Droits
de l'Homme / Human Rights
ECtHR unveils timeline to examine
the case of Osman Kavala
The European Court of Human Rights (ECtHR) has given time to the
parties till April 19 to submit their opinions as to the imprisonment
of businessperson and rights defender Osman Kavala, who has been behind
bars despite the ruling of rights violation and immediate release of
the ECtHR.
As the Committee of Ministers of the Council of Europe has decided to
bring infringement proceedings against Turkey over its failure to
implement the ECtHR ruling on Kavala, Turkey, Kavala and the members of
the Committee of Ministers may present their opinions to the ECtHR by
April 19, 2022, according to the recently unveiled timeline of the high
court.
While the ECtHR is expected to review the file of Osman Kavala in May
or June, the ECtHR Grand Chamber is expected to hand down its final
judgment in September, after the summer break in August.
The statement has noted that the court will review the process of
violations for the second time. While the Committee of Ministers
decided to refer the case to the ECtHR Grand Chamber on February 2, the
court has announced that it officially received the file on February 21.
In a first in the history of the ECtHR, infringement proceedings were
the case against Azerbaijan regarding the case of dissident and convict
Ilgar Mammadov. While Mammadov was convicted, Osman Kavala has been
held in prison in Turkey since 2017 without a final verdict.
Given the ECtHR ruling of rights violation and immediate release for
Kavala, Turkey's failure to implement this ruling raises the issue that
it conflicts with the obligations that the country has undertaken to
abide by. (BIA, 24 February 2022)
Détention de Kavala: la CEDH
ouvre une "procédure en manquement"
La Cour européenne des droits de l'homme a annoncé mercredi l'ouverture
d'une "procédure en manquement" contre la Turquie qui maintient en
détention le mécène Osman Kavala malgré l'injonction de libération de
la CEDH, une procédure rarissime qui pourrait déboucher sur de
possibles sanctions contre Ankara.
En 2019, la CEDH avait demandé la "libération immédiate" de cette
figure majeure de la société civile turque, accusé depuis 2013 par le
régime du président Recep Tayyip Erdogan de chercher à déstabiliser la
Turquie. Elle estimait que sa détention visait "à réduire M. Kavala au
silence et avec lui tous les défenseurs des droits de l'homme".
Mais le 2 février, le Comité des ministres du Conseil de l'Europe,
l'organe chargé de veiller à l'exécution des décisions de la Cour, a
constaté que M. Kavala était toujours en détention et a décidé, comme
le prévoit depuis 2010 la Convention européenne des droits de l'homme,
de saisir une nouvelle fois la juridiction basée à Strasbourg.
Le bras judiciaire du Conseil de l'Europe, qui a reçu lundi la demande
officielle du Comité, devra "déterminer si la Turquie a refusé de se
conformer" à cet arrêt de 2019, indique-t-il dans un communiqué.
En effet, d'un point de vue procédural, la CEDH doit encore constater
officiellement que les autorités turques ne se sont pas conformées à sa
décision de 2019 avant que, éventuellement, le Conseil de l'Europe ne
sanctionne Ankara.
Concrètement, "la procédure sera confiée à une Grande Chambre" de la
CEDH, sa "plus haute formation judiciaire", indique la Cour. Les
différentes parties concernées auront jusqu'au 19 avril 2022 pour
soumettre leurs observations.
S'il s'avérait, à l'issue de l'examen du dossier, que la Turquie ne
s'était pas conformée à la décision de 2019, la Grande Chambre
"renverrait l'affaire au Comité des Ministres afin qu'il se penche sur
les mesures à adopter", prévient la Cour dans son communiqué.
En cas de non-violation, "l'affaire serait également renvoyée au Comité
(...), qui mettrait alors un terme à son examen", explique encore la
CEDH.
C'est seulement la deuxième fois dans son histoire que le Conseil de
l'Europe, une organisation paneuropéenne de défense des droits de
l'homme qui siège à Strasbourg, engage une telle procédure contre l'un
de ses 47 Etats membres.
La première avait visé l'Azerbaïdjan en 2017 dans une affaire similaire
d'opposant détenu. Bakou l'avait finalement libéré et échappé aux
sanctions. (AFP, 23 fév 2022)
La Turquie demande aux Emirats
l'extradition d'un parrain
La Turquie a demandé l'arrestation et l'extradition d'un parrain de la
mafia en exil aux Emirats arabes unis qui avait accusé de hauts
responsables du gouvernement de Recep Tayyip Erdogan de divers crimes
dans des vidéos devenues virales, a rapporté mercredi l'agence étatique
turque.
Le ministère turc de la Justice a demandé aux Emirats arabes unis de
procéder à "l'arrestation temporaire de Sedat Peker pour une éventuelle
extradition vers la Turquie", a rapporté l'agence étatique Anadolu.
En mai 2021, M. Peker avait tenu la Turquie en haleine en publiant sur
YouTube des vidéos soigneusement mises en scène dans lesquelles il
avait accusé de hauts responsables et des membres de leur famille de
viol, de meurtre ou encore de trafic de drogue.
M. Peker, un homme de 49 ans condamné pour ses liens avec le crime
organisé et qui se présente aujourd'hui comme un homme d'affaires, s'en
est particulièrement pris à l'actuel ministre de l'Intérieur Süleyman
Soylu qu'il accuse de l'avoir trahi après l'avoir un temps protégé.
M. Soylu et plusieurs personnes mises en cause par M. Peker ont rejeté
ses accusations.
M. Peker n'a pas publié de nouvelles vidéos depuis juin 2021. Des
autorités des Emirats l'ont averti d'un "haut risque de sécurité" lui
interdisant d'utiliser les réseaux sociaux, a-t-il affirmé.
Le chef mafieux a aussi indiqué avoir été prévenu d'un risque de
tentative d'assassinat à son encontre.
Le président turc s'est rendu mi-février aux Emirats arabes unis pour
sa première visite officielle dans ce pays depuis 2013, saluant une
"nouvelle ère" avec l'ancien rival du Golfe.
La visite de M. Erdogan à Abou Dhabi a été marquée par la signature de
13 accords de coopération et protocoles d'accord.
Ankara cherche à assainir ses relations dans la région, au moment où la
Turquie traverse une crise économique majeure, avec une inflation
record due à la dégringolade de la livre turque. (AFP, 23 fév 2022)
Le mécène Kavala maintenu en
prison malgré la menace de sanctions
Le mécène turc Osman Kavala, détenu depuis plus de quatre ans sans
jugement, restera en prison, a décidé lundi 21 février un tribunal
d’Istanbul malgré la menace de sanctions du Conseil de l’Europe qui
pèse sur Ankara.
La cour s’est brièvement retirée avant d’annoncer sa décision au terme
d’une audience éclair lundi matin, en l’absence de l’intéressé, a
constaté l’AFP.
Figure majeure de la société civile, l’éditeur et philanthrope Osman
Kavala, 64 ans, est accusé par le régime du président Recep Tayyip
Erdogan d’avoir cherché à déstabiliser la Turquie. Il risque la prison
à vie.
Outre l’épouse de M. Kavala, plusieurs diplomates européens - français
et allemand notamment - et américain étaient présents au tribunal,
ainsi que le rapporteur du Parlement européen pour la Turquie, Nando
Sanchez Amor, a constaté l’AFP.
Ankara est sous la menace de sanctions du Conseil de l’Europe pour
maintenir cet intellectuel en détention sans jugement.
Depuis 2019, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) réclame sa
remise en liberté et début février, le Conseil de l’Europe a de nouveau
saisi cette juridiction.
La procédure d’infraction, qui traîne en longueur, pourrait entrainer
pour la Turquie la perte de son droit de vote, voire son expulsion de
cet organe auquel elle a adhéré en 1950. Mais la Turquie dénonce une «
atteinte à l’indépendance de la procédure judiciaire ».
« Difficile de comprendre pourquoi la Turquie ne se plie pas aux
injonctions de la Cour alors qu’elle est partie prenante de cette
juridiction, parce qu’elle n’échappera pas aux conséquences » a indiqué
à l’AFP le rapporteur du Parlement européen. « La Turquie est membre
fondateur (du Conseil de l’Europe), il ne s’agit donc pas d’une
ingérence étrangère » a insisté Nando Sanchez Amor, estimant que cette
attitude « nuit à l’image du pays. »
Détenu depuis 1.574 jours à la prison de Silivri, près d’Istanbul, M.
Kavala - surnommé le « milliardaire rouge » par la presse
pro-gouvernementale - est dans le viseur du pouvoir pour avoir soutenu
en 2013 les manifestations antigouvernementales contre M. Erdogan,
alors Premier ministre.
Son cas est devenu emblématique depuis qu’à l’automne une dizaine
d’ambassadeurs ont réclamé sa libération, déclenchant une crise
diplomatique.
Le président Erdogan les avait en représailles menacés d’expulsion
avant de faire machine arrière. (AFP, 21 février 2022)
New trial against Öztürk Türkdoğan
Tomorrow starts the first hearing of the trial of Mr Öztürk Türkdoğan,
a prominent human rights lawyer and Co-Chairperson of the Human Rights
Association (IHD), a member of EuroMed Rights.
Mr Türkdoğan will appear under the accusation of “membership of an
illegal armed organisation”. This accusation stems from his public
statements on the detention conditions of Abdullah Öcalan in İmralı
Prison whom he visited as part of his mandate with the Human Rights
Association. If convicted, Mr Türkdoğan faces between five and ten
years of imprisonment.
This is not the first instance of judicial harassment Mr Türkdoğan
faces. In 2021, his house was raided, he was taken into police custody
and was imposed an international travel ban. He also faces two
additional criminal proceedings for the publication of an article
calling on Turkey to stop denying the Armenian Genocide and for his
rebuttal of derogatory comments made by Turkey’s Minister of Interior
who threatened and insulted independent civil society in Turkey.
“The new proceedings brought against Öztürk Türkdoğan illustrate, if
there was a need, the intensity of the judicial harassment led by the
Turkish authorities against independent civil society organisations.
With the support of iniquitous laws, Turkey’s judicial system is now
cracking down on every move from Human Rights Defenders. We denounce
this harassment and call upon the European Union and its Member States
to stand up in favour of Turkey’s civil society before it is too late,”
declared Wadih Al-Asmar, President of EuroMed Rights.
EuroMed Rights issues its full support to Mr Öztürk Türkdoğan and its
member IHD and will continue to stand alongside Turkey’s independent
civil society for the respect of democracy and rule of law. (EuroMed
Rights, 21 February 2022)
En Turquie, le nouveau tube de
Tarkan ravit les opposants
En quelques heures vendredi, le nouveau tube de la mégastar turque
Tarkan, qui promet la fin prochaine des "souffrances", est devenu un
chant de ralliement largement partagé par les opposants au régime de
Recep Tayyip Erdogan.
Sortie jeudi soir à 21H00 (18H00 GMT) sur YouTube et Twitter, la
chanson "Geççek" --littéralement: "ça va passer"-- est devenue virale
sur Twitter, où elle a été vue plus de huit millions de fois,
fréquemment accompagnée du mot-dièse #TarkanNestPasSeul.
Beau gosse de la variété turque et inoubliable interprète de la
"Chanson du bisou" (Simarik), son tube planétaire sorti en 1997, Tarkan
assure en refrain que "tout a une fin" et que "toute cette souffrance
finira elle aussi par passer".
Les paroles de "Geççek" font écho à la crise économique que traverse le
pays, avec une inflation à près de 50%, et au manque de perspectives de
la jeunesse: "si vous me demandez, je ne vais pas très bien moi non
plus, je n'ai plus le même optimisme et je ne profite pas beaucoup de
la vie".
"Mais ça va passer, ça passera comme c'est venu et l'espoir
refleurira", reprend le refrain.
Le nom de l'homme fort de la Turquie, au pouvoir depuis dix-neuf ans,
n'est jamais cité dans la chanson, ni sa fonction. Devenu Premier
ministre en 2003 puis président en 2014, M. Erdogan compte être réélu
en juin 2023.
Dans une vidéo de présentation de son nouveau hit sur YouTube, le
chanteur raconte qu'il a "voulu écrire une chanson qui nous ferait du
bien à tous. Qui nous consolerait un peu, nous remonterait le moral,
nous donnerait de l'espoir."
Sa chanson a été rapidement partagée par des responsables du
parti d'opposition CHP, dont son porte-parole Faik Oztrak et le maire
d'Izmir, Tunc Soyer.
La cheffe du parti d'opposition nationaliste Iyi Parti, Meral Aksener,
a également retweeté la chanson, ajoutant en commentaire: "le pire est
passé".
Dans un éditorial du site d'information en ligne Duvar, l'écrivaine et
commentatrice Zehra Celenk écrit vendredi que "dans un pays qui étouffe
et consume les gens, nos coeurs ont besoin d'accélérer de temps en
temps pour continuer à battre."
"C'est ce que Tarkan nous donne avec sa dernière chanson, +Geççek+",
estime-t-elle.
Toujours sur Twitter, l'universitaire Lisel Hintz, spécialiste de la
pop culture à l'Université John Hopkins, à Washington, rapporte que
"Tarkan s'est politisé dans ses tweets, en particulier sur la jeunesse
et contre la violence sexiste: désormais il rejoint le camp de la
protestation".
Le chanteur de 49 ans, né en Allemagne de parents turcs et arrivé en
Turquie à l'âge de 14 ans, s'est également illustré ces derniers temps
par sa défense de l'environnement.
Sa "chanson du bisou" avait été vendue à des millions d'exemplaires en
Europe et au Japon notamment. (AFP, 18 fév 2022)
Youth in Turkey report: 73 percent
want to live abroad
Germany-based Konrad-Adenauer-Stiftung (KAS) Association has published
its "Turkey Youth 2021 report" in Turkish and German.
The newly published data about the attitudes, opinions, expectations,
preferences and composition of young people in Turkey have shown "a
pessimistic outlook for a dissatisfied and frustrated youth."
Konrad-Adenauer-Stiftung Turkey conducted the research assessing and
analyzing the social and political attitudes and opinions of the youth
in a representative study. The research has shed light on the
perception of the youth in Turkey on politics, participation, activism
and international politics, as well as analyzes their cultural,
religious, and social preferences.
The target population of the KAS research is the individuals between
18-25 years old. According to the Turkish Statistical Institute
(TurkStat) there are nearly 7 million people in this age group in
Turkey.
According to the research, while nearly 73 percent of the youth want to
live abroad if they have the chance, 48 percent of them say that "they
do not trust the President at all". Taken together with the ones who
say "I don't trust him", the latter rate adds up to 58.5 percent.
While the full English version of the report is expected to be released
in March, the KAS has shared the following highlights from the report:
'A pessimistic outlook on future'
"The Turkish youth is increasingly speaking out and articulating their
interests and demands not only among themselves, but also increasingly
to the broader society. The majority of young people in Turkey tend to
have a pessimistic outlook on the future of Turkey. 62.8 percent of the
respondents stated that they do not see the future of Turkey well.
Those who stated that they are completely hopeless about the future of
Turkey is 35.2 percent.
"The Turkish youth has an especially pessimistic outlook towards the
economic situation and their own life mainly focused on the cost of
living, inflation and the fear of a potential economic collapse.
"A significant majority of the respondents (72.9 percent) therefore
stated that they would like to live in another country if given the
opportunity.
"Politicians, political parties and journalists are not trusted (only
3.7 percent, 4.4 percent and 6.9 percent) while scientists (70.3
percent) and the military (61.8 percent) still tend to be perceived as
trusted institutions for the majority of the respondents.
"There is little trust in the country's basic institutional structures
like the presidency (19,4 percent) and the justice system (11,9
percent).
Outlook on gender equality, symbols, values
"The overwhelming majority (80 percent) of the respondents believes
women and men are equal and think romantic relationships between women
and men before marriage is normal (92,3 percent) displaying a liberal
and open-minded youth. Moreover, family (96,6 percent) and friends
(82,9 percent) are very important to the respondents.
"The data shows a nationalistic young society that considers the
national symbols like the Turkish flag (89,7 percent), the Turkish
Republic as an institution (87,4 percent) and being a Turk (71,6
percent) to be overwhelmingly important. Being a Muslim (70,5 percent)
also continues to be very important for a large majority of the
respondents.
"Yet, the rate of those who say they believe in god and describe
themselves as pious is 29.8 percent while the ones who say they believe
in god but do not consider themselves as pious is 56,9 percent.
'20 percent admire no political leader'
"When asked about the leader they admire and appreciate the most, among
the politicians who are currently political party leaders in Turkey,
'none of them' (20,1 percent) came first. In the second place, the name
of Recep Tayyip Erdoğan was given with a rate of 16,8 percent. When
given the option to name somebody not included on the list, 16,3
percent of the participants answered with the name of Ankara
Metropolitan Mayor Mansur Yavaş.
"The large majority of the questioned Turkish youth (80,4 percent)
think the refugee policy of the government is not right one and must be
changed. More than half of the respondents (56.8 percent) want the
Syrians to be sent back when there is peace in Syria." (BIA,16 February
2022)
Casino tycoon Halil Falyalı assassinated in Northern
Cyprus
Known as a "betting and casino tycoon" in Northern Cyprus,
businessperson Halil Falyalı lost his life late yesterday (February 8)
in an armed assault near his house.
Multiple perpetrators fired automatic weapons at his car in Çatalköy
village in the Girne (Kyrenia) city, according to reports in the
Northern Cyprus media.
Seriously injured in the attack, Falyalı was taken to Near East
University Hospital but lost his life despite all efforts. Doctors
stated that his heart had stopped after the attack and he could not be
saved because of the wounds he incurred.
Falyalı's chauffeur lost his life on the scene. His spouse and
children, who were in another car behind, were unscathed after the
attack.
The Northern Cyprus police carried out a series of operations after the
assassination. One person was taken into custody.
Sedat Peker, an exiled mob boss who released a series of video
confessions in mid-2021, had described Falyalı as a key figure in
cocaine trafficking between Colombia and Turkey.
He had also been investigated by the US Drug Enforcement Administration
(DEA), Peker said in a video he released in May 2021.
Falyalı had admitted the DEA investigation but denied involvement in
any illegal business.
In 2010, Falyalı stood trial and was put on remand on the charge of
"threat." He was later released.
He was also remanded in custody in October on charges of "battery,"
"robbery" and "false imprisonment."
According to the allegations, Falyalı forced an employee of his casino
whom he accused of stealing money from the safe to sign a trust deed.
The man was abducted and beaten.
After an arrest warrant was issued against him, Falyalı and three
people with him turned themselves in. He was initially put on remand
for three days and it was later extended to 70 days. On October 20,
newspapers in Northern Cyprus reported that Falyalı was hospitalized
because of a heart condition.
Falyalı and his three men were released in December after the
plaintiffs withdrew the lawsuit.
There was also an ongoing case against Falyalı in the US.
Mustafa Akıncı, the former president of Norhtern Cyprus, said after
Peker's claims that Falyalı was "protected" by his allied politicians,
the ruling National Unity Party (UBP).
"Everyone knows that he supports UBP with all his financial means in
elections at all levels. It is also known that there are allegations
that Halil Falyalı has connections with various dirty and illegal
relations," Akıncı had said.
After Falyalı's reported release to the hospital, journalist Erk Acarer
claimed that he had a massive archive containing "inappropriate videos"
of bureaucrats and politicians he used them to blackmail those people.
Acarer said Northern Cyprus PM Ersan Saner was among them and he had
seen a video of him. (BIA, 10 February 2022)
Turkey’s
violence map: 3,801 incidents of armed
violence in 2021
Making efforts to promote individual disarmament, the Umut (Hope)
Foundation has released its 2021 Turkey Violence Map.
According to the map, 3,801 incidents of armed violence were reported
in the press in the country last year. While 2,145 people lost their
lives in these incidents, 3,896 were wounded, some severely. In 3,172
incidents, firearms were used while sharp objects were used in 629.
When the incidents of armed violence are considered by region, it is
seen that the highest number of incidents happened in the Marmara
region, which has the highest population, as was also the case in the
years past. While the Mediterranean region saw the highest increase in
the number of incidents, there was a 6-percent drop in the Aegean and
Central Anatolia.
Located in northwestern Turkey and comprising İstanbul as well, the
Marmara region saw 519 losses of life and 912 wounded people in 985
incidents reported in the press in 2021. İstanbul ranked first in the
region: In 477 incidents of armed violence, 267 people lost their lives
and 471 people were wounded. İstanbul was followed by Bursa, Kocaeli
and Sakarya.
In 2021, the number of armed violence incidents increased by 21 percent
in the Mediterranean region in southern Turkey.
Having ranked fourth in the year before, the Mediterranean ranked
second last year: In 551 incidents of armed violence reported in the
news, 299 people lost their lives and 590 people were wounded.
The Southeastern Anatolia region of Turkey ranked third in terms of the
number of armed violence incidents in 2021. The year before, it had
ranked fifth. Accordingly, in 526 incidents of violence reported in the
press, 334 people lost their lives and 729 people were wounded.
The Black Sea region in northern Turkey saw the fourth highest number
of armed violence incidents in 2021; the year before, it had ranked
fifth. In 2021, 524 incidents of armed violence were reported in the
news, claiming the lives of 259 people and leaving 486 people wounded.
While it had ranked second in 2020, the number of armed violence
incidents (539 incidents in total in 2020) dropped in the Central
Anatolia region in 2021. Last year, 507 incidents of violence were
reported and while 310 people lost their lives, 464 people were injured.
The ranking of the Aegean region also dropped in 2021. While the region
had ranked third the year before, it ranked sixth in 2021 in terms of
the number of armed violence incidents. In 2020, 526 incidents of
violence were reported in the press in the western region. In 2021, 492
incidents of violence happened, leaving 312 people dead and 479 others
wounded.
Lastly, in the Eastern Anatolia region, a total of 214 incidents of
armed violence were reported in the news in 2021. While 112 people lost
their lives in these incidents, 236 people were wounded. (BIA, 9
February 2022)
Mandat d'arrêt contre un nageur olympique ayant
moqué le Covid d'Erdogan
La justice turque a émis huit mandats d'arrêt, dont un visant un ancien
nageur olympique, pour des commentaires sur Twitter moquant le
président turc Recep Tayyip Erdogan, testé positif au Covid ce weekend.
Le chef de l'Etat, âgé de 67 ans, a annoncé samedi que son épouse et
lui-même souffraient d'une forme "légère" d'infection et qu'il
travaillait de chez lui.
Il a depuis posté de nombreux messages sur Twitter pour remercier les
responsables et dirigeants mondiaux leur ayant adressé leurs voeux de
rétablissement.
Mais dans le flot des messages de sympathie, les autorités ont repéré
samedi celui d'un compte attribué au nageur Derya Buyukuncu,
spécialiste du dos crawlé et de la nage papillon six fois sélectionné
aux JO, qui affirmait avoir préparé en grande quantité une confiserie
traditionnellement distribuée aux funérailles.
Le bureau du procureur d'Istanbul a annoncé lundi avoir émis un mandat
d'arrêt contre Derya Buyukuncu dans le cadre d'une enquête pour
"messages d'ordre criminel sur les réseaux sociaux" à propos du Covid
du président.
Au total, huit mandats ont été émis pour la même raison dimanche et
quatre personnes ont été arrêtées.
Les procureurs d'Ankara ont également lancé ce weekend une enquête
concernant des messages sur les réseaux sociaux porteurs d'"insultes
contre le président" et "rabaissant les valeurs religieuses".
