tuant un membre des
mercenaires et en blessant d'autres". Ils n'ont pas mentionné la mort
de civils.
La semaine dernière, à l'occasion des trois ans de la défaite
territoriale de l'EI en Irak, les Kurdes ont déploré "l'inaction" de la
communauté internationale face aux tentatives d'expansion du groupe
jihadiste en Syrie et en Irak.
La plupart des pays occidentaux refusent de rapatrier leurs citoyens
présents dans ces camps, se contentant de rapatriements au
compte-goutte. (AFP, 29 mars 2022)
Minorités
/ Minorities
INTERVIEW AVEC DOGAN ÖZGÜDEN A RADIO ARMENIE
Communiqué d'Info-Türk sur la vandalisation du monument de génocide arménien
Nous venons d'apprendre qu'au lendemain du 107e anniversaire de la commémoration du génocide arménien, la stèle du génocide de 1915 au square Henri Michaux à Ixelles a été profanée par les Loups Gris. L’extrême droite turque a signé son obscène profanation : trois croissants de lune rouge.
En grosses lettres peintes en rouge sur la stèle, les mots “FUCK PAYLAN” font référence à Garo Paylan, le député d’origine arménienne qui demande depuis des années au parlement turc de reconnaître le génocide.
Cet acte d'hostilité coïncide avec les attaques contre notre ami Garo Paylan non seulement par le président de la République Recep Tayyip Erdogan et les dirigeants politiques actuels, mais également par les dirigeants de certains partis politiques d'opposition en Turquie.
Un des députés qui luttent toujours contre la tyrannie et pour la démocratisation dans la Grande Assemblée Nationale de Turquie, Garo Paylan se trouve souvent dans les pays européens, plus particulièrement en Belgique afin de faire entendre la voix des forces démocratiques de son pays.
Cette profanation de la stèle du génocide avec insulte à Garo Paylan démontre qu'il est la cible des loups gris dans la capitale européenne.
Comme le Comité des Arméniens de Belgique précise bien, cet acte odieux est également une expression d'hostilité et une tentative d'intimidation des Belges d'origine arménienne, dont la plupart sont issus de familles victimes du génocide.
Toujours solidaire avec la lutte légitime pour la liberté et la fraternité de tous les peuples de la Turquie, Info-Türk condamne cet acte d'incitation dans la capitale européenne et adresse son entière solidarité à la communauté arménienne. 26 avril 2022
INFO-TÜRK
Le courageux combat des
amis journalistes arméniens...

Doğan Özgüden
İnfo-Türk, 26 avril 2022
Il y a trois semaines, dans les locaux de nos amis arméniens de
Bruxelles, nous avons regardé le documentaire "Red" sur le
développement des mouvements de gauche arméniens, réalisé par Kadir
Akın. Ensuite, nous avons écouté ses précieuses explications ainsi que
celles du député HDP Garo Paylan et du journaliste arménien Hayko
Bağdat.
Ce documentaire sur le récit du révolutionnaire arménien Paramaz,
exécuté avec ses 19 camarades sur la place Beyazit en juin 1915,
mettait en évidence que l'histoire du mouvement socialiste en Turquie a
commencé, non pas avec les socialistes turcs comme il est dit ou écrit
jusqu'à présent, mais bien avec le Parti social démocrate Hentchak,
fondé à Genève en 1887 par des révolutionnaires arméniens.
Dans le processus de turquisation et d'islamisation de l'Anatolie puis
de la Roumélie entamé par la victoire de Manzikert en 1071, les
réussites sur tous les plans des peuples non turcs et non musulmans
sont soit entièrement ignorées dans les livres d'histoire officiels,
soit évacuées en quelques lignes avec dédain.
Par exemple, on enseigne que l'imprimerie, instrument le plus important
de la vie scientifique et culturelle, fut employée pour la première
fois en Turquie en 1719 par Ibrahim Müteferrika, presque trois siècles
après son invention par Gütenberg. Pourtant l'imprimerie fut employée
bien avant les Turcs dans l'Empire ottoman, par les Juifs en 1493, les
Arméniens en 1567 et les Grecs en 1627.
Si en Turquie le premier journal en turc fut le Takvim-i Vekayi publié
en 1831 par l’État ottoman, il est précédé par le premier journal
Bulletin de nouvelles, publié en français en 1794.
En Turquie, le premier journal en langue arménienne publié le 13
janvier 1832 fut Lırakir qui était l’édition en arménien du Takvimi-i
Vekayi. Quant aux premiers journaux en arménien publiés par les
intellectuels arméniens eux-mêmes, ils étaient "İsdemaran Bidani
Kidelyats", "Arşaluys Araradyan" et "Hayrenasar", publiés à Izmir à
partir de 1839.
Selon les informations offertes par Parseğ Tuğlacıyan (connu sous le
nom de Pars Tuğlacı), précieux expert en langue et histoire arménienne,
entre 1567 et 1923 on compte 598 journaux et revues en arménien ou en
turc écrit en alphabet arménien, imprimés par 131 imprimeries
arméniennes à Istanbul, et 61 dans les provinces.
La réalité historique étant celle-ci, le fait qu'aujourd'hui en Turquie
le nombre total de journaux publiés en grec, arménien ou en hébreu se
compte sur les dix doigts de la main est un indicateur de la
destruction des populations non turques et non musulmanes par le
génocide et la déportation, dans un processus de 107 ans s'étendant de
1915 à nos jours.
Résistant à cette destruction et à la tempête négationniste, Agos,
premier journal en turc et en arménien et dont la publication commença
il y a 26 ans le 5 avril 1996, continue avec détermination le combat
pour les libertés et la démocratie, contre la négation du génocide et
ce malgré l'assassinat de son fondateur Hrant Dink, qui succomba aux
balles fascistes le 19 janvier 2007.
A l'extérieur de la Turquie en revanche, un nombre incalculable de
journaux, revues et livres en arménien est publié dans la République
d'Arménie et dans tous les continents où se trouve la diaspora
arménienne.
Une des plus importantes publications est la revue mensuelle France
Arménie, publiée à Lyon depuis 1982 par le Comité de Défense de la
Cause Arménienne (CDCA).
Pour Info-Türk que nous publions en plusieurs langues à Bruxelles
depuis 1974 et pour l'Union pour la Démocratie que nous avons fondée
pour la lutte contre la junte du 12 septembre 1980, les informations
données par le CDCA furent une source précieuse pour apprendre en
détail le génocide de 1915, comme pour mieux connaître la vie sociale
et culturelle de la diaspora arménienne arrachée à l'Anatolie.
Grâce à la revue France Arménie, nous avons pu suivre en détail les
combats et revendications du CDCA et d'autres associations arméniennes
à partir de 1982.
C'est grâce au combat du CDCA qu'Ernest Glinne, président du groupe
socialiste au Parlement Européen, déposait à la présidence du
parlement, le 20 septembre 1983, une motion appelant le gouvernement
turc à reconnaître le génocide de 1915.
Quatre ans plus tard le 18 juin 1987, le Parlement Européen a adopté
une résolution expliquant qu'il considérait que les "évènements
arméniens" des années 1915-1917 entraient dans la définition de
génocide telle qu'exprimée par les Nations Unies par une décision en
date du 9 décembre 1948. La résolution soulignait également que la
négation de ce fait par la Turquie empêcherait certainement son
adhésion à la Communauté économique européenne.
Notre relation avec le CDCA gagna une nouvelle dimension après la
fondation de la Fédération Euro-Arménienne pour la Justice et la
Démocratie (FEAJD) à Bruxelles en 2002.
Jusqu'alors à Bruxelles, nous menions la lutte contre l'oppression
fasciste en Turquie et les politiques xénophobes en Belgique au sein
d'un collectif, constitué par cinq organisations d'exilés politiques de
Turquie: l'Institut Assyrien de Belgique, l'Association des Arméniens
Démocrates de Belgique, l'Institut Kurde de Bruxelles, Info-Türk et les
Ateliers du Soleil.
A l'occasion des 90 ans du génocide, à l'appel de la FEAJD et avec sa
participation, nous avons organisé en 2005 une série d'évènements pour
une meilleure connaissance du Génocide de 1915 en Belgique. Suite à
cela, nous avons organisé à nouveau ensemble des évènements à
l'occasion des 35 ans du coup d’État du 12 mars 1971 et en raison de
l'assassinat de Hrant Dink à Istanbul en 2007.
Fin 2008, une campagne de lynchage fut lancée à mon encontre par
les médias laquais du pouvoir en Turquie comme en Belgique parce que
j’avais critiqué les louanges de la déportation des Grecs et Arméniens
exprimées par le Ministre de la Défense Vecdi Gönül lors d'une
cérémonie à l'Ambassade de Turquie, ainsi que la lecture d'un poème
raciste par l'Ambassadeur Fuat Tanlay. Suite à cela, le gouvernement
belge fut obligé d'assurer ma protection.
Alors qu'ils participaient activement à la campagne de solidarité
lancée à mon égard suite à cet évènement, le CDCA et la FEAJD
m'invitèrent en tant qu'orateur à la cérémonie de commémoration du
Génocide de 1915 qu'ils organisaient à Lyon le 24 avril 2009.
Le numéro de France Arménie du 31 mai 2009 annonçait sur sa couverture
ma participation à la cérémonie de Lyon et consacra aussi deux pages à
mon interview.
France Arménie célèbre son 40ème anniversaire, avec un 495ème numéro
publié ce mois-ci.
En tant que journalistes contraints depuis un demi-siècle à poursuivre
la lutte en exil, Inci et moi-même souhaitons du fond du cœur un joyeux
40ème anniversaire à France Arménie. Nous exprimons nos sincères
amitiés et vœux de réussite à nos amis journalistes arméniens qui l'ont
fondé et le font vivre au sein de la diaspora.
Le combat de notre ami journaliste en exil Demir Sönmez à Genève
Non seulement France Arménie... Nous félicitons également de tout coeur
notre ami Demir Sönmez, contraint comme nous de fuir l'oppression et la
torture en Turquie. Depuis 1990, il continue son combat en tant
qu'écrivain, journaliste et défenseur des droits humains à Genève, pour
L'aiglon blessé- The Wounded Eagle (français-anglais), son dernier
travail sublimant l'ensemble de son œuvre.
Dans L'aiglon blessé, livre historique, Demir Sönmez a recueilli ses
photos de la guerre des 40 jours en Artsakh et des évènements d'Arménie
qu'il a pu suivre de près en 2020.
Demir Sönmez se trouve en ce moment à Erevan pour assurer la
publication en arménien et anglais de son livre (paru d'abord à Sofia)
à l'occasion du 24 avril, jour de commémoration du génocide de 1915.
Avant de rédiger cet écrit, j'ai établi un lien via Internet,
afin de mieux connaître l'histoire de sa vie et son combat.
Je partage ici ces informations qu'il m'a envoyées sous forme de
courtes notes.
"Entre 1978 et 1982, j'ai été de nombreuses fois jeté en garde à vue et
ai subi de lourds actes de torture, et ce en raison de mes activités
politiques. Arrêté cinq fois durant cette période, j'ai été emprisonné
dans les geôles d'Ulucanlar puis de Mamak. D'abord au centre de torture
"DAL" à Ankara puis dans les geôles de Mamak. J'ai été soumis à la
torture durant trois semaines au café du Bloc A, sur ordre de Raci
Tetik.
"Entre 1982 et 1990, j'ai étudié l'économie à l'Université Hacettepe
puis à l'Université Anadolu. A l'époque où les disparitions en garde à
vue et les meurtres non identifiés s'intensifiaient, j'ai quitté le
pays et introduit une demande d'asile en Suisse. Elle ne fut acceptée
que 10 ans plus tard en 2000.
"En attendant l'acceptation de ma demande d'asile, j'ai fondé en 1994
la Maison du Peuple de Genève avec un groupe d'amis. J’ai assuré
activement la présidence de cette association jusqu'en 2006.
"En raison des activités de la Maison du Peuple, j'ai été de nombreuses
fois menacé par les missions turques et par des fascistes.
"Plus de 1600 articles et reportages que j'ai réalisés ont été publiés
dans les journaux et sites internet de Özgür Politika, Evrensel, Artı
Gerçek, Ermeni Haber, Le Courrier et de la Tribune de Genève, ainsi que
sur mon blog personnel.
"De 2006 à nos jours, je me suis lancé dans le journalisme en tant que
professionnel. Entre 2016 et 2019, j'ai réalisé des reportages au
Kurdistan du Sud et au Rojava.
"Mon premier livre fut publié en 2016 sous le nom de Place des
Nations/Place des Peuples. L'exposition photographique que j'ai
organisée sur la place des Nations Unies avec les photos issues de ce
livre a donné lieu à une crise diplomatique entre la Turquie et la
Suisse. Le gouvernement turc a par deux fois émis à mon encontre une
demande d'extradition à l’État suisse.
"Mon deuxième livre s'intitulait Genève Confinée, publié en 2021. Il
documentait la période de pandémie du Corona à l'aide de photos...
Organisée au bord du lac Léman et devant le Palais Wilson du Centre des
Droits Humains des Nations Unies, mon exposition où étaient affichées
les photos présentes dans ce livre a été attaquée à six reprises."
Cette ville de Genève où Demir Sönmez mène un combat depuis plus de
trente ans, est aussi la ville où les révolutionnaires arméniens
fondèrent en 1887 le Parti social démocrate Hentchak, premier parti
socialiste de l'Empire ottoman. La ville où Demir Sönmez continue à
lutter en tant que journaliste arménien...
Il y a encore une note dans les messages qu'il m'a envoyés. Elle
explique bien pourquoi il a mis sa vie en danger dans la guerre
d'Artsakh pour pouvoir prendre les photos exposées dans son livre
l'Aiglon Blessé, qui sera publié la semaine prochaine à Erevan en
arménien et en français.
"Je n'ai su que j'étais arménien qu'à l'âge de 50 ans, en Suisse. Mon
père était venu me rendre visite. Je lui ai demandé pourquoi ma mère
nous traitait-elle de 'petits-enfants de prêtre' en criant lorsqu'elle
s'énervait contre nous. Il m’a dit que nous étions d'origine arménienne
et que son propre grand-père était un prêtre de village dans la
sous-préfecture de Kiği, du département de Bingöl. Lorsque je lui ai
demandé pourquoi il avait caché cela jusqu'alors, il me répondit en
disant 'Et s'ils avaient su en plus que tu étais arménien,
t'auraient-ils laissé la vie sauve ?'"
Pour mieux connaître Demir Sönmez, il est capital de lire les articles
intitulés Kartal yavrusu yaşayacak! et Kamera devam ediyor tanıklığa,
écrits par notre ami Ragıp Zarakolu, qui connaît Demir Sönmez depuis
l'époque de leur combat commun en Turquie. Articles publiés
respectivement les 13 mars et 20 novembre 2021 dans Artı Gerçek.
Oui, Demir Sönmez lutte désormais avec tous ses talents et à chaque
opportunité pour mieux connaître la réalité qui lui fut cachée durant
un demi-siècle, pour mieux faire connaître la cause légitime d'une
nation que le Génocide de 1915 a terrassée et déracinée.
Outre pour son dernier livre, nous félicitons de tout cœur Demir Sönmez
pour le combat sans concession et déterminé qu'il mène avec son
identité arménienne.
Ankara
insiste sur la négation du genocide des
Armeniens en 1915
Selon une dépêche de l'Agence anatolienne, "les événements de 1915,
dans les années de déclin de l'Empire ottoman, pendant la Première
Guerre mondiale, sont malhonnêtement déformés et remodelés pour être
utilisés comme un vilain fourrage politique, a déclaré mercredi
Fahrettin Altun, directeur des communications du Présiden Erdogan."
Ces événements ont été "manipulés et déformés par des allégations sans
fondement au service de sales ambitions politiques", a-t-il déclaré
lors d'une conférence dans la capitale Ankara sur les événements de
1915 à travers le prisme du droit international et de l'histoire,
organisée par la Direction des communications de Turquie.
"Nous ne devons jamais permettre que notre histoire commune soit
oubliée, et nous devons nous opposer à ceux qui font de leur mieux pour
inciter et planter les graines de l'instigation en tant que fils et
filles de ces terres", a déclaré Altun.
Soulignant que ces deux peuples ont partagé ensemble leur "joie et leur
douleur" tout au long de l'histoire, Altun a souligné : "Nous ne
devrions jamais permettre que notre histoire commune soit politisée
pour des ambitions politiques hostiles et sales".
"De nombreux pays occidentaux" tentent d'exploiter les événements de
1915 pour leurs propres intérêts nationaux et étrangers, "ce qui en soi
est la manifestation d'une approche intimidante et condescendante
envers notre pays", a-t-il déclaré.
"Ces questions sont devenues une source de revenus pour de nombreux
politiciens et un outil de gain politique", a-t-il souligné.
Appelant la déformation des réalités de la guerre "une grande
injustice, et même une trahison du monde entier et de toute
l'humanité", Altun a dénoncé la "séparation et la déconnexion des faits
historiques de la réalité".
