Droits
de l'Homme / Human Rights
11 policiers tués dans un attentat-suicide du PKK près de la Syrie
Le Premier ministre turc Binali Yildirim a promis des représailles aux
"vils" auteurs d'un attentat-suicide à la voiture piégée qui a tué au
moins 11 policiers vendredi à Cizre (sud-est), à la frontière de la
Syrie, et a été revendiqué par les rebelles kurdes.
Cet attentat a eu lieu en matinée, au moment où la Turquie envoyait de
nouveaux chars de l'autre côté de la frontière syrienne pour la
troisième journée consécutive, poursuivant une offensive militaire sans
précédent depuis le début de la guerre.
"Nous donnerons la réponse qu'ils méritent à ces vils" assaillants, a
lancé le Premier ministre lors d'une conférence de presse. "Aucune
organisation terroriste ne peut prendre la Turquie en otage".
"A 06H45 (03H45 GMT), un attentat-suicide au véhicule piégé a été mené
par le groupe terroriste PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan)
contre le bâtiment de la police antiémeutes", a annoncé le gouvernorat
de la province de Sirnak, où se situe Cizre, faisant état de 11
policiers tués et 78 personnes blessées, dont trois civils.
Un peu plus tard, le PKK a revendiqué l'attentat-suicide, précisant
qu'il avait été mené en représailles à l"isolement persistant" de son
chef emprisonné Abdullah Öcalan et "le manque d'information" sur sa
situation, alors qu'il n'est plus autorisé à recevoir aucune visite.
La violente explosion, qui a dévasté le quartier général des forces
antiémeutes, s'est produite à 50 mètres du bâtiment, à un poste de
contrôle.
Les forces de sécurité turques subissent des attaques
quasi-quotidiennes du PKK, qui ont fait des dizaines de morts depuis
qu'un cessez-le-feu de deux ans et demi entre les rebelles et les
forces turques a pris fin pendant l'été 2015. Le PKK a intensifié ses
attaques au cours des dernières semaines.
La chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini a exprimé sa
"solidarité et sa sympathie avec le gouvernement et le peuple de
Turquie".
Elle se rendra à Ankara le 9 septembre pour "discuter de toutes les
questions d'intérêt commun avec le ministre des Affaires étrangères
Mevlüt Çavusoglu et le ministre des Affaires européennes Ömer Çelik".
- Accord Ankara-EI ? -
Cet attentat intervient au troisième jour d'une offensive d'ampleur des
forces turques en Syrie voisine visant, officiellement, à la fois les
milices kurdes et les jihadistes de l'EI.
Vendredi, la Turquie a envoyé quatre nouveaux chars dans la localité
syrienne de Jarablos, libérée mercredi par les rebelles soutenus par
Ankara, a constaté un photographe de l'AFP à la frontière
turco-syrienne.
M. Yildirim a démenti les allégations selon lesquelles Ankara se
concentrait sur les Kurdes, parlant de "mensonge éhonté" à propos d'un
article de l'hebdomadaire allemand Der Spiegel titré "Opération turque
en Syrie: l'EI est un prétexte, les Kurdes sont la cible".
Murat Karayilan, l'un des chefs du PKK basé en Irak, estime en revanche
que la campagne militaire actuelle est le fruit d'un "accord" entre
Ankara et l'EI, et "ce qui se passe (sur le terrain) est plus un
échange qu'une opération militaire".
"L'EI n'a jamais abandonné une localité en une journée sans
combattre", a-t-il déclaré à l'agence pro-PKK Firat. "Cet accord
dangereux va allonger la durée de vie de l'EI".
La Turquie a toujours démenti avec véhémence tout accord, passé ou présent, avec les jihadistes.
En conflit avec les Kurdes sur son propre territoire, Ankara est
farouchement hostile à l'idée que les Kurdes syriens forment une
ceinture continue le long de sa frontière.
Ankara considère le PYD, principale milice kurde de Syrie, et son aile
militaire, les YPG, tous deux issus du PKK, comme des organisations
"terroristes", au même titre que le Parti des travailleurs du Kurdistan.
Par ailleurs, des obus de mortier tirés depuis la province syrienne de
Lattaquié ont atterri dans la province turque de Hatay (sud), blessant
trois soldats dans le district de Yayladag, a rapporté l'agence privée
Dogan.
Lors d'une conversation téléphonique vendredi, le président turc Recep
Tayyip Erdogan et son homologue russe Vladimir Poutine se sont mis
d'accord pour accélérer l'aide humanitaire dans la province syrienne
d'Alep.
Dans le même temps, à Genève, le secrétaire d'Etat américain John Kerry
et son homologue russe Sergueï Lavrov étaient réunis pour tenter de
relancer les pourparlers de paix sur la Syrie. Ils ont été brièvement
rejoints l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura. (AFP, 27 août
2016)
L'arrestation de trois anciens hauts diplomates liés au putsch avorté
Un tribunal d'Ankara a placé samedi en détention provisoire trois
anciens diplomates turcs de haut rang accusés d'être liés à la
tentative de coup d''Etat le 15 juillet, dont un ancien conseiller de
l'ex-président Abdullah Gül, a rapporté l'agence de presse Anadolu.
Gurcan Balik, Ali Findik et Tuncay Babali ont été incarcérés en
attendant leur procès. Ils sont soupçonnés de liens avec le prédicateur
Fethullah Gülen, exilé aux Etats-Unis et accusé d'avoir orchestré le
coup d'Etat, a précisé l'agence progouvernementale.
Figure de premier plan, M. Balik a notamment été le conseiller en
politique étrangère d'Abdullah Gül, président de la Turquie de 2007 à
2014 avant d'être remplacé par Recep Tayyip Erdogan.
Il a également servi en tant que conseiller de l'ancien Premier
ministre Ahmet Davutoglu lorsque ce dernier était ministre des Affaires
étrangères.
A ce titre, M. Balik avait organisé en 2013 une réunion controversée
entre MM. Davutoglu et Gülen alors que le ministre des Affaires
étrangères de l'époque participait à l'Assemblée générale de l'ONU à
New York, selon Anadolu.
En mai 2015, M. Davutoglu a confirmé qu'il avait secrètement rencontré
M. Gülen à son domicile en Pennsylvanie afin de le persuader de
retourner en Turquie pour apaiser les tensions au sein de
l'administration. (AFP, 27 août
2016)
54 morts, près de 100 blessés dans un attentat à Gaziantep
Un attentat qui a fait 54 morts et près de 100 blessés à un
mariage samedi à Gaziantep, ville du sud-est de la Turquie proche de la
frontière syrienne.
Dimanche matin, Recep Tayyip Erdogan a pointé du doigt l'EI. Dans un
communiqué, le chef de l'Etat a dit ne faire "aucune différence" entre
le prédicateur en exil Fethullah Gülen, qu'il accuse d'avoir ourdi le
coup d'Etat raté du 15 juillet, le Parti des travailleurs du Kurdistan
(PKK) et le groupe jihadiste EI, "probable auteur de l'attentat de
Gaziantep".
"Notre pays, notre nation ne peuvent que réitérer un seul et même
message à ceux qui nous attaquent: vous échouerez!", a-t-il encore
écrit.
Un responsable turc a indiqué que le mariage "se déroulait en plein
air" et dans un quartier du centre de Gaziantep à forte concentration
kurde, ce qui renforçait les spéculations sur un attentat jihadiste.
De nombreux Kurdes participaient au mariage, où étaient présents un
grand nombre de femmes et d'enfants. "Beaucoup de Kurdes ont perdu la
vie", a déploré le parti pro-kurde HDP, condamnant l'attentat dans un
email.
M. Erdogan a d'ailleurs jugé que les auteurs de l'attaque avaient pour
objectif de semer la division entre les différents groupes ethniques
vivant en Turquie.
Nombre de jihadistes perçoivent les Kurdes comme des ennemis; en Syrie
voisine, les milices kurdes affrontent les membres de l'EI.
- Ballets d'ambulances -
Les télévisions ont montré des ballets d'ambulances arrivant sur les
lieux où des corps gisant au sol étaient recouverts de draps blancs.
Des personnes sont arrivées sur place en brandissant le drapeau turc et
criant "Le pays ne peut pas être divisé", mais d'autres ont tenté de
leur arracher leur drapeaux et la police a tiré en l'air pour les
disperser.
Comme pour chaque attentat majeur, les autorités turques ont interdit
la diffusion d'images en direct par les télévisions et réseaux sociaux.
Le vice-Premier ministre Mehmet Sismek, également député de Gaziantep,
a jugé "barbare d'attaquer un mariage". "L'objectif de la terreur est
d'effrayer les gens, mais nous n'accepterons pas cela", a-t-il dit à la
télévision.
Il a lui aussi évoqué la possibilité d'un attentat-suicide.
Le sud-est et l'est de la Turquie ont été secoués en milieu de semaine
par trois attentats qui ont fait 14 morts et été attribués par Ankara
au PKK.
La guérilla kurde semble, après une relative trêve à la suite du coup
d'Etat manqué du 15 juillet en Turquie, avoir repris une campagne
intense d'attentats contre des cibles des forces de sécurité.
- Série d'attentats -
Gaziantep est devenue le point de passage de très nombreux réfugiés
syriens fuyant la guerre qui dure depuis plus de 5 ans et demi dans
leur pays.
Mais la zone abriterait en dehors des réfugiés et des militants de l'opposition un nombre significatif de jihadistes.
La Turquie est secouée depuis plus d'un an par une série d'attentats
très meurtriers attribués à l'EI ou au PKK, notamment à Ankara et à
Istanbul -- visée fin juin à l'aéroport Atatürk.
L'explosion de Gaziantep survient alors que le Premier ministre Binali
Yildirim a annoncé en matinée que la Turquie souhaitait jouer un rôle
"plus actif" dans la solution de la crise en Syrie afin de "faire
cesser le bain de sang".
"Que nous l'aimions ou pas, Assad est aujourd'hui l'un des acteurs" de
la guerre dans ce pays et il est possible de "lui parler pour la
transition", a dit M. Yildirim, tout en excluant que ce soit la Turquie
qui le fasse.
"Nous pensons que le PKK, Daech et Assad ne devraient pas faire partie
de l'avenir de la Syrie", a-t-il dit, ajoutant que la Turquie, l'Iran,
la Russie et les Etats-Unis devaient oeuvrer ensemble à une solution.
Ces propos interviennent alors que Ankara s'est réconcilié avec la
Russie et a accéléré ses contacts avec l'Iran, avec un échange de
visites des chefs des diplomaties turque et iranienne en l'espace d'une
seule semaine.
La Russie comme l'Iran soutiennent activement le président syrien
Bachar al-Assad, contrairement à la Turquie qui soutient les rebelles. (AFP, 21 août
2016)
Confusion totale sur les auteurs de l'attentat de Gaziantep
Le Premier ministre turc a semé la confusion sur les auteurs de
l'attentat de Gaziantep, qui a fait 54 morts samedi, disant "totalement
ignorer" leur identité, une déclaration à rebours de celle du président
Erdogan qui avait évoqué un adolescent "probablement" issu du groupe
Etat islamique (EI).
"Nous ignorons totalement qui sont les auteurs de cet attentat. Les
informations au sujet des auteurs de cet attentat, du nom de leur
organisation, sont malheureusement inexactes", a déclaré Binali
Yildirim, contredisant le président Recep Tayyip Erdogan. Le chef de
l'Etat avait évoqué dès dimanche un jeune ayant entre 12 et 14 ans et
"probablement" de l'EI.
L'attentat a tué au moins 54 personnes, dont beaucoup d'enfants, lors d'une grande fête de mariage kurde.
M. Yildirim a rejeté les "rumeurs" selon lesquelles l'attentat aurait
pu être perpétré par un enfant et a insisté sur le fait que les agences
de sécurité cherchaient toujours à déterminer les auteurs de cette
attaque, la plus meurtrière en Turquie depuis le début de l'année.
"Nous découvrirons les auteurs de cette attaque, cela ne fait aucun
doute", a-t-il ajouté.
Gaziantep est proche de la frontière turco-syrienne et le chef de la
diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu a affirmé lundi que cette frontière
devait être entièrement "nettoyée" de l'EI. "Il est de notre droit le
plus naturel de combattre cette organisation terroriste sur notre
territoire et à l'étranger", a-t-il déclaré devant la presse.
Quelques heures plus tard, l'artillerie turque a bombardé des positions
de la milice kurde PYD et de l'EI dans le nord de Syrie, ont rapporté
les chaînes de télévision turques juste après que le chef de l'exécutif
a jugé "absolument inacceptable" la création de toute entité kurde en
Syrie à la frontière turque.
De mêmes sources, les cibles de l'EI visées se trouvaient dans la ville
de Jarablous et celles du PYD (Parti de l'union démocratique),
principale milice kurde de Syrie, autour de la ville de Minbej.
- Tests ADN -
Lundi soir, 66 personnes étaient toujours hospitalisées à Gaziantep, dont 14 dans un état grave, selon l'agence Dogan.
Le président Erdogan a déclaré dimanche que l'attentat avait été
perpétré par un jeune kamikaze qui "soit s'est fait exploser, soit
portait des explosifs actionnés à distance".
La majorité des morts sont des enfants ou des adolescents, a indiqué lundi la presse.
M. Erdogan a également expliqué dimanche que l'EI avait essayé de "se
positionner" à Gaziantep, grande ville située à 60 km au nord de la
frontière avec la Syrie et où affluent les nombreux réfugiés syriens
qui fuient la guerre depuis cinq ans et demi dans leur pays.
Le quotidien Hurriyet a indiqué que des tests ADN était en cours pour
déterminer l'identité du kamikaze, sa nationalité et son sexe.
Les forces de sécurité turques pensent que l'attaque a été menée par
les jihadistes en représailles aux offensives des milices kurdes et de
l'opposition syrienne soutenue par Ankara contre l'EI, en cours en
Syrie.
- 'Tous les morts étaient kurdes' -
Les autorités recherchaient aussi activement deux personnes qui
auraient accompagné le jeune kamikaze sur les lieux du mariage avant de
s'enfuir.
Le chef du parti prokurde HDP (Parti démocratique des Peuples),
Selahattin Demirtas, a annoncé dans un communiqué que "tous ceux qui
ont été tués étaient kurdes".
Les jeunes mariés - un couple qui avait fui les combats de la région de
Siirt pour venir à Gaziantep dans l'espoir d'y trouver la paix - ont
survécu mais sont traumatisés.
Une veste d'explosifs avait également été retrouvée dimanche sur les lieux de l'attaque.
Les 44 corps identifiés ont été inhumés lors de cérémonies très
émouvantes à Gaziantep dimanche, avec des proches désespérés qui se
jetaient sur les cercueils, a rapporté un photographe de l'AFP.
Une mère de famille a perdu quatre de ses cinq enfants et son mari se
trouvait en soins intensifs à l'hôpital, a annoncé le journal Yeni
Safak.
Les plus jeunes victimes étaient deux enfants de quatre ans, selon la liste des morts publiée par la presse.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné lundi un "attentat terroriste odieux et lâche".
Cet attentat est le dernier d'une vague d'attaques sanglantes en Turquie depuis un an.
(AFP, 22 août
2016)
Is Prison’s Duty to Play ‘Ölürüm Türkiyem’* for Hours?
Republican People’s Party (CHP) Malatya MP Veli Ağbaba has submitted
parliamentary motion as to the right violations at Tekirdağ Prison.
Naked body search, battering…
In the motion, following questions are requested to be replied by Minister of Justice Bekir Bozdağ:
- Are the allegations true that belongings of inmates who are
transferred to Tekirdağ Prison from other prisons disappear or their
belongings are not delivered to them?
- What are the reasons for seizing inmates’ books and magazines and preventing them from accessing newspapers?
- Is imposing naked body search, which is an obvious human right
violation on everyone and battering those who resist a precaution that
your Ministry has taken or is it the prison’s own initiative?
- Is your Ministry carrying out any research into the allegations that
the inmates are denied to enter the infirmary so they cannot have
medical report?
- Have you looked into the allegations that ‘Ölürüm Türkiyem’ song is
being played through speakers of Tekirdağ Prison and when it meets
reaction, announcements as ‘You will shout as long live the Republic of
Turkey’?
- Is playing song through speakers among the duties of prison administration?
- Are the allegations that the inmates stay as six in 3-person cells
and are given three knives and forks, thus the inmates eat their food
in turns? Are the prisons short on knife and fork?
- Have you looked into the allegations that the petitions written by
the inmates are not received by the prison administration and the
petitions written to be submitted to the TBMM (Grand National Assembly
of Turkey) Human Rights Commission are being prevented from being
delivered?
(BIA, August 18, 2016)
* Ölürüm Türkiyem (I die for you my Turkey) is a
song used in prisons with the purpose of torture following September
12, 1980 coup.
38.000 prisonniers libérés pour faire de la place aux nouveau détenus politiques
La Turquie a commencé mercredi à libérer 38.000 personnes non
impliquées dans le putsch avorté afin de faire de la place aux
complices du coup de force dans ses prisons engorgées par la purge
implacable menée depuis un mois.
Environ 38.000 prisonniers condamnés pour des faits antérieurs au coup
d'Etat raté du 15 juillet vont bénéficier d'une mesure de libération
anticipée sous contrôle judiciaire, a annoncé mercredi le ministre de
la Justice Bekir Bozdag.
Cette mesure, qui "n'est pas une amnistie", "concerne les crimes commis
avant le 1er juillet 2016", à l'exclusion des actes de terrorisme,
atteintes à la sécurité de l'Etat, violations de secrets d'Etat,
meurtres ou trafics de drogue, a annoncé le ministre dans une rafale de
19 messages sur Twitter.
Cette mesure exclut de fait toute personne incarcérée pour son
implication dans la tentative de coup d'Etat par une faction de
l'armée. Ankara a accusé l'ex-imam Fethullah Gülen, bête noire du
président Recep Tayyip Erdogan et exilé aux Etats-Unis, d'avoir ourdi
ce coup de force.
La traque implacable de ses sympathisants depuis un mois dans les
institutions et tous les secteurs de la société turque a envoyé
derrière les barreaux quelque 35.000 personnes, selon des responsables
turcs, dont seulement un tiers a été libéré.
"En conséquence de cette mesure, environ 38.000 personnes seront
libérées de prison en premier lieu", a annoncé le ministre de la
Justice après la publication du décret.
Il a ensuite laissé entendre, dans une interview à la télévision
A-Haber, qu'au total 99.000 personnes pourraient potentiellement
bénéficier d'une libération anticipée, sur une population carcérale de
214.000.
Mais "une analyse du risque" va être menée concernant les prisonniers libérables, a-t-il ajouté.
Les premières libérations sont intervenues mercredi. "Je ne m'y
attendais pas", a déclaré Turgay Aydin, libéré de la prison
stambouliote de Silivri, à l'agence progouvernementale Anadolu. "Nous
remercions le président Erdogan. A partir de maintenant nous allons
travailler à devenir de meilleures personnes".
- Prisons 'pleines à craquer'-
Avec la libération de 38.000 personnes, le nombre de prisonniers
devrait redescendre à 176.000, et alléger la pression sur des
établissements pénitentiaires surpeuplés. Selon Anadolu, les prisons
turques ont une capacité maximale de 187.351 personnes.
Si le ministre n'a donné aucune explication à un tel mouvement de
libérations anticipées, la presse avait fait état ces dernières
semaines d'un engorgement des prisons turques en raison de la purge en
cours.
Mais l'appel d'air apporté par ces libérations devrait logiquement
permettre de faire de la place pour les milliers de personnes
suspectées de complicité dans le putsch raté et qui sont menacées de
lourdes peines de prison.
Récemment l'éditorialiste du quotidien Hurriyet, Akif Beki, écrivait
que "les prisons sont pleines à craquer" et demandait: "Comment peut-on
arrêter autant de monde sans faire de la place?".
Le nombre de personnes emprisonnées en Turquie a progressé de manière
exponentielle ces dernières années mais les personnes écrouées après le
putsch raté représentent une partie non négligeable de la population
carcérale.
La purge du "virus" des sympathisants de Gülen se poursuit dans une
Turquie sous état d'urgence pour trois mois, et mercredi, 2.692
fonctionnaires, essentiellement de police, ont été limogés, a annoncé
le Journal officiel.
Au total quelque 75.000 personnes ont perdu leur travail en raison de
leurs liens présumés avec les réseaux de Gülen. Ce dernier a
formellement démenti tout rôle dans la tentative de renversement du
pouvoir, qu'il a condamnée.
Ankara presse avec insistance Washington d'extrader l'ex-imam de 75
ans, pour lequel le parquet vient de requérir symboliquement deux
peines de prison à vie et 1.900 années d'emprisonnement supplémentaire.
Le vice-président Joe Biden se rendra à Ankara la semaine prochaine, a
annoncé la Maison Blanche, pour la visite de plus haut niveau d'un
dirigeant occidental depuis le putsch raté, et cette question devrait
être au coeur de ses entretiens.
"Si les Etats-Unis ne nous le renvoient pas, ils perdront le peuple
turc" a dit M. Bozdag, et "sur le long terme (Gülen) pourrait aussi
représenter une menace pour les Etats-Unis". (AFP, 17 août
2016)
Deux peines de prison à vie requises contre Gülen
Le parquet turc a requis mardi deux peines de prison à vie à l'encontre
de l'ex-imam Fethullah Gülen, accusé d'avoir ourdi le putsch avorté du
15 juillet, tandis que la purge massive en cours contre ses
sympathisants s'est étendue à des dizaines d'entreprises à Istanbul, le
coeur économique de la Turquie.
Dans l'acte d'accusation, le prédicateur, qui vit en exil aux
Etats-Unis depuis 1999 et dont Ankara réclame l'extradition, est
accusé, d'une part, d'avoir "tenté de détruire l'ordre constitutionnel
par la force" et, d'autre part, d'avoir "formé et dirigé un groupe
terroriste armé", a rapporté l'agence de presse Anadolu.
Une peine supplémentaire de 1.900 ans d'emprisonnement est aussi requise à son encontre.
Plus tôt mardi, le Premier ministre turc Binali Yildirim s'était
prononcé devant le parlement en faveur d'un "procès juste et impartial"
pour M. Gülen, semblant faire marche arrière sur le dossier sensible du
possible rétablissement de la peine de mort, abolie en 2004.
"Gülen va rentrer en Turquie et il rendra des comptes", a-t-il martelé.
"Une personne ne meurt qu'une seule fois lorsqu'elle est exécutée. Il
existe des façons de vivre qui ressemblent davantage à la mort pour ces
gens", a-t-il dit.
"Le peuple souhaite le rétablissement de cette peine (capitale) mais je
ne pense pas que, si un débat parlementaire est ouvert sur le dossier,
les députés l'approuveront", a toutefois affirmé à l'AFP une source
gouvernementale.
Fethullah Gülen, 75 ans, bête noire du président Recep Tayyip Erdogan,
nie toute implication dans le coup de force. Il est accusé d'être à la
tête d'un "Etat parallèle" et d'une "organisation terroriste" baptisée
FETO, depuis l'éclatement en 2013 d'un scandale de corruption
impliquant M. Erdogan.
Les procureurs accusent le réseau Gülen d'avoir infiltré les
institutions et les services de renseignement. Le groupe s'est appuyé
sur son réseau de fondations, d'écoles privées, d'entreprises, de
sociétés d'assurances ou encore de médias pour prendre le contrôle des
institutions turques, selon l'accusation.
- Collectes sous forme de "dons" -
La FETO est accusée d'avoir collecté des fonds versés par des hommes
d'affaire sous couvert de "dons" et d'avoir transféré cet argent aux
Etats-Unis.
Une enquête avait été ouverte sur la FETO et son mode de financement en
septembre 2015 par les procureurs. Depuis lors, 111 personnes ont été
visées dans cette affaire et risquent entre deux ans de réclusion et la
prison à vie.
Dès le surlendemain du coup avorté, M. Erdogan avait évoqué un possible
rétablissement de la peine capitale, provoquant l'indignation de
l'Union européenne avec laquelle Ankara a des relations tumultueuses.
Les autorités turques ont poursuivi mardi leur purge critiquée par les
Occidentaux. Elles ont déjà fait arrêter plus de 35.000 personnes
soupçonnées de sympathies pour le prédicateur musulman. 11.597 d'entre
elles ont toutefois été libérées.
La police financière turque a déclenché tôt dans la matinée une vaste
opération à Istanbul, première mégapole de Turquie, contre des
entreprises soupçonnées de liens avec Fethullah Gülen, selon les médias. (AFP, 16 août
2016)
Perquisitions de la police dans quatre tribunaux d'Istanbul
La police turque a effectué lundi des perquisitions dans quatre des
plus importants tribunaux d'Istanbul dont 190 employés ont fait l'objet
d'un mandat d'arrêt en liaison avec le coup d'Etat avorté du mois
dernier contre le président Recep Tayyip Erdogan, selon l'agence de
presse officielle Anadolu.
Au total, 136 de ces procureurs et autres membres du personnel
judiciaire ont pour le moment été arrêtés et sont interrogés par la
police, a ajouté la même source.
Les perquisitions ont eu lieu aux tribunaux de Caglayan, le principal
d'Istanbul, ainsi que dans trois autres situés respectivement dans les
quartiers de Gaziosmanpasa, de Bakirkoy et de Buyukcekmece.
Leurs 190 employés interpellés ou encore recherchés sont tous
soupçonnés d'avoir des liens avec le prédicateur qui s'est exilé aux
Etats-Unis Fethullah Gülen, accusé par Ankara d'être le cerveau du
putsch manqué du 15 juillet, ce que l'intéressé nie.
D'après les chiffres officiels, plus de 35.000 personnes ont été
arrêtées à ce jour dans le cadre d'une vaste purge en cours depuis ce
coup d'Etat avorté qui a fait 273 morts. 11.597 d'entre elles ont
toutefois été libérées.
Le président turc a affirmé vouloir éradiquer le "virus" Gülen présent
dans les institutions turques. Mais l'ampleur de la purge, qui a touché
l'armée et la police mais aussi l'enseignement, les médias, la justice,
a été vivement critiquée à l'étranger et dénoncée comme une chasse aux
sorcières.
Par ailleurs, l'ancien procureur général de la région d'Erzurum (est) a
été arrêté dimanche soir pendant qu'il tentait de gagner la Syrie
voisine. Ekrem Beyaztas a été interpellé par des gardes-frontières au
sud de la ville de Kilis, selon un responsable turc ayant requis
l'anonymat. (AFP, 15 août
2016)
Un mois après le putsch du 15 juillet, la Turquie transformée
Par Stuart WILLIAMS
Avec une secousse sans précédent au sein de ses forces armées, une
réévaluation de sa politique étrangère et la plus grande purge dans son
histoire moderne, la Turquie a subi une profonde transformation depuis
le putsch manqué du 15 juillet.
Pour ce membre de l'Otan de 79 millions d'habitants, frontalier de la
Grèce à l'ouest et de l'Iran à l'est, les analystes prédisent bon
nombre de changements, mais reste à voir quelles seront les
conséquences de ce processus sur la politique et la société turques.
La vie semble avoir repris son cours à Istanbul et à Ankara, où les
habitants, terrifiés, ont vécu des bombardements par des avions de
combat et des chars dans la nuit du putsch.
Mais les énormes drapeaux turcs suspendus aux bâtiments publics, les
panneaux omniprésents saluant l'échec de la tentative et les portraits
des "martyrs" tués rappellent que la vie n'est plus tout à fait la même
depuis le coup d'Etat avorté, lancé le 15 juillet à 19H00 GMT.
Le complot, qui, selon les autorités turques, a été orchestré par un
mystérieux prédicateur installé aux Etats-Unis, Fethullah Gülen, visait
à renverser le président Recep Tayyip Erdogan.
Mais les putschistes ont fini par être arrêtés en masse, permettant au
chef de l'Etat de mener des changements parmi les plus importants
depuis la fondation de la République turque, en 1923.
Le coup d'Etat a été conduit par des éléments alliés à Gülen au sein de
l'armée, institution pilier de la République. Dans la foulée du putsch,
près de la moitié de ses généraux ont été arrêtés et limogés.
- L'armée sous la coupe d'Erdogan -
Plus important encore, M. Erdogan, qui a décrété l'état d'urgence, a
placé sous sa coupe et celle du gouvernement l'armée, qui a mené dans
le passé trois putschs réussis.
Un processus "révolutionnaire" de renforcement des pouvoirs des civils
est mené par le gouvernement "dans le but de réduire encore le rôle des
militaires", écrivent Metin Gurcan et Megan Gisclon dans un document
publié par le Centre politique d'Istanbul (IPC), un think tank.
Selon ces chercheurs, les autorités ont désormais le choix entre
poursuivre des réformes d'une manière démocratique et dominer les
militaires sans consultation. "La Turquie est confrontée à un tournant
stratégique".
Les purges tous azimuts lancées dans la foulée du putsch manqué ont
suscité des accusations d'une chasse aux sorcières par l'Occident.
Plus de 81.000 fonctionnaires ont été renvoyés et quelque 35.000 personnes ont été arrêtées.
Ankara a balayé les critiques, accusant en retour l'Ouest de ne pas
faire preuve de solidarité, les médias pro-gouvernementaux voyant même
une implication des États-Unis dans le complot.
Washington et Ankara pourraient voire leurs relations se dégrader sur
le dossier Gülen, dont la Turquie réclame avec insistance l'extradition.
Par ailleurs, la candidature de la Turquie à l'UE traverse sa pire
crise depuis des années au sujet de la répression menée en Turquie.
L'Autriche a même appelé à l'arrêt des pourparlers d'adhésion.
"Le coup d'Etat n'a été en aucune façon un test dans lequel l'UE ou les
États-Unis ont échoué (...) C'est la Turquie qui est confronté au test
de se reconstruire au mieux", indique Marc Pierini, ancien ambassadeur
de l'UE à Ankara et chercheur au Carnegie Europe.
Pour M. Pierini, la campagne de dénigrement anti-occidentale de la Turquie va "compliquer" les affaires.
L'inclinaison pro-occidentale de la Turquie - membre de l'OTAN depuis
1952 - a été la pierre angulaire de sa politique étrangère.
Mais la décision de l'homme fort de Turquie de faire sa première visite
à l'étranger en Russie après le putsch raté pour rencontrer Vladimir
Poutine, afin de tourner la page d'une crise provoquée par la
destruction d'un avion russe, fait craindre que la Turquie pourrait
modifier son cap dans la foulée du coup d'Etat.
Froid à l'égard de l'Occident, M. Erdogan a remercié son homologue
russe pour avoir témoigné de son soutien à son régime et relancé la
coopération gelée entre les deux pays.
"Contrairement aux dirigeants occidentaux, Poutine en profite pour
rétablir les relations russo-turques", a déclaré Kemal Kirisci de la
Brookings Institution. (AFP, 14 août
2016)
Bilan d'un mois de la répression après la tentative de coup d'Etat
Purge implacable et manifestations géantes se sont succédé en Turquie
après la tentative de coup d'Etat du 15 juillet qui a fait 273 morts.
Le président Recep Tayyip Erdogan désigne comme cerveau du putsch raté
un ex-allié, le prédicateur Fethullah Gülen, exilé aux Etats-Unis, qui
dément.
Des purges anti-"gülénistes" visent l'armée --près de la moitié des
généraux limogés-- mais aussi la justice, la presse, l'enseignement,
jusqu'à la garde présidentielle ou le parti au pouvoir. Au total,
35.000 arrestations et 76.000 limogeages qui suscitent un tollé
international.
- Tentative de putsch sanglante -
- Nuit du 15 au 16 juillet: une fraction de l'armée se soulève,
s'emparant d'avions de chasse et d'hélicoptères et semant la panique
dans les rues d'Ankara et d'Istanbul.
Des putschistes ciblent le Parlement et le palais présidentiel. Ils
coupent l'électricité de la base d'Incirlik, où sont entreposées des
têtes nucléaires américaines et utilisée par la coalition
internationale contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).
Erdogan, en vacances à Marmaris (ouest), exhorte les Turcs à résister à
une "tentative de coup d'Etat" en descendant dans les rues. Il
s'exprime par téléphone sur la chaîne CNN-Türk.
- Gülen accusé -
- 16: de retour précipitamment à Istanbul où l'accueille une foule
imposante, Erdogan dénonce "une trahison" de soldats putschistes qu'il
accuse d'être liés à Gülen, lequel nie toute implication. Le chef de
l'armée par intérim annonce l'échec de la tentative de putsch.
A Istanbul, les partisans d'Erdogan en liesse investissent les rues
pour afficher leur soutien. Erdogan réclame à Washington l'extradition
de Gülen.
- Erdogan suggère de rétablir la peine de mort -
- 17: M. Erdogan promet d'éliminer "le virus" factieux et appelle ses
partisans à continuer de tenir la rue. Il évoque un possible
rétablissement de la peine capitale, abolie en 2004 dans le cadre de la
candidature turque à l'Union européenne.
- 18: Etats-Unis, UE et Otan mettent en garde la Turquie contre la
tentation d'une répression généralisée et du rétablissement de la peine
de mort.
- L'épuration s'étend -
- 19: le régime étend les purges à l'enseignement et aux médias après l'armée, la police et la justice.
Le président Barack Obama promet l'aide américaine dans l'enquête mais appelle au respect de l'Etat de droit.
- Etat d'urgence -
- 20: M. Erdogan instaure l'état d'urgence pour trois mois, estimant
que "d'autres pays pourraient être impliqués" dans ce putsch "peut-être
pas fini".
- 23: la durée maximale des gardes à vue est portée à 30 jours, la garde présidentielle dissoute.
- Erdogan resserre son emprise sur l'armée -
- 28: après le limogeage de 149 généraux et amiraux, des changements au
sein du haut commandement sont décidés lors d'une réunion du Conseil
militaire suprême.
- 30: M. Erdogan veut faire passer sous son contrôle les services de renseignement par une réforme constitutionnelle.
- Manifestation de masse -
- 2 août: M. Erdogan accuse les pays occidentaux de soutenir le
"terrorisme" et les putschistes, en réponse aux critiques. Le scénario
du putsch manqué "a été écrit depuis l'étranger", lance-t-il.
- 4: un tribunal d'Istanbul émet un mandat d'arrêt contre Fethullah
Gülen. Celui-ci ne sera pas extradé car il n'y a pas "l'ombre d'une
preuve" contre lui, affirme l'un de ses avocats américains.
- 7: une manifestation géante ponctue trois semaines de mobilisations
quotidiennes après le putsch raté, en présence de l'opposition sauf le
parti prokurde HDP, non convié.
- 9: M. Erdogan scelle sa réconciliation avec la Russie après neuf mois
de crise. Trois jours après, Ankara appelle Moscou à des opérations
conjointes contre l'EI et avertit Washington de ne pas sacrifier les
relations bilatérales pour M. Gülen.
La purge continue: à la Direction des affaires religieuses (Diyanet) le nombre d'employés limogés atteint 3.672.
- 12: Ankara dit avoir reçu des "signes positifs" de Washington sur une
extradition de M. Gülen. Ce dernier réclame une "enquête
internationale" sur le putsch avorté, promettant sa "collaboration
totale".
Un mandat d'arrêt vise l'ex-star du football Hakan Sükür, lié à M. Gülen et parti fin 2015 en Californie. (AFP, 14 août
2016)
Mandat d'arrêt contre une ex-star du football
La Turquie a émis un mandat d'arrêt
contre l'ex-star du football Hakan Sükür pour sa proximité avec le
prédicateur Fethullah Gülen dont Ankara réclame l'extradition à
Washington, qui lui a enfin envoyé des "signaux positifs", a annoncé
vendredi son chef de la diplomatie.
Auteur d'un but mythique en Coupe du monde et plus grand buteur de tous
les temps en Turquie, Hakan Sükür, une star dans son pays, est
désormais visé par un mandat d'arrêt pour ses liens avec Gülen, accusé
par Ankara d'avoir ourdi le putsch avorté, selon l'agence
progouvernementale Anadolu.
L'ancien attaquant a été accusé "d'être membre d'un groupe terroriste
armé". Son père, Selmt Sükür, a été arrêté alors qu'il sortait de sa
mosquée après la prière du vendredi, a annoncé la télévision privée NTV.
Plusieurs propriétés du fils et du père à Istanbul et sur les bords de la mer Egée ont été saisies, a ajouté l'agence Dogan.
Sükür avait quitté la Turquie avec sa famille l'an dernier pour
s'installer en Californie. Il a été jugé in absentia en juin pour
"insulte" contre le président turc Recep Tayyip Erdogan.
Après une riche carrière sportive, Sükür était entré en politique aux
côtés de M. Erdogan et avait été élu député en 2011 sur une liste de
son parti, le Parti de la justice et du developpement (AKP). Mais,
opposé à la décision de M. Erdogan de lancer une guerre contre Gülen,
son allié devenu son ennemi numéro un, il avait démissionné de l'AKP en
2013.
Hakan Sükür, 44 ans, a effectué l'essentiel de sa carrière au club
stambouliote de Galatasaray, avec lequel il a remporté huit fois le
championnat de Turquie, et la Coupe de l'UEFA en 2000. Il avait joué
aussi pour l'Inter Milan notamment.
Depuis 2002, il reste l'auteur du but le plus rapide de l'histoire de
la Coupe du monde, contre la Corée du Sud en 11 secondes de jeu.
Sükür n'a jamais caché sa sympathie pour Gülen, l'ex-imam dont Ankara réclame à cor et à cri l'extradition aux Etats-Unis.
- Premiers 'signes positifs' de Washington -
Pour la première fois la Turquie a fait état de "signes positifs" sur
ce dossier de la part de Washington, par la voix du ministre des
Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu. "Nous avons commencé à recevoir
des signes positifs des Etats-Unis en réponse à nos demandes", a-t-il
déclaré.
Le chef de la diplomatie turque a ajouté qu'Ankara préparait pour
Washington de nouveaux documents à charge contre Gülen, alors que "le
monde entier sait qui est derrière la tentative de putsch".
La Turquie a reproché amèrement jusqu'ici aux Etats-Unis de ne montrer
aucun empressement à se saisir de sa demande d'extradition de Gülen,
exilé en Pennsylvanie depuis 1999 et qui a démenti tout rôle dans le
coup de force, qu'il a condamné.
Le ministre a assuré que le secrétaire d'Etat américain John Kerry,
mais aussi le vice-président Joe Biden, "allaient venir" en Turquie. Il
avait lui-même annoncé une visite de M. Kerry le 24 août, non confirmée
par Washington.
Dans une tribune au quotidien français Le Monde, Gülen a réclamé une
"enquête internationale" sur la tentative de putsch et promis sa
"collaboration totale". "Si le dixième des accusations dirigées contre
moi sont établies, je m'engage à retourner en Turquie et à subir la
peine la plus lourde", écrit-il.
"Si des militaires qui se disent sympathisants du Hizmet (son
mouvement, ndlr) ont trempé dans cette conjuration (...) ce sont des
félons", ajoute-t-il.
Le coup d'Etat raté du 15 juillet, qui a fait 273 morts, a été suivi
d'une purge massive ayant touché l'armée, la justice, la magistrature,
la presse, les milieux économiques et sportifs en Turquie. (AFP, 12 août
2016)
32 diplomates rappelés après le putsch raté ne sont pas rentrés
Trente-deux diplomates turcs en poste à
l'étranger, rappelés en Turquie après le coup d'Etat manqué du 15
juillet, ne sont pas rentrés, a annoncé vendredi le ministre des
Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu.
"Trente-deux des 208 diplomates de carrière rappelés en Turquie" après
le soulèvement d'une faction de l'armée, "ne sont pas rentrés", a
déclaré le chef de la diplomatie lors d'une conférence de presse
conjointe avec son homologue iranien Mohammad Javad Zarif.
M. Cavusoglu a précisé que certains diplomates s'étaient réfugiés dans
d'autres pays. Ainsi trois diplomates de la mission turque au
Bangladesh ont été rappelés, a-t-il expliqué, deux se sont réfugiés aux
Etats-Unis et seul le troisième est revenu en Turquie.
Interrogé sur des articles de presse selon lesquels des diplomates
turcs auraient trouvé refuge en Russie, le ministre turc a simplement
indiqué: "nous n'avons pas connaissance de cette infomation, nous
allons vérifier".
Le chef de la diplomatie turque avait annoncé jeudi que deux attachés
militaires de l'ambassade de Turquie en Grèce rappelés à Ankara avaient
pris un ferry avec leurs familles pour l'Italie et qu'ils étaient en
délit de fuite.
Le coup d'Etat raté du 15 juillet a été suivi d'une purge massive dans
l'armée, la justice, la magistrature ou la presse. Le pouvoir mène une
traque implacable contre les sympathisants rééls ou supposés du
prédicateur exilé aux Etats-Unis Fethullah Gülen, accusé d'avoir ourdi
la tentative de renversement du régime, ce qu'il a démenti. (AFP, 12 août
2016)
Rassemblement pour la démocratie: Promesse de la peine de mort!
Un rassemblement géant "pour la démocratie" marquant l'apothéose de
trois semaines de mobilisation dans les rues après le putsch raté en
Turquie s'est transformé en démonstration de force pour le président
Erdogan: l"e peuple et l'opposition unis derrière lui."
La plus grande manifestation depuis des années en Turquie a réuni
dimanche dans une mer de drapeaux nationaux rouges à Yénikapi, sur les
bords de la mer de Marmara, des centaines de milliers de Turcs --
jusqu'à trois millions selon les journaux progouvernementaux.
Prenant la parole à la fin du rassemblement "pour la démocratie et les
martyrs" du putsch avorté du 15 juillet, le président Recep Tayyip
Erdogan a de nouveau évoqué un possible rétablissement de la peine de
mort en Turquie.
"Si le peuple veut la peine de mort, les partis suivront sa volonté", a
dit M. Erdogan devant des sympathisants qui scandaient "Peine de mort!".
"Apparemment, il n'y a pas la peine capitale en Europe, mais ils l'ont
aux Etats-Unis, au Japon, en Chine. La plupart des pays l'appliquent",
a assuré le président Erdogan. Selon Amnesty International, toutefois,
140 pays sont abolitionnistes, en droit ou en pratique.
Le chef d'état-major Hulusi Akar - qui avait été brièvement enlevé par
les putschistes - a été acclamé en héros par la foule et lui aussi
interrompu par des cris de "Peine de mort!".
Un rétablissement de la peine capitale abolie en 2004 sonnerait le glas
des négociations, déjà très compromises, d'adhésion de la Turquie à
l'Union européenne. Tout en aggravant l'inquiétude à l'étranger sur une
dérive autoritaire du président Erdogan, qui concentre les pouvoirs
d'une manière inédite en cent ans de république turque.
Le rassemblement organisé par l'AKP, le Parti de la justice et du
développement, au pouvoir, devait marquer le point final des
manifestations quotidiennes d'un peuple exhorté à descendre dans la rue
par M. Erdogan depuis le coup d'Etat avorté mené par une faction de
l'armée.
Mais M. Erdogan a créé la perplexité en annonçant qu'il ne s'agissait
que "d'une virgule", une dernière manifestation étant prévue mercredi.
- 'Un jardin de roses' -
Il n'en reste pas moins que la manifestation géante, qui se voulait
"au-dessus des partis", lui a permis d'engranger un soutien appuyé de
l'opposition.
Les principales formations de l'opposition s'y sont jointes, à
l'exception du HDP prokurde, non invité en raison de ses liens présumés
avec la guérilla du PKK, même si lui aussi avait condamné la tentative
de putsch.
Ankara a désigné le prédicateur exilé Fethullah Gülen comme le cerveau
de la tentative de coup d'Etat et réclame à cor et à cri son
extradition aux Etats-Unis.
Prenant d'abord la parole, Devlet Bahceli, leader du MHP (droite
nationaliste) a rendu hommage aux Turcs avec lyrisme: "Contre les
balles, vous avez marché comme si c'était un jardin de roses".
"Il n'y a aucune autre option que de se débarrasser de FETO (le réseau
de Gülen) dans la société parce qu'il s'y est niché comme un cancer",
a-t-il lancé, reprenant la rhétorique d'Ankara et approuvant ainsi
implicitement la traque massive en cours des "gülenistes".
"Nous allons vivre comme des frères et soeurs", a déclaré ensuite le
chef du principal parti d'opposition, le CHP social-démocrate, Kemal
Kilicdaroglu, saluant cette "journée importante pour la démocratie
turque".
"Cette organisation terroriste a prospéré au sein de l'armée et partout
dans l'Etat", a-t-il assuré, reprenant l'antienne officielle, tout en
demandant un "renforcement de la démocratie et du système
parlementaire".
Tous les transports -- métro, bus ou ferry -- étaient gratuits pour encourager l'affluence des Stambouliotes.
Plus de 15.000 policiers avaient été mobilisés sur la gigantesque
esplanade de Yénikapi, alors que Istanbul est régulièrement
ensanglantée par des attentats islamistes ou prokurdes.
Le rassemblement a été retransmis par écrans géants dans tout la
Turquie. Y assistaient les familles des 239 "martyrs" du putsch raté --
qui a fait 273 morts en comptant les insurgés.
Le putsch raté a déclenché une purge implacable des pro-Gülen dans
l'armée, la justice, l'éducation ou la presse notamment, avec plus de
60.000 limogeages, détentions ou gardes à vue. (AFP, 7 août
2016)
AKP, MHP, CHP, esprits du consensus
Analyse de Daniel Fleury, 8 août 2016
L’unité nationale par millions s’est rassemblée derrière son chef, le désormais nommé « généralissime » par ses proches.
Il a préféré mettre en avant, comme dans les anciens triomphes romains,
ses « opposants » comme ceux du CHP, qui déposèrent leurs armes à ses
pieds en ce dimanche 7 août, pour l’unité de la Nation turque et la «
démocrature » qui s’ouvre.
La république est sauvée. Elle aura son Président. Et elle aura son « opposition » institutionnelle.
N’est-ce pas là l’essentiel, pour les milieux d’affaires, les classes
sociales aisées, dont désormais les représentants pourront s’opposer en
rond au sein d’un parlement apaisé… une fois débarrassé de ses
trublions « terroristes » ? N’est-ce pas rassurant ?
La démocrature sied au teint des dirigeants kémalistes, comme dans les années 1990, bigoterie en sus.
Le beau discours du président du CHP, vibrant de « démocratie », a fait
pleurer dans les salons, devant les écrans de télévision.
Quel courage lui a-t-il donc fallu, pour se rendre dans ce meeting conçu par l’AKP, et y porter la parole de l’opposition !
Pensez-vous donc, le voilà promu au rang d’observateur de la «
démocratie » par Erdogan en personne, et accessoirement à celui de
gendarme de sa « gauche », priée de serrer les rangs derrière lui. « Il
a même dit : démocratie, laïcité, République, importance du Parlement,
consensus… en douze points, face à une AKP médusée sans aucun doute ».
Pensez donc encore, Erdogan sort tellement affaibli de ce coup d’état
manqué et des purges, que rien que “l’évocation” de ces mots le fera
tomber bientôt…
C’est l’Union Européenne qui va être contente, de retrouver là un
partenaire acceptable… comme l’indiquait déjà les propos d’un dirigeant
du Conseil Européen, autre vieille institution vénérable.
Et comme l’écrivait déjà un journaliste de haut rang de la « gôche »
française il y a peu, “un front de gauche pour la démocratie est en
marche en Turquie”… Reste à convaincre Erdogan.
Ce 7 août, moins d’un mois après le putsch manqué, est un deuxième jour noir pour la Turquie.
C’est le jour où l’effroi s’est transformé en consensus politique,
devant des foules turques où la peur, la haine, et l’envie de revanche,
la bigoterie, la confusion se côtoyaient. Toute la Turquie sans Gülen.
C’est vrai, certain(e)s diront que c’est là la démocratie, la raison du
plus grand nombre… Et si demain venait une « élection », nul doute
qu’Erdogan en sortirait vainqueur absolu, plébiscité par la mosquée et
la république réunies. Un référendum constitutionnel ?
Le pire est en effet pourtant évité. Les affaires peuvent reprendre.
Et même si des condamnations continuent à pleuvoir sur des «
journalistes », des mises à l’écart d’universitaires ne cessent pas, ne
sont-ce pas là des irréductibles opposants au « consensus », à cette «
nécessaire prise en compte de tous les esprits », sauf ceux qui en
feraient du mauvais ?
L’OTAN peut continuer à subvenir aux besoins de l’armée turque, qui a
son « généralissime », un gars présentable, qui préfèrera pour un temps
court la casquette du « pacificateur » au turban du Sultan…. Enfin,
pour un temps… Peut être même cela facilitera-t-il les parlottes en
coulisses autour du « règlement du conflit syrien » ? Et le chantage
sur les visas européens contre les réfugiés syriens…
Reste que Erdogan voudra à un moment ou à un autre, en « finir » avec
le mouvement kurde, et les urgences que cela impose sur les frontières.
Le choix semble être encore celui de la contrainte des couvre-feux, et
de la dénonciation des « terroristes », fortement consensuelle. Mais
pour combien de temps ? Le maintien d’une totale ambiguïté sur le sort
d’Öcalan reste une carte provocatrice à l’égard des populations kurdes,
utilisable comme déclencheur du pire.