Les autorités turques ont ouvert plus de 160.000 enquêtes pour insulte
au président depuis que M. Erdogan, au pouvoir depuis 19 ans et
anciennement Premier ministre, est devenu président en 2014.
Les tribunaux ont prononcé à ce jour 3.625 condamnations.
Fin janvier, une journaliste turque a été arrêtée en pleine nuit à son
domicile d'Istanbul pour le même chef d'accusation. Sedef Kabas avait
tenu à la télévision des propos considérés comme désobligeants envers
le chef de l'Etat, qu'elle avait répétés ensuite sur son compte
Twitter, suivi par 900.000 abonnés.
Quelques jours plus tard, M. Erdogan avait prévenu que "ce délit ne
resterait pas impuni": "C'est notre devoir de protéger le respect de ma
fonction, de la présidence. Ca n'a rien à voir avec la liberté
d'expression", avait-il estimé.
M. Erdogan a reçu sa troisième dose de vaccin anti-Covid en juin.
Le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, a également annoncé
dimanche qu'il était infecté par le coronavirus après avoir accompagné
M. Erdogan en Ukraine jeudi. (AFP, 7 fév 2022)
Protesting in front of
Parliament, physicians call strike in Turkey on February 8
The Turkish Medical Association (TTB) staged a protest in front of the
Çankaya Gate of the Grand National Assembly of Turkey in the capital
city of Ankara today (February 4). Physicians asked why the legislative
proposal foreseeing better employee personal rights for healthcare
workers had been withdrawn from the General Assembly of the Parliament.
Meeting ahead of their "White Strike Duty" (Beyaz G(ö)rev) on February
8, physicians were also supported by main opposition Republican
People's Party (CHP) and Peoples' Democratic Party (HDP) MPs as well as
the representatives of several NGOs and labor unions.
'It is time to lay claim to our rights and labor'
Chanting the slogans, "We don't want to die while working" and "We want
to live, we want to keep alive", physicians walked from the TTB Central
Office to the Çankaya Gate of the Parliament. TTB Central Council Chair
Prof. Şebnem Korur Fincancı, making a press statement there, asked why
the legislative proposal had been withdrawn from the General Assembly.
"You said, 'We will submit a better one (proposal)', but it has been
more than two months. Why don't you make a statement to physicians and
healthcare workers," asked Korur Fincancı, calling on all MPs to lay
claim to the labor and rights of healthcare workers in the country:
It is now time for the MPs of the people to claim
public health and our labor. It is now time to raise your voices for us.
Korur Fincancı also reminded the public that physicians would be on
"white strike duty" for their rights on February 8 (next Tuesday).
Noting that they, as the TTB and the medical chambers representing
physicians across Turkey, came in front of the Parliament to express
their demands, the TTB Chair criticized that the physicians in Turkey
"receive one of the lowest salaries when compared to other countries
while they are also the ones who are subjected to violence the most."
Low salaries, COVID-19 deaths, violence...
According to Korur Fincancı, the salaries of specialist physicians rank
sixth from the end among OECD countries while those of practicing
physicians rank 14th among 17 countries after Latvia, Mexico and
Lithuania.
Criticizing private hospitals for "increasing their profits further
while disregarding the employee personal rights" of healthcare workers,
she underlined that the number of physicians who emigrated from Turkey
has seen a 24-fold increase in the last 10 years:
Only in a month, 197 physicians applied to the
Turkish Medical
Association to get a document for working abroad. This number is more
than three times the total number of applications in 2012.
Lashing out at the 5-minute time allocated to physicians to examine
patients in public hospitals and other public medical institutions, TTB
Chair Prof. Şebnem Korur Fincancı noted that Turkey ranks 34th among 37
countries in terms of the number of physicians per patient.
Referring to the novel coronavirus (COVID-19) outbreak as well, she
raised concerns that Turkey is still high on the list of COVID-19
deaths and cases among physicians when compared to other countries.
Accordingly, she criticized that the government has failed to take
necessary measures in the face of the pandemic and that COVID-19 has
not yet been officially recognized as an occupational disease for
health workers in Turkey.
The TTB Chair also criticized the increasing violence in healthcare,
underlining that "wrong health policies and violence, which have been
aggravated further with the onset of the pandemic, are hurting and
claiming the lives of healthcare workers in Turkey every day."
Strike on February 8, 2022
Concluding her statement, Şebnem Korur Fincancı recalled that in its
statement in late January, the TTB announced that if no legislative
proposal foreseeing improvements in healthcare workers' employee
personal rights was submitted to the Parliament during their "White
Watch" from January 26 to February 4, they would call strike on
February 8.
Accordingly, she announced that healthcare workers would be on "white
strike duty" across the country on February 8. (BIA, 4 February 2022)
Détention
de Kavala: nouveau pas du CA vers des sanctions
contre la Turquie
Le Conseil de l'Europe a franchi mercredi une nouvelle étape vers
d'éventuelles sanctions contre la Turquie qui maintient en détention le
mécène turc Osman Kavala en dépit d'une demande de mise en liberté
formulée par la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH), a-t-on
appris de sources concordantes.
En 2019, la CEDH avait demandé la "libération immédiate" de cette
figure majeure de la société civile turque, accusé depuis 2013 par le
régime du président Recep Tayyip Erdogan de chercher à déstabiliser la
Turquie.
Mercredi, le Comité des ministres du Conseil de l'Europe, l'organe
chargé de veiller à l'exécution des décision de la Cour, a constaté
qu'Osman Kavala était toujours en détention et a donc saisi une
nouvelle fois la cette juridiction de la question, selon le ministère
turc des Affaires étrangères, une information confirmée à l'AFP par une
source proche du dossier.
Cette saisine de la CEDH constitue une nouvelle étape vers
d'éventuelles sanctions contre Ankara.
Le ministère turc des Affaires étrangères a vivement réagi dans un
communiqué, estimant que le Comité des ministres portait "atteinte à
l'indépendance de la procédure judiciaire" turque et assurant que la
détention d'Osman Kavala était "le résultat d'une autre procédure
judiciaire".
Avant que le Conseil de l'Europe ne prenne d'éventuelles sanctions
contre la Turquie, la CEDH doit encore constater officiellement que les
autorités turques ne se sont pas conformées à sa décision de 2019. Si
tel était le cas, il reviendrait ensuite au Comité des ministres
d'"examiner les mesures à prendre", conformément à l'article 46 de la
Convention européenne des droits de l'Homme.
En vertu de l'article 8 des statuts de l'institution, ces mesures
peuvent aller jusqu'à l'exclusion de la Turquie du Conseil de l'Europe
dont elle est membre depuis 1950.
Le ministère turc des Affaires étrangères a également dénoncé
l'attitude du Comité des ministres qui "remet constamment l'arrêt
Kavala à l'ordre du jour", "alors qu'il y a un grand nombre d'arrêts en
attente d'exécution par les Etats membres".
La "décision historique d'aujourd'hui" marque "l'échec flagrant du
système judiciaire" turc, a réagi Nils Muiznieks, le directeur Europe
d'Amnesty International. "Le message du Comité des ministres est clair
: la Turquie doit libérer Osman Kavala et mettre fin à sa persécution
pour un mobile politique".
Osman Kavala est notamment poursuivi dans son pays pour avoir soutenu
en 2013 les manifestations antigouvernementales ayant pris pour cible
M. Erdogan, alors Premier ministre. Il a depuis été accusé d'avoir
cherché à "renverser le gouvernement" au moment de la tentative de coup
d'Etat de 2016.
C'est seulement la deuxième fois dans son histoire que le Conseil de
l'Europe, une organisation paneuropéenne qui siège à Strasbourg, engage
une telle procédure à l'encontre de l'un de ses 47 Etats membres. La
première avait visé l'Azerbaïdjan en 2017. (AFP, 2 fév 2022)
Pression
sur les médias / Pressure on the Media
Assassinat de Khashoggi: sa
fiancée appelle la Turquie à ne pas céder
Depuis trois ans, Hatice Cengiz, la fiancée du journaliste saoudien
Jamal Khashoggi, tué et démembré à Istanbul en octobre 2018, s'accroche
à l'espoir de justice et appelle son pays, la Turquie, à ne pas
renoncer au profit d'un rapprochement avec Riad.
"La Turquie doit continuer d'insister pour que justice soit faite, même
si les relations s'améliorent" avec l'Arabie saoudite, estime-t-elle
dans un entretien à l'AFP, réalisé cette semaine après une énième
audience au tribunal d'Istanbul en l'absence d'accusés.
La fin macabre de l'éditorialiste saoudien tombé en disgrâce, en
octobre 2018 dans les locaux du consulat d'Arabie Saoudite à Istanbul,
avait encore détérioré les relations déjà tendues entre les deux
puissances régionales sunnites.
Mais depuis quelques mois, en proie à de graves difficultés
économiques, Ankara cherche le rapprochement et le président Recep
Tayyip Erdogan a annoncé début janvier une visite prochaine à Riad -
dont la date reste toutefois à fixer.
"Ce n'est dans l'intérêt de personne de rompre complètement", se résoud
Hatic Cengiz, rendue aux contraintes de la realpolitik.
"Mais pour qu'une telle chose ne se reproduise plus, pour que cette
affaire atteigne le meilleur règlement possible au plan moral et
juridique, (la Turquie) ne doit pas renoncer", insiste-t-elle.
Revenue vivre à Istanbul au début de la pandémie, après un séjour à
Washington, la jeune femme attendait ce jour fatidique Khashoggi devant
le consulat saoudien où il venait chercher les papiers nécessaires à
leur mariage.
Il n'est jamais réapparu et ses restes n'ont jamais été retrouvés.
Un rapport des services de renseignement américains a accusé le prince
héritier saoudien Mohammed ben Salmane, dit MBS, d'avoir "validé"
l'assassinat perpétré par un commando dépéché spécialement en Turquie.
M. Erdogan avait alors dénoncé un ordre "émanant des plus hautes
sphères du gouvernement saoudien" - sans toutefois nommer MBS.
- L'émotion ne gouverne pas -
"Ce ne sont pas les émotions qui gouvernent (mais) l'intérêt mutuel",
soupire Mme Cengiz à propos du rapprochement en cours entre les deux
capitales. Mais "sur un plan émotionnel, ça m'attriste".
"Non pas que mon pays fasse la paix avec l'Arabie saoudite et que ce
dossier soit en train de se refermer. Mais que, peu importe à quel
point nous nous sommes battus, désormais tout redevienne comme avant,
comme si de rien n'était. Évidemment, je suis déçue".
Un tribunal d'Istanbul a ouvert un procès par contumace contre
26 ressortissants saoudiens, dont deux proches du prince héritier. Mais
en deux ans, il ne s'est rien passé.
Mme Cengiz en rend responsable l'absence de coopération des Saoudiens,
qui "ont préféré se tenir complètement à l'écart".
L'Arabie saoudite a affirmé que sa propre procédure judiciaire,
conduite à huis clos, était close et qu'il n'était pas nécessaire de
procéder à de nouvelles arrestations.
En 2020, un tribunal saoudien a prononcé des peines de sept à vingt ans
de prison contre huit personnes accusées du meurtre.
- "Où est le corps?" -
Mais une question continue de hanter Mme Cengiz: "En tant que proche
(de la victime), j'ai le droit de demander et je le réclame depuis le
premier jour: Où est son corps ?"
"En tant que musulmane, avoir un lieu, poser une pierre tombale, même
symbolique, ça me semble ce qui doit être fait".
Elle espère malgré tout que le dégel des relations avec Riad
n'empêchera pas de faire la lumière sur ce meurtre.
"La Turquie doit continuer de réclamer les informations" en ce sens,
insiste-t-elle, refusant d'abandonner.
"Je n'ai pas cessé de me faire entendre parce que les relations d'État
à État s'étaient détériorées et je ne vais pas me taire parce qu'elles
se normalisent. Je me bats pour le droit, la justice".
Bien que pessimiste elle veut garder l'espoir.
"C'est une situation déchirante. C'est la première fois dans l'histoire
récente que l'humanité est témoin d'une telle chose", relève-t-elle.
"C'est rageant qu'aucune conclusion ne se dessine après un meurtre
aussi grave, mais je garde espoir. Je crois toujours que justice sera
rendue". (AFP, Fulya OZERKAN, 27 fév 2022)
"Insulte au président", le délit qui ratisse large
Les condamnations en Turquie pour « insulte au président » se
multiplient. Un délit de plus en plus courant qui permet d’étouffer les
voix critiques à 16 mois de la présidentielle
La journaliste turque Sedef Kabas entame mardi son deuxième mois de
détention pour « insulte au président ». D’ores et déjà, Mme Kabas, 52
ans, est la journaliste qui aura passé le plus de temps en prison pour
ce délit, relève Reporters sans Frontières (RSF).
12 ans de prison
Lors d’une émission de télévision, elle avait cité un vieux proverbe
affirmant qu’une tête couronnée devient généralement plus sage, et
ajouté : « on voit bien que c’est faux ». La journaliste avait réitéré
sa comparaison, jugée désobligeante pour le président Recep Tayyip
Erdogan et son régime, sur son compte Twitter suivi par 900 000 abonnés.
Trois semaines plus tard, Sedef Kabas a été formellement inculpée, sa
demande de remise en liberté rejetée et le chef de l’État lui réclame
250 000 livres turques (plus de 16 000 euros) de dommages et intérêts.
Elle sera jugée le 11 mars et risque, cumulé, 12 ans et dix mois de
prison pour insulte au président et à deux de ses ministres.
« Cette loi antidémocratique de lèse-majesté est devenue un outil de
répression qui illustre la politique autoritaire du gouvernement »,
dénonce le représentant de RSF en Turquie, Erol Onderoglu. Pour lui, le
délit d’insulte au président - article 299 du code pénal dont RSF
demande l’abrogation - « permet de réduire au silence les critiques et
d’affaiblir les médias ».
La Cour européenne des droits de l’homme s’est émue en novembre dernier
du recours abusif à l’article 299.
« Respect de la fonction »
Et le chef de l’État a prévenu que le cas de Mem Kabas « ne restera pas
impuni » et en a appelé « au respect et à la protection de la fonction
» présidentielle. « Ça n’a rien à voir avec la liberté d’expression »,
a insisté M. Erdogan.
Peu après, huit mandats d’arrêt étaient lancés, dont un contre le
nageur olympique Derya Buyukuncu, pour des messages sur Twitter
tournant en dérision le Covid du président, testé positif (sans
symptômes) ainsi que son épouse.
En 2020, plus de 31 000 personnes ont été mises en examen pour outrage
présumé au président et 36 000 en 2019, selon les statistiques
judiciaires officielles, qui n’en relevaient que quatre en 2010.
Mélange entre fonction et personne
Plus générique que l’accusation de « terrorisme », la plus répandue
après la tentative de coup d’État de 2016, celle d’insulte au président
vise plus large, relève Sumbul Kaya, chercheuse à l’Irsem, l’Institut
de recherche stratégique de l’École militaire de Paris.
« Ce délit permet de s’attaquer aux citoyens ordinaires »,
estime-t-elle, décelant une « rétraction du pouvoir dans le judiciaire
» alors que la Turquie traverse une crise économique qui altère la
popularité du chef de l’État dans la perspective d’une réélection en
2023.
Le délit « d’insulte aux fonctionnaires » existait de longue date, mais
celui d’insulte au président, bien plus fréquent désormais, a été créé
en 2005 sous la houlette de l’AKP, le parti de M. Erdogan, au pouvoir
depuis 2002, explique Mme Kaya. « Avec l’exemple du nageur, le
président Erdogan a estimé que la fonction était attaquée mais il
s’agissait de sa personne : on glisse de la protection de la fonction
vers celle de la personne du président ».
« Bâillonner toute critique »
Pour Ahmet Insel, économiste et politologue, « l’usage massif de
l’article 299 vise à bâillonner toute expression fortement critique
contre la personne (du président) ». « Beaucoup de journalistes et
d’avocats sont incarcérés sous l’accusation de propagande
d’organisation terroriste, mais quand on ne peut pas l’appliquer, comme
dans le cas de Sedef Kabas, les avocats d’Erdogan déposent une plainte
au titre de l’article 299 ».
Cette évolution répond selon lui à la « conception très autocratique de
la fonction présidentielle par Erdogan, devenu en 2018 à la fois chef
d’État, chef de gouvernement et chef du parti au pouvoir ».
Les observateurs pointent encore l’extrême jeunesse du procureur
d’Istanbul - diplômé en 2018 - qui a inculpé Mme Kabas.
« Plus de 4 000 juges et procureurs ont été révoqués depuis 2016 et
remplacés par de jeunes avocats proches de l’AKP, après des procédures
(de recrutement) opaques », accuse M. Insel, qui affirme que « les
ordres viennent d’en haut, directement du palais présidentiel ».
Près d’une trentaine d’organisations internationales de défense des
journalistes ont réclamé la remise en liberté immédiate de Sedef Kabas.
La Turquie figure à la 153e place au classement mondial de la liberté
de la presse de l’ONG Reporters sans frontières. (Sudouest.fr avec AFP,
21 février 2022)
Un journaliste tué par balles en
Turquie
Un journaliste local qui enquêtait sur des affaires de corruption
présumée a été tué par balles samedi au siège de son journal à Kocaeli,
dans le nord-ouest de la Turquie.
Directeur et rédacteur en chef du quotidien local Ses Kocaeli (La Voix
de Kocaeli), Gungor Arslan a été visé par un assaillant armé dans son
bureau. Grièvement blessé, le journaliste est décédé dans l’hôpital de
la ville où il avait été transféré.
Les forces de l’ordre ont interpellé l’assaillant, a annoncé la
préfecture de Kocaeli sans toutefois donner de détails sur son
identité, ni sur les circonstances du meurtre.
Le représentant en Turquie de l’ONG Reporters sans frontières (RSF),
Erol Onderoglu, a indiqué que le journaliste enquêtait sur des affaires
de corruption présumée dans sa ville. Onderoglu a condamné l’attentat
et demandé qu’il puisse être élucidé et que les responsables soient «
punis de la manière la plus sévère ».
Dans ses deux dernières publications, la victime avait reproché au
maire de Kocaeli, élu de l’AKP (Parti de la justice et du
développement, au pouvoir), d’attribuer des appels d’offres à des
groupes proches de son parti. Gungor Arslan avait déjà été victime
d’une attaque physique et avait subi une mise en examen pour ses
articles.
« Beaucoup voyaient en lui du courage à traiter les affaires de
corruption », a affirmé Onderoglu.
Condamnant l’assassinat, l’association des journalistes de Turquie a
appelé à « la fin des attaques envers les journalistes et de l’impunité
des responsables ». (AFP, 20 février 2022)
Journalist Zeynep Durgut taken
into custody
With her house raided in the early morning hours today (February 14),
journalist Zeynep Durgut, a reporter for Mezopotamya Agency (MA), has
been detained in Cizre district in Turkey's Kurdish-majority
southeastern province of Şırnak. The reason for her detention is yet
unknown.
While the journalist has been reportedly detained as part of an
investigation conducted by the Şırnak Chief Public Prosecutor's Office,
no statement has been released as to the reason for her detention.
Taken into custody and handcuffed behind her back, journalist Durgut
was referred to the Şırnak Provincial Security Directorate while she
was on her way to the Cizre District Security Directorate. Her
technical materials found in her house during the search have been
seized.
Zeynep Durgut was one of the journalists who were put on trial for
reporting on Osman Şiban and Servet Turgut, two citizens who had been
thrown from a helicopter after being detained by soldiers in Van's
Çatak district. Charged with "membership of a [terrorist / illegal]
organization" over their news, Durgut and her four colleagues were
acquitted on Janaury 6, 2022. (BIA,14 February 2022)
President Erdoğan sues recently
arrested journalist Sedef Kabaş
In response to Turkish President Recep Tayyip Erdoğan’s civil lawsuit
seeking damages from journalist Sedef Kabaş and TELE1 television board
chair Fırat Sakar, the Committee to Protect Journalists issued the
following statement calling for the complaint to be dropped.
“President Recep Tayyip Erdoğan should drop his civil suit against
imprisoned journalist Sedef Kabaş and media executive Fırat Sakar, and
ensure that journalists can do their jobs without having to choose
between paying fealty to the president or facing legal harassment,”
said CPJ Europe and Central Asia Program Coordinator Gulnoza Said, in
New York. “Authorities should immediately release Kabaş, and neither
she nor any other member of the press should face retaliation for
participating in public political debate.”
Authorities arrested Kabaş, a freelance journalist, on January 22 and
charged her with insulting the president over comments she made during
a political debate aired on TELE1, as CPJ documented at the time. CPJ
and 26 other international organizations issued a joint letter to
Turkish authorities on February 1 calling for her release.
On Tuesday, February 8, while Kabaş was in detention awaiting trial on
that criminal insult charge, Erdoğan separately filed a civil suit
seeking 250,000 liras (US$18,405) in damages from Kabaş and Sakar over
Kabaş’ comments, according to news reports.
Ahmet Özel, a lawyer representing Erdoğan, argued in the suit that
Kabaş “went beyond the limits of free speech” and “publicly humiliated”
the president in her comments, and that Sakar was legally responsible
for comments made on TELE1, those reports said.
CPJ emailed the Turkish president’s office for comment but did not
immediately receive any response. (CPJ, February 9, 2022)
DW, VOA, Euronews face website blocks over licensing
decision
The office of German public broadcaster Deutsche Welle (DW) is seen in
Bonn on February 8, 2022. Members of the Turkish regulator RTÜK
recently said that DW, VOA, and Euronews could have their websites
blocked in Turkey if they fail to apply for licenses. (AFP/Ina
Fassbender)
Istanbu
Turkish authorities must allow all news outlets to work freely, and
should not use licensing regulations to harass or censor international
outlets, the Committee to Protect Journalist said Wednesday.
On Wednesday, February 9, two members of the Radio and Television
Supreme Council, the government telecommunications regulator known as
RTÜK, announced that the France-based outlet Euronews, the U.S.
Congress-funded broadcaster Voice of America (VOA), and German public
broadcaster Deutsche Welle (DW) must apply for broadcast licenses or
else authorities would block their websites, according to news reports.
Those RTÜK members, İlhan Taşçı and Okan Konuralp, both members of the
opposition Republican People’s Party, condemned the move in statements
on Twitter.
A majority of RTÜK members ruled that, because Euronews, VOA, and DW
host videos on their websites, they should be subject to the licensing
requirements that regulate video broadcasters, Taşçı wrote.
“The Turkish media regulator’s reported ultimatum issued to Euronews,
Voice of America, and Deutsche Welle is worrying and could severely
limit their ability to work in the country,” said Gulnoza Said, CPJ’s
Europe and Central Asia program coordinator, in New York. “News outlets
should not have to guess at the government’s licensing requirements;
the RTÜK must immediately disclose any changes affecting those
broadcasters, and give them ample time to comply with new policies.”
Taşçı tweeted that such licensing requirements would be the RTÜK’s
first use of its authority to regulate online news media since the
regulator was empowered to regulate online broadcasts in 2019.
The regulator has not published any official announcement about the
licensing requirements.
Deutsche Welle reported that it was aware of news reports about the
decision, but had not received any formal notice. It said that, after
the regulator’s decision was officially posted on its website, the
outlets would have 72 hours to apply for licenses or else have their
websites blocked.
CPJ emailed Euronews and VOA for comment, but did not immediately
receive any replies.