L'assemblée
européenne des exiles: "Nous condamnons le
genocide de 1915"
Le génocide perpétré il y a 107 ans sous l'Empire ottoman avec le
soutien des impérialistes allemands a été planifié par le gouvernement
Union et Progrès de l'époque. A cause des meurtres et déportations en
masse perpétrées par la Teşkilat-ı Mahsusa et les régiments Hamidiye,
les peuples arméniens, assyro-chaldéens, syriaques, nestoriens,
pontiques, grecs et yézidis ont été soumis à un terrible génocide.
Lors de ce génocide, qui est entré dans l'histoire comme un grand crime
contre l'humanité au début de XXe siècle, 1,5 million d'Arméniens ont
été massacrés ou chassés de leur patrie.
L'État turc maintient toujours son hostilité envers les Arméniens. Le
journaliste arménien Hrant Dink a été assassiné en 2007 parce qu'il
avait exprimé haut et fort l'injustice historique subie par les
Arméniens.
Il existe en Turquie une forme d'État tyrannique qui cible même ceux
qui disent qu'il a commis une injustice historique. Hrant Dink est la
victime de la mentalité génocidaire ciblant les Arméniens.
La même mentalité continue de considérer les Kurdes, les Arméniens, les
Alévis et toutes les communautés différentes comme des ennemis et reste
fidèle à l'idéologie moniste qui a créé le génocide.
Nous condamnons le génocide de 1915 à l'occasion de son 107e
anniversaire !

A l'approche du 107e anniversaire du génocide de 1915
UNE SOIREE DE CONFIDENCE A NOS AMIS ARMENIENS...
Doğan Özgüden
İnfo-Türk, 20 avril 2022
L'anniversaire du génocide de 1915 approche, après deux ans
d'empêchement en raison de la pandémie, les Arméniens du monde
commémoreront dans quelques jours les 107 ans du massacre et de la
déportation de leurs ancêtres dans l’Empire ottoman. A cette
occasion douloureuse, je tiens à partager la confidence que j’ai
faite à mes amis arméniens lors d'un des événements les plus émouvants
de mes 86 années de vie.
Après presque un demi-siècle de lutte commune dans la capitale de
l’Europe, cet événement organisé par l’Association des Arméniens
Démocrates de Belgique, initialement prévu l’année passée pour
l’anniversaire de nos 50 ans d’exil, mais retardé par les mesures liées
à la pandémie, a eu lieu le 5 mars à Bruxelles.
La soirée a commencé par la projection du documentaire Le Patriote
Apatride sur notre vie et lutte, réalisé il y a 7 ans par notre
ami journaliste Nazım Alpman.
Ensuite, sous la modération de Bogos Yalım, j’ai
partagé avec la salle mes mémoires sur le négationnisme en Turquie et
sur la lutte menée en commun depuis plus de 30 ans en Belgique par les
organisations démocratiques originaires de Turquie, tant face à ce
négationnisme que contre les régimes fascistes.
Après avoir répondu aux questions du public, Inci et moi-même avons
reçu, au nom de l’Association des Arméniens Démocrates de Belgique, un
tableau réalisé par l’écrivain Hovsep Hayreni nous remerciant en
plusieurs langues pour notre présence aux côtés de tous les opprimés.
Nos amis arméniens nous ont montré une fois de plus que nous n’étions
pas seuls dans cet exil, tant par l’organisation de cette soirée que
par le portrait si précieux qu’ils nous ont offert.
Mon intervention à cette soirée fut d’abord une confidence aux membres
de la diaspora arménienne, dont la nation fut massacrée et déportée par
l’État ottoman sur les terres qui m’ont vu naître et grandir et dont la
terrible tragédie fut aussi continuellement niée par le pouvoir sous la
République.
Car en se taisant jusqu’à l’assassinat de Hrant Dink en 2007 et en ne
demandant de comptes ni au pouvoir négationniste de l'Etat ni à ses
médias, le mouvement de gauche, dans lequel j’ai milité des décennies
en Turquie comme en exil, était aussi responsable devant l’Histoire de
cette honteuse négation.
Pour moi, la prise de position face à cette réalité douloureuse dans
toute son évidence ne se fit pas en Turquie, mais seulement dans notre
vie d’exil qui commença suite au coup d’État du 12 mars 1971.
Oui, en parlant de notre 50e année d’exil, j’ai surtout évoqué cela
avec nos amis arméniens… Aujourd’hui, je partage également cette
confidence avec vous, mes lecteurs.

Chers amis,
Pour la délicatesse dont ils ont fait montre en organisant cette soirée
à l’occasion de notre demi-siècle en exil, je remercie les dirigeants
de l’Association des Arméniens Démocrates de Belgique, ses militants,
ainsi que tous nos amis arméniens de Belgique représentés par cette
association.
Comme nos vies mouvementées et turbulentes, nos travaux et nos pensées,
à Inci et moi-même, ont été évoqués en détail dans le documentaire
réalisé il y a 7 ans par notre cher ami Nazım Alpman, je ne souhaite
pas prendre de votre précieux temps en reparlant de ces sujets.
Que c’est agréable… il n’y a aucun secret entre nous et nos amis se
trouvant dans cette salle avec qui nous partageons une amitié sincère
et la fraternité dans la lutte… C'est dans les rudes épreuves de lutte
que nous nous sommes davantage connus, aimés et liés les uns aux autres.
Ces sentiments pour l’Association des Arméniens Démocrates de Belgique,
nous les éprouvons également pour nos amis de l’Institut Assyrien de
Belgique, de l’Institut Kurde de Bruxelles, de la Maison du Peuple de
Bruxelles et des Ateliers du Soleil qui nous ont honoré du prix
“Citoyens de l’Humanité” à l’occasion de la publication de mon livre Le
journaliste "apatride" il y a huit ans.
Nous n’oublierons jamais non plus le geste de la Fédération
Euro-Arménienne pour la Justice et la Démocratie
(EAFJD) qui m'a honoré il y a six ans pour “mon combat
de toute une vie pour les droits de l'homme, la démocratie, la justice
et la vérité".
A eux aussi, nous exprimons nos remerciements.
Quel dommage qu’alors que nous nous retrouvons ensemble aujourd’hui, la
vieille Europe est à nouveau prise dans l’enfer de la guerre, 83 ans
après la 2e guerre mondiale.
J’ai maintenant 86 ans… En 1939, alors que je n’avais que trois ans et
découvrais le sens des choses, je commençais à entendre des nouvelles
sur le bain de sang mondial provoqué par le fascisme hitlérien. En tant
qu’enfant de cheminot, j’ai aussi été témoin direct de l’oppression
subie par de pauvres paysans des villages anatoliens, de la terreur
infligée par une gendarmerie prétextant alors du contexte de guerre.
Un de ces villages était le village de Muncusun, dans la province de
Kayseri. Muncusun était historiquement un village arménien, mais fut
purgé de sa population arménienne lors du génocide et de la déportation
de 1915. Des immigrés turcs en provenance des Balkans furent installés
à sa place. Comme il n’y avait pas d’école dans la petite gare où
travaillait mon père, j’ai vécu en tant qu'élève pensionnaire dans ce
village. Mais alors qu’il ne reste aucune trace de son passé, je
n’apprendrais qu’en exil des dizaines d’années plus tard que Muncusun
était à l’origine un village arménien.
En 70 ans de vie de journaliste, j'ai vécu trois coups d’État
militaires, dont un nous ciblant expressément Inci et moi-même. Et puis
il y a eu aussi la douleur d’être témoins des interminables opérations
de destruction au Kurdistan par l’armée turque, de l’occupation depuis
48 ans de la Chypre du nord, de l’invasion de l’Irak, de la Syrie et
enfin des terres du Karabagh...
Comme montré dans le documentaire de Nazım Alpman, dans nos vies de
journalisme et de militantisme socialiste, nous avons toujours
travaillé à refléter les réalités.
Cependant aujourd’hui, avec nos amis arméniens, je souhaite partager
une douleur qui dérange encore ma conscience depuis désormais 50 ans
d’exil.
Alors que j’étais jeune journaliste en 1955, j’ai été personnellement
témoin de la barbarie du pogrom du 6-7 septembre à Izmir, des attaques
et pillages subis par les Smyrniotes non-turcs et musulmans. Parce
qu’il a pris position sur ce sujet, notre journal fut fermé par la loi
martiale et notre rédacteur en chef fut arrêté.
Izmir, ville de ma jeunesse… Fondée à l’âge Hellénistique, ville
romaine et byzantine durant des siècles. Même après être passée sous la
souveraineté ottomane au 15e siècle, elle est une cité qui doit en
grande partie sa vitalité économique aux Levantins, aux Grecs, aux
Arméniens et aux Juifs...
Mais dans cette Izmir, je ne me rappelle pas avoir entendu un seul mot
sur le Génocide de 1915, ni à l’association estudiantine, ni dans le
journal d’opposition où je travaillais, ni au syndicat, ni dans le
milieu des communistes passés par la prison. Pas un mot non plus au
sujet du Génocide des Grecs de la Mer Noire en 1919, ni de celui des
Grecs de la Mer Égée en 1922.
Et à Istanbul? Que ce soit dans les journaux où je travaillais, dans le
milieu militant, voire au Comité Central du Parti ouvrier de Turquie où
je fus élu au 1er congrès de 1964, j’ai eu des amis, collègues et
camarades arméniens, grecs, juifs, assyriens ou kurdes… Mais jusqu’à
mon départ de Turquie suite au coup d’État du 12 mars 1971, je ne me
rappelle pas que le Génocide de 1915 fut évoqué lors d’une discussion
et sûrement pas en tant que sujet à prendre au sérieux.
En ces années, dans les émissions et publications comme Bizim Radyo ou
la revue Yeni Çağ du Parti communiste de Turquie exilé dans des pays
socialistes, nous n’avons entendu aucune information ni de critique au
sujet du Génocide de 1915. Pourtant, des membres d’origine arménienne
se trouvaient au sein du comité central de ce parti.
Même lors du Cinquantenaire du Génocide Arménien de 1915 alors
qu’avaient lieu des événements commémoratifs dans différents pays, ce
sujet n’était toujours pas à l’ordre du jour en Turquie. Quand les
nouvelles de commémoration sont arrivées de l’étranger, on étouffait le
sujet en disant "les peuples poussés les uns contre les autres par les
machinations impérialistes lors de la première guerre mondiale."
Personne n’a parlé non plus des crimes du Comité Union et Progrès, ni
de l’installation de la plupart de ses meurtriers en tant que cadres du
pouvoir à l’époque républicaine.
Sur ce sujet, il y eut pour moi un point de bascule que je ne peux
oublier… Un souvenir de Belgique...
C’était l’époque après le coup d’État de 1971 où nous organisions
depuis notre exil une campagne de protestation contre le régime turc.
Un soir, nous étions chez notre ami Marcel Croës, responsable des
programme d'arts de la RTB, accompagné d’un autre journaliste belge.
Après avoir écouté ce que nous avions à dire sur les violations des
droits humains en Turquie, il nous demanda « que pensez-vous à propos
du Génocide Arménien de 1915 ?»
Quelle douleur de n’avoir rien su répondre alors. J’ai porté cette
humiliation pendant des années.
Au sein de la gauche turque en exil, la prise en compte du génocide et
de la déportation de 1915 n’a pu se réaliser que grâce à la
mobilisation des exilés assyriens, arméniens et kurdes dans les pays où
ils arrivaient nombreux dès la fin des années 70 et où ils
construisaient des liens avec les diasporas déjà installées.
Dans la deuxième moitié des années 70, l’Union pour la Démocratie que
nous avions fondée en Europe pour soutenir le Parti ouvrier de Turquie
et dont j’ai assumé la présidence, était continuellement en coopération
avec l’organisation ouvrière-estudiantine kurde Tekoşer, qui prendrait
plus tard le nom d’Institut Kurde de Bruxelles. Grâce à ces camarades
kurdes, nous avons appris pour la première fois beaucoup de choses sur
les génocides kurdes, arméniens et assyriens.
Après le coup d’État du 12 septembre, nous éditions un journal nommé
Tek Cephe, émanant du comité européen de l’Union pour la Démocratie.
En mars 1981, l’organisation Asala assassina deux diplomates turcs à
Paris et publia ensuite un communiqué demandant la reconnaissance du
génocide arménien par la Turquie.
A cette occasion, le comité français de l’Union pour la Démocratie nous
a envoyé une analyse profonde sur le génocide arménien et sur les
actions de l’Asala. Dans ce papier, les actions de l’Asala étaient
critiquées, mais l’emphase était mise sur la nécessité d’une
reconnaissance du génocide arménien par la Turquie.
Lors de la publication de la première partie de cet article en deux
volets, les leaders des partis qui étaient réfugiés à Bruxelles
réagirent avec véhémence. En dépit de cela, en tant que président
européen de l’Union pour la Démocratie, j’ai soutenu le texte du Comité
Français et ai publié la deuxième partie en avril 1981 sans le modifier
ni l’abréger.
Cette position de lutte de Tek Cephe face aux pressions nationales,
nous l’avons aussi perpétuée les années suivantes dans les bulletins et
livres d’Info-Türk.
En parallèle, Ernest Glinne, président du groupe socialiste au
Parlement européen, qui était toujours solidaire avec notre lutte
contre la junte, déposa le 20 septembre 1983 une motion à la présidence
du Parlement appelant le gouvernement turc à reconnaître le Génocide de
1915.
Le 3 janvier 1985, la chaîne de télévision française Antenne 2 diffusa
le documentaire La Turquie sous la Botte. Dans la partie débat suivant
le documentaire, Nezan Kendal et moi-même, représentant respectivement
l’Institut Kurde de Paris et Info-Türk, avons raconté de façon
détaillée les nouvelles pressions exercées sur les Kurdes, Arméniens,
Assyriens, Grecs et Turcs démocrates en Turquie et avons appelé
l’Europe à hausser la voix face à ces pressions.
Le jour suivant, le journal Hürriyet m’accusait dans ses gros titres
d’être traître à la Turquie.
En octobre 1987, nous avons publié via Info-Türk un Livre Noir en
anglais, documentant de façon détaillée l’ensemble des oppressions et
exactions commises en Turquie, ainsi que le génocide et l’oppression
exercés à l’encontre des Kurdes, Arméniens et Assyriens.
A cette époque, la fondation de l’Association des Arméniens Démocrates
de Belgique, de l’Institut Assyrien de Belgique et de la Fédération
Euro-Arménienne est venue renforcer le combat que les diasporas
arméniennes et assyriennes menaient depuis des décennies pour la
reconnaissance du Génocide de 1915.
Le collectif 1971 créé par l’Association des Arméniens Démocrates de
Belgique, l’Institut Assyrien de Belgique, l’Institut Kurde de
Bruxelles, Info-Türk et les Ateliers du Soleil a largement contribué au
combat pour la reconnaissance du Génocide de 1915 par les évènements
qu’il organisa en 2005 à l’occasion des 90 ans du Génocide des
Arméniens, en 2006 pour la 35ème année du coup d’État du 12 mars 1971,
en 2007 à l’occasion de l’assassinat de Hrant Dink, ainsi que par son
soutien aux réunions commémoratives ayant lieu chaque année le 24 avril
devant le Monument au Génocide à Bruxelles.
Lors du centenaire en 2015, grâce à la participation des autres
associations alévies, yézidies, kurdes et assyriennes, le nombre
d’organisations exigeant la reconnaissance du Génocide de 1915 par un
communiqué commun s'élevait à une quinzaine.
Il ne fait aucun doute que la possibilité d’avancer positivement sur ce
sujet sera entièrement liée à la réussite du combat à mener pour la
démocratisation en Turquie...
Oui, les derniers développements en Turquie sont à la fois douloureux
et porteurs d’espoir...
Dans un contexte de pressions islamo-fascistes chaque jour plus
malfaisantes, la tenue des élections générales au plus tard en 2023
voire peut-être en 2022 crée une dynamique au sein du front
d’opposition.
A côté de l’alliance créée par 6 partis politiques d’opposition
promettant le passage à un "système parlementaire renforcé", le
HDP avec d'autres partis et organisations de gauche appelle à une
République Démocratique où toutes les identités et appartenances
vivraient librement, côte à côte dans le partage et l’égalité.
Comme en Turquie, beaucoup d'immigrés turcs dans les pays d'accueil ont
été conditionnés à la suprématie de la race turque et de l’Islam et à
l'hostilité à la présence des autres communautés et religions.
C’est uniquement dans le cas où une telle République Démocratique
verrait le jour que pourront cesser les comportements distants, voire
hostiles à la présence et aux cultures assyriennes, arméniennes,
yézidies, grecques et kurdes.
L’un des premiers devoirs du pouvoir de la République Démocratique sera
de reconnaître le Génocide de 1915 ainsi que tous les génocides et
opérations de déportation qui le suivirent, et de mettre fin à la
pression sur les exilés politiques, aux menaces parvenant à s’immiscer
dans leurs vies, aux notices de recherche de différentes couleurs
destinées à Interpol.