Ce dimanche aura aussi été celui où l’AKP brandit à la fois le drapeau
national et celui de « la paix armée anti-terroriste ». Rassurant non ?
Il se trouvera sans doute quelqu’un(e) pour condamner mon pessimisme, ma vision noire de la situation.
On me dira que « l’unité nationale » porte en germe l’affaiblissement
du pouvoir de nuisance d’Erdogan, que la défense de la République va à
l’encontre de la dérive fascisante et bigote. On m’objectera que les
foules réunies aujourd’hui sont la mosaïque politique de la Turquie, et
que l’AKP devra en tenir compte. Bref, la conscience de gôche laïque et
républicaine va trouver mon drapeau bien noir, et mes propos à la
limite de l’islamophobie… pas européens du tout. Je m’inspire pour dire
cela des échanges de “gôche” en Turquie.
Un meeting du mouvement kurde se tenait pourtant le même jour à Batman.
Un rassemblement lui aussi “pour la démocratie et contre la politique
du coup d’Etat”. Un rassemblement comme le furent ceux du quartier
Gazi, d’Izmir ou de Van, « ni coup d’Etat, ni Erdogan ! Démocratie tout
de suite ! ».
Mais les propositions politiques qui viennent de ce côté là trouveront
difficilement écho à moyen terme face aux alliances contre nature
d’aujourd’hui, qui font oublier qu’il y a quelques années, le mouvement
Gezi donnait un nouveau souffle à la politique. Il faudra attendre les
gueules de bois des lendemains de fête nationale.
Il est toujours difficile de constater des reculs, des trahisons
politiques. Ce fut le cas en Grèce l’été dernier… En Europe, en
filigrane, dans la « gauche anti austérité » depuis plusieurs années,
malgré le « coup de chaud français » du printemps.
C’est au tour de la Turquie, à une échelle cette fois qui aura très vite des répercussions sur le continent.
Comment, dans ces conditions, ne pas comprendre celles et ceux,
intellectuels ou militants épuisés, qui vont quitter leur pays, la
boule au ventre, alors qu’ils le peuvent encore ?
Je m’attends au pire, dans les retranscriptions médiatiques ici. Et les
dégâts que ne manqueront pas de faire ce « front de la démocrature » au
sein même de la diaspora européenne, isolant les Kurdes davantage
encore, ne tarderont pas à apparaître.
Il y a urgence à décrypter les situations, à informer encore davantage
sur la répression qui continue, à soutenir la proposition régionale «
vivante » que représente le processus en cours au Rojava. Il est à lui
seul, l’antithèse de la confusion à gauche, l’antidote du poison
nationaliste qui se diffuse, et avec lui toutes les « alliances »…
En complément, une traduction à la volée des fameux douze points du CHP kémaliste.
Les 12 points du manifeste lu par Kılıçdaroğlu, leader du CHP lors du meeting de l’AKP Yenikapı.
1- Ne faisons pas entrer la politique à la mosquée, à la caserne ou au tribunal.
2- Développons dans la politique, la culture de consensus et rendons dominant l’intelligence politique commune.
3- Dans la politique, n’évitons pas l’autocritique, analysons bien le passé et empêchons la répétition de l’histoire.
4- Dans la construction de l’Etat, prenons comme principe le mérite. Donnons ce travail aux compétents.
5- Quelles que soient les conditions, approprions nous la démocratie
jusqu’au bout. Disons, « Ni coup d’Etat, ni dictat, vive la démocratie
complète ». Assainissons la Turquie du Droit au Coup d’Etat.
6- Approprions nous les valeurs fondamentales de notre République et arbitrons en les approfondissant.
7- Renforçons notre système parlementaire. Aujourd’hui, des questions de députés ne trouvent pas réponse.
8- Défendons la liberté des médias jusqu’au bout.
9- Mettons l’indépendance de la Justice sous “assurance constitutionnelle”.
10- Défendons tous ensemble, la laïcité qui est l’assurance de la liberté de culte et de conscience.
11- Sortons le système d’enseignement du concept monotype, reposons le
sur des principes scientifiques prédits par l’intelligence. Nos enfants
doivent être élevés libres de penser, libre de sagesse, libre de
conscience, et de questionner le monde.
12- La réputation des personnes lésées par l’organisation FETÖ (Gülen)
lors des procès Balyoz et Egrenekon, doivent leur être rendue.
Pas une critique contre l’état d’urgence qu’ils ont d’ailleurs votés.
Pas une parole pour le HDP, sauf pour “regretter” leur non
participation à cette forfaiture. Et derrière lui, un discours
d’Erdogan sur la peine de mort. Un treizième point oublié ?
Au suivant ! Vous pouvez pleurer !
Turquie: Les quatre fascismes

Erol ÖZKORAY
La grande diversité des fascismes et l’utilisation à
tort et à travers du terme « fasciste et fascisme » comme une étiquette
diffamatoire, ne sont pas une raison d'abandonner ce concept concernant
le cas turc. En effet, le phénomène fasciste ne peut être compris que
dans la mesure où il est localisé à l’intérieur d’un processus,
caractérisé par la modification du rôle de l’Etat, ce qui se conjugue
parfaitement avec la réalité turque, surtout après le coup d’Etat
militaire de 1980.
Aujourd'hui avec le président Recep Tayyip Erdogan et son parti
islamiste au pouvoir l’AKP, nous atteignons une autre étape dans cette
organisation étatique et du changement de régime qui est celui d'un
islamo-fascisme basé sur le pouvoir d'une seule personne que nous
appelons la tyrannie théocratique.
Sans doute, il faudrait plutôt parler, au pluriel, des fascismes. Les
totalitarismes fascistes s’inscrivent dans la modernité. Nous avons
donc besoin de ce terme générique pour ce qui est non seulement un
phénomène général, mais la nouveauté politique la plus importante du
XXe siècle : un mouvement populaire s’élevant à la fois contre la
gauche et contre l’individualisme libéral.
Nous sommes en face de quatre fascismes dans le cas turc et les
fascismes pullullent dans ce pays : le fascisme d'Etat basé sur le
militarisme, le kémalisme, l'ultra-nationalisme islamo-turc et
l'islamo-fascisme sunnite.
Parfois on constate par certains aspects, une sorte d'interdépendance
de ces fascismes, mais ceux-là ne doivent pas ternir leur spécificité.
Se débarrasser de l'islamo-fascisme sunnite et d'Erdogan ne veut pas
donc dire pour ce pays de passer à un régime démocratique : d'autres
fascismes guettent la voie pour le remplacer immédiatement ! Donc,
celui qui dit qu'il n'y a pas d'alternance au pouvoir en Turquie se
trompe magistralement !
Quels sont les sources et les acteurs des quatre fascismes turcs ? En
93 ans de république, comment ce pays est-il devenu un pays totalitaire
et fasciste ? Nous sommes en face d’une forme d’Etat
post-totalitaire et post-fasciste. En effet, actuellement le fait que
la gauche, et l’individualisme libéral n'existent pas dans ce pays,
sont les preuves irréfutables que le fascisme est passé par là et qu’il
y demeure toujours. Jamais dans ce pays l’armée n’aurait pu accéder au
pouvoir sans l’aval des élites traditionnelles, ni sans la complicité
des membres de l’establishment. Pour mieux cerner la catastrophe
politique à laquelle les peuples de Turquie sont exposés aujourd’hui,
il faut voir l’enracinement des mouvements nationalistes (kémalisme,
ultra-nationalisme, islamo-turquisme et fascisme) dans le système
politique, la manière dont le pouvoir est consolidé, la manière dont le
pouvoir est exercé et leur évolution dans le temps.
Le 29 octobre 1923, Mustafa Kemal Atatürk a fondé cette république
rejetant 624 années d’histoire ottomane. En un seul jour, le pays
n’avait plus de passé. Il fallait réinventer un pays, une nation, un
homme nouveau et réécrire l’Histoire. Atatürk le fera, mais la
république qu’il mettra sur pied ne sera jamais une démocratie, elle
sera autoritaire. Ainsi, Atatürk utilisera le terme “démocratie”
seulement trois fois, lors de ses interviews avec la presse occidentale
et jamais dans l'enceinte de l'Assemblée nationale.
Mustafa Kemal, dont le point fort n’était pas l’esprit démocratique, a
été influencé par le fascisme classique italien dont il a appliqué
certains principes, mais au début sa république n’était pas fasciste.
Spécialiste des fascismes, l’historien Pierre Milza, tenant compte de
ses réformes, qualifie le kémalisme de « fascisme de gauche » ; tandis
que pour le constitutionnaliste Maurice Duverger, c’est un « despotisme
éclairé ». Cela dit, le parti que Mustafa Kemal va fonder, le Parti
républicain du peuple (CHP), choisira comme emblème les six faisceaux
du fascisme italien, qui symbolisaient les six points capitaux du
programme de Mussolini. Aujourd’hui ce parti kémaliste, qui se
positionne comme un parti laïc est devenu l’opposition principale au
parlement face aux islamistes, avec son programme nationaliste et sa
politique militariste ayant une tendance plutôt fascisante.
Si on prend le texte indépassable de Renan, « Qu’est-ce qu’une nation ?
», prononcé à la Sorbonne en 1882, tout ce que Mustafa Kemal a fait
pour reconstruire la nouvelle nation turque est en contradiction totale
avec l’analyse visionnaire de l’intellectuel français. Aujourd’hui, du
statut du citoyen à l’autoritarisme d’Etat, du problème kurde au manque
des libertés essentielles, les erreurs proviennent de cette politique.
L’erreur la plus grave de Mustafa Kemal est d'avoir confondu la race et
la nation. En effet, il n’est jamais de race pure, encore moins
originelle. Chaque population, et donc chaque nation, sont faites de
constants mélanges. L’identification d’une race est scientifiquement
impossible. Dans ce pays dont le peuple est composé de 36 ethnies, au
début Mustafa Kemal a appliqué une politique juste et s'est adressé
dans ses discours au « peuple de Turquie ». Mais il a écarté cette
conception moderne de la nation, pour la fonder sur une ethnie : la «
race turque » apparaît à partir de 1927 dans ses discours officiels.
Dans ce cadre, comment un Arménien ou un Kurde pourrait s'identifier à
cette soi-disante race en tant que citoyen d'un pays ? Atatürk a commis
l'erreur de substituer au principe des nations celui de l’ethnie, ce
qui était un très grand danger pour un véritable progrès. Jusqu’à sa
mort en 1938, sa politique essentielle a été de vanter la suprématie de
la race turque.
Même erreur concernant la langue. Atatürk a voulu obtenir l’unité de la
langue par des mesures de coercition. Comme l’a dit Renan, « la langue
invite à se réunir ; elle n’y force pas ».
La troisième erreur fatale date des années 2000, avec l’accession au
gouvernement des islamistes en 2002 : il s’agit de la religion d’Etat,
du sunnisme. Comme le dit Renan, il ne pourrait y avoir une religion
d’Etat, car « la religion est devenue chose individuelle, elle regarde
la conscience de chacun ». Officiellement il s’agit de la synthèse
islamo-turque (en turc « Türk-islam sentezi ») qui puise ses sources
idéologiques dans le coup d’Etat militaire de 1980.
Pour comprendre les origines des fascismes turcs, il faut énumérer par
ailleurs, les méfaits de l’Etat-nation, les bases totalitaires du
jacobinisme (Etat centralisateur), le retard de l’unité nationale,
l’inégal développement économique entre l’est et l’ouest du pays,
l’union mystique du chef (Atatürk) avec le destin historique de son
peuple (source du culte de la personnalité), l’anti-intellectualisme
brutal du régime, l’ultranationalisme populiste, le Génocide des
Arméniens, le culte du drapeau, ainsi que le manque des partis de
droite et de gauche (source du totalitarisme fasciste) qui sont des
éléments déterminants pour mieux cerner les bases des quatres fascismes
qui sévissent aujourd'hui en Turquie.
De la militarisation du civil à l'islamisation de la société et de
l'appareil étatique, le rôle que l'armée turque a jouée est
déterminante. En effet, l'armée turque détient le label du fascisme
d'Etat dont la spécificité est la militarisation du civil après trois
coups d'Etat (1960, 1971 et 1980), dont le dernier a joué un rôle
primordial. Dans le système pullullait des militaires en civil et des
civils militarisés qui ont éliminé les politiciens civils pour ouvrir
la voie finalement aux islamistes. L'armée par définition qui se
positionnait en tant que force laïque du pays, n'était en dernière
analyse qu’une oligarchie à la poursuite de ses prérogatives dans le
régime parlementaire autoritaire qui n'était qu'un régime totalitaire
sournois à la source d’une corruption géante. Ainsi, les islamistes ont
gagné les élections de 2002 en profitant de la décomposition de la
classe politique et de la corruption.
L'ultra-nationalisme teinté de racisme pur est l'exclusivité du
Parti
d'action nationaliste (MHP) qui flirte aussi avec l'islamisme, alors
qu'il était plutôt laïc il y a une dizaine d'années. Champion de la
synthèse islamo-turque, il puise ses sources dans le même électorat que
l'AKP. L'ultra-nationalisme maladif du MHP fait de ce parti un parti
fasciste.
A part le CHP dont la qualification la plus importante est celle de la
laïcité, les trois autres fascismes ont les mêmes valeurs communes :
l'islam, le racisme et le nationalisme. Le fait que le CHP soit laïc,
n'empêche pas non plus que ce parti puisse être fascisant comme on l'a
vu plus haut à cause de son idéologie kémaliste.
Le pouvoir islamo-fasciste formé par l'idéologie des Frères musulmans,
mais aussi ayant des tendances wahabites venant de l'Arabie saoudite,
nous prouve que nous sommes en face d'une sorte de fascisme très
dangereux actuellement. Le soutien sournois du pouvoir turc à Daech
aggrave davantage ce cas non seulement pour la Turquie, mais aussi pour
la sécurité de l'Europe. Le slogan “une nation, un drapeau, une
patrie”, formulation typiquement fasciste dans la bouche d'Erdogan
souligne par ailleurs le caractère fasciste de ce pouvoir islamique qui
n'a d'autres buts que de faire passer la république laïque à un Etat
islamique basé sur la charia au plus tard en 2023, au centenaire de la
république qu'il appelle d'ailleurs désormais la “nouvelle Turquie”.
Ceci n'est autre qu'un totalitarisme théocratique.
Bref, dans ce pays tout est national, mais aussi nationaliste. 75% de
la population est d'une façon maladive raciste (envers les Kurdes, les
Arméniens et les Juifs) et fasciste. Mais une écrasante majorité parmi
elle est ne sait pas qu'elle est raciste et fasciste. Dans ce contexte,
faire tomber l'islamo-fascisme d'Erdogan est un atout capital pour
l'Occident, mais il ouvrira par ailleurs la voie à un autre fascisme au
niveau national. Bref, ce pays est bien loin de connaître dans un
avenir proche une vraie démocratie.
36 personnes arrêtées en lien avec une "sextape"
Les autorités turques ont arrêté mardi 36 personnes suspectées d'être
impliquées dans un scandale de moeurs dévoilé dans une vidéo qui avait
coûté son poste au chef de file d'un parti d'opposition, liant cette
affaire au prédicateur en exil Fethullah Gülen.
Ankara accuse M. Gülen d'avoir commandité la tentative de coup d'Etat
du 15 juillet et a lancé une vaste purge contre ses partisans en
Turquie. Le prédicateur dément toute implication.
Vétéran de la politique, Deniz Baykal, aujourd'hui âgé de 78 ans, avait
dû démissionner de la tête du Parti républicain du peuple (CHP) en 2010
après la diffusion sur internet d'une vidéo montrant une relation
extra-conjugale avec une députée de son parti. Il avait alors dénoncé
une "conspiration".
Des scandales similaires avaient également éclaboussé des dirigeants du
parti d'opposition nationaliste MHP. La provenance de ces vidéos
n'avait jamais été déterminée.
L'agence officielle turque Anadolu a indiqué mardi que 89 personnes
liées à ces vidéos ont été visées par des mandats d'arrêt après le
putsch raté. Au moins 36 d'entre elles ont été placées en garde à vue.
Citant les procureurs, l'agence précise que ces gardes à vue sont en
lien avec l'enquête sur "l'organisation terroriste Fethullah (FETO)",
le nom donné par les autorités turques au mouvement du prédicateur en
exil.
Elle affirme que la manière dont ces vidéos ont été divulguées
publiquement semble porter la marque du mouvement guléniste.
En 2013, le président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan avait
accusé ce mouvement d'être à l'origine d'un scandale d'écoutes mettant
en cause certains de ses proches pour des faits de corruption.
Le président Erdogan a rencontré après le coup d'Etat avorté le chef de
file de l'actuel CHP, Kemal Kilicdaroglu, dans une volonté de
"renforcer l'unité nationale". (AFP, 2 août
2016)
On admet la
possibilité d'"erreurs" dans la purge en Turquie
La Turquie a admis pour la première fois lundi que la purge en cours
avait pu donner lieu à "des erreurs", avant d'avoir ses premiers
contacts de haut niveau avec les Etats-Unis depuis le putsch raté qui a
tendu les relations bilatérales.
Changement de ton notable d'Ankara, deux hauts responsables ont admis
que la purge implacable lancée dans la foulée de la tentative de coup
d'Etat du 15 juillet et très critiquée à l'étranger avait pu donner
lieu à "des erreurs".
"S'il y a eu des erreurs, nous les corrigerons", a dit le vice-Premier
ministre Numan Kurtulmus, tandis que "le grand ménage" des
sympathisants du prédicateur exilé Fethullah Gülen -- accusé par Ankara
du putsch avorté -- a laminé l'armée, la justice, l'éducation et les
médias.
"Il ne sera fait aucun mal" aux "citoyens qui n'ont pas d'affiliation
avec eux (les sympathisants de Gülen)", a ajouté le vice-Premier
ministre devant la presse. Mais les autres "paieront le prix", a-t-il
ajouté.
Environ 10.000 personnes font l'objet de poursuites et sont en
détention préventive, dont des journalistes. Plus de 50.000 Turcs ont
été limogés.
Le Premier ministre Binali Yildirim a évoqué lui aussi lundi la
possibilité que parmi les victimes de cette chasse aux sorcières,
certaines l'aient été de manière abusive.
"Un travail méticuleux est en cours concernant ceux qui ont été
limogés", a indiqué le chef du gouvernement cité par l'agence de presse
officielle Anadolu.
"Il y en a certainement parmi eux qui ont été victimes de procédures
injustes", a-t-il concédé, adoptant lui aussi un ton conciliant peu
coutumier en Turquie depuis le putsch qui a fait vaciller le pouvoir du
président Recep Tayyip Erdogan.
- 'relation de partenariat' -
La purge en Turquie a suscité les critiques de Washington, des
capitales européennes et de moult organisations de défense des droits
de l'Homme et de la presse, qui l'ont jugée brutale et disproportionnée.
Le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, avait
ainsi dénoncé des purges qui "dépassent toute mesure", ajoutant qu'"on
ne pouvait se taire".
Pour toute réponse, le président Erdogan a conseillé vendredi aux
Occidentaux de "se mêler de leurs affaires".
Pour la première fois depuis le putsch, la Turquie a eu lundi ses
premiers contacts de haut niveau avec les Etats-Unis, en recevant le
chef d'état-major interarmées Joseph Dunford.
Le général américain s'est entretenu à Ankara avec le chef
d'état-major, le général Hulusi Akar, puis avec M. Yildirim.
Les relations des deux partenaires clés au sein de l'Otan se sont
aigries depuis qu'Ankara a demandé à Washington d'extrader Gülen, qui
vit en Pennsylvanie.
Le général Dunford devait "condamner dans les termes les plus forts la
récente tentative de coup d'Etat et réaffirmer l'importance de notre
partenariat durable pour la sécurité régionale", a déclaré son
porte-parole Greg Hicks dans un communiqué, avant les entretiens à
Ankara.
Le haut-gradé américain s'est rendu auparavant sur la base turque
d'Incirlik (sud), d'où sont menées des opérations de la coalition
dirigées par les Etats-Unis contre les jihadistes en Syrie et en Irak.
- 'rien d'exceptionnel' -
Peu avant, la Turquie a convoqué le chargé d'affaires allemand, après
la censure "inacceptable" du président Erdogan, empêché de parler
dimanche par lien vidéo aux milliers de Turcs descendus dans les rues
de Cologne (ouest) pour le soutenir.
La Cour constitutionnelle allemande avait interdit à M. Erdogan,
redoutable tribun, d'intervenir devant ses sympathisants exilés,
craignant des troubles parmi la diaspora turque, la plus importante du
monde.
Le ministre turc des Affaires étrangères a confirmé que le chargé
d'affaires avait été convoqué pour que la Turquie "exprime avec force
sa déception" après l'interdiction faite à "un président élu par le
peuple" de s'exprimer "de la part de l'un de nos alliés qui se fonde
sur nos valeurs de démocratie et d'Etat de droit".
Même si Berlin a pris de haut la convocation de son diplomate qui n'a
"rien d'exceptionnel", l'incident de Cologne vient s'ajouter à une
liste déjà longue de différends germano-turcs acrimonieux. (AFP, 1 août 2016)
Pression
sur les médias / Pressure on the Media
Neuf journalistes arrêtés, 35 mandats d'arrêt
Les autorités turques ont arrêté mardi neuf journalistes, dont le
rédacteur en chef du quotidien Hürriyet, pour des liens présumés avec
le prédicateur Fetullah Gülen, accusé d'avoir orchestré le putsch
avorté en juillet, a rapporté le site internet du journal.
Au total, le bureau du procureur d'Istanbul a émis des mandats d'arrêt
contre 35 personnes, accusées de liens avec les unités de l'armée qui
ont tenté de renverser le président Recep Tayyip Erdogan le 15 juillet,
a précisé le journal.
Parmi les journalistes arrêtés, accusés de propagande pro-Gülen, figure
notamment Dincer Gokce, rédacteur en chef du site anglophone du
Hürriyet.
Les huit autres, interpellés à Istanbul, Ankara et dans la province de
Kocaeli (nord-ouest), sont d'actuels ou d'anciens journalistes des
quotidiens Bugun, Radikal et Yeni Safak, ainsi que de l'ancien journal
d'opposition Zaman, selon la télévision turque NTV.
Dix-huit suspects ont quitté le pays et huit autres étaient toujours recherchés, a-t-elle ajouté.
Le gouvernement a accusé le prédicateur Fethullah Gulen, exilé aux
Etats-Unis, d'avoir orchestré le putsch et a entrepris une purge dans
l'armée, la police, la justice, l'éducation, les affaires et les médias
contre ses partisans.
De son côté, l'ex-imam a fermement démenti toute implication dans la tentative de coup d'Etat.
De nombreux journalistes sont actuellement en prison dans l'attente
d'un procès, dont Nazli Ilicak, ancienne députée, qui avait été
licenciée du quotidien progouvernemental Sabah en 2013 après avoir
critiqué des ministres empêtrés dans un scandale de corruption,
orchestré, selon Ankara, par Gülen. (AFP, 30 août
2016)
Le journal turc Zaman s'éteint aussi en France suite à des menaces
La franchise francophone de l'hebdomadaire d'opposition turc Zaman ne
publiera plus en version papier ou sur le web, a annoncé lundi l'équipe
du journal sur son site internet, expliquant que ses journalistes et
ses lecteurs avaient reçu des menaces.
"La violence du climat politique actuel en Turquie et la tournure
inquiétante qu'ont pris les événements ne permettent plus à notre
rédaction d'accomplir correctement son travail journalistique", a
annoncé la rédaction à ses lecteurs, évoquant des "risques sécuritaires
grandissants" pesant sur ses neuf salariés mais aussi sur ses lecteurs.
A Istanbul, le quotidien Zaman et sa version anglaise Today's Zaman --
qui faisaient partie d'une holding liée au prédicateur Fethullah Gülen
jusqu'à leur remise au pas en mars -- ont été abruptement fermés au
mois de juillet.
Bête noire du président Recep Tayyip Erdogan, Fethullah Gülen, 75 ans,
est accusé par Ankara d'avoir fomenté le coup d'Etat manqué du 15
juillet. En exil aux Etats-Unis depuis 1999, il est sous le coup d'un
mandat d'arrêt lancé par la Turquie.
"Une campagne de délation a été mise en place par les supporters de
l'AKP en France", accuse Emre Demir, le rédacteur en chef du journal
interrogé par l'AFP. "Acheter Zaman est considéré par l'Etat turc comme
une preuve d'appartenance à une organisation terroriste. On peut vous
mettre en prison si vous rentrez en Turquie, ou saisir vos biens".
Sur son site internet, Zaman France explique que des membres de la
rédaction "ont reçu pas moins de deux cents menaces de mort (...) Zaman
France ne souhaite plus non plus alimenter le prétexte d'une
importation en France de la politique turque et de ses règlements de
compte", poursuit la rédaction.
Zaman, dont une version est imprimée en France depuis 2008, avait vu sa
diffusion s'écrouler, passant d'environ 11.000 exemplaires vendus
chaque semaine en 2013 à moins de 4.000 en 2015, selon les chiffres de
l'Alliance pour les chiffres de la presse et des médias (ACPM). (AFP, 29 août
2016)
Turkish police raid newspaper office, detain at least 23 employees
Turkish authorities should immediately release 23 employees of the
Kurdish-language daily newspaper Azadiya Welat detained yesterday in a
police raid of the newspaper's office, the Committee to Protect
Journalists said today.
In addition to the 23 newspaper employees, who included journalists and
distributors, police also detained four people, including a minor, who
were visiting the daily's office in the southeastern city of Diyarbakır
at the time of the raid, according to news reports.
"The detention of at least 23 employees of the newspaper Azadiya Welat
is the latest escalation in Turkey's staggering campaign to silence
critical voices," CPJ Europe and Central Asia Program Coordinator Nina
Ognianova said. "Authorities should immediately and unconditionally
release all those detained and cease trying to intimidate the press
into compliance."
It was not immediately clear whether those detained were charged with a
crime, but according to a report from the pro-Kurdish Dicle News Agency
(DİHA), police told Azadiya Welat staff that the reason for the raid
was a tip from a caller who was suspicious of the number of people
coming into and out of the newspaper's office and believed terrorists
were meeting there.
Authorities have subjected Azadiya Welat to persistent judicial
harassment since its founding in 1992 as the weekly Welat. It began
publishing daily under its current name in 2006. In October 2014, two
men on a motorcycle fatally shot Kadri Bağdu in Adana as he delivered
the newspaper on his bicycle. No one was convicted of that crime. News
editor Rohat Aktaş died in early February 2016 after being trapped
while reporting on the fighting between Kurdish separatists and Turkish
soldiers in Cizre. (CPJ, August 29, 2016)
Une mission économique wallonne en Turquie fait polémique
La mission « était prévue de longue date », se justifie l’Awex,
l’Agence wallonne pour le développement économique. Cela n’empêche pas
les contempteurs de regretter l’organisation, en novembre prochain,
d’une mission en Turquie dans les secteurs du multimédia et du cinéma.
Un pays, rappelons-le, en pleine purge organisée par le pouvoir en
réplique au putsch manqué cet été.
« Comment osez-vous, interroge sur une page Facebook de l’agence
Ricardo Gutiérrez, secrétaire général de la Fédération européenne des
journalistes ? Avec 80 journalistes emprisonnés au cours des dernières
semaines et des dizaines de médias indépendants fermés par le régime. »
« Le peuple a besoin de se distraire »
Loin de faire marche arrière, l’Awex assume. « Si des médias liés au
mouvement gülenistes sont fermés, cela ne signifie aucunement que la
toute grosse majorité des médias, la production TV, de séries et de
formats s’arrête pour autant. Le gouvernement continue à supporter
toute activité médiatique qui ne lui est pas directement « hostile »,
explique l’attaché économique et commercial de l’Awex en Turquie, Éric
Blétard. En période de tension sociale et politique, le peuple a
particulièrement besoin de se distraire », ajoute-t-il.
« Justification odieuse »
L’Awex précise aussi que sa mission était prévue de longue date et que
son éventuelle annulation « n’est pas de son ressort » : « Nous
sommes une agence de commerce extérieur. Sauf indication contraire de
la part du Parlement, nous maintenons les relations diplomatiques et
économiques ».
Des réponses qui ne satisfont pas du tout Ricardo Gutiérrez. Il fustige
une « initiative scandaleuse et surtout une odieuse justification ».
« La Fédération européenne des journalistes, principale organisation
représentative de la profession, demande au Parlement wallon et au
Parlement bruxellois de se saisir du dossier et de recadrer cette
mission, voire de l’annuler », écrit M. Gutiérrez. (Le Soir, 24 août
2016)
Aslı Erdoğan: I Haven’t been Given My Medication
Arrested Özgür Gündem daily Publishing Consultant Board member,
novelist and columnist Aslı Erdoğan has he had not been given water and
her medication in the prison and, was being held in a solitary
confinement cell and not taken out to get fresh air.
Aslı Erdoğan talking to Cumhuriyet daily through her attorney, noted
that she had intestinal problems, her pancreas and digestive system did
not function properly and added;
“However, I have not been given my medication for five days. [...] The
bed I have to sleep on has been urinated on. Although I am also an
asthma and KOAH patient, I have yet not been taken out to get fresh
air. I am being treated in a way which could leave permanent damage ın
my body. If I didn’t resist insistently, I couldn’t have borne these
circumstances”.
Objected to her arrest
The attorneys Özcan Kılıç and Sercan Korkmaz have objected to Erdoğan’s
arrest with an application they have lodged to İstanbul 4th Criminal
Court of Peace.
Noting that Erdoğan’s arrest contradicted with the Constitution, The
European Convention on Human Rights, Press Law, and principles required
in the decisions of the Constitutional Court, the European Court of
Human Rights as well as the principles of proportionality, clarity and
definiteness, the attorneys have pointed to the court decisions on Can
Dündar and Erdem Gül as leading cases.
What happened?
İstanbul 8th Criminal Court of Peace shut down Özgür Gündem newspaper.
The decision said that the newspaper will be “temporarily shut down”
but did not mention how long it would remain closed.
Following the decision made by İstanbul 8th Criminal Court of Peace to
shut down Özgür Gündem daily, police raided the newspaper’s building.
22 were taken into custody.
Police have also launched a raid into the apartment of Filiz Koçali and
Eren Keskin as well as Sinan Zarakolu, the son of publisher, columnist
and journalist Ragıp Zarakolu, who was registered at this address.
Aslı Erdoğan was arrested on August 19. (BIA, August 25, 2016)
Les "Peuples de Turquie" à l'honneur au festival de cinéma de Douarnenez
La 39e édition du festival de cinéma de Douarnenez, qui s'est ouvert
vendredi, met en avant les "Peuples de Turquie" autour de projections,
débats, expositions et concerts, afin de témoigner de la création
artistique et des luttes des Kurdes, des Alevis ou encore des Arméniens.
"D'habitude, on n'est pas en lien avec l'actualité. On est d'abord un
festival de cinéma, mais là, l'actualité nous a rattrapé", souligne
Yann Stéphant, directeur du festival, en référence au putsch manqué en
Turquie du 15 juillet.
"Avant même le coup d'Etat, la question des libertés publiques, de la
liberté d'expression, en particulier celle des droits humains en
Turquie, nous inquiétait", assure Yann Stéphant, interrogé par l'AFP.
"Des invités ont été arrêtés dès avant le coup d'Etat, notamment des
journalistes", souligne-t-il.
Le festival, l'un des plus anciens de France, évoquera notamment
l'histoire de la Turquie en partant de la fin de l'Empire ottoman
jusqu'à la constitution de l'Etat turc.
Au total, ce sont près de 150 films, de tous les formats et de tous les
genres, qui seront projetés dans quatre salles jusqu'au 27 août. Parmi
ceux-ci, environ 70 porteront sur la Turquie, dont "Une histoire de
fou" (2015) de Robert Guédiguian sur le génocide arménien en 1915, ou
le documentaire "Bakur" (2015) qui propose un regard de l'intérieur sur
le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), organisation kurde
illégale.
En dehors de ces projections, des débats sur des sujets de société ou
des questions politiques, des expositions et des concerts animeront
l'événement, qui comptabilise quelque 16.000 entrées payantes.
La spécificité du festival de cinéma de Douarnenez, cité portuaire du
Finistère de 15.000 habitants, est de présenter les films produits dans
l'année en Bretagne "pour aller ensuite se frotter à l'ailleurs, c'est
à dire à d'autres cultures, d'autres minorités, d'autres peuples",
explique son directeur.
Né en 1978, le festival s'interroge depuis ses débuts sur les
revendications linguistiques, culturelles et politiques des minorités
du monde, en écho à la lutte pour la survie de la culture et de la
langue bretonnes.
Il s'est intéressé aussi bien aux minorités européennes (pays
celtiques, Pays Basque, Catalogne) qu'aux minorités lointaines (Tibet,
Aborigènes d'Australie), aux peuples sans territoires (Yddishland,
Palestine, Kurdistan) ou encore à de grandes thématiques telles que la
mondialisation, l'immigration ou la colonisation.
Le festival se prolonge jusqu'au 27 août. (AFP, 19 août
2016)
Mandats d'arrêt contre 146 universitaires soupçonnés de liens avec Gülen
Le parquet turc a lancé des mandats d'arrêt à l'encontre de 146
universitaires, principalement des villes d'Istanbul et de Konya
(centre), pour liens supposés avec Fethullah Gülen, accusé d'être le
cerveau du putsch avorté en Turquie, ont rapporté vendredi les médias
locaux.
Ces mandats d'arrêt ont été émis à l'encontre de 84 universitaires,
essentiellement de Konya, puis de 62 enseignants de l'Université
d'Istanbul.
Quarante-quatre universitaires ont été placés en garde à vue dans la
grande université d'Istanbul et 29 autres à Konya dans le cadre de
cette opération menée dans 17 provinces du pays, précisent les agences
de presse Anadolu et Dogan.
Des perquisitions ont été effectuées par la police dans les bureaux des
suspects sur le campus universitaire stambouliote ainsi qu'à leurs
domiciles.
L'ex-recteur de l'université Selçuk de Konya, grande ville
conservatrice du centre anatolien et fief du parti au pouvoir de la
justice et du développement (AKP, islamo-conservateur), le professeur
Hakki Gökbel, figure dans la liste des personnes visées, ajoute Dogan.
Après le coup d'Etat manqué du 15 juillet les autorités turques ont
lancé une purge massive, qui a suscité de vives protestations à
l'étranger, pour déloger les sympathisants de la confrérie Gülen dans
la fonction publique, l'armée, la magistrature, l'enseignement et
l'économie.
Il s'agit pour le pouvoir d'essayer d'assécher les sources de
financement des réseaux de Gülen, ennemi numéro un du président turc,
Recep Tayyip Erdogan, installé depuis 1999 aux Etats-Unis et dont
Ankara réclame avec insistance l'extradition.
Le prédicateur âgé de 75 ans nie toute implication dans le coup de force.
Plus de 5.000 fonctionnaires ont été limogés et 80.000 autres
suspendus, a annoncé mercredi le Premier ministre turc Binali Yildirim.
20.000 personnes ont été inculpées et incarcérées, a-t-il ajouté.
Par ailleurs, la brigade financière a encore durci vendredi sa
répression contre les sphères économiques soupçonnées d'avoir financé
le réseau Gülen et recherchait 18 autres cadres ou propriétaires
d'entreprises à Istanbul, coeur économique de la Turquie, a indiqué
l'agence Dogan.
Jeudi l'implacable purge avait déjà frappé des conglomérats ayant un
chiffre d'affaires total d'au moins trois milliards de dollars, selon
la presse turque, ainsi qu'une importante confédération patronale,
Tuskon. Au moins 65 entrepreneurs ont été placés en garde sur les 205
suspects recherchés.
Ömer Faruk Kavurmaci, le gendre du maire AKP d'Istanbul, Kadir Topbas,
figure parmi les personnes interrogées par la justice. Le maire de la
première métropole de Turquie a clairement fait savoir sur son compte
Twitter que "si les allégations sont avérées, celui-ci devra subir les
conséquences et être sanctionné". (AFP, 19 août
2016)
EFJ: Özgür Gündem shut down and journalists houses raided
Özgur Gündem is the latest opposition newspaper in Turkey to be
forcibly shut down following the crackdown on media in the wake of a
failed coup.
A court in Istanbul ordered the closure of the pro-Kurdish newspaper on
Tuesday for spreading alleged propaganda on behalf of the outlawed
Kurdistan Workers Party (PKK).
The move comes as Can Dündar, editor in chief of another opposition
newspaper Cumhuriyet, resigned from his position, claiming he would
live abroad after having been condemned to 5 years in prison for
allegedly divulging state secrets.
The European and International Federations of Journalists (EFJ-IFJ) has
called for the closure of the paper to be reversed and backed Turkish
journalists’ unions calls for an end to the crackdown on independent
and opposition media.
EFJ President Mogens Blicher Bjerregård said : “The use of violence
against journalists and media workers are unacceptable anytime, anywher
and what just happened at Özgür Gündem, the historical Kurdish daily in
Turkey, is unacceptable. Apparently, the authorities are using the
post-coup state of emergency situation to attack all critical voices”.
IFJ President Philippe Leruth said: “We are witnessing the
strangulation of free and independent media in Turkey. Journalists are
being sacked and arrested, media closed and dissenting voices silenced.
The world must wake up and demand the rights of Turkey’s journalists
and media are upheld”.
Shortly after the announcement of the newspaper’s closure by
authorities, police raided its office in İstanbul’s Beyoğlu district,
reports P24 website. During the police raid, the newspaper’s
editor-in-Chief Zana Kaya, journalists Günay Aksoy, Kemal Bozkurt,
Reyhan Hacıoğlu, Önder Elaldı, Ender Önder, Sinan Balık, Fırat
Yeşilçınar, İnan Kızılkaya, Özgür Paksoy, Zeki Erden, Elif Aydoğmuş,
Bilir Kaya, Ersin Çaksu, Mesut Kaynar,Sevdiye Gürbüz, Amine Demirkıran,
Bayram Balcı, Burcu Özkaya, Yılmaz Bozkurt, Gülfem Karataş, Gökhan
Çetin, Hüseyin Gündüz and Asli Erdogan were detained.
Özgur Gundem, whose print version has a daily circulation of around
7,500, has faced dozens of investigations, fines and the arrest of
correspondents since 2014.
It has been repeatedly closed down in the past. More recently, the
paper started a campaign on May 3, World Press Freedom Day, called
“editors-in-chief on duty” in which guest editors temporarily took
charge of the paper in an attempt to defend press freedom and highlight
attacks on the paper and its journalists. However, an Istanbul court
ordered the arrest of three of the campaigners, Şebnem Korur Fincancı,
Erol Önderoğlu and Ali Nesin on charges of “making terror propaganda”
after they served as guest editors. After more than 10 days in jail,
they have been released pending trial.
Following the closure of Özgür Gündem, the authorities violently raided
today the house of Ragip Zarakolu, a journalist, writer and editor
known for his publishing houses on minority rights in Turkey. The
writer was not home but his books about Armenian, Pontus and Assyrian
genocides have been seized by the authorities. Houses of journalists
Eren Keskin and Filiz Koçali have also been raided by the police for
similar purpose.
Turkey has closed more than 130 media outlets and jailed more than 50
journalists since a state of emergency was declared in the wake of last
month’s (15 July) failed military coup.
Police Raid on Journalists Zarakolu, Erdogan, Keskin and Koçali
Following the police raid on Özgür Gündem daily, police have raided the
houses of journalists Ragip Zarakolu, Asli Erdogan, Eren Keskin and Filiz Koçali.
Ragıp Zarakolu
Police launched a raid into the apartment of Sinan
Zarakolu, the son of publisher, columnist and journalist Ragıp
Zarakolu, who was registered at this address.
It has been reported that Ragıp Zarakolu was not at his son’s
apartment, and that the police have broken in the apartment and seized
his books.
Zarakolu has announced the incident on the social media website
Facebook as; “I protest against Özgür Gündem daily being shut down and
the barbarous police raid into my son’s apartment”.
The police had also raided the daily’s former Editor-in-Chief Eren
Keskin’s house. Filiz Koçali, like Eren Keskin, was not at home at the
time of the raid.
Ragıp Zarakolu was born in 1948 on Heybeliada, the second largest of
the Prince Islands, in İstanbul. He started publishing with his wife,
Ayşe Nur Zarakolu in 1977. He never abandoned his struggle for
“popularizing respect for different ideas and cultures in Turkey”
despite pressures, his books being seized or destroyed, heavy fines and
being sent to prison. Zarakolu serving as the President of Publishers’
Union of Turkey Committee of Free Publishing has worked on Kurdish
question and condition of minorities in Turkey.
Zarakolu lastly was arrested together with his son Deniz Zarakolu
within the scope of Group of Communities in Kurdistan (KCK) case* in
2011. He remained in prison until April 2012.
After his release, on December 19, 2012 in Brussels, Ragip
Zarakolu talked on the situation of press freedom in Turkey at a
conference organized by European Journalists' Federation (EFJ) and
Info-Türk Foundation.
Same evening, during a ceremony with the
participation of diasporas representatives, Zarakolu was given "Freedom
Award" by Info-Türk Foundation.

Zarakolu with EFJ Chairman Philippe Leruth and responsible for Turkey Mehmet Köksal

Zarakolu with Dogan Özgüden and Inci Tugsavul during the award ceremony
See: http://www.info-turk.be/Prix%20Info-Turk%202012.htm
Aslı Erdoğan
Özgür Gündem daily’s columnist and Publishing
Consultancy Board member Aslı Erdoğan’s house was raided by police last
evening (August 16).
Erdoğan whose house was searched was taken into custody. It is yet to
be known (12 p.m.) at which police station Erdoğan is being kept.
Born in Istanbul, she graduated from Robert College in 1983 and the
Computer Engineering Department of Boğaziçi University in 1988. She
worked at CERN as a particle physicist from 1991 to 1993 and received
an MSc in physics from Boğaziçi University as a result of her research
there. She began research for a PhD in physics in Rio de Janeiro before
returning to Turkey to become a full-time writer in 1996. Aslı Erdoğan
was detained on 17 August 2016 during the police raid on pro-Kurdish
daily, Özgür Gündem for being a member of the Advisory Board of the
newspaper.
Her first story The Final Farewell Note won third prize in the 1990
Yunus Nadi Writing Competition. Her first novel, Kabuk Adam (Crust
Man), was published in 1994 and was followed by, Mucizevi Mandarin
(Miraculous Mandarin) a series of interconnected short stories in 1996.
Her short story Wooden Birds received first prize from Deutsche Welle
radio in a 1997 competition and her second novel, Kirmizi Pelerinli
Kent (The City in Crimson Cloak), received numerous accolades abroad
and has been published in English Language translation.
She was the Turkish representative of International PEN's Writers in
Prison Committee from 1998 to 2000. She also wrote a column entitled
The Others for the Turkish newspaper Radikal, the articles from which
were later collected and published as the book Bir Yolculuk Ne Zaman
Biter (When a Journey Ends) and featured in the 2004 edition of
M.E.E.T.'s journal.
She is widely traveled and has an interest in anthropology and Native American culture.
From December 2011 to May 2012, at the invitation of the Literaturhaus
Zurich and the PWG Foundation, Erdoğan was Zurich's "writer in
residence".
Eren Keskin
Attorney Keskin is a columnist at the Özgür Gündem and founder of the
Legal Aid Bureau Against Sexual Harassment and Rape in Custody.
She served as Co Editor-in-Chief at the Özgür Gündem. She carried out
the duties of Human Rights Association (İHD) Deputy Chair and Istanbul
Branch Director.
She was granted many awards as a rights defender: Aachen Peace Prize
(2004), Theodor Haecker Political Courage and Honesty Prize (2005), and
a symbol figure in the fight against impunity on November 23
International Day to End Impunity (2013).
Filiz Koçali
She writes at the Özgür Gündem daily. She was among the candidates for
the Peoples’ Democratic Party (HDP) Aydın MP position in the 25th term.
Koçali was born in İstanbul on January 22, 1958. She graduated from
Çamlıca Kız Lisesi (Çamlıca Girls School) and İstanbul Academy of
Economics and Commercial Sciences, Press College.
She worked at the magazines of Kadınca, Kim and at bianet. She wrote
articles in Söz, Yeniden Özgür Gündem, and Sosyalist Demokrat
newspapers. She was a board member at Sosyalist Feminist Kaktüs
magazine. She was among the founders of Gazete/Pazartesi magazine,
exclusive to women.
She entered political life by joining the student movement in 1976. In
order to participate in the rising laborer movement at that time she
worked as a laborer at Altın Yıldız and Arıkol factories.
She took place in the human rights movement after the September 12
coup. She was one of those who started sit-in protests of the Saturday
Mothers/People against the disappeared in custody.
Özgür Gündem fermé manu militari, une vingtaine de journalistes arrêtés
Reporters sans frontières (RSF) dénonce la fermeture du quotidien kurde
Özgür Gündem et l’interpellation d’une vingtaine de journalistes, ce 16
août 2016 à Istanbul.
Un tribunal d’Istanbul a ordonné la suspension indéfinie d’Özgür
Gündem, le 16 août 2016, accusant le quotidien de se faire le
“porte-parole” du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, interdit)
et de se livrer ainsi à la “propagande d’une organisation terroriste”.
La police a investi le siège du quotidien à Istanbul, saisi des
ordinateurs et interpellé au moins dix-sept membres de la rédaction.
Deux reporters de l’agence DİHA et deux collègues de la chaîne İMC TV,
qui se trouvaient dans les locaux, ont également été arrêtés*.
“Doit-on s’habituer à voir des rédactions prises d’assaut par la police
en Turquie? s’interroge Johann Bihr, responsable du bureau Europe de
l’est et Asie centrale de RSF. La suspension d’un média est la forme de
censure la plus extrême, qui démontre une volonté de bâillonner, et non
de contester une ligne éditoriale. Avec cette mesure inacceptable, un
nouveau coup est porté au pluralisme et un puissant signal
d’intimidation est envoyé à tous les journalistes de Turquie. RSF exige
la levée immédiate des mesures prises contre Özgür Gündem.”
Lancé en 1992 au plus fort des affrontements entre l’armée turque et la
rébellion kurde du PKK, Özgür Gündem a une longue histoire de
persécutions: interdit entre 1994 et 2011, le journal a été contraint
de changer régulièrement de nom. De nombreux correspondants du titre
ont été assassinés entre 1992 et 1995, et sa rédaction a été plastiquée
en 1994. Moins sanglantes, les années suivantes ont néanmoins vu se
succéder perquisitions, arrestations et saisies. Trois défenseurs des
droits humains, dont le représentant de RSF Erol Önderoğlu, ont passé
une dizaine de jours en prison en juin 2016 et sont toujours en procès
pour avoir pris part à une campagne de solidarité avec Özgür Gündem.
Le site internet d’Özgür Gündem est bloqué en Turquie depuis la reprise
des affrontements entre l’armée turque et le PKK, en juillet 2015. La
justice a également demandé le blocage de son compte Twitter, fin
juillet. En octobre 2015, RSF a publié un rapport sur les rapports
entre question kurde et liberté de la presse en Turquie.
La Turquie occupe la 151e place sur 180 au Classement mondial 2016 de
la liberté de la presse, publié par RSF. Déjà grave, la situation des
médias s’est encore alourdie dans le cadre de la chasse aux sorcières
enclenchée par le coup d’Etat avorté du 15 juillet: 102 médias
critiques ont été liquidés par décret, un état d’urgence drastique a
été instauré et pas moins de 44 journalistes ont été placés en
détention provisoire, rendant à la Turquie la palme de la plus grande
prison du monde pour les professionnels des médias.
*Les journalistes interpellés sont : Günay Aksoy, Kemal Bozkurt, Reyhan
Hacıoğlu, Önder Elaldı, Ender Öndeş, Sinan Balık, Davut Uçar, Fırat
Yeşilçınar, İnan Kızılkaya, Zeki Erden, Elif Aydoğmuş, Bilir Kaya,
Ersin Çaksu, Sevdiye Ergürbüz, Amine Demirkıran, Bayram Balcı, Burcu
Özkaya (Özgür Gündem), Özgür Paksoy, Mesut Kaynar (DİHA), Gülfem
Karataş et Gökhan Çetin (İMC TV). (RSF, 16 août 2016)
Le coup d'Etat d'Ankara bientôt porté à l'écran façon James Bond
Un film inspiré d'un feuilleton antiaméricain extrêmement populaire en
Turquie va mettre en scène le putsch avorté du 15 juillet contre le
président Erdogan avec, comme personnage principal, un "James Bond
turc".
La société de production Pana Film qui a réalisé trois films à succès
inspirés de la série "La Vallée des Loups", a fait son annonce mardi
dans la presse turque.
"En réponse à une grande demande de notre opinion publique, notre
société a décide de faire le film +Kurtlar Vadisi-Darbe (La vallée des
loups-putsch)+,", a annoncé Pana Film.