Previously, in October 2020, the RTÜK required the music streaming
service Spotify to apply for a license, and similarly gave the company
72 hours to comply.
Konuralp wrote that he believed the licensing requirements were “a move
to put pressure on the international media.”
CPJ emailed RTÜK for comment but did not receive any response. (CPJ, February 9, 2022)
With
her acquittal overturned, journalist Selda
Manduz sentenced to prison
Journalist Selda Manduz appeared before the judge today (February 8)
after the appeals court overturned her acquittal of "propagadizing for
a terrorist organization". The journalist has been sentenced to 1 year,
6 months in prison on the same charge in the retrial.
The final hearing of the journalist was held at the Kars 2nd High
Criminal Court in eastern Turkey; both Manduz and her lawyers attended
the hearing. Manduz rejected the allegations and requested her
acquittal.
The court board has ruled that Manduz shall be sentenced to 1 year, 6
months in prison for "propagandizing for a terrorist organization" with
the news and pictures that she posted on social media. The
pronouncement of the verdict has been deferred by the court board,
which has also ruled that all seized materials of Manduz shall be given
back to the journalist.
What happened?
Selda Manduz, an editor for Demokrat Haber news website, was taken into
custody in March 2019; Manduz was charged with "terror propaganda". The
journalist was indicted and the trial began.
As part of an investigation of the Kars Chief Public Prosecutor's
Office, Manduz was detained again on October 1, 2020. Taken to the
Criminal Judgeship of Peace three days later, she was released on
probation.
Based on the statements of two anonymous witnesses and on the grounds
of her phone calls with three people, two of whom were journalists, she
was charged with "being a member of an armed terrorist organization".
She was indicted a month later and the trial began.
Manduz was acquitted at her seventh hearing in April 2021. However, the
prosecutor's office took her acquittal to the appeals court, the
Erzurum Regional Court of Justice. The appeals court accepted the
objection and ruled for a retrial on charge of "terror propaganda".
The court concluded that the journalist should have been convicted of
this charged offense on the grounds of a news report that she posted on
her social media account on January 24, 2017 and the picture used in
the news. The related news report was titled "The historical moment of
the Neo-Ottoman dream and the North Syria Federation." (BIA, February 8, 2022)
Access block to Xwebûn, Yeni Yaşam
newspapers’ websites
The website of Xwebûn newspaper, which is published in Kurdish, and
that of Yeni Yaşam newspapers have been blocked to access.
Xwebûnhas announced that the access block has been imposed "as per the
decision dated January 28, 2022 and no. 490.05.01.2022-93453 of the
Information and Communication Technologies Authority."
Yeni Yaşam has also shared a message about the issue on its social
media account and said, "An access block has been imposed on the
website of our newspaper by the decision of the Information and
Communication Technologies Authority. Our new website will be online
soon."
Xwebûn
Published in the Kırmanjî and Kirmançkî dialects of Kurdish since
December 22, 2019, Xwebûn has been featuring the agenda of Kurds and
peoples in the region with news articles, analyses, investigative
reports, interviews, article series and exclusive files. In addition to
current events, the newspaper has also been focusing on the
developments about women, economy, ecology, culture and arts as well as
literature, language and history.
Yeni Yaşam
Yeni Yaşam newspaper has been in publication since May 25, 2018. Its
grant holder is Dr. Rıdvan Turan. The newspaper has nearly 40
columnists. (BIA, 31 January 2022)
Erdoğan issues circular to
'eliminate TV programs against national values'
President Recep Tayyip Erdoğan issued a circular late Friday (January
28) about TV programs "against the basic values of society."
"The steps to eliminate the destructive effects of television programs
that contain elements contrary to basic values of society and that
especially appear as adaptations of foreign programs will be taken
urgently," says the circular.
Children and the youth will be protected from "productions targeting
their minds with messages given by using certain symbols," the circular
says, apparently in reference to The Masked Singer (Maske Kimsin Sen?)
Pro-government media outlets and social media accounts have accused the
program of "paganism and satanism propaganda."
Fox TV, which broadcasts the program, defended itself, saying that the
program is aired in many countries across the world.
After debates over the program, İbrahim Uslu, the deputy chair of the
Radio and Television Supreme Council (RTÜK), said they would probe the
program in terms of "protecting children." (BIA, 31 January 2022)
Kurdish
Question / Question kurde
Four Turkish agents accused of
planning an assassination in Belgium
Press Release by The Kurdish Institute of Brussels, February 23,
2022
Four people are prosecuted for participating in an association of
criminals and in the activities of a terrorist group.
The case will be heard by the 23rd Criminal Chamber of the Brussels
court of first instance on Friday 11 March 2022. The case is
exceptional; the 4 people accused belong to a group that planned an
assassination attempt in Belgium against 2 Kurdish prominent figures:
Remzi Kartal, the co-chairman of Kongra-Gel and Zübeyir Aydar.
It all started early 2017. A Kurdish construction worker was approached
by his Turkish employer asking if he could gain access to Kurdish
public figures, in particular Aydar and Kartal. He would of course be
rewarded for his cooperation.
When the construction worker agreed, his employer puts him in touch
with his brother-in-law, who is a former security officer of the
Turkish embassy in Paris and ex-police officer within the political
department of the Istanbul police. This man is described by his family
as "a hunter of Kurds" and is known by the nickname "the Colonel". It
became rapidly clear that the real plan is to commit an assassination
attempt, in Belgium, on Aydar and Kartal.
A little later, a second person appears on the scene taking the lead of
operational management for this case. It concerns a Turk based in
Reims.
After Aydar and Kartal heard rumours of the plans and filed a civil
suit at the hands of a Belgian investigating judge, the police services
followed the group's doings. The Colonel, the man from Reims and the
Kurdish construction worker are observed as they make reconnaissance
trips around the offices of the Kurdish National Congress (KNK) in
Brussels where Aydar and Kartal are staying. While checking their
vehicle, carried out under the guise of a traffic stop, the Colonel
pulls out a Turkish police service card to impress “his local
colleagues”.
During tapped conversations it becomes quite clear that the group is
indeed preparing a terrorist attack. The Kurdish construction worker
and the man from Reims discuss how the KNK building in Brussels can be
penetrated to carry out "the work". But the Kurdish construction worker
is worried about how to escape. When the man from Reims cannot give a
clear answer, the Kurdish construction worker accuses him of being
asked "to cause a massacre" without there being a workable plan to
escape after the attack.
Both the Colonel and the man from Reims have ties with France.
Therefore, an investigation was conducted in France at the request of
the Belgian judicial authorities. That research yielded very
interesting results. The 2 who pulled the strings in the planned attack
in Belgium are part of a group of about 5 people in France.
The investigation reveals that this group not only collects
intelligence about opponents but also maintains very close contacts
with the Turkish embassy and even directly with President Erdogan's
immediate environment in Ankara. When Erdogan travelled to Paris in
2018, this group was in charge of hosting 2 members of the Turkish
National Security Council.
One of them is Adnan Tanriverdi, a retired army general who recycled
himself as head of Sadat, a highly controversial private military
company modelled on the ‘American Blackwaters’ or the ‘Russian Wagner’.
The Colonel, the man from Reims and another member of the group in
France were received during this period at the Presidential Palace in
Ankara and have their picture taken with another member of the National
Security Council, Seyit Sert elik. Sert elik specializes in the denial
of the genocide against the Armenians and is active in the
Turkish-occupied areas of Syria.
Despite overwhelming indications that this is indeed a plan sent from
Ankara to prepare a terrorist attack in Belgium, the Belgian prosecutor
takes the position that there is insufficient evidence.
However, this plot is entirely in line with decades of covert Turkish
operations in Europe to incapacitate, spy on and intimidate opponents.
During a press conference on March 1, witnesses from various European
countries will report on these facts and will present a well-documented
report prepared by a journalist and the KNK with examples of activities
of Turkish agents in Europe.
Following speakers will attend the press conference:
Jan Fermon, Belgian lawyer; defending Aydar and Kartal in the Belgian
case. He will provide information and answer questions related to the
criminal proceedings.
Antoine Comte, French lawyer; he testifies about similar facts in
France and was very closely involved in the trial of the murders on 3
Kurdish women in Paris (2013).
Hayko Bağdat and Erk Acarer; Turkish journalists living in Germany.
Both have been following this particular case for years.
Zübeyir Aydar and Remzi Kartal; the 2 Kurdish prominent figures being
threatened
mailto:koerdisch.instituut@skynet.be
Legislative immunity of HDP’s
Semra Güzel to be lifted
Examining the
summaries of proceedings against Peoples' Democratic Party (HDP)
Diyarbakır MP Semra Güzel, the Parliamentary Joint Commission on
Constitution and Justice has concluded by a majority of votes that the
legislative immunity of the MP should be lifted. The members of the
Commission from the HDP have expressed a dissenting opinion.
As Bekir Bozdağ, the
former chair of the commission, has been appointed as the Minister of
Justice, AKP Tokat MP Yusuf Beyazıt has been elected as the chair of
the commission. He presided over the meeting where the case of HDP's
Semra Güzel was debated and voted on.
After the press
members took pictures and videos before the meeting, they were taken
out of the hall. The HDP criticized that journalists were taken out of
the room. The party also criticized the new commission chair for
refusing to open a debate on the procedure.
Mehmet Rüştü Tiryaki,
a member of the commission from the HDP and who was also to make
defense on behalf of Güzel, talked about the party's requests regarding
the debate on the bylaw and said:
"There is no
provision in the regulation stipulating that the meeting shall be
closed to the press. There is no such a provision in either the bylaw
or in the Constitution. You cannot just shrug it off by saying that it
is a long-established practice or tradition. This commission meeting is
not any different from the others. It is neither superior nor inferior
to them."
Noting that "the same
principles are valid", Tiryaki explained: "The things work at the Joint
Commission in the same way as the health commission or the commission
on the ministry of national education."
'An extrajudicial
execution'
In the face of HDP's
objections and criticisms, Nationalist Movement Party (MHP) Group
Deputy Chair Levent Bülbül said that the HDP did not oppose to the
press being removed from the meeting hall when the summary of
proceedings against the-then HDP Mardin MP Tuma Çelik was being
discussed. In response to these remarks, Tiryaki answered:
"In the case of
summary of proceedings brought against Tuma Çelik, there was an
allegation that a woman had been sexually assaulted. We especially did
not raise an objection to it, considering that it might harm the woman
if these debates were debated in public.
"We considered not
our own MP, but the woman to be essential. There is already an
extrajudicial execution. Semra Güzel has been executed and condemned in
an extrajudicial manner via the media outlets and by the MPs who are
members of the commission. In fact, she has even been stripped of her
MP status. Because it is said that she cannot serve as an MP."
The talks are against
the law
Speaking after the
defense, HDP Ağrı MP and commission member Abdullah Koç referred to the
European Court of Human Rights (ECtHR) rulings and said: "To begin
with, removing legislative immunities has been found unlawful. For this
reason, an unlawfulness has been and is still detected in the
investigations and prosecutions that have been launched."
Reminding the
commission that Justice Minister Bekir Bozdağ presided over the Joint
Commission dated January 20, 22, Koç said:
"He expressed his
opinion against our MP. As per the Article 159 of the Constitution, the
Justice Minister is the second chair of the Board of Judges and
Prosecutors (HSK). In this sense, the talks on legislative immunity are
against the law in two ways. It has acquired a political meaning. One
more member of the Joint Commission has lost his impartiality with his
previous messages. In this sense, any action to be taken is not legally
possible; the file on legislative immunity must be returned."
HDP expressed a
dissenting opinion
After the talks, the
report foreseeing the lifting of HDP MP Semra Güzel's legislative
immunity has been accepted by the votes of the ruling AKP, MHP, main
opposition Republican People's Party (CHP) and İYİ Party MPs. The
commission has decided that Güzel should be stripped of her legislative
immunity. The HDP has voted against it and expressed a dissenting
opinion.
What will happen now?
According to the
related regulation, a report issued by the Parliamentary Joint
Commission on Constitution and Justice and foreseeing the lifting of a
legislative immunity is referred to the General Assembly of the Grand
National Assembly of Turkey (TBMM). The report is distributed to the
MPs and read out and debated at the General Assembly of the Parliament.
Two MPs, one for and
one against, make a speech about the report. As for the MP facing a
summary of proceedings seeking to lift her legislative immunity, she
can make her own defense at the Drafting Commission, Joint Commission
or the General Assembly of the Parliament or shall pass this right on
to another MP so that she or he can make defense on her behalf.
If there are no
requests for speaking or making defense, the talks are brought to an
end. Afterwards, the report is taken to open vote. The quorum of
decision (151 votes) is enough to lift the immunity.
What happened?
The pictures of HDP
Diyarbakır MP Semra Güzel with Volkan Bora, who was killed in an
airstrike of the Turkish Armed Forces in 2017, have recently been
revealed. Semra Güzel has said that Bora was his "fiance" and the
picture was "taken during the resolution process".
After the pictures
were published and broadcasted by pro-government media outlets, AKP
Chair and President Recep Tayyip Erdoğan said, "We have swiftly sent
this to the joint commission. The necessary will be done. We don't want
to see such people at the Parliament."
Saying that she was
not affiliated with any political party when the pictures were taken,
Güzel has asked why no investigation has been launched so far into the
pictures found on Volkan Bora. She has argued that the pictures taken 5
years ago are used as a "plot" against her.
A summary of
proceedings has been issued against Güzel to lift her legislative
immunity and sent to the Joint Parliamentary Commission.
Before the Joint
Commission convened on January 20, 2022, İYİ Party Chair Meral Akşener
and main opposition CHP Parliamentary Group Deputy Chair Özgür Özel
announced that they would vote in favor of the summary of proceedings
against Semra Güzel.
The Drafting
Commission, a sub-commission of the Parliamentary Joint Commission
established to review the summaries of proceedings against Semra Güzel,
has issued a report and expressed an opinion in favor of lifting the
legislative immunity of the HDP MP. (BIA,18 February 2022)
HDP Women’s Assembly expresses support
for Diyarbakır MP Semra Güzel
The Peoples' Democratic Party (HDP) Diyarbakır Women's Assembly made a
statement about the pressure and attacks on women politicians in a
meeting in the Kurdish-majority southeastern province of Diyarbakır
yesterday (February 7). The meeting was attended by several women.
Taking the floor at the event, HDP Diyarbakır Co-Chair Gülistan Atasoy
said that the government of the Justice and Development Party (AKP) and
its Nationalist Movement Party (MHP) is in a process of collapse.
"It is stepping up its attacks on peoples in order to get out of this
collapse. It wants to drag the entire society to darkness alongside
itself. It does not stop targeting especially Kurdish women. We have
seen the last example of this in the case of our Amed (Diyarbakır in
Kurdish) MP Semra Güzel. We are here to say that we side with all our
fellow women," added Atasoy.
Speaking afterwards, HDP Diyarbakır Women's Assembly Spokesperson
Yasemin Üçer raised concerns that hardly a day passes without an attack
on women's struggle for freedom. She added:
"The witch hunts that began in the darkness of Middle Ages today
continue with detentions and arrests as well as policies of isolation
and torture against an entire society, especially against women."
HDP Diyarbakır MP Dersim Dağ argued that the attacks targeting Semra
Güzel are carried out by the "male and fascistic mentality."
She briefly added, "Today, they are attacking millions in the person of
Güzel. They always carry out their attacks through women and they start
this with the Kurdish women first. This is an attack on the Kurdish
women identity and against the TJA [Free Women's Movement]."
What happened?
The pictures of HDP Diyarbakır MP Semra Güzel with Volkan Bora, who was
killed in an airstrike of the Turkish Armed Forces in 2017, have
recently been revealed. Semra Güzel has said that Bora was his "fiance"
and the picture was "taken during the resolution process".
After the pictures were published and broadcasted by pro-government
media outlets, AKP Chair and President Recep Tayyip Erdoğan said, "We
have swiftly sent this to the joint commission. The necessary will be
done. We don't want to see such people at the Parliament."
Saying that she was not affiliated with any political party when the
pictures were taken, Güzel has asked why no investigation has been
launched so far into the pictures found on Volkan Bora. She has argued
that the pictures taken 5 years ago are used as a "plot" against her.
A summary of proceedings has been issued against Güzel to lift her
legislative immunity and sent to the Joint Parliamentary Commission.
Before the Joint Commission convened on January 20, 2022, İYİ Party
Chair Meral Akşener and main opposition CHP Parliamentary Group Deputy
Chair Özgür Özel announced that they would vote in favor of the summary
of proceedings against Semra Güzel.
The Drafting Commission, a sub-commission of the Parliamentary Joint
Commission established to review the summaries of proceedings against
Semra Güzel, has issued a report and expressed an opinion in favor of
lifting the legislative immunity of the HDP MP. (BIA, February 8, 2022)
Syrie: fin des
opération de ratissage dans la prison attaquée par l'EI
Les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, ont
annoncé dimanche la fin des opération de ratissage dans la prison
attaquée par le groupe Etat islamique (EI) dans le nord-est de la Syrie.
"Nous annonçons la fin de la campagne de ratissage dans la prison de
Ghwayran à Hassaké et dans les poches où étaient retranchés des
combattants de l'EI" dans la partie nord du centre pénitencier, ont
indiqué les FDS dans un communiqué.
Fer de lance de la lutte contre l'EI en Syrie, les FDS avaient déclaré
mercredi avoir repris le contrôle de la prison, où étaient détenus des
milliers de jihadistes, à l'issue de six jours d'intenses combats.
Mais des dizaines de jihadistes s'étaient retranchés dans la partie
nord, "difficile à viser par les airs ou à accéder par voie terrestre",
selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui dispose
d'un vaste réseau de sources en Syrie.
"Grâce au courage et à la détermination des membres des SDF, dont
beaucoup de membres ont fait le sacrifice de leur vie, l'Etat islamique
a échoué dans ses efforts pour mener à bien une évasion massive qui lui
aurait permis de reconstituer ses rangs", a commenté le conseiller
américain à la sécurité nationale Jake Sullivan, dans un communiqué.
Selon l'OSDH, vingt jihadistes se sont rendus dans la nuit de samedi à
dimanche, alors que cinq autres sont morts dans des combats dans la
prison.
Les Unités de protection du peuple (YPG), principale milice kurde en
Syrie, ont diffusé des images présentées comme la reddition de
plusieurs jihadistes.
Détenus en fuite
L'attaque déclenchée le 20 janvier par l'EI contre cette prison a été
la plus importante offensive du groupe depuis sa défaite territoriale
en Syrie en 2019 face aux forces kurdes.
L'administration autonome kurde contrôle de vastes régions du nord et
du nord-est de la Syrie.
L'attaque de la prison, et les combats ayant suivi, ont fait 373 morts,
dont 268 jihadistes, 98 membres des forces kurdes et sept civils, selon
un nouveau bilan de l'OSDH.
La hausse du nombre de morts est due à la découverte de nouveaux
cadavres --de combattants kurdes et de jihadistes-- durant les
opérations de ratissage dans les bâtiments de la prison et les
quartiers adjacents, selon l'Observatoire.
Celui-ci estime que le bilan risque encore de s'alourdir car de
nombreux combattants kurdes ont été grièvement blessés lors de ces
combats.
Les FDS enquêtent sur les circonstances de l'attaque de l'EI, a assuré
l'OSDH. "Des dizaines de détenus de l'EI ont réussi à s'enfuir (...)
dans les premières heures de l'attaque", a précisé l'ONG.
Depuis jeudi, les affrontements ont poussé à la fuite par un temps
glacial environ 45.000 personnes qui vivaient dans les secteurs proches
de la prison, d'après l'ONU.
La guerre en Syrie, qui a début en 2011, a fait environ un demi-million
de morts et provoqué le plus vaste déplacement de population depuis la
Seconde guerre mondiale. (AFP, 1er février 2022)
Washington appelle ses alliés à
rapatrier leurs jihadistes en Syrie
Les Etats-Unis ont appelé lundi leurs alliés à "rapatrier d'urgence"
leurs ressortissants soupçonnés d'être des jihadistes et détenus dans
le nord-est de la Syrie, après l'attaque lancée contre une prison par
le groupe Etat islamique (EI).
Les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, ont
annoncé dimanche la fin des opérations de ratissage dans la prison de
Ghwayran, à Hassaké, à l'issue de plusieurs jours de combats intenses
qui ont fait 373 morts dont 268 jihadistes selon une ONG. Des milliers
de jihadistes se trouvaient dans le bâtiment.
Washington salue les FDS pour "leur réponse héroïque et efficace" à
l'assaut, a affirmé dans un communiqué le porte-parole du département
d'Etat, Ned Price, selon qui "de hauts dirigeants de l'Etat islamique
ont été capturés ou tués" lors des combats. C'était la plus importante
offensive du groupe EI, qui cherchait à libérer des sympathisants,
depuis sa défaite territoriale en Syrie en 2019 face aux forces kurdes.
"Les tactiques violentes et désespérées de l'Etat islamique rappellent
au monde que le groupe terroriste reste une menace qui peut et doit
être vaincue", a déclaré Ned Price. Et "cette bataille rappelle que la
défaite durable de l'EI nécessite le soutien de la communauté
internationale", a-t-il souligné. Les Etats-Unis appellent donc leurs
alliés au sein de la coalition antijihadiste à "améliorer" les
conditions de détention des combattants de l'EI afin qu'elles soient
"sûres et humaines" et à "rapatrier d'urgence leurs ressortissants et
autres détenus restés dans le nord-est de la Syrie".
Analystes, responsables militaires et autorités civiles s'accordent
depuis la chute officielle de l'EI pour dire que ces prisons
constituent de véritables pépinières à jihadistes, abritant militants
locaux et combattants étrangers. Mais la plupart des pays concernés
rechignent à rapatrier leurs ressortissants, préférant les laisser aux
mains des autorités kurdes. Ces dernières affirment que plus de 50
nationalités sont représentées dans les prisons qu'elles gèrent. Elles
disent depuis longtemps qu'elles n'ont pas les moyens de garder, et
encore moins de juger, les combattants de l'EI capturés au fil des
ans(AFP, 31 janvier 2022)
Minorités
/ Minorities
Over 47 thousand students choose
‘endangered languages’ in 2 years
The Ministry of National Education has announced the most preferred
elective courses at secondary schools in the 2021-2022 educational
year. As reported by Anadolu Agency (AA), the most preferred elective
was Application of Mathematics with 2,891,442 students.
Offering a series of languages including Adyghe, Abkhazian, Kurmanji,
Kırmancki, Laz language, Georgian, Bosnian and Albanian at secondary
schools, the Living Languages and Dialects elective couse was chosen by
23,028 students in 2021 and by 24,368 students this year.
50 thousand students chose climate change
While 2,006,698 students chose Foreign Language elective course,
1,963,581 students preferred Applications of Science, 1,208,822
students elected Sports and Physical Activities, 861,838 students chose
Writing Skills, 807,327 students picked Quran, 675,083 students elected
Reading Skills, 645,257 students elected "The Life of Our Prophet"
class, 414,340 students chose the Mind Games, 355,653 preferred Basic
Religious Information and 55,674 students picked the Environment and
Climate Change course, which will be offered next educational year.