Comme cela a été réalisé en 1974 en Grèce après la chute du régime
fasciste des Colonels, il conviendra d’accorder sans exception tous les
droits de citoyenneté aux réfugiés politiques en exil, de supprimer
tous les obstacles à leur libre retour au pays, à la continuation de
leurs activités professionnelles et politiques en Turquie.
Pour cela, les organisations démocratiques d’émigrés poursuivant ces
combats depuis des années à l’étranger, les organismes représentant les
diasporas assyriennes, arméniennes, yézidies, grecques et kurdes
doivent d’ores et déjà être pris en tant qu’interlocuteurs par les
partis aspirant à construire une République Démocratique.
Je l’avais dit à la session plénière de l’Assemblée des Exilés en
Europe, je le répète :
Si l’on souhaite réellement la démocratisation de la Turquie, la
volonté des exilés et des diasporas doit obligatoirement se refléter
dans les urnes, l’exil doit rejoindre l’Histoire.
Mes amis d’exil, je vous salue tous avec compassion.
Armenian writer Mıgırdiç
Margosyan laid to rest
The funeral of Armenian writer Mıgırdiç Margosyan was held today (April
7) at the Kumkapı Patriarchate Church in Fatih, İstanbul.
Several politicians, local governors, journalists and writers attended
the funeral. After the ceremony, Margosyan was laid to rest at the
Şişli Armenian Cemetery.
Republican People's Party (CHP) deputies Sezgin Tanrıkulu and Turan
Aydoğan, Peoples' Democratic Party (HDP) deputies Garo Paylan and
Züleyha Gülüm, Labor Party Chair Ercüment Akdeniz, Princes' Islands
Mayor Erdem Gül, Kadıköy Mayor Şerdil Dara Odabaşı, DİSK Basın İş union
Chair Faruk Eren, and writer Şeyhmus Diken were among those who
attended the funeral.
Margosyan passed away on Saturday (April 2) at the age of 84.
About Mıgırdiç Margosyan
Writer and novelist. He was born in Diyarbakır's Hançepek Neighborhood
(The Neighborhood of Giaours) on December 23, 1938.
He graduated from the Philosophy Department of İstanbul University
Faculty of Literature. Between 1966 and 1972, he was the manager and a
teacher of philosophy, psychology and Armenian language and literature
at the Surp Haç Tıbrevank Armenian Church in Üsküdar, İstanbul.
Later, he quit teaching and went into business. He continued his
literary works without interruption.
Some of the Armenian stories he wrote for Marmara newspaper were made
into a book entitled "Mer Ayt Goğmerı" (Our Neighborhood) in 1984. With
this book, he was granted the Eliz Kavukçuyan Literary Award in Paris
in 1988.
Aras Publishing House published several other books by Margosyan.
Compilations of his articles for Evrensel and Agos were also published
as books.
His last book, The Journal of God (Tanrı'nın Syir Defteri), was
published in 2016. (BIA, 7 April 2022)
Armenia and Azerbaijan
to initiate negotiations again
According to a statement released by Armenia Prime Minister Nikol
Pashinyan's office, Armenia and Azerbaijan agreed to hold talks in
order to alleviate tensions in the Nagorno-Karabakh region.
This remark was made following Nikol Pashinyan's meeting in Brussels
with Azerbaijani President Ilham Aliyev.
At the end of April, both administrators agreed to form a bilateral
panel tasked with establishing borders.
According to the statement, Pashinyan and Aliyev asked the foreign
ministries to organize peace negotiations between the two countries.
The conference in Brussels was also attended by Charles Michel,
President of the European Council.
Tensions between Azerbaijan and Armenia have also risen in recent days
over the Ukraine conflict.
When the Soviet Union fell apart, the Upper Karabakh region, dominated
by Armenians and supported by the Yerevan government, split away from
Azerbaijan. More than 30 thousand people died and hundreds of thousands
were forced to migrate as a result of this war in the 1990s.
A six-week battle broke out between Armenia and Azerbaijan in the
autumn of 2020, which Turkey directly supported. The fight for control
of Upper Karabakh took the lives of 6500 people, and Armenia was
defeated.
The agreement, which was made as a result of the mediation of Russia,
gave Azerbaijan a considerable amount of land, while Moscow deployed a
quota of 2,000 soldiers to Nagorno-Karabakh in order to keep the
peace. (ANF, 7 Apr 2022)
Politique
intérieure/Interior Politics
Le chef de l'opposition dans le noir pour avoir
boycotté ses factures d'électricité
L'électricité a été coupée chez le chef du principal parti de
l'opposition turque, qui refuse depuis février d'honorer ses factures
pour protester contre la forte hausse des tarifs de l'énergie, a
annoncé jeudi l'intéressé.
"Ma femme vient de m'informer qu'ils nous ont coupé le courant", a
d'abord tweeté Kemal Kiliçdaroglu, le chef du CHP (Parti républicain du
peuple).
"Mon action n'est pas un appel à la désobéissance civile. C'est un acte
de la résistance. Il vise à donner voix aux familles et enfants du pays
condamnés à vivre dans le noir", a-t-il ajouté.
Le leader politique de 73 ans s'est ensuite exprimé devant les
journalistes depuis son appartement plongé dans la pénombre, à la lueur
d'une lampe à kérozène placée sur une table près du sofa.
"Ceci est mon combat pour vos droits", a-t-il déclaré, ajoutant que
"les riches sont devenus plus riches et les pauvres plus pauvres" sous
le gouvernement du président Recep Tayyin Erdogan.
Il a également publié une vidéo d'employés masqués de la compagnie
d'électricité en train de débrancher son appartement.
M. Erdogan accuse pour sa part M. Kiliçdaroglu de chercher à provoquer
des troubles dans le pays en refusant de payer ses factures.
La Turquie, où l'inflation a atteint 61,1% sur un an en mars selon les
données officielles, est très dépendante des importations d'énergie.
Conséquence de la hausse des cours et de l'effondrement de la livre
turque, les tarifs de l'électricité ont bondi au 1er janvier, entre 52%
à 127% selon une tarification graduelle liée à la consommation.
Entre le gaz et l'électricité, de nombreux Turcs ont ainsi vu leurs
factures doubler voire tripler du jour au lendemain.
"A partir d'aujourd'hui, je ne paierai plus mes factures
d'électricité
tant qu'Erdogan ne reviendra pas sur les hausses de prix qu'il a
décrétées le 31 décembre", avait déclaré le 9 février dans une vidéo le
patron du CHP.
Le refus par M. Kiliçdaroglu de payer ses factures intervient à un peu
plus d'un an d'élections générales qui s'annoncent difficiles pour M.
Erdogan, président de la Turquie depuis 2014 après avoir été Premier
ministre depuis 2003.
Le chef de l'opposition mène une virulente campagne sur les réseaux
sociaux dans l'espoir d'attirer le vote des jeunes, qui formaient
jusqu'à présent une solide base électorale pour M. Erdogan. (AFP, 21
avr 2022)
Un réquisitoire réclame quatre ans de prison
contre le maire d’Istanbul
En Turquie, un procureur a publié, mercredi 20 avril, un réquisitoire
réclamant jusqu’à quatre ans et un mois de prison pour le maire
d’Istanbul, Ekrem Imamoglu. Cette figure de l’opposition est poursuivie
pour « insulte » aux membres du Haut Conseil électoral, qu’il avait
critiqués pour l’annulation de sa première élection en mars 2019. Ekrem
Imamoglu est considéré comme un rival potentiel du président Erdogan au
prochain scrutin.
Le maire de la plus grande ville de Turquie est poursuivi sur la base
d’une plainte déposée par la présidence du Haut Conseil électoral. Onze
membres de l’institution, dont son ancien président, accusent Ekrem
Imamoglu de les avoir « insultés » dans une déclaration à la presse en
novembre 2019. À l’époque, le maire d’Istanbul avait qualifié d'«
idiots ceux qui ont annulé l’élection du 31 mars ».
Le 31 mars 2019, Ekrem Imamoglu, candidat de l’opposition, l’avait
emporté face au candidat de l’alliance au pouvoir avec 13 700 voix
d’avance. Refusant d’accepter une défaite qui était d’abord la sienne,
le président Recep Tayyip Erdogan avait réclamé et obtenu du Haut
Conseil électoral l’annulation du scrutin, arguant d’irrégularités.
Puis, Ekrem Imamoglu l’avait de nouveau emporté trois mois plus tard
avec 800 000 voix d’avance.
L’une des figures politiques les plus populaires en Turquie
Le maire d’Istanbul a plus tard affirmé que le terme « idiots »
s’adressait aux autorités politiques, plus précisément au ministre de
l’Intérieur.
Même s’il s’en défend, Ekrem Imamoglu est pressenti pour affronter
Recep Tayyip Erdogan aux élections de juin 2023. L’opposition se
cherche un candidat commun, et le maire d’Istanbul fait partie des
figures politiques les plus populaires du pays. (AFP, 20 avr 2022)
La guerre
en Ukraine accroit la
vie dure en Turquie mais offre un répit à Erdoğan
André Métayer, Amitiés kurdes de Bretagne, 17 avril 2022
Le déclenchement par Moscou le 24 février dernier de l’invasion et de
la guerre en Ukraine pose de nombreux problèmes au pouvoir turc. Il y a
d’abord les problèmes économiques. La Turquie est en effet très
dépendante du blé russe: en 2020-2021, 78% des importations de blé
turques provenaient de Russie, et 9% d’Ukraine. Le pire est qu’il
s’agit d’une dépendance récente, en grande partie due à la destruction
dans les années 1990 de 3400 villages kurdes et de l’économie
agro-pastorale du Kurdistan qui fournissait la Turquie en céréales et
en viande. La guerre a réduit considérablement les échanges commerciaux
turcs avec la Russie et avec l’Ukraine.
Déjà confrontés à une inflation annuelle de plus de 60%, les
consommateurs turcs risquent de devoir payer encore plus cher pain,
farine et pâtes alimentaires (France Info). La société russe Gazprom
fournit aussi à la Turquie 34% de son gaz et 10 % de son pétrole.
Depuis le début du conflit, la livre turque, qui avait déjà plongé de
45% en 2021, a encore chuté de 5% (Le Monde).
Enfin, le secteur touristique turc, déjà durement frappé par deux ans
de pandémie, ne peut se passer des touristes russes, qui avaient été
4,21 millions en 2021 (contre 3 millions d’Allemands et… 2,6 millions
d’Ukrainiens). Contrairement à ses alliés de l’OTAN, Ankara n’a pas
imposé de sanctions à Moscou, et n’a notamment pas interdit son espace
aérien aux avions russes… on voit aussi toujours des yachts
d’oligarques dans les marinas d’Istanbul.
Une situation géopolitique difficile
Au-delà des conséquences économiques, la guerre russo-ukrainienne place
Ankara dans une situation géopolitique difficile. La Turquie a en effet
de bonnes relations avec Kiev, à qui elle a fourni des drones Bayraktar
qui se sont révélés fort efficaces contre l’armée russe (le 2,
l’Ukraine a indiqué en attendre une nouvelle livraison), mais elle est
aussi très vulnérable face à la Russie en Syrie, en particulier dans la
région d’Idlib… M. Erdoğan a donc condamné l’invasion russe, la
qualifiant d’«inacceptable», mais la Turquie a attendu cinq jours pour
annoncer, le 28 février, et sur l’insistance de Kiev, qu’en application
de la Convention de Montreux (1936), elle interdisait le passage du
Bosphore et des Dardanelles à tous les bâtiments de guerre, qu’ils
soient issus de pays «riverains ou non de la mer Noire»… Ce délai a
permis le passage de plusieurs navires russes maintenant engagés dans
l’invasion. Par ailleurs, la Convention stipule que l’interdiction ne
s’applique pas aux navires regagnant leur port d’attache. Moscou
souhaitait faire passer en Mer Noire quatre autres navires positionnés
à Tartous (Syrie). Ankara n’a autorisé le passage que de celui qui
était bien basé en Mer Noire (Le Monde).
Retour en grâce d’Erdoğan
La situation présente aussi quelques avantages pour Ankara. Jouant les
équilibristes, M. Erdoğan tente de se placer en position de médiateur.
Il a ainsi reçu le 29 à Istanbul des délégations russe et ukrainienne
venues négocier sur le sol turc une possible fin de conflit.
Simultanément, il profite du retour en grâce auprès de l’Union
européenne que lui vaut sa position au flanc sud de l’OTAN… La nouvelle
situation géopolitique créée par l’invasion russe de l’Ukraine pourrait
lui profiter indirectement sur le plan de sa politique intérieure comme
sur celui de son implication en Syrie, en lui donnant les mains plus
libres pour réprimer à l’intérieur et attaquer les Kurdes de Syrie.
La bureaucratie turque se prépare pour l'ère
post-Erdogan
Ragip Duran, Chronique Turquie , 16 avril 2022
Le Président Erdogan essaie de profiter de l’agression russe contre
l’Ukraine. Il se pose en intermédiaire mais n’a pas pu jusqu’à
maintenant obtenir un minimum de succès. Il désire garder l’équilibre
entre Moscou et Kiev, tout en privilégiant les intérêts russes, mais
les ambassadeurs russe et ukrainien en poste à Ankara ont fait des
déclarations pas tellement élogieuses au sujet de cette position
confuse de la diplomatie turque.
Par ailleurs le pouvoir prépare lentement les élections anticipées,
selon la majorité des observateurs. Les prochaines élections
présidentielles et générales devront se tenir théoriquement au plus
tard en juin 2023. Mais la loi électorale a été changé au profit du
parti au pouvoir et le Haut Conseil des Elections, autorité suprême
responsable de l’organisation des élections poursuit ses travaux. Le
Président Erdogan ne cesse de faire des promesses aux électeurs tout en
cachant la vrai nature de la crise économique et financière, qui serait
selon lui l’oeuvre ‘’d’un petit groupe de gens de mauvaise volonté’’.
Les médias, même ceux qui sont proches du Palais relatent de plus en
plus les difficultés économiques et financières pas seulement de celles
de l’homme de la rue mais aussi de celles des petites et moyennes
entreprises voire de celle des grands industriels.
La valeur de la livre turque poursuit sa chute et les hommes d’affaires
se plaignent de la carence des matières premières ainsi de la hausse
générale des prix.
Par ailleurs deux faits, relativement nouveaux: Le chef de l’opposition
M.Kemal Kilicdaroglu, a récemment déclaré qu’il recevait tous les jours
et en nombre croissant des dossiers de corruption envoyés par la
bureaucratie. Les fonctionnaires désirent prendre une précaution pour
l’avenir quand ils révèlent les irrégularités du pouvoir.
Second fait nouveau: Le judiciaire devient de plus en plus anti-Erdogan
ces dernières semaines. La Cour de Cassation et surtout le Conseil
Constitutionnel mais également des tribunaux de première instance ont
donné des verdicts contre les intérêts du pouvoir: M.Kilicdaroglu a
gagné un procès contre M.Erdogan qui l’avait accusé d’insulte au
Président de la République. La Cour de Cassation a jugé illégale la
main mise par l’administration sur le passeport de Mme Dilek Dundar,
épouse du journaliste en exil Can Dundar. Mme Sedef Kabas, accusée
d’insulte au Président de la République, arrêtée, inculpée et
incarcérée a du être libérée 3 mois après son arrestation. Le tribunal
de première instance l’avait condamné à 28 mois de prison.
Peut être pas encore l’ensemble des procureurs et des juges, mais une
grande partie de la bureaucratie judiciaire estime que le pouvoir
actuel ne risque pas durer trop longtemps et ils ne veulent pas être
l’objectif du nouveau gouvernement.
‘’Deux corps annoncent en générale l’avenir des pouvoirs: Les médias et
le judiciaire’’ déclare un professeur de droit en exil. ‘’Les médias du
pouvoir sont de plus en plus faibles, leurs ventes et leurs audiences
chutent énormément et il y a très peu de gens qui les croient. Les
récents verdicts des tribunaux montrent également que le judiciaire est
obligé de préparer son propre avenir. Erdogan n’arrive plus, comme dans
le passé, à imposer ses décisions sur les procureurs et juges’’
conclu-t-il.
Malgré tout cela, les observateurs d’Ankara et ceux de l’étranger
rappellent qu’Erdogan est une bête politique qui a remporté, à
l’exception d’une seule (Juin 2015), toutes les élections depuis 2002.
Ankara entre Moscou et
Kiev
Ragip Duran, Chronique Turquie, 9 avril 2022
Le Président Erdogan, déjà en position difficile sur la scène de la
politique intérieure, désire profiter de l’agression russe contre
l’Ukraine pour se poser comme un intermédiaire faiseur de paix.
***
Alors qu’à commencer par l’Europe la terre toute entière est polorisée
sur la question de Russie contre Ukraine, Ankara est probablement la
seule capitale qui veut poursuivre simultanément ses ‘’bonnes
relations’’ avec les deux pays.