La sortie sur les écrans de ce quatrième opus de La vallée des loups
est encore inconnu mais le scénario doit traiter des événements
survenus dans la nuit du 15 juillet lors de laquelle des éléments
mutins de l'armée turque ont tenté de renverser le régime turc avant
d'être mis en échec par l'armée loyale au gouvernement et les gens qui
sont descendus dans les rues.
La tentative qui, selon les autorités turques, a été ourdie par
l'ex-imam Fethullah Gülen, exilé aux Etats-Unis, a fait 273 morts et
plus de 2.000 blessés.
Les relations turco-américaines qui ont souffert après le putsch, le
pouvoir turc accusant Washington d'avoir encouragé les auteurs du coup
de force en tolérant sur son sol Gülen, devraient être en toile de fond
du scénario, selon le journal Aksam.
La trilogie de la Vallée des loups a attiré des millions de spectateurs
turcs dans les salles de cinéma, traitant d'une adaptation d'un
feuilleton culte où dans la violence d'un patriotisme nationaliste, le
principal héros, Polat Alemdar, un agent secret, joue les justiciers.
Le ténébreux Polat avait déjà sévi dans le nord de l'Irak, vengeant
l'honneur de la nation bafoué par les Américains en 2006. Surfant sur
l'antiaméricanisme de l'opinion publique, La vallée des loups-Irak qui
s'inspirait d'un incident survenu en 2003 où des militaires turcs
avaient été cagoulés et menottés par des officiers américains ce qui
avait été ressenti comme une offense à l'honneur national. Le film
avait battu tous les records d'entrées dans les salles de cinéma du
pays.
L'agent secret avait ensuite vengé en 2011 les victimes turques de la
flottille vers Gaza tués par un commando israélien en 2010. (AFP, 16 août
2016)
39 Academics Arrested in Denizli
Nine of the 12 academics, who were detained under the scope of the
operation launched against the Fethullah Gülen Community as part of the
July 15 coup attempt investigation and then released on probation have
been detained again.
Nine academics have been arrested.
43 figures, among whom are Pamukkale University (PAÜ) Chancellor Prof.
Dr. Hüseyin Bağcı, General Secretary Prof. Dr. Kenan Çoyan and deans,
professors, assoc. professors, assist. professors, teaching assistants,
executive assistant and nurses, were taken into custody on August 9.
Prof. Yağcı has been suspended by the Council of Higher Education (YÖK).
Prof. Dr. Bağcı has been released on probation by the court to which he was referred a day after.
The other 42 detained academics who serve at various units at PAÜ were sent to court on
Wednesday (August 10). 30 of those who were sent to court were arrested.
The first arrestees are as follows:
Prof. Dr. Hasan Erken, Prof. Dr. Günfer Turgut, Prof. Dr. Bünyamin
Kaptanoğlu, Prof. Dr. Nevzat Karabulut, Prof. Dr. Mustafa Serinken,
Prof. Dr. Selahattin Özçelik, Prof. Dr. Recep Kutlubay, Prof. Dr. Uğur
Koltuksuz,Prof. Dr. Hasan Kaplan, Prof. Dr. Muzaffer Topçu, Prof. Dr.
Ahmet Çetin Can, Prof. Dr. Aziz Polat, Prof. Dr. Osman Kulak, Prof. Dr.
Mustafa Golcu,Assoc. Prof. Dr. Ali İhsan Bozkurt, Assoc. Prof. Dr.
Şerife Akalın, Assoc. Prof. Dr. Emin Mete, Assoc. Prof. Dr. Ali Rıza
Tarakçılar, Assoc. Prof. Dr. Ramazan Yağcı, Assoc. Prof. Dr. Hasalettin
Deligöz, Assoc. Prof. Dr. Kudret Gezer, Assoc. Prof. Dr. Yılmaz
Kıroğlu, Assist. Prof. Dr.Şevket Civelek, Assist. Prof. Dr. Kadir
Ağladıoğlu, Assist. Prof. Dr. Nurettin Bilgen, academic members Aksun
Akbıyık, Zeki Kasap, nurses Ayşe Kaplan, Mine Yanık and officer Hakan
Yörükoğlu
12 academics were released; however, arrest warrants have been issued for nine of the 12 figures upon the prosecution’s demand.
After the decision, General Secretary Prof. Dr. Kenan Çoyan, ,Prof. Dr.
Ilgaz Akdoğan, Prof. Dr. Bayram Çırak, Prof. Dr. Ali Keskin, Assos.
Prof. Dr. Hakan İsmail Sarı, Assoc. Prof. Dr. Ali Koçyiğit, Assoc.
Prof. Dr. Yasemin Işık Balcı, Assist. Prof. Dr. Fethullah Kenar and
Assistant Executive Ahmet Erdoğmuş have been arrested. (BIA, August 15, 2016)
Le rédacteur en chef de Cumhuriyet, Can Dündar, annonce sa démission
Le rédacteur en chef du quotidien d'opposition turc Cumhuriyet a
annoncé lundi sa démission, expliquant ne plus croire en la justice
pour entendre son appel dans un procès controversé, depuis le coup
d'Etat manqué.
En mai, Can Dündar avait été condamné en première instance à cinq ans
et 10 mois de prison pour divulgation de secrets d'Etat, dans une
affaire qui avait provoqué la colère du président Recep Tayyip Erdogan.
M. Dündar, qui avait été autorisé à rester en liberté en attendant la
décision de la Cour d'appel sur son dossier, serait désormais en
Allemagne.
Dans une tribune publiée lundi dans le quotidien Cumhuriyet, il a
toutefois fait savoir qu'il ne se rendrait pas au tribunal, estimant
que l'Etat d'urgence imposé à la suite du putsch manqué en Turquie, le
15 juillet, l'empêchait d'avoir droit à un procès équitable.
Le journaliste a aussi annoncé qu'il démissionnait de son poste de
rédacteur en chef mais continuerait d'écrire des tribunes en tant que
chroniqueur.
Tous les signes d'une période de "non-droit" sont réunis, justifie Can
Dündar, qui assure que l'Etat d'urgence est utilisé par le gouvernement
pour contrôler la justice de manière arbitraire.
"Faire confiance à un tel pouvoir revient à mettre sa tête sous la
guillotine", précise M. Dündar dans sa tribune intitulée "Le temps de
dire adieu".
"Désormais, nous ne faisons pas face à la justice mais au gouvernement.
Aucun tribunal supérieur ne pourra s'opposer au non-droit qui
s'installe".
"Par conséquent, j'ai décidé de ne pas me rendre à la justice tant qu'il y aura l'Etat d'urgence" instauré depuis le 20 juillet.
M. Dündar, auteur de plusieurs livres et documentaires, avait été nommé
rédacteur en chef de Cumhuriyet en février 2015 et avait rapidement
fait du titre un fervent journal d'opposition.
Le média avait diffusé en 2015 un article et une vidéo faisant état de
livraisons d'armes l'année précédente par les services secrets turcs à
des rebelles islamistes en Syrie.
"Ils le payeront cher", avait alors menacé, furieux, le chef d'Etat
turc à la télévision, lançant personnellement des poursuites contre M.
Dündar et son chef de bureau à Ankara, Erdem Gül.
La Turquie pointe à la 151ème place sur 180 dans le dernier classement
mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.
D'après les chiffres officiels, plus de 35.000 personnes ont été
arrêtées à ce jour dans le cadre d'une vaste purge menée depuis le coup
d'Etat manqué qui a fait 273 morts.
Des mandats d'arrêt avaient notamment été délivrés à l'encontre de 42
journalistes. Dans le cadre de l'Etat d'urgence, les autorités ont
fermé plus de 100 médias critiques du pouvoir. (AFP, 15 août
2016)
4 Journalists Detained in Diyarbakır
Evrensel correspondents Hasan Akbaş, Fırat Topal, Serpil Berk and
freelance journalist Sertaç Kayar, have been detained after reporting
the offensive launched in Diyarbakır’s Sur district by the Kurdistan
Workers’ Party (PKK).
Evrensel daily’s Editor-in-Chief, Fatih Polat, met with the Diyarbakır Governorate Press Director, Mustafa Çakmak.
Polat, stating an investigation has been launched into the incident, confirmed that the journalists are in custody.
The clothes of the journalists were sent to the criminal examination.
The daily noted that the journalists were detained by the prosecution’s order and the bar will closely follow the incident.
The Republican People’s Party (CHP) MP, Barış Yarkadaş also met with
the governorate and expressed that he is following the incident as well.
Five civilians were killed in the attack
The Diyarbakır Governorate has announced that five civilians were
killed, five police officers and seven civilians were injured in the
attack launched with a bomb-laden vehicle directed at the shuttle,
which was carrying the riot squad forces in On Gözlü Köprü position in
Sur district in Diyarbakır province.
The civilians killed in the explosion were in a civilian vehicle
driving by at the time of the explosion and their bodies were taken to
the morgue of the Selahattin Eyyubi State Hospital, Fırat News Agency
(ANF) reported.
It was determined that those who lost their lives in the attack were
Behiye Yıldırım (52), her daughters Derya Yıldırım (23) and Demet
Yıldırım Aydın (31), and Demet Yıldırım Aydın’s children Oğuz Kaan
Aydın (8) and Ceylinaz Aydın (3).
(BIA, August 12, 2016)
Higher Education Council: 5,342 Staff Members Laid Off
The Council of Higher Education (YÖK) has announced that legal action
has been initiated against 6,792 members, 5,342 of them laid off in the
wake of the July 15 coup attempt.
The statement issued by YÖK expressed that the State of Emergency
(OHAL) has been formed within body of the YÖK Presidency by instruction
of the Prime Ministry subsequent to the OHAL declared following the
coup attempt.
“By means of this commission, necessary pieces of information have been
provided as to the discharges and investigations, and these
developments are being closely monitored. It will never be allowed for
members of the FETÖ/PDY (Fethullahist Terror Organization/Parallel
State Structure) to occupy position in higher education institutions,”
read the statement.
The total number of academic members at universities in 2016 is 146,124.
(BIA, August 12, 2016)
La Turquie, pays champion du monde des journalistes emprisonnés
Trois semaines après la tentative de coup d’État du 15 juillet 2016,
les journalistes continuent de payer un lourd tribut à la chasse aux
sorcières en Turquie. Alors que plus de cent médias critiques ont été
liquidés et qu’un état d’urgence drastique a été instauré, une
quarantaine de journalistes ont été placés en détention provisoire et
de nombreux autres ont été privés de la possibilité de voyager.
Une quarantaine de journalistes en détention provisoire
“Avec ces 42 journalistes sous les verrous, qui s’ajoutent à ceux qui y
étaient déjà avant le coup d’État avorté, la Turquie est le pays
champion du monde pour les journalistes en prison. Comment un État
supposément démocratique peut-il détenir ce titre infamant, pire que
celui de la Chine ou de l’Iran? demande Johann Bihr, le responsable du
bureau Europe de l’est et Asie centrale de Reporters sans frontières
(RSF). En quoi l’enquête sur le coup d’État justifie-t-elle les mesures
toujours plus sévères dont sont victimes des dizaines de journalistes ?
La ligne éditoriale d’un média ne prouve en rien la participation de
ses collaborateurs à la tentative de putsch. Incarcérer des
journalistes pour des délits d’opinion, qui plus est sans égard pour
leur état de santé ou leur situation familiale, est inacceptable et
indigne de l’attachement à la démocratie manifesté par le peuple turc.”
Pas moins de 42 journalistes ont été placés en détention provisoire au
terme de leur garde à vue, dans le cadre de l’enquête sur le coup
d’Etat avorté du 15 juillet (liste complète disponible ici). Dix-sept
d’entre eux, dont la célèbre présentatrice Nazlı Ilıcak, ont été
incarcérés le 30 juillet sous l’accusation d’appartenir à “FETÖ”,
l’acronyme officiel désignant la confrérie Gülen comme une organisation
“terroriste”. Six journalistes du quotidien Zaman, soupçonnés d’avoir
“fait l’éloge d’une organisation terroriste” et “légitimé la tentative
de coup d’État”, les ont rejoints en prison le lendemain, à l’image du
chroniqueur Şahin Alpay. Douze autres journalistes, dont le chroniqueur
de Zaman Mümtazer Türköne, ont été incarcérés à leur tour le 4 août.
La plupart des six journalistes arrêtés le 31 juillet sont âgés et
malades. L’accusation leur reproche essentiellement d’avoir continué à
collaborer avec Zaman malgré l’enquête ouverte contre le directeur de
la rédaction,
Ekrem Dumanlı, accusé d’appartenance à la mouvance Gülen suite à la
couverture par son journal d’allégations de corruption impliquant
plusieurs membres du gouvernement. Dans leurs dépositions, les prévenus
en sont essentiellement réduits à retracer leur parcours professionnel
et politique, soulignant leur incompatibilité avec un quelconque
soutien au coup d’État avorté. Le juge invoque la fuite d’Ekrem Dumanlı
pour justifier leur détention provisoire, ce que la défense dénonce
comme une violation du principe de la responsabilité pénale
individuelle.
Confiscations et annulations de passeports
Le journaliste Hayko Bağdat s’est vu confisquer son passeport à
l’aéroport d’Istanbul, le 6 août, en rentrant d’un voyage à l’étranger.
Ce n’est qu’après l’intervention d’avocats et de députés d’opposition
qu’il a finalement pu le récupérer trois jours plus tard.
Les passeports de nombreux autres journalistes, comme Eren Keskin, ont
été purement et simplement annulés, sans qu’aucune explication ne leur
soit donnée. Contactée par Selina Doğan, élue du parti d’opposition
CHP, la police aurait déclaré qu’il s’agissait d’une “mesure
préventive” susceptible d’être levée une fois les enquêtes closes.
Quelques journalistes visés, cependant, affirment que leurs passeports
ont été annulés suite à des déclarations de perte ou de vol auxquelles
ils sont étrangers.
Les réseaux sociaux n’échappent pas à la purge
Un juge d’Ankara a ordonné, fin juillet, le blocage en Turquie de
comptes Twitter de dizaines de journalistes et médias réputés
favorables à la confrérie Gülen (Faruk Mercan, Emre Uslu,MerkürHaber,
SamanyoluMedya, KanalTürk TV…), prokurdes (Özgür Gündem, DİHA...) ou
autres (Rifat Doğan, Gökçe Fırat, Feyzi İşbaşaran …).
Le compte Twitter du représentant d’Amnesty International en Turquie,
Andrew Gardner, est également concerné. Joint par le représentant de
RSF en Turquie, ce dernier a dénoncé une décision “stupide mais grave”.
Il a annoncé son intention de contester la mesure, regrettant que cela
fasse perdre du temps à l’organisation, déjà bien “occupée à vérifier
de nombreux cas de torture et de violation de la liberté d’expression”.
La Turquie occupe la 151e place sur 180 au Classement mondial 2016
de la liberté de la presse, publié par RSF. (RSF, 10 août 2016)
18 Administrative, Academic Members From A University Arrested
As part of the operations in carried out against the Fethullah Gülen
Community following the coup attempt on July 15, 18 university staff of
Celal Bayar University (CBÜ) have been arrested in Manisa including the
former rector of the University, Mehmet Pakdemirli.
Within the investigation, 102 academic and administrative members were suspended and 25 of these were detained.
18 persons among those detained have been arrested and seven have been
released on probation. With the last 18 arrests taken into account, 35
administrative and academic members at least in six universities have
been taken into custody in total until now.
Before this, Rector of Hakkari University Prof. Dr. Ebubekir Ceylan;
the suspended Rector of Dicle University Prof. Dr. Ayşegül Jale Saraç;
12 academics on duty in Kahramanmaraş Sütçü İmam University; seven
academics, including the former Rector of Çanakkale Onsekiz Mart
Üniversitesi (ÇOMÜ) Prof. Dr. Sedat Laçiner, as well as two lecturing
Professors from İstanbul University had been arrested.
The 25 persons in custody were brought to the courthouse in the early
hours of September 9. Following the questioning by the prosecution,
they were referred to the court.
According to the report of the state-run Anadolu Agency (AA), the board
of judges ruled on August 10 that 18 persons among the 25 brought
before court should be arrested on charges of “attempting to overthrow
The Republic of Turkey and the Grand National Assembly of Turkey
[TBMM], founding and leading a terrorist organization, being a member
of an armed terrorist organization and attempting to rule out the
constitutional order”.
The names of those arrested are: CBÜ University Rector Prof. Dr. Mehmet
Pakdemirli, Vice Rector Prof. Dr. Erdoğan Özkaya, Faculty Secretary
Beytullah Taş, Asst. Prof. Mehmet Günay, Assoc. Prof. Dr. Ersel Obuz,
Asst. Prof. Ömer Faruk Noyan, Assoc. Prof. Dr. Rıza Bağcı, Asst. Prof.
Salahaddin Akça, Asst. Prof. Tarık Uluçay, Assoc. Prof. Dr. Mehmet
Bilgehan Yüksel, Asst. Dr. Gökmen Bilgili, Prof. Dr. Mustafa Ökmen,
Assoc. Prof. Dr. Harun Çoban, Department Director Yunus Uygun, Assoc.
Dr. Mehmet Göral, Mehmet Uzkut, Mustafa Yıldırım and Salim Şahin
Secretary General Hayati Turhal, Assoc. Prof. Dr. Muhiddin Bağcı, Asst.
Prof. Dr. Murat Özsaraç, Salih Can, Ali Avcı, Yalçın Gölcük and Assoc.
Prof.Dr. Zafer Akan have been released on probation.
(BIA, August 10, 2016)
Employees of Closed Newspapers Cannot Receive Unemployment Pay
Kocaeli Manşet daily has been closed along with 130 other media organs
by the Statutory Decree issued on July 27. 30 workers who lost their
jobs cannot receive their unemployment because of not being able to
obtain their leave of employment document, which is required for the
unemployment pay.
Caner Aktan, an editor at the Manşet Kocaeli told bianet that police
came to the building by statutory decree on the night of July 27,
encircled the building and didn’t let anyone inside.
The building was searched and sealed without the employees even being given their personal belongings.
Daily owner Çiçek in custody
The concessionaire, Şenol Çiçek, who was detained on the same night, is
still in custody. The employees who have lost their job without being
able to receive their salaries and compensations applied to the Social
Security Institution (SGK) but their applications were rejected.
Petition to the SGK and Ministry
Journalists Association of Turkey (TGS) attorney Melih Selvi said the
journalists may submit a petition to the Ministry of Labor and SGK as
to this matter.
Three dailies, namely Kocaeli Manşet, Bizim Kocaeli and Demokrat Gebze
were shut down on July 27 only in Kocaeli, and as many as 100 workers
lost their job without being able to receive their salaries and
compensations.
(BIA, August 10, 2016)
20 Signatory Academics Suspended from Anadolu University
20 academics who signed the declaration entitled “We will not be a
party to this crime” issued by the Academics for Peace (BAK) have been
suspended from the Anadolu University
Assist. Prof. Dr. Uğur Kara from the Department of Law speaking to
bianet commented as to their dismissals that, “As the dismissals
against the Gülen Community are ongoing, they are intending to involve
us, whom they consider a threat or divert people’s attention away”.
Assist. Prof. Dr. Pelin Yalçınoğlu from the Faculty of Education stated
that they didn’t see this decision coming since no order was issued in
the probes and that they are in a situation which doesn’t require
circumspection for over six months.
Eskişehir Peace Academics announced that a press statement will be held
at the Anadolu University, Yunus Emre Campus, at 12:30 p.m. in protest
of the dismissals. However, the Governorship responded that it will not
allow the statement to be made due to the State of Emergency.
The Academics for Peace evaluated the decision as “an attempt to
distract attention, win favor of local and general government groups by
those, who fear the probes launched into the Gülen Community might
stretch out to themselves”.
They demanded immediate release of the academics.
(BIA, August 8, 2016)
Réfléchir, créer, inventer: des artistes turcs tentent de survivre dans la tempête
Ebranlés par les attentats, les atteintes à la liberté d'expression et
une tentative de putsch suivie de purges implacables, des artistes
d'Istanbul refusent de céder à la peur et au défaitisme.
Devenue dans les années 2010 un carrefour bouillonnant pour l'art
contemporain, "la perle du Bosphore", "n'apparaît plus comme +l'endroit
de rêve+ et nous allons être isolés", déclare à l'AFP Vasif Kortun,
directeur de SALT, un important centre privé d'art ouvert en 2012 à
Galata, sur la rive européenne de la ville.
"Avant, au moins une fois par mois, des conservateurs ou des artistes
étrangers venaient me rencontrer. Cette année, je n'ai vu presque
personne", confirme une artiste stambouliote qui s'inquiète des
difficultés pour les jeunes Turcs à percer sur la scène internationale.
Les attentats, la reprise de la guerre avec les Kurdes et les craintes
d'un durcissement du régime du président islamo-conservateur Recep
Tayyip Erdogan pèsent lourdement.
"C'est un pays où il devient difficile de vivre, surtout pour le monde
de l'art qui a besoin de liberté d'expression", souligne M. Kortun,
ex-directeur de musée à New York et infatigable promoteur des échanges
entre artistes turcs et étrangers.
SALT, avec son cinéma, sa riche médiathèque et ses ateliers offre "une
bouffée d'oxygène", de l'avis de plusieurs étudiants qui décrivent "une
montée de l'intolérance", notamment de la part des partisans du pouvoir.
Les artistes contemporains interrogés par l'AFP et Vasif Kortun sont
toutefois unanimes à se réjouir de l'échec du coup d'Etat contre M.
Erdogan le 15 juillet.
"Je ne veux jamais plus de putsch dans ce pays!", lance Pinar Ögrenci,
une artiste visuelle et écrivain qui a vu les conséquences "dangereuses
et nocives" du coup d'Etat de 1980.
Vasif Kortun dénonce aussi le caractère "dangereux" du mouvement de
Fethullah Gülen, le prédicateur en exil qu'Ankara accuse d'avoir ourdi
le coup.
- Pressions -
Mais les purges massives en cours --plus de 10.000 personnes en
détention préventive dont des journalistes-- font craindre aux artistes
un climat devenu très oppressant depuis la reprise de la guerre avec la
rébellion du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) en juillet 2015.
Un jour, un policier en civil est apparu dans une projection pour
s'indigner qu'un film sur les Kurdes soit montré. "Ce n'est pas
interdit", lui a répondu M. Kortun. Le soir, il fut mis en garde par
téléphone: "si vous montrez encore ce genre de choses, vous aurez des
problèmes".
En janvier, plus de 1.200 intellectuels et artistes avaient signé une
"pétition pour la paix" dénonçant des violences de l'armée dans ses
opérations contre les Kurdes.
Accusés de "trahison" par le président Erdogan, nombre d'entre eux sont
poursuivis et ont perdu leur poste de professeur. "Notre espace
d'expression est de plus en plus étroit", confie à l'AFP, une des
artistes poursuivies sous couvert d'anonymat.
Les manifestations pour défendre le parc de Gezi à Istanbul avaient
pourtant fait naître un espoir en réunissant des milliers de gens épris
d'environnement, d'économie solidaire et de bonne gouvernance avant que
le pouvoir ne réprime violemment le mouvement.
"Penser que tout s'est soudainement dégradé après ce putsch raté est
erroné, la Turquie avait déjà de sérieux problèmes de liberté
d'expression avant, elle emprisonnait des journalistes, des défenseurs
des droits de l'Homme", remarque le dessinateur Nazim Dikbas qui a
également traduit Orhan Pamuk en anglais et Nabokov en turc.
- Imaginer des fables -
Même si l'Etat ne finance quasiment pas l'art contemporain, ces artistes vivent
"dans l'incertitude", mais ne veulent pas lâcher prise.
SALT imagine de fonctionner sur "le modèle du monastère", en retrait
pour développer de nouvelles idées dans une société devenue plus
agressive.
"Nous avons survécu dans des circonstances pires", remarque une artiste
qui plaide pour continuer les collectifs créés pour organiser débats,
commerce équitable et expositions.
C'est l'Istanbul éclipsée par les images de putsch et d'attentats,
celle des disquaires et des galeries du quartier de Beyoglu, des murs
couverts de graf art, des terrasses où l'on se presse autour d'une
bière, sous des lampions colorés.
"Ne nous plaignons pas, créons!", lance Nazim Dikbas.
"Des oeuvres d'art qui pourraient sembler sans lien avec ce que nous
vivons (...) apporteront du positif au lieu de la peur, de la
stagnation et de la division" ajoute-t-il.
Pinar Ögrenci plaide pour de nouvelles formes d'expression. "L'art turc
envoie des messages tellement directs. Nous devons utiliser des
métaphores. Peut-être doit-on inventer des fables, ils ne peuvent pas
accuser une fable". (AFP, 3 août
2016)
Media Faces Mounting Pressure,
Resistance Strikes Back
The arrests of forensic science expert Prof. Dr. Şebnem Korur Fincancı,
journalist-writer Ahmet Nesin and bianet rapporteur and Reporters
Without Borders (RSF) Turkey Representative Erol Önderoğlu three months
after the release of Cumhuriyet daily’s Editor-in-Chief Can Dündar and
its Ankara Representative Erdem Gül has coincided with Turkey’s
relations with the European Union (EU), Israel and Russia reviving
ahead of opening of Chapter 33 of Turkey’s EU Accession Process
concerning “Financial and Budgetary Provisions”.
Turkey has returned the “Progress Report” which has laid emphasis on
the principles of the state of law and democratic values back to
Brussels and has kept distance from the recommendations of the Venice
Commission.
In the wake of these developments, Turkey has entered a period in which
opposition MPs whose parliamentary immunities have been lifted,
journalists and rights defenders had to live in an environment facing a
continuous threat of getting arrested.
BİA Media Monitoring Report 2016 April - May - June demonstrates that
journalists have performed their duties under the threat of conviction
to life-time imprisonment twice and 2,679 years and 10 months in prison
in total. The data shows that 7 individuals 5 of whom were
journalists
have been sentenced to 3 years, 8 months and 4 days in prison with a 2
year-and-11-months reprieve and to a punitive fine of 150 euro on
charges of “defaming the President” alone.
The report shows that the year on year figures of attacked journalists
has risen from 20 to 28, detentions from 30 to 33 and arrested
journalists from 23 to 32.
Headlines from Media Monitoring Report
BİA Media Monitoring Report includes the chapters “Killed Journalists”,
“Imprisoned Journalists”, “Assaults, Threats and Blockings”,
“Investigations, On-going Trials, Verdicts”, “Defamation, Personal
Rights and Claims for Damages”, “Bans, Closures and Pull-offs”,
“Constitutional Court”, “European Court of Human Rights (ECtHR)”,
”Radio and Television Supreme Council (RTÜK)” and “Supreme Election
Board (YSK)”.
During these three months, the lawsuits brought against journalists on
grounds of both the Turkish Penal Code (TCK) and
Anti-Terror Law
(TMK) have increasingly continued. The charges pressed against
journalists, distributors and media outlet workers in these trials were
“being a member of an armed organization”, “aiding an [illegal]
organization” as well as “forming, conducting and controlling an
[illegal] organization”.
Journalists in prison mostly from Kurdish media
32 journalists and 10 distributors have entered July 2016 in prison. 22
of these journalists and distributors are all from the Kurdish media
and are charged with being affiliated with an [illegal] organization in
Anti-Terror Law and the Turkish Penal Code.
In the same period of the last year (2015), 23 journalists and 9
distributors were in prison; 13 of the journalists and all of the
distributors were from the Kurdish Media.
23 of these 32 journalists in prison have stood trial for being a
member of “Group of Communities in Kurdistan (KCK)”, “Kurdistan
Workers’ Party (PKK)” and “Democratic Patriotic Youth (DYG)”, 2 others
for being a member of “Marxist-Leninist Communist Party (MLKP)”, 1 for
being a member of “Fethullahist Terrorist Organization (FETÖ) /
Parallel State Organization (PDY)”, 1 for being a member of
“Revolutionary Peoples’ Liberation Party-Front (DHKP-C)”, 1 for being a
member of “Resistance Movement”, another one for being a member of
“Turkey Communist Labour Party/Leninist (TKEP/L)”, 1 journalists for
“spying” and another one for “providing/destroying classified
information”. 1 journalist has been put on trial for being a member of
“Ergenekon Organization Mersin Arm, Turkish Revenge Union Organization
and the Inner Organization” at the same time.
16 of the above mentioned 32 journalists in prison are convicted, 1 of
them is in prison waiting for the decision of Supreme Court of Appeal,
4 others are still being tried and the other 11 are under
investigation.
6 of the 11 journalists under investigation are being probed on
suspicion of “being a member of an [illegal] organization, 1 journalist
of “propagandizing for the [illegal] organization”, 1 other for “aiding
an [illegal] organization”, 2 others both of “being a member of
and
propagandizing for the [illegal] organization” and another one of both
“providing confidential documents and spying”. (Full
text)
Kurdish
Question / Question kurde
La Turquie redemande le retrait des kurdes, sans confirmer de trêve
La Turquie a redemandé mardi un retrait des combattants kurdes à l'est
de l'Euphrate, ne confirmant pas l'annonce par les Etats-Unis d'un
accord entre forces turques et milices kurdes sur un arrêt des
hostilités dans le nord de la Syrie.
Ankara a par ailleurs rejeté comme "inacceptables" les vives critiques
formulées la veille par les Etats-Unis sur les affrontements entre les
forces turques et les combattants kurdes.
"Notre allié, les Etats-Unis, nous a affirmé avant le début de
l'opération pour chasser Daech (acronyme arabe de l'EI) de Minbej, que
les éléments du PYD/YPG (ndlr: Parti de l'Union démocratique/Unités de
protection du peuple) ne resteront pas à l'ouest de l'Euphrate et nous
attendons que cet engagement soit respecté le plus tôt possible", a
indiqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué en
soirée.
Une alliance arabo-kurde constituée notamment des YPG, le bras armé du
PYD kurde, a repris début août au groupe Etat islamique (EI) la
localité stratégique de Minbej, dans le nord de la Syrie.
Le ministère n'a pas confirmé que la Turquie et les Forces
démocratiques syriennes (coalition arabo-kurde dominée par les milices
kurdes) avaient accepté d'arrêter les hostilités, comme l'avait affirmé
quelques heures plus tôt un porte-parole du Centcom, le commandement
militaire américain au Moyen-Orient.
"Les Turcs et les Forces démocratiques syriennes ont ouvert des canaux
de discussion avec nous et entre eux dans le but de limiter les
hostilités", a déclaré le colonel Thomas, évoquant un accord de
principe pour les deux prochains jours.
"Les commentaires d'un responsable américain sur les capacités et les
cibles de l'opération +Bouclier de l'Euphrate+ sont inacceptables", a
ajouté le ministère turc des Affaires étrangères au sujet de
l'opération lancée par les forces turques dans le nord de la Syrie le
24 août.
Lundi, l'émissaire présidentiel américain auprès de la coalition
internationale antijihadiste, Brett McGurk, avait qualifié les
affrontements entre la Turquie et les forces arabo-kurdes
d'"inacceptables", appelant toutes les parties à "cesser" les combats.
L'offensive militaire sans précédent lancée par la Turquie dans le nord
de la Syrie vise officiellement aussi bien l'EI que les combattants
kurdes des YPG, alliées de Washington dans la lutte contre les
jihadistes.
De leur côté, les Etats-Unis cherchent à éviter un embrasement des
combats entre deux de leurs alliés cruciaux dans le combat contre l'EI.
Mardi, trois soldats turcs ont été blessés dans des tirs de roquettes
contre leur char à Jarablos, a rapporté la télévision turque NTV.
La Turquie, en conflit avec les Kurdes sur son propre territoire, veut
empêcher les Kurdes syriens de former une ceinture continue le long de
sa frontière avec la Syrie voisine.
Ankara considère les YPG et le PYD comme des organisations
"terroristes", bien qu'elles soient épaulées par Washington, allié
traditionnel de la Turquie. (AFP, 30 août
2016)
L'armée turque a intensifié son offensive contre les Kurdes en Syrie
L'armée turque a intensifié son offensive dans le nord de la Syrie où
elle combat les jihadistes et des milices kurdes, tuant des dizaines de
personnes dans des bombardements.
L'armée turque, qui s'est enfoncée plus en profondeur en territoire
syrien pendant le week-end, a annoncé dimanche avoir tué "25
terroristes", un terme qui s'applique aux combattants kurdes ou alliés
à ces derniers.
Mais l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une ONG qui
s'appuie sur un large réseau de sources en Syrie, a signalé la mort
d'au moins 40 civils dans des bombardements turcs.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé vouloir lutter avec
"la même détermination" contre les forces kurdes et le groupe Etat
islamique (EI), lors d'un discours dimanche à Gaziantep, une ville du
sud-est de la Turquie endeuillée par un attentat qui a fait 55 morts
pendant un mariage.
"Nous n'accepterons aucune activité terroriste à, ou près de, nos frontières", a-t-il mis en garde.
La veille, Ankara avait annoncé sa première perte militaire connue
depuis le début de l'opération "Bouclier de l'Euphrate", à laquelle
participent une cinquantaine de chars et des centaines de soldats turcs
entrés en Syrie depuis mercredi.
- 'Civils' ou 'terroristes' tués ? -
Le week-end a été marqué par de violents affrontements entre les
militaires turcs et les combattants kurdes ou soutenus par eux, pris
sous le feu nourri de l'artillerie et des avions d'Ankara.
L'armée turque a fait état dimanche de la mort de "25 membres
terroristes" du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et du Parti
de l'Union démocratique (PYD) --le principal parti kurde de Syrie--
près de Jarablos.
"Toutes les mesures ont été prises pour empêcher que les populations
civiles ne soient touchées", a-t-elle insisté, citée par l'agence de
presse progouvernementale Anadolu.
Les bombardements turcs, qui se concentrent sur la zone au sud de
Jarablos, ont provoqué dimanche la mort d'"au moins 20 civils" dans le
village de Jeb el-Koussa et de 20 autres près du village d'al-Amarné, a
de son côté déclaré à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.
Les bombardements ont aussi fait plus de 70 blessés.
Il s'agit, selon l'OSDH, des premiers civils tués depuis le début de l'offensive turque mercredi.
Dans un communiqué, les Kurdes ont accusé Ankara de "vouloir élargir son occupation pour parvenir à d'autres régions syriennes".
Samedi, des affrontements avaient éclaté pour la première fois au sol,
entre des chars turcs et des combattants kurdes ou soutenus par ces
derniers à al-Amarné.
Le corps du premier soldat turc tué depuis le début de l'offensive a
été rapatrié dimanche dans sa province natale de Düzce (nord-ouest)
pour y être inhumé.
- Incertitude à Alep -
Le conflit syrien, qui a fait plus de 290.000 morts depuis son début en
mars 2011, a encore gagné en complexité avec l'intervention turque.
Ainsi, Ankara considère le PYD et sa branche armée, les YPG, comme des
organisations "terroristes", bien qu'elles soient épaulées, en tant que
forces combattant efficacement les jihadistes, par Washington, allié
traditionnel de la Turquie.
Sur un autre front, au moins trois personnes ont été tuées et 20
blessées dans des bombardements du régime syrien sur le quartier de
Waer de Homs (centre), selon l'OSDH.
A l'approche d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU mardi, le
chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault a appelé la Russie à
condamner le recours aux armes chimique par le régime syrien, soutenu
par Moscou.
L'incertitude régnait autour d'une proposition de cessez-le-feu
humanitaire de 48 heures à Alep, la deuxième ville de Syrie. L'envoyé
spécial des Nations unies Staffan de Mistura avait exhorté samedi les
belligérants à donner leur réponse avant dimanche.
L'ancienne capitale économique est menacée d'"une catastrophe
humanitaire sans précédent" depuis le début de la guerre, a récemment
averti l'ONU.
Quelque 1,5 million de personnes y sont prises au piège depuis
l'intensification des combats à la mi-juillet entre rebelles et forces
gouvernementales syriennes. (AFP, 29 août
2016)
La Turquie bombarde les combattants kurdes dans le nord de la Syrie
L'artillerie turque a bombardé des combattants kurdes dans le nord de
la Syrie, où Ankara mène une opération militaire d'envergure, accusant
ceux-ci de ne pas respecter un accord passé avec les Etats-Unis sur
leur retrait.
Plus tôt, jeudi, la Turquie avait envoyé un nouveau convoi de blindés
en territoire syrien, au lendemain d'une offensive éclair des rebelles
syriens qu'elle a soutenue et qui a permis de reprendre au groupe Etat
islamique (EI) la localité de Jarablos, près de la frontière.
Avec cette opération, la Turquie cherche aussi à stopper l'expansion
kurde à sa frontière, alors que le Parti de l'Union démocratique (PYD),
principale milice kurde de Syrie, qui bénéficie du soutien militaire
américain, élargit ses territoires.
Les forces turques ont ouvert le feu sur les hommes du PYD à partir de
18H00 (15H00 GMT) jeudi, après que les services de renseignement ont
remarqué qu'ils progressaient sur le terrain en dépit d'une promesse
des Etats-Unis selon laquelle ils allaient reculer, selon l'agence de
presse progouvernementale Anadolu.
Cette dernière a ajouté, citant des sources sécuritaires, que
l'intervention turque contre les combattants du PYD se poursuivrait
tant qu'ils n'auraient pas entamé leur retrait. Selon Anadolu, le PYD a
repris sept villages depuis mercredi, à la faveur du retrait de l'EI.
Le quotidien turc Hürriyet a indiqué que des drones turcs avaient
détecté les éléments du PYD à 10 km au nord de la ville de Minbej. Les
obusiers turcs sont ensuite entrés en action depuis la Turquie,
"éliminant" le groupe de combattants.
L'opération, baptisée "Bouclier de l'Euphrate", est la plus ambitieuse
menée par Ankara en Syrie depuis le déclenchement du conflit qui a fait
plus de 290.000 morts depuis cinq ans.
Le chef de la diplomatie américaine John Kerry est arrivé jeudi soir à
Genève, où il doit s'entretenir vendredi avec son homologue russe
Sergueï Lavrov pour tenter de trouver un accord de sortie de crise sur
la guerre en Syrie.
Par cette opération militaire, qui a permis d'enlever en quelques
heures Jarablos aux jihadistes, Ankara répond d'abord à l'attentat
qu'il a attribué à l'EI qui a tué 54 civils à Gaziantep (sud-est)
samedi dernier.
L'autre grand objectif déclaré de l'opération est de mettre un terme à
l'avancée de milice kurde. "Nous allons faire en sorte que le PYD ne
remplace pas Daech (acronyme arabe de l'EI) dans cette zone", a dit
jeudi le ministre turc de la Défense Fikri Isik.
La Turquie, en conflit avec les Kurdes sur son propre territoire, est
farouchement hostile à l'idée que les Kurdes syriens forment une
ceinture continue le long de sa frontière.
Pour le régime turc, le PYD et son aile militaire, les YPG, sont des
organisations "terroristes", au même titre que le PKK (Parti des
travailleurs du Kurdistan), mouvement armé actif depuis 1984 sur le sol
turc.
Le vice-président américain Joe Biden, qui s'est entretenu avec les
dirigeants turcs mercredi à Ankara, a mis en garde les Kurdes de ne pas
franchir l'Euphrate, comme le réclame la Turquie.
Jeudi, à Stockholm, M. Biden a estimé que "les Turcs (étaient) prêts à
rester aussi longtemps qu'il le faudra (en Syrie) dans l'objectif de
neutraliser l'EI", saluant "le changement graduel de mentalité"
d'Ankara à l'égard du mouvement jihadiste.
Il avait indiqué à Ankara que Washington avait clairement demandé aux YPG de ne pas aller à l'ouest de l'Euphrate.
Jeudi, M. Kerry a indiqué au téléphone à son homologue turc Mevlüt
Cavusoglu que "les forces YPG/PYD sont en train de se replier vers
l'est de l'Euphrate", selon un communiqué des services du ministre turc.
Le ministre turc de la Défense a pour sa part exigé que ce repli se
termine rapidement et a averti, à défaut, que "la Turquie a tous les
droits d'intervenir".
Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Office syrien des droits de l'Homme
(OSDH) a de son côté affirmé qu'"il y a eu une petite partie des FDS
(alliance de Kurdes et d'Arabes) qui s'est retirée à l'est de
l'Euphrate", mais que "le gros de ces forces est encore à l'ouest". (AFP, 25 août
2016)
L'intervention turque, ultime tentative pour éviter un "Kurdistan syrien"
L'intervention de la Turquie en Syrie, avec comme couverture des
rebelles qui lui sont acquis, vise à éviter que son cauchemar ne
devienne réalité: la création d'un "Kurdistan autonome syrien",
estiment des experts.
Cependant, Ankara va avoir du mal à freiner les ambitions territoriales
kurdes à moins d'entrer directement en conflit avec eux, notamment pour
les empêcher de s'emparer de la ville stratégique d'al-Bab, tenue
actuellement par les jihadistes du groupe Etat islamique (EI).
"La question kurde est désormais en tête des priorités du (président
Recep Tayyip) Erdogan en Syrie, car les factions kurdes liées au PKK
(Parti des travailleurs du Kurdistan) se sont emparées de vastes
territoires dans le nord", résume Aron Lund, du Centre Carnegie
Endowment for International Peace.
"Et la perspective d'un mini-Etat du PKK, financé par le pétrole et
appuyé par les Etats-Unis, à sa frontière sud est un cauchemar pour
Ankara", ajoute-t-il.
Profitant de la guerre, les Kurdes de Syrie, qui représentent 15% de la
population, ont auto-proclamé en mars une "région fédérale" composée de
trois "cantons". Ils contrôlent désormais 18% du pays, un territoire où
vivent quelque deux millions de personnes, dont 60% de Kurdes.
Selon Aron Lund, c'est la prise de Minbej à l'EI fin juin, et surtout
la volonté affichée des Kurdes d'avancer vers l'ouest et la ville de
Jarablos qui a précipité l'intervention turque, car les Etats-Unis
avaient promis à Ankara d'empêcher les Forces démocratiques kurdes
(FDS, une coalition largement dominée par les Kurdes) de traverser
l'Euphrate vers la province d'Alep.
La "Turquie a tous les droits d'intervenir" si les forces kurdes ne se
retirent pas rapidement à l'est de l'Euphrate, plus loin de la
frontière turque, a déclaré jeudi le ministre turc de la Défense Fikri
Isik.
- Neutralité bienveillante d'Assad -
"Il est clair que la prise de Minbej par les FDS a profondément irrité
Ankara et, depuis, la Turquie agit pour contrer cette avancée", estime
aussi Mutlu Civiroglu, expert des affaires kurdes basé à Washington.
"Les FDS se préparent à aller prendre al-Bab, une localité qui est
cruciale pour relier les cantons de Kobané et d'Afrine. Ankara pense
qu'empêcher les FDS d'atteindre Afrine est très important pour ses
intérêts. C'est dans ce contexte qu'il faut voir son intrusion à
Jarablos", selon lui.
Kobané, au centre, et Afrine, à l'ouest, sont distants de 200 km. En
prenant le 23 juin Minbej, les miliciens kurdes ont fait un pas
important dans la concrétisation d'une large région autonome dans le
nord de la Syrie qui passe désormais par la prise d'al Bab, sauf si les
Turcs les en empêchent.
"Selon moi, les Kurdes vont persévérer dans leur rêve et ils ne vont pas se laisser faire", assure M. Civiroglu.
Un porte-parole des Unités de protection du peuple kurde (YPG), Redur
Xelil, affirme ainsi à l'AFP que "les YPG sont des Syriens et que, de
ce fait, les Turcs ne peuvent pas imposer des restrictions aux
mouvements des Syriens sur leur terre".
Dans cette opération, les Turcs savent qu'ils peuvent compter sur une
neutralité bienveillante du régime de Bachar al-Assad, malgré leurs
autres désaccords sur la guerre.
"Le gouvernement turc s'est lancé dans l'opération de Jarablos en
sachant qu'Assad se contenterait d'une condamnation symbolique, car les
deux pays considèrent les Kurdes comme une menace", relève M.
Civiroglu. "C'est pourquoi ils pensent qu'une actions urgente est
nécessaire pour bloquer les gains des Kurdes et les empêcher de créer
leur fédération".
Cependant, estime Fabrice Balanche, géographe français expert de la
Syrie, "bloquer l'avancée des Kurdes ne va pas être facile. Pour
l'instant la prise de Jarablos n'empêche pas la jonction des deux
cantons kurdes, sauf si la Turquie envoie ses chars plus au sud, vers
al-Bab".
Mais cet expert "doute que la Russie laisse faire". "Il y a
probablement eu un accord Russie-Turquie pour une intervention de 15 km
au maximum à l'intérieur de la Syrie, mais pas plus", selon lui. Or
al-Bab est située à une trentaine de kilomètres de la frontière.
"Les Kurdes pourront toujours connecter Afrine et Minbej par un petit
corridor, lequel pourra être coupé quand bon semblera par Assad-Poutine
si les Kurdes ne sont pas sages", avertit M. Balanche. (AFP, 25 août
2016)
L'armée turque lance une opération en Syrie, contre qui?
L'armée turque, soutenue par les forces de la
coalition internationale antijihadiste, a lancé avant l'aube une
opération, "Bouclier de l'Euphrate", avec des avions de combat et ses
forces spéciales. Une dizaine de chars turcs sont
entrés en territoire syrien, a constaté mercredi matin un photographe de l'AFP.
Alors que des centaines de rebelles syriens soutenus
par Ankara se préparaient du côté turc à une offensive pour capturer
Jarablos mardi, un responsable turc avait indiqué que cette opération
était motivée par la volonté d'Ankara d'empêcher la prise de contrôle
par les milices kurdes de cette localité.
La Turquie est soucieuse en effet d'empêcher l'avancée des Forces
démocratiques syriennes (FDS) de Minbej vers Jarablos et ne veut pas
que les Kurdes se positionnent davantage à la frontière. Les FDS sont
une alliance de combattants kurdes et de groupes armés arabes luttant
contre l'EI.
Ankara voit avec anxiété toute tentative des Kurdes de Syrie de créer une unité territoriale autonome le long de sa frontière.
La Turquie considère l'EI et le Parti de l'Union démocratique (PYD,
kurde) comme des organisations terroristes et les combat alors que son
allié américain soutient, au grand dam d'Ankara, les Kurdes contre les
jihadistes en Syrie.
"Depuis 04H00 (01H00 GMT), nos forces ont lancé une
opération contre les groupes terroristes de Daech (acronyme arabe de
l'EI) et du PYD (Parti de l'Union démocratique, kurde)", a déclaré M.
Erdogan dans un discours à Ankara.
Elle intervient alors que le vice-président américain Joe Biden est
attendu dans la matinée à Ankara où il doit rencontrer le Premier
ministre Binali Yildirim, puis le président Recep Tayyip Erdogan pour
des entretiens notamment sur la crise syrienne.
"Les forces armées turques et les forces aériennes de la coalition
internationale ont lancé une opération militaire visant à nettoyer le
district de Jarablos de la province d'Alep de l'organisation terroriste
Daech", l'acronyme arabe de l'EI, a annoncé un communiqué officiel du
Bureau du Premier ministre turc.
La télévision NTV a indiqué qu'un petit nombre de membres des forces
spéciales turques étaient entrés quelques kilomètres à l'intérieur du
territoire de la Syrie pour sécuriser la zone avant une possible
incursion qui serait imminente. Elle a montré des mouvements de chars
vers la frontière.
Des F-16 turcs et des avions de la coalition ont largué des bombes sur
des sites jihadistes à Jarablos, pour la première fois depuis la
destruction en novembre 2015 par la chasse turque d'un avion de combat
russe au-dessus de la frontière turco-syrienne, a ajouté la télévision.
L'agence de presse progouvernementale Anadolu a précisé que sur 12
cibles visées par les chasseurs, 11 avaient été détruites tandis que
des sources militaires indiquaient à la télévision que 70 cibles
avaient été éliminées par l'artillerie.
Des images de la télévision montraient des colonnes de fumée s'élevant
au-dessus de Jarablos, le dernier point de passage contrôlé par l'EI à
la frontière turco-syrienne. La Turquie avait ordonné mardi soir aux
habitants de Karkamis, qui fait face à Jarablos, d'évacuer pour "des
raisons de sécurité" la petite ville turque.
Anadolu a précisé que l'opération avait commencé à 04H00 locales (01H00
GMT) et avait pour but, outre de chasser l'EI, de "renforcer la
sécurité de la frontière et de préserver l'intégrité territoriale de la
Syrie". (Avec AFP, 24 août 2016)
Reprise d'une violente campagne attribuée au PKK, 14 morts
Après quelques semaines de calme relatif à la suite du putsch manqué en
Turquie, une nouvelle campagne d'attentats meurtriers imputée à la
guérilla kurde a repris, touchant, pour la première fois, des régions
où la population n'est pas majoritairement kurde.
En quelques heures, trois attaques attribuées par Ankara au Parti des
Travailleurs du Kurdistan (PKK) ont fait au moins 14 morts et plus de
200 blessés dans l'est et le sud-est du pays.