Math preferred the most
After social activity and math, the 10 most preferred courses of high
school students were as follows: Geography by 910,507 students; Turkish
Language and Literature by 655,991 students, Biology by 627,267
students, Physics by 595,863 students, Chemistry by 594,241 students,
Basic Religious Information by 452,165 students, The Life of Our
Prophet course by 439,801 students and Basic Mathematics by 433,348
students. (BIA, 24 February 2022)
Reprise des vols commerciaux entre
la Turquie et l'Arménie
Les premiers vols commerciaux depuis deux ans ont repris mercredi entre
la Turquie et l'Arménie, qui s'engagent actuellement vers une
normalisation de leurs relations.
Un premier appareil de la compagnie moldave à bas prix FlyOne, qui
dispose d'une filiale en Arménie, s'est posé sous la pluie en début de
soirée à l'aéroport d'Istanbul International en provenance d'Erevan,
selon une vidéo postée sur Twitter par l'agence de presse turque
Anadolu.
"Je vois l'Arménie et la Turquie comme des frères : une partie de notre
famille est ici et l'autre est en Arménie", a confié le passager turc
Sezar Yilidirm avant d'embarquer à Istanbul.
Narin Ayvazian, une Arménienne vivant en Turquie, a ajouté : "Je
suis
sûre que d'autres bonnes choses suivront, si Dieu le veut."
Aram Ananyan, le patron de FlyOne pour l'Arménie, a remercié les
autorités turques et salué les responsables de l'aéroport qui "ont
accueilli les premiers passagers avec des fleurs et des chocolats",
selon Anadolu.
Un peu plus tard dans la soirée, à 23H40 (20H40 GMT), un avion de la
compagnie turque Pegasus a décollé à destination de la capitale
arménienne avec une centaine de passagers à son bord à partir de
l'autre aéroport stambouliote, Sabiha Gokçen, situé sur la rive
asiatique, a constaté l'AFP.
L'arrivée comme le départ des passagers de ces premiers vols ont été
abondamment suivis par les médias turcs, signe de l'intérêt porté à la
reprise des relations entre les deux pays.
- Première pour Pegasus -
La liaison avec Erevan est une première pour Pegasus, qui mise sur
trois rotations par semaine, a dit à l'AFP une porte-parole - refusant
d'être nommée.
FlyOne prévoit également deux allers-retours hebdomadaires entre la
capitale arménienne et Istanbul, avait précédemment déclaré son patron
à l'AFP.
Aram Ananyan souligne que "ces vols sont importants pour maintenir les
liens entre la communauté arménienne d'Istanbul et l'Arménie".
La quasi-totalité de la communauté arménienne de Turquie - 50.000 à
70.000 personnes selon
les estimations - est installée dans cette mégapole située sur le
Bosphore.
Les vols entre les deux pays étaient interrompus depuis début 2020 et
le dépôt de bilan de la compagnie turque à bas prix Atlasglobal, qui
assurait plusieurs liaisons hebdomadaires.
Les voyageurs devaient en conséquence transiter par la Géorgie pur se
rendre de Turquie en Arménie.
"C'est bien sûr une bonne nouvelle, mais ce n'est que le retour à une
situation antérieure (...) L'implication de Pegasus, une compagnie
régulière turque - et pas seulement de charters - est positive mais pas
révolutionnaire", a tempéré Thomas De Waal, un chercheur au centre de
réflexion Carnegie Europe interrogé par l'AFP.
"Saluons cette étape, mais sans lui accorder trop de signification
politique", a-t-il estimé.
La frontière terrestre entre la Turquie et l'Arménie reste en revanche
fermée depuis 1993, obligeant les camions à transiter par la Géorgie ou
l'Iran.
La Turquie et l'Arménie ont récemment entamé des contacts directs
devant mener à la normalisation de leurs relations par la désignation,
puis la rencontre à Moscou, le 14 janvier, de leurs envoyés spéciaux,
Serdar Kiliç côté turc, et Ruben Rubinyan pour l'Arménie.
Le règlement du conflit au Nagorny Karabakh après six semaines de
guerre en novembre 2020, au profit de l'Azerbaïdjan, un allié d'Ankara,
rend aujourd'hui possible ce rapprochement, vivement souhaité par
l'Arménie en proie à des difficultés économiques et encouragé par la
Russie. (AFP, 2 fév 2022)
Politique
intérieure/Interior Politics
Ankara perd une
fois de plus
Ragıp Duran, Chronique Turquie, 26 février 2022
Le régime turc, qui occupe encore Chypre du nord et une partie de la
Syrie s’oppose contre l’invasion de l’Ukraine. Erdogan aurait de bonnes
rapports avec Moscou et Kiev mais personne ne le prend au sérieux. La
Turquie commence à souffrir des attaques militaires de Poutine.
***
L’invasion de l’Ukraine par les troupes russes a eu, bien entendu,
beaucoup d’effet negatifs sur la Turquie. Erdogan aurait, selon ses
propres déclarations, de très bonnes rapports et avec Moscou et
avec
Kiev. Mais la nature de ces relations ne sont pas identiques: La
Turquie était obligé d’acheter des missiles S-400 russes au nom de
l’opposition contre Washington. Et la Turquie a vendu des drones à
l’Ukraine cette fois au nom de l’opposition contre Poutine.
"L’intrigue orientale" ou "la ruse malhabile" a fait faillite quand
‘’le grand allié’’ a commencé a occuper la patrie du ‘’petit allié’’.
Ankara dénonce l’occupation militaire russe en Ukraine, mais la
capitale turque oublie qu’elle est elle même accusée d’avoir occupé
Chypre et la Syrie du nord.
Front diplomatique: Ankara, au départ s’est presenté comme un bon
intermédiaire entre Moscou et Kiev. Mais ces deux capitales n’ont même
pas pris au sérieux la proposition turque.
Front financier: La trésorerie et la Banque Centrale turque risquent de
perdre beaucoup à cause de la montée récente de la valeur du dollar
américain suite à l’invasion de l’Ukraine. Erdogan avait inventé
‘’le
compte en livre turque convertible en dollar’’ pour empêcher la
faillite de la livre turque. L’Etat payerait la différence des cours de
changes les dépositaires.
Front militaire: Les drones turcs produits par le gendre du Président
Erdogan n’ont pas pu empêcher les occupants russes. Par ailleurs
Mme
Meral Aksener (Opposition, droite nationaliste) a estimé que
"l’occupation de l’Ukraine par Moscou est en même temps une menace qui
vise la Turquie."
La Convention de Montreux (Convention İnternationale signée en 1936 qui
règle le passage des navires civils et militaires par les Dardanelles
et le Bosphore) : L’Ukraine a demandé à la Turquie la fermeture des
Dardenelles et du Bosphore aux bâtiments de guerre russes. Ankara
n’a
pas encore répondu officiellement mais le texte de la Convention permet
aux pays riverains de la Mer Noire le passage libre même des bâtiments
de guerre qui rentrent à leur base navale d’origine. Par ailleurs
certains dispositions de la Convention limitent le droit de passage en
"état de guerre".
Relations avec le monde occidental: La faiblesse des réactions de
Washington et de Bruxelles contre Poutine a renforcé le front
nationaliste, anti-UE en Turquie. De la gauche pro-russe aux
réactionnaires classiques, certains groupes et personnalités turcs
accusent "l’impérialisme américain" et "la CİA" au sujet de
l’occupation de l’Ukraine par l’armée russe.
"Une politique et une diplomatie sans principe, basées sur les intérêts
personnels d’un seul homme qui se croit le nouveau conquérant et qui
change de couleur et de direction selon les adversaires ou alliés ne
peuvent aider en aucun cas à la Turquie" croit un professeur de droit
international en exil en Allemagne.
Résistance pacifique parfois rigolo
contre Erdogan
Ragıp Duran, Chronique Turquie, 12 février 2022
Une exclusivité dans une pâtisserie: Le ‘’baklava vide’’à 20 livres
turques (LT), c’est à dire 1.30 Euro le kilo. Donc un baklava sans
pistache, sans noix ou sans noisette. Uniquement de la pâte boullie ou
grillé avec du sucre! Alors que le kilo du vrai baklava coûte entre 150
et 200 LT (9.70 Euros et 12.9 Euros).
Au marché, un vendeur fait de la publicité pour ses sous-vêtements,
caleçons et flanelles en laine: ‘’Solution magique pour réduire les
factures du gaz naturel!’’.
Privé d’électricité pendant plus de 3 jours à Isparta (Anatolie
Centrale), une mère a du pendant toute la journée chauffer de l’eau
pour se réchauffer et surtout pour protéger son bébé du froid glacial.
Sur les médias sociaux, on voit un coiffeur sécher les cheveux de son
client en soufflant sur sa tête: Je n’ai pas pu payer la facture
d’électricité, dit-il.
Les stars médiatiques, chanteurs, artistes, comiques…publient sur les
réseaux leurs factures d’électricité ou bien du gaz naturel. Parfois le
double ou le triple du loyer! Ils se plaignent:
- Même le hamam du quartier ne paie pas autant que moi!
- Chez moi c’est 150 m2 et ce n’est pas une usine mais ma facture
d’électricité est celle d’une usine.
Le chef de l’opposition parlementaire, M.Kilicdaroglu, Président du
Parti Républicain du Peuple (Kémaliste) a déclaré qu’il ne paiera pas
sa facture d’électricité ‘’jusqu’à ce qu’Erdogan annule les
augmentations’’.
La principale formation de l’opposition, nationaliste et Etatiste par
principe, s’oppose clairement contre les manifestations de rue, car
elle croit qu’il s’agit d’une provocation du régime. Ce parti a tout
misé sur les élections, dont personne ne sait si elles se tiendront et
dérouleront d’une façon juste, légale, transparent et démocratique.
Les petits appareils pour chauffer les terasses des cafés sont
désormais payants.
Un patron d’un café a annoncé ses nouveaux prix de thé et de café. Il a
ajouté ‘’La contribution de 2% pour la TRT’’, (Radio télévision de
l’Etat), que l’on voit normalement sur les factures d’électricité.
Caricature encore sur la toile dans laquelle deux citoyens sont en
conversation:
-Est-ce que à ton avis Poutine va envahir l’Ukraine?
-Laisse ça…Est ce que tu as payé la facture d’électricité?
Il y a eu quand même dans certaines villes, surtout dans les régions
kurdes, des manifestations et marches de protestation en masse contre
les hausses des prix, reprimées par les forces de l’ordre. Cette fois
ceux qui descendent dans la rue ne sont pas les manifestants
traditionnels c’est à dire les jeunes, les étudiants, les
syndicalistes, les activistes, mais ce sont les petits
commerçants,
les artisans et les membres des classes moyennes qui manifestent leur
colère.
Il y a également dans quelques petites et moyennes entreprises des
grèves ou des préparations de grève des travailleurs qui refusent une
augmentation de 30% des salaires proposée par patronnat. Tout est au
moins deux fois plus cher par rapport à l’année dernière.
Faut-il également préciser que les partisans d’Erdogan, bien qu’en
nombre décroissant, osent encore défendre sur les écrans du
gouvernement les hausses de prix.
- Tout ira mieux, le Grand Chef va résoudre tous les problèmes.
- C’est un manoeuvre des Etats Unis, d’Israel et de l’Occident !
- C est bon pour l’économie nationale.
Le régime, pour boucher les trous du budget public n’a pas d’autre
solution que d’augmenter d’au moins de 75 pc. tous les prix: L’essence,
l’électricité, le gaz naturel et autres…
L’ensemble de l’industrie turque a été privé de l’électricité pendant 3
jours. Les hommes d’affaires ont estimé que c’était obligatoire pour la
défense nationale.
Certains chroniqueurs sont fous de colère:
- On n’est même pas au niveau de Kazakhistan. Il faut que le peuple se
révolte. Mais le notre ressemble plutôt à un troupeau de mouton!
Le mécontentement populaire se traduit essentiellement sur les réseaux
sociaux. Mais les procureurs ne perdent pas de temps pour ouvrir une
interrogation contre les internautes de l’opposition. Par exemple il
est interdit d’envoyer des messages humoristiques à propos du Covid-19
du Président Erdogan. ‘’Insulte au Président de la République’’ disent
les hommes en robe noire.
- Meilleure santé au Covid-19 car il paraît que le virus a attrapé
Erdogan!
- Le Président dans sa lutte personelle contre le Covid demande aux
citoyens de prier. Les citoyens savent pour qui prier!
Jeudi, le dernier test d Erdogan fut négatif, donc pas de
blagues!
Enfin il y a quand même une petite lumière d’espoir dans certains
messages:
- Le jour de l’élection, quand tu verras sur le bulletin de vote
l’ampoule (Symbole du Parti d’Erdogan), rapelle toi de ta facture
d’électricité
- Si tu ne peux pas payer ta facture d’électricité alors éteint
l’ampoule!
- On dit que l’argent ne fait pas le bonheur. C’est vrai pour la livre
turque. Mais le dollar et l’euro font le bonheur!
Les sociologues et historiens pensent qu’une conception dogmatique de
la réligion, c’est à dire ne croire qu’au destin, empêche une grande
partie de la population turque à se révolter contre les injustices, les
hausees des prix, les mauvaises pratiques illégales et illégitimes du
pouvoir.
Par ailleurs au niveau politique, l’opposition officielle empêche
également toute protestation populaire et massive qui peut nuire le
régime.
Le
président turc Erdogan annonce être positif au
Covid-19
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé samedi avoir été testé
positif au Covid-19, sans avoir de symptômes sévères.
"Après avoir ressenti de légers symptômes, mon épouse et moi-même avons
été testés positifs au Covid-19. Nous avons par chance une infection
légère, dont nous avons appris qu'elle était due au variant Omicron", a
tweeté le président, âgé de 67 ans.
"Nous continuons d'assumer nos fonctions. Nous allons poursuivre notre
travail de chez nous. Nous espérons vos prières", a-t-il ajouté.
"Si Dieu le veut, nous nous débarrasserons de cette infection ensemble
avec M. Tayyip", a de son côté écrit son épouse Emine Erdogan, âgée de
66 ans, sur son compte Twitter officiel.
Le président turc a reçu sa troisième dose de vaccin contre le Covid en
juin dernier.
La Turquie, qui compte environ 85 millions d'habitants, a enregistré
quelque 12 millions de cas de Covid-19 et près de 90.000 morts liées au
coronavirus depuis le début de la pandémie.
Ce pays exige depuis janvier de s'isoler pendant sept jours en cas de
test positif avec la possibilité de rompre sa quarantaine si le test
s'avère négatif au cinquième jour.
Le nombre quotidien des nouveaux cas a augmenté ces dernières semaines
en Turquie, dépassant les 100.000, les autorités incriminant le nouveau
variant Omicron.
Les masques sont largement utilisés en Turquie mais les écoles et les
universités restent ouvertes et la vie se poursuit normalement sans
restrictions.
Selon les derniers chiffres officiels disponibles samedi, 52,5 millions
de Turcs ont reçu une deuxième dose de vaccin. Plus de 25 millions ont
également reçu leur troisième dose et les autorités continuent de faire
campagne pour la vaccination. (AFP, 5 fév 2022)
Forces
armées/Armed Forces
Raids turcs meurtriers
contre des positions kurdes en Irak et en Syrie
La Turquie a mené des frappes aériennes meurtrières contre des
positions de rebelles kurdes turcs en Irak et des forces kurdes
syriennes en Syrie, visées par un assaut jihadiste sanglant fin janvier.
Pays limitrophe de la Syrie en guerre et de l'Irak, la Turquie déploie
des troupes dans le nord de la Syrie en guerre depuis 2020 et contrôle
des zones avec ses supplétifs syriens.
Selon le ministère turc de la Défense, les raids ont visé mardi soir
"des abris, des bunkers, des grottes, des tunnels, des dépôts de
munitions et des présumés quartiers généraux et camps d'entraînement",
utilisés par le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) en Irak et
par les Unités de protection du peuple (YPG, forces kurdes syriennes),
en Syrie.
Le PKK, groupe rebelle kurde turc, qualifié de "terroriste" par la
Turquie et ses alliés occidentaux, mène une insurrection dans ce pays
depuis 1984. Ankara considère les YPG comme une émanation "terroriste"
du PKK en Syrie.
D'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les raids
turcs ont frappé en Syrie une centrale électrique près de la ville
d'Al-Malikiya dans la province de Hassaké, sous contrôle de
l'administration locale kurde. "Au moins quatre personnes ont été
tuées."
Ces frappes sont survenues quelques heures après des funérailles
rassemblant des centaines de personnes dans cette même ville,
organisées pour les combattants kurdes tués lors d'une récente attaque
du groupe jihadiste Etat islamique (EI) contre une prison de Hassaké
gérée par les Forces démocratiques syriennes (FDS), dont le pilier sont
les YPG.
- Des "déplacés blessés" -
Mercredi soir, les forces turques ont intensifié leurs bombardements
dans le nord-est de la Syrie, visant notamment "une vingtaine de
villages et sites (...) dans la région de Hassaké et le nord de la
province de Raqa", selon l'Observatoire.
Les tirs ont pris pour cible des zones résidentielles, causant le
déplacement d'un grand nombre d'habitants, a ajouté la même source.
L'OSDH avait auparavant fait état également de plus de 40 roquettes et
obus tirés depuis mardi soir par les forces turques sur des zones du
nord de la province d'Alep sous contrôle kurde.
Mercredi, au moins huit personnes, dont cinq civils, ont été tuées et
29 blessées dont certaines grièvement dans un bombardement dans la
ville d'al-Bab dans la province d'Alep, sous contrôle des forces
turques et de ses supplétifs syriens, avait aussi indiqué l'OSDH sans
préciser d'où provenaient les tirs.
En Irak, dans la région autonome kurde du Kurdistan (nord), "des avions
de combat turcs ont visé plusieurs positions du PKK", notamment dans
les régions de Makhmour et de Sinjar, selon un communiqué des services
antiterroristes du Kurdistan, évoquant "des pertes humaines".
"L'aviation militaire turque a bombardé six positions du PKK dans les
montagnes de Karjokh", surplombant un camp de déplacés kurdes à
Makhmour, ont-ils précisé.
Un groupe armé lié au PKK qui gère le camp a fait état de "deux
combattants tués et de dizaines de blessés parmi les résidents du camp".
- "Violation de l'espace aérien" -
Dans un communiqué, les forces de sécurité irakiennes ont dénoncé une
"violation de l'espace aérien irakien", se disant prêtes "à coopérer
pour stabiliser la situation à la frontière".
La Turquie a de facto installé des dizaines de bases militaires depuis
25 ans au Kurdistan irakien. Elle a lancé en 2021 une nouvelle campagne
militaire contre le PKK dans le nord de l'Irak, avec des bombardements
aériens récurrents.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan accuse le PKK d'utiliser la zone
frontalière montagneuse comme tremplin pour son insurrection.
Ces derniers mois, plusieurs soldats turcs ont été tués dans des
attaques dans le nord de l'Irak imputées au PKK.
En Syrie, pays morcelé en raison d'une guerre dévastatrice, les forces
turques ont ciblé à plusieurs reprises les YPG.
"La Turquie essaie de continuer ce que l'EI a commencé", ont accusé les
YPG sur Twitter, en référence à l'assaut de l'EI qui cherchait à
libérer des jihadistes de la prison attaquée. "Tout le monde doit agir
contre cette attaque maintenant".
Les FDS ont annoncé dimanche la fin des opérations de ratissage dans la
prison après plusieurs jours de combats qui ont fait 373 morts dont 268
jihadistes selon l'OSDH.
Soutenues par les Etats-Unis, les FDS sont le fer de lance de la lutte
contre l'EI, chassé de ses fiefs en Syrie et en Irak mais qui continue
de mener des attaques à travers des cellules dormantes. (AFP, 2 fév
2022)
Affaires
religieuses / Religious Affairs
Rabat et Ankara influencent trop l'islam en Belgique,
selon un ministre
Le ministre belge de la Justice a déploré vendredi l'absence de
réformes à la tête de l'Exécutif des musulmans de Belgique (EMB),
principal organe représentatif de ce culte, jugé trop perméable aux
influences du Maroc et de la Turquie, et menacé de ne plus le
reconnaître comme interlocuteur.
Vincent Van Quickenborne, dont le portefeuille inclut la gestion des
cultes, a annoncé avoir entamé la procédure visant à retirer à cette
instance son statut d'interlocuteur officiel de l'Etat.
Concrètement, ne plus reconnaître l'EMB "signifierait que nous ne
subventionnerons plus cet organisme (à hauteur de 600.000 euros par an
actuellement, ndlr), et que son rôle disparaîtra", a expliqué ce
libéral flamand à la radio publique néerlandophone Radio 1.
Le ministre accuse l'EMB de n'être "pas représentatif de tous les
musulmans de Belgique" et d'ignorer les appels à s'ouvrir aux jeunes,
dans le renouvellement en cours de ses instances dirigeantes.
Dans ce processus prévaut "une logique de mosquées", c'est-à-dire que
seuls les responsables musulmans exerçant déjà dans une mosquée,
souvent âgés, peuvent prétendre à siéger dans le principal organe de
direction de l'EMB, a expliqué à l'AFP un porte-parole du ministre.
A cela s'ajoute une conception "ethnique" des responsabilités
favorisant les imams marocains et turcs, selon la même source. La
communauté musulmane en Belgique est historiquement très
majoritairement issue de ces deux pays.
"Après trois ou quatre générations (d'immigrés), réserver encore le
droit de postuler à un Turc ou un Marocain, ça ne va pas, ça ouvre la
porte à l'ingérence", a déploré ce porte-parole. "C'est vraiment
néfaste pour le développement d'un islam moderne dans ce pays", a-t-il
insisté.
La décision du ministre est "inacceptable", a dénoncé le président de
l'EMB Mehmet Üstün, joint par l'agence de presse Belga. Un de ses
proches s'est étonné que M. Van Quickenborne s'exprime dans les médias
avant d'avoir prévenu l'organisation. Le ministre a dit avoir déjà
lancé deux avertissements depuis 2020.
Seul un arrêté royal pourra acter le retrait à l'EMB de sa
"reconnaissance" par l'Etat belge. La procédure prévoit que les
dirigeants puissent s'expliquer une fois avertis des intentions du
gouvernement.
Mehmet Üstün est dans le collimateur de la Sûreté de l'Etat, le service
de renseignement en Belgique, d'après une récente enquête de la chaîne
flamande VRT. Le président de l'EMB dirige une mosquée dans le Limbourg
qui a été accusée de propager des "idées extrémistes" dans cette
province néerlandophone limitrophe des Pays-Bas, des accusations
vivement contestées par l'intéressé.
Par ailleurs, en octobre 2021, le gouvernement belge avait retiré son
droit de séjour en Belgique à un imam marocain de Molenbeek accusé
d'"extrémisme" et d'"ingérence".
Dans ce pays de 11,5 millions d'habitants, la communauté musulmane
compte entre 600.000 et 800.000 membres, selon les sources. (AFP, 18
fév 2022)
Tempête sur l'une des icônes
architecturales d'Istanbul
Les minarets tendus vers le ciel de la mosquée de Süleymaniye coiffent
le Bosphore et la Corne d'Or depuis le XVIe siècle. Que cette icône
d'Istanbul soit aujourd'hui menacée par un chantier provoque une
tempête dans la mégapole turque.
La construction d'un cube de béton, propriété d'une fondation
religieuse, au pied du site est la dernière atteinte en date à la
silhouette de la ville, livrée aux appétits des promoteurs malgré son
glorieux passé.
"Un tel manque de respect... il n'y a aucune limite", s'étrangle Esin
Koymen, directrice de la Chambre des a rchitectes d'Istanbul, contactée
par l'AFP.