L’armée turque et l’armée russe, présentes en Syrie, coopèrent mais
sont parfois en conflit. Il en est de même en Libye et aux Caucases. La
Turquie, membre de l’OTAN, avait acheté de Moscou le système de défense
aérienne russe, les S400 sans pouvoir se servir de ces fusées. Car
l’OTAN et l’ensemble du bloc occidental s’étaient opposé à
l’intégration des fusées russes dans le mécanisme de défense commune de
l’OTAN. Erdogan qui insiste toujours sur le bien fondé de l’achat des
S400 croyait établir un équilibre entre Washington et Moscou ou bien
menacer les Etats Unis qui n’est plus, selon lui, un bon allié.
De l’autre coté, Ankara, toujours pour essayer de profiter des
contradictions entre Kiev et Moscou, poursuivait depuis longtemps de
bonnes relations surtout commerciales avec l’Ukraine. Le gendre du
Président Erdogan, M.Bayraktar, patron de la société qui construit et
vend les drones à Kiev, ne cesse de faire la propagande du Président et
de la nation ukraniens.
Avec un premier contact bilatéral russo-ukranien organisé par Ankara le
10 Mars à Antalya et les pourparlers entre les deux délégations à
Istanbul depuis le 29 Mars, Erdogan s’est presenté comme le seul
intermédiaire crédible pour mettre fin à la guerre. Mission pas encore
accomplie mais le Président turc a pu grâce à cette initiative briser
l’isolation internationale: Trois chefs d’Etat (Israel, Allemagne et la
Grèce) sont venus s’entretenir avec Erdogan en une semaine. Les médias
du gouvernement ont fait l’éloge de ces ‘’grands succès diplomatiques
du Rais’’ mais ces réunions n’ont pas pu empêcher la chute de la valeur
de la livre turque et la chute non plus de la popularité du Président
dans les sondages d’opinion publique.
Depuis le début de l’agression russe contre l’Ukraine, Ankara a adopté
une position mi-chou mi-chevre:
• Ankara s’est contenté de juger ‘’inadmissible’’ l’opération russe en
Ukraine
• Ankara a à peine donné son accord aux sanctions limitées contre
Moscou. Il s’agit uniquement des sanctions décidées par l’ONU.
• La Turquie n’a pas fermé son espace aérien aux avions russes. C’est
pourquoi plusieurs oligarques russes ont commencé à poursuivre leurs
activités commerciales et financières à partir de la Turquie.
M.Abramovich a pu même participer aux pourparlers russo-ukraniens
organisés à Istanbul. Il a été reçu par le Président Erdogan.
• Le Président turc est en contact téléphonique avec Poutine et
Zelenskyy. Il essaie de se présenter comme un intermédiaire respecté
mais les initiatives de la diplomatie turque n’ont pas pu atteindre le
minimum des objectifs fixés: Au moins un cessez-le-feu.
Erdogan et Poutine sont en tout cas d’accord sur un sujet: L’animosité
contre l’Occident, c’est à dire l’animosité contre la démocratie et
l’ensemble des valeurs progressistes des Lumières.
Les médias turcs dénoncent ‘’l’attitude hypocrite’’ des Européens au
sujet des immigrés ukraniens. Alors que les immigrés bruns, noirs et
musulmans de Syrie, d’Irak, d’Afghanistan et d’autres pays de l’est
sont maltraités dans le Vieux Continent, les immigrés ukraniens,
blonds, aux yeux bleus, chrétiens sont très bien reçus par les
gouvernements et peuples de l’Europe.
Faut-il préciser qu’une grande partie de l’opinion publique turque,
droite, islamiste,Kémaliste et voire certains courants de la gauche
tous confondus, accuse essentiellement l’OTAN et Washington concernant
l’agression russe.
Erdogan qui a déjà beaucoup de difficultés politiques, économiques et
financiers chez lui, a declaré: ‘’Cette guerre doit prendre fin le plus
vite possible car personne n’a à gagner de la poursuite du conflit’’.
En effet la Turquie recevait beaucoup de touriste russe. Plus de la
moitié du gaz naturel du pays vient de la Russie qui est aussi un grand
client des fruits et légumes de l’Anatolie. Donc Erdogan a pour
objectif de bien s’entendre en même temps et avec le loup et avec
l’agneau. Tout un programme!
New election law comes into effect
Passed by the parliament on March 31, the Law on the Amendment of the
Law on Election of a Member of Parliament and Some Laws was published
in the Official Gazette today (April 6).
According to the law, the election threshold was lowered from 10 to 7
percent.
MP distribution
Seats will be distributed to the parties that surpass the threshold and
the parties within the alliances that surpass the threshold. The
distribution will be made according to the D'Hondt system. Seats will
be directly distributed to the parties. In the old system, the seats
would be distributed to alliances first and then would be distributed
within alliances.
Participation
If a party that has qualified to participate in the elections has not
held its district, provincial and grand congresses twice in a row,
within the periods stipulated in the Political Parties Law and
specified in the party bylaw, it will lose eligibility to participate
in the elections. Having established a group in the Turkish Grand
National Assembly will not be sufficient for participating in the
elections.
Electoral councils
Provincial electoral councils will consist of a chairperson, two
original members, and two substitute members.
The members of the councils will be determined by draw by justice
commissions of judicial courts of first instance in every two years in
the last week of January. The members will be selected among judges who
work in provincial centers, who have not been reprimanded or received
heavy disciplinary fines, who have been "reserved for first degree" and
who have not lost qualifications for being reserved for first degree.
The first judge to be drawn will be the council chair, the two judges
to be drawn after them will be the original members and the two judges
to be drawn the least will be substitute members.
If there are less than five judges to participate in the draw, the
missing positions will be filled by judges according to seniority.
Chairpersons and members of provincial electoral councils and the
chairpersons of district election councils will be selected again
according to the changes made within the months from the entry into
force of the law. The chairpersons and members determined in this way
will complete the term of office of the previous chairpersons and
members. (BIA, 6 April 2022)
7
political parties and organizations make a call for May Day
Seven political organizations released a joint statement and made a
call for May 1 International Workers' Day today (April 5).
The Labor Party (EMEP), Laborist Movement Party (EHP), People's Houses,
Peoples' Democratic Party (HDP), Socialist Assemblies Federation (SMF),
Workers' Party of Turkey (TİP) and Social Freedom Party (TÖP) said, "To
the May Day for daily bread, peace and freedom".
The parties and organizations announced that they will be in the
squares on May 1 "against price increases, poverty, war and
exploitation".
Ahead of May Day, the statement of the political groups raised concerns
that "the entire burden of the bosses, pandemic and economic crisis has
been put on the shoulders of poor people".
Referring to the effects of the current economic crisis, the groups
said:
Bringing agriculture to a halt with neoliberal policies, turning the
country into a heaven of cheap labor for international monopolies and
giving way for policies of plunder, the Justice and Development Party
(AKP) government is the real political responsible party for poverty.
Raising concerns over the melting minimum wage in the face of
constantly increasing prices, the groups said, "The government has
condemned the country to hyperinflation. The more extravagant the
palace gets, the smaller the serving size at the people's table
becomes".
Noting that "the increases in the prices of basic food products have
become reckless and routine", the political parties and organizations
underlined that people are faced with exorbitant electricity, natural
gas, Internet, transportation and communication bills.
"Babies and children cannot access food products," they protested,
adding that "when people get sick, they cannot access medication or
free and quality health services". Defining the government's reduction
of the Value Added Tax on certain food and cleaning products as an
"eyewash" and recalling the loss of value of the Turkish Lira against
foreign currencies, they reiterated that "the machine of price hikes
operates without a halt".
Further in their statement, the political parties and groups also
criticized the "gang of five", which they use to refer to the
pro-government conglomerates that receive large amounts of public
tenders.
Noting that "the minimum wage has been turned into a basic income and
hunger has been made ordinary", they said, "Young people have lost
hopes for the future; unemployment has increased incrementally.
Producers and villagers sow seeds without fertilizer, tractors are
confiscated".
Amid the novel coronavirus (COVID-19) pandemic, the political groups
raised concerns that "women, whose domestic labor has gradually
increased, have been the first ones to leave their jobs", adding:
"Shouldering the care of the elderly and children, women are gradually
crushed in both the site of reproduction and production".
Against the backdrop of all these, the seven parties and organizations
stressed that "in the face of this destruction, society is naturally
rising up and 2022 has begun with a wave of labor class strikes".
According to the statement, strikes have been staged in 120 factories
and workplaces in Turkey since December 2021.
"In the wave of protests following the revolt of the delivery workers,
whose importance was discussed at the onset of the pandemic, textile
workers, metal workers and shipbreaking workers followed suit with
their resistance," the groups stated, recalling that "the victory of
Migros warehouse workers has given hope to everyone across Turkey".
While health laborers went on strike as well, municipal and metal
workers filled the squares. A wave of protests has been the case for
the peoples of Turkey in the face of the wave of price hikes. Thousands
of people from Marmaris to Yüksekova, from Bodrum to Bazid took to the
streets and rose up by crying out loud, 'We cannot make a living'.
Accordingly, the political organizations called on everyone to fill the
squares on May 1 Labor Day in the face of incrementally increasing
poverty, unending wave of price hikes and unemployment. (BIA, 5 April
2022)
Forces
armées/Armed Forces
Offensive turque en Irak: Bagdad
convoque l'ambassadeur turc
Le gouvernement irakien a convoqué mardi l'ambassadeur de Turquie à
Bagdad pour "protester" contre l'offensive turque dans le nord de
l'Irak visant les rebelles kurdes turcs du PKK, opération que le
président irakien a qualifiée de "violation de la souveraineté
irakienne".
Ali Riza Guney s'est vu remettre "une note de protestation au ton
ferme" dans laquelle Bagdad appelle son voisin à "mettre fin aux actes
de provocation et aux violations inacceptables", a expliqué la
diplomatie irakienne dans un communiqué.
L'offensive turque lancée dans la nuit de dimanche à lundi à grands
renforts d'unités de commandos et d'hélicoptères d'attaque se concentre
sur trois régions proches de la frontière turque contre des repaires du
Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe qualifié de
"terroriste" par Ankara et ses alliés occidentaux.
Peu d'informations filtraient mardi sur le déroulement de cette
opération.
Le ministère turc de la Défense a indiqué lundi soir qu'un
premier
soldat turc avait été tué au combat, succombant à des blessures
infligées par un engin explosif improvisé.
De son côté, Zagros Hewa, un porte-parole du PKK, a indiqué dans une
déclaration que "les combats se poursuivaient", sans plus de précision.
Les raids turcs contre le PKK sont récurrents dans le nord de l'Irak,
et particulièrement dans la région autonome du Kurdistan d'Irak, zones
où le PKK dispose de bases et de camps d'entraînement.
Ces opérations militaires valent à l'ambassadeur turc en poste à Bagdad
d'être régulièrement convoqué au ministère irakien des Affaires
étrangères, car elles compliquent les relations entre le gouvernement
central irakien et Ankara, l'un des premiers partenaires commerciaux de
l'Irak.
Le chef de l'Etat irakien, Barham Saleh, lui-même kurde, a dit un peu
plus tôt mardi considérer l'opération militaire turque comme une
"violation de la souveraineté irakienne et une menace pour la sécurité
nationale".
Mais ces offensives mettent aussi en lumière les approches différentes
de Bagdad et des autorités régionales du Kurdistan.
Erbil, capitale du Kurdistan d'Irak, entretient des relations
compliquées avec le PKK car sa présence dans la région entrave ses
relations commerciales vitales avec la Turquie voisine.
La dernière offensive turque a été lancée deux jours après une visite
en Turquie du Premier ministre du Kurdistan d'Irak, Masrour Barzani, ce
qui laisse entendre qu'il aurait été mis au courant des intentions
d'Ankara. (AFP, 19 avr 2022)
Découverte d'une nouvelle mine
en mer Noire
Une mine, qui pourrait avoir dérivé depuis l'Ukraine, a été découverte
en mer Noire au large de Kefken, dans le nord-ouest de la Turquie, la
troisième détectée depuis fin mars dans la région, a annoncé mercredi
le ministère turc de la Défense.
"L'objet semblable à une mine détecté au large de Kefken a été
identifié comme étant une mine par notre avion de patrouille maritime",
a indiqué le ministère sur Twitter, précisant que "la zone a été
sécurisée" par les unités d'opération spéciale de la marine turque.
Une première mine avait été découverte le 26 mars par la marine turque
à l'entrée du Bosphore, au nord d'Istanbul. Puis une seconde deux jours
plus tard au large d'Igneada, village situé à proximité de la frontière
bulgare sur la mer Noire.
Face à la crainte d'un accident, les navires chasseurs de mines et
avions de patrouille maritime turcs sont "tous en état d'alerte", a
indiqué la semaine dernière le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar.
Les autorités turques avaient mis en garde le mois dernier contre le
risque émanant de mines en provenance des côtes ukrainiennes, qui
pourraient s'être désamarrées à cause d'une tempête.
Les mines sous-marines doivent être équipées de systèmes qui les
rendent inoffensives en cas désamarrage, selon la Convention de La Haye
de 1907.
Mais les mines de fabrication ancienne peuvent être dépourvues de tels
systèmes et présenter un danger, selon les médias turcs.
Les autorités turques n'ont pas précisé si les mines découvertes, bien
que de type ancien, sont équipées ou non de tels mécanismes. (AFP, 6
avr 2022)
Affaires
religieuses / Religious Affairs
Erdogan
met en garde contre une menace sur le statut de la
mosquée Al-Aqsa
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mardi, lors d'un
appel téléphonique avec son homologue israélien Isaac Herzog, contre
les menaces pesant selon lui sur le statut de la mosquée Al-Aqsa à
Jérusalem.
Depuis vendredi, les forces de sécurité israéliennes ont blessé plus de
170 personnes, pour la plupart des Palestiniens, dans l'enceinte et à
proximité de la mosquée Al-Aqsa, troisième lieu le plus sacré de
l'Islam, dans la vieille ville de Jérusalem annexée par Israël.
Cet incident survient près d'un an après que des tensions similaires
ont déclenché un conflit de onze jours entre Israël et des groupes
armés dans l'enclave palestinienne de Gaza.
Israël a effectué tôt mardi matin sa première frappe aérienne sur la
bande de Gaza depuis des mois, en réponse au tir d'une roquette depuis
l'enclave palestinienne.
Le président Erdogan a indiqué sur son compte Twitter qu'il avait dit à
M. Herzog que "le fait que la mosquée Al-Aqsa ait été attaquée par des
groupes fanatiques après la prière du matin hier et avant-hier (...) et
la tension à Gaza ont augmenté notre tristesse."
"En cette période sensible, je voudrais souligner une fois de plus la
nécessité de ne pas permettre les provocations et les menaces contre le
statut et la spiritualité de la mosquée Al-Aqsa", a ajouté le président
turc.
Israël et la Turquie ont proclamé une nouvelle ère dans leurs relations
après plus d'une décennie de rupture diplomatique, après la visite
historique de M. Herzog à Ankara en mars.
Le président Erdogan, fervent défenseur de la cause palestinienne, a
dans le passé critiqué les politiques israéliennes envers les
Palestiniens.
La Turquie maintient des liens étroits avec le Hamas, qui contrôle la
bande de Gaza depuis 2007. (AFP, 19 avr 2022)
Violences en Suède après une "tournée" pour
brûler le Coran
La police suédoise a porté lundi à 40 blessés, dont 26 policiers, le
bilan des graves violences survenues dans plusieurs villes du pays dans
le sillage d'une "tournée" d'un groupe d'extrême droite voulant brûler
le Coran.
La gestion de cette tournée anti-islam a également suscité la
condamnation de plusieurs pays musulmans: après l'Irak et l'Arabie
Saoudite, la diplomatie turque a déploré lundi "l'hésitation à empêcher
des actes provocateurs et islamophobes (...) sous couvert de liberté
d'expression", tandis qu'une manifestation a eu lieu devant l'ambassade
de Suède en Iran.
Aux cris d'"Allahu Akbar" (Dieu est grand), de premières
contre-manifestations contre la venue en Suède du chef du parti danois
anti-islam "Ligne dure", Rasmus Paludan, avaient dégénéré jeudi en
violences contre la police, dans des quartiers à forte communauté
musulmane des villes suédoises de Norrköping et Linköping.
Les scènes d'émeutes s'étaient ensuite propagées durant le week-end à
plusieurs autres villes, où M. Paludan, qui a la double nationalité
danoise et suédoise, a mis le feu ou projeté de mettre le feu à des
exemplaires du livre saint de l'islam.
La police suédoise, dont une vingtaine de véhicules ont été incendiés
ou endommagés, considère avoir été la cible principale de ce qu'elle a
qualifié d'"émeutes violentes".
"Beaucoup de choses suggèrent que c'était la police qui était la cible
principale, plutôt que les organisateurs", a déclaré lors d'une
conférence de presse Jonas Hysing, commandant des opérations spéciales.