Au début du mois, le commandant du PKK Cemil Bayik avait menacé
d'intensifier les attaques contre la police "dans toutes les villes de
Turquie" et non pas seulement dans le sud-est à majorité kurde, théâtre
habituel des violences.
"Le PKK veut profiter de l'actuelle atmosphère en Turquie. Toute
organisation terroriste aime profiter des crises", a souligné auprès de
l'AFP une source proche du gouvernement, en référence au coup d'Etat
raté qui a ébranlé quelques heures le pouvoir du président Recep Tayyip
Erdogan le 15 juillet.
Ce dernier a donné un nouveau bilan de cinq morts pour l'attentat à la
voiture piégée survenu jeudi à Elazig (est), assurant que la Turquie ne
baisserait jamais les bras contre le PKK.
Auaparavant le Premier ministre turc Binali Yildirim qui s'est rendu
dans ce bastion nationaliste turc jusqu'à présent épargné par les
ravages du conflit kurde avait fourni un bilan de trois policiers tués
et 145 autres personnes blessées (85 policiers et 60 civils).
M. Yildririm a pointé du doigt le PKK. "Il n'y a aucun doute qu'il
s'agit de l'oeuvre de l'organisation terroriste (...) Aucun mouvement
terroriste ne peut faire céder le peuple turc", a-t-il martelé devant
la presse.
L'attaque a visé le siège de la police de cette province non kurde de
l'est de la Turquie. Elle a provoqué des dégâts considérables dans le
bâtiment de quatre étages.
"Nous n'avions jamais eu une telle attaque" à Elazig, a déclaré sur
CNN-Türk Omer Serdar, député de cette province du parti
islamo-conservateur au pouvoir AKP (Parti de la justice et du
développement).
- Déstabiliser la Turquie -
Quelques heures plus tard un convoi militaire a été visé à Bitlis
(sud-est) par des rebelles du PKK, selon la presse, qui ont fait
exploser un engin à son passage, tuant cinq soldats et un "gardien de
village", la milice kurde anti-PKK. Sept soldats ont été blessés.
Et dans la nuit de mercredi à jeudi, trois personnes, deux civils et un
policier, avaient été tuées et 73 blessées à Van (est) dans un attentat
à la voiture piégée également attribué au PKK.
Une vidéo tournée au moment de l'explosion montre une boule de feu
soufflant les vitres d'un salon de réception où des invités dansent sur
des airs folkloriques lors d'un mariage, avant de se mettre à hurler,
pris de panique.
Van est une grande ville à population mixte kurde et turque et une destination touristique populaire, proche de l'Iran.
Elle avait aussi été relativement épargnée par les violences qui
perdurent depuis 1984 et qui ont coûté la vie à plus de 40.000
personnes.
Amnesty International a dénoncé les attentats: "Les responsables de ces
crimes montrent un mépris pour le droit à la vie et doivent être
traduits en justice", a estimé l'ONG dans un communiqué.
Lundi, cinq policiers et trois civils avaient été tués par un attentat
à la voiture piégée imputé au PKK contre un poste de police sur une
autoroute de Van.
Les forces de sécurité subissent des attaques quasi-quotidiennes du PKK
depuis qu'un cessez-le-feu entre les rebelles kurdes et les forces
gouvernementales a pris fin pendant l'été 2015. Des centaines de
policiers et de militaires ont été tués.
Dans la foulée de la purge lancée par les autorités turques contre les
sympathisants de l'ex-imam Fethullah Gülen, accusé d'être l'instigateur
du putsch avorté, des milliers de policiers et de soldats ont été
limogés ou placés en détention, faisant craindre un affaiblissement des
moyens de l'Etat pour combattre le PKK.
Jeudi M. Erdogan a réaffirmé que le PKK et la FETO, l'acronyme utilisée
par Ankara pour désigner le réseau Gülen, s'étaient ligués pour
déstabiliser la Turquie. "Après la FETO, c'est le PKK qui a pris le
relais pour les violences". (AFP, 18 août
2016)
Six morts dans un attentat près de Diyarbakir
Quatre policiers turcs et deux civils, dont un enfant, ont été tués
lundi dans un attentat à la voiture piégée près de Diyarbakir
(sud-est), attribué à la rébellion du Parti des travailleurs du
Kurdistan (PKK), a annoncé le gouvernement.
L'attaque a visé un poste de contrôle de police sur l'autoroute reliant
Diyarbakir à Batman et a fait six morts, a déclaré aux journalistes à
Ankara le vice-Premier ministre Numan Kurtulmus.
Le bureau du gouverneur local avait auparavant indiqué dans un
communiqué que 25 personnes avaient été blessés dont cinq policiers.
Un photographe de l'AFP sur place a vu le bâtiment de police réduit en
un tas de décombres et des secouristes fouillant les débris munis de
pelles pour extraire les cadavres.
Des riverains inspectaient également l'immense cratère où le sol a été soufflé.
Cet attentat intervient cinq jours après deux attaques simultanées à la
bombe dans le sud-est de la Turquie attribuées au PKK, qui ont fait au
moins huit morts, en majorité des civils.
Le PKK a poursuivi ses attaques depuis le coup d'Etat raté du 15
juillet contre le président Recep Tayyip Erdogan, et le gouvernement a
promis qu'il n'y aurait pas de répit dans la lutte contre ces rebelles.
Ces derniers mois, le gouvernement a mené des opérations militaires
contre le PKK pour déloger les combattants kurdes des zones urbaines.
Le conflit, qui a repris l'été dernier après deux ans et demi de trêve,
a fait plus de 40.000 morts depuis le début de la rébellion kurde, en
1984. (AFP, 15 août
2016)
Night Raid on HDP Provincial, District Buildings
At 3 a.m. last night, a special forces police raid was carried out on
the People’s Democratic Party (HDP) İstanbul District Organization
building in Tarlabaşı, Beyoğlu.
The operation was carried out by teams from the İstanbul Security Directorate’s Anti-Terrorism Office with helicopter support.
Before the raid, the head of the street where the HDP district office
is located was closed off by armored vehicles. The search was initiated
by breaking the front door of the building with a battering ram. After
searching the building until 8 a.m., the police left the building.
They didn’t touch the Encyclopedia of Ottoman History
There was major damage to every floor of the building. According to
Dicle News Agency’s report, HDP members who entered the building after
the raid were faced with racist slogans on the wall.
In the rooms, all the pictures hanging on the walls and all the books
on the bookshelf, except the Encyclopedia of Ottoman History, had been
thrown on the floor.
All of the hard disks were taken out of the computers and were seized by the police.
The glasses from the kitchen were broken, and sugar was scattered all
around. Materials collected for the purpose of solidarity with Nusaybin
were strewn about and the conference room chairs were broken.
Raids also launched on buildings in 10 districts
Dozens of HDP District Organizations were raided in Beyoğlu, Esenyurt,
Sultangazi, Bahçelievler, Bağcılar, Avcılar, Arnavutköy, Başakşehir,
Esenler ve Gaziosmanpaşa. In these raids at least 15 people were
detained it was learned.
Those detained were taken to the İstanbul Security Directorate office
on Vatan Street after being inspected at the Haseki Training and
Research Hospital.
HDP District Co-Chair: This isn’t a search, it’s a raid
After the police left, HDP İstanbul District Co-Chair Doğan Erbaş gave
his reaction to the raid. “This isn’t a search, it’s a raid. Everything
has its procedure. There is no procedure left in these things.The goal
was to give a threat”.
Reacting to the news from the mainstream media that wrote
“Walkie-talkie and Jammer Found,” Erbaş said “This is complete slander.
When the raid was being carried out, none of us were there. They
searched however they desired all alone in our building. Their aim was
to terrorize”.
(BIA, August 12, 2016)
Up to 5 Years in Prison Demanded for HDP Officials
A bill of indictment has been drawn up demanding up to five years in
prison for Peoples’ Democratic Party (HDP) Co-Chair Selahattin Demirtaş
and its Ankara MP Sırrı Süreyya Önder on charges of “propagandizing for
a terrorist organization”.
The summary of proceedings drawn up against Demirtaş and Önder on
charges of “propagandizing for a terrorist organization” with regards
to their speeches at a rally in Zeytinburnu on March 17, 2013 has been
submitted to the Bakırköy Chief Public Prosecutor’s Office.
According to information from the state-run Anadolu Agency (AA), the
bill of indictment has been prepared by Bakırköy Vice Chief Public
Prosecutor Kadir Yılmaz.
The indictment also reported that the suspects have neither shown up to
give testimony despite the invitation to submit evidence and submit
defenses for their actions nor has the prosecution received any
written plea.
The bill of indictment submitted to Bakırköy 2nd High Criminal Court is
still being examined and up to 5 years of prison is being demanded for
Demirtaş and Önder.
Demirtaş had announced that they would not give testimony
93 files about HDP Co-Chair Selahattin Demirtaş have been submitted to
Ankara Chief Prosecution demanding two terms of lifetime in prison and
486 years in prison in total after the regulation on the lifting of MP
parliamentary immunities has entered into force.
Demirtaş had already stated that they would not accept the invitation
by the prosecution and that they could only be taken to give testimony
by police force.
(BIA, August 12, 2016)
Huit morts dans deux attaques dans le Sud-Est attribuées au PKK
Au moins huit personnes, sept civils et un policier, ont été tuées dans
deux attaques simultanées à la bombe mercredi soir dans le sud-est de
la Turquie attribuées à l'insurrection du Parti des travailleurs du
Kurdistan (PKK), a annoncé un responsable de la sécurité.
L'explosion d'une voiture piégée a fait cinq morts dans le centre de la
ville de Diyarbakir, selon cette source. Par ailleurs 12 personnes dont
5 policiers ont été blessées dans cette attaque, a annoncé le
gouvernorat de Diyarbakir, chef-lieu du sud-est à majorité kurde. Un
précédent bilan de cette attaque faisait état de 4 morts et 13 blessés.
Une autre explosion quasi-simultanée a tué trois civils dans la
localité de Kiziltepe, au sud de la ville de Mardin, a indiqué le
responsable de la sécurité, requérant l'anonymat.
Elle a par ailleurs fait 25 blessés, selon la télévision NTV. Les
images diffusées par les télévisions ont montré d'importants dégâts
subis par les bâtiments environnants et les véhicules stationnés à
proximité.
Les deux attanques à la bombe ont eu lieu lors du passage de véhicules de police, selon l'agence de presse Dogan.
La journée de mercredi a été particulièrement meurtrière dans le Sud-Est à population majoritairement kurde
Cinq soldats turcs avaient été tués et huit autres blessés dans un
attentat à la bombe en matinée attribué lui aussi à la rébellion du
PKK, selon une source de sécurité locale.
Un engin artisanal a été actionné à distance au passage d'un convoi
militaire à Uludere, à proximité de la frontière irakienne, a-t-on
indiqué de même source.
Les attaques contre l'armée se sont multipliées depuis la fin, en
juillet 2015, du cessez-le-feu, qui avait tenu pendant près de deux ans
et demi dans le sud-est de la Turquie.
Ces attaques ont fait depuis lors des centaines de morts du côté des
forces de sécurité, ainsi que du côté des insurgés, et ont poussé de
nombreux habitants à fuir les lieux des combats, qui se sont déplacés
des campagnes vers les centres urbains.
Ces derniers mois, le gouvernement a mené des opérations militaires
contre le PKK pour déloger les combattants kurdes des zones urbaines.
Le conflit a fait plus de 40.000 morts depuis le début de la rébellion
kurde, en 1984. (AFP, 10 août
2016)
Cinq soldats tués, huit blessés dans une attaque du PKK
Cinq soldats turcs ont été tués et huit autres blessés mercredi dans le
sud-est de la Turquie dans un attentat à la bombe attribué à la
rébellion kurde du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), a annoncé
une source de sécurité locale.
Un engin artisanal a été actionné à distance au passage d'un convoi
militaire à Uludere, à proximité de la frontière irakienne, a-t-on
indiqué de même source.
Les attaques contre l'armée se sont multipliées depuis la fin, en
juillet 2015, du cessez-le-feu, qui avait tenu pendant près de deux ans
et demi dans le sud-est à majorité kurde. Ces attaques ont fait depuis
des centaines de morts du côté des forces de sécurité.
Ces derniers mois, le gouvernement a mené des opérations militaires
contre le PKK pour déloger les combattants kurdes des zones urbaines.
Selon des militants, des civils sont aussi touchés par la reprise du
conflit.
La hiérarchie de l'armée turque a été décimée par une purge massive
après le putsch avorté du 15 juillet dernier. Près de la moitié des
généraux ont été emprisonnés ou limogés, suscitant des inquiétudes sur
la coordination de la lutte menée contre les rebelles kurdes.
Depuis le début du soulèvement du PKK en 1984, près de 40.000 personnes
ont été tuées dans les combats. Le PKK est considéré comme une
organisation terroriste non seulement par la Turquie mais aussi par les
Etats-Unis et l'Union européenne.(AFP, 10 août
2016)
La coalition kurdo-arabe s'empare de Minbej, un fief de l'EI
Les forces coalisées kurdo-arabes se sont emparées samedi de Minbej, un
fief du groupe jihadiste Etat islamique (EI), un peu plus de deux mois
après avoir lancé leur offensive contre cette localité stratégique du
nord de la Syrie.
"Les forces démocratiques syriennes (FDS) contrôlent samedi Minbej et
ratissent le centre-ville à la recherche des derniers jihadistes encore
présents dans la ville" a affirmé l'Observatoire syrien des droits de
l'Homme (OSDH).
Les FDS avaient lancé le 31 mai une offensive visant à reprendre
Minbej, qui était alors le principal carrefour d'approvisionnement de
l'EI, de la frontière turque vers Raqa, sa capitale de facto en Syrie
située plus à l'est.
Avec l'appui aérien de la coalition internationale dirigée par les
Etats-Unis, les FDS avaient repris dans un premier temps plusieurs
localités et villages autour de Minbej puis étaient entrées le 23 juin
dans cette ville de la province d'Alep.
Depuis, ils y avaient cependant progressé lentement en raison des contre-attaques des jihadistes.
Déclenché par la répression de manifestations pacifiques en mars 2011,
le conflit en Syrie qui s'est complexifié avec l'intervention militaire
étrangère et la montée en puissance de jihadistes, a fait plus de
280.000 morts.
(AFP, 5 août
2016)
Les Kurdes de Syrie, du rêve d'autonomie à la dépendance économique
Longtemps marginalisés en Syrie, les Kurdes pensaient prendre leur
revanche en créant une région autonome prospère à la faveur de la
guerre mais ce rêve s'est estompé, leur proto-Etat devenant une île
étranglée économiquement.
Devenus incontournables pour Washington dans la lutte antijihadistes,
les forces kurdes ont conquis de nouveaux territoires dans la foulée du
conflit, proclamant en mars une région fédérale auto-administrée dans
le nord syrien.
Mais elles se sont attirées l'inimitié des forces en présence, en plus
de l'hostilité de la Turquie voisine et leur région riche en pétrole et
considérée comme le "grenier à blé" de la Syrie, s'est retrouvée
souvent coupée du monde, manquant de produits de première nécessité et
dépendant de l'aide de l'ONU.
Dans sa pharmacie de Qamichli, province de Hassaké (nord-est), Moustafa
Ebdi est affligé. "La majorité des médicaments manque", confie-t-il à
l'AFP, alors que des clients en cherchent désespérément sur les
étagères presque vides.
"Nos pharmacies sont vides. Nous n'avons pas d'anesthésiques pour les
opérations chirurgicales ou de médicaments contre le diabète",
ajoute-t-il.
"La situation économique est mauvaise car les régions kurdes sont
encerclées, au sud par les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) et
au nord par la Turquie", bête noire des Kurdes, note l'expert de la
Syrie Fabrice Balanche.
- Prix en flèche -
A l'est se trouve l'inconstant point de passage de Simalka, vers la
région semi-autonome du Kurdistan en Irak voisin, que les dirigeants
"ferment à leur gré", note le géographe français.
Car si les dirigeants kurdes partagent en principe le même idéal -un
État indépendant-, les relations sont tendues entre le Parti
démocratique du Kurdistan irakien (PDK) de Massoud Barzani et le Parti
de l'Union démocratique (PYD) en Syrie.
M. Barzani entretient des liens étroits avec la Turquie, qui considère
le PYD comme "terroriste" et a dénoncé l'annonce d'une région
semi-autonome kurde en Syrie dont l'objectif est de réunir les trois
cantons d'Afrine, Kobané et Jaziré. Ce dernier correspond à la province
de Hassaké.
Résultat: Simalka, la seule route commerciale reliant le réduit kurde vers l'extérieur, est souvent fermée.
En faction sous un soleil de plomb au point de passage, Siyamand Usman,
un responsable du barrage côté syrien, parle d'une baisse depuis mars
de 90% des produits entrant de Turquie dans les régions kurdes.
"Nous avons été surpris de la fermeture de Simalka après l'annonce de
la région fédérale" par les Kurdes syriens en mars, dit-il à l'AFP.
Souvent, les Kurdes irakiens "laissent la marchandise plusieurs jours
au soleil et nous devons payer d'importantes sommes pour être sûrs
qu'elle va pouvoir entrer".
Pour les habitants de la région semi-autonome kurde syrienne, cela se traduit par une situation économique pénible.
Le prix du kg de sucre a quadruplé en cinq mois passant de 175 livres
syriennes à 800 LS (1,60 USD) et le prix du kg de farine a quintuplé
passant de 25 LS à 125 LS (0,25 USD).
- Pénuries -
Au marché de Qamichli, Mohannad al-Jarba se plaint des marchands qui
profitent de la pénurie pour faire exploser les prix. "Nous sommes
tributaires de la conscience du commerçant".
Et la fermeture du passage a exacerbé le problème de l'appauvrissement ces dernières années des terres fertiles.
Les Kurdes, qui représentent 15% de la population syrienne, ont évité
de choisir entre régime et rebelles dans le conflit déclenché en 2011
par une révolte pacifique durement réprimée par le régime, préférant se
concentrer sur leurs régions semi-autonomes.
Depuis 2014 et après que le conflit s'est complexifié avec
l'implication de parties internationales et régionales et la montée en
puissance des jihadistes, la branche armée du PYD est devenue l'une des
principales forces combattant l'EI avec l'appui aérien de la coalition
internationale conduite par les États-Unis.
Face à la crise économique, l'ONU a créé un pont aérien vers Qamichli
début juillet pour larguer de la nourriture à 300.000 habitants
nécessiteux dans la région.
Le premier envoi comprenait 40 tonnes de nourriture, dont du riz, du
sel, du sucre mais pour les responsables kurdes il s'agit d'un simple
dépannage.
"Nous souffrons de pénuries de fruits et de légumes, et nous sommes
dans l'incapacité d'importer ou d'exporter", note Badrane Jiya Kurd, de
l'administration kurde.
"Les forces qui soutiennent militairement Rojava (Kurdistan syrien) ne
l'appuient pas économiquement", regrette-t-il, en allusion aux
Américains. "C'est de l'aide temporaire, mais ce n'est pas une
solution".
(AFP, 5 août
2016)
Cinq
policiers tués dans une attaque du PKK
Cinq policiers turcs ont été tués lundi dans l'est du pays dans un
attentat à la bombe attribué à la rébellion kurde du Parti des
travailleurs du Kurdistan (PKK), a annoncé un responsable local.
Les policiers des forces spéciales ont été tués par l'explosion d'une
bombe au passage de leur véhicule, à Bingol (est), a précisé le
gouverneur de la province Yavuz Selim Kösger.
Entre vendredi et dimanche, 12 soldats turcs avaient été tués dans des
combats avec le PKK dans la province de Hakkari (sud-est) et à Ordu,
une ville des bords de la mer Noire (nord-est).
Les attaques contre l'armée se sont multipliées depuis la fin en
juillet 2015 du cessez-le-feu, qui avait tenu pendant deux ans et demi
dans le sud-est à majorité kurde. Ces attaques ont fait depuis lors des
centaines de morts du côté des forces de sécurité.
Ces derniers mois, le gouvernement a mené des opérations militaires
contre le PKK pour déloger les combattants kurdes des zones urbaines.
Selon des militants, des civils sont aussi touchés par la reprise du
conflit.
Depuis le début du soulèvement du PKK en 1984, près de 40.000 personnes
ont été tuées dans les combats. Le PKK est considéré comme une
organisation terroriste par les Etats-Unis et l'Union européenne.
(AFP, 1 août 2016)
Minorités
/ Minorities
German Bundestag Members Awarded by Armenian Parliament
On Monday, August 29, Armenia’s National Assembly Speaker Galust
Sahakyan received German Bundestag MP and President of the
German-Armenian Forum Albert Weiler.
Welcoming the guest, Sahakyan thanked Weiler’s contribution to the
furthering and development of interparliamentary and interstate
relations between the two countries.
The Head of Parliament evaluated the intensification of cooperation and
contacts between Armenia’s National Assembly and the Bundestag.
Sahakyan welcomed the German lawmakers’ promotion of regional
cooperation, sustainability of peace and stability, formation of
atmosphere of confidence in the region. In this context, Sahakyan
highlighted Buntestag MPs’ visits to Artsakh.
Sahakyan expressed gratitude to the German Bundestag for adopting the
bill on June 2, 2016 condemning the Armenian Genocide. “I am confident
that only through recognition and condemnation of these crimes it is
possible to prevent them the future,” he said.
Weiler, thankful for the reception, attached importance to his visit to
Armenia after the adoption of the bill condemning the Armenian
Genocide. Touching upon the bilateral relations, the Bundestag MP
emphasized the mutual visits and the deepening of relations between the
two countries especially in the economic sphere. Referring to the
regional issues, Weiler noted that Germany strives in its turn to do
its best for the maintenance of regional peace.
According to the Parliamentary press, Sahakyan expressed confidence
that through support by Weiler, the traditional relations between
Germany and Armenia will continue and develop.
At the end of the meeting, Sahakyan awarded Weiler an honorary medal
for his significant contribution to the strengthening of the Armenian –
German relations and advancement of interparliamentary ties.
On the same day, Armenian Foreign Minister Edward Nalbandian received Weiner.
Armenian Foreign Minister Edward Nalbandian met with German Bundestag MP Albert Weiler (Photo: mfa.am)
Armenian Foreign Minister Edward Nalbandian met with German Bundestag MP Albert Weiler (Photo: mfa.am)
Nalbandian praised the work of the German-Armenian Forum as well as the
high-level cooperation established between the two countries,
discussing steps to deepen ties.
During the meeting, Weiner briefed Nalbandian on the current activities and plans of the Forum.
Nalbandian then commended the German Parliament for recognizing the Armenian Genocide in June.
The meeting discussed Armenia-EU relations and the ongoing negotiations on a new legal framework with the European Union.
The Armenian Foreign Minister also briefed the German lawmakers on
efforts of Armenia and the OSCE Minsk Group targeted at the peaceful
settlement of the Karabakh issue. (29 août 2016)
Knesset committee recognizes Armenian genocide
After years of Israel's refusal to recognize Armenian genocide which
claimed more than 1 million lives, Knesset committee says 'It is our
moral obligation to recognize the holocaust of the Armenian nation.'
The Education, Culture and Sports Committee decided to recognize the
Armenian genocide on Monday at a meeting initiated by Meretz Chairwoman
MK Zehava Galon.
“It is our moral obligation to recognize the holocaust of the Armenian
nation,” said the committee’s chairman and Shas MK Yaakov Margi.
The declaration by the committee represents a symbolic and important
change in light of Israel’s maintenance hitherto of a policy to refrain
from officially recognizing the Armenian genocide in which
approximately 1.5 million Armenians were reportedly massacred by
Ottoman Turkish forces during World War I.
Israel has previously abstained from recognizing the genocide in order
to avoid potential negative repercussions on its relationship with
Turkey. Israel signed a reconciliation agreement with the country last
month following a strain in bilateral relations since the summer of
2010.
Nevertheless, MK Margi called upon Knesset Speaker Yuli Edelstein to
follow through on remarks he made last year at a committee meeting
during which he said that he would work to have the Knesset formally
recognize the Armenian genocide.
“I will try to promote the issue and I hope that MKs will know the
right way to vote at the moment of truth,” Edelstein said in July 2015.
“I visited one of the Armenian memorial sites and it is very hard to
ignore what I saw there,” he continued . “I expect that I, and the
Knesset, act appropriately so that we can make decisions according to
the moral standards of a democratic state.”
MK Galon also lamented Israel’s continued failure to recognize the
Armenian genocide.
“Each year we instill false hope in the people sitting here,” said
Galon. “It is a disservice to the Knesset to continue going on and on
about this issue, year after year, without reaching a decision that the
State of Israel and the Knesset recognize the genocide of the Armenian
people.”
Georgette Avakian, chairwoman of the Armenian National Committee in
Jerusalem, echoed the remarks made by Margi and Galon.
“The Knesset and the president of the State of Israel must recognize
the genocide of our people,” she insisted. (www.ynetnews.com)
Politique
intérieure/Interior Politics
Turquie : de la contre-révolution à la tyrannie théocratique
Article d'Erol Özkoray
Protagoniste de la contre-révolution en Turquie, le parti islamiste
AKP, qui avait remporté les élections législatives de 2002, a terminé
aujourd’hui ce processus au bout de quatorze ans au pouvoir : c’est une
victoire décisive sur le régime républicain et laïc.
C’est le bilan définitif à la suite du coup d’État avorté du 15 juillet
dernier de l’armée turque dont la qualification principale est celle
d’être putschiste. L’ancien régime, déjà profondément malade depuis au
moins une génération (république autoritaire, régime de coup d’État
permanent, totalitarisme sournois, décomposition de la classe
politique, corruption géante et gouvernance basée sur la violence et le
mensonge), n’a pas pu résister aux assauts de l’islam en politique.
Il ne s’agirait pas de l’« islam politique », car cette invention
française dans le but d’épargner sa minorité musulmane des méfaits du
11 septembre est totalement fausse. L’islam en tant que tel est un
projet politique total qui régule la société dans son ensemble et son
application en politique donne naturellement naissance à un État
totalitaire. Après l’Iran, c’est ce qui est arrivée en Turquie.
Bref, né en 1923 le régime kémaliste autoritaire, jacobin et laïc n’a
vécu que 93 ans. Une vie assez longue quand même pour un pays qui n’a
jamais connu une vraie démocratie. Soulignons de passage que faire des
élections régulières ne veut pas dire être une démocratie, certes elles
sont nécessaires, mais ne garantissent nullement les libertés
essentielles.
C’est ce piège classique dans lequel tombe toujours l’Occident au sujet
de la Turquie. Grosso modo, le système politique du pays a été une
sorte de parlementarisme autoritaire sous l’œil vigilant de l’armée,
avec la priorité donnée à l’État, face auquel le citoyen n’avait aucun
droit, ni pouvoir.
Dans la littérature politique cela s’appelle le fascisme. Pour voir la
schizophrénie politique qui sévit dans ce pays (appeler « démocratie »
un régime autoritaire ou bien faire un putsch pour sauver la «
démocratie »), et pour bien comprendre ce qui est arrivé le soir du
15-16 juillet, la nuit où les différents fascismes se sont affrontés,
il faut faire une analyse des fascismes turcs. (Texte complet)
Attaque armée contre le leader du CHP Kiliçdaroglu, un soldat tué
Un soldat turc a été tué jeudi lors d'une attaque armée sur un convoi
transportant le président du Parti républicain du peuple (CHP,
social-démocrate), principal parti d'opposition en Turquie, à Artvin
(nord-est) mais ce dernier n'a pas été blessé. M. Kilicdaroglu
circulait en voiture lorsque des assaillants ont ouvert le feu sur le
convoi. Des accrochages se sont ensuivis entre les forces de l'ordre et
les assaillants.
"J'ai été évacué de la zone de combat et les mesures de sécurité
nécessaires ont été prises", a déclaré M. Kilicdaroglu par téléphone à
la chaîne de télévision CNN-Türk.
M. Kilicdaroglu se trouvait dans cette province proche de la mer Noire
pour participer à un rassemblement où il devait prononcer un discours,
selon l'agence de presse privée Dogan.
Le président Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre Binali
Yildirim ont été informés de l'attaque, a indiqué un responsable turc
sous le couvert de l'anonymat. Selon CNN-Türk, ils ont tous deux appelé
M. Kilicdaroglu pour lui faire part de leur soutien.
Au cours des dernières semaines, les principaux dirigeants de
l'opposition, dont M. Kilicdaroglu, avaient marqué leur solidarité avec
le gouvernement à la suite de la tentative de coup d'Etat le 15 juillet.
"Des terroristes ont tiré sur des membres de la
gendarmerie qui protégeaient le convoi", a déclaré le ministre de
l'Intérieur Efka Ala à la télévision. Le ministre a attribué l'attaque
au PKK, précisant qu'une
opération avait été lancée dans la zone.
"Ces terroristes ne parviendront pas à fragiliser l'unité de la Turquie
(...) ni à atteindre leurs ambitions. Ils recevront la punition qu'ils
méritent", a déclaré M. Yildirim. (AFP, 25 août
2016)
La Turquie du 7 août
Etienne Copeaux, http://www.susam-sokak.fr/, 12 Août 2016
Le président Erdogan s'est exprimé solennellement le 7 août, trois
semaines après la bizarre tentative de putsch du 15 juillet. Le
gigantesque « Rassemblement pour la démocratie et les martyrs »,
organisé à Yenikapı, au sud d'Istanbul, est une sorte de congrès de
Nuremberg à la turque, qui a mis un peu plus de clarté dans la
confusion qui règne, non seulement en Turquie, mais dans la perception
des événements en Europe. Le discours d'Erdogan, la mise en scène, les
« invités », et l'entretien qu'il a accordé la veille au Monde, nous
permettent d'entrevoir ce qu'il entend par « Turquie du 7 août ».
Il faut d'emblée s'en prendre au malentendu (volontaire ?) concernant
le terme de « démocratie », prononcé à tout propos depuis la tentative
de putsch, par Erdogan, par les acteurs politiques, mais aussi, de
manière peut-être délibérément faussée, par les commentateurs hors de
Turquie. Pour ne prendre qu'un seul exemple, Jacques Mézard, président
de la commission France-Turquie du Sénat, expliquait sur France-Culture
le 9 août qu'on était trop sévère avec Erdogan car « il a été élu
démocratiquement ».
C'est vrai si l'on considère la démocratie comme une succession de
scrutins qui se produisent plus ou moins régulièrement, conformément à
une constitution et à des lois électorales. Mais les commentateurs, et
Erdogan lui-même bien sûr, jouent d'un glissement de sens entre «
démocratie » et « élections » et font semblant d'ignorer que celles-ci
ne sont pas la garantie de celle-là. Hitler n'a-t-il pas été élu
régulièrement ?
(Texte complet: La Turquie du 7 août)
Après le putsch, Erdogan se pose en champion de l'union nationale
"Une nation, un drapeau, une patrie, un Etat". Ce slogan politique des
dernières années a été remis au goût du jour par l'homme fort de
Turquie, Recep Tayyip Erdogan, comme un symbole de l'union nationale
après le putsch raté.
Avant le coup d'Etat manqué du 15 juillet, difficile d'évoquer une union nationale avec
l'opposition dans une guerre verbale constante avec le pouvoir, un pays
polarisé à l'extrême par la rhétorique du chef de l'Etat et le sud-est
à majorité kurde déchiré par la guerre civile.
Cette union nationale s'est redessinée lors d'un rassemblement monstre
dimanche à Istanbul en présence des dirigeants de l'opposition, avec
une marée humaine, tous solidaires "pour la démocratie". Mais sans le
parti pro-kurde.
La question est maintenant de savoir si M. Erdogan profitera de cette
unité pour panser les plaies d'une nation très divisée et obtenir la
révision constitutionnelle qu'il souhaite pour transformer la Turquie à
sa mesure.
- Le parti pro-kurde grand absent -
"L'ambiance dans le pays est à la nervosité et la morosité, mais aussi
à l'union derrière Erdogan", a commenté pour l'AFP Soner Cagaptay,
directeur de programme au Washington Institute, "à ce stade Erdogan
peut jouer un rôle de rassembleur".
Selon cet analyste, l'unité est née du caractère historique de la nuit du coup d'Etat raté, qui a vu des chasseurs
pilotés par des mutins bombarder des cibles clés comme le parlement,
lors d'un coup de force dont le prédicateur installé aux Etats-Unis,
Fethullah Gulen, a été accusé.
"Le complot est probablement l'événement politique le plus traumatisant
en Turquie depuis la chute de l'Empire ottoman", a estimé M. Cagaptay,
notant qu'Ankara n'a pas subi une telle attaque militaire depuis
l'invasion des hordes turco-mongols de Tamerlan en 1402.
Ozgur Unluhisarcikli, directeur du bureau du German Marshall Fund à
Ankara, souligne que l'ire des Turcs contre les auteurs du putsch a été
déterminante dans leur soutien à la purge implacable qui s'est ensuivie
sous l'état d'urgence.
"Alors que beaucoup craignent que le président Erdogan n'utilise le
coup d'Etat raté pour (...) construire un régime autoritaire, cette
fureur a unifié la population derrière les mesures gouvernementales",
dit-il.
Signe d'une volonté de réconciliation, le président a abandonné les
poursuites pour diffamation contre des personnalités de l'opposition, y
compris le chef du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate)
Kemal Kilicdaroglu qui l'avait traité de "dictateur de pacotille".
Mais tandis que M. Erdogan a invité M. Kilicdaroglu et le chef de file
des nationalistes Devlet Bahceli à son palais présidentiel pour des
entretiens impensables il y a quelques semaines, un homme a brillé par
son absence: Selahattin Demirtas, coprésident du Parti de la démocratie
des peuples (HDP) pro-kurde.
Celui-ci a été également écarté du rassemblement d'Istanbul, même s'il
a sans équivoque condamné la tentative de putsch. Le gouvernement
l'accuse de liens avec les rebelles du Parti des travailleurs du
Kurdistan (PKK) en lutte armée contre l'Etat turc.
Une trêve de deux ans et demi a été rompue l'an dernier et il semble
qu'il n'y ait aucune chance de retourner aux pourparlers de paix qui
avaient soulevé l'espoir d'une fin au conflit de plus de 30 ans.
"Erdogan jouera un rôle de rassembleur excluant le HDP et les
nationalistes kurdes. Son attitude envers le HDP ne changera que si le
PKK est vaincu", a estimé M. Cagaptay.
- Unité fragile -
Le dirigeant turc est confronté à l'énorme défi de maintenir l'union
dans une course politique de longue haleine. Il veut apparemment rester
au pouvoir jusqu'en 2024 et mener à bien ses ambitieux projets pour
"une nouvelle Turquie", allant de lignes de train à grande vitesse à un
canal de style Panama à Istanbul.
Le projet politique qui lui est le plus cher reste celui d'une révision
de la loi fondamentale en faveur d'un régime présidentiel qui
consacrerait ses pouvoirs de chef d'Etat, une démarche très incertaine
avant le coup.
Un cadre du Parti gouvernemental de la justice et du développement
(AKP), Abdulhamit Gul, a annoncé mercredi des pourparlers dès cette
semaine avec l'opposition pour une nouvelle Constitution.
"C'est une unité fragile qui sera brisée le moment où le président
Erdogan tentera de l'utiliser pour ses propres fins", prédit M.
Unluhisarcikli. (AFP, 10 août
2016)
L’opposition de CHP a soutenu l’avènement impérial du Sultan Tayyip

MAIS LE VAILLANT LEADER SOCIAL DÉMOCRATE QU’EST QU’IL A DIT ?
Le leader du CHP Kemal Kilicdaroglu, à l'exception de quelques
propositions abstraites sur la démocratie, tout comme il l'a déjà fait
lors du rassemblement de son parti à Taksim:
- n'a pas fait la moindre critique concrète contre la dictature
islamiste d'Erdogan tout en se cachant derrière un long discours
anti-coup d’état,
- n’a pas prononcé un mot contre l'état d'urgence actuellement,
- n'a pas dit un seul mot contre la guerre d'extermination en cours au
Kurdistan ou contre la négation du génocide des peuples arménien,
assyrien et grec,
- n'a pas apporté une proposition de solution pour la brûlante question kurde,
- n’a pas prononcé un seul mot sur les procès KCK contre les Kurdes
alors qu'il demandait la réhabilitation des officiers de l'armée jugés
dans les procès d’Ergenekon, Masse et Espionnage,
- n'a pas fait la moindre critique contre la répression par le pouvoir
de l'Erdogan sur les médias, journalistes, universitaires et les
artistes, alors qu'il faisait l'éloge des médias pour leur prise de
position contre la tentative de coup d’état du 15 juillet,
- n'a pas dit non plus quelque chose contre la menace sur les migrants
et les opposants en exil dans les pays européens par les bandes
pro-Tayyip et les missions diplomatiques turques sous leur ordre.
Tous les membres de CHP et toutes les organisations qui ont soutenu la
cérémonie d’avènement impérial d’Erdogan tenues avec janissaires,
récitations du Coran, des prières, un orateur militaire en uniforme et
des cris pour la restauration de la peine capitale, vous pouvez
célébrer maintenant votre mobilisation sacrée pour la démocratie sous
la dictature de la tête de la Jamahiriya turco-islamique et commandant
suprême des forces armées turques poursuivant l'extermination dans les
provinces kurdes. (Info-Türk, 7 août 2016)
CHP opposition supported Sultan Tayyip’s imperial accession
BUT WHAT VALIANT SOCIAL DEMOCRAT LEADER SAID?
CHP leader Kemal Kiliçdaroglu, except some abstract proposals about democracy, just as he did at his party’s Taksim meeting:
- did not make any concrete criticism against Erdogan’s Islamist dictatorship hiding himself behind a long anti-coup speech,
- did not pronounce any word against the ongoing state of emergency,
- did not say any word against the ongoing extermination war in
Kurdistan or against the denial of Armenian, Assyrian and Greek
genocides,
- did not bring any proposal of solution for the burning Kurdish Question,
- did not pronounce any word on the KCK trials against Kurds while he
was demanding the rehabilitation of the army officers underwent to
Ergenekon, Sledgehammer and Espionage trials,
- did not make any criticism against the repression by the Erdogan’s
power on the media, journalists, academics and artists while he was
praising the media’s standing against the July 15 coup attempt,
- did not say any thing against the threatening of migrants and exiled
opponents in European countries by the pro-Tayyip bands and the Turkish
diplomatic missions under their command.
All CHP members and all those organizations which supported Erdogan’s
imperial accession ceremony held with Janissaries, Quran recitations,
prayers, a military orator in uniform and cries for restoring capital
punishment, you can celebrate now your sacred mobilization for
democracy under the dictatorship of the head of Turkish-Islamic
Jamahiriya and supreme commander of the Turkish Armed Forces carrying
on extermination in Kurdish provinces. (Info-Türk, August 7, 2016)
Le parti d'Erdogan étend la purge jusque dans ses rangs après le putsch raté
Le parti au pouvoir en Turquie étend jusque dans ses propres rangs la
purge des sympathisants du prédicateur Fethullah Gülen, en exil aux
Etats-Unis et qui a réagi vivement au mandat d'arrêt émis à son
encontre par Ankara.
Les relations diplomatiques de la Turquie ne se sont pas améliorées:
des échanges acerbes ont eu lieu avec Vienne, et Washington n'a pas
confirmé pas une visite de son secrétaire d'Etat John Kerry annoncée
par Ankara.
Le Parti de la justice et du développement (AKP) a ordonné vendredi que
ses rangs soient "nettoyés" des sympathisants de Gülen, accusé d'être
derrière le coup d'Etat depuis son exil volontaire en Pennsylvanie, a
annoncé l'agence de presse progouvernementale Anatolie.
L'AKP va ainsi être également touché par la traque implacable menée
depuis le coup d'Etat raté du 15 juillet, qui s'est soldée par au moins
60.000 limogeages, arrestations et gardes à vue, surtout dans l'armée,
la justice, la presse et l'éducation.
Signée par le numéro deux du parti, Hayati Yazici, une circulaire de
l'AKP "ordonne l'urgent nettoyage de l'organisation du parti", afin
d'en éliminer ceux qui sont liés au réseau de Gülen, accusé d'avoir
noyauté les institutions et la société turques en créant un "Etat
parallèle".
L'ex-imam a vivement réagi vendredi à l'annonce que la Turquie venait
de lancer contre lui un mandat d'arrêt dans la perspective d'une
demande officielle d'extradition auprès des Etats-Unis.
"Le système judiciaire turc n'est pas indépendant, donc ce mandat
d'arrêt est encore un exemple de la tendance du président Erdogan à
l'autoritarisme et aux écarts vis-à-vis de la démocratie", a-t-il dit
dans un communiqué.
M. Gülen a rappelé avoir "condamné à plusieurs reprises la tentative de coup d'Etat" et nié "toute implication".
L'un des avocats américains du prédicateur, Reid Weingarten, a été
catégorique: Fethullah Gülen ne sera pas extradé car il n'y a pas
"l'ombre d'une preuve" contre lui.
"Nous n'avons pas vu la moindre preuve, directe ou indirecte, qui
résisterait de manière convaincante à un examen des faits", a dit cet
avocat au cours d'une conférence de presse.
"Les théories du complot et les menaces du président Erdogan ne sont
pas assez solides pour ébranler le système juridique américain. Pour
ces raisons, nous pensons que M. Gülen ne devrait pas être et ne sera
pas extradé", a déclaré l'avocat.
Le président Erdogan a averti jeudi soir que la purge en cours, qui a
provoqué de vives protestations à l'étranger, n'avait encore touché que
"le sommet de l'iceberg".
Vendredi, 12 des 14 journalistes du quotidien Zaman qui étaient en garde à vue ont été placés en détention préventive.
- 'Racisme radical' -
La Turquie et l'Autriche ont à nouveau eu des échanges peu
diplomatiques au lendemain d'une passe d'armes sur les négociations
d'adhésion turque à l'Union européenne, devenues "une fiction" selon
Vienne.
"Le racisme est l'ennemi des droits de l'homme", a lancé le chef de la
diplomatie turque Mevlut Cavusoglu à la télévision TGRT. "Le chancelier
autrichien (Christian Kern) ferait mieux de regarder son propre pays.
Aujourd'hui l'Autriche est la capitale du racisme radical", a-t-il dit.
Son homologue autrichien Sebastian Kurz a réagi sur Twitter: "J'appelle
instamment le ministre (turc) des Affaires étrangères à faire preuve de
retenue et je rejette fermement ses critiques. La Turquie doit modérer
(...) son langage et ses actes".
Le président Erdogan a reproché amèrement aux Occidentaux de ne pas
l'avoir soutenu après le putsch raté et de ne pas être venus le voir.
C'est le secrétaire d'Etat américain John Kerry qui pourrait être le
premier haut responsable occidental à se rendre en Turquie, à en croire
Ankara. M. Kerry viendra le 24 août, a assuré M. Cavusoglu après que M.
Erdogan a évoqué la date du 21. Mais à Washington un porte-parole du
département d'Etat déclarait sèchement: "Nous n'avons pas de voyage à
annoncer".
Cette visite, si elle a lieu, interviendra à un moment où les relations
turco-américaines sont ébranlées par l'exigence turque de l'extradition
de Gülen. Ankara l'a déjà réclamée plusieurs fois à Washington.
Par ailleurs, le ministère allemand des Affaires étrangères, confirmant
des informations de presse, a confirmé qu'une Allemande est détenue
depuis plusieurs jours en Turquie en raison de liens supposés avec le
mouvement de Fethullah Gülen.
Selon le quotidien Sueddeutsche Zeitung, cette femme "a été arrêtée il
y a plusieurs jours parce que des livres ont été trouvés chez elle qui
indiqueraient des contacts avec ou une appartenance au mouvement de
Gülen".
(AFP, 6 août
2016)
Mea culpa d'Erdogan qui n'a pas su révéler "le vrai visage" de Gülen
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a fait pour la première fois un
mea culpa mercredi sur ses liens avec Fethullah Gülen, demandant pardon
aux Turcs pour ne pas avoir "su révéler le vrai visage" de son ex-allié.
Gülen, prédicateur turc exilé aux Etats-Unis, est accusé par Ankara
d'être derrière le coup d'Etat du 15 juillet qui a fait vaciller le
pouvoir et la Turquie en réclame l'extradition à Washington.
"Je me sens triste de ne pas avoir réussi à révéler depuis longtemps le
vrai visage de cette organisation traître", a dit M. Erdogan, utilisant
un ton rare d'humilité chez un chef de l'Etat au discours
habituellement très combatif, voire martial.
"Je sais que nous devons rendre des comptes à la fois à notre Dieu et à
notre peuple, qu'ils "nous pardonnent", a-t-il dit lors d'une
conférence de leaders religieux à Ankara.
"J'ai personnellement aidé cette structure en dépit de divergences de
vues sur de nombreuses questions, pensant que nous pouvions être
d'accord sur le plus faible dénominateur commun", a-t-il poursuivi.
"Nous les avons tolérés parce qu'ils disaient +Allah+", a-t-il dit au
sujet des sympathisants de l'ex-imam, qui a nié toute implication dans
le putsch manqué.
L'énorme scandale de corruption en 2013 a montré "pour la première fois
leur vrai visage", a dit le président Erdogan au sujet des
sympathisants de Gülen, accusés d'avoir été à la manoeuvre.
Les relations de MM. Erdogan et Gülen s'étaient gâtées avec ce scandale
de corruption qui a impliqué des ministres et des proches de M. Erdogan.
L'influence de Gülen sur la scène politique turque remonte en fait aux années 70, bien avant le début du règne de M. Erdogan.
Puis Gülen a été un proche allié d'Erdogan, quand celui-ci était maire
d'Istanbul dans les années 90 et de son Parti de la justice et du
développement (AKP) après l'arrivée au pouvoir de celui-ci en 2002.
"A partir de maintenant, le temps du soupçon est révolu et l'ère de la
lutte a commencé", a ajouté le président alors que les critiques se
multiplient sur l'ampleur de la purge en Turquie après le putsch manqué.
"A partir de maintenant, qui que ce soit qui prêtera l'oreille au
délire de ce charlatan", de ce "chef terroriste en Pennsylvanie, doit
être prêt à en assumer les conséquences".
La Turquie est en train de "nettoyer", depuis l'échec du putsch
l'armée, l'éducation, la justice, la presse, et même la santé et le
sport de tous leurs "gulénistes" réels ou supposés.
"La plus grande bande de voleurs de l'Histoire a pris en otage le passé
et l'avenir de dizaines de millierts de personnes", a conclu le chef de
l'Etat turc. (AFP, 3 août
2016)
Erdogan veut
scinder son puissant service de renseignement
La Turquie prévoit de scinder son puissant service de renseignement en
deux entités, l'une pour l'espionnage extérieur et l'autre pour la
surveillance intérieure, après le putsch avorté, selon le quotidien
turc Hurriyet.
Le puissant MIT a été très critiqué après la tentative de coup d'Etat
du 15 juillet perpétrée par un groupe de militaires contre le président
Recep Tayyip Erdogan et son gouvernement. Le chef de l'Etat a notamment
regretté les retards du MIT à l'informer, affirmant avoir été mis au
courant du putsch par son beau-frère.
Le vice-Premier ministre Numan Kurtulmus a déclaré lundi qu'une
restructuration des services d'espionnage turcs était "au programme",
après que le pouvoir islamo-conservateur a déjà opéré un profond
remaniement de l'armée.
Selon Hurriyet, le gouvernement souhaite créer deux agences de
renseignement, l'une chargée du renseignement extérieur et l'autre de
la surveillance intérieure.
La Turquie s'inspirerait ainsi de ce qui existe en France ou au
Royaume-Uni en la matière.
D'après le journal, le renseignement intérieur relèverait en grande
partie de la police et de la gendarmerie, deux institutions qui
dépendent maintenant du ministère de l'Intérieur en vertu des réformes
adoptées après le putsch avorté.
Les services chargés de l'action extérieure dépendraient quant à eux
directement de la présidence, qui disposerait d'une unité coordonnant
les activités des deux agences.
Le pouvoir turc tente de limiter les prérogatives de l'armée depuis la
tentative de coup d'Etat en redonnant davantage de compétences aux
autorités civiles.
"Créons un système où personne ne puisse plus commettre de coup d'Etat.
Créons un système de renseignement de la plus haute qualité", avait
lancé lundi le vice-Premier ministre. (AFP, 2
août 2016)
Erdoğan Withdraws
Defamation Cases Except for HDP
Following President Recep Tayyip Erdoğan’s statement of withdrawing
defamation cases against him, the cases on the Republican People’s
Party (CHP) and the Nationalist Movement Party (MHP) have been
withdrawn, yet the ones on the Peoples’ Democratic Party (HDP) remain,
Erdoğan’s attorney Hüseyin Aydın stated.
Aydın speaking to Gizem Karakuş from Hürriyet daily said there are over
3,000 defamation cases filed by Erdoğan and that there five arrestees.
According to BİA Media Monitoring Report April-May-June, 7 individuals
of whom 5 were journalists have been sentenced to 3 years, 8 months and
4 days in prison with a 2 year-and-11-months reprieve and to a punitive
fine of 150 euro on charges of “defaming the President” alone.