"Beaucoup reconnaissent que cette nouvelle construction altère la
silhouette d'Istanbul. Mais c'est assez rageant de voir perdurer la
désinvolture pour un site aussi emblématique", ajoute-t-elle. "Ca doit
cesser".
La grande mosquée de Süleymaniye a été bâtie en 1550-57 par Sinan, star
de l'architecture ottomane dans la péninsule historique.
Classée au patrimoine mondial de l'Unesco, la mosquée, qui a subi
tremblement de terre et incendies, représente l'Age d'or de l'Empire
sous la férule de Soliman le Magnifique.
Ce n'est pas la première fois que la "skyline" d'Istanbul est
chamboulée par l'apparition de tours qui gâchent ses vues de cartes
postales.
Les défenseurs du patrimoine se sont souvent mobilisés en vain, comme
lors de la construction en 2013 des trois gratte-ciels du quartier de
Zeytinburnu, qui s'est poursuivie malgré une décision de justice et
l'opposition du président Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre.
- "L'âme de Süleymaniye" -
Avec la mosquée de Süleymaniye, la controverse a pris une tournure
politique la semaine dernière quand la municipalité d'Istanbul
--d'opposition-- a scellé l'accès au chantier qu'elle juge contraire au
plan d'occupation des sols.
"Nous ne ferons aucune concession pour préserver le capital historique
et spirituel d'Istanbul", a tweeté le maire Ekrem Imamoglu.
La Fondation pour la propagation de la connaissance, propriétaire du
bâtiment décrié et dont le conseil d'administration est présidé par
Bilal Erdogan, le fils du président, assure que la construction de son
dortoir n'est "pas illégale".
Mais elle a fait marche arrière et arrêté les travaux face au tollé,
même dans les milieux conservateurs.
"Nous ne prendrons part à aucune activité susceptible de porter
atteinte à l'âme de Süleymaniye", a affirmé la semaine dernière à la
presse le directeur de la fondation Nurettin Alan.
"Süleymaniye c'est notre âme, nous ferons tout pour la protéger",
a-t-il indiqué, accusant la mairie d'Istanbul de vouloir politiser
l'affaire.
Yusuf Kaplan, éditorialiste du quotidien pro-gouvernemental Yeni Safak,
a appelé début février à protéger "l'âme de Süleymaniye".
"Nous sommes le seul pays au monde qui détruit ses villes", a-t-il
écrit en qualifiant de "révolution" le débat en cours et appelant à
"nettoyer" les abords de la mosquée.
- La culture, pas la politique -
Selon le directeur du patrimoine culturel de la municipalité d'Istanbul
Mahir Polat, le dortoir de la fondation dépassait de six mètres le
projet initialement approuvé.
Il avait déjà sonné l'alarme en 2020 sur les travaux de restauration
--à coups de marteau-- de la tour byzantine de Galata, bâtie au XIIIe
siècle.
"Comparez les photos de 2016 et celles de 2022. Quiconque regarde le
Bosphore depuis les dômes de Süleymaniye voit bien que (ce bâtiment)
n'était pas là", indique-t-il à l'AFP.
Verrouiller le chantier n'avait, selon lui, "rien" à voir avec la
politique ou l'idéologie.
"Lisez ce qui a été écrit sur Istanbul par les voyageurs du passé comme
par les auteurs contemporains, tous la décrivent comme la ville des
dômes. Et c'est exactement ce front-là qui est menacé aujourd'hui".
M. Polat fait encore valoir que le bâtiment de la fondation n'est pas
la seule menace pesant sur le site, dénonçant les nombreuses bâtisses
construites dans les années 1970-80.
La municipalité, explique-t-il, a établi qu'il ne restait plus que 50
des 525 bâtiments historiques originaux qui entouraient la mosquée de
Süleymaniye.
"Nous allons sauver Süleymaniye", a-t-il lancé.
Esin Koymen regrette que les affaires culturelles prennent un tour
politique. "Quand vous protégez le passé, si c'est une mosquée, vous
êtes pro-gouvernement".
"Mais si c'est un site byzantin, vous êtes d'opposition",
poursuit-elle. "Cette polarisation ignore les principes universels de
la protection du patrimoine". (AFP, Fulya OZERKAN, 18 fév 2022)
18 morts dans des attaques dans le désert en Syrie
Neuf combattants affiliés aux forces kurdes et neuf jihadistes ont été
tués dans des attaques nocturnes dans des zones désertiques de la
Syrie, a indiqué jeudi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme
(OSDH).
Dans la province de Deir Ezzor (est), deux attaques séparées de
jihadistes du groupe Etat islamique (EI) contre deux postes militaires
ont fait mercredi soir cinq et quatre morts parmi les combattants
alliés aux forces de sécurité kurdes, a indiqué l'ONG.
L'EI a effectué plus de 26 attaques du genre depuis le début de l'année
dans le désert syrien, selon cette source qui dispose d'un vaste réseau
de sources dans le pays en guerre.
Neuf jihadistes de l'EI ont par ailleurs péri "lors des dernières
heures dans des raids russes contre leurs positions" dans des zones
désertiques des provinces de Raqa (nord) et de Hama (centre)", a
indiqué jeudi matin l'Observatoire, sans qu'on sache si ces raids
étaient liés aux attaques de l'EI quelques heures avant.
Plus de 22 autres ont été blessés, "dont certains grièvement", a
précisé l'OSDH.
En 2014, trois ans après le début de la guerre, l'EI a conquis de
vastes territoires en Syrie, où Raqa est devenu son principal fief.
En 2017, les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les
Kurdes et soutenues par la coalition internationale antijihadistes, a
chassé le groupe de Raqa.
De son côté, la Russie a entamé à partir de 2015 une campagne de
frappes aériennes en soutien à l'armée syrienne.
Le califat autoproclamé de l'EI a été déclaré vaincu en mars 2019 en
Syrie mais des cellules du groupe continuent de mener des attaques
contre les forces gouvernementales et kurdes dans le désert.
Le 20 janvier, l'EI avait lancé un assaut contre une prison aux mains
des Kurdes dans le nord-est du pays, faisant des dizaines de morts.
Déclenché en mars 2011 par la répression de manifestations
prodémocratie, le conflit en Syrie a fait environ un demi-million de
morts, selon l'OSDH. (AFP, 10 fév 2022)
Turquie: un an et demi après,
comment
se porte Sainte-Sophie?

Anne Andlauer, Le Soir, 31 janvier 2022
Le Comité du patrimoine mondial de l’Unesco attend ce mardi de
la Turquie un rapport sur l’état de conservation de Sainte-Sophie. Ce
symbole d’Istanbul, tour à tour église byzantine, mosquée ottomane,
puis musée républicain, est redevenu mosquée en juillet 2020 sur
volonté du président Recep Tayyip Erdogan. Cette décision a suscité des
inquiétudes quant à la protection et la vocation universelle du lieu.
***
La seule chose qu’on n’entend plus à l’intérieur de
Sainte-Sophie, ce sont les bruits de pas. Les touristes, par centaines
à certaines heures, se promènent en chaussettes sur le tapis couleur
turquoise qui recouvre le marbre gris. Ils ont les yeux levés vers la
grande coupole, les oreilles tournées vers le guide qui commente la
visite. C’est un brouhaha multilingue.
Pendant que les touristes déambulent, s’assoient ou même
s’allongent sur le tapis et font un selfie, des fidèles musulmans
prient. Plus on avance vers les côtés et le bout de la nef – là où est
situé le mihrab –, plus on voit d’hommes, imperturbables, réciter le
Coran ou se prosterner à toute heure. Des femmes aussi, mais à l’écart,
dans une zone qui s’étire à gauche, derrière d’épaisses colonnes et un
moucharabieh en bois. Et puis, cinq fois par jour, dans ce mélange de
recueillement et d’agitation permanent surgit l’appel à la prière.
Ainsi va Sainte-Sophie depuis le 24 juillet 2020. Depuis que
l’édifice, de fait, est redevenu mosquée au cours d’une grande prière à
laquelle participait le chef de l’Etat, Recep Tayyip Erdogan. Deux
semaines plus tôt, le Conseil d’Etat l’avait rendue, de droit, au culte
musulman, jugeant que celui-ci n’aurait jamais dû lui être retiré.
Sainte-Sophie d’Istanbul, née basilique byzantine en 537 sous
l’empereur Justinien, convertie en mosquée quand les Turcs ottomans
conquirent Constantinople en 1453, transformée en musée en 1934 par le
fondateur de la République, Mustafa Kemal Atatürk, s’appelle désormais,
de nouveau, la grande mosquée Sainte-Sophie.
« Quand la prière est terminée, des gens du monde entier,
musulmans et non musulmans, visitent Sainte-Sophie. La seule différence
avec le musée, c’est qu’ils entrent gratuitement. C’est mieux, non ? »,
plaisante Ferruh Mustuer, 50 ans, l’un des deux imams affectés au
service de la mosquée. « De jour comme de nuit, ceux qui entrent ici
sont nos invités et nous les accueillons de la meilleure des manières.
Sainte-Sophie appartient à tous. »
La Vierge cachée par un voile
Tous les visiteurs cependant n’ont pas accès à tout. Il y a
cette aile du rez-de-chaussée à l’usage exclusif des femmes. Il y a
surtout l’abside, où ne vont que les hommes qui prient. Son plafond en
demi-coupole présente trois mosaïques, dont une de la Vierge à l’enfant
datée du IXe siècle. Depuis que Sainte-Sophie a rouvert comme mosquée,
ces mosaïques sont invisibles, cachées derrière des voiles.
Ce n’est pas ce qui avait été promis. En juillet 2020, le
ministère de la Culture avait affirmé que les rideaux s’ouvriraient
dans l’abside en dehors des heures de prière. Le ministère n’a pas
donné suite aux demandes d’interview du Soir. « Il est impossible
d’ouvrir les rideaux car ces mosaïques sont situées dans la direction
de La Mecque, donc les musulmans ne peuvent pas prier face à elles. Or,
on prie en permanence dans la mosquée », justifie pour sa part l’imam
Ferruh Mustuer.
Et puis il y a l’étage, la galerie supérieure où se trouvent
certaines des mosaïques les mieux conservées. Elle a fermé pour
restauration il y a plus de deux ans. « Les travaux sont terminés
pourtant la galerie n’a pas rouvert », soupire l’architecte Zeynep
Ahunbay, membre depuis 1993 du conseil scientifique mis en place par le
ministère de la Culture pour préserver le bâtiment. « La fermeture de
la galerie, c’est le plus gros problème », abonde Metin Kural, guide
touristique depuis 30 ans. « Les autorités pourraient en faire un
musée, avec une entrée payante et distincte de celle de la mosquée »,
suggère-t-il. « Inch’Allah, l’étage rouvrira très bientôt », répond
l’imam Ferruh Mustuer. « Nos responsables sont en train d’examiner tous
les aspects techniques pour que la galerie ne subisse aucune
dégradation. »
La mosquée Sainte-Sophie est-elle aussi bien protégée que
l’était le musée ? En juillet 2021, le Comité du patrimoine mondial de
l’Unesco, sur lequel Sainte-Sophie figure depuis 1985, a réitéré « sa
profonde préoccupation concernant l’impact potentiel » de cette
décision « sur la valeur universelle remarquable des biens ». Il a
demandé à la Turquie de lui présenter « un rapport sur l’état de
conservation » du monument avant ce 1er février. Le gouvernement s’en
est offusqué, invoquant ses « droits souverains » et affirmant que ses
aménagements « n’ont pas d’impact négatif ».
Un statut qui fait débat
Zeynep Ahunbay admet n’avoir observé aucune « altération
irréversible », mais n’est pas rassurée pour autant. « Lors d’une
visite pour suivre l’avancée d’un projet (de restauration, NDLR) des
minarets, j’ai par exemple constaté que des câbles avaient été cloués
dans la toiture en plomb », raconte l’architecte. « Certaines personnes
peuvent faire des erreurs en priorisant la fonction de mosquée. »
Chez les guides touristiques, le changement de statut continue
aussi de faire débat. Metin Kural, dont le grand-père allait prier à
Sainte-Sophie, avoue « ne pas avoir été choqué ». « Vu de l’étranger,
on ne réalise pas toujours que pour beaucoup de musulmans turcs,
Sainte-Sophie était la mosquée la plus importante héritée de l’Empire
ottoman, la première mosquée d’Istanbul. Ils s’y sentaient étrangers
quand elle était musée », observe le guide. Il ajoute, à l’inverse, «
comprendre que les Grecs aient été peinés par cette décision. Pour eux
aussi, Sainte-Sophie est un symbole ».
Un symbole également pour les orthodoxes hellénophones de
Turquie, héritiers des Byzantins, qui ne sont plus que quelques
milliers. « Un symbole pour tous les chrétiens et, au-delà, pour toutes
les minorités religieuses de ce pays », complète Garo Paylan. Cet
Arménien, député d’opposition, confie ne plus vouloir se rendre à
Sainte-Sophie. « C’est trop dur pour moi, ça me rend triste »,
souffle-t-il. « Les autorités auraient pu consulter Bartholomée 1er (le
patriarche œcuménique de Constantinople, NDLR) et trouver avec lui un
terrain d’entente. Les musulmans auraient pu prier à un endroit et les
chrétiens à un autre », regrette-t-il. « Convertir Sainte-Sophie, c’est
une façon de dire : les Turcs, les musulmans ont conquis cet endroit et
ils en font ce qu’ils veulent. Cela révèle l’absence de culture
démocratique de ceux qui dirigent la Turquie. »
Islamisme à Roubaix: menaces de
mort après un reportage
Ophélie Meunier et Amine Elbahi, qui témoignait dans un reportage de
"Zone Interdite" consacré à l'islamisme à Roubaix, ont été placés sous
protection policière.
La polémique autour d'un reportage de "Zone Interdite" sur l'islamisme
à Roubaix prend un nouveau tournant: la présentatrice Ophélie Meunier
et un jeune Roubaisien, menacés, ont été placés sous protection
policière, à quelques jours du procès du maire sur les faits dénoncés
dans l'émission.
Ce reportage dimanche sur un sujet inflammable en pleine campagne
présidentielle avait provoqué de vives réactions sur les réseaux
sociaux et des chaînes d'information en continu, faisant réagir
jusqu'au ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, à l'Assemblée
nationale.
Dans le même temps, Ophélie Meunier et un jeune originaire de la ville,
Amine Elbahi, témoin dans l'émission, recevaient des menaces,
contraignant les autorités à les placer sous la protection du SDLP,
selon une source policière.
"J’ai donné instruction qu’à chaque fois qu'un journaliste fait l’objet
de menaces caractérisées, il bénéficie d’une protection policière", a
réagi Gérald Darmanin samedi sur Twitter.
Sollicitée par l'AFP, M6 a fait savoir qu'elle ne ferait "aucun
commentaire pour l'instant".
"Ce que j'ai dit dérange. Je dois avoir visé juste au regard des
menaces", a déclaré à l'AFP Amine Elbahi.
Nombreuses menaces
Le jeune homme raconte dans le reportage avoir alerté la préfecture du
Nord fin 2020 sur une association de la ville, "Ambitions et
initiatives pour la réussite" (AAIR).
Il la suspectait de dispenser des "cours coraniques" sous couvert de
soutien scolaire, en bénéficiant de subventions publiques, notamment
municipales. En arrière-plan, des soupçons de clientélisme à l'encontre
du maire DVD, Guillaume Delbar.
Le jeune homme a déposé plainte vendredi après avoir reçu de nombreuses
menaces sur les réseaux sociaux, par SMS ou sur WhatsApp, ainsi que des
enregistrements vocaux "constatés par huissier", selon son avocat, Me
Jean Tamalet.
M. Elbahi est notamment qualifié de "kouffar" (mécréant en arabe, ndlr)
et "on lui dit qu'il va être décapité", précise l'avocat à l'AFP.
Se disant victime d'un "déferlement de haines et de menaces", le maire
Guillaume Delbar a annoncé son intention de porte plainte lui aussi.
L'alerte de M. Elbahi avait abouti à une enquête de la préfecture, qui
explique avoir constaté que "des cours d'arabe à caractère cultuel"
étaient effectivement dispensés, puis fait un signalement au parquet.
M. Delbar, ainsi que trois membres de l'association sont convoqués
mardi devant le tribunal correctionnel de Lille, le premier pour
détournement de fonds "par négligence", les autres pour "abus de
confiance". Une date fixée bien avant la diffusion du reportage.
Ce procès pourrait cependant être renvoyé: deux avocats ont réclamé du
temps pour étudier le dossier. Et Guillaume Delbar, ainsi que son
conseil, étaient positifs au Covid en fin de semaine.
L'association "venait de faire scission avec une mosquée devenue
salafiste"
"Je peux avoir été trompé, j’ai pu me tromper" en soutenant "une
association qui venait de faire scission avec une mosquée devenue
salafiste", a avancé cette semaine l'édile.
M. Delbar vient d'être condamné à six mois de prison avec sursis et
deux ans d'inéligibilité pour sa participation à un système frauduleux
de défiscalisation via des micro-partis. Il a fait appel.
Contactée par l'AFP, la préfecture du Nord a refusé de préciser les
montants versés par l'Etat à l'association depuis 2016, dont elle
demande le remboursement.
La municipalité a indiqué que l’AAIR devait bénéficier en 2020 de 64
640 euros de subventions, mais que l'argent n'avait jamais été versé.
"Quand je lis dans la presse que c'est 'une association prosélyte', ça
me tord le ventre", a déclaré à l'AFP Me Muriel Cuadrado, qui défend la
secrétaire de l'association.
L'AAIR "a emmené des gamins jusqu'au brevet, jusqu'au bac", le tout
avec "des tarifs pour une population modeste" dans "la ville la plus
pauvre de France", a-t-elle plaidé.
Les avocats des autres prévenus n'ont pas souhaité s'exprimer.
M. Elbahi s'était auparavant fait connaître pour son combat afin de
rapatrier ses deux neveux de 4 et 6 ans, détenus dans un camp syrien.
Sa sœur, mère des deux enfants, était partie rejoindre l'organisation
Etat islamique et est selon lui détenue dans une prison kurde. (Paris
Match, 30 janvier 2022)
Syrie: fin
des opération de
ratissage dans la prison attaquée par l'EI
Les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, ont
annoncé dimanche la fin des opération de ratissage dans la prison
attaquée par le groupe Etat islamique (EI) dans le nord-est de la Syrie.
"Nous annonçons la fin de la campagne de ratissage dans la prison de
Ghwayran à Hassaké et dans les poches où étaient retranchés des
combattants de l'EI" dans la partie nord du centre pénitencier, ont
indiqué les FDS dans un communiqué.
Fer de lance de la lutte contre l'EI en Syrie, les FDS avaient déclaré
mercredi avoir repris le contrôle de la prison, où étaient détenus des
milliers de jihadistes, à l'issue de six jours d'intenses combats.
Mais des dizaines de jihadistes s'étaient retranchés dans la partie
nord, "difficile à viser par les airs ou à accéder par voie terrestre",
selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui dispose
d'un vaste réseau de sources en Syrie.
"Grâce au courage et à la détermination des membres des SDF, dont
beaucoup de membres ont fait le sacrifice de leur vie, l'Etat islamique
a échoué dans ses efforts pour mener à bien une évasion massive qui lui
aurait permis de reconstituer ses rangs", a commenté le conseiller
américain à la sécurité nationale Jake Sullivan, dans un communiqué.
Selon l'OSDH, vingt jihadistes se sont rendus dans la nuit de samedi à
dimanche, alors que cinq autres sont morts dans des combats dans la
prison.
Les Unités de protection du peuple (YPG), principale milice kurde en
Syrie, ont diffusé des images présentées comme la reddition de
plusieurs jihadistes.
Détenus en fuite
L'attaque déclenchée le 20 janvier par l'EI contre cette prison a été
la plus importante offensive du groupe depuis sa défaite territoriale
en Syrie en 2019 face aux forces kurdes.
L'administration autonome kurde contrôle de vastes régions du nord et
du nord-est de la Syrie.
L'attaque de la prison, et les combats ayant suivi, ont fait 373 morts,
dont 268 jihadistes, 98 membres des forces kurdes et sept civils, selon
un nouveau bilan de l'OSDH.
La hausse du nombre de morts est due à la découverte de nouveaux
cadavres --de combattants kurdes et de jihadistes-- durant les
opérations de ratissage dans les bâtiments de la prison et les
quartiers adjacents, selon l'Observatoire.
Celui-ci estime que le bilan risque encore de s'alourdir car de
nombreux combattants kurdes ont été grièvement blessés lors de ces
combats.
Les FDS enquêtent sur les circonstances de l'attaque de l'EI, a assuré
l'OSDH. "Des dizaines de détenus de l'EI ont réussi à s'enfuir (...)
dans les premières heures de l'attaque", a précisé l'ONG.
Depuis jeudi, les affrontements ont poussé à la fuite par un temps
glacial environ 45.000 personnes qui vivaient dans les secteurs proches
de la prison, d'après l'ONU.
La guerre en Syrie, qui a début en 2011, a fait environ un demi-million
de morts et provoqué le plus vaste déplacement de population depuis la
Seconde guerre mondiale. (AFP, 1er février 2022)
Socio-économique
/ Socio-economic
En Turquie, "un printemps
ouvrier" inédit
Une fois payé son loyer et ses factures, Bekir Gök, ouvrier de dépôt et
père de trois enfants à Istanbul, se retrouvait les poches vides. Il a
fini par rejoindre ses collègues en grève.
Par ce sacrifice, Bekir et les siens réclamaient une hausse de 4 livres
turques de l'heure (25 centimes d'euros), le prix d'un pain.
En réponse, la chaîne de supermarchés Migros a licencié 257 employés,
dont M. Gök, avant de faire machine arrière et de leur accorder
l'augmentation demandée après dix-sept jours de grève.
L'entreprise, qui avait justifié les licenciements par "l'occupation"
de ses dépôts, s'est félicitée, dans un communiqué, de leur retour, à
l'issue de l'accord trouvé dimanche.
"On demandait le prix d'un pain! C'est rien à côté de ce qu'on leur a
fait gagner depuis le début de la pandémie", lance Bekir Gök devant le
dépôt où les grévistes se sont mobilisés.
Leur mouvement s'inscrit dans une vague de mouvements sociaux, inédite
en Turquie depuis les années 1970.
Plus d'une soixantaine de grèves, d'occupations d'usines, de
protestations et d'appels au boycott impliquant au moins 13.500
salariés ont été recensés en deux mois dans le pays, confronté à une
inflation officielle de près de 50% sur un an - plus du double selon
des économistes indépendants.
Et de plus en plus souvent, les salariés obtiennent gain de cause,
incitant d'autres à prendre le relais, alors que depuis le putsch
militaire de 1980, de nombreuses restrictions ont étouffé le droit de
grève et les activités syndicales.
- Appels aux boycott -
"M'offrir de temps à autre les repas ou des courses que je livre?
Impossible avec mon salaire!", dit amèrement Ferhat Uyar, qui travaille
à Ankara pour Yemeksepeti, entreprise pionnière de la livraison à
domicile en Turquie.
Avec ses collègues, le coursier de 27 ans a cessé le travail début
février, suivant l'exemple de nombreux autres employés des entreprises
de livraison, dont l'activité a explosé depuis la pandémie.
Pour se faire entendre, les coursiers ont bloqué des routes avec leurs
motos, vêtus des blousons roses aux couleurs de leur employeur,
réclamant aussi le droit d'adhérer à un syndicat.