"On a essayé de tuer des policiers", s'est ému à ses côtés le chef de
la police du pays, Anders Thornberg.
"Des individus criminels ont profité de la situation pour faire preuve
de violence" et ce "sans rapport avec les manifestations", a-t-il
également affirmé.
La police suédoise suspecte aussi les violences d'avoir été appuyées
depuis l'étranger, mais aucun pays n'a été désigné.
La journée de lundi a été marquée par un retour au calme, avec le
départ de Suède de M. Paludan, rentré au Danemark.
Plus de quarante personnes, dont plusieurs mineurs, ont été arrêtées
dans ces affrontements survenus également à Malmö, Örebro et à Rinkeby,
une banlieue de la capitale Stockholm.
Les violences ont culminé dimanche lorsque la police avait dû tirer des
coups de feu de semonce à Norrköping, blessant trois personnes par
balle, selon elle du fait de ricochets.
En dehors des policiers, 14 personnes ont été blessées.
"Environ 200 participants se sont montrés violents sur place et la
police a dû intervenir avec des armes en état de légitime défense",
selon M. Hysing.
Des heurts avec la police, émaillés de jets de pierre et de voitures
brûlées, avaient entraîné dimanche 26 arrestations à Norrköping et
Linköping.
A Malmö, où M. Paludan a brûlé un Coran samedi, la nuit de dimanche à
lundi a été agitée, comme la veille, avec notamment un départ de feu
dans une école.
Du Danemark à la Belgique en passant par la France, Rasmus Paludan est
coutumier ces dernières années de projets de mettre le feu à des
exemplaires du Coran, généralement dans des quartiers immigrés à forte
population musulmane.
Les évènements sont souvent interdits par la police, mais parfois
tolérés au nom de la liberté de manifestation malgré les vives tensions
provoquées par les rassemblements, comme jeudi en Suède.
Ces autorisations suscitent l'incompréhension du monde arabo-musulman.
"Les viles attaques en Suède contre notre livre saint, le Coran,
montrent que les leçons du passé n'ont pas été apprises", a affirmé le
ministère turc des Affaires étrangères sur Twitter, déplorant que des
"crimes de haine soient ouvertement tolérés sous couvert de liberté
d'expression".
La diplomatie irakienne avait convoqué dimanche le chargé d'affaires
suédois, dénonçant d'un acte "provocateur pour les sentiments des
musulmans et offensant pour ce qu'ils ont de sacré".
L'Arabie saoudite avait également "condamné les agissements de certains
extrémistes en Suède et leurs provocations contre les musulmans", selon
son agence officielle. (AFP, 18 avr 2022)
La
Tunisie dénonce une "ingérence" de la Turquie
après des propos d'Erdogan
Les autorités tunisiennes ont annoncé mercredi avoir convoqué
l'ambassadeur de Turquie à Tunis pour protester contre ce qu'elles
considèrent comme une "ingérence" turque après des propos du président
Recep Tayyip Erdogan critiquant la dissolution du Parlement tunisien.
Le président tunisien Kais Saied a annoncé le 30 mars la dissolution du
Parlement huit mois après l'avoir suspendu pour s'arroger les pleins
pouvoirs en juillet 2021, faisant vaciller l'expérience démocratique
dans le pays berceau du Printemps arabe.
L'Assemblée était dominée par Ennahdha, un parti islamo-conservateur
proche de celui au pouvoir en Turquie et dont M. Erdogan est issu.
Dans des déclarations lundi, M. Erdogan avait qualifié la dissolution
du Parlement tunisien de "coup à la volonté du peuple tunisien" et de
"tache sur la démocratie".
Ces propos ont manifestement suscité l'ire du président tunisien, dont
Ennahdha est la bête noire, qui a souligné en recevant mardi son chef
de la diplomatie Othman Jerandi son "refus de toute ingérence sous
quelque forme que ce soit" dans les affaires tunisiennes, selon un
communiqué de la présidence qui n'a pas fait directement référence aux
déclarations de M. Erdogan.
Mardi soir, le ministère tunisien des Affaires étrangères a publié un
communiqué dans lequel il a exprimé son "étonnement" face aux
déclarations de M. Erdogan, les qualifiant d'"ingérence inacceptable
dans les affaires intérieures" de la Tunisie.
Dans un deuxième communiqué diffusé tôt mercredi, la diplomatie
tunisienne a indiqué que M. Jerandi s'était entretenu mardi au
téléphone avec son homologue turc Mevlüt Cavusoglu et que l'ambassadeur
turc à Tunis avait été convoqué au siège du ministère des Affaires
étrangères en signe de protestation après les déclarations de M.
Erdogan.
La proximité d'Ennahdha avec la Turquie d'Erdogan alimente une
controverse depuis plusieurs années en Tunisie, un pays qui se targue
d'une forte tradition laïque.
Washington et Paris ont exprimé leur "préoccupation" après la décision
du président Saied de dissoudre le Parlement, sans susciter à ce stade
le moindre commentaire des autorités tunisiennes. (AFP, 6 avr 2022)
Premières
prieres nocturnes
islamiques a l'ex-basilique sainte-sophie
Des "tarawih", prières nocturnes spécifiques au ramadan, vont être
organisées cette année pour la première fois depuis 88 ans dans
l'ex-basilique Sainte-Sophie d'Istanbul, reconvertie en mosquée en
2020, a annoncé jeudi la Direction des affaires religieuses.
"Grâce soit rendue à Dieu. Pour la première fois en 88 ans, la mosquée
(...) accueillera les croyants pour les prières de tarawih ce ramadan.
Je serai témoin, si Dieu le veut, de ce beau moment en dirigeant la
première prière de tarawih", qui doit se tenir vendredi soir, s'est
félicité Ali Erbas, chef du Diyanet, l'organisme public chargé
d'encadrer le culte.
Ces prières surérogatoires se dérouleront à Sainte-Sophie les
vendredis, samedis et dimanches pendant le mois du ramadan, a précisé
le Diyanet.
Ces prières nocturnes n'avaient pas eu lieu en 2020 et 2021 dans les
mosquées turques en raison de la pandémie.
La transformation en mosquée le 10 juillet 2020 par les autorités
turques de Sainte-Sophie, jusqu'alors musée, avait déclenché une vague
d'indignation internationale.
Œuvre architecturale majeure construite au 6ème siècle, Sainte-Sophie
est un lieu important à la fois pour les chrétiens et les musulmans,
ayant d'abord été une basilique byzantine avant d'être convertie en
mosquée après la prise de Constantinople par les Ottomans en 1453.
En 1934, le fondateur de la République turque, Mustafa Kemal, avait
converti le monument en musée afin d'en faire le symbole d'une Turquie
laïque. (AFP, 1 avril 2022)
Quatre
Allemandes arrêtées après le rapatriement
de 27 enfants de jihadistes
Quatre Allemandes qui avaient rejoint le groupe Etat islamique (EI) ont
été interpellées à Francfort, a annoncé jeudi le parquet fédéral au
lendemain d'une opération de rapatriement de 10 femmes et de 27 enfants
détenus dans un camp kurde dans le nord-est de la Syrie.
Ces quatre femmes, dont l'une dispose également de la nationalité
marocaine, ont été arrêtées à leur descente d'avion mercredi, a précisé
le parquet, alors que l'une d'elles est soupçonnée notamment de crimes
contre l'humanité pour avoir réduit à l'état d'esclave une femme de la
minorité kurdophone yazidie à Mossoul, en Irak.
Auparavant, le ministère des Affaires étrangères avait annoncé le
rapatriement "lors d'une opération extrêmement difficile" de 27 enfants
allemands et de dix mères détenues dans le camp de Roj sous contrôle
kurde, en Syrie, l'une des plus grosses opérations de ce genre menées
par l'Allemagne.
"Ces 27 enfants sont en fin de compte des victimes de l'EI, et ils ont
droit à un avenir meilleur, loin de son idéologie meurtrière, et à une
vie en sécurité, comme nous le souhaitons pour nos propres enfants", a
commenté la cheffe de la diplomatie, Annalena Baerbock, dans un bref
communiqué.
Elle a précisé que "la majorité des enfants allemands" vivant dans ce
camp surpeuplé et insalubre dans le nord-est de la Syrie avaient
maintenant pu être rapatriés.
"Il ne reste plus que quelques cas particuliers pour lesquels nous
continuons à travailler sur des solutions individuelles", a-t-elle
ajouté.
L'Allemagne a mené au total cinq opérations qui ont permis de ramener
91 personnes, dont une majorité d'enfants (69).
Plusieurs des mères jihadistes ont depuis été jugées et condamnées en
Allemagne.
Une Allemande, partie rejoindre la Syrie à 15 ans seulement, est
actuellement jugée pour complicité de crime contre l'humanité après
avoir été rapatriée avec ses deux enfants.
L'Allemagne a plusieurs fois été condamnée par les tribunaux à
rapatrier des femmes et des enfants de jihadistes.
Dans le camp de Roj, une enfilade de tentes dans le nord-est syrien,
croupissent des dizaines de milliers de déplacés, gardés par les forces
kurdes.
Quelque 200 enfants français y sont également détenus, dont 90% ont
moins de 12 ans, selon le psychiatre Serge Hefez. (Le Soir, 28 mars
2022)
Socio-économique
/ Socio-economic
Waste imperialism: Impact of Turkey's waste imports
from Europe
Greenpeace Mediterranean has launched an online exhibition where it
displays pieces of plastic waste imported to Turkey from European
countries.
Ironially titled "The Trace of Western Civilizations in Anatolia," the
exhibition intends to raise awareness of Europe's increased waste
exports to Turkey, which it calls "waste imperialism."
"When you go to Europe, there is almost no garbage on the streets.
However, European countries make less fortunate communities around the
world pay for their own sins of overconsumption of plastic," Greenpeace
said in a press release.
Until when it banned plastic waste imports in January 2018, China was
the most common destination for Europe's plastic waste. Since then,
Turkey has replaced it.
Most of the waste imported from Europe is not recycled but is left or
burned in open areas, especially in the southern province of Adana,
previous Greenpeace investigations revealed.
After public reactions, Turkey banned a specific type of plastic waste,
but a week later, allowed it again with "increased controls."
The exhibition includes photographs documenting the environmental
damage caused by the imported waste. (BIA, 15 April 2022)
Turkey’s Central Bank keeps the policy rate constant at 14
percent
The Monetary Policy Committee of Turkey's Central Bank has once again
decided to keep the policy rate (one-week repo auction rate) constant
at 14 percent following its meeting today (April 14).
Chaired by Central Bank Governor Şahap Kavcıoğlu, the Monetary Policy
Committee released a statement after its meeting.
According to the Bank's statement, the "increase in inflation in the
recent period has been driven by rising energy costs resulting from
geopolitical developments, temporary effects of pricing formations that
are not supported by economic fundamentals, strong negative supply
shocks caused by the rise in global energy, food and agricultural
commodity prices."
It has said, "The Committee expects the disinflation process to start
on the back of measures taken and decisively pursued for sustainable
price and financial stability along with the decline in inflation owing
to the base effect and the resolution of the ongoing regional conflict."
Accordingly, the Monetary Policy Committee has decided to keep the
policy rate unchanged at its current level of 14 percent.
The policy rate has been standing at 14 percent in Turkey since the
meeting of the Monetary Policy Committee in December 2021.
'Geopolitical risks, uncertainty...'
Other highlights from the Bank's statement are as follows:
"The ongoing geopolitical risks keep the downside risks to regional and
global economic activity alive and increase the uncertainty.
"Concern over global food security, high course of commodity prices,
supply constraints in some sectors that have become more evident
particularly in energy, and high transportation costs have led to
producer and consumer price increases internationally.
"The effects of high global inflation on inflation expectations and
international financial markets are closely monitored.
"Moreover, central banks in advanced economies assess that the rise in
inflation may last longer than previously anticipated due to rising
energy prices and imbalances between supply and demand.
"Accordingly, while monetary policy communication of central banks in
advanced economies varies with their diverse outlook for economic
activity, labor market and inflation expectations, they still continue
their supportive monetary stances and asset purchase programs at a
slower pace." (BIA, 14 April 2022)
Pourquoi le conflit pèse de plus en plus lourd sur
l’économie turque
Anne Andlauer, Le Soir, 13 avril 2022
Sous l’évier de sa cuisine, Rosita montre avec fierté les dix litres
d’huile de tournesol achetés fin février dans une épicerie d’Istanbul.
La bouteille de quatre litres lui a coûté 94 livres (environ 6 euros).
« C’était une promotion… Il y a un an, ce prix m’aurait paru
exorbitant. Mais par rapport aux prix dans les magasins en ce moment
(début avril, NDLR), c’est bon marché. J’ai vu la même bouteille à 150
livres », compare Rosita.
Depuis que la Russie a envahi l’Ukraine, provoquant une flambée des
prix sur les marchés des céréales et des huiles végétales, cette
Stambouliote née aux Philippines fait comme beaucoup de Turcs : elle
stocke. « Mes amis me disent que j’ai trop de chance d’avoir tant
d’huile dans mes placards. Je leur avais dit d’en acheter, mais ils ne
m’ont pas écoutée ! », s’amuse Rosita.
La guerre en Ukraine est un nouveau choc pour l’économie, dépendante
des importations et prisonnière d’une spirale inflationniste. En
février, la hausse des prix sur un an avait déjà atteint 54 %. En mars,
le taux officiel a dépassé 61 %, du jamais vu depuis 20 ans.
Jusqu’à 130 % de hausse
L’huile de tournesol que Rosita empile dans sa petite cuisine est un
symbole du phénomène. La Turquie importe plus du tiers de ses besoins,
dont la moitié de Russie et 15 % d’Ukraine. En février, avant la
guerre, les Turcs payaient déjà cette huile moitié plus cher qu’il y a
un an. Depuis l’agression russe, les prix ont grimpé de 13 %. Même
constat pour le blé et l’orge.
Sous l’effet conjugué de la baisse de la livre et de la hausse des prix
sur les marchés mondiaux, la facture d’énergie ne cesse aussi de
s’alourdir. « Ça devient intenable, se désespère Recep Özkan, un
agriculteur. Mes coûts s’envolent, à commencer par ceux du carburant de
mon tracteur. Je suis obligé d’augmenter mes prix chaque semaine,
parfois chaque jour », déplore ce producteur laitier. Et ce qui vaut
pour le pétrole vaut aussi pour le gaz. La Russie fournit plus du tiers
des besoins de la Turquie. Ce gaz sert entre autres, pour un tiers, à
produire l’électricité que consomment les Turcs, leurs commerces et
leurs usines. Les tarifs de l’électricité avaient déjà bondi le 1er
janvier pour tout le monde dans des proportions variant entre 52 et 130
%, puis de 20 % le 1er avril. Le même jour, ceux du gaz ont augmenté de
35 % pour les particuliers, 50 % pour l’industrie. « Ce n’est pas la
première crise que traverse la Turquie, mais l’inflation n’avait jamais
écrasé les gens à ce point », résume Mevlüt Bolat, un barbier
d’Istanbul.
L’inflation à deux chiffres est une constante depuis cinq ans. La cause
principale reste la politique monétaire du président Erdogan, qui
refuse d’augmenter les taux de la Banque centrale et les a même baissés
plusieurs fois ces derniers mois. Ce choix a provoqué une chute de la
monnaie, donc une hausse du coût des importations. La guerre en Ukraine
n’a fait qu’aggraver la situation et réduire à néant les espoirs du
gouvernement de juguler l’inflation d’ici la fin de l’été. « L’un des
impacts de la guerre qu’on ne ressent pas encore, c’est sur le tourisme
», ajoute l’économiste Mustafa Sönmez. « Les Russes et les Ukrainiens
représentaient à eux seuls plus du tiers des revenus touristiques
espérés cette année. Le gouvernement comptait sur l’arrivée massive de
devises pendant l’été pour redresser un peu le cours de la livre, donc
réduire l’inflation. Au lieu de ça, le secteur doit s’attendre à des
pertes importantes. »
Baisse du tourisme
Tolga Gencer, membre dirigeant de l’Union des agences de voyages
turques (Türsab), confirme le pessimisme ambiant. « On peut faire une
croix sur les 2 millions et demi de touristes ukrainiens attendus,
c’est clair. Pour les Russes, à cause des sanctions, on n’aura
certainement pas les 6 ou 7 millions prévus. Même si un cessez-le-feu
était signé demain, ils seraient 2 ou 3 millions maximum »,
calcule-t-il. « Et si les sanctions durent, on n’arrivera même pas à
ça. Le nombre de réservations a chuté de 80 %. »
Pour tenter de limiter l’impact du conflit sur sa fragile économie, la
Turquie joue sur deux leviers : elle refuse de participer aux sanctions
contre la Russie, et elle active sa diplomatie entre Kiev et Moscou
pour aboutir à un cessez-le-feu le plus rapidement possible. « Mais
cela ne suffira pas », prévient Mustafa Sönmez. Selon cet expert, «
loin d’en minimiser les effets, la Turquie est en fait l’une des
économies qui souffrent le plus de cette guerre. D’abord, en raison de
ses liens étroits avec la Russie et l’Ukraine, et de son intégration
poussée à l’économie mondiale. Ensuite, car la guerre a renforcé
l’image d’économie vulnérable et à risque élevé que la Turquie avait
déjà. Cela diminue encore plus ses chances d’attirer les investisseurs
étrangers. »
Le ministre des Finances a promis un retour à une inflation «
raisonnable » à la fin de l’année. Recep Tayyip Erdogan n’a pas le
choix : le mécontentement gronde dans la population, et le président
turc doit redresser la situation avant les prochaines élections, en
juin 2023.