Aydın added he is of the opinion that the five arrestees will be
released.
(BIA, August 1, 2016)
Erdoğan Calls
for Democracy Watch for August 7
President Recep Tayyip Erdoğan has declared that a democracy watch will
be held with the participation of political party leaders, artists and
sportspeople in Yenikapı on August 7.
President Erdoğan answering the questions on ATV/A Haber joint program,
told the number of detained is 18,699 and of arrestee is 10,137 within
scope of the investigation launched into Fethullah Gülen Community.
Erdoğan also announced the death toll of civilians as 237.
Erdoğan spoke as to the democracy watch as follows:
August 7 democracy watch
“We have such a proposal; I say ‘Let us handle this democracy watch on
the upcoming Sunday (August 7) in Yenikapı in a different way’. Let us
crown it and hold it there. Let us be together with all our command
echelon of Armed Forces, mehter, and all artists and sportspeople who
have contributed to this process.
“May all the nation be there together. Let us also invite all leader
staff of our political parties, be together with them there and deliver
our message to whole Turkey from there. Accelerating the normalization
process is extremely important for our country”.
(BIA, August 1, 2016)
Forces
armées/Armed Forces
L'Armée turque est en guerre directe avec lers Kurdes en Syrie
L'armée turque a annoncé dimanche avoir tué 25 "terroristes" kurdes
avec des frappes aériennes dans le nord de la Syrie où elle est engagée
dans une opération militaire d'envergure pour chasser les combattants
kurdes et ceux du groupe Etat islamique (EI).
L'armée, citée par l'agence progouvernementale Anadolu, a indiqué que
25 "membres terroristes" du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK)
et du Parti de l'Union démocratique (PYD) en Syrie avaient été tués par
des frappes aériennes près de la localité de Jarablos.
Plus tôt, une ONG avait annoncé que des tirs d'artillerie et des
frappes aériennes turcs avaient tué au moins 35 civils syriens
dimanche, le bilan de morts le plus élevé depuis le début mercredi de
l'opération "Bouclier de l'Euphrate".
Mais l'armée turque a assuré qu'elle faisait tout pour éviter de frapper les civils.
"Toutes les mesures possibles sont prises pour éviter de toucher la
population civile vivant dans la région et nous faisons usage de la
plus grande prudence sur cette question", a-t-elle assuré dans un
communiqué diffusé par l'agence progouvernementale Anadolu.
La Turquie considère le PYD et son aile militaire, les YPG (Unités de
protection du peuple kurde), comme des organisations "terroristes",
bien qu'elles soient épaulées en tant que forces combattant
efficacement les jihadistes par les Etats-Unis, alliés d'Ankara.
La Turquie dispose désormais d'une cinquantaine de chars et des centaines de soldats sur le sol syrien.
Quelques heures après le début de l'offensive, des rebelles soutenus
par Ankara avaient chassé l'EI de la localité de Jarablos, près de la
frontière.
L'armée turque combat les Kurdes, essuie sa première perte
Des affrontements ont opposé des militaires turcs et des combattants
kurdes ou soutenus par ces derniers dans le nord de la Syrie, où un
premier soldat turc a été tué depuis le lancement d'une offensive
d'envergure par Ankara.
Première perte annoncée côté turc, un soldat a été tué samedi dans une
attaque à la roquette menée par des membres du Parti de l'Union
démocratique (PYD), la principale milice kurde de Syrie, contre deux
chars d'Ankara, selon l'agence de presse progouvernementale turque
Anadolu. Trois autres soldats ont été blessés.
Des dizaines de blindés et des centaines d'hommes sont mobilisés dans
le cadre de l'opération "Bouclier de l'Euphrate", qui a été initiée
mercredi et vise à la fois le groupe jihadiste Etat islamique (EI) et
les milices kurdes.
La Turquie considère le PYD et son aile militaire, les YPG (Unités de
protection du peuple kurde), comme des organisations "terroristes",
bien qu'elles soient épaulées en tant que forces combattant
efficacement les jihadistes par les Etats-Unis, alliés d'Ankara.
Les blindés ont été attaqués dans la région de Jarablos, ville que des
rebelles soutenus par la Turquie ont reprise mercredi à l'EI, a
expliqué de son côté l'agence de presse Dogan.
Ces affrontements sont intervenus au lendemain de l'annonce par
Washington et Moscou, qui soutiennent des camps opposés en Syrie, de
progrès pour parvenir à un cessez-le-feu, tandis que les hostilités se
poursuivaient dans ce pays, notamment à Alep (nord).
- 'Nouvelle phase' -
"Les chars turcs ont avancé aujourd'hui jusqu'aux abords de la localité
d'al-Amarné dans la province d'Alep, au sud de la frontière, et des
combats ont alors éclaté entre eux et des combattants appuyés par les
forces kurdes", a dit à l'AFP le directeur de l'Observatoire syrien des
droits de l'homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.
Un responsable de l'administration semi-autonome kurde en Syrie a confirmé à l'AFP ces accrochages.
Al-Amarné se situe à 8 km au sud de Jarablos, où les rebelles
s'affairaient samedi à désamorcer les engins explosifs laissés par l'EI.
Toujours au sud de cette ville, l'armée turque a détruit samedi un
poste de commandement de "groupes terroristes", a signalé Anadolu, sans
préciser quels groupes étaient visés.
Mais des rebelles soutenant les Kurdes en Syrie ont affirmé avoir été pris pour cible par l'aviation turque.
"Des avions turcs ont bombardé nos positions ce matin dans le sud de
Jarablos et dans le village de Til-Emarne où vivent des civils", a
annoncé dans un communiqué le Conseil militaire de Jarablos, lié au
Forces démocratiques syriennes (FDS) pro-Kurdes.
"Avec cette agression, une nouvelle phase du conflit va s'ouvrir dans la région", a-t-il ajouté.
Plus tôt samedi, l'armée turque avait envoyé six nouveaux blindés en
Syrie, selon un photographe de l'AFP à Karkamis, à la frontière turque.
Après trois jours d'opérations, elle dispose désormais de 50 chars et
de 380 soldats dans ce pays, selon le quotidien Hürriyet.
- Roquettes sur l'aéroport de Diyarbakir -
Pour la Turquie, cette offensive vise entre autres à empêcher les
Kurdes syriens de former une ceinture continue le long de sa frontière,
alors qu'elle affronte déjà les rebelles du Parti des travailleurs du
Kurdistan (PKK) sur son propre territoire.
Plusieurs roquettes se sont abattues samedi soir sur l'aéroport de
Diyarbakir (sud-est) sans faire de victimes, a indiqué dans un
communiqué le gouverneur de la province, Hüseyin Aksoy, pointant du
doigt le PKK. Une "opération d'envergure" a été lancée pour arrêter les
assaillants, a-t-il ajouté.
Cette attaque est survenue au lendemain d'un attentat revendiqué par le
PKK dans lequel au moins 11 policiers avaient trouvé la mort à Cizre
(sud-est).
Par ailleurs, en Syrie, le régime a repris samedi Daraya, une des
premières villes à s'être soulevées contre Bachar al-Assad, après
l'évacuation de la population de cet ex-fief rebelle situé près de
Damas et soumis pendant quatre ans à un siège impitoyable.
Au même moment, des barils d'explosifs ont de nouveau été largués par
les forces gouvernementales sur un quartier d'Alep aux mains des
insurgés, faisant au moins 15 morts et plusieurs blessés parmi les
civils, selon l'OSDH. (AFP, 28 août
2016)
L'artillerie turque pilonne des positions kurdes et l'EI en Syrie
L'artillerie turque a bombardé lundi séparément des positions kurdes et
du groupe de l'Etat islamique (EI) dans le nord de Syrie, à sa
frontière, ont rapporté les chaînes de télévision turques.
Les canons situés en territoire turc ont bombardé des cibles du
mouvement jihadiste dans la ville de Jarablos, tenue par l'EI depuis
2013, et des positions du PYD (Parti de l'union démocratique),
principale milice kurde de Syrie, aux alentours de Manbej, selon NTV et
CNN-Türk.
Quelques minutes auparavant le Premier ministre Binali Yildirim a jugé
"absolument inacceptable" la création d'une entité kurde dans le nord
de la Syrie, où les combattants kurdes gagnent du terrain dans leurs
offensive contre le groupe de l'Etat islamique (EI).
Ankara accuse le PYD d'organiser des attaques sur le sol turc en
collaborant avec le PKK, les rebelles kurdes de Turquie, et le
considère comme un mouvement terroriste. La Turquie réclame une
position commune avec les Etats-Unis, mais ceux-ci coopèrent avec les
factions kurdes contre l'EI.
Quelques heures plus tôt, le chef de la diplomatie turque Mevlüt
Cavusoglu avait affirmé que la frontière de la Turquie avec la Syrie
devait être entièrement "nettoyée" de l'EI.
Du côté turc de la frontière, des centaines de rebelles syriens
soutenus par Ankara préparaient une offensive pour capturer Jarablos
tenue par l'EI depuis 2013, selon des sources rebelles et
l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), ce qui pourrait les
placer face à face avec les milices kurdes syriennes. (AFP, 22 août
2016)
Deux attachés militaires turcs en poste en Grèce en fuite
Deux attachés militaires de l'ambassade de Turquie en Grèce rappelés à
Ankara après le coup avorté du 15 juillet ont pris un ferry avec leurs
familles pour l'Italie et sont en délit de fuite, a annoncé jeudi le
chef de la diplomatie turque.
"Ces deux colonels ont quitté la Grèce le 6 août avec leurs familles en
direction de l'Italie à bord d'un ferry. C'est ce que les autorités
grecques ont déterminé", a indiqué Mevlüt Cavusoglu sur la chaîne
d'information NTV.
Il s'agit des attachés naval et de l'air, Halis Tunç et Ilhan Yasitli,
qui font partie d'autres officiers envoyés à l'étranger par
l'état-major turc qui sont en fuite depuis le coup, a ajouté le
ministre.
Le colonel Yasitli pourrait être réfugié aux Pays-Bas où vit son frère,
a-t-il dit, sans préciser si ces deux officiers avaient demandé l'asile
dans un quelconque pays.
"Nous faisons en sorte de ramener en Turquie ces deux traîtres", a martelé M. Cavusoglu.
A Athènes, une source gouvernementale à indiqué à l'AFP que les
autorités étaient au courant de l'affaire mais n'a pas été averti avant
leur fuite.
"Les deux attachés ont quitté le pays avant que les autorités turques
aillent à leurs recherche", a déclaré la source. "Et avant, nous avons
été informés que leurs passeports diplomatiques avaient été révoqués",
a ajouté cette même source sous couvert d'anonymat.
Un amiral turc en poste sur une base de l'Otan aux Etats-Unis a demandé
l'asile à ce pays, avait rapporté mardi l'agence progouvernementale
turque Anadolu.
Les autorités turques ont lancé une vaste purge dans l'armée et la
fonction publique après le putsch raté qui a été, selon elles, dirigé
par le prédicateur musulman exilé aux Etats-Unis Fethullah Gülen, bête
noire du président Recep Tayyip Erdogan.
La moitié des généraux ont été limogés ou expulsés de l'armée, la
deuxième plus grande en nombre de l'Otan derrière les Etats-Unis.
Un total de 216 soldats, dont neuf généraux, sont toujours en fuite
après le putsch, a déclaré en début de semaine le gouvernement turc. (AFP, 11 août
2016)
Un amiral turc demande l'asile aux Etats-Unis
Un amiral de l'armée turque en poste sur un site de l'Otan aux
Etats-Unis a demandé l'asile à ce pays après avoir été rappelé par le
gouvernement turc dans la foulée du putsch avorté dans le pays, a
rapporté mercredi l'agence de presse progouvernementale Anadolu.
Le contre-amiral Mustafa Zeki Ugurlu qui fait l'objet d'un mandat
d'arrêt de la justice turque et a été récemment expulsé des forces
armées, était en poste sur la base de Norfolk, en Virgine (est), de
l'Alliance atlantique, indique l'agence sans préciser si sa demande a
été acceptée ou non.
Depuis l'échec du coup avorté qui a fait 273 morts dans la nuit du 15
juillet, les autorités turques se sont lancées dans une purge au sein
de l'Etat, prenant surtout pour cible l'armée, dont la hiérarchie a été
décimée, et la fonction publique en général.
Elle vise à en "nettoyer" les sympathisants de Fethullah Gülen,
prédicateur exilé aux États-Unis, bête noire du président turc Recep
Tayyip Erdogan, accusé d'être à l'origine du coup de force. Des
dizaines de milliers de fonctionnaires ont été limogés et 16.000
suspects inculpés et incarcérés.
La demande d'asile de l'officier turc intervient à un moment où les
relations entre les alliés turc et américain souffrent du manque
d'empressement, selon Ankara, de Washington à extrader l'ex-imam qui
vit aux Etats-Unis depuis 1999.
Le gouvernement turc a lancé la semaine dernière un mandat d'arrêt
contre le prédicateur qui est à la tête d'un vaste réseau d'écoles,
d'associations caritatives et d'entreprises.
Au sein de l'Otan, la Turquie dispose, derrière les États-Unis, de la deuxième plus grande armée en nombre de l'alliance. (AFP, 10 août
2016)
216 militaires, dont neuf généraux, toujours en fuite
Au total 216 soldats, dont neuf généraux, sont toujours en fuite et
recherchés par les autorités plus de trois semaines après la tentative
avortée de putsch en Turquie, a annoncé lundi le porte-parole du
gouvernement, Numan Kurtulmus.
"186 membres des forces armées et 30 personnels de la gendarmerie sont
en fuite. Parmi eux se trouvent neuf généraux", a-t-il dit au terme
d'un conseil des ministres.
Ces personnes sont activement recherchées par la police dans le cadre
de la vaste purge menée en Turquie depuis le coup d'Etat raté du 15
juillet contre le président Recep Tayyip Erdogan, qui a été imputé par
Ankara aux sympathisants du prédicateur exilé aux Etats-Unis Fethullah
Gülen, a souligné M. Kurtulmus devant la presse.
Jusqu'ici la purge, menée dans une Turquie sous état d'urgence, a
touché de plein fouet l'armée -- qui a vu le limogeage de près de la
moitié de ses généraux --, la justice, l'éducation et la presse.
"Cette tentative avait pour but de provoquer une guerre civile en
Turquie afin d'ouvrir la voie à une occupation du pays", a affirmé le
porte-parole, sans fournir de précisions.
M. Kurtulmus a par ailleurs indiqué que 10 ressortissants étrangers
avaient fait l'objet de procédures judiciaires après le putsch avorté,
dont neuf qui sont soupçonnés d'avoir des liens avec FETO (acronyme
forgé par Ankara pour le réseau güleniste)
"Quatre d'entre eux ont été inculpés, l'un a été libéré, un autre est
en fuite et trois autres sont toujours en détention", a-t-il dit, sans
préciser leur nationalité.
D'autre part, les trois millions de fonctionnaires qui avaient été
rappelés à regagner leur poste après le 15 juillet pourront repartir en
congé annuel, a ajouté M. Kurtulmus. (AFP, 8 août
2016)
Kuleli, prestigieux lycée militaire à l'avenir incertain après le putsch
Avec ses tours jumelles et sa façade blanche brillante qui s'étire le
long du Bosphore, le lycée militaire Kuleli est l'un des édifices
ottomans les plus frappants d'Istanbul, un véritable symbole de
puissance et de pérennité.
Pourtant, après avoir servi pendant plus d'un siècle et demi à
l'enseignement de l'élite militaire, l'avenir du célèbre bâtiment est
plus que jamais menacé : il a joué un rôle important dans le coup
d'Etat visant à détrôner le président Recep Tayyip Erdogan.
Plusieurs officiers formateurs de l'école ont été impliqués dans la
tentative de putsch manqué du 15 juillet et l'établissement, fondé en
1845 par le sultan Abdulmecid 1er, n'existera plus sous sa forme
actuelle.
La fermeture de toutes les écoles militaires a été ordonnée par décret
alors que les autorités cherchent à neutraliser toute influence du
prédicateur musulman Fethullah Gulen, accusé par Ankara d'être
l'instigateur du putsch.
Les autorités turques ont libéré le mois dernier de prison 62 étudiants
de Kuleli, des adolescents pris dans le putsch manqué. Sept, qui sont
majeurs, restent derrière les barreaux.
Certains étudiants ont expliqué à des médias turcs que leur hiérarchie
leur avait demandé d'aller sur le pont du Bosphore, où a démarré
l'insurrection, dans la nuit du 15 au 16 juillet mais qu'ils n'avaient
aucune idée de ce qui se passait.
"Nous avons appris ce qui s'est vraiment passé quand la police est
arrivée le lendemain matin pour nous appréhender", a expliqué un
étudiant, Ali Akdogan, à l'agence de presse progouvernementale Anadolu.
"Nous avons été trompés".
- Gravée dans la mémoire d'Istanbul -
L'avenir de Kuleli, le plus vieux lycée militaire en Turquie, est très
incertain: reconversion en musée de la démocratie ou en hôtel de luxe,
une idée qui a suscité l'ire des traditionalistes.
Tayfun Kahraman, président de la chambre des urbanistes d'Istanbul,
décrit le bâtiment comme étant "emblématique" et "gravé dans la mémoire
d'Istanbul". "Dans ses utilisations futures, cette mémoire doit être
protégée" a-t-il déclaré à l'AFP.
Cet urbaniste souligne que le célèbre bâtiment dispose également de vastes parcs qui doivent être ouverts au public.
"Il existe de nombreux exemples en Europe, comme par exemple le jardin
du Luxembourg" à Paris. "C'est un jardin de palais", qui abrite le
Sénat, "mais il est ouvert au public", indique M. Kahraman.
"La même chose pourrait s'appliquer à l'école militaire Kuleli avec sa
zone boisée à l'heure où Istanbul manque terriblement d'espaces verts",
a ajouté le chef des urbanistes de la première métropole turque.
Situé sur la rive asiatique du Bosphore dans le quartier historique de
Cengelkoy, le lycée - dont la façade est spectaculairement éclairée la
nuit - émerveille les touristes lors des croisières sur le sinueux
détroit
- Héritage culturel -
L'école a été conçue par l'architecte arménien ottoman Garabet Balyan
qui a laissé un héritage extraordinaire à Istanbul comme le palais de
Dolmabahçe, demeure des derniers sultans.
Les casernes ont été transformées en hôpital pendant la guerre
russo-ottomane (1877-1878). Le bâtiment a été utilisé par les
Britanniques quand Istanbul a été occupée en 1920 puis octroyé à la
communauté arménienne à la fin de la Première guerre mondiale pour être
utilisé comme une résidence pour les orphelins dont les familles ont
été déportées pendant les hostilités.
Après la guerre d'indépendance, le bâtiment a été remis aux Turcs dans
le cadre du Traité de Lausanne et est devenu à nouveau une école
militaire en 1925.
Les spéculations vont aujourd'hui bon train sur l'avenir du bâtiment.
Le gouvernement islamo-conservateur a cependant déjà rejeté l'idée d'un
hôtel cinq étoiles.
"Pour l'amour de Dieu, qui a pondu l'idée de transformer le bâtiment de
Kuleli en hôtel ?", s'est insurgé le ministre de la Défense Fikri Isik
dans un entretien au journal Hurriyet.
"Ce n'est pas d'actualité", a-t-il tranché.
Pour Can Atalay, un éminent avocat, le bâtiment pourrait continuer
d'assurer son rôle de patrimoine culturel. "Il a été conçu comme une
école militaire et utilisé à cette fin depuis plus d'un siècle et
demi," a-t-il déclaré à l'AFP.
"Il n'y a pas d'obstacle à ce que le complexe reste une école". (AFP, 9 août
2016)
Mandats d'arrêt contre près de 100
employés d'un hôpital militaire d'Ankara
Des mandats d'arrêt ont été lancés contre près de cent membres du
personnel du principal hôpital militaire d'Ankara, dont des médecins, a
annoncé mardi un responsable turc, deux semaines et demi après la
tentative avortée de putsch en Turquie.
Des raids de la police étaient en cours en mi-journée à l'hôpital
Gulhane, le plus grand hôpital militaire des trois que compte la
capitale turque, pour y trouver les personnes visées par ces mandats, a
précisé la télévision privée NTV.
On ignorait dans l'immédiat si des membres du personnel hospitalier du
GATA (Gulhane Military Medical Academy) avaient déjà été arrêtés.
Ces mandats d'arrêt ont été délivrés dans le cadre de la vaste purge
menée en Turquie depuis le coup d'Etat raté le 15 juillet contre le
président Recep Tayyip Erdogan, qui a été imputé par Ankara aux
sympathisants du prédicateur exilé aux Etats-Unis Fethullah Gülen.
Celui-ci a démenti toute implication.
Le responsable turc, qui s'exprimait sous couvert de l'anonymat, a
indiqué que des mandats d'arrêt avaient été émis contre 98 membres du
personnel hospitalier, "dont des médecins militaires". La chaîne NTV a
évoqué le chiffre de 100 personnes.
Le responsable a ajouté que le personnel de l'hôpital était soupçonné
d'avoir permis l'entrée de sympathisants de Gülen dans l'armée et leur
rapide progression dans la carrière militaire avec des rapports
médicaux de complaisance.
"Le GATA est crucial parce que c'est là que les bilans de santé et
d'aptitude au service sont établis", a expliqué le responsable.
"Il y a des éléments forts qui laissent penser que les membres du FETO
(terme désignant les réseaux de Gülen) ont infiltré cette institution
(hospitalière) pour ralentir la carrière de leurs rivaux dans l'armée
et permettre à leurs sympathisants de progresser rapidement dans leur
propre carrière", a-t-il précisé.
Jusqu'ici la purge, rondement menée dans une Turquie sous état
d'urgence, a touché de plein fouet l'armée -- qui a vu le limogeage de
près de la moitié de ses généraux -,- la justice, l'éducation et la
presse.
Le secteur de la santé avait semblé épargné par cette chasse aux
sorcières nationale contre les "gulénistes" ayant conduit à plus de
10.000 détentions.
Mais un récent décret a transféré la tutelle du GATA et des autres
hôpitaux militaires turcs de l'armée au ministère de la Santé. (AFP, 2 août 2016)
Erdogan resserre son emprise sur l'armée
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a clairement affiché ce week-end
son intention de resserrer son contrôle sur l'armée après la tentative
de putsch militaire du 15 juillet, en partant de la formation des
recrues jusqu'à l'état-major.
De la fermeture de toutes les écoles militaires, remplacées par une
université, à la nomination de nouveaux membres du pouvoirs civil
(ministres) au Conseil militaire suprême en passant par une réforme
constitutionnelle pour contrôler directement les chefs d'état-major,
les annonces ont plu ce week-end.
Décrite jusqu'en 2010 dans la Constitution comme la "gardienne de la
République turque" et de sa laïcité, l'armée est ressortie humiliée
après le coup d'Etat raté auquel ont pris part une partie de ses
soldats et hauts gradés, tirant sur la foule et bombardant des
objectifs dans les grandes villes.
Près de 1.400 militaires ont été limogés en
Turquie dont
le conseiller militaire le plus proche du président Recep Tayyip
Erdogan, selon un décret officiel publié dimanche alors que le pouvoir
resserre son contrôle sur l'armée.
Ali Yazici, l'aide de camp du président Erdogan et son conseiller
militaire le plus proche, avait été interpellé cinq jours après la
tentative de coup d'Etat du 15 juillet. Dans le passé, l'homme qui
occupait ce poste depuis 2015 était photographié à côté du président
dans toutes les grandes manifestations.
Près de la moitié des généraux (149) ainsi que 1.099 officiers et 436
officiers subalternes ont été démis "pour cause d'indignité" la semaine
dernière.
Le chef d'Etat-major Hulusi Akar ainsi que les chefs des armées de
terre, de l'air et de la marine, restés loyaux au gouvernement élu,
sont eux restés en place.
- Ecoles militaires fermées -
Dimanche, un décret officiel a annoncé près de 1.400 limogeages
supplémentaires, dont celui de l'aide de camp et conseiller le plus
proche du président Erdogan Ali Yazici.
Selon l'agence de presse officielle Anadolu, ces militaires ont été
démis en raison de leurs liens avec le prédicateur Fethullah Gülen, qui
vit en exil aux Etats-Unis, et qu'Ankara accuse d'avoir ourdi le coup
d'Etat avec ses partisans "infiltrés" dans les institutions. M. Gülen
dément vigoureusement.
Désireux de renforcer son contrôle sur l'armée, le président
islamo-conservateur bénéficie de la perte de prestige de l'institution
après la tentative de coup.
Des milliers de citoyens s'en sont pris directement aux chars des
putschistes dans la nuit du 15 au 16 juillet, du jamais vu dans un pays
où l'armée a mené trois coups d'Etat réussis (1960, 1971 et 1980) et
poussé à la démission, en 1997, le Premier ministre islamiste et mentor
politique d'Erdogan, Necmettin Erbakan.
Après un vaste remaniement annoncé lors d'un Conseil militaire suprême
jeudi, un décret officiel a confirmé dimanche la fermeture de toutes
les écoles militaires du pays. Elles seront remplacées par une nouvelle
université militaire, manière de reprendre en main la formation.
Des étudiants de l'Académie militaire ont été arrêtés après la
tentative de coup d'Etat et placés en garde à vue.
- Chefs d'état-major sous contrôle -
Le pouvoir du président Erdogan a dans le passé resserré son emprise
sur la justice en faisant entre autres passer le centre des formation
des magistrats "sous la coupe du gouvernement", a rappelé à l'AFP le
juge français Marcel Lemonde, qui a mené durant deux ans une mission du
Conseil de l'Europe pour moderniser la justice turque.
Mais surtout, le président Erdogan a annoncé son intention de faire
passer sous son contrôle direct les chefs d'état-major de l'armée,
ainsi que les services de renseignements (MIT, ne dépendent pas de
l'armée).
"Nous allons introduire une petite réforme constitutionnelle (au
Parlement) qui, si elle est approuvée, fera passer le service national
de renseignement et les chefs d'état-major sous le contrôle de la
présidence", a-il déclaré samedi à la chaîne de télévision A-Haber.
Pour être adoptée, cette réforme devra recueillir une majorité des
deux-tiers au Parlement. Le gouvernement islamo-conservateur de l'AKP
aura donc besoin du soutien de certains partis d'opposition.
Le président avait rencontré deux d'entre eux juste après le coup et
ces derniers se seraient dits prêts à travailler sur une nouvelle
Constitution.
En attendant cette réforme le gouvernement a désigné les ministres de
la Justice, de l'Intérieur et des Affaires étrangères ainsi que les
vice-Premiers ministres membres du Conseil militaire suprême, selon les
médias turcs, y élargissant son influence.
Les hôpitaux militaires ont été placés sous le contrôle du ministère de
la Santé.
Et le ministre de l'Intérieur a annoncé cette semaine que la police
serait désormais équipée d'armes lourdes, une décision interprétée
comme une manière de contrebalancer le pouvoir de l'armée. (AFP, 31 juillet 2016)
Affaires
religieuses / Religious Affairs
Les policières en uniforme autorisées à porter le voile
La Turquie a pour la première fois autorisé les policières en uniforme
à porter le voile islamique, selon une décision de justice publiée
samedi dans le journal officiel.
Les femmes servant dans la police "pourront avoir la tête couverte"
sous leur casquette ou leur béret, à condition que ce voile "soit de la
même couleur que l'uniforme et n'ait pas de motifs", précise la
décision de justice.
Homme fort de Turquie depuis 2003, le président islamo-conservateur
Recep Tayyip Erdogan est régulièrement critiqué pour sa dérive
autoritaire et islamique.
Son gouvernement a autorisé le port du voile dans les universités et au
Parlement et, ces deux dernières années, dans la fonction publique et
les lycées, au grand dam des tenants de la République laïque fondée en
1923 par Mustafa Kemal Atatürk.
Mais les médias progouvernementaux soulignent que plusieurs Etats
occidentaux, comme l'Ecosse ou le Canada, ont déjà permis aux
policières de porter le voile. (AFP, 27 août
2016)
La Turquie limoge 2.560 autres membres du clergé musulman
La Direction des affaires religieuses (Diyanet), puissante institution
publique turque, a annoncé mardi avoir procédé au limogeage de 2.560
employés dans le cadre d'une vaste purge visant en Turquie depuis le
putsch avorté toute personne en "lien" avec Fethullah Gülen.
L'ex-imam qui s'est exilé aux Etats-Unis est accusé d'avoir ourdi le
coup d'Etat manqué du 15 juillet et la Turquie a demandé son
extradition.
Ces 2.560 personnes viennent s'ajouter aux 1.112 employés de la Diyanet
qui ont déjà été limogés, indique cet organisme dans un communiqué qui
donne un chiffre total de 3.672.
"Les commissions mises en place à cet effet (pour débusquer les
sympathisants de Gülen) font un travail rigoureux", ajoute le texte.
La Diyanet, directement liée au Premier ministre, a été créée pour
assurer le contrôle de l'islam sunnite, le courant de l'islam dominant
en Turquie, et est critiqué par les laïcs pour traiter autrement les
autres courants musulmans, notamment la minorité progressiste alévie.
Les ministres du culte musulman sunnite sont des fonctionnaires
rémunérés par l'Etat. La Diyanet emploie plus de 100.000 fonctionnaires
et son budget est considérable, supérieur notamment à celui alloué à
plusieurs ministères dont celui de la Santé.
Des dizaines de milliers de fonctionnaires ont été congédiés depuis le
coup d'Etat avorté après avoir été accusés d'être liés à l'ex-imam. La
purge a surtout visé l'armée, la justice, la presse et l'enseignement.
En outre, 16.000 personnes ont été inculpées et arrêtées et quelque
6.000 (autres) suspects sont toujours en garde a vue, a dit mardi le
ministre de la Justice Bekir Bozdag. (AFP, 9 août
2016)
Accusée d'être pro-Erdogan, DITIB dénonce sa "stigmatisation"
La principale association islamique de la communauté turque
d'Allemagne, Ditib, a dénoncé lundi les appels de la classe politique
allemande à se distancer du régime d'Ankara, y voyant une
"stigmatisation" venant d'ordinaire de l'extrême-droite.
"Les communautés du Ditib et chacun de ses membres sont quasiment
considérés comme des dangers pour l'Etat. Une telle stigmatisation
diffamatoire provient d'ordinaire de groupes antidémocratiques, de
l'extrême-droite. Le fait que ce discours, cette argumentation
proviennent de partis démocratiques (...) doit nous alarmer", écrit le
Ditib dans un long communiqué.
"Nous rejetons de la manière la plus ferme les allégations sur un
contrôle depuis l'étranger (du Ditib) (...), sur un danger que
représenterait notre communauté religieuse", écrit l'association.
A la suite du putsch manqué du mois de juillet et de la purge qui a
suivi en Turquie, des tensions sont apparues dans la communauté turque
d'Allemagne, forte de plus de 3 millions de personnes, entre partisans
et adversaires de Recep Tayyip Erdogan.
Craignant de voir ce conflit s'exacerber, des responsables des partis
de coalition au pouvoir, la CDU d'Angela Merkel et les
sociaux-démocrates du SPD, s'en sont inquiétés et certains ont appelé à
la retenue le Ditib, relais en Europe du secrétariat d'État turc pour
les affaires religieuses qui gère plus de 900 mosquées allemandes.
Le chef du groupe parlementaire de la CDU, Volker Kauder, a notamment
qualifié dimanche l'association de "porte-voix" de M. Erdogan.
Une responsable de la SPD, Kerstin Griese, a de son côté appelé le
Ditib à "ne pas justifier ou soutenir la vague d'arrestations et les
atteintes à la démocratie et à la liberté d'expression en Turquie".
Cette passe d'armes intervient alors que les relations germano-turques
n'ont cessé de se tendre ces dernières semaines en raison de l'adoption
par le Parlement allemand d'une résolution reconnaissant le génocide
arménien et de menaces turques de suspendre un accord crucial limitant
l'afflux de migrants en Europe.
Dernière dispute en date, la Turquie a convoqué la semaine dernière le
chargé d'affaires allemand au lendemain d'une manifestation de Turcs à
Cologne pour laquelle le président Erdogan s'était vu interdire de
s'exprimer par vidéo. (AFP, 8 août
2016)
Mandat d'arrêt contre Gülen, qui dénonce l'"autoritarisme" d'Erdogan
Fethullah Gülen, le prédicateur exilé aux Etats-Unis visé par un mandat
d'arrêt turc l'accusant d'être le cerveau du coup d'Etat manqué, a
dénoncé vendredi l'absence d'indépendance de la justice turque aux
ordres d'un pouvoir en pleine dérive autoritaire.
Le mandat d'arrêt émis jeudi par un tribunal d'Istanbul accuse
l'ex-imam, qui s'est exilé depuis 1999 en Pennsylvanie (est), "d'avoir
ordonné la tentative de coup d'Etat du 15 juillet", qui a fait vaciller
le pouvoir pendant quelques heures et tué 272 personnes, selon l'agence
progouvernementale Anadolu.
Cette démarche ouvre la voie à une demande formelle d'extradition de la
bête noire du président Recep Tayyip Erdogan auprès de Washington.
"J'ai condamné à plusieurs reprises la tentative de coup d'Etat en
Turquie et nié toute connaissance ou toute implication" dans cette
affaire, a rappelé M. Gülen dans un bref communiqué.
"Il est établi que le système judiciaire turc n'est pas indépendant,
donc ce mandat d'arrêt est encore un exemple de la tendance du
président Erdogan à l'autoritarisme et à s'éloigner de la démocratie",
a-t-il ajouté.
Le chef de l'Etat turc a annoncé jeudi soir la venue du secrétaire
d'Etat américain John Kerry pour la fin du mois, ce qui serait la
première visite d'un haut diplomate occidental depuis le coup d'Etat
manqué le 15 juillet. Mais le département d'Etat américain n'a pas
confirmé cette visite.
Ce dossier promet d'empoisonner durablement les relations
turco-américaines. Les Etats-Unis ont demandé des preuves à Ankara de
l'implication de l'ex-imam septuagénaire.
Les plus hauts responsables de Turquie ont déjà réclamé de nombreuses
fois aux Etats-Unis l'extradition du "terroriste" Gülen. Et Ankara a
annoncé avoir déjà fourni à deux reprises des "dossiers" sur le rôle de
M. Gülen dans le coup d'Etat manqué.
Washington a répété jeudi que cette procédure juridique prenait du
temps. Le ministère de la Justice "essaie toujours de déterminer si les
documents fournis constituent une demande formelle d'extradition", a
expliqué le porte-parole du département d'Etat Mark Toner.
- 'Nid de terroristes' -
Dans les deux prochaines semaines, une délégation emmenée par les
ministres turcs des Affaires étrangères et de la Justice doit se rendre
aux Etats-Unis pour expliquer l'implication supposée de M. Gülen dans
la tentative de coup d'Etat, a ajouté M. Erdogan dans la soirée.
La Turquie avait déjà émis un mandat d'arrêt contre M. Gülen en
décembre 2014 notamment pour avoir "monté et dirigé une organisation
terroriste armée" alors que les relations de M. Erdogan avec son ancien
allié s'étaient dégradées en raison d'un scandale de corruption
impliquant des proches du président et des ministres. Ankara avait vu
derrière ce scandale la main de Gülen.
Le neveu de Gülen, Muhammet Sait Gülen, a été placé jeudi en détention
à Ankara, a annoncé la télévision CNN Turk, après une garde à vue le 23
juillet dans la ville de Erzurum (est).
Comme chaque jour depuis le coup d'Etat manqué, le président Erdogan a
dénoncé en termes très vifs le "virus" des sympathisants de Gülen "qui
s'est répandu partout" et que la Turquie "est obligée de nettoyer".
"Chaque école, chaque maison (...) et chaque compagnie de cette
structure (le réseau des proches de Gülen) est un nid de terroristes",
a lancé le chef de l'Etat: "ces gens sont des meurtriers, des
hypocrites (...) des voleurs".
"Ceux déjà arrêtés ne sont que le sommet de l'iceberg", a-t-il
poursuivi, "les autres restent à l'oeuvre. Il ne fait pas de doute que
le monde des affaires est un pilier de l'organisation", a-t-il assuré.
La traque implacable aux sympathisants, réels ou supposés, de Gülen en
Turquie a touché tous les secteurs de la société, laminant en
particulier l'armée -- près de la moitié des généraux ont été limogés
-- l'éducation, la justice et les médias, dont 131 ont été abruptement
fermés.
Selon les données fournies par le ministre de l'Intérieur Efkan Ala,
près de 26.000 personnes ont été placées en garde à vue et 13.419
étaient en détention préventive. Au total plus de 50.000 limogeages ont
eu lieu.
Cette purge a entraîné de vives critiques, notamment en Europe où
l'Autriche a appelé à une rupture des négociations d'adhésion d'Ankara
à l'Union européenne. Le président de la Commission européenne
Jean-Claude Juncker a toutefois estimé que ce serait une "grave
erreur".
(AFP, 5 août
2016)
Socio-économique
/ Socio-economic
Erdogan inaugure le 3e pont sur le Bosphore contesté à Istanbul
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a inauguré vendredi le troisième
pont sur le Bosphore à Istanbul, un ouvrage élégant, relevant de
considérables défis techniques et édifié en un temps record, a constaté
l'AFP.
Ce troisième pont routier et ferroviaire, l'un des plus grands ponts
suspendus du monde, est censé décongestionner la métropole tentaculaire
et alléger la circulation sur les deux premiers ponts enjambant le
Bosphore et reliant aussi les rives européenne et asiatique de la ville
de 18 millions d'habitants.
Le pont Yavuz Sultan Selim, qui doit être mis en service dès samedi,
s'inscrit dans le cadre d'un gigantesque projet autoroutier devant
permettre à la plus grande ville de Turquie de s'étendre vers la mer
Noire.
"Nous sommes en Europe, et nous allons rejoindre l'Asie par la mer pour
la troisième fois", a déclaré le président Erdogan avant de couper le
ruban. "Nous connectons les continents grâce au pont", a-t-il lancé,
ajoutant: "Les films du monde entier seront tournés ici".
Lyrique lui aussi, le Premier ministre Binali Yildirim a estimé que
"Istanbul est une ville de ponts", une ville "hors pair qui connecte
les continents et les cultures".
"Yavuz Sultan Selim n'est pas seulement un pont mais une oeuvre d'art",
a-t-il insisté, qualifiant la structure hybride -- le pont est à la
fois suspendu et doté de haubans -- de "merveille de l'ingénierie".
Ce pont, conçu par les architectes français Michel Virlogeux et suisse
Jean-François Klein et bâti par une joint-venture sud-coréenne, vient
s'ajouter à la liste de grands travaux spectaculaires dans la ville
d'Istanbul dont M. Erdogan a été le maire.
Près de 900 millions de dollars (798 millions d'euros), plus grande
portée du monde, circulation ferroviaire et automobile: avec ce projet
d'envergure, Erdogan entend laisser une nouvelle trace dans l'histoire
de la Turquie moderne, marquée par les dates d'achèvement des deux
premiers ponts du Bosphore (1973 et 1988).
L'évènement lui offre également l'occasion d'un bref moment de gloire
dans une Turquie toujours assommée un mois et demi après un putsch
raté, qui a fait entrer ses chars dans le nord de la Syrie et a encore
été secouée vendredi matin par un attentat mortel dans le sud-est
attribué à la guérilla kurde.
A l'image de sa dimension impressionnante, le pont a d'ailleurs hérité
du nom du sultan Yavuz Selim, qui a conquis de larges pans du
Moyen-Orient lors d'un règne de huit ans et reste une figure très
respectée de nombreux Turcs.
Ces dernières années, le président turc, qui règne sur le pays depuis
2003, a multiplié les projets d'urbanisation très ambitieux, souvent
menés tambour battant. Istanbul, dont il a été le maire, a ainsi vu
l'inauguration en juillet de la mosquée pharaonique de Çamlica, l'un de
ses grands travaux.
Mais la plupart des aménagements doivent surtout permettre de
décongestionner la ville en reliant les rives européenne et asiatique
de cette métropole de 18 millions d'habitants qui souffre de la
pollution et d'embouteillages monstres.
"Tout le monde doit savoir que nous construisons l'avenir d'Istanbul en
même temps que nous protégeons son histoire", affirme à l'AFP le
ministre des Transports, Ahmet Arslan.
- 'Vitrine politique' -
En 2015, Erdogan a ainsi relancé l'idée d'un canal parallèle au détroit
du Bosphore, qui prévoit le percement d'une voie d'eau de 43 km de long
entre la mer Noire au nord et la mer de Marmara au sud, dans la partie
européenne de la plus grande ville de Turquie.
Plus récemment, le gouvernement a annoncé pour 2020 un "mégaprojet" de
tunnel sous le détroit du Bosphore, doté de trois niveaux et long de
6,5 km.
"Depuis qu'il a été élu, Erdogan n'a jamais cessé d'avoir un oeil sur
Istanbul, dont il a fait une véritable vitrine politique", explique à
l'AFP Jean Marcou, professeur à Sciences Po Grenoble (France) et
chercheur associé à l'Institut français d'études anatoliennes.
Car ces constructions contribuent à renforcer la puissance du régime,
au moment où le pays semble fragilisé par l'augmentation du nombre
d'attentats sur son sol et le conflit avec les Kurdes.
Parmi les autres réalisations figurent des lignes ferroviaires à grande
vitesse et l'ouverture de nouvelles centrales hydroélectriques et
thermiques, dont nombre ont été menées sous la responsabilité du
nouveau Premier ministre Binali Yildirim, fidèle allié d'Erdogan et
ex-ministre des Transports.
"A terme, tous ces grands projets dessinent une nouvelle Turquie dont Erdogan espère qu'elle le soutiendra", souligne M. Marcou.
- Aéroport tentaculaire -
S'ils font la part belle au parti islamo-conservateur au pouvoir AKP
(Parti de la Justice et du développement), ces grands travaux
d'aménagement ont également leurs détracteurs qui dénoncent des
"projets fous" à la recherche effrénée de la grandeur et de rentabilité.
L'initiative la plus controversée reste la construction d'un troisième
aéroport, qui doit s'achever en 2018 et permettra à terme d'accueillir
200 millions de passagers, ce qui en ferait l'un des plus grands du
monde.
L'annonce a provoqué la colère des organisations écologistes, qui ont
dénoncé "un massacre environnemental" dans une zone boisée située près
du lac Terkos, l'un des six principaux réservoirs d'eau potable
d'Istanbul.
Mais la contestation dépasse parfois la frontière de l'urbanisme: en
2013, le projet d'aménagement de l'emblématique place Taksim, prévoyant
la reconstruction d'une caserne ottomane en lieu et place du parc Gezi,
avait provoqué une violente fronde antigouvernementale.
"On voit que le régime a été ébranlé car depuis trois ans, il n'a pas
touché au parc de Gezi", rappelle M. Marcou. "Indiscutablement, le
gouvernement a été contraint de prendre en compte la résistance." (AFP, 27 août
2016)
Manifestation LGBT à Istanbul après le meurtre barbare d'une transsexuelle
Environ 200 militants de la cause transgenre ont manifesté dans le
calme dimanche soir à Istanbul pour demander justice après le meurtre
barbare d'une transsexuelle au début du mois.
Le corps de Hande Kader, transsexuelle prostituée de 22 ans, avait été
retrouvé mutilé et calciné, dans un quartier chic d'Istanbul, une
semaine après qu'elle avait été vue pour la dernière fois monter dans
la voiture d'un client.
Militante active de la cause LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et
transgenres) Hande Kader était devenue une figure iconique de la
communauté après avoir fait face en juin 2015, assise sur la chaussée,
aux canons à eau de la police antiémeute qui tentait d'interdire la Gay
pride d'Istanbul.
"Justice pour Hande Kader" ou "Luttons pour notre survie" proclamaient
les bannières de manifestants qui se sont retrouvés dimanche soir sur
l'artère centrale d'Istiklal, sous la surveillance de la police qui
n'est pas intervenue.
"Nous allons lutter jusqu'à ce que ne trouvions le responsable de
l'assassinat de Hande Kader", a déclaré une transsexuelle, responsable
de la communauté LGBT à Istanbul.
Une autre transsexuelle a lu un communiqué expliquant que "les meurtres
de transsexuels sont politiques, car (...) les responsables sont ceux
qui prônent le système +hétéro-normatif+", et "le système éducatif
conservateur qui ne nous prend pas en considération".
Une quarantaine de transsexuels ont été tués en Turquie depuis 2008, selon les associations LGBT.
Le 4 août, un réfugié syrien homosexuel avait été retrouvé mutilé. Le
corps de Muhammed Wisam Sankari n'avait pu être identifié par ses
proches que grâce à son pantalon. Il avait été décapité, tailladé et
éviscéré.
Les dernières manifestations de la communauté LGBT à Istanbul, ville la
plus tolérante de Turquie, avaient été rapidement dispersées en début
d'été par des canons à eau et des jets de gaz lacrymogènes.
Cette année la Gay pride, qui tombait en plein ramadan, comme en 2015,
avait été annulée, provoquant des manifestations vite interrompues.
La traditionnelle "marche des fiertés" d'Istanbul a eu lieu à 12
reprises sans incidents le dernier dimanche de juin, réunissant des
milliers de personnes. Elle était devenue la plus importante du genre
dans un pays musulman du Moyen-Orient. (AFP, 22 août
2016)
Le parquet ordonne la saisie des biens de 187 hommes d'affaires
Le parquet d'Istanbul a ordonné jeudi la saisie des biens de 187 hommes
d'affaires recherchés et soupçonnés d'avoir des liens avec l'ex-imam
Fethullah Gülen, accusé d'être le cerveau du putsch avorté en Turquie,
ont rapporté les médias locaux.
Lors d'une vaste opération de la police financière à Istanbul et dans
d'autres villes, 60 suspects, dont des patrons de grandes entreprises,
ont été placés en détention préventive, a rapporté l'agence de presse
Dogan.
Le parquet a émis 187 mandats d'arrêt dans le cadre de cette opération,
la deuxième depuis le début de la semaine, visant notamment le chef de
la confédération patronale Tüskon et des hommes d'affaires connus.
Parmi les hommes d'affaires visés par un mandat d'arrêt se trouve aussi
le gendre du maire d'Istanbul, Kadir Topbas, membre influent du parti
islamo-conservateur au pouvoir du président Recep Tayyip Erdogan, selon
les médias.
Les personnes arrêtées sont accusées de financement d'un groupe
terroriste, la FETO, l'acronyme utilisé par le pouvoir pour désigner le
mouvement Gülen.
Le Premier ministre turc Binali Yildirim a annoncé mercredi soir que
40.029 personnes avaient été interpellées depuis le 15 juillet, dont
20.355 ont été placées en détention.
Il a ajouté pendant une allocution télévisée que 79.900 employés du
service public avaient été démis de leurs fonctions, notamment dans
l'armée, la police et la justice, et que 4.262 entreprises ou
institutions liées à Fethullah Gülen avaient été fermées. (AFP, 18 août
2016)
Des entreprises dans le collimateur, 120 suspects recherchés
La police financière turque a lancé une vaste opération mardi à
Istanbul contre des entreprises soupçonnées de liens avec l'ex-imam
Fethullah Gülen, accusé d'avoir ourdi le putsch avorté du 15 juillet,
et recherche 120 suspects, a rapporté l'agence de presse
progouvernementale Anadolu.
Les équipes de police ont mené simultanément des descentes contre les
sièges de 44 compagnies dans les quartiers conservateurs d'Üsküdar et
d'Ümraniye, sur la rive asiatique de la mégapole, a précisé l'agence.
Des procureurs ont émis un total de 120 mandats d'arrêt dans le cadre
de cette rafle, souligne Anadolu, sans préciser quelles sociétés sont
dans le collimateur de la justice.
Les autorités turques ont lancé une purge massive après le coup d'Etat
avorté, arrêtant plus de plus de 35.000 personnes soupçonnées de
sympathie pour le prédicateur. Des dizaines de milliers de
fonctionnaires ont été renvoyés ou suspendus.
Gülen, bête noire du président Recep Tayyip Erdogan, qui vit en exil
volontaire aux Etats-Unis depuis 1999, nie toute implication dans le
coup de force.
Lundi, la police a arrêté 136 avocats et autres employés de justice dans les principaux tribunaux d'Istanbul. (AFP, 16 août
2016)
L'avenue Istiklal d'Istanbul change de visage après les attentats et le putsch
La plus célèbre artère commerçante de Turquie,
l'avenue Istiklal, est en train de changer de visage, les commerces
désertant peu à peu ce centre névralgique de la culture et du tourisme
à Istanbul.
La rue piétonne, longue de près de 1,5 km et située dans le quartier de
Beyoglu (anciennement Péra), abrite des boutiques élégantes, des
librairies, des galeries d'art, des cafés et pubs, ainsi que le plus
ancien lycée francophone de Turquie, Galatasaray, datant de l'époque
ottomane, situé au milieu de l'avenue menant à la place Taksim.