Pour contrer le mouvement, Yemeksepeti a tenté une manoeuvre
administrative lui permettant de changer de statut au registre des
entreprises. "Par cette tricherie, l'adhésion des employés à notre
syndicat devenait nulle", celle-ci étant liée à la branche
professionnelle déclarée, explique Bayram Karkin, du syndicat
Nakliyat-Is.
Mais cette tentative a généré un élan de sympathie en faveur des
grévistes, avec des appels au boycott des entreprises en cause relayés
sur les réseaux sociaux. Yemeksepeti a aussitôt enregistré une baisse
de près de 70% des commandes, affirment les syndicats.
Des célébrités ont soutenu ces appels quand des employés de Migros,
menottés, ont été placés en garde à vue pour avoir protesté sous les
fenêtres de leur patron.
Le chanteur Haluk Levent s'est même directement impliqué dans les
négociations, en jouant les médiateurs entre les employés et la chaîne.
- "Toujours plus vite" -
Pour Ferhat Uyar, le soutien de la population est également crucial
pour obtenir l'amélioration des conditions de travail.
"Même s'ils nous accordent une augmentation, la pression pour livrer
toujours plus vite au risque d'accidents demeure. Il faut être syndiqué
pour résister", estime-t-il.
Selon Nakliyat-Is, 190 coursiers ont été tués sur la route en 2020.
Sollicitée à plusieurs reprises par l'AFP, Yemeksepeti n'a pas répondu.
"Les conditions de travail se sont détériorées avec la pandémie. Les
employés ont été poussés à travailler plus, sans respect des mesures de
sécurité", assure Neslihan Acar, présidente du syndicat DGD-Sen, qui
représente les employés de Migros.
Pour Basaran Aksu, du syndicat Umut-Sen, la précarisation croissante,
surtout dans le secteur des livraisons qui impose, comme ailleurs, de
travailler sous le statut de micro-entreprise, est un autre facteur de
mobilisation.
"70% de ceux qui sont recrutés comme coursiers sont des diplômés
d'université qui ne trouvent pas de travail dans leur secteur.
Lorsqu'ils ont réalisé que le statut de micro-entrepreneur les privait
de toute protection du droit du travail, ils ont commencé à se
mobiliser, souvent spontanément, sans même passer par un syndicat",
explique-t-il.
Avec l'inflation qui galope, les syndicalistes s'attendent à voir les
mouvements sociaux s'intensifier.
"Il y a une accumulation de colère", constate Neslihan Acar. "Les
ouvriers vont lancer leur propre printemps". (AFP, Raziye AKKOC, Burcin
GERCEK, 23 fév 2022)
What does Russia-Ukraine crisis mean
for Turkey's economy?
Amid the recent escalation of tensions between Russia and Ukraine, the
Turkish Lira (TRY) lost value by up to 1.5 percent against US Dollar
(USD) yesterday (February 22), which has marked the highest loss of
value in Turkey's currency since early January 2022. While the exchange
rate of the USD saw 13.9025 TRY, it dropped to 13.85 TRY as of 4.25 pm.
On the other side, Ukraine and Russia are two important partners of
Turkey in several fields such as tourism, agricultural products and
weapon systems among many others. Then, how may the current tensions
and a possible war between Ukraine and Russia affect the economic
relations? What is the scope and volume of Turkey's economic relations
with these two countries?
As reported by Bloomberg HT based on an analysis by its research team,
Ukraine and Russia are major trade partners for Turkey and a potential
war between the two may seriously affect Turkey's economy.
Turkey's role in their world trade
Russia's largest foreign trade partners are as follows based on trade
volumes: China, Germany, the United States of America (USA), Belarus,
the United Kingdom (UK), Turkey, Italy and Netherlands.
Russia's major exporting partners are China, the UK, Germany, Turkey
and the USA while its major importing partners are China, Germany, the
USA, Belarus and Italy. Turkey ranks 9th in the latter list.
Ukraine's major foreign trade partners are China, Russia, Germany,
Poland and Turkey. While the largest exporting partners of the country
are China, Russia, Poland, Turkey and Italy, its largest importing
partners are China, Germany, Russia, Poland and the US.
What about their trade volume with Turkey?
The total foreign trade volume stands at 34.7 billion USD with Russia
and 7.4 billion USD with Ukraine. By the end of 2021, Russia's share in
Turkey's total exports was 2.6 percent while the share of Ukraine was
1.3 percent. Russia is the second largest importing partner of Turkey
after China with 10.7 percent. Ukraine's share is 1.7 percent.
Turkey's export, import with Russia, Ukraine
According to the official statistics of the Turkish Statistical
Institute (TurkStat), Russia and Ukraine were among the major exporting
partners of Turkey in 2021. While Russia ranked 10th in this list with
5.8 billion USD, Ukraine ranked 20th with 2.9 billion USD.
Similarly, Russia and Ukraine are also among the top 20 importing
partners of Turkey. While Russia ranks second with 29 billion USD in
this list, Ukraine ranks 12th with 4.5 billion USD, according to
TurkStat.
Agricultural products
In 2021, Turkey's total import of agricultural products from Russia
amounted to 4.3 billion USD. While Turkey imported 6.7 million tons of
wheat for 1.8 billion USD from Russia in 2021, Ukraine ranked second.
According to the data of Turkey's Ministry of Trade, 64.6 percent of
the wheat import is from Russia while 13.4 percent is from Ukraine.
When the import of sunflower oil is considered, it is seen that Russia
is on the top of the list. Again according to Turkey's Trade Ministry,
in June 2021, Turkey imported 65.5 percent of sunflowers from Russia.
This rate was 4.2 percent for Ukraine. Moreover, with 70 percent,
Ukraine's exports to Turkey mostly consist of crops and metal products.
The effects on Turkey's tourism
When tourism is concerned, Russia and Ukraine have been among the
countries from which Turkey has generated the most revenue since 2016.
While 8 percent of tourists were from Russia and Ukraine in 2016, it
has increased to 27 percent today. In 2021, 24.7 million foreign
nationals visited Turkey: 2.06 million were from Ukraine and 4.7
million were from Russia.
Turkey is also expected to be an important destination for tourists
from Russia and Ukraine in 2022 as well. In the past three years,
Turkey has received over 20 million tourists from these two countries.
Construction and infrastructure
Turkey also has important ties with the two countries in construction
and infrastructure. According to the Trade Ministry data, Russia ranks
first with 21 percent when Turkey's construction activities abroad are
considered. In 2020, this rate was over 35 percent.
The February report of the Contractors' Union has shown that Turkey's
construction sector has undertaken 413 projects in 69 countries for a
total of 30.7 billion USD, 11.2 billion USD of which is in Russia.
Defense industry
Moreover, Turkey has been cooperating with both Russia and Ukraine in
the field of defense industry.
While Turkey has been taking steps about Russia's S-400 air defense
systems, Ukraine has purchased armed drones from Turkey. (BIA, 23
February 2022)
Worker protests in Turkey: 65
strikes in 40 days
Workers throughout Turkey carried out 65 strikes between January 6 and
February 14, according to the Labor Studies Community (EÇT), a group of
academics, researchers and union experts.
İstanbul, the largest city of the country, and the southeastern
province of Gaziantep had 22 strikes each, the highest number. There
were five strikes in İzmir, four strikes in Kocaeli, and three strikes
in Mersin.
The sectors with the highest number of strikes are textiles, delivery
(transportation) and petrochemistry.
The strikes and worker protests came after a sharp increase in the
inflation rate, which was 48.69 percent in January, according to the
official figures.
While the government raised the minimum wage by 50 percent, those who
were earning more than the minimum wage got much lower raises, which
triggered protests and strikes. (BIA,16 February 2022)
En Turquie, les taxes sur l'alcool
gâchent la fête
Fulya OZERKAN, AFP, 11 fév 2022
Dans ce quartier de bars et de cafés d'ordinaire animés d'Istanbul, les
tables restent vides depuis que les taxes sur l'alcool ont augmenté de
50% en janvier.
Debout devant le pub de Besiktas où il travaille, sur la rive
européenne, Suleyman Gunes, 32 ans, essaie d'attirer les clients quand
tombe le soir.
"Avant, à cette heure-ci, on était plein à 80, 90% contre 30 à 40%
aujourd'hui", confie-t-il à l'AFP. "Les clients tournent le dos dès
qu'ils voient les prix sur la carte".
Au début de l'année, le gouvernement turc a annoncé une hausse de 47,4%
des taxes sur l'alcool et le tabac, frappant de plein fouet des bars et
restaurants déjà affectés par la pandémie de coronavirus. Et poussant
des particuliers à produire leur alcool maison.
Des barmen racontent à l'AFP les nouvelles habitudes des clients, qui
partagent parfois une bouteille de bière, quand d'autres restent
plusieurs heures au bar avec un seul verre de vin.
"A ce rythme, on va devoir bientôt imposer des restrictions", estime
l'un d'eux.
Le président Recep Tayyip Erdogan, un musulman pieux dont le parti
conservateur AKP est au pouvoir depuis 2002, est accusé de vouloir
islamiser la société en s'en prenant à l'alcool et au tabac.
En 2013, son gouvernement avait déjà limité les horaires de vente
d'alcool et en mai 2021, les ventes avaient été interdites pendant les
17 jours de confinement.
Lui-même a souvent incité les Turcs à consommer de l'"ayran", une
boisson à base de yaourt, en lieu et place du raki, l'anisette
nationale.
- "punition" -
La bouteille de raki de 70 cl vaut aujourd'hui 249 livres turques (16
euros) contre 175 avant.
Sur l'année écoulée c'est l'ensemble des prix à la consommation
qui a
flambé de près de 50%, érodant le pouvoir d'achat des Turcs malgré des
hausses de salaires de 30 à 50% pour la plupart des salariés du pays.
Avec les dernières augmentations sur l'alcool, de nombreuses boutiques
spécialisées, les "tekel", redoutent de devoir fermer.
"L'alcool était déjà cher, mais ce nouveau rebond a jeté de l'huile sur
le feu", déplore Cihan Ince, propriétaire d'un tekel à Istanbul.
Ozgur Aybas, patron et fondateur du grossiste Turkey's Tekel Stores
Platform, estime que "l'augmentation des prix a agi comme la gifle
d'une petite minorité à une majorité de gens joyeux, celle de la
restauration et des laïcs".
"C'est une approche idéologique, une punition par les taxes et une
sanction qui veut dire +vivez comme nous+", ajoute-t-il.
- apprentis chimistes -
Seref Binay, qui gère un tekel sur la rive asiatique d'Istanbul, assure
que la moitié de ses clients produisent désormais de l'alcool à
domicile et "se transforment en apprentis chimistes".
Dans le quartier branché de Beyoglu, Serdar Bayar, dans son tekel, met
en garde contre une flambée des alcools frelatés à la faveur de la
hausse des prix.
"Regardez sur YouTube, vous verrez le nombre de vidéos expliquant
comment faire son alcool maison. Mais c'est délicat: confondez méthanol
et éthanol et vous perdez la vue".
Lundi, la police d'Istanbul a saisi plus d'un millier de bouteilles
d'alcool frelaté lors d'une descente. Montant estimé: un million de
livres (65.000 euros). Quatre personnes ont été arrêtées.
Selon les médias turcs, 84 personnes sont mortes à cause d'alcool
frelaté rien qu'en décembre en Turquie, avant la dernière hausse des
prix.
Sur YouTube, assis à une table devant un énorme saladier de raisins
verts, "Vedat3858 Bilgin" explique à ses plus de 1.300 abonnés comment
faire du raki.
"C'est bien moins cher. J'ai mes recettes, avec mes propres dosages.
Cinq litres de raki coûtent 100 livres (12 euros)", affirme-t-il au
téléphone à l'AFP, refusant de révéler son vrai nom.
"Il n'y a aucun risque tant que vous suivez les règles. D'ailleurs,
quand je goûte du raki dans un tekel maintenant, j'ai vraiment
l'impression de m'empoisonner".
- "libertés rognées" -
Les échoppes tentent de contre-attaquer en faisant preuve de créativité
pour stimuler leurs ventes, à coups de promotions via leur compte
Instagram ou en faisant venir des groupes de musique sur place.
A 20 ans, Batu explique que "boire un verre dans un bar c'est
maintenant comme un rêve pour nous. On rogne nos libertés et on ne
réagit pas...", lâche ce client d'un tekel.
A Besiktas, Suleyman Gunes, le serveur, est pessimiste : pour lui, les
taxes sur l'alcool "finiront d'avoir la peau du secteur".
"Tel que je le sens, les affaires vont fermer les unes après les
autres". (AFP, 11 fév 2022)
L'inflation
fait s'envoler les prix de l'énergie, la
population grelotte
La neige est tombée en abondance sur Ankara et la nuit, le thermomètre
plonge à -10°C. Pourtant, Dondu Isler, 61 ans, éteint les radiateurs de
ses deux chambres pour contenir l'envolée de ses factures.
Avec une inflation officielle de 48,7% en janvier sur un an, le coût de
la vie quotidienne ne cesse de renchérir et les prix du gaz et de
l'électricité sont devenus insupportables pour les classes moyennes.
"Seuls le salon et la cuisine sont chauffés, au strict minimum. On
essaie de se réchauffer avec des couvertures", raconte Dondu, femme au
foyer qui vit avec son mari de la retraite de ce dernier, un ancien
gardien de chantier qui touche 2.400 livres turques par mois (154 euros
environ).
De toutes les difficultés auxquelles ils font face, le plus dur pour
eux est l'augmentation des tarifs de l'électricité au 1er janvier,
entre 52% et 127% selon une tarification graduelle liée à la
consommation.
Entre le gaz et l'électricité, de nombreux Turcs ont vu leurs factures
doubler voire tripler du jour au lendemain.
Le coût de l'énergie est devenu un sujet de conversation
récurrent,
notamment chez les commerçants qui sont soumis à une tarification plus
élevée.
Certains bars ajoutent désormais un service de 4 livres (25 centimes)
aux clients qui consomment en terrasse chauffée.
- Le petit-déjeuner, un "luxe" -
A dix-huit mois de la prochaine élection présidentielle, à l'issue de
laquelle le président Recep Tayyip Erdogan espère entamer un troisième
mandat, l'inflation devient une affaire politique.
L'opposition et certains économistes accusent l'Office national des
statistiques (Tuik) --dont le chef de l'Etat a limogé récemment le
directeur-- de sous-estimer de plus de moitié son ampleur: un groupe
d'économistes turcs indépendants affirme qu'elle a dépassé les 110% en
janvier.
Pour Hacer Foggo, fondatrice de l'ONG "Réseau de la grande pauvreté",
cette flambée record des prix depuis 2002 appauvrit toutes les couches
de la société.
"De nombreuses familles ont drastiquement réduit leurs dépenses
alimentaires. Les oeufs, le fromage ou les olives du petit-déjeuner
traditionnel sont devenus des produits de luxe", assure-t-elle.
Autrefois relativement résistantes aux crises, les classes moyennes se
retrouvent sous pression, même les cols blancs.
"Ils ont vu leur loyers doubler ou tripler, ils doivent chercher
des
logements plus petits ou dans des quartiers plus excentrés", explique
Mme Foggo.
- Solidarité en panne -
Les conséquences sont surtout dramatiques pour les plus démunis, qui ne
peuvent plus compter sur la solidarité entre amis ou famille.
"On estime à 160.000 le nombre d'enfants et de jeunes qui ont abandonné
l'école en 2021. J'en connais personnellement plusieurs parmi les
familles qui sont aidées par notre organisation", reprend Mme Foggo.
"Certains se sentent obligés de contribuer aux dépenses familiales et
quittent l'école pour travailler. D'autres renoncent à aller à l'école
faute de pouvoir payer le transport ou les autres dépenses".
Avec la hausse des prix des produits de base comme le lait infantile
(+55,6% selon les chiffres officiels), "de nombreuses mères donnent des
soupes déshydratées à leur bébé" à la place du lait adapté.
Ali Golpinar, muhtar (responsable de quartier) depuis treize ans dans
un district modeste d'Ankara, est en première ligne pour observer les
effets de la crise sur les habitants.
"J'organise depuis des années des caisses de solidarité pour les plus
démunis du quartier. Mais on a du mal depuis quelques mois, plus
personne n'a les moyens d'y participer", regrette-t-il.
Même son association, qui propose aux femmes des ateliers gratuits de
couture, de cuisine ou de confection de bijoux, est affectée.
"Notre facture d'électricité est passée de 93 livres (6 euros) en
décembre à 348 livres (22,40 euros) pour une consommation identique",
s'alarme le muhtar.
Et les compagnies d'électricité ont coupé le courant de nombreux
habitants qui ne pouvaient pas honorer leurs factures, rapporte-t-il.
La colère gronde et commence à mobiliser: de Mugla (ouest) à
Dogubeyazit (est), le triplement des factures d'énergie a provoqué de
nombreux rassemblements à travers le pays. Au moins deux sont prévus ce
weekend à Istanbul.
"On fait face à une nouvelle forme de précarité", estime Onder Algedik,
expert en énergie, qui reproche aux compagnies privées de pousser les
prix au-delà des coûts réels.
Selon lui, les mouvements de protestation risquent de se répandre.
Le président sent le danger. Son porte-parole Ibrahim Kalin a promis
lundi de prochaines mesures: "Nous n'allons pas laisser l'inflation
écraser nos citoyens". (AFP, 9 fév 2022)
Health workers go on one-day strike demanding better
wages
Health workers in several cities went on a one-day strike yesterday
(February 8), demanding better wages and working conditions.
In Ankara, the capital, health workers gathered at the Hacettepe
University Hospital. Making a statement for the press there, Deniz
Dülgeroğlu, a member of the Turkish Medical Association (TTB) Central
Committee, said, "[The Ministry of Health] could not manage the
pandemic but managed the perception. Our personal rights have been
eroded, working conditions have worsened. All healthcare workers,
including physicians, said, 'We can't make a living'."
Main opposition Republican People's Party (CHP) deputy Murat Emir and
members of Left (Sol) Party and Community Centers (Halkevleri) also
attended the gathering.
In İstanbul, members of the İstanbul Medical Chamber, İstanbul
Dentists' Chamber, İstanbul Pharmacists' Chamber, İstanbul
Veterinarians Chamber, the Healthcare and Social Service Workers' Union
(SES) and the Genel Sağlık-İş union gathered at the Çapa Faculty of
Medicine Hospital.
Şebnem Korur-Fincancı, the head of the Turkish Medical Association,
said, "We live in conditions where our labor is devalued and we are
alienated from our labor. Our colleagues are even in doubt about
continuing their profession. Many of them are considering going abroad.
"Physicians are exhausted, health workers are exhausted. This makes a
healthy healthcare service impossible. We want our rights, we want
preventive health services against the health transformation program.
We want free healthcare that is accessible to everyone."
Demonstrations and gatherings were also held in İzmir, Adana, Şırnak,
Batman, Mersin, Bursa, Dersim, Mardin and Artvin. (BIA, 9 February 2022)
Turkey’s
population has topped
84.5 million, according to TurkStat
The Turkish Statistical Institute (TurkStat), the state agency
responsible for producing official statistics on Turkey, has shared the
results of the address-based population registration system for 2021.
According to TurkStat, the population residing in Turkey increased by 1
million 65 thousand 911 people compared to the previous year, and
reached 84 million 680 thousand 273 people as of December 31, 2021.
The data has shown that male population of the country was 42 million
428 thousand 101 people and the female population was 42 million 252
thousand 172 people. While 50.1 percent of the total population were
males, 49.9 percent of the total population were females.
According to the results of the Address Based Population Registration
System (ABPRS), foreign population* residing in Turkey increased by 458
thousand 626 people and became 1 million 792 thousand 36 people. 49.7
percent of this population were males and 50.3 percent were females.
The annual population growth rate of the country increased to 12.7 per
thousand in 2021 from 5.5 per thousand in 2020.
Population of İstanbul: 15.8 million people
The population residing in İstanbul increased by 378 thousand 448
people compared to the previous year and became 15 million 840 thousand
900 people. İstanbul, constituting 18.71 percent of Turkey's
population, was followed by Ankara with 5 million 747 thousand 325
inhabitants, İzmir with 4 million 425 thousand 789 inhabitants, Bursa
with 3 million 147 thousand 818 inhabitants and Antalya with 2 million
619 thousand 832 inhabitants.
Dersim (Tunceli) was the least populated province with 83 thousand 645
inhabitants. It was followed by Bayburt with 85 thousand 42
inhabitants, Ardahan with 94 thousand 932 inhabitants, Kilis with 145
thousand 826 inhabitants and Gümüşhane with 150 thousand 119
inhabitants.
Median age increased to 33.1
The median age is the age of the person in the middle when the ages of
all people in the population are sorted from the new-born baby to the
oldest. Median age is also one of the important indicators used in the
interpretation of the age structure of the population.
Accordingly, the median age of the population in Turkey increased to
33.1 in 2021 from 32.7 in 2020. When it was analyzed by sex, it was
seen by TurkStat that the median age increased from 32.1 to 32.4 for
males while it increased from 33.4 to 33.8 for females.
Proportion of population in working age group
The proportion of the working age population aged 15-64 increased from
66.5 percent in 2007 to 67.9 percent in 2021.
On the other hand, the proportion of the child population aged 0-14
decreased from 26.4 percent to 22.4 percent and the proportion of the
population aged 65 and over increased from 7.1 to 9.7 percent.
Number of people per square kilometer
The population density, which is the number of persons per square
kilometer, increased by 1 person compared to 2020 and reached 110 in
2021.
İstanbul had the highest population density with 3 thousand 49 persons
per square kilometer. This province was followed by Kocaeli province
with 563 persons and İzmir province with 368 persons.
On the other side, similar to 2020, Dersim was the province which had
the smallest population density with 11 persons per square kilometer.
This province was followed by Ardahan and Erzincan with 20 persons.
Population density of Konya, which is the province with the largest
surface area, was 59 and the population density of Yalova, which is the
province with the smallest surface area, was 344 in this period. (BIA,
4 February 2022)
Workers throughout Turkey protest low wage hikes
amid high inflation
Delivery workers of several e-commerce companies, as well as factory
workers and journalists, continue protests and work stoppages demanding
higher wage rises.
In the face of an economic crisis, with the inflation rate at the
highest in two decades, the government raised the minimum wage by 50
percent to make up for the increasing living costs. However, wage rises
in the private sector for employees earning more than the minimum wage
were far below that.
Delivery workers of Trendyol, one of the largest e-commerce companies,
were the first ones to start protests demanding higher rises.
After weeks of protests, the workers downed the tools on January 24 and
held a protest in front of the company's headquarters in İstanbul.
Trendyol workers from several cities, including Eskişehir, Diyarbakır
and İzmir, followed them to stop working.
On January 26, Trendyol agreed for a 38.8 percent raise and the
protests ended.
Following the success of the Trendyol workers, delivery workers of
other e-commerce companies — Hepsiburada, Scotty and Yemeksepeti —
started protests as well.
The workers demand wages about 12,500 lira, which is slightly less than
three times the minimum wage.
Almost all the delivery workers at the mentioned companies, excluding
some Yemeksepeti personnel, are gig workers.
Workers of Yurtiçi Kargo, one of the largest delivery companies in the
country, also started protests on Monday. They demanded a 40 percent
raise whereas the company raised the wages by 17 percent.