La bataille de l'eau en Turquie
Erigé officiellement pour assurer le développement de la région, le
barrage hydroélectrique d'Ilisu engloutissait il y a deux ans le
village d'Hasankeyf. Aujourd'hui, les habitants n'y trouvent pas leur
compte et soupçonnent surtout une initiative contre les Kurdes de
Turquie et des pays voisins.
Le regard de Cetin Yildemer se perd parfois dans le vide. Ce guide
touristique de 31 ans, résident de longue date d'Hasankeyf, ne s'y fait
toujours pas, deux ans après la disparition de son village. Autour de
lui, le décor est désolé. Il ne reste qu'un immense chantier, le ballet
incessant des tractopelles, quelques monuments plantés dans un paysage
lunaire, un lac artificiel et, à quelques centaines de mètres, une
ville bâtie à la va-vite qui semble sortie tout droit d'un film de
science-fiction.
Difficile d'imaginer qu'ici, il y a vingt-quatre mois, s'érigeait une
cité historique vieille de douze mille ans, témoin privilégié des
époques romaine, byzantine et romane. De ce passé glorieux, Hasankeyf,
prisée des touristes du monde entier, n'a gardé que quelques commerces
et restaurants alignés en file indienne, désormais déserts, et une
énorme blessure dans le coeur de ses habitants.
Située dans le sud-est de la Turquie à majorité kurde, sur les rives du
Tigre, la cité antique d'Hasankeyf était considérée comme un des plus
vieux sites du monde habité par les hommes. Un patrimoine archéologique
exceptionnel, où se sont succédé une vingtaine de civilisations. "Avant
la construction de maisons sur les bords du Tigre, jusqu'en 1970, les
habitants vivaient à l'intérieur des grottes à flanc de montagne, une
tradition entretenue pendant des milliers d'années", témoigne Cetin
Yildemer, en montrant du doigt quelques grottes rescapées, de l'autre
côté du fleuve. Il exhibe des photos de ce qu'était encore son village
il y a quelques années: on y voit le Tigre se faufiler au coeur de
vestiges que le temps n'a pas abîmés, le minaret d'une mosquée ottomane
de l'époque ayyoubide, les restes d'un fort et un nombre incalculable
de grottes troglodytiques.
Pour le bénéfice de quelques dizaines d'années, un héritage de douze
mille ans a été détruit. C'est incroyable.
Engloutissement progressif
En cause, la mise en service d'un immense barrage hydroélectrique à
Ilisu, à quatre-vingts kilomètres en aval, construit à partir de 2006
afin d'irriguer les terres et doper l'économie de cette région
longtemps négligée par Ankara. Les quelque trois mille habitants
d'Hasankeyf s'attendaient ainsi, de longue date déjà, à ce que la
Turquie mette en marche son infrastructure. Le plan était connu
d'avance: en quelques semaines, leur ville serait totalement submergée
par les eaux. Mehmet Ekinci, activiste politique très engagé dans ce
dossier, se dit "affligé" par la disparition de ce patrimoine. "Nous
avons manifesté, crié, alerté le monde entier, rien n'y a fait. Tout
était déjà décidé et rien ne pouvait contredire le projet." Ce dernier
rappelle d'ailleurs que beaucoup de personnes ont été arrêtées lors des
protestations. "C'était une véritable pression psychologique. Si
l'affaire a eu un retentissement planétaire, personne n'a voulu
contrarier la Turquie, qui est un pays stratégique pour l'Europe,
géographiquement, économiquement, ainsi que sur les questions
migratoires."
Alors, avant même que le village ne soit englouti, la Turquie a déplacé
sept bâtiments historiques sur l'autre rive du Tigre, et construit une
nouvelle ville non loin de là, pour reloger les habitants expropriés.
La "nouvelle Hasankeyf", comme on l'appelle ici, semble faire
l'unanimité contre elle. Rangées symétriques de maisons grisâtres sur
plusieurs centaines de mètres: "Cela se passe de commentaires. C'est la
ville la plus laide de la région", s'exclame une femme d'une
quarantaine d'années. De nombreux villageois n'ont guère eu d'autre
choix que d'accepter la proposition de l'Etat turc. "Toutes les maisons
étant identiques, ils ont procédé à un tirage au sort afin de nous y
répartir. La mienne était aux pieds du fleuve. Aujourd'hui, je suis
relégué à plusieurs centaines de mètres, avec vue sur rien", regrette
Cetin Yildemer. Les habitants sont encore très marqués: en plus d'avoir
perdu leur lieu de vie, ils ont assisté, impuissants depuis l'autre
rive, à l'engloutissement progressif de leurs anciennes demeures.
Le long du chantier, les restaurants et commerces sont désespérément
vides. "La majorité de la population d'Hasankeyf était déjà très
modeste. Nous vivions du tourisme, près d'un million de personnes
venaient ici chaque année, une majorité de Turcs, mais également des
visiteurs du monde entier. Aujourd'hui, nous avons tout perdu. Nos
maisons, notre travail. Je ne suis plus en mesure, parfois, de nourrir
ma famille", confie un vendeur, sous couvert d'anonymat, qui explique
être "très en colère contre le gouvernement". Un entretien interrompu
par un contrôle de police. "Ils ne veulent pas de témoins, c'est
toujours comme ça", poursuivra-t-il plus tard.
Patrimoine sacrifié
Pour la grande majorité des habitants d'Hasankeyf, comme pour les
opposants au projet, il ne fait aucun doute que l'obstination du
gouvernement turc à ne faire aucune concession sur ce dossier est un
marqueur de plus de l'hostilité du pouvoir à l'égard des Kurdes. Un
habitant pointe d'ailleurs les dizaines de drapeaux turcs qui saturent
le paysage dans les rues et sur les bâtiments, "comme dans tous les
villages du Kurdistan de Turquie, au cas où on oublierait qui nous
dirige".
"Engloutir Hasankeyf fut un choix délibéré, affirme Mehmet Ekinci, car
d'autres options existaient. Nous ne devons pas oublier que la vie de
ce barrage sera de cinquante ou de soixante ans. Pour le bénéfice de
quelques dizaines d'années, un héritage de douze mille ans a été
détruit. C'est incroyable." Hasankeyf n'est pas le seul village à avoir
été submergé. Près de soixante bourgades seraient sous les eaux dans la
région, une politique qui aurait occasionné le déplacement de cinquante
mille personnes. "Si Hasankeyf avait été située près d'Izmir ou
d'Istanbul, jamais cela ne serait arrivé. Il y a une volonté claire
d'effacer notre patrimoine, notre histoire, notre existence. C'est
notre destin, en tant que Kurdes", lance Arif, furieux. "Des gens ont
perdu leur maison, leur terrain, les tombes de leurs parents, de leurs
grands-parents. Ils ont été contraints d'être relogés et ont dû se
résigner à migrer vers de grandes villes. Le problème est plus profond:
ils ont changé le mode de vie de populations rurales", ajoute Mehmet
Ekinci.
Développement de la région
Inscrit dans le cadre du vaste projet d'Anatolie du Sud-Est (GAP), ce
programme de développement lancé dans les années 1960 avait pour but de
couvrir des missions d'irrigation, d'hydroélectricité et de
sylviculture. Avec l'érection de vingt-deux barrages, l'objectif était
de convertir la Turquie en une puissance hydrique majeure grâce à
l'exploitation du Tigre, mais également, à quelques centaines de
kilomètres à l'ouest, de l'Euphrate. "L'idée était de créer une sorte
d'oasis au Proche-Orient, souligne l'historien et politologue Samim
Akgönül. Tout cela a été réfléchi afin d'améliorer les conditions de
vie des populations kurdes sur place dans l'espoir que cela les
dissuaderait de réclamer plus de droits. C'était l'arrière-pensée de
l'époque et cette idée d'ingénierie sociale demeure. Une partie de la
gauche turque considère d'ailleurs que le problème kurde est avant tout
économique."
Nous avons manifesté, crié, alerté le monde entier, rien n'y a fait.
Tout était déjà décidé.
Le projet GAP a également servi de levier contre-insurrectionnel à
l'Etat turc, particulièrement dans les années 1980. Alors que le
sud-est de la Turquie était ravagé par la guérilla entre le Parti des
travailleurs du Kurdistan (PKK) et l'armée, le gouvernement a tenté de
l'utiliser afin de réduire l'enracinement de l'organisation auprès des
locaux, en rétablissant éco- nomiquement et en matière de sécurité un
contrôle total de l'Etat sur les populations. "La majorité des
habitants n'a pas profité du GAP, précise un militant, sous couvert
d'anonymat. Le véritable bilan de cette politique consiste en un exode
rural, une assimilation de force, des destructions de patrimoine et
beaucoup de répression."
Arme politique
Le barrage d'Ilisu ne crée pas de turbulences qu'en Turquie. C'est
également le cas, quelques kilomètres en aval, en Irak, qui se plaint
d'être privé de son eau par la Turquie. Une situation d'autant plus
catastrophique que le réchauffement climatique a son importance. Selon
des statistiques, à cause de ces deux facteurs, le débit du Tigre
entrant en Irak a diminué de 80% depuis 1975. En juin dernier, Jassim
al-Falahi, un haut responsable du ministère irakien de l'Environnement,
a appelé la Turquie à revoir sa politique de l'eau qui "tue des
Irakiens", transformant les questions hydriques en un enjeu
diplomatique de premier ordre.
A l'ouest, la situation est encore plus critique: l'administration
générale pour la gestion des barrages du nord de la Syrie a annoncé
l'année dernière que la Turquie avait réduit à deux cents mètres cubes
par seconde le flux entrant de l'Euphrate, au lieu des cinq cents
prévus. Et si Ankara entretient des relations plutôt cordiales avec
Bagdad, le scénario est ici tout autre: géré par les forces
arabo-kurdes, l'Administration autonome du nord-est de la Syrie (Aanes)
est la bête noire d'Ankara. Ces cinq dernières années, en plus
d'attaques récurrentes sur les positions kurdes de Syrie, la Turquie a
mené trois opérations militaires d'envergure. Les questions hydriques,
vitales pour les populations, se sont converties en une arme de
chantage dans les mains d'Ankara. Le coordinateur de l'ONU pour la
Syrie affirmait dans un rapport publié en juin 2021 être "profondément
inquiet de l'impact de la baisse du niveau de l'eau sur la vie de
millions de gens vivant en Syrie, surtout concernant l'accès à l'eau et
à l'électricité".
Des tensions qui n'ont rien de nouveau, comme l'explique Samim Akgönül:
"La question de la création d'une entité autonome kurde au nord de la
Syrie, très proche du PKK, pourrait se traduire par une volonté turque
de couper l'eau. Mais il faut se rappeler que dans les années 1990,
quand Hafez el-Assad était considéré comme l'ennemi numéro un d'Ankara,
la Turquie, malgré ses menaces, n'a pas utilisé cette arme. C'est
néanmoins un chantage qui fonctionne."
Médiation scientifique
Alors que les enjeux climatiques sont très sensibles dans la région,
peut-on encore espérer des accords internationaux sur ces questions?
Fadi Comair, président du programme hydrologique intergouvernemental
(PHI) de l'Unesco, diplomate de l'eau et négociateur international,
veut croire en la possibilité d'un consensus: "Une dynamique a été
lancée par l'Unesco en 2020, basée sur cinq points primordiaux qui
pourraient permettre d'éviter de futures catastrophes. Elle a été
endossée par la Turquie. Si celle-ci respecte ces points prioritaires,
il n'y aura pas de problèmes transfrontaliers." Reste qu'Ankara semble
bien décidé à asseoir son hydrodominance régionale. Et dans le cadre de
sa guerre contre les Kurdes de Syrie, il paraît peu probable qu'un
arrangement puisse voir le jour. "Nous ne pouvons pas faire de gestion
de crise, rappelle Fadi Comair. L'objectif doit être de sécuriser une
eau abondante pour les générations futures afin qu'elle puisse assurer
leur alimentation. Ainsi, en cas de crise, il faut la résoudre en
pensant à la fois aux composantes énergétique et alimentaire, et à la
façon de marier ces priorités afin de sceller un accord gagnant-
gagnant entre les pays. On ne peut pas faire d'accord politique, c'est
un accord scientifique, institutionnel et politique qu'il faut",
tranche le diplomate.
Reste que si la guerre de l'eau, annoncée depuis plusieurs décennies,
n'a pour l'heure jamais éclaté formellement, son spectre continue de
rôder. Une menace désormais aussi largement favorisée par l'instabilité
politique régionale que par le changement climatique.
(Vif/L'Express,
6 Apr 2022)
Guerre en Ukraine:
l'inflation turque s'envole à 61,14% en mars
L'inflation en Turquie a atteint de
nouveaux sommets en mars, poussée par la guerre en Ukraine à 61,14% sur
un an, soit une hausse de 5,46 points en un mois, selon les
statistiques officielles publiées lundi.
En février, la hausse des prix à la consommation avait atteint 54,4% en
glissement annuel, accumulant les records liés à l'effondrement de la
livre turque et à la flambée des prix de l'énergie notamment.
L'invasion de l'Ukraine par la Russie, deux importants partenaires
commerciaux de la Turquie dont dépendent étroitement ses
approvisionnements en énergie (gaz et pétrole) et en céréales mais
aussi son industrie touristique, coûte cher au pays.
Les observateurs mettent également en cause la politique de la Banque
centrale qui a abaissé plusieurs mois durant son taux directeur. Des
économistes turcs et étrangers accusent l'Office national des
statistiques (Tüik) de sous-estimer de plus de la moitié l'ampleur des
hausses de prix.
L'office a fait état lundi d'une hausse de plus de 99% du prix des
transports en un an, de plus de 70% de ceux des produits alimentaires
et de 69% des biens d'équipements.
La livre turque, qui a perdu 44% de sa valeur face au dollar en 2021,
restait cependant stable lundi matin à 14,7 livres pour un dollar (16,2
pour un euro), le marché ayant déjà anticipé l'inflation en hausse.
La Turquie connaît une inflation à deux chiffres presque sans
discontinuer depuis début 2017 mais n'avait jamais connu une telle
hausse des prix à la consommation depuis l'arrivée au pouvoir du Parti
de la justice et du développement (AKP) du président Erdogan, fin 2002.
- banque centrale et taux d'intérêt-
A moins de quinze mois de la prochaine élection présidentielle, prévue
en juin 2023, le conflit en cours depuis le 24 février faisait redouter
de nouvelles hausses des prix à la consommation s'ajoutant à la
situation déjà difficile de l'économie turque.
Le président Recep Tayyip Erdogan, qui s'efforce de promouvoir les
négociations directes entre les deux présidents russe et ukrainien, a
annoncé la semaine dernière une baisse de la TVA de 18 à 8% sur les
produits d'hygiène et la restauration afin de soulager les finances de
ses concitoyens.
Il avait déjà abaissé en février la TVA de 8 à 1% sur les produits
alimentaires de première nécessité, sans parvenir toutefois à enrayer
les hausses de prix qui ont effacé partiellement les augmentations de
salaires accordées au 1er janvier.
Le chef de l'Etat a demandé samedi de la "patience" aux Turcs:
reconnaissant que la guerre en Ukraine affectait déjà les prix à la
consommation, il a expliqué "mener une bataille contre ceux qui
imposent des prix exorbitants" et prévenu qu'il sera "sans pitié" avec
les spéculateurs.
"Nous devons surmonter les problèmes. Je demande à la nation d'être
patiente et de nous faire confiance", a-t-il indiqué.
Mais Timothy Ash, analyste au cabinet BlueAsset Management à Londres et
spécialiste reconnu de la Turquie, attribue la responsabilité de cette
envolée des prix à la politique de la banque centrale, "cause majeure
de l'inflation" selon lui, pour avoir abaissé les taux d'intérêt de 19%
à 14% entre septembre et décembre - elle les maintient stables depuis
janvier.
Cette "politique non orthodoxe" a stimulée l'inflation, explique-t-il,
et "la guerre en Ukraine a juste aggravé les choses". "N'oublions pas
que l'objectif visé est une inflation à 5%, ce que la Banque centrale
n'a pas su atteindre depuis 2011", relève-t-il encore.
Or, prévient Jason Tuvey du cabinet londonien Capital economics, le
taux d'inflation "risque de grimper encore un peu dans les mois qui
viennent." Lui aussi déplore qu'il n'y ait "toujours aucun signe de la
banque centrale et, surtout, du président Erdogan indiquant qu'ils sont
prêts à changer de cap et à relever les taux d'intérêt".