De nombreux magasins y ont cependant mis la clé sous la porte dans la
foulée d'une attaque meurtrière en mars qui a tué trois touristes
israéliens et un Iranien, attribuée par les autorités aux jihadistes du
groupe d'Etat islamique (EI). Un dernier attentat a tué 45 personnes en
juin à l'aéroport Atatürk.
Istiklal occupe une place particulière dans l'histoire d'Istanbul, et
était, jusqu'à l'effondrement de l'Empire ottoman dans les années 1920,
le coeur de ce qui était alors le quartier européen et cosmopolite de
la ville.
Alors connue sous le nom de la Grande Rue de Péra, elle a formé l'axe
d'une zone qui était peuplée presque exclusivement d'Européens et de
chrétiens.
Des siècles durant, l'avenue à été la plaque tournante des marchands
étrangers, des diplomates d'Istanbul, alors Constantinople, baignant
dans une culture européenne de théâtres, de cafés et même de
consommation d'alcool au coeur de la capitale ottomane.
Les églises et ambassades construites à cette époque bordent encore la rue Istiklal aujourd'hui.
- Tourisme en berne -
Mais le lieu a vu son caractère changer après la Première Guerre
mondiale, avec un afflux de Russes blancs dans la foulée de la
révolution d'Octobre, puis le départ de nombreux diplomates quand la
capitale a été déplacée à Ankara avec la fondation de la République
turque en 1923.
Rebaptisée avenue Istiklal ("indépendance"), la zone est devenue quasi
exclusivement musulmane et turque avec le départ de la plupart des
minorités chrétiennes, chassées lors des émeutes anti-grecques de 1955.
Mais elle a quand même réussi à conserver encore des boutiques et des
cafés fréquentés par les flâneurs et les amoureux d'une nostalgie pour
l'"ancienne" Istanbul.
Profitant à plein de la croissance économique dynamique de la Turquie
dans la dernière décennie, Istiklal a progressivement été colonisée par
les grandes chaînes commerciales au détriment des petits magasins
chassés par les loyers élevés.
Istiklal est devenu un aimant pour les touristes en particulier venant des pays arabes.
Mais avec la chute du tourisme, l'artère est confrontée à un avenir incertain.
Ahmet Misbah Demircan, le maire du district de Beyoglu du parti AKP, au
pouvoir, refuse tout défaitisme. "Nous sommes conscients des ondes
négatives. Cela est naturel, après tout ce qui est arrivé, mais je ne
vois personnellement aucun signe montrant qu'il y aura un impact
permanent", a-t-il dit à l'AFP.
"Le coup d'Etat du 15 précédé par les attaques terroristes étaient des
actions visant à endommager l'économie de la Turquie", a déclaré le
maire qui estime injuste de stigmatiser Istiklal avec des "scénarios de
catastrophe".
Selon les habitants, les loyers montant en flèche sont à l'origine de
la fermeture de nombreux magasins. Des annonces de location pullulent.
"Au cours de la dernière décennie, les loyers ont grimpé d'une manière
irrationnelle", explique un propriétaire sur l'artère, Ihsan Aydogan,
évoquant des loyers mensuels compris entre 40.000 et 400.000 dollars.
- Airs arabes -
Mais les attaques terroristes et les loyers élevés ne sont pas le seul facteur.
Les manifestations anti-gouvernementales de 2013 visant à dénoncer
l'"autoritarisme" du régime turc, qui ont débuté dans le parc public
Gezi situé sur la place Taksim et violemment réprimées par la police,
avaient déjà entamé la popularité de l'avenue.
A l'époque, les manifestants ont joué au chat et à la souris avec la
police antiémeute au milieu des salves de grenades lacrymogènes dans
les rues latérales d'Istiklal.
La grande rue, parcourue autrefois chaque jour par des dizaines de
milliers de personnes, semble maintenant être abandonnée principalement
aux touristes arabes, alors que les touristes occidentaux sont moins
présents.
Hakan Eginlioglu, président de la Chambre des guides touristiques
d'Istanbul, a indiqué que l'avenue Istiklal était dans le passé
fréquentée par les Turcs laïcs et les touristes européens, mais a été
transformée au fil des ans, pour attirer des habitants des quartiers
conservateurs et des touristes arabes.
"Le profil humain à Istiklal est en train de changer, tout comme son atmosphère", dit-il. (AFP, Fulya OZERKAN, 14 août
2016)
Un homosexuel syrien décapité à Istanbul
Le corps d'un réfugié syrien homosexuel a été retrouvé décapité et
horriblement mutilé deux jours après sa disparition fin juillet dans le
centre d'Istanbul, a annoncé une organisation de défense des droits des
homosexuels.
Muhammed Wisam Sankari, qui avait fui la guerre en Syrie, avait disparu
le 23 juillet après avoir quitté son domicile à Aksaray, dans le
district islamo-conservateur de Fatih, a rapporté mercredi le Kaos GL,
une association militante turque.
Il a été retrouvé deux jours plus tard à Yenikapi, dans le même district, a précisé l'association.
Le réfugié était arrivé à Istanbul il y a un an mais souhaitait quitter
la métropole turque où il ne se sentait pas en sécurité, après avoir
été menacé de viol par un gang d'hommes armés de couteaux, ont déclaré
ses amis à Kaos GL.
Son corps était si mutilé qu'il n'a pu être identifié que grâce à son
pantalon, a expliqué Gorkem, l'un de ses amis, en larmes, qui est allé
le reconnaître.
"Ils avaient tailladé le corps de Wisam si violemment que deux lames de
couteau se sont brisées dans sa chair. Ils l'ont décapité. Le haut de
son corps était méconnaissable, il était éviscéré. Nous avons reconnu
notre ami grâce à son pantalon", a-t-il expliqué.
Le réfugié syrien avait été enlevé et violé cinq mois plus tôt, a expliqué l'un de ses colocataires à l'organisation.
"Ils l'avaient emmené en voiture dans une forêt où ils l'avaient battu
et violé", a dit ce colocataire, Ryan. Ils allaient le tuer mais il a
eu la vie sauve en se jetant sur la route. Nous sommes allés voir la
police, mais rien n'a été fait", a-t-il accusé.
Un autre ami gay, identifié sous le nom de Diya, a indiqué à Kaos GL
qu'ils étaient tous effrayés alors que l'homophobie est très répandue
en Turquie.
"J'ai très peur. J'ai l'impression que tout le monde me regarde. J'ai été enlevé deux fois", a-t-il ajouté.
"Personne ne se préoccupe de nous. Que tu sois syrien ou turc, cela ne
fait aucune différence. Si tu es homosexuel, tu es une cible".
L'homosexualité est légale en Turquie mais la communauté gay se plaint
régulièrement de discriminations et de harcèlement dans ce pays
musulman conservateur.
(AFP, 4 août
2016)
Relations
turco-européennes / Turkey-Europe Relations
L'après-coup d'état, un test crucial pour la Turquie, estiment les députés
Le respect de droits de l’homme et l’état de droit suite à la tentative
de coup d’état va représenter un test crucial pour la démocratie en
Turquie, ont estimé les députés de la commission des Affaires
étrangères ce mardi. Suite à une mission d’observation dans le pays,
les députés veulent suivre de près la situation.
« La Turquie a vécu un choc. Il semble que depuis 2013, l’activité du
mouvement de M. Gülen était sous-estimée. Celui-ci s’est développé sur
le modèle d’une alliance secrète » a déclaré le Président de la
commission parlementaire Elmar Brok (PPE, DE).
Il a confirmé que durant sa visite en Turquie, la délégation a condamné
la tentative de putsch, mais a souligné que « même avant le coup
d’état, les évolutions en Turquie dans le domaine de la liberté
d’opinion n’était déjà pas acceptables, et l'éloignent de l’UE ».
La rapporteure Kati Piri (S&D, NL) a appelé à ne pas sous-estimer
le traumatisme porté à la société turque par la tentative de coup
d’état, se référant au bombardement du Parlement, l’arrestation de
journalistes et la mort de plus de 200 civils. Cependant, les autorités
turques ont réagi avec entre autres « l’arrestation de milliers de
personnes (...) qui n’était absolument pas liées à la tentative de
putsch » a-t-elle déclaré. « L’état de droit, qui comprend l’accès à un
avocat et le droit au jugement équitable, doit être respecté, et ce
sera un test crucial pour la démocratie » a déclaré Mme Piri.
De nombreux députés ont déclaré que l’UE devrait suivre de plus près
l’évolution de la situation des droits de l’homme et de l’état de droit
en Turquie, certains invitant à clarifier si M. Gülen et son mouvement
sont à l’origine du putsch.
Bien que certains députés ont estimé que “cette” Turquie ne saurait
devenir membre de l’UE, d’autres ont appelé à ouvrir les chapitres de
négociation 23 et 24 - en lien avec la justice, la liberté et la
sécurité - afin de faciliter le dialogue avec la Turquie sur la
démocratie.
De nombreux orateurs ont par ailleurs déclaré qu’en dépit de leur
soutien à l’accord UE-Turquie sur l’immigration, le Parlement européen
ne devrait donner son feu vert à la libéralisation des visas, qui fait
partie de l’accord, que lorsque les 72 critères de référence auront été
remplis.
Vous pouvez visionner l'enregistrement du débat et des interventions de
chaque orateur depuis ce lien. (europarl.europa.eu, 30 août 2016)
Ankara exige de l'UE l'exemption de visas d'ici octobre
La Turquie ne "pourra pas continuer de stopper" les flux migratoires
vers l'UE sans l'exemption d'ici octobre des visas pour les Turcs, a
mis en garde le chef de la diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu, dans un
entretien au quotidien grec Kathimerini publié mardi.
Le ministre turc a une nouvelle fois lancé cet avertissement aux
Européens après l'enregistrement, par les autorités grecques, entre
lundi et mardi matin, d'un nouveau pic de 462 arrivées de migrants
partis des côtes turques.
"La Turquie a fait sa part" pour couper ces flux, après le pacte
migratoire conclu en mars avec l'UE, et attend désormais des Européens
"qu'ils tiennent leurs promesses" faites en contrepartie, dont
l'exemption des visas Schengen pour les Turcs, a relevé M. Cavusoglu.
Si l'UE n'honore pas ses engagements, "la Turquie ne peut pas continuer
à stopper à elle seule la migration irrégulière" vers l'Europe, a-t-il
mis en garde. "Nous attendons une libéralisation des visas pour les
citoyens turcs au plus tard en octobre", a-t-il insisté.
Athènes comme l'UE redoutent que la Turquie ne rouvre les vannes
migratoires en Égée, alors que la dérive autoritaire du régime turc
après le putsch raté du 15 juillet a jeté le froid sur ses relations
avec les Européens.
Se comptant par milliers l'été dernier, les passages par l'Égée sont
tombés à une centaine en moyenne par jour, après le pacte UE-Turquie
prévoyant le renvoi de tous les arrivants après le 20 mars.
Mais ils ont légèrement augmenté après le putsch raté en Turquie, avec
ponctuellement des pics, dont le dernier entre lundi et mardi est un
record pour cet été. Les autorités grecques se gardent pour le moment
d'interpréter ces variations et s'emploient à maintenir la coopération
avec Ankara. (AFP, 30 août
2016)
L'Allemagne soutient les opérations anti-EI et anti-Kurdes de la Turquie
Après avoir souligné que la dimension anti-EI de l'opération turque
était "à l'unisson des objectifs et intentions de la coalition
anti-EI", le porte-parole de la diplomatie allemande a dit "respecter"
la décision d'Ankara de porter le combat contre les groupes Kurdes en
Syrie, pourtant alliés des Occidentaux dans le conflit syrien.
"La Turquie, à tort ou a raison, considère qu'il y a des liens entre,
du côté turc, le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), que nous
considérons aussi comme une organisation terroriste, et au moins une
partie des Kurdes du côté syrien. Nous respectons cela, et nous
considérons que c'est le droit légitime de la Turquie d'agir contre ces
activités terroristes. Nous soutenons la Turquie sur ce point", a dit
le porte-parole, Martin Schäfer, lors d'une conférence de presse
régulière.
L'armée turque, soutenue par les forces de la coalition internationale
antijihadiste, a lancé une opération mercredi avant l'aube en Syrie
avec des avions de combat et ses forces spéciales pour chasser le
groupe Etat islamique de Jarablos, ville frontalière de la Turquie.
Mais le président Recep Tayyip Erdogan a aussi annoncé que l'offensive
visait le PYD (Parti de l'Union démocratique, kurde) alors même que les
Etats-Unis soutiennent, au grand dam d'Ankara, les Kurdes, qui ont fait
reculer les jihadistes sur le terrain en Syrie. (AFP, 25 août
2016)
L'Allemagne réfléchit à retirer ses Tornados de Turquie (Spiegel)
L'armée allemande prépare un scénario de retrait de ses avions de
reconnaissance engagés dans la coalition anti-EI et basés en Turquie en
raison des tensions germano-turques croissantes autour notamment de la
reconnaissance du génocide arménien, rapporte jeudi le Spiegel.
"La Bundeswehr se prépare à un retrait de Turquie (...), des
vérifications sont en cours pour déployer les Tornados et les avions de
ravitaillement à Chypre ou en Jordanie", écrit l'édition en ligne de
l'hebdomadaire allemand sans citer de source.
"Nous aimerions poursuivre notre mission en Turquie au sein de la
coalition (contre le groupe jihadiste Etat islamique) mais il y a des
alternatives à la base d'Incirlik", a dit un porte-parole du ministère
de la Défense au Spiegel, sans pour autant confirmer que des
préparatifs de départ avaient été engagés.
Un haut responsable parlementaire des sociaux-démocrates (SPD), membres
de la coalition gouvernementale d'Angela Merkel, a appelé à ce que
l'armée allemande quitte la base si la Turquie continue d'interdire aux
députés allemands de se rendre sur les lieux en représailles de
l'adoption en juin d'une résolution parlementaire reconnaissant le
génocide arménien.
"Si l'on ne peut rendre visite aux soldats (allemands déployés en
Turquie), la prolongation du mandat est exclue", a expliqué au Spiegel
Rainer Arnold, chargé des questions de défense au sein du groupe
parlementaire du SPD.
Le mandat de la mission allemande expire en décembre 2016 et sa
prolongation doit être actée par les députés. Sans le SPD, une majorité
serait difficile à obtenir.
Les relations entre Berlin et Ankara se sont considérablement tendues
ces dernier mois avec la résolution sur le génocide arménien,
l'interdiction faite en juillet au président Recep Tayyip Erdogan de
s'exprimer par vidéo lors d'une manifestation en Allemagne de ses
partisans, les disputes autour de l'exemption de visa Schengen pour les
Turcs et les interrogations sur l'avenir de l'accord UE-Turquie qui a
réduit le flot de migrants vers l'Europe.
L'Allemagne a déployé en janvier une demi-douzaine de Tornados pour
effectuer des vols de reconnaissance en Irak et en Syrie ainsi qu'un
avion de ravitaillement dans le cadre de l'engagement militaire
international anti-EI. Angela Merkel avait décidé de cette mission en
soutien à la France après les attentats de Paris de novembre 2015. (AFP, 25 août
2016)
La Turquie rappelle son ambassadeur en Autriche
La Turquie a rappelé son ambassadeur à Vienne pour "passer en revue
(les) relations" après une série de passes d'armes avec l'Autriche, a
annoncé lundi le ministre des Affaires étrangères.
"Nous avons rappelé à Ankara notre ambassadeur à Vienne pour des
consultations et pour passer en revue nos relations" avec l'Autriche, a
annoncé Mevlut Cavusoglu, cité par l'agence progouvernementale Anadolu.
La semaine dernière, le chargé d'affaires autrichien à Ankara avait été
convoqué au ministère turc des Affaires étrangères qui avait protesté à
propos d'un bandeau d'information diffusé sur des écrans dans
l'aéroport de Vienne annonçant que "la Turquie autorise les relations
sexuelles avec des enfants de moins de 15 ans".
Cette affaire sur l'âge du consentement en Turquie a aussi fait des remous entre la Turquie et un autre pays de l'UE, la Suède.
Les relations entre la Turquie et l'Autriche se sont aussi récemment
tendues lorsque Ankara a accusé Vienne de "racisme radical", au
lendemain d'une vive passe d'armes sur les négociations en vue d'une
adhésion turque à l'Union européenne.
Le chancelier autrichien Christian Kern avait suggéré que l'UE suspende
ces négociations, en raison de l'ampleur des purges décrétées par le
président turc Recep Tayyip Erdogan depuis le putsch avorté du 15
juillet. (AFP, 22 août
2016)
"La Suède pays du viol", proclame un bandeau à l'aéroport d'Istanbul
A l'aéroport international d'Istanbul, un bandeau publicitaire sur
écran proclame: "la Suède pays du viol", en écho visiblement aux
critiques de ce pays sur la législation en matière d'abus sexuels en
Turquie qui ont provoqué une polémique diplomatique, ont constaté
vendredi des journalistes de l'AFP.
Sur le bandeau d'information situé dans la salle de départs de
l'aéroport Atatürk, les passagers peuvent lire en turc et en anglais:
"Avertissement aux voyageurs! Saviez-vous que la Suède a le taux de
viol le plus élevé du monde?".
La publicité présente aussi la Une du journal progouvernemental Günes qui titre: "La Suède pays du viol".
Ces annonces publicitaires sont gérées par une compagnie privée, a rapporté l'agence pro-gouvernementale Anadolu.
L'ambassade de Suède à Ankara a réagi "aux idées fausses sur les
statistiques de viol" indiquant sur son site internet que "comparer les
viols signalés en Suède aux viols signalés dans d'autres pays ayant des
systèmes juridiques et statistiques différents, ne décrit pas
correctement la réalité'.
"La Suède a une définition large" des délits qui sont considérés comme un viol, souligne l'ambassade.
Alors que le panneau antisuédois commençait à générer de nombreux
messages sur Twitter, un responsable turc a tenu, sous couvert de
l'anonymat, à faire une mise au point: "pour éviter toute confusion sur
+l'avertissement aux voyageurs+ à l'aéroport d'Istanbul, il s'agit
d'une publicité pour le journal Günes et non d'une annonce officielle".
Certains messages sur Twitter approuvaient la proclamation du bandeau.
Mais dans un tweet, une Turque, Cerena, s'en prenait à la "propagande
contre la Suède", ajoutant : "Soyez certains qu'il y a bien plus de cas
de viols en Turquie qu'en Suède".
La Turquie a protesté la semaine dernière au sujet d'un bandeau
identique dans l'aéroport de Vienne affirmant que "la Turquie autorise
les relations sexuelles avec des enfants de moins de 15 ans".
Cette affaire a ensuite provoqué des remous entre la Turquie et la
Suède. Le Premier ministre suédois Stefan Löfven et la ministre des
Affaires étrangères Margot Wallström ont émis des critiques qui ont été
rejetées avec véhémence par Ankara.
La Cour constitutionnelle turque s'est prononcée en juillet en faveur
du retrait d'une disposition du code pénal qui caractérise tout acte
sexuel avec un enfant de moins de 15 ans comme un "abus sexuel".
Le gouvernement turc se dit déterminé à combattre les abus sexuels à
l'encontre des enfants, l'âge légal du consentement à des relations
sexuelles en Turquie restant fixé à 18 ans. (AFP, 19 août
2016)
Nouvelles tensions germano-turques après la fuite d'un document confidentiel
La fuite d'un document confidentiel allemand évoquant les liens entre
le pouvoir turc et des groupes islamistes a entraîné de nouvelles
tensions entre Berlin et Ankara, la Turquie réclamant des explications
mercredi tandis que les autorités allemandes ont admis une erreur.
La chaîne de télévision publique allemande ARD avait diffusé mardi des
extraits d'une réponse classée "confidentielle" à une question de
parlementaires. Dans celle-ci, le ministère allemand de l'Intérieur
qualifiait la Turquie de "plateforme pour des groupes islamistes au
Proche et Moyen-Orient" en raison de son soutien "aux frères musulmans
en Egypte, au Hamas et à des groupes armés islamistes en Syrie" dont
les noms n'ont pas été cités.
Le ministère turc des Affaires étrangères a dans un communiqué réclamé
mercredi "des explications aux autorités allemandes" et dénoncé une
politique de "deux poids deux mesures provenant de certains cercles
politiques" en Allemagne.
Le porte-parole du ministère allemand de l'Intérieur, Johannes Dimroth,
a au cours d'une conférence de presse régulière mercredi pris ses
distances avec le document, soulignant que son ministère n'avait "pas
d'expertise" sur le sujet et que la réponse avait été rédigée "par
erreur" sans la participation du ministère des Affaires étrangères.
"Nous sommes fermement convaincus que la Turquie (...) est le
partenaire le plus important en ce qui concerne la lutte contre le
soi-disant Etat islamique", a-t-il souligné.
La porte-parole de la diplomatie allemande, Sawsan Chebli, a quant à
elle souligné que son ministère "n'était pas en accord" avec le contenu
cité par ARD.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a, encore en juin, reçu Khaled
Mechaal, le chef du Hamas, une organisation "terroriste" selon l'UE et
les Etats-Unis. Il a aussi affiché de manière répétée son soutien à la
confrérie des Frères musulmans de l'ex-président égyptien Mohamed
Morsi, destitué par l'armée dirigée par le général Abdel Fattah
al-Sissi en 2013.
La Turquie a par ailleurs été accusée par le passé d'entretenir des
relations ambigües avec le groupe Etat islamique et de s'être montrée
trop solidaire avec des mouvements jihadistes dans le but de renverser
le régime syrien de Bachar al-Assad et de contrer les ambitions des
Kurdes.
Les relations germano-turques n'ont cessé de se tendre ces dernières
semaines en raison de l'adoption par le Parlement allemand d'une
résolution reconnaissant le génocide arménien et de menaces turques de
suspendre un accord crucial limitant l'afflux de migrants en Europe.
Dernière dispute en date, la Turquie a convoqué début août le chargé
d'affaires allemand au lendemain d'une manifestation de Turcs à Cologne
pour laquelle le président Erdogan s'était vu interdire de s'exprimer
par vidéo. (AFP, 17 août
2016)
Le Conseil de l'Europe appelle à défendre la convention des droits de l'homme
Le secrétaire général du Conseil de l'Europe, Thorbjørn Jagland, a
insisté mercredi sur la nécessité de défendre la Convention européenne
des droits de l'homme qui "exclut clairement" la peine de mort, en
réaction à un possible rétablissement de la peine capitale en Turquie.
"Les responsables politiques devraient défendre la Convention
européenne des droits de l'homme, qui exclut clairement la peine de
mort" et que la Turquie a ratifiée, a estimé M. Jagland dans une
déclaration à l'AFP, en réaction aux récents propos du président turc
Recep Tayyip Erdogan.
M. Erdogan avait évoqué dimanche un possible rétablissement de la peine
de mort, "si le peuple (le) veut", lors d'un discours devant des
centaines de milliers de Turcs.
Organisation paneuropéenne distincte de l'UE, le Conseil de l'Europe ne
tolère en son sein que des pays qui ont aboli la peine capitale ou
observent --comme c'est le cas en Russie-- un moratoire.
Le rétablissement de la peine de mort aurait également pour conséquence
la rupture des négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE.
M. Jagland avait été, début août, un des premiers responsables
européens à se rendre en Turquie, après le putsch avorté du 15 juillet.
Au cours de cette visite, il avait ravi ses hôtes en critiquant le
"manque de compréhension" des Européens à l'égard des défis auxquels
faisait face la Turquie après le putsch.
Il avait en même temps insisté sur la nécessité de respecter l'Etat de
droit, alors que le pouvoir en place a lancé dans l'armée, la justice,
l'éducation et la presse, une vaste traque des sympathisants du
prédicateur Fethullah Gülen, en exil aux Etats-Unis, accusé d'être
derrière le putsch.
Dans un contexte de refroidissement des relations avec l'Union
européenne, le défi consiste à maintenir un dialogue avec la Turquie
pour qu'elle reste "dans les clous" de la Convention européenne des
droits de l'homme, décrypte un diplomate européen.
En rendant compte de sa visite en Turquie devant les ambassadeurs du
Conseil de l'Europe, M. Jagland a plaidé pour l'ouverture "d'un
dialogue qui pourrait en retour influencer la façon dont la Turquie
gère cette situation", selon ce diplomate européen.
Le Conseil de l'Europe voit notamment d'un oeil critique le décret-loi
qui autorise des gardes à vue pouvant aller jusqu'à trente jours, guère
compatible avec la jurisprudence de la Cour européenne des droits de
l'homme.
Lors de cette réunion, M. Jagland a aussi reconnu qu'il y avait "un
vrai danger" de voir des innocents accusés à tort à l'occasion des
purges.
Alors qu'Amnesty International a évoqué des "preuves crédibles" de
détenus torturés en Turquie, M. Jagland a également plaidé, devant les
ambassadeurs, pour une visite du Comité de prévention de la torture
(CPT) du Conseil de l'Europe. (AFP, 10 août
2016)
UE/Turquie: il faudra "un discours de clarification"
Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement:
"La Turquie est un grand pays, indépendamment de ses gouvernants, c'est
une civilisation, c'est une puissance méditerranéenne, c'est aussi un
voisin de l'Europe".
"L'Europe en son temps a indiscutablement fait le choix d'apaiser ses
relations à la périphérie, y compris d'intégrer dans une perspective
européenne. Aujourd'hui ce processus est objectivement très enlisé. Il
n'avance pas (...)".
"Sur plusieurs points, nous voyons bien que le pouvoir politique, les
éléments constitutionnels, la façon de gouverner de la Turquie
s'éloignent des standards européens. C'est un fait. Chacun le constate.
Je pense qu'à un moment ou à un autre il faudra effectivement tenir un
discours de clarification".
"N'oublions pas non plus que l'Europe elle-même s'interroge sur ses frontières, sur ses fonctions, sur son identité".
"Il va falloir mettre tout ça à plat. Au moment où on a d'un côté le
Brexit, de l'autre côté des frottements avec la Turquie, il va falloir
clarifier les choses, de la même façon qu'il va falloir clarifier aussi
avec l'Europe centrale, orientale, l'Ukraine, notre partenariat avec la
Russie qui n'a jamais été stabilisé. Tous ces éléments doivent être
posés sur la table pour un redémarrage du projet européen".(AFP, 10 août
2016)
Putsch en Turquie: Strache évoque l'incendie du Reichstag
Le chef du parti d'extrême droite autrichien FPÖ, Heinz-Christian
Strache, a établi un parallèle samedi entre le renforcement du pouvoir
en Turquie après le coup d'Etat manqué du 15 juillet et l'incendie du
Reichstag qui avait permis à Hitler de s'assurer les pleins pouvoirs en
1933.
"On a presque l'impression que ce putsch était piloté" par le pouvoir,
a-t-il déclaré au quotidien autrichien Die Presse. "De tels mécanismes
se sont déjà manifestés de façon dramatique dans l'Histoire, par
exemple lors de l'incendie du Reichstag", a-t-il souligné.
L'incendie du Parlement allemand, dans la nuit du 27 au 28 février
1933, avait permis au chancelier nazi Adolf Hitler, tout juste élu, de
supprimer les libertés civiques et d'éliminer son opposition au nom de
la lutte anti-communiste. Certains historiens estiment que cet incendie
a été directement commandité par le parti nazi.
Sans accuser explicitement le pouvoir turc d'avoir revisité ce
scénario, M. Strache a accusé le président turc Recep Tayyip Erdogan
d'instrumentaliser la tentative de coup d'Etat dans son pays pour
mettre en place une "dictature présidentielle" à l'aide de "listes
préétablies" d'opposants à arrêter.
Au moins 60.000 personnes ont été limogées, arrêtées ou gardées à vue
dans les jours qui ont suivi la tentative de coup d'Etat militaire du
15 juillet, commandité selon M. Erdogan par le prédicateur turc réfugié
aux Etats-Unis Fethullah Gülen.
Dans ce contexte, le chancelier social-démocrate autrichien Christian
Kern a provoqué le courroux d'Ankara en appelant cette semaine l'UE à
mettre un terme aux négociations d'adhésion de la Turquie.
La fermeté vis-à-vis de la Turquie fait l'objet d'un large consensus
dans la classe politique autrichienne, tant au sein de la grande
coalition gauche-droite au pouvoir que parmi les parti d'opposition FPÖ
et Vert.
(AFP, 6 août
2016)
L'Autriche appelle l'UE à mettre fin au processus d'adhésion de la Turquie
Le chancelier autrichien, Christian Kern, a appelé
mercredi l'Union européenne à cesser les pourparlers d'adhésion de la
Turquie, alors qu'Ankara mène une purge d'ampleur à la suite du coup
d'Etat manqué du 15 juillet.
L'adhésion de la Turquie à l'UE connaissait déjà des problèmes depuis
que le président turc Recep Tayyip Erdogan a suggéré de rétablir de la
peine de mort.
"Nous devons faire face à la réalité: les négociations d'adhésion ne
sont plus que de la fiction", a déclaré Christian Kern aux médias
autrichiens, ajoutant que "les normes démocratiques turques sont loin
d'être suffisantes pour justifier son adhésion".
Le chancelier a déclaré qu'il voulait un débat sur le sujet soit débattu lors du Conseil européen le 16 septembre.
Il préconise plutôt à l'UE de chercher de "nouvelles solutions
alternatives" pour aider l'économie turque à se rapprocher des
exigences européennes.
"(Le pays) reste un partenaire important dans les questions de sécurité
et d'intégration", a indiqué Christian Kern, soulignant le rôle clé de
la Turquie dans la crise des migrants.
En mars, La Turquie et l'UE ont signé un pacte destiné à tarir les
traversées de migrants des côtes turques vers les îles grecques, et qui
permet le renvoi en Turquie des migrants, en échange de contreparties
politiques et financières, dont l'accélération des négociations
d'adhésion. (AFP, 3 août
2016)
Le Secrétaire général du CE exhorte la Turquie à "ne pas ratisser trop large"
Le Secrétaire général du conseil de l'Europe Thorbjorn Jagland a
exhorté jeudi à Ankara la Turquie à faire preuve de retenue dans la
répression menée contre les personnes suspectées de liens avec le coup
d'Etat manqué du 15 juillet.
"Sur les poursuites post-coup d'Etat en Turquie : il ne faut pas
ratisser trop large", a écrit sur Twitter M. Jagland, après une
rencontre avec des responsables turcs à Ankara.
M. Jagland est l'un des plus importants représentants européens à se rendre en Turquie depuis la tentative de putsch.
Après une rencontre mercredi avec le ministre turc des Affaires
étrangères à Ankara, M. Jagland avait ravi ses hôtes en déclarant qu'il
fallait s'attaquer au "réseau secret" du prédicateur Fethullah Gülen,
en exil aux Etats-Unis, accusé par Ankara d'être derrière le putsch
avorté.
"Bien sûr nous voyons le besoin de nettoyer tout cela", a-t-il dit
mercredi, ajoutant qu'il y avait "trop peu" de compréhension de la part
de l'Europe face aux défis auxquels la Turquie fait face.
Un porte-parole de M. Jagland a précisé jeudi que le secrétaire général
comprenait "le besoin de mener des investigations", mais qu'il ne
soutenait pas pour autant une purge de grande envergure des
institutions turques.
Jeudi, M. Jagland a mené des discussions avec le ministre des Affaires
européennes, Omer Celik, et le principal leader d'opposition Kemal
Kilicdaroglu.
Selon le ministre de l'Intérieur Efkan Ala, 25.917 personnes ont été
interpellées, dont 13.419 étaient toujours en détention mercredi pour
leur rôle dans la tentative de putsch. Des dizaines de milliers
d'autres ont aussi perdu leurs emplois, en particulier dans l'éducation.
Selon le porte-parole, M. Jagland estime notamment que les enseignants
ne devraient pas être écartés simplement parce qu'ils ont travaillé
dans une école liée au réseau de M. Gülen.
Le président Erdogan a déclaré jeudi que le "virus" de l'influence de
Gülen s'était propagé partout en Turquie et devait être "nettoyé".
"Nous n'avons pas encore mis un point d'arrêt. Nous continuerons de
lutter de manière déterminée", a-t-il dit dans un discours au palais
présidentiel à Ankara.
(AFP, 4 août
2016)
Erdogan s'en prend à l'Italie, Renzi réplique d'un tweet sur l'Etat de droit
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a sommé mardi les juges
italiens de s'occuper de la mafia plutôt que de son fils, assurant
qu'une enquête judiciaire en cours pour blanchiment d'argent risquait
de compromettre les relations entre les deux pays.
"Que les juges italiens s'occupent de la mafia et non de mon fils", a
lancé le président turc lors d'une interview mardi matin à la
télévision italienne.
Le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, a répliqué d'un tweet
lapidaire dans l'après-midi: "Dans ce pays, les juges suivent la loi et
la Constitution italienne, pas le président turc. Cela s'appelle
+l'Etat de droit+".
Bilal Erdogan, le fils aîné du président islamo-conservateur, fait
l'objet d'une enquête ouverte en février par le parquet de Bologne
(centre-nord) à la suite d'une plainte déposée par un entrepreneur turc.
Cet entrepreneur, un opposant en exil, assure que Bilal a fui en Italie
"avec une grosse somme d'argent" et une équipe de gardes du corps armés
qui ont utilisé des passeports diplomatiques.
Bilal, qui s'était rendu à Bologne pour achever un doctorat, est l'un
des principaux suspects dans un gros scandale de corruption révélé en
décembre 2013, pour lequel toutes les enquêtes ont été classées.
"Mon fils devrait retourner à Bologne pour terminer son doctorat" mais
risque d'être arrêté, a encore déclaré M. Erdogan à la télévision
italienne. "Dans cette ville ils m'appellent dictateur et ils
manifestent pour le PKK. Pourquoi personne n'intervient ? C'est ça
l'Etat de droit ? Son affaire pourrait compromettre nos relations avec
l'Italie", a-t-il ajouté.
M. Erdogan fait l'objet de vives critiques pour son entreprise de
répression tous azimuts après un putsch manqué il y a deux semaines. (AFP, 2 août 2016)
L'Allemagne
rejette les menaces de la Turquie sur l'accord sur les migrants
Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier,
a rejeté mardi la "menace" de la Turquie de ne plus appliquer un accord
crucial limitant l'afflux de migrants en Europe faute de libéralisation
du régime de visa pour les Turcs.
"Cela n'apporte rien de se lancer mutuellement des ultimatums ou de se
menacer", a jugé M. Steinmeier dans le quotidien régional Rheinische
Post, répondant à son homologue Mevlut Cavusoglu. Ce dernier avait
réitéré lundi la menace de laisser tomber l'accord UE-Turquie sur les
réfugiés si les Européens n'ouvrent pas leurs frontières aux Turcs
d'ici octobre.
La Turquie "a encore du travail" pour obtenir de l'UE une exemption de
visas, a estimé le chef de la diplomatie allemande. "La Turquie s'est
engagée à mettre en oeuvre les avancées requises" pour cette exemption
de visas, et "ce n'est pour l'heure pas le cas", a-t-il ajouté.
Le ministre allemand de l'Economie Sigmar Gabriel, en campagne dans le
nord du pays avec son parti social-démocrate, avait aussi estimé lundi
qu'en "aucun cas l'Allemagne ou l'Europe ne peuvent faire l'objet d'un
chantage" de la part de la Turquie.
Principal point de blocage à la suppression des visas pour les Turcs,
Ankara a jusqu'ici refusé d'assouplir sa loi antiterroriste, jugée non
conforme aux normes européennes, l'une des 72 conditions posées par
Bruxelles.
Refusant d'envisager un "plan B" en cas d'échec de l'accord sur lequel
reposent les espoirs européens de réduire durablement l'afflux de
migrants, M. Steinmeier a estimé qu'il était "dans l'intérêt conjoint
de l'UE et de la Turquie de parvenir à une solution".
Aux discussions houleuses UE-Turquie s'ajoutent depuis plusieurs jours
des tensions germano-turques, depuis l'interdiction faite au président
Recep Tayyip Erdogan de s'exprimer par vidéo lors d'une manifestation
de Turcs dimanche à Cologne (ouest).
Ankara a qualifié d'"inacceptable" cette décision de la Cour
constitutionnelle allemande et a convoqué lundi le chargé d'affaires
allemand en Turquie, un geste minimisé par Berlin qui n'y a rien vu
"d'exceptionnel". (AFP, 2 août 2016)
L'Autriche refuse de se laisser
"intimider" par la Turquie
Le chancelier autrichien, Christian Kern, a rejeté mardi toute
tentative d'intimidation turque, sur fond de regain de tensions à la
suite du coup d'Etat manqué du 15 juillet et d'incertitudes concernant
l'accord UE-Turquie sur les réfugiés.
"Nous ne nous laisserons en aucun cas intimider", a déclaré M. Kern au
quotidien Österreich, affirmant faire personnellement l'objet de
"menaces de mort" provenant de "la frange droite et de radicaux
appartenant à la communauté turque" en raison de ses critiques répétées
envers Ankara.
Le dirigeant social-démocrate a notamment invité l'UE a faire preuve
d'une fermeté redoublée dans ses pourparlers en vue d'une exemption de
visa pour les ressortissants turcs, exigée par le président Recep
Tayyip Erdogan.
"Nous ne sommes pas en position de demandeurs. L'Union européenne a les
meilleures cartes en main. Nous avons certes besoin de la Turquie, mais
celle-ci a encore davantage besoin de nous sur le plan économique, à
moins de risquer une faillite d'Etat", estime M. Kern dans Österreich.
Il a formellement récusé des propos de M. Erdogan, qui avait accusé
vendredi l'Autriche et l'Allemagne d'"empêcher" les ressortissant turcs
de manifester, après que Berlin eut interdit à celui-ci de s'exprimer
par vidéo au cours d'une manifestation turque à Cologne.
L'Autriche, comme l'Allemagne, compte une importante communauté turque
et veut éviter une importation des divisions politiques à l'oeuvre en
Turquie. Fin juillet, le maire d'une commune proche de Vienne, Wiener
Neustadt, avait à cet effet interdit de pavoiser fenêtres et balcons de
drapeaux turcs.
"Je n'ai rien contre les Turcs, je critique les procédés de M. Erdogan
et des radicaux. Ils prennent en otage la masse des Turcs", souligne
mardi M. Kern dans Österreich.
Lundi, le chef de la diplomatie autrichienne, Sebastian Kurz, avait
dénoncé sur Twitter un "ultimatum" du Premier ministre Mevlut Cavusoglu
qui, dans un entretien avec le journal Frankfurter Allgemeine Zeitung,
avait fait planer dimanche la menace d'une dénonciation de l'accord
UE-Turquie sur les réfugiés si Bruxelles n'exemptait pas les Turcs de
visa d'ici à octobre.
L'Union européenne fait notamment dépendre cette exemption du respect
de la liberté d'expression en Turquie, particulièrement mise à mal par
les mesures qui ont succédé au coup d'Etat manqué du 15 juillet.
Un ténor du parti social-démocrate de M. Kern, Josef Cap, a qualifié de
"plaisanterie" le fait que la Turquie exige la liberté de circulation
en Europe de ses ressortissants, tout en frappant certains opposants
d'une interdiction de sortie du territoire.
La fermeté vis-à-vis d'Ankara fait l'objet d'un large consensus dans la
classe politique autrichienne, tant au sein de la grande coalition au
pouvoir que parmi les parti d'opposition FPÖ (extrême droite) et Vert. (AFP, 2 août 2016)
German Charge
d'affaires Summoned to Foreign Ministry
The relations between Turkey and Germany has become tense upon
President Recep Tayyip Erdoğan being banned from calling on to the
crowd holding a speech through video-conference in the “Democracy Rally
Against Coup” held in Cologne province of Germany.
Charge d'affaires of Embassy of Germany in Ankara summoned to the
Ministry of Foreign Affairs
Charge d'affaires of Embassy of Germany to Ankara, Robert Dölger has
been summoned to the Mİnistry of Foreign Affairs. According to the
report of state-run Anadolu Agency (AA), Dölger has been summoned on
behalf of Martin Erdmann, German Ambassador to Turkey who is out of
Ankara at the moment.
Based on diplomatic sources, the AA has also reported that President
Erdoğan’s speech being prohibited by the Constitutional Court of
Germany was to be discussed with Dölger.
Statements from Turkey
Kurtulmuş: Why was it allowed earlier?
Vice Prime Minister Numan Kurtulmuş in the statement he has held
following the Cabinet meeting has criticized the attitude of German
offices and noted, “In every country in the world, a leader who wants
to call on to the diaspora of their own country go [personally to these
countries] or participate through tele-conference. If so, why did you
let others?
Bozdağ: We will teach them democracy eventually
Minister of Justice Bekir Bozdağ holding a speech regarding the issue
in Mevlana Square in Konya had noted; “What about freedom of
expression? Those who had been defending the freedom of expression of
terrorists, those demanded decriminalisation of terrorist propaganda in
Turkey, Member States of the European Union and Merkel, I am asking you
all: Doesn’t the President of Turkey have freedom of speech like
terrorists do?...We have nothing to learn from them. Democracy
awareness of our precious nation is thousand times superior and
mightier than of this discriminating, fascist West. We will teach
them
democracy eventually”.
Kalın: President [Erdoğan] is curious about the real reason
Spokesperson of the Presidency İbrahim Kalın had criticized the
decision of the German authorities deeming the situation as
“unacceptable” and had noted that “President Erdoğan was curious about
the real reason of the decision” and added; “ We hope that the German
offices will make a satisfactory explanation”.
Reason of the ban is security
Federal High Administrative Court prohibiting Erdoğan’s speech at the
rally had justified its decision on grounds of the safety concerns of
Cologne Security Police and had argued that there was a high
probability a live connection to Erdoğan on a giant screen could cause
escalating tension between groups with different views.
(BIA, August 1, 2016)
Turquie-USA-OTAN /
Turkey-USA-NATO
Offensive turque en Syrie: Washington contraint au grand écart
Cinq semaines après le coup d'Etat raté et les demandes incessantes
d'Ankara pour que les Etats-Unis extradent l'ex-imam Fethullah Gülen,
l'intervention armée dans le nord de la Syrie risque d'envenimer des
relations américano-turques déjà fort tendues, préviennent des experts.
Car sur le théâtre de guerre syrien, qui s'est complexifié et
internationalisé, Washington soutient la principale milice kurde de
Syrie, le Parti de l'Union démocratique (PYD) et son aile militaire YPG.
Or, la Turquie se bat contre les Kurdes sur son sol et ne veut pas voir
les Kurdes syriens étendre leur territoire le long de sa frontière.
Pour Ankara, les PYD/YPG sont des groupes "terroristes", comme le Parti
des travailleurs du Kurdistan (PKK), mouvement armé actif depuis 1984
en Turquie. Aux yeux de Washington, le PKK est également "terroriste",
mais pas les PYD/YPG.
Déterminée à arrêter leur progression en Syrie, la Turquie a donc tiré
des obus jeudi soir sur les combattants kurdes, au lendemain de la
reprise à l'EI, par des rebelles syriens, de la ville de Jarablos.
Ankara avait lancé ses blindés mercredi, jour de la visite de
réconciliation en Turquie du vice-président américain Joe Biden. Malgré
le coup de froid des derniers mois, Washington ne cesse de vanter
l'"alliance" et "l'amitié" entre les deux membres de l'Otan, en
principe main dans la main au sein de la coalition internationale
anti-jihadiste.
"Jeu d'équilibriste"
L'émissaire du président Barack Obama pour cette coalition, Brett
McGurk, a résumé jeudi en deux tweets le jeu d'équilibriste de
Washington face à Ankara.
"Nous soutenons notre allié turc au sein de l'Otan pour protéger sa
frontière des terroristes de l'EI", a écrit le diplomate américain,
ajoutant que les Etats-Unis "soutenaient également les Forces
démocratiques syriennes (FDS: alliance de Kurdes et d'Arabes, Ndlr) qui
ont prouvé qu'on pouvait compter sur elles contre l'EI".
Depuis des mois, la diplomatie américaine réussit donc le grand écart
entre son alliance avec Ankara et son appui militaire aux Kurdes
syriens contre les jihadistes.
"Cette coopération entre les Etats-Unis et les Kurdes syriens est
depuis longtemps un gros contentieux avec la Turquie, même si elle l'a
tolérée", explique à l'AFP Mervé Tahiroglu, chercheuse au centre
d'analyse Foundation for the Defence of Democracies (FDD).
Mais lorsque cette semaine "les Kurdes (syriens) ont traversé
l'Euphrate, cela a été une ligne rouge pour la Turquie", décrypte la
spécialiste.
De fait, comme Ankara le réclamait, M. Biden a fermement demandé
mercredi aux forces kurdes syriennes de ne pas franchir l'Euphrate vers
l'ouest et de se retirer à l'est de cette rivière.
Pour Mme Tahiroglu, le régime du président Recep Tayyip Erdogan "a
décidé de montrer aux Etats-Unis qu'il pouvait mener également ses
propres opérations" militaires, hors de la coalition.
Pour autant, la Turquie n'est "pas prête à abandonner son partenariat avec les Etats-Unis et l'Otan", estime l'analyste.
"Excuses" de Biden
Reste que le coup d'Etat avorté du 15 juillet a laissé des traces:
Ankara reproche à Washington son manque d'empathie et exige
l'extradition de M. Gülen, exilé aux Etats-Unis et accusé d'avoir ourdi
le putsch.
M. Biden a dû présenter ses "excuses" pour ne pas être venu "plus tôt"
et a réaffirmé que son administration n'avait "jamais eu une
connaissance préalable" du coup d'Etat "ou une quelconque complicité",
comme l'avaient laissé entendre des responsables turcs.
Pour l'ancien député turc Aykan Erdemir, analyste à la FDD, c'est un
signe de la vague "anti-américaine et anti-occidentale" qui s'est
soulevée ces dernières semaines dans les médias gouvernementaux turcs.
"La Turquie évolue vers ce que j'appellerais un modus operandi moyen-oriental", dénonce-t-il.
Alors la venue du vice-président américain à Ankara permettra-t-elle de réconcilier les alliés ?
"La Turquie doit reconnaître les bénéfices de son alliance avec
l'Occident et cesser de courir après les fantômes de théories du
complot", répond Kemal Kirisci.
Et "les Etats-Unis doivent se rappeler que la Turquie est une alliée de
longue date de l'Occident, même si elle est difficile", écrit l'expert
dans un article de son centre de recherche Brookings Institution. (AFP,
26 août 2016)
Joe Biden ne cède pas sur l’extradition de Fethullah Gülen
En visite à Ankara pour tenter de réconcilier les Etats-Unis et la
Turquie après le putsch raté du 15 juillet, le vice-président américain
a exclu pour le moment d’extrader Fethullah Gülen, faute de preuves.
L’ex-imam est accusé par le gouvernement turc d’être l’instigateur du
coup d’Etat avorté contre le pouvoir de Recep Tayyip Erdogan.
En visite en Turquie ce 24 août, le vice-président américain Joe Biden
a tenté de recoller les morceaux entre les deux alliés au sein de
l’Otan. La relation Turquie-Etats-unis a en effet été durement éprouvée
par le coup d’Etat avorté et les appels impatients d’Ankara à une
extradition de Fethullah Gülen, exilé en Pennsylvanie et accusé par
Ankara du putsch manqué du 15 juillet.
« Je m’excuse. J’aurais aimé pouvoir venir plus tôt », a déclaré Joe
Biden au président Recep Tayyip Erdogan, qui avait reproché amèrement à
ses alliés occidentaux – Etats-Unis en tête – de ne pas avoir été
solidaires après le coup de force du 15 juillet et de ne pas être venus
à Ankara.
En revanche, si le vice-président a déclaré « comprendre les sentiments
intenses » du gouvernement et du peuple turcs, il a estimé que la
Turquie allait devoir fournir plus d’éléments incriminant l’ex-imam de
75 ans si elle veut obtenir son extradition, précisant qu’« aucune
preuve » de son implication présumée n’avait été présentée. Il
reviendra, selon lui, aux tribunaux fédéraux de décider du sort du
prédicateur.
Joe Biden a en outre exclu un quelconque soutien de Washington aux
putschistes en Turquie, comme l’avaient suggéré certains responsables
turcs, provoquant un fort sentiment antiaméricain en Turquie. Le
Premier ministre Binali Yildirim a estimé que les déclarations de Joe
Biden permettraient de renforcer les relations entre les deux pays,
soulignant cependant que « les griefs du peuple turc seront allégés si
les Etats-Unis accélèrent le processus d’extradition » de Fethullah
Gülen.
Soutien militaire en Syrie
Les Etats-Unis se sont toujours inquiétés de la tiédeur avec laquelle
le gouvernement turc combattait Daech. C’est donc avec satisfaction
qu’ils le voient prendre un rôle plus actif, intervenant pour la
première fois au-delà de sa frontière pour aider avec des chars et des
avions les rebelles syriens à reprendre Jarablos aux jihadistes,
analyse notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet.