However, the company says it raised the wages twice on December 1 and
February 1 and the total hike it gave to the workers was 46 percent.
The company terminated the contracts of 20 people who demanded a higher
raise.
Media workers
Shortly after BBC İstanbul journalists carried out the country's first
media strike in 13 years and secured the wage hike they demanded, beIN
Media employees also started protests.
The employees of the Qatar-based media conglomerate demand a higher
increase than 17 percent, what they were given.
Factory workers
Workers of Alpine Çorap, a socks manufacturer that produces products
for several international firms such as Adidas, Decathlon, H&M and
Carrefour, downed the tools last week after being offered a low
increase.
The employers met with the representatives of the workers after more
than 300 workers stopped working. They agreed on a 2,500 lira increase
and protesting workers won't be fired.
Workers of Farplas, a Kocaeli-based company producing plastic
automotive parts, also started protests a couple of weeks ago.
After the protests, the company fired nearly 150 out of its 2,500
workers. Also, police raided the factory to detain 200 protesting
workers last week.
However, the Birleşik Metal-İş union secured a majority to get
authorization to carry out activities at the factory. The union wants
the fired workers to be reinstated and a bargaining agreement with the
employers. (BIA, 3 February 2022)
L'inflation
frôle les 50% en janvier, un record depuis 2002
La hausse des prix à la consommation en Turquie a franchi un nouveau
cap en janvier, frôlant les 50% sur un an, un chiffre au plus haut
depuis avril 2002 dû à l'effondrement de la livre turque en 2021.
En janvier, l'inflation a atteint dans le pays 48,69% sur un an, selon
des chiffres officiels publiés mardi.
En décembre, la hausse des prix à la consommation avait atteint 36,08%
en glissement annuel.
L'inflation est devenue un sujet brûlant en Turquie à moins de dix-huit
mois de la prochaine élection présidentielle, l'opposition et certains
économistes accusant l'Office national des statistiques (Tüik) de
sous-estimer de plus de moitié son ampleur.
Un groupe d'économistes turcs indépendants affirme notamment que
l'inflation a dépassé les 110% en janvier.
Cette défiance envers les statistiques officielles a été renforcée par
une décision récente du président Recep Tayyip Erdogan, qui a limogé la
semaine dernière le directeur du Tuïk, un cinquième remplacement depuis
2019.
Le chef de l'État, accusé d'avoir encouragé la hausse des prix en
poussant la banque centrale à abaisser presque systématiquement ses
taux d'intérêt ces derniers mois, a promis en janvier de "ramener
l'inflation à un chiffre le plus vite possible".
Pour justifier sa politique de "taux bas", M. Erdogan a avancé à
plusieurs reprises les préceptes de l'islam, qui interdit l'usure.
À rebours des théories économiques classiques, le président turc estime
que les taux d'intérêts élevés favorisent l'inflation.
Mais sa politique monétaire et le manque d'indépendance de la banque
centrale - dont M. Erdogan a limogé trois gouverneurs depuis 2019 -
n'ont fait qu'accélérer la chute de la monnaie nationale (-44% face au
dollar en 2021), entraînant une hausse spectaculaire des prix.
- "avec l'aide de Dieu" -
Les Turcs vont devoir "porter le fardeau" de l'inflation encore
"quelque temps", a-t-il prévenu lundi, affirmant toutefois qu'"avec
l'aide de Dieu nous sommes entrés dans une période où chaque mois sera
meilleur que le précédent".
Le ministre turc de l'Économie Nureddin Nebati a également estimé cette
semaine que l'inflation atteindrait un pic en avril, "sous la barre des
50%" selon lui.
Mais il avait déjà annoncé précédemment ce pic pour janvier, assurant
que l'inflation commencerait ensuite à reculer pour revenir à un
chiffre en juin 2023, date prévue pour la prochaine élection
présidentielle.
La Turquie connaît une inflation à deux chiffres presque sans
discontinuer depuis début 2017, et n'avait jamais connu une telle
hausse des prix à la consommation depuis l'arrivée au pouvoir du Parti
de la justice et du développement (AKP) du président Erdogan fin 2002.
Pour certains produits de base comme les oeufs, la viande et l'huile,
l'inflation est plus forte encore et rend le coût de la vie
difficilement soutenable pour une grande partie des Turcs. Le prix des
factures d'énergies a également explosé, le pays étant très dépendant
des importations.
Dans ce contexte politiquement explosif, la Banque centrale de Turquie
a maintenu inchangé fin janvier son principal taux directeur à 14%, une
décision destinée à calmer l'inflation et les marchés après quatre mois
de baisse consécutive et une fin d'année 2021 cauchemardesque pour la
monnaie nationale et les consommateurs.
Le président Erdogan avait par ailleurs relevé le salaire minimum au
1er janvier de 50% (de 2.825,90 à 4.253,40 livres, soit environ 275
euros). Mais cette augmentation a déjà été pour partie effacée par la
conjoncture.
Pour tenter d'endiguer la dégringolade de la livre turque, M. Erdogan a
annoncé fin décembre la création d'un mécanisme d'épargne permettant
d'ajuster la valeur de certains dépôts bancaires en livres au cours du
dollar.
Cette mesure d'urgence, destinée à encourager les Turcs à placer ou
convertir leur épargne en livres, avait été suivie d'un rebond soudain
mais temporaire de la monnaie nationale, que de nombreux économistes
attribuent à des interventions répétées de la banque centrale turque
sur les marchés. (AFP, 3 fév 2022)
Relations
turco-européennes / Turkey-Europe Relations
Conseil de l'Europe contre la Russie: la
Turquie s'est abstenue
La Turquie s'est "abstenue" vendredi lors du vote visant à suspendre la
Russie du Conseil de l'Europe en réponse à l'invasion de l'Ukraine, a
indiqué le ministre turc des Affaires étrangères.
"Lors du vote à Strasbourg (siège du Conseil de l'Europe, ndlr) la
Turquie a choisi l'abstention. Nous ne voulons pas couper le dialogue"
avec la Russie, a justifié Mevlüt Casuvoglu lors d'un entretien à la
chaine NTV.
Ankara a pourtant jugé à plusieurs reprises "inacceptable" l'invasion
russe de l'Ukraine.
Selon le magazine allemand Der Spiegel, la Turquie est le seul membre
de l'organisation pan-européenne à s'être abstenu, l'Arménie et la
Russie ont voté contre et tous les autres (42) pays, pour, la
suspension de Moscou.
L'Azerbaïdjan n'a pas pris part au vote, ajoute l'hebdomadaire sans
préciser sa source.
Depuis l'invasion de l'Ukraine, il s'agit de la première sanction de
cet ordre prononcée par une organisation internationale dont la Russie
est membre.
La Turquie, membre de l'Otan et riveraine de la mer Noire comme les
deux belligérants, avance sur la corde raide depuis le début des
hostilités.
Ankara, qui avait offert sa médiation pour tenter d'éviter un conflit
entre Moscou et Kiev, essaie de ménager ses relations avec les deux
capitales.
Considérée comme alliée de l'Ukraine - auquel elle a vendu des drones
militaires notamment - elle est aussi très dépendante de la Russie, à
laquelle elle a acheté un système de défense anti-missile, ainsi que du
gaz et des céréales.
Cependant, le président Recep Tayyip Erdogan a jugé dès mardi
"inacceptable" l'opération russe en Ukraine et fustigé, vendredi, le
"manque de détermination" de l'Union européenne et de l'Otan dans leur
soutien à l'Ukraine.
"Tout ce qu'ils font c'est donner des conseils et des avis à l'Ukraine
sans lui apporter de vrai soutien", a dénoncé le chef de l'Etat turc
parlant de "théâtre".
Par ailleurs, la Turquie a refusé jusqu'à présent d'accéder à la
requête de l'Ukraine qui lui a demandé de fermer le détroit des
Dardanelles, donc l'accès à la mer Noire, aux navires russes.
Ankara contrôle l'accès à la mer Noire par le traité de Montreux, signé
en 1936, qui garantit la libre-circulation des navires marchands en
temps de paix et lui accorde le droit de bloquer les navires de guerre
dans certaines circonstances, notamment si la Turquie elle-même est
menacée.
"Nos experts sont en train d'étudier s'il y a une état de guerre du
point de vue légal" a fait savoir vendredi M. Cavusoglu. (AFP, 25 fév
2022)
Plastic waste imported from Europe
poisoning Turkey's soil
Having found in April 2021 that plastic waste mostly imported from the
UK and EU countries was illegally dumped and burned in the open in
Adana, southern Turkey, has carried out an analysis to find out the
impact of waste burning.
Samples of soil, ash, water and sediment collected from illegal plastic
dump sites were analyzed by both Greenpeace Research Laboratories and
independent laboratories.
Accordingly, the amount of dioxin and furan found in the samples from
dumpsites was 400,000 times higher than in uncontaminated soil and that
was the highest ever toxicity level found in soil in Turkey.
Dioxin-furans are carcinogenic and they may be toxic to unborn
children, trigger tumors and affect hormone and immune systems, said
Greenpeace.
The amount of polychlorinated biphenyls (PCBs) in the samples was
30,000 times higher than in uncontamined soil. Also, 18 different types
of metals and metalloids and Polycyclic aromatic hydrocarbons (PAHs)
were detected in the samples, according to the report.
The five dumpsites it analyzed are among Adana's fertile agricultural,
livestock and irrigation lands, Greenpeace noted. The heavy metals,
dioxins and furan and permanent organic pollutants that are produced as
a result of illegal burning of plastic waste can cause cancer by mixing
into soil, water, air and food chain, it said.
"I send vitamins to Europe, they send us poison"
İzzeddin Akman, who cultivates citrus fruits in Adana, told Greenpeace
that "I send vitamins to Europe, they send us poison."
Dr. Kevin Bridgen, a scientist who took part in the analysis, said such
chemical pollutants are very resilient to degradation in the
environment and they can enter human and animal bodies through the food
chain.
"The levels of these pollutants were very high in some of the areas
where plastic wastes from Europe, especially England, were detected
intensely," he noted.
Nihan Temiz Ataş, the biodiversity project leader of Greenpeace
Mediterranean, said the plastic waste imported from European countries
causes "irreversible damage" to the environment in Turkey. "Exporting
countries, especially England, should take responsibility and stop
sending plastic to Turkey. Turkey is not a plastic dump and these
harmful waste games must end."
Turkey's plastic waste import
Turkey's plastic waste imports rapidly increased after early 2018, when
China imposed bans on waste imports. In 2019 and 2020, Turkey was the
largest importer of Europe's plastic waste.
According to Eurostat and UK Office for National Statistics figures
compiled by Greenpeace;
Turkey imported 659,960 tons of plastic waste from the EU countries and
the UK in 2020, up by 13 percent from the previous year. Some 241
truckloads of plastic waste came to Turkey from those countries every
day.
• In 2019, Turkey imported 582,296 tons of plastic waste from the EU
countries and the UK.
• Twenty-eight percent of Europe's plastic waste exports were to Turkey
in 2020.
• Turkey's plastic waste imports increased by 196 times between 2004
and 2020.
• In 2020, the top five countries that sent the most plastic waste to
Turkey were the UK (209,642 tons), Belgium (137,071 tons), Germany
(136,083 tons), the Netherlands (49,496 tons) and Slovenia (24,884
tons). (BIA, 10 February 2022)
Erdoğan:
We don't care what Council of
Europe says about Osman Kavala
Turkey "doesn't care" what the Council of Europe says about the
imprisonment of Osman Kavala, a businessperson and a rights advocate,
President Recep Tayyip Erdoğan has said.
The CoE Committee of Ministers yesterday (February 2) launched
infringement proceedings against Turkey because of refusing to release
Kavala despite an ECtHR verdict in late 2019.
"We don't care what the ECtHR said or what the Council of Europe said.
We expect our courts to be respected," Erdoğan told reporters at the
Esenboğa airport in Ankara, the capital, before taking off for Ukraine.
With the infringement proceedings started, the ECtHR will now decide
whether Ankara has abided by its ruling and fulfilled its obligations
as a party to the European Convention on Human Rights (ECHR).
If Turkey is found to be in violation, the committee will decide on
what sanctions will be imposed on it. (BIA, 3 February 2022)
Erdogan accuse les Occidentaux "d'empirer les choses"
Le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a proposé sa médiation dans
la crise ukrainienne, a accusé vendredi les Occidentaux "d'empirer les
choses" entre Moscou et Kiev.
"Je le dis ouvertement, malheureusement les Occidentaux n'ont apporté
jusqu'à présent aucune aide dans la résolution du conflit. Ils n'ont
fait qu'empirer les choses", a déclaré le président turc à la chaine
CNN Türk dans l'avion qui le ramenait de Kiev.
L'homme fort d'Ankara a jugé sévèrement le rôle du président américain
Joe Biden, estimant que "Biden a été incapable jusqu'à présent de faire
preuve d'une approche positive dans ce processus".
Pour M. Erdogan, seule la précédente chancelière allemande, Angela
"Merkel aurait pu réellement détenir la solution. Mais hormis elle, il
n'y aucun leader pour le moment. Inutile de nommer les autres", a-t-il
ajouté.
En visite à Kiev jeudi auprès de son allié ukrainien, le président
Volodymyr Zelensky, M. Erdogan a renouvelé son invitation à accueillir
en Turquie des "pourparlers bilatéraux" entre Moscou et Kiev et insisté
sur "l'intégrité territoriale de l'Ukraine et de la Crimée".
Il a assuré avoir reçu "une réponse positive de (Vladimir) Poutine" à
son invitation à se rendre en Turquie.
"Poutine a donné son accord pour une visite à son retour de Chine. Nous
devons fixer une date", a-t-il affirmé. "Nous tenons à organiser cette
rencontre entre M.Poutine et M.Zelensky au plus haut niveau", a-t-il
précisé.
Vladimir Poutine se trouvait vendredi à Pékin pour assister à la
cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques au côté du président chinois
Xi Jinping. (AFP, 4 fév 2022)
Turquie-USA-OTAN /
Turkey-USA-NATO
Face à la Russie, la mer noire reste le "maillon
faible" de l'OTAN
Courrier international; 25 février 2022
Malgré les annonces tonitruantes de ces dernières semaines, la présence
navale de l’Alliance atlantique dans la mer Noire reste symbolique face
à l’armada russe.
Dans les heures qui ont suivi l’invasion russe, les autorités de Kiev
se sont empressées de demander de l’aide “non pas à l’Ouest, mais au
Sud”, constate le site de la section en bulgare de la radio RFE/Radio
Liberty à Sofia. Et plus concrètement à la Turquie, par la voix de
l’ambassadeur d’Ukraine à Ankara, Vasil Bodnar, qui a demandé au
gouvernement de Recep Tayyip Erdogan de “fermer les détroits du
Bosphore et des Dardanelles à la marine de guerre russe”.
“Nous demandons à la Turquie de prendre parti et d’aider l’Ukraine”, a
ajouté l’ambassadeur. Au deuxième jour des hostilités en Ukraine, sa
demande n’a toujours pas reçu de réponse. Mais cette requête démontre
une fois de plus le rôle stratégique de ces détroits, qui sont,
rappelle la radio, “la seule voie d’accès pour les navires russes
naviguant dans les bassins baltique et méditerranéen pour rejoindre la
flotte de la mer Noire et accéder ainsi rapidement aux côtes
ukrainiennes”. Et à la radio de s’interroger : face à la Russie, la mer
Noire n’est-elle pas le maillon faible de l’Alliance atlantique ?
Mais où sont donc les navires de l’Otan ?
Reprenant longuement une enquête publiée par l’agence Reuters, le
quotidien en ligne bulgare Dnevnik n’hésite pas sur la réponse à donner
à cette question. “Mais où sont donc les navires de l’Otan ? Dans la
mer Noire, l’Alliance brille par son absence”, titre le journal le 25
février. Et de constater qu’au deuxième jour de l’invasion de l’Ukraine
le navire de guerre d’un pays important de l’Otan (hors la Turquie) le
plus proche se trouvait… en mer Méditerranée. Et le dernier (un navire
de guerre français) à avoir été vu en mer Noire l’a quittée fin
janvier, poursuit le journal. Ce malgré les annonces tonitruantes ces
dernières semaines à propos de frégates (notamment espagnole et
danoise) croisant vers la mer Noire pour prêter main-forte aux forces
navales de l’Alliance.
La circulation des navires étrangers en mer Noire est régie par la
convention de Montreux, qui exclut les pays riverains. Cette convention
donne également le droit à la Turquie, qui contrôle les détroits, de
les fermer en temps de guerre et si sa sécurité est menacée.
Armada russe
Selon le site turc Turkishnavy.net, qui effectue une surveillance
scrupuleuse des mouvements de navires de guerre étrangers dans le
Bosphore, quelque 16 vaisseaux russes ont rejoint la flotte de la mer
Noire début février. Juste avant le déclenchement des hostilités, ils
ont été rejoints par six autres navires et un sous-marin. La marine
turque, la seule à pouvoir tenir tête aux Russes, dispose quant à elle
de 12 sous-marins et de 37 navires de guerre, mais tous ne croisent pas
actuellement en mer Noire, poursuit le site. “En mer Noire, l’Otan
compte surtout sur la Turquie car ses deux autres membres, la Bulgarie
et la Roumanie, ont des flottes très modestes”, ajoute le quotidien
Dnevnik. Or, selon tous les observateurs, Ankara a toujours évité la
confrontation avec son grand voisin russe en mer Noire. “L’Ukraine,
elle, a perdu la plus grande partie de sa flotte après l’annexion de la
Crimée, en 2014”, poursuit la radio RFE/Radio Liberty. Selon le site
spécialisé Naval News, la Russie disposerait actuellement en mer Noire
de 49 navires de guerre et de 7 sous-marins.
La Convention de Montreux
En vertu de l’accord de 1936, dit “Convention de Montreux”, la Turquie
contrôle le Bosphore et les Dardanelles et a le pouvoir de réglementer
le transit des navires de guerre. Elle garantit également le libre
passage des navires civils en temps de paix et limite le passage des
navires n’appartenant pas aux pays de la mer Noire.
En temps de guerre, ou lorsqu’elle est menacée d’une agression, la
Turquie est autorisée à fermer le détroit à tous les navires de guerre
étrangers. Elle peut également refuser le transit aux navires marchands
en provenance de pays en guerre avec elle et fortifier les détroits en
cas de conflit.
Tous les pays non riverains de la mer Noire qui souhaitent envoyer des
navires doivent en informer la Turquie quinze jours à l’avance, tandis
que les pays riverains de la mer Noire doivent donner un préavis de
huit jours.
Le passage est limité à 9 navires de guerre d’un tonnage total
spécifique à tout moment, aucun navire de plus de 10 000 tonnes n’étant
autorisé à passer. Les navires d’un pays n’appartenant pas à la mer
Noire ne peuvent pas dépasser un tonnage total de 30 000 tonnes à tout
moment et les navires ne sont pas autorisés à rester dans la région
plus de vingt et un jours. Les États de la mer Noire peuvent faire
transiter des navires de tout tonnage
Relations
régionales / Regional Relations
La Turquie exhorte la Russie à
mettre fin à l'opération militaire en Ukraine
Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a appelé
samedi son homologue russe Sergueï Lavrov à mettre fin à l'opération
militaire en Ukraine au cours d'un entretien téléphonique, a indiqué
une source diplomatique turque.
La Turquie a condamné à plusieurs reprises l'invasion "inacceptable" de
l'Ukraine.
Cavusoglu a déclaré à Lavrov qu'une nouvelle escalade des tensions
militaires ne profiterait à personne, a déclaré la source diplomatique
turque, sous couvert d'anonymat.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a présenté ses condoléances pour
les morts dans l'attaque russe de l'Ukraine et a souhaité un prompt
rétablissement aux blessés, lors d'un appel téléphonique avec son
homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky.
Erdogan a déclaré que la Turquie faisait des efforts pour une
déclaration de cessez-le-feu immédiat "afin d'éviter de nouvelles
pertes en vies humaines", a indiqué samedi la présidence turque.
La Turquie avait proposé sa médiation pour tenter d'éviter un conflit
entre Moscou et Kiev.
Cavusoglu a également réitéré la "disposition de la Turquie à
accueillir des négociations qui pourraient avoir lieu entre la
Fédération de la Russie et l'Ukraine", selon la source diplomatique.
La Turquie s'est retrouvée dans un exercice d'équilibriste entre la
Russie et l'Ukraine avec lesquelles elle entretient des relations
amicales. Ankara est un allié de l'Ukraine mais la Turquie est
également très dépendante de la Russie pour ses approvisionnements
énergétiques.
Le Conseil de l'Europe a décidé vendredi de sanctionner la Russie,
bannie de ses principales instances, une première pour une organisation
internationale depuis l'invasion de l'Ukraine.
La Turquie s'est toutefois abstenue afin de ne "pas couper le dialogue"
avec Moscou, selon son ministère des Affaires étrangères. (AFP, 26 fév
2022)
Kinshasa et Ankara signent sept accords de
coopération
Sept accords de coopération bilatérale ont été conclus entre la
République démocratique du Congo et la Turquie dans les domaines
sécuritaire et économique au terme d'une brève visite du président turc
Recep Tayyip Erdogan en RDC, a-t-on appris lundi de sources officielles.
"Nous avons mutuellement réaffirmé notre volonté de développer la
coopération bilatérale" et au total, "sept accords ont été signés entre
la Turquie et la République démocratique du Congo", a indiqué le
président Erdogan sur Twitter.
Un accord-cadre militaire, un protocole relatif aux aides financières
et un accord de coopération sur l'industrie de la défense ont notamment
éét conclus, a-t-on indiqué de source congolaise.
Les autres protocoles d'accords portent sur la construction du Centre
des Finances de Kinshasa, sur l'infrastructure et le transport fluvial
sur le fleuve Congo et ses affluents et enfin sur la construction de
1.083 km d'autoroute et d'une ligne de chemin de fer.
Lundi, le ministre congolais de l'Urbanisme et un responsable turc ont
procédé au lancement des travaux du "Centre des finances de Kinshasa"
qui abritera le ministère des Finances et ses différents services, dans
une concession située non loin de l'école turque, dans la commune des
affaires de Gombe (nord).
Dimanche, à l'issue d'un tête-à-tête avec M. Erdogan, le président
Félix Tshisekedi s'était réjoui de la signature de ces accords "qui
symbolisent la volonté de raffermir nos relations".
Dans le domaine sécuritaire, "nous avons sollicité le soutien de la
Turquie pour lutter contre "les milices et groupes terroristes dans
l'est de notre pays" en proie aux violences meurtrières depuis près de
25 ans, avait déclaré le président de la RDC.
Accompagné à l'aéroport de Ndjili par le président Tshisekedi, le
président Erdogan a quitté la RDC en fin de matinée. Le dirigeant turc
devrait se rendre au Sénégal et en Guinée-Bissau pour la suite de sa
tournée africaine. (AFP, 21 fév 2022)
Aux Emirats, Erdogan invite les
entreprises à investir en Turquie
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé mardi les entreprises
et hommes d'affaires des Emirats arabes unis à investir en Turquie,
confrontée à une grave crise économique, saluant une "nouvelle ère"
avec l'ancien rival du Golfe.
Le chef d'Etat turc effectue depuis lundi sa première visite officielle
aux Emirats, après près de dix ans de rivalité avec ce riche Etat
pétrolier dont il s'est récemment rapproché.