L'agence de notation Standard & Poor a attribué la semaine dernière
une note négative à la Turquie à long terme, de "B+" à "BB-". (AFP, 4
avr 2022)
Relations
turco-européennes / Turkey-Europe Relations
Erdoğan
congratulates Hungary's PM Orban on
reelection
President Recep Tayyip Erdoğan has congratulated over phone Hungary's
Prime Minister Viktor Orban on his election victory.
In a phone call yesterday (April 5), Erdogan said he believes the
election win will further enhance bilateral relations, and bring
favorable outcomes for the people of Hungary, according to a statement
by the Presidency Communications Directorate.
Orban won Sunday's national elections, becoming the prime minister for
the fourth time in a row.
The victory of Orban, who he says favors an "illiberal democracy," was
also welcomed by Turkey's pro-government media outlets, which drew
"similarities" between the opposition blocs in both countries.
Both of the opposition alliances received support from the US, the EU
and George Soros, daily Sabah claimed.
"Nations stand against foreign interference with the elections in their
countries. This last example of this was Orban's great victory despite
the support of international powers to the leftist bloc of six
parties," it wrote. (BIA, 6 April 2022)
Ukraine: l'ambassade de Turquie retourne à
Kiev
La Turquie a entrepris de rouvrir son ambassade en Ukraine dans la
capitale, Kiev, après l'avoir temporairement déplacée à la frontière
roumaine en mars par sécurité, a indiqué l'ambassade.
"Nous avions temporairement déplacé nos activités dans la ville de
Tchernivtsi, devenue le centre logistique des efforts d'évacuation.
Nous sommes rentrés aujourd'hui à Kiev, chez nous", a annoncé mardi
soir l'ambassade de Turquie en Ukraine sur son compte Twitter.
Selon la chaîne privée turque NTV, l'ambassade a repris ses activités
dès mercredi matin dans la capitale ukrainienne.
Ankara avait déplacé son ambassade le 11 mars à Tchernivtsi, dans le
sud-est de l'Ukraine, à une quarantaine de kilomètres de la frontière
roumaine.
La Turquie avait évacué le personnel de son ambassade "pour des raisons
de sécurité", avait expliqué un responsable du ministère turc des
Affaires étrangères à l'AFP, alors que l'armée russe approchait la
capitale ukrainienne.
La Turquie, qui s'implique beaucoup dans les négociations entre Kiev et
Moscou pour parvenir à un accord de cessez-le-feu, a été un des
derniers pays à conserver une représentation dans la capitale de
l'Ukraine, dont elle est un proche allié.
L'Ukraine a confirmé que les forces russes opéraient un "retrait
rapide" des régions de Kiev et de Tcherniguiv, dans le nord du pays,
afin de mieux "garder le contrôle" des "vastes territoires" qu'elles
occupent dans l'Est et le Sud. (AFP, 6 avr 2022)
Turquie-USA-OTAN /
Turkey-USA-NATO
Ankara
accuse des pays de l'Otan de vouloir une
guerre durable pour affaiblir Moscou
Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a accusé
mercredi des pays de l'Otan de vouloir une guerre qui dure en Ukraine,
afin d'"affaiblir" Moscou.
"Il y a des pays au sein de l'Otan qui souhaitent que la guerre
continue", a jugé le chef de la diplomatie turque.
"Leur objectif est que la Russie s'affaiblisse", a ajouté M. Cavusoglu,
alors que les négociations russo-ukrainiennes, censées continuer en
ligne depuis la dernière séance en face à face à Istanbul fin mars,
semblent au point mort.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a affirmé mercredi que les
Ukrainiens "ne cessent de se retirer de ce sur quoi il y avait des
ententes".
Membre de l'Otan et alliée de l'Ukraine - à laquelle elle a livré des
drones de combat -, la Turquie s'efforce depuis le début du conflit en
Ukraine de faciliter une médiation entre Moscou et Kiev.
La Turquie a accueilli par deux fois des négociations directes entre
les deux parties, le 10 mars au niveau ministériel à Antalya (sud) et
le 29 mars à Istanbul. (AFP, 20 avr 2022)
Relations
régionales / Regional Relations
La
Turquie convoque un diplomate irakien pour
défendre son opération militaire
La Turquie a convoqué jeudi un diplomate irakien pour lui faire part de
son "désarroi" concernant les déclarations de Bagdad contre l'opération
militaire turque menée depuis dimanche soir dans le nord de l'Irak.
"Le chargé d'affaire de l'ambassade de l'Irak a été convoqué pour lui
faire part de notre désarroi concernant les déclarations des autorités
irakiennes à propos de l'opération Griffe-Verrou et les allégations
sans fondement formulées dans ce contexte", a affirmé le ministère turc
des Affaires étrangères.
"Une note expliquant notre point de vue lui a été remise", a ajouté le
ministère dans ce même communiqué.
La Turquie avait annoncé lundi avoir lancé une nouvelle offensive
aérienne et terrestre contre les rebelles kurdes turcs basés dans le
nord de l'Irak.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait affirmé mercredi que les
autorités irakiennes et le gouvernement du Kurdistan irakien autonome
soutenaient cette offensive, mais les parties concernées l'avaient
démenti.
Réagissant mercredi soir, la diplomatie irakienne avait dénoncé "de
pures allégations".
Dans un language prudent évitant de mentionner une protestation
d'Ankara envers Bagdad, le ministère a ajouté que "les demandes
insistantes" de la Turquie pour que les autorités irakiennnes "mettent
fin à la présence de l'organisation terroriste" sur leur sol n'avaient
pas été satisfaites.
Précisant être "prête à coopérer de manière proche avec l'Irak pour
lutter contre l'organisation terroriste", la Turquie a ajouté qu'elle
continuerait "à prendre les mesures nécessaires" dans le cadre de son
"droit de légitime défense tant que l'organisation terroriste
continuerait de représenter une menace pour sa sécurité depuis le
territoire irakien".
L'offensive turque lancée dans la nuit de dimanche à lundi à grands
renforts d'unités de commandos et d'hélicoptères d'attaque se concentre
sur trois régions proches de la frontière turque contre des positions
du PKK, un groupe qualifié de "terroriste" par Ankara et ses alliés
occidentaux.
Les raids turcs contre le PKK sont récurrents dans le nord de l'Irak,
particulièrement dans la région autonome du Kurdistan d'Irak, où le PKK
dispose de bases et de camps d'entraînement.
Ces opérations militaires valent à l'ambassadeur turc en poste à Bagdad
d'être régulièrement convoqué au ministère irakien des Affaires
étrangères, car elles compliquent les relations entre le gouvernement
central irakien et Ankara, l'un des premiers partenaires commerciaux de
l'Irak. (AFP, 21 avr 2022)
No ceasefire agreement
in first round of talks in Istanbul
Representatives from the delegations of Russia and Ukraine have made
statements after the first round of talks at the Presidential
Dolmabahçe office in İstanbul's Beşiktaş ended today (March 29).
With the first round of talks coming to an end, the delegations have
left the presidential office. The second round will take place tomorrow.
Allegedly poisoned during the talks in Ukraine, oligarch Roman
Abramovich was also present in the talks. The Kremlin has announced
that the oligarch does not have an official role in the delegation.
Speaking to the press, Davik Arakhamia, a negotiator for Ukraine, has
said that they want to see eight countries, including Turkey, as
guarantor countries. Among these countries are also Britain and the US.
'Crimea is the subject of another meeting'
The delegation of Ukraine has stated that during the talks, they
recommended security guarantees in the face of the neutrality status
requested by Russia. It has been noted by the delegation that a 15-year
consultation period for the annexed Crime is also among the offers made.
According to the statement released by the delegation of Ukraine, no
agreement has yet been reached on a ceasefire. The delegation has
indicated that Crimea is a separate subject of the talks.
Russia: Talks were constructive
Vladimir Medinsky from Russia's delegation has also said that the first
day of the talks has been "constructive".
Medinsky has stated that a meeting to be held between Russia's
President Vladimir Putin and Ukraine's President Volodymyr Zelenskyy is
possible if it will be simultaneously held with a peace agreement to be
initiated by the foreign ministers of the two countries.
Russia's delegation has indicated that they will convey the offers and
requests of Ukraine to Russia's President Putin.
'The most meaningful progress'
Following the statements of the two delegations, Turkey's Minister of
Foreign Affairs Mevlüt Çavuşoğlu has also briefly said:
"We are glad to see that the rapprochement between the sides has been
increasing at every stage. The primary issue is to ensure a ceasefire.
This war has to stop now. Today, at this meeting, we see that important
progress has been made. There has been an agreement and consensus on
some matters. The most meaningful progress since the start of the
negotiations has been made today. It is foreseen that more difficult
matters will be shaped by the Foreign Ministers of the two countries".
(BIA, 29 March 2022)
La
Turquie exclut de sanctionner les oligarques
russes
Les oligarques russes peuvent continuer à venir et faire des affaires
en Turquie tant qu'ils respectent la loi turque et le droit
international, a affirmé samedi le ministre turc des Affaires
étrangères, Mevlut Cavusoglu.
"Nous ne participons pas aux sanctions. Nous appliquons seulement
celles décidées par les Nations unies. Les citoyens russes peuvent tout
à fait visiter notre pays", a répondu M. Cavusoglu lors d'un entretien
en marge du Forum de Doha, au Qatar, à une question sur les yachts
appartenant au milliardaire russe Roman Abramovitch qui ont accosté
cette semaine dans le sud-ouest de la Turquie.
Les pays occidentaux, États-Unis et Union européenne en tête, ont
imposé des sanctions sans précédent contre la Russie après l'invasion
de l'Ukraine, plaçant des oligarques, dont M. Abramovitch, et des
proches du président russe Vladimir Poutine sur la liste des cibles de
ces mesures de rétorsions.
La Turquie, membre de l'OTAN, qui entretient d'étroites relations avec
la Russie et l'Ukraine, ne s'est pas jointe aux sanctions visant Moscou.
"Si vous demandez si les oligarques peuvent faire des affaires en
Turquie, nous pouvons évaluer (ces demandes) si elles sont conformes à
la loi et au droit international", a ajouté le ministre.
Plusieurs pays ont saisi des yachts appartenant aux Russes les plus
fortunés.
"Dans notre pays, on autorise tout ce qui est légal et rien d'illégal
ne peut être fait. Ma réponse est très claire", a retorqué M. Cavusoglu
face aux questions insistantes sur la participation éventuelle de la
Turquie aux sanctions visant les oligarques russes.
"Mais s'il s'agit d'une situation contraire au droit international,
c'est autre chose", a-t-il cependant précisé.
La Turquie a qualifié l'invasion de l'Ukraine d'"inacceptable" et s'est
positionnée en médiateur pour mettre fin à la guerre.
"Nous devons présenter une solution qui permette aux deux parties de
trouver une sortie honorable, de manière à convaincre leur opinion
publique et aussi globalement tout le monde", a affirmé le ministre sur
les efforts pour trouver un accord de cessez-le-feu. (AFP, 26 mars 2022)
Chypre
et la Grèce / Cyprus and Greece
Immigration
/ Migration
Le problème des réfugiés Syriens
devient de plus en plus grave voire dramatique
Ragip Duran, Chronique Turquie, 24 avril 2022
Le gouvernement du Président Erdogan a récemment commencé à changer son
discours sur les réfugiés syriens. Au départ “nos frères syriens
qui
fuyaient la répression de l’assassin Asad’’, “renforçaient l’économie
turque’’ disaient les porte-paroles du pouvoir. Désormais, le
Palais,
exactement comme les représentants de l’opposition parle du “renvoi
chez eux des syriens’’.
Quelques chiffres et faits:
- En 2011 il y avait seulement 58.000 réfugiés syriens en Turquie. Le
gouvernement avait déclaré que la “ligne rouge était 100 milles
syriens’’.
- 750 milles bébés syriens sont nés en Turquie
- Plus d’un million de syriens ont la carte de travail
- Plus de 50 milles syriens sont inscrits dans les universités turques
- 85% des turcs demandent le retour chez eux des réfugiés syriens
- Ankara a reçu plus de 6 milliards d’euros de Bruxelles pour s’occuper
des refugiés mais on ne sait pas exactement le destin de cette somme.
Erdogan parle toujours et encore de 35 milliards d’euros qu’ils
auraient dépensé pour les réfugiés.
- Ankara accorde le statut de réfugié officiel selon les critères du
Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés seulement aux
personnes en provenance de l’ouest de la Turquie. Les syriens, les
irakiens, les iraniens, les afghans ou autres personnes des pays de
l’est de la Turquie sont considérées comme “sous protection
temporaire’’ ou “visiteur temporaire’’ selon la legislation turque.
- La très grande majorité des Syriens de Turquie désirent rester et
s’établir en Turquie. Même s’ils se rendent surtout pendant les fêtes à
leurs villages de naissance pour seulement quelques jours.
- Le racisme contre les Syriens devient de plus en plus une pratique
ordinaire en Turquie. “İls ne paient pas d’impôt’’, “İls violent nos
filles, nos femmes’’, “Les arabes sont sales’’, “İls reçoivent beaucoup
d’aide public’’…etc… sont les principaux arguments des racistes. Ces
derniers n’accusent pas en générale le gouvernement, responsable
majeure de la crise, mais les syriens c’est à dire les victimes de
cette crise.
- Au début de la guerre en Syrie (Mars 2011), le Président Erdogan
croyait que l’administration de Damas s’écroulerait en deux semaines.
Ankara a insisté sur de mauvaises politiques en Syrie, c’est à dire a
soutenu les djihadistes pour “empêcher la formation d’un entité kurde
au nord du pays’’. L’Etat Islamique a été battu et les kurdes ont déjà
crée leur administration autonome dans la région.
- Les forces armées turques contrôlent actuellement 12% du territoire
en Syrie. Ankara voulait au départ construire des villages sur ce
morceau pour les réfugiés qui vivent en Turquie mais n’a pas pu obtenir
un soutien politique et financier de l’Europe. De plus, les réfugiés
qui sont en Turquie ne sont pas originaires de cette région
actuellement sous occupation turque.
- Le régime de M.Erdogan voulait profiter des réfugiés syriens sur au
moins 4 niveaux:
- Comme citoyen et électeur
- Comme mercenaire
- Comme main d’oeuvre bon marché
- Comme moyen de menace contre l’occident
- Les partis de l’opposition kémaliste et de droite sont
catégoriquement contre les réfugiés syriens. Le maire kémaliste de Bolu
par exemple, avait déclaré publiquement que les résidents syriens de sa
ville devraient payer trois fois plus par rapport aux turcs les
factures d’électricité ou bien du gas naturel.
- Le parti d’Erdogan parlait “des devoirs humanitaires, de la
fraternité islamique’’ au sujet des syriens. Devant le mécontentement,
l’opposition voire les campagnes de lynchages d’une partie de l’opinion
publique, Erdogan aussi a commencé à parler du “départ volontaire de
certains réfugiés’’. Les syriens seront très probablement un des sujets
les plus importants des élections qui s’approchent.
Le Prof. Murat Erdogan, de la Faculté des Sciences Politiques d’Ankara,
Directeur du Centre des Etudes sur les Réfugiés (MUGAM), grand
spécialiste du problème des réfugiés syriens estime qu’il y a désormais
un nouvel axe de polarisation et de fracture dans la société turque:
“Turcs/Kurdes, laics/religieux, Aléwis/Sunnites…et maintenant
Syriens/locaux!’’. Il conclut: “ Je prévois plus de polarisation
politique et plus de racisme à court terme. Il faut trouver à
moyen
terme une solution politique, diplomatique et sociologique pour
satisfaire simultanément les demandes des syriens et des turcs’’.
Une migrante tuée après un échange de tirs à la
frontière gréco-turque
Une migrante a été trouvée morte, tuée par balle, après un échange de
tirs à la frontière entre la Grèce et la Turquie dans la région
d'Evros, dans le nord-ouest de la Grèce, a annoncé à l'AFP la police
grecque.
Cette femme faisait probablement partie, estime la police, d'un groupe
de migrants qui tentaient de traverser en bateau le fleuve Evros, qui
sert de frontière entre la Turquie et la Grèce.
"La nuit dernière, un groupe de dix personnes ont tenté d'entrer en
Grèce à partir de la rive turque. La police grecque leur a ordonné de
s'arrêter, mais ils n'ont pas obéi. Puis il y a eu des tirs venant du
côté turc. Les garde-frontières grecs ont alors tiré en l'air pour se
protéger", a expliqué à l'AFP un représentant de la police régionale.
Finalement, les policiers ont trouvé un peu plus tard côté grec quatre
hommes arrivés à la nage, et la femme morte.
La victime a reçu une balle de petit calibre dans le dos
"La victime a reçu une balle de petit calibre dans le dos, à hauteur de
la poitrine. Selon le médecin légiste, la balle a été tirée d'une
courte distance. Nous ignorons pour l'instant les nationalités de la
victime ou des quatre hommes", a ajouté le représentant de la police.