Les Etats-Unis ont par ailleurs confirmé avoir soutenu par les airs,
via son l’aviation, l’offensive de ce 24 août qui a permis à des
rebelles syriens soutenus par la Turquie de reprendre des mains de
l’organisation Etat islamique la ville de Jarablos. Cette opération
visait à couper la route aux milices kurdes du PYD (Parti de l’union
démocratique) afin d’empêcher les Kurdes syriens de constituer une zone
homogène le long de la frontière avec la Turquie.
A cet égard, Erdogan vient de recevoir un petit coup de pouce du
vice-président américain Joe Biden. Ce dernier a déclaré avoir mis en
garde les milices kurdes du PYD en leur demandant de ne pas franchir
l’Euphrate vers l’ouest et de ne pas dépasser ce fleuve, qui représente
une sorte de ligne rouge pour Ankara. Joe Biden a prévenu qu’ils ne
devraient pas compter sur le soutien de Washington s’ils essayaient de
créer une unité territoriale autonome le long de la frontière turque.
Ce message à l’adresse des forces kurdes a certainement été très bien
accueilli par le pouvoir turc. (RFI, 24 août 2016)
Washington saisi de l'extradition de Gülen mais sans lien avec le putsch
Les Etats-Unis ont fini par confirmer mardi qu'ils avaient bien été
saisis d'une demande "formelle" par la Turquie d'extradition de
l'ex-imam Fethullah Gülen, mais en précisant que cette requête n'était
pas liée au coup d'Etat avorté de la mi-juillet.
"Nous pouvons confirmer dorénavant que la Turquie a demandé
l'extradition de M. Gülen. Mais je ne qualifierais pas cette requête
comme étant liée à la tentative de coup d'Etat. En fait, elle n'est pas
liée à la tentative de coup d'Etat", a déclaré le porte-parole du
département d'Etat Mark Toner en lisant ses éléments de langage lors de
son point de presse.
"Nous avons reçu une demande formelle d'extradition mais qui ne se
rapporte pas à la tentative de coup d'Etat", a insisté le responsable
américain, sans donner aucune explication sur le contenu du recours
diplomatique et juridique d'Ankara.
Cela fait des semaines que la Turquie affirmait avoir déposé une
demande d'extradition contre M. Gülen, réfugié depuis 1999 aux
Etats-Unis et qu'elle accuse d'être derrière le putsch raté du 15
juillet. Washington semblait depuis traîner des pieds face à la
pression d'Ankara, affirmant ne pas avoir reçu de demande "formelle" et
attendant des "preuves" de l'éventuelle responsabilité du prédicateur
musulman.
La confirmation du département d'Etat intervient alors qu'une
délégation des ministères américains des Affaires étrangères et de la
Justice devait s'entretenir mardi et mercredi avec les autorités
turques sur le cas de M. Gülen.
L'ex-imam âgé de 75 ans, exilé volontaire aux Etats-Unis, a nié fermement toute implication dans le coup de force.
Mais l'affaire a encore envenimé les relations déjà refroidies depuis
des mois entre les deux alliés américain et turc au sein de l'Otan.
Le vice-président américain Joe Biden est attendu mercredi à Ankara. (AFP, 23 août
2016)
Une délégation américaine en Turquie pour enquêter sur Gülen
Une délégation officielle américaine s'entretiendra mardi et mercredi
avec les autorités turques dans le cadre de l'enquête sur l'ex-imam
Fethullah Gülen, accusé par Ankara d'être derrière le putsch manqué du
15 juillet, a-t-on appris lundi de source diplomatique turque.
Cette délégation composée de quatre responsables du ministère de la
Justice et du département d'Etat aura des entretiens juridiques, à la
veille de la visite du vice-président américain Joe Biden mercredi à
Ankara, a ajouté cette source sous couvert d'anonymat.
Après la tentative de coup d'Etat, le gouvernement turc avait demandé
aux Etats-Unis "l'arrestation urgente et l'extradition" de Fethullah
Gülen, résidant sur le sol américain depuis 1999. Le ministre turc de
la Justice, Bekir Bozdag, avait fait une deuxième demande début août
aux Etats-Unis pour l'arrestation de Gülen.
Après les entretiens prévus mardi et mercredi, une équipe du ministère
turc de la Justice devrait également se rendre aux Etats-Unis.
Ankara demande avec insistance l'extradition de Gülen à Washington,
allié de la Turquie au sein de l'Otan, qui n'a pas montré
d'empressement à agir sur ce dossier.
L'ex-imam âgé de 75 ans, exilé volontaire aux Etats-Unis, a nié fermement toute implication dans le coup de force. (AFP, 22 août
2016)
Yildirim: "Les Etats-Unis sont notre partenaire stratégique, pas notre ennemi"
Les Etats-Unis sont "notre partenaire stratégique, pas notre ennemi", a
assuré samedi le Premier ministre turc Binali Yildirim, appelant à
éliminer les tensions à un moment où les relations sont éprouvées par
la demande d'Ankara d'extradition du prédicateur Fethullah Gülen.
"Il peut y avoir des hauts et des bas entre deux pays", a dit M.
Yildirim lors d'une conférence de presse, mais "nous devons éliminer
(ce) qui détériore nos relations", a-t-il ajouté en référence au
prédicateur musulman exilé aux Etats-Unis, que la Turquie accuse
d'avoir ourdi le coup d'Etat raté du 15 juillet.
Ankara demande avec insistance l'extradition du "terroriste" à
Washington, qui n'a pas montré d'empressement particulier à agir sur ce
dossier. L'ex-imam de 75 ans, exilé volontaire aux Etats-Unis depuis
1999, a nié fermement toute implication dans le putsch avorté.
Mais la question de son extradition devrait être au coeur des
entretiens la semaine prochaine à Ankara du vice-président américain
Joe Biden -- le responsable occidental de plus haut niveau à se rendre
en Turquie depuis le coup de force mené par une faction de l'armée.
M. Yildirim a confirmé la venue en Turquie d'une délégation technique
pour des entretiens juridiques, lundi, quelques jours avant la visite
de M. Biden dont la date précise n'a pas encore été annoncée.
"J'espère que cette procédure sera finalisée d'une manière favorable
aux deux pays et que les questionnements au sujet de l'Amérique dans
l'opinion publique turque seront levés", a dit le chef du gouvernement.
M. Yildirim a, avec le président Recep Tayyip Erdogan, surfé ces
dernières semaines sur une puissante vague d'antiaméricanisme en
Turquie. (AFP, 20 août
2016)
Craintes pour la sûreté d'armes nucléaires américaines stockées en Turquie
Des dizaines d'armes nucléaires américaines stockées sur la base
aérienne d'Incirlik en Turquie, non loin de la frontière syrienne,
risquent de tomber dans les mains de "terroristes ou d'autres forces
hostiles", met en garde un rapport publié lundi.
La sûreté de cet arsenal situé à 110 km de la Syrie était décriée de
longue date, mais le putsch avorté du 15 juillet en Turquie a relancé
les craintes sur la protection de la cinquantaine d'armes nucléaires.
"Il est impossible de savoir si les Etats-Unis auraient pu maintenir le
contrôle sur les armes en cas de guerre civile prolongée en Turquie",
s'inquiète dans son rapport le groupe de réflexion apolitique Stimson
Center.
La base aérienne d'Incirlik représente un enjeu stratégique pour la
coalition contre le groupe Etat islamique conduite par Washington, car
elle offre un accès rapide aux cibles visées en Irak et en Syrie.
Mais en mars, le Pentagone a ordonné, pour raisons de sécurité,
l'évacuation des familles de militaires et du personnel civil
stationnés dans le sud de la Turquie.
Le commandant turc de la base a par ailleurs été arrêté, à l'instar de
centaines de généraux, juges et procureurs accusés par Ankara d'avoir
soutenu la tentative de coup d'Etat.
"D'un point de vue sécuritaire, stocker approximativement cinquante
armes nucléaires américaines sur la base aérienne d'Incirlik revient à
jouer à la roulette russe", s'est insurgé la co-auteure du rapport
Laicie Heeley.
"Il y a des garde-fous importants (...) mais ce ne sont que des
dispositifs de protection, cela n'élimine pas le risque. Dans le cas
d'un coup d'Etat, on ne peut pas dire avec certitude que nous aurions
été capable de garder le contrôle", a-t-elle expliqué à l'AFP.
-'catastrophe évitée'-
Les armes nucléaires seraient avant tout conservées sur la base turque
comme un moyen de dissuasion face à la Russie, ainsi que pour démontrer
l'engagement américain au sein de l'Otan, alliance militaire dont la
Turquie est membre historique.
Le débat sur ces armes fait rage aux Etats-Unis depuis le putsch raté.
"Bien que nous ayons évité la catastrophe jusqu'ici, nous avons de
nombreuses preuves que la sécurité des armes américaines stockées en
Turquie peut changer littéralement du jour au lendemain", s'est
inquiété Steve Andreasen, ancien directeur de la défense et du contrôle
des armes au Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, dans
les colonnes du Los Angeles Times.
Kori Schake, de l'institution Hoover, a relevé dans le New York Times
que ces armes "ne peuvent pas être utilisées sans codes, les rendant
impossible à activer sans autorisation".
"Le fait que les armes nucléaires sont stationnées en Turquie ne les
rend pas vulnérables (...), même si le pays (la Turquie, Ndlr) en
venait à être hostile envers les Etats-Unis", a-t-elle tempéré.
Interrogé sur les conclusions du rapport du Stimson Center, le Pentagone a éludé.
"Nous n'évoquons pas la localisation d'avoirs stratégiques", s'est
bornée à répondre la Défense américaine, précisant avoir pris "les
mesures appropriées" pour assurer la sécurité de son personnel et des
ses "installations".
Les inquiétudes concernant Incirlik faisaient partie d'un chapitre plus
large du rapport sur le programme de modernisation nucléaire du
Pentagone, pour lequel Washington va débourser plusieurs milliards de
dollars pour mettre à jour son arsenal.
Les auteurs y estiment notamment que les bombes atomiques B61 devraient être retirées d'Europe immédiatement.
Le rapport peut être consulté sur http://u.afp.com/ZV9i (AFP, 15 août
2016)
Demande d'extradition: Ankara tente d'intimider Washington
Le ministre turc de la Justice a averti, mardi 9 août, les Etats-Unis
contre le risque de sacrifier les relations bilatérales à cause du «
terroriste » Fethullah Gülen. Ce dernier est soupçonné par le
gouvernement d'Ankara d'être à l'origine du putsch avorté du 15 juillet
2016.
« Si Gülen n'est pas extradé, les Etats-Unis sacrifieront les relations
[bilatérales] à cause de ce terroriste », a déclaré Bekir Bozdag, le
ministre turc de la Justice, à l'agence de presse progouvernementale
Anadolu. Il souligne notamment le fait que le sentiment antiaméricain
au sein de la population turque avait atteint un pic en raison de ce
différend entre les deux alliés de l'Otan. « Il appartient à la partie
américaine d'empêcher que ce sentiment se transforme en haine », a-t-il
encore ajouté.
Le putsch manqué, qu'Ankara accuse le prédicateur Fethullah Gülen exilé
aux Etats-Unis depuis 1999 d'avoir fomenté, a brutalement envenimé les
relations turco-américaines. Un autre ministre turc n'avait pas hésité
à déclarer que « les Etats-Unis sont derrière la tentative de coup »,
tandis qu'un ancien chef d'état-major accusait la CIA d'avoir été à la
manoeuvre.
Le président Recep Tayyip Erdogan, qui a accusé Washington de « nourrir
» et « protéger » sa bête noire et ex-allié, a fait comprendre aux
Etats-Unis qu'un refus d'extrader l'ancien imam aurait des conséquences
sur les relations bilatérales qu'entretiennent les deux pays. Ankara a
envoyé de nombreux dossiers à charge aux Etats-Unis pour son
extradition. Le ministre turc de la Justice a toutefois indiqué que «
les autorités américaines étudient avec sérieux notre demande
d'extradition ».
Mais il a également ajouté que « désormais Gülen a perdu son caractère
de marionnette, il n'est plus utilisable par les Etats-Unis ni par un
autre pays ». « Si Gülen n'est pas extradé, cela aura un impact
défavorable sur les rapports » entre les deux pays, a-t-il insisté.
Selon Ankara, cet opposant turc retiré dans l'Etat de Pennsylavie est
le cerveau du récent coup d'Etat avorté, qui a fait 273 morts et 2 000
blessés. L'ancien imam, quant à lui, nie toute implication. (AFP, 10 août
2016)
L'appartenance de la Turquie à l'Otan n'est pas remise en cause
La Turquie reste un membre fort de l'Otan et les relations avec la
Russie, tout juste remises sur les rails, ne constituent pas une
alternative à son appartenance à l'Alliance, a déclaré mercredi le
porte-parole du président Recep Tayyip Erdogan.
Ibrahim Kalin répondait lors d'un point de presse aux spéculations sur
l'appartenance d'Ankara à l'Otan, au lendemain d'une visite symbolique
en Russie où le chef de l'Etat turc a scellé la réconciliation avec son
homologue Vladimir Poutine après des mois de brouille.
"Il n'y a aucune discussion sur le fait que la Turquie ne devrait pas
rester membre", a dit M. Kalin, "c'est quelque chose d'important, nous
sommes un membre fort" de l'Otan, a poursuivi le porte-parole au palais
présidentiel d'Ankara.
Peu avant, le même message avait été envoyé par une porte-parole de
l'Otan, qui réagissait, dans un communiqué, à des "spéculations" dans
la presse à ce sujet.
"L'appartenance de la Turquie à l'Otan n'est pas en question", et
l'Otan "compte sur les contributions continues" de la Turquie, qui
"peut compter sur la solidarité et le soutien" de l'organisation, a
affirmé cette porte-parole, Oana Lungescu.
A Ankara, M. Kalin a poursuivi : "Nous ne voyons pas nos relations
(avec les autres pays) comme étant exclusives, nous les voyons comme
mutuellement enrichissantes".
Ankara représente un rempart stratégique sur le flanc sud-est de
l'Alliance du Traité de l'Atlantique Nord, avec la deuxième plus
puissante armée des 28 membres, derrière les Etats-Unis.
M. Kalin a réaffirmé qu'après le coup d'Etat manqué du 15 juillet, la
Turquie s'était sentie abandonnée par les pays de l'Union européenne,
dont aucun dirigeant n'avait fait le déplacement pour la soutenir.
"Tout le monde est allé à Paris -- notre Premier ministre y est allé --
et a apporté son soutien (à la France après les attentats de janvier
2015) mais après la tentative de putsch, aucun leader n'est venu en
Turquie", a-t-il regretté.
"Ils ont appelé, et nous les en remercions. Mais après un moment aussi
critique, était-il si difficile de venir en Turquie?", a demandé le
porte-parole.
Concernant la Syrie, M. Kalin a indiqué que la position d'Ankara
n'avait pas changé, en dépit de la réconciliation avec la Russie: "Nous
voulons toujours qu'il parte", a-t-il dit au sujet du président syrien
Bachar al-Assad. Notre position n'a pas changé". (AFP, 10 août
2016)
Nouvel avertissement à Washington en cas de refus d'extrader Gülen
La Turquie a averti mardi Washington du risque de "sacrifier" des
relations bilatérales en raison du cas du "terroriste" Fethullah Gülen,
prédicateur musulman exilé aux Etats-Unis et à l'origine, selon Ankara,
du putsch avorté du 15 juillet.
"Si Gülen n'est pas extradé, les Etats-Unis sacrifieront les relations
à cause de ce terroriste", a déclaré le ministre de la Justice Bekir
Bozdag à l'agence de presse progouvernementale Anadolu.
Il a souligné que le sentiment antiaméricain au sein de la population
turque avait atteint un pic en raison de ce différend entre les deux
alliés de l'Otan.
"Il appartient à la partie américaine d'empêcher que ce sentiment ne se transforme en haine", a prévenu le ministre.
Le coup d'Etat raté, qu'Ankara accuse M. Gülen exilé aux Etats-Unis
depuis 1999 d'avoir ourdi, a brutalement envenimé les relations
turco-américaines.
Un ministre turc n'avait pas hésité à affirmer que "les Etats-Unis sont
derrière la tentative de coup", tandis qu'un ancien chef d'état-major
accusait la CIA d'avoir été à la manoeuvre.
Le président Recep Tayyip Erdogan, qui a accusé Washington de "nourrir"
et "protéger" sa bête noire et son ex-allié, a fait comprendre à
Washington qu'un refus d'extrader l'ex-imam aurait des conséquences sur
les liens bilatéraux.
A Washington, la porte-parole du département d'Etat Elizabeth Trudeau a
dénoncé une "sorte de théorie du complot, une rhétorique incendiaire
absolument inutile".
Ankara a envoyé de nombreux éléments aux Etats-Unis pour le dossier
d'extradition, que Washington ne semble pas pressé de traiter,
invoquant la nécessité d'avoir des "preuves" juridiques.
Le ministre turc de la Justice a cependant assuré que "les autorités
américaines étudient avec sérieux notre demande d'extradition". Mais il
a ajouté que "désormais Gülen a perdu son caractère de marionnette, il
n'est plus utilisable par les Etats-Unis, ni par un autre pays".
"Si Gülen n'est pas extradé, cela aura un impact défavorable sur les rapports" entre les deux pays, a-t-il insisté.
Selon Ankara, cet opposant turc retiré en Pennsylvanie (est) est le
cerveau du récent coup d'Etat avorté, qui a fait 273 morts et 2.000
blessés. L'ancien imam nie toute implication.
Ankara a lancé une campagne d'arrestations et une purge massive pour
déloger les adeptes de Gülen de la fonction publique et de l'armée. "A
ce jour, il y a eu environ 16.000 personnes inculpées et incarcérées.
Quelque 6.000 (autres) suspects sont toujours en garde à vue", a fait
remarquer M. Bozdag.
Le Premier ministre Binali Yildirim a pour sa part annoncé au Parlement
devant ses députés du Parti de la justice et du développement (AKP,
islamo-conservateur) que "10.000 policiers seront embauchés".
"J'appelle nos jeunes qui aiment leur patrie à entrer dans cette
profession honorable", a-t-il lancé. Le putsch a été mis en échec par
les Turcs qui sont descendus dans les rues et par la force de police.
Le ministère de l'Education va de son côté réemployer 15.000
enseignants, dans un secteur où la purge a entraîné une véritable
saignée. (AFP, 9 août
2016)
Erdogan accuse
l'Occident de soutenir "le terrorisme"
Le président Erdogan a lancé son attaque la plus virulente contre
l'Occident depuis la tentative de coup d'Etat ratée en Turquie,
accusant les pays occidentaux de soutenir le "terrorisme" et les
putschistes qui ont failli le renverser.
"Malheureusement, l'Occident soutient le terrorisme et se range aux
côtés des putschistes", a déclaré le président turc dans un discours à
Ankara, en réponse aux critiques des Etats-Unis et de l'Europe sur
l'ampleur des purges après le putsch avorté du 15 juillet.
"Ceux que nous imaginions être nos amis prennent le parti des
putschistes et des terroristes", a-t-il répété lors d'un forum
économique à la présidence.
Ces déclarations interviennent à la veille d'une visite mercredi à
Ankara du secrétaire général du Conseil de l'Europe Thorbjørn Jagland,
qui doit rencontrer M. Erdogan, le Premier ministre Binali Yildirim et
les chefs de l'opposition.
Le président turc a affirmé que le scénario du putsch "avait été écrit
depuis l'étranger". Ankara accuse le prédicateur Fethullah Gülen, en
exil aux Etats-Unis, d'être le cerveau du coup d'Etat, ce que ce
dernier dément vigoureusement.
M. Erdogan réclame à Washington l'extradition du prédicateur. En
retour, les Etats-Unis exigent des preuves de son implication, mais "de
quelles preuves avez-vous besoin?", s'est agacé le chef de l'Etat en
s'adressant à Washington dans une interview à la chaîne mexicaine
Televisa mardi. "Si vous mettez des barrières bureaucratiques, vous
posez des obstacles à notre lutte contre le terrorisme", a-t-il
expliqué.
Lors de son discours à Ankara, M. Erdogan s'en est également pris à
l'Union européenne (UE) "qui n'a pas rempli ses promesses" en ce qui
concerne le versement de trois milliards d'euros dans le cadre de
l'accord sur les migrants et des visas facilités pour les Turcs.
"Rien ne se passe sur le front des visas", a-t-il affirmé.
"Quand on dit cela tout haut, ces messieurs (de l'UE) sont très mal à
l'aise. Pardonnez-moi mais ce pays n'est pas un esclave".
Le chef de l'Etat s'est par ailleurs insurgé contre la décision des
autorités allemandes de lui interdire de s'adresser par un lien vidéo à
ses partisans rassemblés dimanche dernier à Cologne pour soutenir la
démocratie.
"Bravo! les tribunaux en Allemagne travaillent très vite", a-t-il lancé
avec ironie.
Il a enfin rejeté les critiques des Européens sur les mesures prises
après le coup, soutenant que "l'état d'urgence respecte les procédures
européennes".
"Regardez ce qu'a fait la France: trois plus trois plus six, elle a
déclaré un an d'état d'urgence", a-t-il rappelé.
- La santé touchée -
La purge tous azimuts lancée en Turquie depuis le putsch raté a gagné
mardi l'un des derniers secteurs qui semblaient épargnés, la santé,
avec des mandats d'arrêt contre 98 membres du personnel d'un grand
hôpital militaire d'Ankara, dont des médecins, a annoncé un responsable
turc.
La chasse aux sympathisants réels ou présumés du prédicateur Fethullah
Gülen est implacable depuis deux semaines et demie. Elle avait
jusqu'ici surtout touché massivement l'armée -- dont près de la moitié
des généraux a été limogée -- de même que la justice, l'éducation et la
presse.
Mais mardi, une cinquantaine d'employés du GATA (Académie médicale
militaire Gülhane) ont été placés en garde à vue, dont des médecins
militaires, a annoncé l'agence Anadolu, après un raid de la police.
Le responsable turc, qui s'exprimait sous couvert de l'anonymat, a
expliqué qu'ils étaient soupçonnés d'avoir permis l'infiltration de
sympathisants de Gülen dans l'armée et leur rapide progression dans la
carrière militaire.
"Il y a des éléments forts qui laissent penser que les membres du FETO
(terme désignant les réseaux de Gülen) ont infiltré cette institution"
hospitalière, a-t-il affirmé.
La purge s'est aussi étendue au sport, la Fédération turque de football
(TFF) ayant annoncé avoir licencié 94 de ses membres, dont des arbitres
opérant apparemment en première division, selon la presse.
Par ailleurs, le ministre du Commerce Bulent Tüfenkci a livré dans le
quotidien Hurriyet une première estimation du coût économique du putsch
: près de 90 milliards d'euros.
Le ministre a ajouté que "de nombreuses commandes de l'étranger"
avaient été annulées et que beaucoup d'étrangers avaient cessé de
visiter la Turquie, un pays où les attentats attribués depuis un an aux
jihadistes ou à la guérilla kurde ont durement touché le tourisme. (AFP, 3 août 2016)
Relations
régionales / Regional Relations
La Russie se dit "profondément préoccupée" par l'intervention turque
La Russie s'est dite "profondément choquée", mercredi 24 août, de
l'opération militaire turque débutée dans la matinée en Syrie en vue de
chasser l'EI et les milices kurdes de la frontière.
Le ministère des Affaires étrangères russe a déclaré mercredi que la
Russie était "profondément choquée" par l'importante opération lancée
dans la nuit par l'armée turque en Syrie, s'inquiétant d'une possible
aggravation des tensions entre Ankara et les milices kurdes. Il a
indiqué dans un communiqué:
"Moscou est profondément préoccupée par ce qu'il se passe à la
frontière turco-syrienne. La possibilité d'une dégradation
supplémentaire de la situation dans la zone du conflit est inquiétante".
Les forces turques ont lancé, tôt ce mercredi, une opération militaire
pour chasser les jihadistes de Daesh de la ville syrienne de Jarablos,
située près de la frontière avec la Turquie. Plusieurs chars turcs ont
pénétré en territoire syrien, pendant que des avions de la coalition
internationale apportent leur soutien à l'opération.
(http://www.bfmtv.com/)
Damas condamne l'intervention turque en Syrie
L'intervention militaire de la Turquie en Syrie est une "violation
flagrante" de la souveraineté du pays, a dénoncé mercredi le ministère
syrien des Affaires étrangères.
Damas "condamne le franchissement de la frontière turco-syrienne par
des chars et des blindés turcs en direction de la ville de Jarablos
avec une couverture aérienne de la coalition menée par Washington, et
considère qu'il s'agit d'une violation flagrante de sa souveraineté", a
réagi le ministère dans un communiqué.
"La Syrie réclame la fin de cette agression", a-t-il ajouté.
L'opération "Bouclier de l'Euphrate" a été lancée mercredi avant l'aube
par l'armée turque, soutenue par les forces de la coalition
internationale antijihadiste, avec avions de combat et forces
spéciales, dans le but de chasser le groupe Etat islamique (EI) de la
localité frontalière de Jarablos.
"Quelle que soit la partie qui mène le combat contre le terrorisme sur
le territoire syrien, elle doit le faire en coordination avec le
gouvernement syrien et l'armée syrienne qui mène cette lutte depuis
cinq ans", ont souligné les Affaires étrangères.
Cette intervention rend encore plus complexe le conflit en Syrie qui
implique plusieurs pays étrangers: les Etats-Unis, l'Arabie saoudite et
la Turquie du côté des rebelles, et la Russie et l'Iran du côté de
Damas. Le régime de Bachar al-Assad ne contrôle plus qu'une partie du
territoire, le reste étant aux mains des Kurdes, des jihadistes ou des
rebelles.
"La lutte contre le terrorisme ne consiste pas à chasser l'EI pour
mettre à sa place des organisations terroristes appuyées par la
Turquie", a affirmé le ministère, en référence aux insurgés.
Le pouvoir de Bachar al-Assad ne fait aucune distinction entre les
militants anti-régime, les insurgés et les jihadistes. Il accuse depuis
2011 Ankara, ainsi que l'Arabie saoudite et le Qatar, de financier et
d'armer les rebelles.
D'après le président turc Recep Tayyip Erdogan, l'offensive vise non
seulement l'EI mais aussi les autonomistes kurdes syriens, bête noire
d'Ankara.
Ces derniers ont réagi avec véhémence à l'annonce du début de
l'opération en accusant Ankara et Damas de connivence et de vouloir de
se mettre d'accord sur le dos des Kurdes de Syrie.
"Le gouvernement turc a abandonné sa politique (hostile) à l'égard du
régime et se trouve désormais à ses côtés dans un même camp", a dénoncé
l'administration semi-autonome kurde dans un communiqué.
"L'intervention turque à Jarablos est (...) une déclaration de guerre
contre l'administration autonome, le projet fédéral" auto-proclamé en
mars par les Kurdes dans leurs régions dans le nord et le nord-est du
pays, a tweeté Aldar Xelil, un responsable au sein de l'administration
semi-autonome.
L'intervention turque survient après des combats d'une violence sans
précédent entre forces du régime et combattants kurdes dans la ville de
Hassaké (nord-est), affichant au grand jour leur hostilité mutuelle.
La bataille, qui s'est soldée par la quasi-éviction du régime de
Hassaké, a poussé Ankara à soutenir que Damas avait compris que les
Kurdes étaient devenus "une menace pour la Syrie aussi".
Pour sa part, l'opposition à Assad et basée à Istanbul a salué "le
soutien de la Turquie et de la coalition internationale de l'opération
militaire à Jarablos".
La guerre en Syrie a fait depuis 2011 plus 290.000 morts et jeté sur les routes des millions de personnes. (AFP, 24 août
2016)
Les Kurdes contrôlent désormais près de 90% de Hassaké
Les forces kurdes contrôlaient lundi soir près de 90% de la ville
syrienne de Hassaké (nord-est), après près d'une semaine de violents
combats contre les forces du régime, selon l'Observatoire syrien des
droits de l'Homme (OSDH).
Les forces kurdes se sont emparées de la prison centrale de Hassaké à
l'issue de violents combats, a indiqué l'OSDH, soulignant qu'elles
contrôlaient désormais environ 90% de la ville.
Cette ville était jusque-là contrôlée aux deux-tiers par les forces
relevant des services de sécurité kurdes (Assayech), le reste étant aux
mains des milices prorégime des Forces de défense nationale (FDN).
Les FDN était concentrés dans le centre et le sud de la ville et les
miliciens devaient passer par des points de contrôle kurdes à chaque
fois qu'ils voulaient quitter leur zone. Cette situation a souvent
provoqué des frictions qui avaient dégénéré en affrontements en 2015,
mais moins graves que ceux d'aujourd'hui.
Les Kurdes contrôlaient lundi soir la majeure partie de Ghweirane, le
plus grand quartier de Hassaké où se trouve la prison centrale dans le
sud de la ville, selon l'OSDH, qui se base sur de nombreuses sources à
travers la Syrie.
Le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, avait peu auparavant
rapporté que les forces kurdes s'étaient également emparés du quartier
d'An-Nachoua et de plusieurs bâtiments du sud de la ville.
"Les Assayech (forces de sécurité kurdes) contrôlent 85% de la
superficie de la ville", avait pour sa part indiqué Meskin Ahmed, une
responsable de l'administration autonome instaurée par les Kurdes
syriens depuis 2012.
Les secteurs "conquis ne reviendront plus au régime. Ils resteront aux
mains des Assayech", a-t-elle dit en réponse à un groupe de
journalistes via WhatsApp.
Les affrontements, déclenchés le 17 août, sont les plus graves entre
régime et forces kurdes depuis le début de la guerre en Syrie il y a
plus de cinq ans. La semaine dernière, l'aviation du régime avait pour
la première fois bombardé des cibles kurdes à Hassaké.
- 'Fait accompli' -
Pour tenter de trouver une issue, une médiation russe était en cours
lundi en début de soirée à Hmeimim (nord-ouest), base aérienne utilisée
par Moscou pour ses frappes contre les jihadistes en Syrie.
Les Russes sont des alliés du régime qu'ils aident militairement face
aux rebelles et aux jihadistes, mais entretiennent aussi de bonnes
relations avec les Kurdes.
La dissolution des FDN, accusées de provocation par les Assayech, est la principale revendication des Kurdes.
"Nous réclamons la dissolution des FDN et que le régime cesse d'enrôler
les jeunes (kurdes) dans (son armée) pour qu'ils participent à sa
guerre contre les rebelles", a indiqué Mme Ahmed.
"Nous réclamons également que le régime cesse les arrestations de
citoyens (à Hassaké) ... Il s'agit de conditions non négociables",
a-t-elle martelé.
Les deux bords s'accusent mutuellement d'avoir provoqué ces affrontements qui se poursuivaient lundi soir.
Dimanche, une source de l'armée avait accusé les Kurdes de violer un
accord de cessez-le-feu conclu à la faveur d'une médiation russe, en
refusant aux forces prorégime un libre passage pour évacuer les morts
et blessés vers la ville de Qamichli.
Profitant de la guerre, les Kurdes de Syrie (15% de la population) ont
auto-proclamé en mars une "région fédérale" dont Hassaké fait partie,
et cherchent à relier les régions sous leur contrôle dans le Nord. Mais
le régime entend garder un certain contrôle dans ces zones en y
maintenant une présence militaire.
"Il faut que le régime reconnaisse l'administration autonome comme fait
accompli", a indiqué Mme Ahmed, démentant toutefois tout idée d'un
Kurdistan "indépendant". (AFP, 22 août
2016)
Survol de Hassaké par le régime malgré la mise en garde américaine
L'aviation syrienne survolait samedi de nouveau la ville de Hassaké,
tenue majoritairement par les forces kurdes, en dépit de la mise en
garde américaine contre des frappes pouvant mettre en danger ses
conseillers au sol, a affirmé une ONG.
Il n'était pas clair dans l'immédiat si les avions du régime, qui ont
effectué des survols toute la nuit, avaient effectué des frappes comme
jeudi et vendredi alors que de violents accrochages se déroulaient au
sol, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).
Les deux-tiers de Hassaké, une ville du nord-est de la Syrie, sont
tenus par les forces kurdes et le reste, notamment le centre-ville, est
aux mains du régime.
Si le régime et les Kurdes combattent le même ennemi, le groupe État
islamique, ils sont en compétition en revanche pour le contrôle de
Hassaké.
Des combats meurtriers ont éclaté mercredi entre la principale milice
pro-gouvernementale régime et les forces kurdes soutenues par les
États-Unis et jeudi, pour la première fois, le régime avait mené des
frappes contre les Kurdes.
Ces frappes sans précédent contre six positions kurdes à Hassaké a
entraîné pour la première fois une intervention directe des avions de
la coalition internationale conduite par les États-Unis pour "protéger"
ses forces spéciales qui conseillent les combattants kurdes. Il n'y a
toutefois pas eu d'affrontements directs.
Le capitaine Jeff Davis, porte-parole du Pentagone, a souligné que "le
régime syrien serait bien avisé de ne pas faire quoi que ce soit qui
puisse mettre les (forces de la coalition) en danger".
Selon Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH, "il n'y a pas de forces
spéciales américaines dans la ville. Elles sont présentes dans les
bases américaines situées à environ six kilomètres au nord".
Les combats ont fait depuis mercredi, selon l'OSDH, au moins 41 morts, dont 25 civils, parmi lesquels 10 enfants.
"Il y a eu des violents combats, avec l'usage de l'artillerie et des
roquettes, durant toute la nuit et le matin", a précisé samedi M. Abdel
Rahmane.
Les frappes de jeudi avaient été menées par des bombardiers SU-24 et
pris pour cible des forces kurdes qui s'entraînaient sous la
supervision de conseillers spéciaux américains, selon le Pentagone.
Les Kurdes de Syrie (15% de la population) ont auto-proclamé en mars
une "région fédérale" et rêvent de relier les régions sous leur
contrôle dans le nord du pays. (AFP, 20 août
2016)
2e jour de raids du régime contre les Kurdes à Hassaké
Les avions du régime syrien ont frappé vendredi, pour la deuxième
journée consécutive, des secteurs tenus par les forces kurdes à
Hassaké, une ville du nord-est du pays en guerre, a constaté un
journaliste local travaillant pour l'AFP.
Huit raids ont visé des cibles dans le sud-ouest de la ville, dont les
deux-tiers sont contrôlés par les Kurdes et le reste par le régime du
président Bachar al-Assad.
De violents combats opposent depuis mercredi les forces prorégime à la
police kurde (Assayech) après des accusations mutuelles d'arrestations,
faisant 39 morts -23 civils, 16 combattants dont neuf miliciens
kurdes-, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Par ailleurs, les forces kurdes ont enlevé des dizaines de miliciens
pro-régime et selon l'OSDH, des milliers d'habitants ont quitté la
ville, théâtre de combats et où le pain manque et l'électricité est
coupée.
"Les combattants kurdes ont sécurisé une route et offert des moyens de
transports à des civils qui voulaient aller vers des régions plus
sûres", a déclaré Sihanouk Dibo, un responsable du Parti de l'union
démocratique (PYD), principale formation kurde en Syrie.
"Le régime syrien poursuit ses bombardements contre les forces kurdes
et les civils comme s'il voulait déclencher une guerre avec nous mais
nous résisterons à toutes les attaques", a-t-il ajouté.
C'était la première fois depuis le début du conflit en mars 2011 en
Syrie, que l'armée de l'air frappait jeudi des positions kurdes.
Après deux semaines de tensions à Hassaké, les Kurdes avaient réclamé
la dissolution des Forces de défense nationale (FDN, milices prorégime)
dans la ville peuplée d'une population mixte arabe et kurde.
Jeudi, une source gouvernementale locale a affirmé à l'AFP que les
bombardements étaient "un message aux Kurdes pour qu'ils cessent de
faire ce genre de revendications qui touchent à la souveraineté
nationale".
Les Kurdes de Syrie (15% de la population) ont auto-proclamé en mars
une "région fédérale" et rêvent de relier les régions sous leur
contrôle dans le nord du pays. Les combattants kurdes sont devenus,
notamment aux yeux de Washington, la force la plus efficace contre les
jihadistes du groupe Etat islamique (EI).
Avant la guerre, Hassaké comptait 300.000 habitants, moitié Arabes
moitié Kurdes. Depuis, la ville a accueilli 114.000 déplacés, en
majorité une population arabe venue de la province voisine de Deir
Ezzor. Hassaké comprend aujourd'hui 55% d'Arabes et 45% de Kurdes,
selon le géographe expert de la Syrie Fabrice Balanche. (AFP, 19 août
2016)
Iran: visite surprise du chef de la diplomatie turque à Téhéran
Le chef de la diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu, dont le pays soutient
la rébellion syrienne, a effectué jeudi une visite en Iran, qui appuie
le président Bachar al-Assad, pour discuter des questions régionales, a
annoncé vendredi le ministère iranien des Affaires étrangères.
Cette visite non annoncée de M. Cavusoglu est intervenue après celle,
le 12 août dernier, du chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad
Zarif à Ankara où il s'était entretenu avec le président Recep Tayyip
Erdogan.
Lors de cette visite, la Turquie s'était engagée à coopérer avec l'Iran
à une résolution du conflit en Syrie, malgré les divergences des deux
pays sur cette crise.
"Mevlüt Cavusoglu a effectué hier une courte visite à Téhéran (...)
pour poursuivre les consultations à propos des questions régionales et
les relations bilatérales", a déclaré le porte-parole du ministère
iranien des Affaires étrangères Bahram Ghassemi, selon la télévision
d'Etat.
Selon lui, les deux pays ont décidé d'organiser dans un avenir proche
"de nombreuses rencontres à différents niveaux entre les hauts
responsables des deux pays".
Les médias iraniens font notamment état d'une possible visite de M. Erdogan à Téhéran dans les prochains jours.
La visite de M. Zarif le 12 août en Turquie intervenait quelques jours
après celle de M. Erdogan en Russie qui, avec le président Vladimir
Poutine, a remis les relations turco-russes sur les rails après une
brouille de près de neuf mois.
Le déplacement de M. Erdogan en Russie et la visite de M. Cavusoglu
donnent lieu à des spéculations sur un rapprochement sur le conflit
syrien entre ces trois pays.
Téhéran et Moscou sont alliés du président syrien dans la guerre en
Syrie, tandis que la Turquie soutient les insurgés et demande le départ
de Bachar al-Assad. (AFP, 19 août
2016)
Premiers raids du régime sur des positions kurdes en Syrie
Les avions du régime syrien ont frappé jeudi, pour la première fois
depuis le début du conflit, des secteurs tenus par les forces kurdes en
Syrie, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
D'après l'ONG, les frappes ont visé dans la matinée trois barrages et
trois QG dans la ville de Hassaké (nord-est), dont les deux-tiers sont
contrôlés par les forces kurdes des Assayech et le reste par le régime,
ce qui crée des tensions récurrentes. Dans la soirée, l'aviation à de
nouveau frappé les forces kurdes.
Un journaliste collaborant avec l'AFP a vu des avions syriens bombarder
des positions dans cette cité, où depuis mercredi de violents combats
opposent des forces prorégime à la police kurde après des accusations
mutuelles d'arrestations.
C'est la première fois depuis le début du conflit en mars 2011, que le
régime utilise son aviation contre des positions de forces kurdes en
Syrie, selon l'OSDH et des sources de sécurité syriennes.
Un porte-parole de l'administration auto-proclamée par les Kurdes à la
faveur de la guerre dans le nord-est du pays, a confirmé les raids.
Les affrontements, concentrés sur un quartier du centre-ville et un
autre du sud de Hassaké, ont causé la mort depuis mercredi de 16
personnes dont, 7 civils et
9 combattants. En outre, les combats ont fait 18 blessés, dont 10 enfants, selon l'OSDH.
Les tensions étaient latentes depuis deux semaines après des
accusations mutuelles d'arrestations et l'échec des médiations entre
les deux camps.
Les Kurdes réclamaient récemment la dissolution des FDN à Hassaké, ville composée pour moitié de kurdes et pour moitié d'arabes.
Une source gouvernementale locale a affirmé à l'AFP que les
"bombardements aériens étaient un message aux Kurdes pour qu'ils
cessent de faire ce genre de revendications qui touchent à la
souveraineté nationale".
Les FDN soutiennent les opérations de l'armée à travers la Syrie contre les rebelles et les jihadistes.
"Ils ne faut pas qu'ils (les Kurdes) prennent leurs rêves d'autonomie
pour une réalité", a précisé à l'AFP une source de sécurité syrienne.
Les Kurdes de Syrie (15% de la population), qui ont pris une position
neutre au début du conflit entre régime et rebelle, ont auto-proclamé
en mars une "région fédérale" et rêvent de relier les régions sous leur
contrôle dans le nord du pays. (AFP, 18 août
2016)
Un accord sur la normalisation avec Israël soumis au Parlement
Le gouvernement turc a soumis mercredi au Parlement un accord sur la
normalisation des relations diplomatiques avec Israël que les députés
turcs voteront dans les jours prochains, a-t-on indiqué de source
parlementaire.
En vertu de cet accord de réconciliation, conclu fin juin entre les
deux pays et qui a mis fin à six ans de brouille, Israël versera 20
millions de dollars (près de 18 millions d'euros) d'indemnités à la
Turquie, a-t-on précisé de même source.
La Turquie pour sa part abandonnera les poursuites contre les ex-chefs
de l'armée israélienne pour leur implication dans l'assaut d'un navire
qui a coûté la vie à dix militants turcs, en 2010 au large de Gaza.
En 2014, une cour criminelle d'Istanbul avait ordonné l'arrestation de
quatre anciens responsables militaires israéliens, dont l'ex-chef
d'état-major, le général Gabi Ashkenazi, jugés depuis 2012 par
contumace en Turquie.
Les relations diplomatiques israélo-turques étaient tombées au plus bas
après cet assaut de commandos israéliens contre le Mavi Marmara, un
navire affrété par une ONG humanitaire turque pour tenter de briser le
blocus imposé par Israël à la bande de Gaza.
Récemment le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu
avait annoncé que la ratification de l'accord à l'Assemblée turque
serait immédiatement suivi d'un échange d'ambassadeurs.
Le dépôt de ce texte au Parlement avait été retardé par le coup d'Etat
avorté du 15 juillet en Turquie qui visait le président Recep Tayyip
Erdogan.
La réconciliation entre les deux pays, qui étaient de proches alliés
régionaux jusqu'en 2010, a d'importantes implications économiques et
stratégiques. (AFP, 17 août
2016)
Poutine et Erdogan promettent une "difficile" réconciliation
Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan ont promis de s'atteler à la
tâche "difficile" de recoller les morceaux, lors de leur première
rencontre après des mois d'une crise provoquée par la destruction d'un
bombardier russe par l'armée turque.
Un mois après leur réconciliation permise par les "regrets" exprimés
par le président turc, les deux chefs d'Etat, hommes forts dans leur
pays et aux relations tendues avec les Occidentaux, se sont encore
rapprochés à l'occasion du putsch manqué du 15 juillet, suivi de purges
sans précédent que Moscou s'est gardé de critiquer.
Lors de leur conférence de presse commune mardi, ils ont évité
d'insister sur les sujets qui fâchent, et notamment leurs désaccords
sur la Syrie, pour se concentrer sur leur priorité: rétablir des
échanges économiques plombés par près de neuf mois de brouille.
Le président russe a assuré que la rencontre, dans le somptueux palais
Konstantinovski, à 15 km au sud de Saint-Pétersbourg, avait été
"constructive" et "franche".
"Nous avons traversé une période très difficile dans nos relations et
nous voudrions, et nous sentons que nos amis aussi le voudraient, la
surmonter", a estimé M. Poutine, assurant que ce rapprochement n'était
pas dicté uniquement par le "pragmatisme" mais par les "intérêts des
peuples".
Il a cependant prévenu qu'il faudrait "un travail difficile à faire pour réanimer la coopération économique et commerciale".
- Erdogan reconnaissant -
Il s'agit de la première visite à l'étranger du chef de l'Etat turc
depuis le putsch manqué du 15 juillet, suivi de purges très critiquées
par les Occidentaux dont les relations avec la Turquie se sont
considérablement tendues.
Vladimir Poutine a été l'un des premiers responsables étrangers de
premier plan à appeler au téléphone M. Erdogan pour condamner ce coup
de force et, sans surprise, il n'a pas eu les mêmes états d'âme que les
dirigeants européens face aux répressions en cours.
Mardi, M. Poutine a réaffirmé que la Russie était "catégoriquement
opposée à toute tentative d'agir de manière inconstitutionnelle".
Pour sa part, M. Erdogan qui avait annoncé se rendre en Russie pour "un
départ à zéro" avec son homologue russe, a remercié de manière appuyée
son "ami" Vladimir Poutine avec qui il partage désormais ses critiques
véhémentes de Washington.
Ce coup d'Etat manqué, dont Ankara accuse le prédicateur Fethullah
Gülen qui s'est exilé aux Etats-Unis d'être l'organisateur, a en
revanche envenimé les relations turco-américaines.
"Si Gülen n'est pas extradé (en Turquie), les Etats-Unis sacrifieront
les relations (bilatérales) à cause de ce terroriste", a prévenu mardi
le ministre turc de la Justice, Bekir Bozdag.
La porte-parole du département d'Etat Elizabeth Trudeau a dénoncé mardi
à Washington une "sorte de théorie du complot, une rhétorique
incendiaire absolument inutile".
Ankara a envoyé de nombreux éléments aux Etats-Unis pour le dossier
d'extradition, que Washington ne semble pas pressé de traiter,
invoquant la nécessité d'avoir des "preuves" juridiques.
- Grands projets énergétiques -
Les relations russo-turques s'étaient considérablement détériorées à la
suite de l'affaire du bombardier russe abattu à la frontière
turco-syrienne, mais, après des mois d'invectives, Moscou a accepté
avec une rapidité inattendue les regrets exprimés par Ankara.
Après avoir levé les sanctions dans le secteur touristique, crucial
pour la Turquie très affectée par la désertion des Russes, Moscou et
Ankara ont réanimé mardi le projet de gazoduc TurkStream, même s'il
sera limité au marché turc et non destiné pour l'instant au marché
européen faute des "garanties" voulues par M. Poutine de Bruxelles.
TurkStream "sera réalisé le plus vite possible", a assuré M. Erdogan,
tandis que le chantier de la centrale nucléaire d'Akkuyu, de conception
russe, aura désormais un "caractère stratégique".
Lors d'une rencontre avec des acteurs du monde économique, le président
russe a cependant insisté que le rétablissement des relations
commerciales se ferait "par étape".
Aucun contrat ferme n'a été signé mardi et l'embargo russe imposé sur
certains fruits et légumes turcs reste en place bien qu'une possible
levée d'ici à la fin de l'année ait été évoquée par des responsables
russes. Le ministre de l'Economie Alexeï Oulioukaïev a prévenu que
rétablir le niveau des échanges commerciaux pourrait prendre jusqu'à
deux ans.
Sur l'épineux dossier syrien, les deux dirigeants ont décidé de rester discret en public.
Moscou reste un allié du régime du président syrien Bachar al-Assad,
alors que le chef de l'Etat turc insiste toujours sur son départ du
pouvoir.
"Nos points de vue sur le problème syrien ne coïncident toujours pas
(...), mais nous avons un objectif commun, celui de régler la crise
syrienne (...). Et nous allons chercher une solution commune acceptable
pour tout le monde", a expliqué M. Poutine. (AFP, 10 août
2016)
Rencontre Turquie-Russie: bienvenue en démocrature
Sabine Verhest, La Libre Belgique, 10 août 2016
C’est un néologisme avec lequel il faut désormais
compter : la démocrature - comprenez la dictature camouflée sous
l’apparence de la démocratie. Un mot né sous la plume de l’écrivain
uruguayen Eduardo Galeano pour désigner des régimes latino-américains
de la seconde moitié du siècle dernier.
Deux des meilleurs représentants de démocratures
actuelles se sont rencontrés mardi à Saint-Pétersbourg, où le président
russe Vladimir Poutine recevait son homologue turc Recep Tayyip
Erdogan. Le "tsar" et le "sultan" habitués des dérives autoritaires.
Les deux hommes rivalisent d’attaques envers l’Occident et ses valeurs,
se jouent du droit et confortent leur pouvoir en bâillonnant la parole
contestataire, en brimant l’opposition, politique ou issue de la
société civile. Ils entretiennent les clivages, se trouvent un
adversaire à diaboliser, usent de la propagande, agitent les risques de
complot et tolèrent la violence politique.
Mais leur peuple a besoin d’un homme à poigne,
entend-on ici. Ils sont élus démocratiquement, dit-on là-bas. Sans
doute est-il bon de rappeler que la démocratie repose sur deux piliers,
l’investiture populaire d’une part, l’Etat de droit et le respect des
libertés d’autre part. Si MM. Poutine et Erdogan peuvent se targuer
d’avoir été élus en effet - au prix de campagnes électorales déloyales
et inéquitables -, ils s’appuient sur leur victoire pour passer au bleu
d’encombrants droits et libertés qui fondent précisément la démocratie.