"En tant que principaux représentants du secteur privé aux Emirats
arabes unis, je suis sûr que vous comprenez parfaitement les avantages
des partenariats commerciaux et des investissements avec la Turquie", a
déclaré M. Erdogan devant des représentant du monde des affaires aux
Emirats.
"La volonté des hommes d'Etat est très importante pour que les
relations entre la Turquie et les Emirats arabes unis atteignent le
niveau qu'elles méritent", a-t-il ajouté, selon un communiqué de la
présidence turque. "Mais c'est vous, les membres de notre monde des
affaires, qui allez concrétiser le potentiel des deux pays, notamment
en matière de commerce et d'investissements", a-t-il insisté.
Selon le président turc, Ankara a mis en place une "législation
attrayante" pour les investissements et la création d'entreprises.
- Nouveaux marchés -
Lundi, la visite de M. Erdogan dans la capitale Abou Dhabi a été
marquée par la signature de 13 accords de coopération et mémorandums
d'entente, ont rapporté les agences de presse officielles des deux pays.
Selon l'agence émiratie WAM, les accords portent entre autres sur la
santé, les industries, les technologies de pointe, l'agriculture ou
encore les transports. Une lettre d'intention sur la coopération entre
les industries de défense a aussi été signée, d'après la même source.
Abou Dhabi espère doubler voire tripler les volumes d'échanges avec la
Turquie, considérée comme une voie vers de nouveaux marchés.
Le volume des échanges bilatéraux au premier semestre 2021 s'est élevé
à plus de 6,3 milliards d'euros, avec un bond de croissance de 100% par
rapport à la même période en 2020, selon WAM.
Les investissements des Emirats en Turquie ont atteint près de 4,4
milliards d'euros fin 2020. Quant aux investissements turcs aux
Emirats, ils pèsent quelque 312 millions d'euros, d'après l'agence
émiratie.
Plus tard dans la journée de mardi, M. Erdogan a rencontré le dirigeant
de Dubaï, cheikh Mohammed ben Rached Al-Maktoum, à l'Exposition
universelle 2020, la première organisée au Moyen-Orient.
- Opération séduction -
La visite du président turc fait suite à celle en novembre du prince
héritier d'Abou Dhabi et dirigeant de facto des Emirats, Mohammed ben
Zayed. A cette occasion, le lancement d'un fonds de près de neuf
milliards d'euros pour soutenir les investissements en Turquie avait
été annoncé.
La Turquie est confrontée à une grave crise économique marquée par une
dégringolade de la livre turque et une inflation qui a officiellement
atteint près de 50%, voire bien plus selon des experts indépendants.
Le rapprochement de la Turquie et des Emirats intervient au moment où
ces deux puissances régionales cherchent à assainir leurs relations
diplomatiques en général et à attirer les investissements
internationaux dans divers secteurs.
Ces dernières années, les deux pays étaient en froid, Abou Dhabi
reprochant au président Erdogan de soutenir l'islam politique dans le
monde arabe, en particulier les Frères musulmans. Ils se sont également
opposés dans des dossiers régionaux, notamment en Libye appuyant
différentes parties au conflit.
Côté turc, certains médias locaux avaient par ailleurs accusé les
Emirats d'avoir joué un rôle dans la tentative de coup d'Etat de 2016
contre M. Erdogan en finançant les putschistes.
Mais sur fond de défis économiques provoqués par la crise sanitaire du
Covid-19, Abou Dhabi comme Ankara se sont lancés dans des campagnes de
séduction régionales.
Les Emirats ont normalisé leurs relations avec Israël, se sont
réconciliés avec le rival qatari et cherche à détendre les liens avec
l'Iran. De son côté, la Turquie a entrepris d'apaiser ses relations
avec Israël, l'Egypte ainsi que l'Arabie saoudite, première puissance
économique du monde arabe. (AFP, 18 fév 2022)
Le
président turc en visite aux Emirats, ancien
rival
Le président turc Recep Tayyip Erdogan est attendu lundi aux Emirats
arabes unis pour sa première visite officielle dans ce pays du Golfe
depuis 2013, avec pour objectif de renforcer la coopération avec son
ancien rival.
La visite de M. Erdogan faite suite à celle, en novembre, du prince
héritier d'Abou Dhabi, Mohammed ben Zayed al-Nahyane , dirigeant de
facto des Emirats, qui avait été accueilli avec les grands honneurs à
Ankara.
Abou Dhabi entretenait jusqu'à récemment une grande inimitié à
l'encontre du pouvoir du président turc, lui reprochant de soutenir
l'islam politique et s'opposant sur différents dossiers au
Moyen-Orient, notamment en Libye et dans la crise avec le Qatar.
"La visite du président turc Recep Tayyip Erdogan aux Emirats arabes
unis (...) ouvre une nouvelle page et elle est en adéquation avec
l'objectif des Emirats de renforcer les ponts de communication et de
coopération pour la stabilité et prospérité dans la région", a tweeté
dimanche le conseiller présidentiel émirati, Anwar Gargash.
Lors de sa visite en Turquie, Mohammed ben Zayed avait annoncé le
lancement d'un fonds de près de 9 milliards d'euros pour soutenir les
investissements en Turquie.
Les Emirats arabes unis espèrent doubler ou tripler les volumes
d'échanges avec la Turquie, qu'ils considèrent comme une voie vers de
nouveaux marchés grâce à son réseau logistique, selon les propos en
janvier du ministre d'Etat au Commerce extérieur Thani al-Zeyoudi.
Le volume des échanges entre les deux pays s'est élevé au premier
semestre 2021 à plus de 26,4 milliards de dirhams (6,3 milliards
d'euros), avec un bond de croissance de 100%, par rapport à la même
période en 2020, a indiqué l'agence de presse officielle émiratie WAM.
Le total des investissements émiratis en Turquie ont atteint près de
4,4 milliards d'euros fin 2020, toujours selon WAM, tandis que les
investissements turcs aux Emirats - concentrés dans la construction,
l'immobilier, la finance, les assurances, l'industrie - se sont élevés
à quelque 312 millions d'euros.
Petit Etat aux grandes ambitions, les Emirats se sont lancés ces
derniers mois dans des offensives diplomatiques régionales de
séduction, alors que leur économie souffre des fluctuations des prix du
pétrole et des conséquences de la pandémie de Covid-19.
Abou Dhabi a normalisé en 2020 ses relations avec Israël et de
multiples accords commerciaux ont été signés depuis.
Ankara cherche de son côté à assainir ses relations dans la région, au
moment où la Turquie traverse une crise économique majeure, avec une
inflation record due à la dégringolade de la livre turque. (AFP, 14 fév
2022)
Le président d'Israël prévoit
un rare voyage en Turquie
Le président israélien Isaac Herzog prévoit un rare voyage en Turquie,
a indiqué son bureau mardi sans préciser de date, sur fond de
rapprochement entre les deux pays aux relations tendues depuis plus de
dix ans.
"Une délégation de hauts responsables de Turquie arrivera en Israël
cette semaine dans le cadre des préparations pour la visite prévue du
président Isaac Herzog, avec pour objectif de discuter des relations
entre les deux pays", a annoncé dans un communiqué le bureau du chef de
l'Etat israélien.
Selon la chaîne de télévision officielle turque TRT, cette visite
pourrait avoir lieu les 9 et 10 mars prochains.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait affirmé en janvier que son
homologue Isaac Herzog, dont la fonction est en grande partie
honorifique, viendrait en Turquie "début février" et espéré que cette
visite ouvre "une nouvelle voie dans les relations" entre les deux
pays. Israël n'avait pas confirmé ces informations.
Les relations entre Ankara et Israël étaient tendues depuis l'affaire
du Mavi Marmara en 2010, lorsque des forces israéliennes avaient lancé
un assaut meurtrier sur un navire turc tentant d'acheminer de l'aide à
la bande de Gaza, enclave palestinienne sous blocus israélien depuis 15
ans.
Les deux pays avaient rappelé leurs ambassadeurs en 2018 après la mort
de manifestants palestiniens à Gaza.
Mi-novembre, M. Erdogan s'était entretenu avec M. Herzog et le Premier
ministre israélien Naftali Bennett --le premier entretien entre un
Premier ministre israélien et M. Erdogan depuis 2013--, quelques heures
après la libération et le retour dans leur pays d'un couple de
touristes israéliens accusés d'espionnage et détenus en Turquie.
- "Opportunité" -
En janvier, le président turc avait dit être prêt à coopérer avec
Israël sur un projet de gazoduc en Méditerranée orientale, marquant
ainsi la volonté d'Ankara de renouer les liens avec l'Etat hébreu.
Ce nouveau projet de gazoduc permettrait d'acheminer le gaz de la
Méditerranée orientale vers l'Europe. La Turquie s'était précédemment
vivement opposée à un projet similaire dans lequel Israël et son rival
historique, la Grèce, étaient associés.
Nommé EastMed, il avait été soutenu à l'époque par l'ancien président
américain Donald Trump. Mais selon les médias israéliens et turcs,
Washington aurait prévenu Athènes qu'il ne soutenait plus ce projet à
cause des tensions que celui-ci provoquait avec Ankara.
D'après des analystes, le rapprochement entre l'Etat hébreu et la
Turquie est notamment lié au changement de gouvernement en Israël,
l'ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui entretenait des
relations difficiles avec Recep Tayyip Erdogan, ayant été remplacé en
juin par Naftali Bennett.
Ce changement est vu comme une "opportunité", décrypte Gallia
Lindenstrauss, analyste israélienne à l'Institut des études
stratégiques de Tel-Aviv.
Israël souhaite en outre "un apaisement des tensions" pour pouvoir "se
concentrer sur la menace principale", à savoir l'Iran, son ennemi
numéro un, dit-elle à l'AFP.
Cette situation constitue toutefois un "tournant" de la part de M.
Erdogan, grand défenseur de la cause palestinienne ces dernières années
et "très critique" envers Israël, qui "s'apprête à recevoir le
président israélien sans changement majeur dans la politique
israélienne envers les Palestiniens", ajoute-t-elle.
Confirmant la visite, la diplomatie turque a précisé que la délégation,
composée du porte-parole et conseiller du président Erdogan et du
vice-ministre des Affaires étrangères, rencontrerait également Mahmoud
Abbas, le président de l'Autorité palestinienne qui siège en
Cisjordanie occupée, et d'autres responsables palestiniens, lors de son
déplacement cette semaine. (AFP, 15 fév 2022)
Erdogan
propose d'accueillir des pourparlers
Ukraine-Russie
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a renouvelé jeudi à Kiev son
offre d'accueillir un sommet réunissant Ukraine et Russie, ajoutant sa
médiation aux initiatives diplomatiques lancées tous azimut par les
Européens pour éviter un conflit armé.
L'envoi par Moscou de dizaines de milliers de militaires aux frontières
de l'Ukraine, qui fait craindre une invasion prochaine, a entraîné
l'une des pires crises russo-occidentales depuis la guerre froide.
Relançant le bras de fer, les Etats-Unis ont décidé d'envoyer 3.000
soldats américains supplémentaires en Europe de l'Est tandis que les
Européens, tout en avertissant de sévères sanctions économiques en cas
d'attaque, multiplient les contacts en vue d'une désescalade.
Le président russe Vladimir Poutine et son homologue français Emmanuel
Macron ont discuté jeudi de l'Ukraine et notamment des "garanties de
sécurité" exigées par Moscou jeudi, lors de leurs troisième
conversation téléphonique de la semaine sur ce sujet, a indiqué le
Kremlin en évoquant "un dialogue constructif".
Emmanuel Macron envisage une visite à Moscou, tout comme le chancelier
allemand Olaf Scholz.
Paris et Berlin cherchent en outre à relancer le processus de paix dans
l'Est de l'Ukraine où Kiev affronte depuis huit ans des séparatistes
pro-russes soutenus par Moscou.
Après avoir été reçu par Volodymyr Zelensky, Recep Tayyip Erdogan a
renouvelé son offre de médiation devant la presse: "la Turquie est
prête à prendre sa part pour résoudre la crise entre deux pays amis,
qui sont ses voisins en Mer Noire".
Le remerciant, le président ukrainien s'est dit "prêt à faire tout ce
qui est possible, où que ce soit et dans tous les formats" pour la paix
en Ukraine.
"Peu importe où nous pouvons mettre un terme à la guerre, ce qui compte
c'est que tout le monde y soit sincèrement prêt", a-t-il ajouté.
Le dirigeant turc fait valoir son appartenance à l'Otan et ses bonnes
relations avec Kiev, avec qui il a signé un accord de libre-échange
jeudi, pour se poser en entremetteur. Il avait réitéré avant son départ
pour Kiev son invitation à Vladimir Poutine, suggérant que ce dernier
pourrait faire étape en Turquie en rentrant de la cérémonie d'ouverture
des JO vendredi à Pékin.
- Drones -
MM. Erdogan et Poutine ont développé une relation étroite ces dernières
années, mais l'Ukraine est un dossier sensible entre eux: Ankara
soutient l'adhésion de Kiev à l'Otan et s'est vivement opposé à
l'annexion de la Crimée par la Russie en 2014, au nom de la protection
de sa minorité tatare turcophone.
Le maître du Kremlin reproche pour sa part à son homologue turc d'avoir
fourni à Kiev des drones armés, utilisés contre les séparatistes
pro-russes de l'Est de l'Ukraine. Les dirigeants turc et ukrainien ont
signé jeudi un accord pour augmenter la production de ces appareils en
Ukraine.
Les Occidentaux accusent Moscou depuis fin 2021 d'avoir massé des
dizaines de milliers de soldats aux frontières de l'Ukraine en vue
d'une potentielle invasion.
La Russie dément toute velléité agressive, mais conditionne toute
désescalade à la fin de la politique d'élargissement de l'Otan,
notamment à l'Ukraine, et un retrait d'Europe de l'Est de ses capacités
militaires.
Washington a rejeté ces exigences, proposant en échange que les rivaux
s'engagent à ne pas déployer de moyens militaires offensifs en Ukraine,
que Moscou inspecte certaines infrastructures militaires qui
l'inquiètent en Europe, et que les deux pays s'accordent sur des
mesures de contrôle des armements.
- "Faible" risque -
Faute d'un retrait militaire russe, Washington a annoncé renforcer le
flanc oriental de l'Otan en redéployant un millier des soldats
d'Allemagne vers la Roumanie,
Le président américain Joe Biden a en outre décidé de renforcer l'Otan
avec 2.000 soldats américains supplémentaires qui seront déployés en
Pologne et en Allemagne. Un avion de transports avec un premier
contingent est déjà parti jeudi de la base militaire de Fort Bragg en
Caroline du Nord.
"Nous appelons constamment nos partenaires américains à cesser de
nourrir les tensions", a dit jeudi le porte-parole du Kremlin, Dmitri
Peskov. Selon lui, "l'inquiétude de la Russie est claire et
parfaitement justifiée", étant donné que ce sont "des Américains qu'on
envoie dans des pays européens".
Ces troupes s'ajoutent aux 8.500 militaires placés en état d'alerte fin
janvier pour être déployés dans la force de réaction rapide de l'Otan
en cas de besoin.
"Ces forces ne vont pas se battre en Ukraine", qui n'appartient pas à
l'Otan, a tempéré le porte-parole du ministère américain de la Défense
John Kirby.
Les Etats-Unis ont affirmé jeudi avoir des preuves que Moscou envisage
de filmer une fausse attaque ukrainienne contre la Russie afin de
l'utiliser comme prétexte pour envahir l'Ukraine, a encore déclaré M.
Kirby.
"Nous pensons que la Russie pourrait produire une vidéo de propagande
très violente, qui montrerait des cadavres et des acteurs jouant le
rôle de personnes en deuil, ainsi que des images de lieux détruits avec
des équipements militaires ukrainiens ou occidentaux", a-t-il précisé
au cours d'un point de presse.
Les autorités ukrainiennes se montrent plus mesurées concernant le
risque d'invasion, le ministre de la Défense Oleksiï Reznikov jugeant
jeudi "faible" le risque d'une "escalade significative".
Kiev craint davantage une "déstabilisation intérieure" fomentée par la
Russie, qui a annexé la Crimée en 2014 et soutient les séparatistes de
l'Est. (AFP, 3 fév 2022)
Chypre
et la Grèce / Cyprus and Greece
Un
ministre chypriote impute le "problème"
migratoire de l'île à la Turquie
Chypre est confrontée à un "énorme" problème avec l'immigration
clandestine, déclare le ministre de l'Intérieur de cette île
méditerranéenne, petit pays de l'Union européenne le plus proche du
Moyen-Orient.
Le pays se trouve dans une situation "d'urgence", explique à l'AFP
Nicos Nouris, soulignant que 4,6% de la population de Chypre est
aujourd'hui composée de demandeurs d'asile ou de migrants ayant obtenu
une protection internationale, le taux le plus élevé dans l'UE.
Le ministre chypriote-grec reproche à la Turquie, dont les troupes
occupent le tiers nord de l'île depuis 1974, d'orchestrer une bonne
partie de l'arrivée des réfugiés originaires de Syrie et de migrants
d'Afrique subsaharienne.
Des ONG et observateurs accusent de leurs côtés Nicosie de loger les
migrants dans des camps surpeuplés, dénonçant par ailleurs des mauvais
traitements.
"Ce qui est violent, c'est ce que la Turquie nous fait", rétorque M.
Nouris, alors que les demandes d'asile ont monté en flèche, atteignant
plus de 13.000 l'année dernière, sur une population de 850.000 dans le
sud de l'île.
- Question "instrumentalisée" par Ankara -
"La question migratoire à Chypre est un énorme problème parce qu'elle a
été instrumentalisée par la Turquie", assène le ministre, membre du
parti conservateur Disy.
La Turquie, qui accueille des millions de Syriens, et l'Union
européenne avaient conclu en 2016 un accord controversé selon lequel
Ankara s'engage à empêcher les passages clandestins dans l'UE en
échange, notamment, d'une aide financière.
Mais selon M. Nouris, de 60 à 80 migrants, aidés de passeurs,
franchissent illégalement chaque jour la Ligne verte séparant l'île en
deux, avec 85% de demandeurs d'asile étant arrivés de cette façon en
2021.
Beaucoup de migrants font escale à Istanbul avant d'arriver en avion
dans la partie nord, indique M. Nouris qui déplore que nombre d'entre
eux, une fois passés dans le Sud, ignorent que l'île ne fait pas partie
de l'espace Schengen.
"Ils ne peuvent pas se rendre en Allemagne ou en France, où ils veulent
aller" et "se retrouvent coincés sur l'île".
Si les autorités chypriotes insistent sur le fait que la Ligne verte
n'est pas une frontière -- la partie nord n'étant pas un pays reconnu
officiellement --, ils veulent néanmoins la rendre moins poreuse.
Elles ont ainsi renforcé une partie avec des barbelés, et vont
augmenter les patrouilles et installer un système de surveillance de
fabrication israélienne.
Fabrice Leggeri, le patron de Frontex, l'agence européenne chargée de
sécuriser les frontières extérieures de l'UE, est attendu mercredi à
Chypre.
Selon M. Nouris, Chypre voudrait que Frontex patrouille dans les eaux
au sud de la Turquie "d'où chaque nuit (...) nous avons des départs
illégaux de migrants". Il reconnaît cependant que cela nécessiterait
l'accord d'Ankara.
Chypre souhaiterait aussi que l'UE allonge la liste des pays d'origine
considérés comme sûrs pour conclure des accords pour des rapatriements.
Outre la Syrie, les pays d'origine des demandeurs d'asile sont le
Cameroun, la République démocratique du Congo, le Nigeria et la
Somalie, selon le ministre.
Les autorités ont récemment renvoyé par avion plus de 250 Vietnamiens
et coopéré avec la Belgique pour rapatrier 17 Congolais.
- Appel à la solidarité -
Un vol conjoint avec l'Allemagne est prévu le 8 mars pour rapatrier des
Pakistanais, indique-t-il, concédant qu'il s'agira d'un "retour forcé".
Human Rights Watch et d'autres ONG de défense des droits humains ont
accusé Chypre d'utiliser des méthodes musclées contre les migrants,
notamment en repoussant ceux qui arrivaient par la mer.
M. Nouris insiste sur le fait que "Chypre n'a jamais, jamais repoussé"
les migrants, mais a le droit de ramener les bateaux vers le Liban.
La question migratoire a été sous les feux des projecteurs cette
semaine avec des violences dans le centre de Pournara, près de Nicosie,
conçu à l'origine pour des centaines de migrants mais qui en accueille
aujourd'hui 2.500.
Des bagarres, impliquant des Nigérians, Congolais et Somaliens ont fait
35 blessés, et la police recherche un adolescent accusé d'avoir
poignardé un autre.
Ces violences montrent que Chypre a besoin de la "solidarité" et l'aide
de l'UE, plaide M. Nouris: "Dans un endroit surpeuplé, avec autant de
nationalités différentes, c'est le genre de choses auxquelles on peut
s'attendre". (AFP, 13 fév 2022)
Immigration
/ Migration
19
migrants morts à la frontière grecque selon un nouveau bilan
Dix-neuf migrants ont été découverts morts de froid près de la
frontière grecque depuis mercredi, selon un nouveau bilan jeudi des
autorités turques qui mettent en cause Athènes dans ce drame.
Le ministre turc de l'Intérieur Süleyman Soylu avait évoqué mercredi un
groupe de 22 migrants "dépouillés de leurs vêtements et de leurs
chaussures" et repoussés selon lui par les garde-frontières grecs, ce
qu'Athènes a démenti.
"Le nombre de corps que nous avons découverts dans les opérations de
recherche aujourd'hui et hier appartenant aux migrants qui ont été
repoussés par les Grecs et qui sont morts de froid s'élève
malheureusement à 19", a annoncé dans un communiqué le gouvernorat
d'Edirne (nord-est), ville proche de la frontière grecque.
Le gouvernorat avait déjà mis à jour son bilan jeudi matin, le faisant
monter de 12 à 16 morts après la découverte de quatre nouveaux corps.
"Ce n'est pas la première fois que nous faisons face à ce comportement
de la part de la Grèce", a déclaré jeudi le président Recep Tayyip
Erdogan, dénonçant le "silence" de l'Union européenne.
Selon l'agence privée turque DHA, les dépouilles des 12 migrants
découverts mercredi ont été transférés à l'Institut de médecine légale
à Istanbul.
M. Soylu avait publié avec son message quatre photos floutées donnant à
voir des corps sans vie à même le sol en lisière d'un chemin boueux.
"La mort de 12 migrants à la frontière turque près d'Ipsala est une
tragédie", a réagi le ministre grec des Migrations, Notis Mitarachi.
Mais "toute suggestion selon laquelle ils auraient été repoussés en
Turquie est absolument infondée. Ils n'ont jamais atteint la
frontière", a affirmé ce dernier, fustigeant "la fausse propagande" de
M. Soylu.
Les corps des 12 premiers migrants ont été découverts au niveau du
village de Pasakoy, proche de la frontière turco-grecque. Le
gouvernorat d'Edirne n'a pas précisé où les nouveaux corps ont été
découverts.
La Turquie accuse régulièrement les autorités grecques de repousser
illégalement vers son territoire les migrants tentant de passer en
Grèce, ce que ce pays a toujours démenti.
Athènes accuse en retour Ankara de fermer les yeux sur les personnes
qui tentent de franchir la frontière, en violation de l'accord de mars
2016 qui prévoyait un réel effort de la Turquie pour limiter les
migrations. (AFP, 3 fév 2022)
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