Selon le site internet du journal Proto Thema, la balle qui a tué la
femme ne correspond pas aux armes utilisées par les garde-frontières
aussi bien grecs que turcs.
Après une vague de migrants arrivés de Turquie en traversant l'Evros en
mars 2020, la Grèce a renforcé ses moyens de surveillance, avec des
caméras et des radars, et érigé une barrière d'acier de cinq mètres de
haut sur 40 km.
Les ONG accusent les autorités grecques d'avoir créé dans cette région
un no man's land militaire où personne ne peut aider les rares migrants
qui réussissent encore à traverser. (AFP, 17 avril 2022)
Court lifts deportation order
against two political asylum seekers
Sentenced to 6 years and 3 months in prison because of the
demonstrations they attended while they were students, academic Sinem
Mut and her fiance Anıl Kaya had their asylum applications rejected by
a court in Germany, which had said they were "too politically engaged."
Mut and Kaya, whose application regarding this verdict was rejected in
December 2021, made an application again in January 2022 through Lawyer
Roland Meister and demanded the stay of the deportation order. The
court accepted their demand on March 22, 2022, and delivered a
notification to them at the beginning of this month.
Although they have not yet obtained the right of residence, this
decision is very important and they expect positive results from the
ongoing legal struggle for the right of residence, Mut and Kaya said in
a statement.
"We demand the repatriation of Kurds, Alevis, rights defenders and
those who had to leave their country who were subjected to political
oppression of Turkey and sentenced to dozens of years in prison be
stopped and their asylum applications be accepted," they stated.
Sentences for Women's Day and Roboski commemoration
Bianet reported on the deportation order on August 10, 2021. In the
report, the legal processes in Turkey and Germany were explained as
follows:
"Mut and Kaya were members of the Democratic Rights Association when
they were university students. In 2012, lawsuits were filed against
them for "being a member of an illegal organization" because of the
demonstrations they attended, including May Day, Women's Day and
Roboski Massacre commemoration events. They were both given prison
sentences in 2019 and an appeals court upheld the sentences. The case
is currently at the Court of Cassation.
"When the case was concluded, Mut was an academic at Ankara University
and Kaya was a graduate student at Selçuk University and working for a
private company.
"Ten people who were given the same sentences for the same reasons,
including Mut and Kaya, went abroad together.
"Mut, Kaya and five others applied for asylum in Germany and three
others applied for asylum in Switzerland. They submitted the same
documents regarding their trials.
"Apart from Mut and Kaya, who had made their applications in Bavaria,
all others' applications were approved and they were granted residence
permits." (BIA, 7 April 2022)
Les collectifs Sans Papiers manifestent pour le
droit à la dignité
Le dimanche 3 avril à 14h, les collectifs de personnes sans-papier
quitteront le campement pour la régularisation, établi parc de la
porte de Ninove depuis le 31 mars, afin de respecter l’accord conclu
avec la Bourgmestre de Molenbeek. Nous partirons la tête haute, plus
fort.e.s et plus déterminé.e.s. que nous sommes arrivé.e.s.
Nous quitterons ce campement en organisant une marche pacifique vers
l’office des étrangers, où nous y déposerons symboliquement nos
tentes en carton, chargées de nos slogans et espoirs, pour dénoncer
cette politique migratoire injuste et exiger la régularisation. Nous
appelons les journalistes à nous rejoindre à 14h au début de la
marche au parc de la porte de Ninove, ou vers 15h à l’office des
étrangers (Bd Pachéco 44, 1000 Bruxelles) pour rendre visible notre
réalité et notre combat pour la dignité de toutes les personnes sans
papiers.
Nous souhaitons ici signifier clairement que, pour nous, la lutte
continue, et nous ne renoncerons jamais. Nous souhaitons aussi
répondre au secrétaire d’état à l’asile et à la migration, qui à
plusieurs reprises a pris la parole dans les médias à notre sujet.
Sammy Mahdi a fait une nouvelle fois preuve de son inhumanité et de
son incompétence. Une fois de plus son discours est l’expression du
deux poids deux mesures de sa politique d’accueil : d’abord, alors
qu’il annonce que la Belgique ouvre ses portes à tou.te.s les
ukrainien.ne.s fuyant la guerre (ce que nous soutenons également), il
annonce la construction de trois centres fermés pour enfermer celles
et ceux fuyant aussi la guerre mais qu’il considère comme des «
mauvais migrants ». Ensuite, alors qu’un campement pacifique de
personnes sans papiers s’installe pour quelques jours en accord avec la
commune de Molenbeek, celui-ci appelle la bourgmestre en l’incitant à
nous expulser et à nous envoyer vers les services en charge d’une «
procédure de retour », plutôt que de faire preuve de la même
ouverture dont bénéficies, à juste titre, les ukrainiens.
Nous accusons Sammy Mahdi de lâcheté politique, et de concession face
à l’idéologie d’extrême droite. Nous l’accusons de préférer un
calcul politique nauséabond à la santé et la dignité de plus de 100
000 personnes qui, rappelons-le, sont d’ores et déjà ici depuis
parfois plus de 20 ans. Et elles n’ont pas l’intention de partir. Par
son inaction, nous accusons Sammy Mahdi de faciliter les situations de
traites d’êtres humains sur le territoire belge. Nous accusons
tou.te.s ces politicien.ne.s calculateurs.trices de préserver un statu
quo par opportunisme économique (la concurrence des prix se traduit,
notamment dans les services, au bout des cascades de sous-traitance,
par l’existence d’entreprises mafieuses qui exploitent des personnes
sans-papiers sans aucune considération pour le cadre légal).
Nous rappelons à Sammy Mahdi que tout cadre juridique est appelé à
évoluer, et que ses déclarations légalistes ne valent rien. Ce type
d’arguments a servi à légitimer les pires politiques de l’histoire.
Nous lui rappelons également qu’il y a déjà eu des régularisations
collectives par le passé en Belgique, en 1999 et 2009, et que sa
politique de procédures « individuelles et exceptionnelles » n’est
rien d’autre que l’expression du recul de l’humanisme dans ce pays et
dans son parti.
Nous souhaitons également dire à Sammy Mahdi que la guerre sévit
dans de nombreuses régions du monde : Afghanistan, Syrie, Yémen, en
Birmanie, au Tigré, etc. et que de nombreuses autres sont en proies à
une grande instabilité politique, climatique et économique. Pourtant,
l’accueil réservé à ces populations n’est pas à la hauteur des
engagements pris pour les réfugié.e.s ukrainien.ne.s.
Nous demandons simplement le droit à une vie digne : des papiers pour
toutes et tous ! Non au tri sélectif des migrants, stop aux
expulsions, fermeture des centres fermés ! (Le Soir, 4 avril 2022)
Hommage à notre ami de
combat Bruno Ducoli

L’asbl CASI-UO, à l’occasion du 50e anniversaire de sa fondation, a
consacré son bulletin d’information La Piazza à son fondateur Bruno
Ducoli, un des pionniers de la vie associative immigrée en Belgique,
décédé le 13 avril 2021 à l'âge de 85 ans.
Dans les années 70, 80 et 90, en tant que dirigeant du Centre d'action
social italienne - Université ouvrière (CASI-UO) et du Centre
bruxellois d'action interculturelle (CBAI), Bruno Ducoli était toujours
défenseur des droits des immigrés et exilés.
Nous n'oublions jamais sa solidarité exemplaire avec Info-Türk et les
Ateliers du Soleil dans leur lutte pour la démocratisation en Turquie.
En 1981, le groupe Bella Ciao du Casi-Uo avait participé à une soirée
de protestation internationale que nous avions organisée à Bruxelles
contre la junte militaire fasciste en Turquie.
Dans son dernier numéro, La Piazza a partagé également les témoignages
des amis de combat de Bruno Ducoli.
Dans les pages de 43 à 46 se trouve le témoignage de Doğan Özgüden sous
le titre “Cher Bruno, oui… Hasta la victoria final!”.
Tous les articles de La Piazza sont accessibles on line: LA
PIAZZA
Deux poids, deux mesures, ça suffit! Nous sommes tous
des ukrainiens!
Ce jeudi 31 mars à 14h, des centaines de personnes sans-papiers étaient
expulsées des anciens bâtiments de la KBC qu’ils occupaient depuis
quelques mois. Plusieurs collectifs ont organisé une marche qui s’est
terminée en campement au parc de la porte de Ninove afin de dénoncer le
deux poids deux mesures de la politique d’accueil du gouvernement et
exiger la régularisation de toutes les personnes sans-papiers.
Cette nouvelle occupation de l’espace public a pour rendre visibles les
revendications des personnes sans-papiers qui subissent de plein fouet
l’injustice des politiques migratoires qui organise leur exclusion
sociale en les maintenant dans l’insécurité et la précarité.
L’un d’eux témoigne : « Pour nous, il ne s’agit pas seulement d’avoir
un toit. Il s’agit de changer la politique migratoire, et que celle-ci
s’applique indistinctement à tous.tes les migrant.es. Car oui,
l’accueil réservé aux Ukrainien.nes ayant fui la guerre constitue une
exception à ce qui devrait être la règle. Tous.tes les migrant.es, et
donc toutes les personnes sans-papiers, ont le droit à une vie et un
travail digne. »
Les occupants organiseront des assemblées générales ouvertes à tous.tes
pour organiser la suite des actions et invitent les médias à venir sur
le campement pour couvrir les actions et rendre compte des réalités
sociales que vivent des milliers de personnes en Belgique.
Plus d’info: www.facebook.com/CampRegularisation Contact presse : 0 465
39 17 37 // 0 466 02 23 61 // 0 465 50 53 32
Fusillade dans un McDonald's aux Pays-Bas: les
victimes sont deux frères
Les deux hommes tués lors d'une fusillade mercredi dans un restaurant
aux Pays-Bas sont des frères et hommes d'affaires connus dans leur
région, ont rapporté jeudi des médias néerlandais.
La police a expliqué jeudi dans un communiqué avoir lancé une chasse à
l'homme pour retrouver le tireur qui a ouvert le feu sur les deux
hommes, âgés de 57 et 62 ans, dans un restaurant McDonald's de Zwolle,
dans le Nord des Pays-Bas.
La fusillade s'est déroulée devant des clients médusés et pris de
panique, parmi lesquels des enfants qui venaient de terminer un
entraînement de football.
Selon des témoins, l'homme a vidé son chargeur sur les victimes.
La police n'a pas encore confirmé officiellement l'identité des deux
victimes mais leur nom a été publié par plusieurs médias. Il s'agit de
Huseyn et Ali Torunlar, deux hommes d'affaires turco-néerlandais locaux
actifs dans le secteur de l'hôtellerie.
Des témoins sous le choc ont expliqué à
la chaîne RTL Oost que le tireur était assis à une table face aux deux
hommes avant la fusillade.
"Le suspect regardait les deux victimes turques depuis un moment",
selon RTL Oost. "Cela ressemble à une double liquidation de sang froid
et bien planifiée".
Les fusillades sont rares aux Pays-Bas mais la capitale Amsterdam a été
le théâtre de plusieurs meurtres liés à des affrontements pour le
contrôle du trafic de cocaïne.
En mars 2019, un homme d'origine turque, Gokmen Tanis, avait tué quatre
personnes en tirant avec un pistolet sur des passagers dans un tramway
à Utrecht (centre) au cri d'"Allahu akbar!", une "fusillade à caractère
terroriste" selon la justice néerlandaise qui l'a condamné l'année
suivante à la prison à perpétuité. . (AFP, 31 mars 2022)
Zuhal Demir pourrait jouer les premiers rôles à la
N-VA
Zuhal Demir n'hésite jamais à jeter un pavé dans la mare… Dans le nord
du pays, la ministre N-VA en charge de la Justice et du Maintien de
l'ordre, de l'Environnement, de l'Énergie et du Tourisme est connue
pour créer l'événement et faire le buzz. "Ce qui est sûr, c'est qu'elle
a de l'ambition à revendre, analyse un fin observateur de la vie
politique flamande. Elle se donne les moyens pour arriver à ses fins.
Son point faible, c'est qu'elle ne laisse pas beaucoup de place aux
autres. Elle ne fait pas l'unanimité au sein de son propre parti. Elle
divise, elle ne rassemble pas."
La Limbourgeoise compte de nombreux fans dans sa province. Son côté
anti-establishment séduit. Au point que certains la voient bien
succéder à Jan Jambon comme ministre-Présidente. L'horizon 2 024 est
cependant encore loin et, sauf surprise, ni Bart De Wever ni Jan Jambon
n'ont l'intention de quitter leurs fonctions avant leur terme. Mais
après ? Zuhal Demir pourrait-elle jouer les premiers rôles à la N-VA ?
Pieter Bauwens, rédacteur en chef de Doorbraak, estime que Lorin Parys
ou Sander Loones ont un meilleur profil pour succéder à Bart De Wever.
A star is born
Lorin Parys, vice-président de la N-VA, reconnaît que Zuhal Demir a un
côté rebelle qui, aujourd'hui, manque un peu chez les nationalistes
flamands. Valerie Van Peel, l'autre vice-présidente, abonde dans son
sens : "Zuhal Demir incarne la force du changement au sein du parti."
De là à devenir la prochaine présidente de la N-VA, il n'y a qu'un pas.
Récemment, Bart De Wever l'a gratifiée d'un puissant compliment : "A
star is born".
En 2019, le bourgmestre d'Anvers lui avait confié un portefeuille
compliqué "mais à la hauteur de ses capacités". De Wever apprécie cette
jeune femme qui ne recule devant rien. L'ADN de la N-VA lui colle à la
peau. Issue de l'immigration, ses parents sont nés au Kurdistan.
Arrivée en Belgique dans les années soixante, la famille Demir s'est
bien intégrée dans le Limbourg. Son père y a travaillé dans les
charbonnages. Depuis des années, Zuhal a tracé sa voie, elle est
devenue populaire dans sa province.
Dame de fer
La N-VA, aujourd'hui frustrée de ne pas jouer les premiers rôles au
fédéral, ne désespère pas d'y revenir un jour. Le président Bart De
Wever, qui a bien l'intention d'emmener son parti aux élections
communales de 2024, ne ménage pas ses critiques envers la Vivaldi. "Les
nationalistes font monter les enchères. Ils disent qu'ils pourraient
faire alliance avec le Vlaams Belang et constituer une majorité en
Flandre", affirme Pieter Bauwens.
"Bart De Wever brigue un nouveau mandat de bourgmestre d'Anvers. Le
poste de ministre-Président flamand ne l'intéresse pas vraiment",
commente une source. Dire, comme il l'a fait, que Demir a l'étoffe pour
prendre un rôle de tout premier plan au sein du parti est un camouflet
pour Jan Jambon, actuel ministre-Président flamand, qui pourrait, selon
Pieter Bauwens, se retrouver dès 2025 au "cimetière des éléphants" - à
savoir chez les eurodéputés.
Zuhal Demir est une des seules capables de tenir tête aux vétérans du
parti. Lui confiera-t-on pour autant les rênes du parti ? La "dame de
fer" de la N-VA risque bien de prendre de vitesse certains ténors du
parti tels que Theo Francken et Ben Weyts. Certains voyaient pourtant
déjà ce dernier succéder à Jan Jambon comme ministre-Président en 2024.
Les réseaux sociaux
Mais le bilan de la ministre Zuhal Demir est en demi-teinte. Quelles
sont ses réalisations sur le terrain ? Le gouvernement Jambon a signé
l’accord azote où la Flandre devra réduire de 30 % son cheptel porcin
d’ici 2030. Mais on ignore qui va payer la facture et les agriculteurs
s’attendent au pire. En ce qui concerne le "stop au béton", Demir a
surtout dans le viseur les promoteurs immobiliers. La ministre se
targue de reboiser de grands pans de nature sous le ciel flamand. Elle
met aussi en avant les indemnités payées aux ménages en provenance du
fond mazout. Dans l’affaire de la pollution au PFOS à Zwijndrecht, elle
s’est engagée à mettre la multinationale américaine 3M devant ses
responsabilités. La semaine prochaine le CEO de 3M, Mike Roman, sera en
Belgique. Un entretien avec la ministre est prévu.
On sait, grâce à Facebook et à Twitter, que Zuhal Demir se rend sur le
terrain régulièrement pour écouter la Flandre profonde. Une présence
provoquant des réactions diverses. C’est son carburant lui permettant
de rencontrer ses fans qui se délectent, ou ses détracteurs qu’elle
préfère fuir. Elle ne dénigre pas la politique spectacle. Du pain et
des jeux. La médiatisation de la politique attire le grand public.
L’effet Conner Rousseau peut rapporter gros, Zuhal Demir le sait bien,
Bart De Wever peut en parler aussi. (Belga, 28 mars 2022)
informations du
mois
passé
Informations
of the past month
Toutes les informations depuis 1976
All informations since 1976