Recep Tayyip Erdogan a dopé son autoritarisme, à
défaut d’avoir obtenu des urnes suffisamment de suffrages pour
transformer la Turquie en un régime présidentiel fort. A Ankara comme à
Moscou, les intimidations envers l’opposition, les médias, les
associations, bref tous ceux qui osent contredire le leader, se sont
amplifiées. Vladimir Poutine, pour se maintenir au pouvoir sans violer
la Constitution, a élaboré un scénario lui permettant d’alterner le
poste de président et de Premier ministre.
Le discours se fait particulièrement retors quand le
dirigeant de la démocrature ne s’en prend pas à l’idéal démocratique,
mais s’en revendique, l’instrumentalise en promettant de rendre au
peuple sa parole confisquée par les élites. C’est dans cette logique
que le président turc a réagi au coup d’Etat manqué, qui n’a pas été
organisé pour sauver la démocratie mais pour la tuer. A l’en croire, la
purge de ses opposants avec le soutien du peuple permettra dès lors de
la rétablir. Et "si le peuple veut la peine de mort, les partis
suivront sa volonté". On sent la dérive.
La démocrature, où qu’elle fleurisse, se nourrit
auprès de ceux qui ont le sentiment d’avoir été abandonnés, de n’avoir
plus de prise sur les événements. Et qui, pour retrouver leur rang,
sont prêts à faire confiance à un leader fort qui leur rendra leur
honneur. Ainsi la population russe est-elle prête à souffrir,
économiquement parlant, si le résultat en est le retour de sa grande
nation sur la scène internationale.
Lorsqu’on voit le populisme engraisser, la parole
virulente à l’encontre de l’autre se libérer - y compris au sein de
l’Union européenne où l’on peut voir la Hongrie comme une démocrature
en devenir -, l’on ne peut que se demander avec inquiétude, en écho à
Raymond Aron en 1946, si la victoire des démocraties est "plus qu’un
épisode d’un destin inexorable".
Kyrgyz
president rebuffs Turkish warning about FETÖ coup threat
Kyrgyzstan President Almazbek Atambayev has rebuffed Turkey’s recent
warning that the Fethullahist Terrorist Organization (FETÖ) could be
planning to conduct a coup attempt in his country similar to the July
15 failed coup attempt in Turkey, saying the claim was “absurd.”
Turkish Foreign Minister Mevlüt Çavuşoğlu said on July 26 that Turkey
had warned Kyrgyzstan of possible coup attempts in the country by
supporters of U.S.-based Islamic scholar Fethullah Gülen, claiming that
the group had chosen the country as one of its “bases” and that there
were constant infiltrations inside the Kyrgyz state structure.
Responding to a question during a press conference on Aug. 1, Atambayev
said the claim was “absurd,” as they would of course take in to
consideration all warnings and evaluate all information about this
issue but there was “no need to scare and teach” something.
“This is an absurd claim. If they were this smart, then why did they
not notice the coup attempt in their country beforehand?” asked
Atambayev, adding that his country was grateful for Turkey’s help
during hard times but no one had the right to impose their own
conditions on any other country.
“We are a sovereign country and it is we who should decide on what is
needed for us and what is not. Countries should help each other without
any conditions and should not assume that we will say yes to whatever’s
said. Otherwise, we do not need such help. You can take that help
back,” said Atambayev.
(hurriyetdailynews.com, August 1, 2016)
Chypre
et la Grèce / Cyprus and Greece
Trois nouveaux Turcs demandent l'asile en Grèce après le putsch raté
Trois Turcs arrêtés en Grèce la semaine dernière pour entrée illégale,
y ont demandé l'asile, affirmant être en danger dans leur pays pour
leurs liens avec le mouvement güléniste, auquel Ankara impute le putsch
manqué de juillet, a indiqué lundi leur avocat.
Les trois hommes, deux professeurs et un ingénieur, âgés d'une
quarantaine d'année, sont arrivés en bateau sur l'île de Rhodes
(sud-est de l'Egée) lundi dernier après avoir payé un passeur, selon
leur avocat, Me Achilleas Konstantinidis.
Arrêtés par la police et sous le coup d'une décision administrative
d'expulsion pour entrée irrégulière en Grèce, ils ont formellement
demandé l'asile vendredi, a précisé l'avocat auprès de l'AFP. Leur
requête est suspensive quant à leur expulsion, a-t-il affirmé.
Quatre autres Turcs, deux universitaires et leurs enfants selon les
médias grecs, ont aussi été arrêtés pour entrée irrégulière la semaine
dernière à Alexandroupolis, près de la frontière terrestre
gréco-turque. Aucun détail n'était disponible lundi sur leur sort.
Les trois de Rhodes, qui restaient lundi détenus sur l'île, affirment
avoir fui la purge du régime turc contre le mouvement güléniste, a
indiqué Me Konstantinidis. Ils nient toute implication dans la
tentative de renversement du président Recep Tayyip Erdogan, a-t-il
ajouté.
Deux d'entre eux ont indiqué qu'ils étaient déjà dans le collimateur
des autorités turques pour avoir travaillé avec des écoles affiliées au
mouvement de Fethullah Gülen, un prédicateur installé aux États Unis et
ex-allié du président Erdogan, qu'il accuse d'être le cerveau du putsch
avorté du 15 juillet.
Ces demandes d'asile s'ajoutent à celles déposées en juillet par huit
militaires turcs qui avaient gagné Alexandroupolis le 16 juillet en
hélicoptère. La Turquie a requis leur extradition, les accusant de
participation au putsch, ce qu'ils nient.
Leur sort relève de la justice grecque, a répété dimanche le ministre
grec des Affaires étrangères, Nikos Kotzias, après un entretien privé
en Crète avec son homologue turc Mevlut Cavusoglu, le premier depuis la
tentative de coup d'État.
Parmi les premiers pays à afficher un soutien au régime Erdogan après
le putsch, la Grèce entend préserver la coopération avec son voisin,
avec lequel elle entretient des relations délicates depuis des
décennies, en particulier pour éviter une reprise des flux de réfugiés
sur ses îles au départ des côtes turques. (AFP, 29 août
2016)
Le chef de la diplomatie turque optimiste sur une solution
Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu, qui s'est
entretenu dimanche avec son homologue grec Nikos Kotzias en Crète
(sud), a jugé qu'il y avait "une occasion" actuellement pour une
solution au problème chypriote.
"J'espère que les deux parties à Chypre vont profiter de l'occasion
dont elles disposent (pour résoudre le problème chypriote) et nous
allons les soutenir", a-t-il affirmé, à l'issue d'un déjeuner avec son
homologue grec.
La question chypriote est l'un des sujets épineux entre la Grèce et la
Turquie. Nicos Anastasiades, président de la République de Chypre, la
partie gréco-chypriote du sud de l'île, et Mustafa Akinci, dirigeant
des chypriotes turcs dans la partie nord, occupée depuis 1974 par des
troupes turques, ont intensifié ces derniers mois leurs pourparlers de
paix visant à la réunification de l'île d'ici la fin de l'année.
La rencontre entre MM. Cavusoglu et Kotzias, qualifiée de "non
officielle" par le ministère grec des Affaires étrangères, fait suite à
une invitation de M. Kotzias, qui avait été reçu il y a quelques mois à
Istanbul.
Il s'agit de la première rencontre entre les deux hommes après le
putsch raté en Turquie le 15 juillet et la demande d'extradition
d'Ankara auprès d'Athènes des huit militaires turcs qui avaient fui la
Turquie pour demander l'asile en Grèce. Cet incident a mis à l'épreuve
les relations délicates entre les deux voisins.
M. Cavusoglu a toutefois "remercié" le Premier ministre grec Alexis
Tsipras, qui avait été l'un des premiers dirigeants à appeler le
président turc Recep Tayyip Erdogan pour lui exprimer son soutien le 15
juillet.
Selon les médias, la question migratoire et celle des huit militaires
turcs, en rétention actuellement à Athènes, ont aussi été abordées.
"Nous avons eu l'occasion de discuter les grands problèmes de notre
région et chercher des moyens pour coopérer et contribuer à leurs
solutions", a indiqué M. Kotzias.
Plus tard dans la soirée, M. Kotzias a indiqué aux journalistes que la
question des huit militaires turcs serait résolue par la justice
grecque. (AFP, 29 août
2016)
40 ans après, Chypre se bat toujours pour retrouver ses disparus
Lorsque les troupes turques ont approché de son village le 14 août
1974, Georgios Kantoni a envoyé sa famille se cacher dans la campagne.
Avant d'être porté disparu pendant 40 ans, comme des centaines d'autres
personnes que Chypre cherche toujours à retrouver.
A l'époque, Antonis Christofi, son petit-fils, avait 14 ans. "Nous
avions peur parce qu'on nous avait dit que les Turcs tuaient des
villageois", se souvient-il.
Mais son grand-père a refusé de quitter sa maison chypriote grecque.
Quelques jours plus tard, il était abattu, son corps jeté dans un lac à
quelques kilomètres du village. Sa femme a connu un sort similaire.
Leurs dépouilles n'ont été découvertes qu'en 2014.
Comme ce couple, quelque 2.000 personnes ont été recensées comme
disparues dans les affrontements entre les deux communautés de 1963 à
1974, qui ont culminé cet été là avec l'invasion turque de la partie
nord de l'île, en réaction à un coup d'Etat visant à rattacher Chypre à
la Grèce.
Quatre décennies plus tard, les spécialistes chypriotes turcs et grecs
du Comité des personnes disparues (CMP) continuent, avec le soutien de
l'ONU, de rechercher les victimes de ces tueries de masse. Ils ont déjà
identifié les restes d'environ 680 d'entre elles depuis 2008.
"Chaque personne disparue est un symbole de ce que nous avons fait à
l'autre", résume Gulden Plumer Kucuk, membre chypriote turc du CMP.
"Notre travail a besoin d'une volonté politique pour continuer",
précise-t-il alors que les dirigeants des deux parties ont relancé en
2015 les pourparlers pour réunifier l'île.
Lorsque M. Christofi a appris la découverte des corps de ses grands-parents, le choc fut brutal.
"A présent, nous avons au moins un endroit pour nous recueillir",
affirme-t-il à l'AFP, en montrant une photographie du squelette de son
grand-père. "Mais il reste toujours une question: pourquoi ces
personnes âgées sont-elles mortes ainsi? Elles n'avaient rien fait à
personne."
- Travail méticuleux -
A l'abri du soleil, l'archéologue Maria Solomou participe aux
recherches pour retrouver sept corps qui seraient enterrés près d'une
berge à 20 kilomètres de la capitale Nicosie, dans la partie nord sous
occupation turque.
"Lorsqu'on recherche des os, il faut travailler lentement", explique
Mme Solomou, qui estime avoir elle-même trouvé les restes de plus de 70
personnes pour le CMP.
Au fur et à mesure que les années passent, la tache se complique pour
les experts car les témoins des faits se font de plus en plus rares.
L'an dernier, les chercheurs ont retrouvé une trentaine de corps sur les seules indications d'une bergère de 94 ans.
"Combien d'années encore aurions-nous pu obtenir cette information?",
s'interroge Florian Von Koenig, représentant de l'ONU pour le CMP. "Ce
dont nous avons le plus besoin - l'information - est de plus en plus
difficile à trouver."
Une lueur d'espoir a surgi en 2015 lorsque l'armée turque a autorisé
les équipes du CMP à accéder à des zones militaires, qui abritent des
dizaines de tombes potentielles.
- Douleur et soulagement -
Dans un hangar près de l'aéroport abandonné de Nicosie, 90 boîtes en
carton sont rangées côte à côte sur des étagères métalliques. Elles
contiennent les restes de dizaines de personnes tuées par des
Chypriotes grecs en 1974 et jetés dans une fosse commune près du port
de Famagouste, sur la côte est.
Selon l'anthropologue légiste Photis Andronicou, des centaines de corps
attendent toujours d'être identifiés à l'aide de tests ADN ou d'examen
des effets personnels trouvés sur les victimes.
Cette méthode permet d'atteindre un taux de certitude de "99,95%", selon M. Andronicou.
Pour les proches des victimes, chaque identification est à la fois un
soulagement après des décennies d'incertitude mais aussi une douleur
car leurs derniers espoirs de les retrouver vivants s'envolent.
Dina Papachristou, réfugiée chypriote grecque de 69 ans, n'a pas vu sa
fille, son gendre et son petit-fils de 7 ans depuis leur disparition en
1974. Mais elle s'accroche encore à l'espoir qu'ils n'aient pas été
tués cet été là.
"Je veux juste les retrouver", confie-t-elle, étalant des photos en
noir et blanc de l'écolier sur la nappe en lino de son salon. "Si cela
se termine par une mauvaise nouvelle, je suis prête." (AFP, 24 août
2016)
Un premier militaire turc réfugié en Grèce entendu par le service d'asile
Le service d'asile grec a annoncé avoir entamé vendredi l'audition du
premier des huit militaires turcs qui ont demandé l'asile en Grèce
après le putsch manqué du 15 juillet et dont Ankara réclame
l'extradition.
Cet officier, le capitaine Feridun Coban selon l'avocate du groupe
Stavroula Tomara, a été conduit au siège du service d'asile tôt dans la
matinée, dans la banlieue athénienne, à l'écart des caméras.
Ses compagnons - deux commandants, trois autres capitaines et deux
sergents- seront ensuite auditionnés un par un à partir de lundi.
Aucune décision sur leurs demandes n'est attendue "avant deux ou trois
mois", selon le service de presse du service d'asile.
Le cas des huit militaire, qui ont fui en Grèce quelques heures après
le putsch manqué du 15 juillet, "suit une procédure totalement
normale", a souligné ce service, alors que l'affaire embarrasse Athènes
au vu de ses relations délicates avec Ankara, encore compliquées par
l'exode de migrants et réfugiés vers l'Europe.
La Grèce a indiqué jeudi avoir reçu la demande d'extradition des huit
militaires émise par la Turquie, qui les soupçonne d'avoir participé à
la tentative de coup d'État, ce qu'ils nient.
Selon Me Tomara, ils invoquent des risques "pour leur sécurité et leur
vie, et celles de leurs familles", en cas de renvoi en Turquie, où le
gouvernement mène une purge tous azimuts.
Le groupe avait demandé l'asile après avoir gagné Alexandroupolis, près
de la frontière gréco-turque, le 16 juillet en hélicoptère. Il avait
été autorisé à atterrir après avoir envoyé un signal de détresse.
Arrêtés à leur arrivée, les huit militaires ont été condamnés à deux
mois de prison avec sursis pour entrée illégale et sont en rétention
dans un commissariat de la banlieue d'Athènes.
Les Premier ministres turc, Binali Yildirim, et grec, Alexis Tsipras,
se sont entretenus jeudi au téléphone notamment de "questions de
coopération judiciaire", à l'initiative du premier, ont indiqué les
services de M. Tsipras.
La Grèce et la Turquie poursuivent ces dernières années une politique
de normalisation de leurs relations, qui reste toutefois soumise aux
aléas de disputes non réglées de souveraineté en mer Égée, et du
dossier chypriote.
Athènes dépend par ailleurs du bon vouloir turc pour le contrôle des
flux de réfugiés et migrants ayant afflué en 2015 sur son territoire en
route vers l'Europe du nord.
Selon Me Tomara, la Turquie n'a jusque là demandé l'extradition que de
ce groupe "alors que 269 officiers turcs ont aussi fui, en Allemagne,
en Italie, en Suède et au Maroc" après le putsch raté. (AFP, 19 août
2016)
Les camps de réfugiés sur les îles débordent après le putsch raté en Turquie
Le nombre des migrants et réfugiés dans
les camps de rétention (hotspots) sur les cinq îles de la mer Egée, mis
en place depuis l'accord UE-Turquie, ne cesse d'augmenter depuis le
putsch raté en Turquie, selon les chiffres quotidiens publiés par le
gouvernement grec.
Jeudi, ce nombre s'élevait à environ 10.200 personnes pour une capacité
de 7.450 places sur ces îles contre 8.500 avant le 15 juillet, date de
la tentative de coup d'Etat dans la Turquie voisine, selon ces chiffres.
Le 1er août ce nombre avait déjà enregistré une hausse de 11%.
La moyenne du nombre d'arrivées sur les îles a enregistré une légère
hausse passant "de 85 personnes depuis le 15 juillet à 100 depuis le
1er août", a indiqué à l'AFP une source gouvernementale.
Elle a souligné qu'"il n'y avait pas de panique" dans la mesure où ce
nombre reste bien inférieur à celui des migrants qui affluaient quotidiennement par milliers l'année dernière sur les îles.
"Pour parer à cette hausse, nous étudions le renforcement de la capacité des camps sur les îles", a ajouté cette source.
Des associations et entreprises locales de Chios et Samos, deux des
cinq îles grecques où sont installés les hotspots, ont recouru jeudi au
Conseil d'Etat, haute juridiction administrative, dénonçant comme
"anticonstitutionnelle" la loi sur la création des hotspots, qui ont
porté un coup sérieux sur le tourisme.
Elles dénoncent également "les conditions déplorables" dans ces centres.
Des experts européens craignent que l'état d'urgence décrété en Turquie
et la purge récente effectuée dans l'armée, la fonction publique ou les
médias puisse avoir des répercussions négatives sur l'accord UE-Turquie.
Trois jours après le putsch manqué, les sept observateurs turcs qui
avaient été envoyées sur les cinq îles grecques dans le cadre de
l'application de l'accord UE-Turquie, ont été rappelés et ils n'ont pas
été encore remplacés.
En vertu de l'accord UE-Turquie, les migrants arrivés sur les îles
grecques après le 20 mars, date de sa mise en vigueur, sont placés en
rétention et sont censés être renvoyés en Turquie sous condition.
Jusqu'ici seules 468 personnes ont été renvoyés en Turquie, signe de la
situation dégradée en Turquie, selon la source gouvernementale. La
majorité des réfugiés demandent l'asile en Grèce, une procédure très
longue, qui contraint les demandeurs de rester sur les îles jusqu'à ce
qu'elle soit examinée par les autorités. (AFP, 11 août
2016)
Immigration
/ Migration
Une centaine de manifestants à Bruxelles pour dénoncer l'arrestation de Bilen Ceyran
Une centaine de manifestants étaient présents lundi après-midi devant
l'ambassade de Turquie à Bruxelles pour dénoncer l'arrestation de la
jeune Belge d'origine turque Bilen Ceyran. A coups de "Erdogan
assassin", "Hier Hilter, aujourd'hui Erdogan" ou encore "Stop massacres
au Kurdistan", les militants de plusieurs associations et proches de
Bilen ont manifesté durant 45 minutes, soit le temps imparti par la
police.
Des associations défendant les droits des Kurdes et des mouvements de
jeunes progressistes ont brandi leurs drapeaux et revendications rue
Montoyer, accusant le régime de Recep Tayyip Erdogan et son parti l'AKP
d'oppressions, de mensonges et de violences envers les minorités et
l'opposition.
Bilen Ceyran et deux de ses amis ont été arrêtés samedi en Turquie,
selon la mère de la jeune femme de 24 ans. Ils avaient loué une maison
pour les vacances à Balikesir, au sud d'Istanbul, sur la côte ouest
turque. "Ils sont actuellement en garde à vue dans la localité et ne
seront autorisés à voir leur avocat qu'à partir de mercredi en raison
de l'état d'urgence", avait précisé Meryem Sasmaz.
Bilen Ceyran est vice-présidente de Young Struggle, une organisation de
jeunesse socialiste. Selon certains médias turcs, elle est accusée
d'être membre de la KGÖ, la jeunesse communiste affiliée au MLKP (le
Parti communiste marxiste-léniniste en Turquie), considéré comme une
organisation terroriste par le régime. Elle n'était toutefois présente
en Turquie que pour des vacances, ont assuré plusieurs proches. Elle y
serait partie avec deux Allemands, un homme et une femme, arrêtés en
même temps qu'elle. (Belga, 29 août 2016)
La mère de Bilen Ceyran écrit une lettre ouverte à Charles Michel
Dimanche, on a appris que Bilen Ceyran, une étudiante belge âgée de 24
ans soupçonnée de terrorisme communiste, avait été arrêtée en Turquie.
Sa mère a fait le voyage, mais n'a pas pu lui parler. Dans l'espoir de
revoir sa fille rapidement, la maman de Ceyran écrit une lettre ouverte
à Charles Michel.
"Je suis désespérée et en colère", raconte Meryam Sasmaz, la mère de
Bilen, que nos confrères de Knack ont contactée en Turquie. "J'espère
que Charles Michel lira ma lettre, ma fille est une étudiante belge
arrêtée sans inculpation dans un autre pays. C'est inacceptable, non ?"
Sasmaz espère que le gouvernement belge la contactera et prendra son
appel au sérieux. "Je n'ai toujours pas vu ma fille. Je suis intimidée
par la police turque et j'essaie d'avoir des nouvelles de ma fille par
le biais du procureur turc."
Ci-dessous, la lettre intégrale adressée à Charles Michel:
Monsieur le Premier Ministre,
Compte tenu de la situation en Turquie depuis le 15 juillet 2016, suite
au putsch militaire, Recep Tayyip Erdogan a le pouvoir et le parlement
n'a aucun pouvoir face à ce dictateur.
Depuis le 20 juillet 2016, l'état d'urgence est en vigueur et ceux qui
sont contre les idées du dictateur Recep Tayyip Erdogan sont mis en
garde à vue. Chaque jour ont lieu des arrestations sans mandats
d'arrêt. Vous n'ignorez certainement pas que les gardes à vue peuvent
durer un mois et que la torture est une possibilité.
En sachant que des académiciens, des écrivains, des journalistes, des
jeunes, des étudiants, des ouvriers et des femmes se font arrêter
chaque jour. Non seulement ceux qui vivent en Turquie mais également
ceux qui vivent en Europe.
Car l'une de ces personnes est ma fille, Bilen CEYRAN, étudiante en
philosophie. Elle est partie pour des vacances à Izmir pour une durée
de deux semaines et j'apprends par la presse turque qu'elle a été mise
en garde à vue en date du 27 août 2016.
Etant donné que je suis moi-même belge et que je réside en Belgique, je
vous demande de l'aide car je suis sans nouvelle de ma fille et je
m'inquiète de sa situation morale et sanitaire.
Veuillez agréer, Monsieur le Premier Ministre, mes salutations les plus sincères.
SASMAZ MERYAM
Michel et Reynders sont-ils eux aussi complices de la bête noire d'Erdogan?

Les ministères turcs de l'Intérieur, de la Justice, des finances et des
affaires étrangères viennent d'adopter un plan spécifique de six points
pour éradiquer la présence du mouvement de Fethullah Gülen dans les
pays étrangers.
A côté des mesures répressives dans les domaines économique et
financier, ils se mobiliseront plus particulièrement pour la fermeture
des écoles dans 140 pays dont la Belgique et l'interdiction du Festival
international de la langue et de la culture organisé par le mouvement
de Gülen. Lancé en 2003 sous l'appellation de "Olympiades turcophones",
il a été organisé jusqu'ici dans 17 pays dont la Belgique.
Le dernier festival en Belgique a été organisé le 4 juin 2016 à Forest
National sous le patronage du Parlement européen et soutenu par les
dirigeants belges au niveau fédéral, régional et communal. Notamment,
dans un message, le Premier ministre Charles Michel a exprimé son
appréciation et félicitation pour ce festival.
En plus, le 3 juin 2016, le vice-premier ministre et ministre des
affaires étrangères Didier Reynders a reçu une délégation du festival
au Palais d'Egmont. Selon le communiqué de presse du ministère, lors de
cette visite "Didier Reynders, en tant que parrain de l'événement, a
tenu à souhaiter la bienvenue en Belgique aux jeunes artistes et à leur
communiquer ses meilleurs vœux de succès à la veille de ce grand
spectacle."
La question:
Après le lancement de cette campagne répressive de l'Etat turc contre
le mouvement de Gülen, que sera la prise de position des dirigeants
belges concernant les écoles ainsi que le festival en question?
Les Turcs du Danemark fuient les écoles accusées d'être pro-Gülen
Des centaines de Turcs du Danemark ont retiré leurs enfants d'écoles
dénoncées pour leurs liens supposés avec Fethullah Gülen, que le
gouvernement turc accuse d'être le cerveau du putsch avorté de
mi-juillet, rapportent vendredi les médias danois.
Une liste de 14 écoles privées circule sur Facebook, avec pour
commentaire "Sauvez vos enfants des écoles de l'organisation terroriste
de Fethullah Gülen", d'après la traduction du turc effectuée par la
chaîne de télévision TV2.
Selon le décompte de TV2, 366 élèves d'origine turque ne se sont pas présentés à la rentrée mi-août.
L'école Privatskole à Hillerød (nord-est) a confirmé à l'AFP que 45 de
ses quelque 180 élèves étaient partis. Les parents "n'osent pas mettre
leurs enfants dans une école que [le président turc Recep Tayyip]
Erdogan désigne comme terroriste", a déclaré son directeur adjoint,
Jørgen Skaastrup.
Le mouvement politique de M. Gülen, Hizmet, soutient une multitude
d'écoles à travers le monde. Mais la plupart de celles sur la liste
nient tout lien direct avec lui et tout enseignement de ses idées,
d'après TV2.
"Ce n'est en aucun cas inséré dans le cursus, les buts ou les valeurs",
a assuré M. Skaastrup, selon lequel, en revanche, "il y a bien sûr des
enseignants parmi le personnel turc qui sont inspirés par Gülen".
Après un coup d'État manqué le 15 juillet, les autorités turques ont
lancé une purge massive, qui a suscité de vives protestations à
l'étranger, pour déloger les sympathisants de la confrérie Gülen de la
fonction publique, l'armée, la magistrature, l'enseignement et
l'économie. Le prédicateur de 75 ans, qui vit aux États-Unis, nie toute
implication dans la tentative de putsch. (AFP, 19 août
2016)
Des menaces à l'encontre des écoles proches de Gülen en Belgique
Plusieurs parents dont les enfants fréquentent des écoles belges
financées par le réseau de l'imam Fethullah Gülen ont reçu des menaces
par téléphone et via internet, rapportent De Standaard et Het Belang
van Limburg.
Appels au boycott et à la délation
Des parents dont les enfants sont scolarisés dans des écoles de
l'enseignement primaire et secondaire en Flandre et en région
bruxelloise ont été visés. Il s'agirait du réseau de ces écoles des
Etoiles du côté francophone, Lucerna en Flandre, qui sont considérées
comme proches du mouvement Gülen. Les écoles des Etoiles accueillent
environ 50% d'élèves d'origine turque, une proportion qui est plus
élevée dans les écoles flamandes Lucerna.
Des messages d'intimidation ont été lancés sur les réseaux sociaux mais
aussi verbalement, en privé, parfois dans la sphère familiale, pour
inciter les parents à boycotter ces écoles ou pour inciter à la
délation de ceux qui les fréquenteraient. Des articles sont aussi parus
dans la presse turque à ce sujet.
Désinscriptions
Des parents se disent choqués par cette campagne. Certains ont déjà
décidé de retirer leurs enfants des écoles en question en raison de ces
menaces. A l'école primaire des Etoiles de Haren, une dizaine d'élèves
ont été désinscrits sur les 441 qu'elle accueille. Les parents
craignent de passer pour des traîtres à la patrie.
Fevzi Yildirim, le directeur du collège Lucerna à Anderlecht, estime
que des organisations pro-Erdogan sont à l'origine de ces actions.
C'est aussi l'opinion de Arzu Pehlivan directrice de l'école primaire
des Etoiles à Haren, une école libre, non confessionnelle et
subventionnée, qui y voit la main de l'AKP, le parti du président turc
Recep Tayyip Erdogan, via l'agence de presse Anadolu.
Le président turc accuse, sans en apporter de preuve, Fethullah Gülen
et son réseau d'être à la manœuvre de la tentative de coup d'Etat
survenu le 15 juillet.
Il y a une véritable campagne de haine contre les sympathisants de
l'imam Gülen, affirme Ozkan Cetin, directeur général des collèges
Lucerna en Flandre, à la VRT. La direction de Lucerna étudie les
possibilités d'actions judiciaires et a demandé la protection de la
police pour la rentrée. Arzu Pehlivan a aussi demandé une protection à
la police locale à la rentrée pour l'école de Haren.
Incidents violents et appels au calme
Un de ces collèges Lucerna est située à Houthalen dans le Limbourg, où
le bourgmestre Alain Yzermans (sp.a) confirme que des parents ont fait
l'objet de pression pour ne pas inscrire leurs enfants au collège. Le
bourgmestre a écrit une lettre pour demander aux élèves de ne pas se
laisser influencer par une quelconque rumeur ou information incorrecte.
Ces menaces suivent les incidents anti-gülénistes qui ont eu lieu en
Belgique après la tentative de coup d'Etat du 15 juillet dernier en
Turquie : à Schaerbeek, des pavés avaient été jetés dans les vitres des
locaux de Fedactio, qui fédère des associations turques inspirée par le
mouvement Gülen, à Gand, des tags d'insultes avaient été badigeonnés
sur les locaux d'une association et à Beringen, des manifestants
pro-Erdogan ont attaqué et endommagé un bâtiment.
Le gouvernement belge avait alors mis en garde les autorités turques
contre ces débordements : "La Belgique n'acceptera pas une exportation
des tensions qui ont lieu en Turquie."
Aujourd'hui, c'est le ministre-président flamand Geert Bourgeois (N-VA)
qui réagit. "Je suis très préoccupé. J'ai déjà appelé la communauté
turque au calme et j'ai demandé de ne pas importer ici les problèmes
turcs. Je constate que c'est le cas et que des parents subissent des
pressions. C'est inadmissible".
Il ne faut pas céder aux pressions, dit-il : "Laissez aller les enfants
dans les écoles de leur choix. Ils s'agit d'écoles reconnues qui font
l'objet d'inspection".
Le ministre-président flamand attend que la Justice enquête pour
vérifier s'il y a eu des faits répréhensibles. "On ne peut menacer les
gens. La liberté d'enseignement existe dans notre pays et nous ne
pouvons tolérer qu'elle ne soit pas respectée. Il faut mettre un terme
à ceci". (RTBF, 18 août 2016)
Une maman témoigne: elle a été menacée par les partisans d'Erdogan
Plusieurs parents dont les enfants fréquentent des écoles turques
inspirées par l'imam Fethullah Gülen ont reçu des menaces par téléphone
et via internet. Selon le pouvoir turc, Fethullah Gülen est à l'origine
du coup d'état avorté survenu du 15 au 16 juillet. Cette campagne
d'intimidation touche des établissements dans les trois régions du
pays. Le reportage d'Arnaud Gabriel et Elizabeth Wouters.
Notre équipe s'est rendue à Marchienne-au-Pont, dans la région de
Charleroi, où se trouve l'une des "Ecole des étoiles" du pays. Cet
établissement maternel et primaire compte normalement 230 élèves, mais
depuis ce matin, 50 à 60 d'entre eux ont été désinscris par leurs
parents. "Ça représente environ un quart de la population scolaire de
l'école. Jusqu'à il y a quelques jours c'était 60, mais ce nombre
risque d'augmenter donc ça sera la grande surprise le 1er septembre",
explique Ayse Tufek, coordinatrice.
"Pour un directeur c'est extrêmement difficile de devoir signer des
documents qui font partir des élèves juste avant leur sixième primaire,
alors qu'on les connaît depuis qu'ils sont en première maternelle, et à
qui on se faisait une joie de remettre le CEB l'année prochaine. C'est
dur", ajoute Frédéric Billiard, directeur de l'école.
Une maman témoigne: "J'ai peur pour les enfants, vraiment"
Pour tous les parents concernés, il s'agit là d'une décision difficile
à prendre. Mais depuis quelques jours, la pression est parfois devenue
trop importante. Ils sont nombreux à avoir reçu des menaces par
téléphone. Une maman ayant trois enfants présents dans l'école a décidé
de témoigner, tout en gardant son anonymat. "En général c'est vraiment
par téléphone, où ils contactent les parents en disant 'Si vous
n'enlevez pas vos enfants de l'Ecole des étoiles, vous serez rayés du
pays, interdiction de rentrer dans le pays d'origine", confie-t-elle.
"J'ai peur pour les enfants, vraiment. Personnellement c'est pour les
enfants, pour la rentrée où ils vont se rendre compte qu'ils ont
beaucoup de camarades qui ne seront pas là", précise-t-elle.
"Cette école n'est pas financée par Fethullah Gülen, on ne le connaît pas"
Pour le directeur, c'est l'incompréhension. Il connaît bien
l'établissement, et il est vrai qu'il se base sur la philosophie de
Gülen, à savoir l'école avant tout, mais cela s'arrête là. "C'est
difficile à comprendre pour nous, parce que cette école n'est pas
financée par Fethullah Gülen, on ne le connaît pas. Ces sont des
parents qui se sont investis, avec leur temps et leur argent, et puis
voilà, des choses comme ça qui nous arrivent… Pour nous c'est
difficile, pour eux c'est une véritable tragédie", explique Frédéric
Billiard.
En attendant, à treize jours de la rentrée, les institutrices tentent
de préparer leur classe comme si de rien n'était. Mais le cœur n'y est
pas vraiment…
Le ministre-président flamand se dit inquiet
Du côté des autorités, le ministre-président flamand Geert Bourgeois
s'est dit particulièrement inquiet. Il pointe du doigt une campagne
d'intimidation émanant de la mouvance liée au président turc Recep
Tayyip Erdogan à l'égard de certaines écoles turques en Flandre. Il a
appelé ce jeudi les parents d'élève à ne pas plier face aux menaces.
Geert Bourgeois (N-VA) demande à la justice d'examiner si des faits
répréhensibles ont été commis. "Il convient d'appliquer les règles en
vigueur ici, nous ne pouvons tolérer qu'elles ne soient pas
respectées", a-t-il commenté. (RTL, 18 août 2016)
Un rapport du CE pointe la précarité des réfugiés syriens en Turquie
Travail des enfants, mariages précoces motivés par la pauvreté,
conditions de vie précaires : un rapport publié mardi par le Conseil de
l'Europe pointe les difficultés des Syriens vivant hors des camps de
réfugiés en Turquie.
Dans ce rapport, le représentant spécial du secrétaire général du
Conseil de l'Europe pour les migrations et les réfugiés en Turquie,
Thomas Bocek, souligne que "les réfugiés syriens, les demandeurs de
protection internationale et les bénéficiaires et titulaires du permis
de séjour +humanitaire+ résident, pour leur grande majorité, à
l'extérieur des camps".
Ces personnes ne reçoivent "ni hébergement ni aide financière pour se
loger", ce qui "a entraîné l'appauvrissement de milliers de réfugiés,
que la hausse rapide des loyers en raison du nombre de nouveaux
arrivants ne fait qu'aggraver", déplore-t-il.
Dans ce contexte, "le nombre d'enfants syriens qui travaillent,
notamment dans l'industrie textile et l'agriculture, a explosé", pointe
le rapport, qui déplore que "l'exposition des enfants à l'exploitation
et aux dangers physiques et moraux (fasse) peser une grave menace sur
leurs droits les plus fondamentaux".
Il appelle les autorités turques à oeuvrer pour la scolarisation de ces
enfants, notamment en aidant financièrement les parents qui acceptent
cette scolarisation.
M. Bocek souligne également le nombre croissant de mariages de jeunes
filles de moins de 15 ans et dit craindre que la précarité de
nombreuses familles entraîne un trafic d'enfants migrants.
Il appelle les autorités turques à mobiliser les ressources nécessaires
pour permettre aux victimes d'abus de bénéficier de services médicaux,
psycho-sociaux et juridiques.
La Turquie accueille sur son sol la plus grande population de réfugiés
au monde : 3,1 millions de personnes, parmi lesquelles 2,75 millions de
Syriens, selon le rapport.
Il s'inquiète également du fait que les réfugiés et demandeurs d'asile
non enregistrés en Turquie n'aient accès qu'aux soins d'urgence, qui
excluent les soins obstétricaux et les accouchements à l'hôpital. "Cela
est très préoccupant compte tenu du nombre élevé de naissances chez les
réfugiés", souligne-t-il. (AFP, 16 août
2016)
La Turquie, ou la tentation de l'ingérence
Marie-Cecile Royen
Les masques tombent à Ankara. Le président du Parlement (AKP) veut
expurger la Constitution turque de sa laïcité. Le président Recep
Tayyip Erdogan, nouveau " raïs " drainant des centaines de milliers de
partisans dans la rue, réclame la restauration de la peine de mort et
se détourne ostensiblement de l'Europe. Après le coup d'Etat manqué, la
gigantesque répression (60 000 personnes limogées, sous les verrous ou
en garde à vue) ne laisse guère de doute sur l'évolution du régime. Il
ne fait pas bon être turc ces temps-ci : les événements de la nuit du
15 au 16 juillet ont causé plus de 300 morts et 1 500 blessés (chiffres
provisoires). La diaspora turque en Belgique (plus de 160 000
personnes) n'en sort pas indemne, partagée entre les pro- Erdogan et
les pro-Fethullah Gülen, un prédicateur islamiste exilé aux Etats-Unis,
que l'AKP accuse d'avoir ourdi le complot.
Une commission " Anatolie " a été créée au sein de l'Organe de
coordination pour l'analyse de la menace (Ocam). Le 11 avril dernier,
elle recommandait " une vigilance accrue à propos de la Turquie ".
Aujourd'hui, le risque de débordement fait l'objet d'un niveau 2
(moyen) de la menace selon le document du 25 juillet consulté par Le
Vif/L'Express, actualisant une évaluation du 18 juillet. " Les jours
suivant les événements en Turquie, décrit l'Ocam, les polices
limbourgeoise, anversoise et bruxelloise ont fait mention de divers
incidents (actes de vandalisme, graffitis, perturbations au niveau de
l'ordre public...) visant systématiquement des symboles du mouvement
Gülen. "
Selon le porte-parole francophone de la coupole du mouvement
güléniste en Belgique, Fedactio, une plainte a aussi été déposée à la
police de Charleroi après des insultes proférées par quelques
individus, qui menaçaient de bouter le feu au bâtiment d'une
organisation membre de Fedactio, pour " montrer de quoi ils sont
capables ". Fedactio, très discrète pour des raisons de sécurité,
revendique 67 associations, principalement éducatives et culturelles. Texte complet: Le Vif/l'express
Indignation en Bulgarie après l'extradition d'un opposant turc
La remise à Ankara d'un opposant au président Recep Tayyip Erdogan
suscitait jeudi une vague d'indignation en Bulgarie, où ONG et experts
dénonçaient une entorse "illégale" et "humiliante" aux droits de
l'Homme dans un contexte de purges massives en Turquie.
Le ministère de l'Intérieur a confirmé jeudi l'expulsion de Abdullah
Buyuk, un homme d'affaires réputé proche du prédicateur musulman exilé
aux États-Unis Fethullah Gülen, que M. Erdogan accuse d'être à
l'origine du putsch manqué du 15 juillet.
Remis à Ankara mercredi, M. Buyuk, 43 ans, "n'avait pas de documents
valides" et séjournait depuis six mois de façon illégale dans le pays,
a souligné la ministre de l'Intérieur, Roumiana Batchvarova, à la
télévision bTV.
Cette expulsion discrète et subite a été vivement dénoncée jeudi par
les défenseurs des droits de l'Homme en Bulgarie, qui ont accusé Sofia
d'avoir plié face à son puissant voisin.
"Il est répugnant de voir les dirigeants bulgares s'incliner d'une
façon aussi humiliante", a estimé sur Facebook Hristo Ivanov,
ex-ministre de la Justice réformateur et directeur de l'Institut
d'initiatives légales, une ONG. Il a qualifié d'"arbitraire et indigne
la remise d'un homme menacé à la Turquie".
L'ONG de défense des droits de l'Homme Comité d'Helsinki a également
dénoncé une expulsion "illégale" et motivée selon elle par des "raisons
politiques".
Abdullah Buyuk s'était vu refuser l'asile politique en Bulgarie, mais
la justice de ce pays avait refusé son extradition, estimant que les
conditions d'un procès équitable n'étaient "pas réunies" en Turquie.
Un haut responsable du ministère de l'Intérieur, Gueorgui Arabadjiev, a
cependant justifié jeudi l'expulsion de M. Buyuk par "des faits
nouveaux et des circonstances inquiétantes communiqués par Interpol",
sans fournir davantage de détails.
Ankara a par le passé accusé M. Buyuk de "liens avec une entreprise
terroriste" et de "blanchiment d'argent". Il est notamment accusé par
la Turquie d'être un financier du mouvement de M. Gülen.
Le chef de la diplomatie turque, Mevlüt Cavusoglu, a confirmé jeudi la
remise de M. Buyuk. "Nous remercions la Bulgarie" pour cette expulsion,
a-t-il souligné à la télévision turque, saluant par ailleurs la
"coopération" entre les deux pays.
Jouxtant la Turquie, la Bulgarie veille à ne pas mécontenter ce pays
dont elle dépend pour la régulation des flux migratoires. Le Premier
ministre Boïko Borissov a ainsi récemment recommandé aux dirigeants
bulgares "de parler avec précaution de la Turquie" pour ne pas la
froisser.
La répression du putsch manqué du 15 juillet s'est soldée par au moins
60.000 limogeages, arrestations et gardes à vue en Turquie, notamment
parmi des sympathisants présumés de M. Gülen. Celui-ci rejette toute
implication dans la tentative de coup d'Etat. (AFP, 11 août
2016)
Attaque à la machette en criant "Allahu Akbar" à Charleroi
Le samedi après-midi dans le centre de Charleroi par un individu criant
"Allahu Akbar", a indiqué la police locale. Les faits se sont produits
à proximité de l'hôtel de police de Charleroi.
L'auteur d'une attaque à la machette sur deux policières à Charleroi
samedi après-midi est décédé à l'hôpital, a confirmé la police locale.
L'une des policières a été touchée par des coups puissants à la tête,
ont précisé les forces de l'ordre. Ses jours ne sont toutefois pas en
danger. Un homme s'est présenté au checkpoint de l'hôtel de police de
Charleroi à 15h58. Il a immédiatement sorti une machette de son sac et
a frappé puissamment à la tête une policière. Une autre policière a été
touchée légèrement. Une troisième, également présente au checkpoint, a
tiré sur l'agresseur, le touchant au thorax et à la jambe.
Les deux policières blessées ont été admises à l'hôpital Notre Dame à Charleroi. La plus touchée devra être opérée.
L'auteur a, lui, été admis dans un état grave à l'hôpital Marie Curie
(CHU) où il a succombé sur la table d'opération, a précisé la police.
L’homme qui agressé les deux policières, un certain K. B., séjournait
en Belgique depuis 2012 . L’homme était connu de la police pour des
infractions de droit commun mais pas pour des faits de terrorisme, a
précisé le parquet. Selon VTM, l’homme était illégal depuis 2012. Il
n’aurait pas été enfermé dans un centre de détention à cause du manque
de places. La priorité étant donné aux illégaux qui ont commis des
faits graves. Son pays d’origine, l’Algérie, n’a pas accepté son
retour.
L’agence officielle de l’Etat islamique a revendiqué l’attaque à la
machette qui s’est déroulée ce samedi à Charleroi. L’attaque a été
effectuée « en réponse aux appels ciblant les ressortissants des pays
de la coalition ».(DH-Le Soir, 6-8 août 2016)
Forte progression du nombre de demandes d'asile de Turcs en Allemagne
Le nombre de demandeurs d'asile turcs en Allemagne, en particulier
kurdes, a fortement augmenté notamment en raison de la reprise des
combats dans le sud-est de la Turquie, selon des chiffres officiels
publiés vendredi par le quotidien Tagesspiegel.
Sur les six premiers mois de l'année, 1.719 Turcs ont demandé l'asile à
l'Allemagne, soit quasiment le même nombre que pour l'ensemble de
l'année 2015 (1.767), a indiqué au journal berlinois l'Office des
migrations et des réfugiés (BAMF).
L'autorité qui gère toutes les demandes d'asile n'était en revanche pas
en mesure de donner des indications sur la situation depuis le coup
d'Etat avorté le 15 juillet contre le président Recep Tayyip Erdogan
qui s'est traduite par une sévère reprise en main du pouvoir et des
purges inédites dans toutes les institutions.
La plupart de ces requêtes proviennent de Turcs originaires des régions
kurdes: sur les 1.719 demandes du premier semestre, 1.510 sont des
Kurdes.
La plupart justifient leur décision de venir en Allemagne par les violences en cours dans le sud-est anatolien, selon le BAMF.
Néanmoins leurs chances de voir leur demande aboutir sont faibles: 5,2%
pour les Kurdes et 6,7% pour l'ensemble des Turcs sur les six premiers
mois de 2016, selon la même source.
L'an dernier, 14,7% des demandeurs d'asile en provenance de Turquie avaient vu leur requête acceptée par l'Allemagne.
Après un long cessez-le-feu de deux ans et demi, les forces turques et
le parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) ont repris l'été dernier
des combats d'une violence inédite. Ce conflit a fait 40.000 morts en
32 ans dans le sud-est majoritairement kurde.
(AFP, 5 août
2016)
Manifestation
sous tension en faveur d'Erdogan en Allemagne
Plusieurs dizaines de milliers de partisans de Recep Tayyip Erdogan se
sont rassemblés dimanche à Cologne, en Allemagne, au moment où le
président turc fait face à des critiques sur ses purges après la
tentative de putsch.
La manifestation, s'est achevée peu après 16H00 GMT, a indiqué sur
Twitter la police locale, sans indiquer de chiffres. Auparavant, un
porte-parole de la police avait indiqué que 40.000 personnes étaient
présentes. Les organisateurs en espéraient jusqu'à 50.000.
La plupart des participants brandissaient des drapeaux turcs ou s'en
étaient drapés, formant une véritable mer rouge sur la rive droite du
Rhin. Certains tenaient des banderoles à la gloire d'"Erdogan,
combattant des libertés" ou proclamant "Triomphe de l'indépendance".
A début du rassemblement, un orateur a clamé un "nous sommes
l'Allemagne" auquel la foule a répondu par un "Allahu akbar" ("Dieu est
grand"), selon des médias allemands. Les participants au rassemblement
ont entonné l'hymne turc, puis l'allemand.
Une minute de silence a été observée à la mémoire des 270 personnes
tuées dans le putsch manqué mi-juillet, à la suite duquel M. Erdogan a
multiplié les purges pour renforcer son pouvoir.
L'appel au rassemblement, dont le mot d'ordre était "contre le coup
d'Etat et pour la démocratie", avait été lancé par l'Union des
démocrates européens turcs (UETD), un lobby pro-Erdogan.
- Brèves échauffourées -
Durant le week-end, Erdogan a entrepris de resserrer un peu plus encore
sa mainmise sur l'armée : limogeage de 1.400 militaires, fermeture des
écoles militaires remplacées par une université, nomination de nouveaux
membres du pouvoir civil (ministres) au Conseil militaire suprême et
révision constitutionnelle pour contrôler directement les chefs
d'état-major.
A Cologne, la police avait déployé 2.700 hommes en prévision
d'éventuels incidents, plusieurs petites manifestations ou
contre-manifestations se déroulant en parallèle en divers endroits.
Elle est intervenue pour séparer une centaine de Turcs nationalistes et
un nombre équivalent de Kurdes, qui en venaient aux mains. Personne n'a
été blessé. Elle a aussi dispersé une manifestation de 250 personnes
réunies dans le centre-ville à l'appel d'un groupe islamophobe local.
- Discours d'Erdogan en direct interdit -
Peu avant le rassemblement, Ankara a qualifié d'"inacceptable" une
décision de la Cour constitutionnelle allemande qui a interdit au chef
de l'Etat d'intervenir en direct via une liaison vidéo à Cologne.
Un message du dirigeant islamo-conservateur a tout de même été lu lors
du rassemblement, dans lequel il remercie les participants et estime
que "la Turquie est plus forte aujourd'hui qu'avant le 15 juillet",
date du putsch manqué.
Les autorités allemandes craignaient qu'un tel discours vidéo
n'exacerbe encore plus les tensions au sein de la diaspora turque en
Allemagne, la plus importante du monde - 1,55 million de Turcs, pour
une communauté de trois millions de personnes au total en incluant les
Allemands d'origine turque.
En Allemagne, les opposants au parti islamo-conservateur au pouvoir à
Ankara (AKP), minoritaires, se disent victimes de menaces et de
harcèlement dans le cadre des purges décidées par le pouvoir.
La Turquie a demandé cette semaine à l'Allemagne d'extrader les membres
du réseau du prédicateur Fethullah Gülen, qu'elle accuse d'avoir ourdi
la tentative de putsch.
Dans ce contexte, l'inquiétude monte. "Importer les tensions politiques
intérieures de la Turquie chez nous (...), ça ne va pas", a déclaré le
chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, au journal
Süddeutsche Zeitung.
La police allemande a refusé dimanche que des responsables de premier
plan du gouvernement turc participent à la manifestation.
Le seul à avoir été autorisé à s'y s'exprimer a été le ministre de la
Jeunesse et des Sports, Akif Cagatay Kilic.
Ces tensions surviennent à un moment où les relations entre Berlin et
Ankara sont détériorées, après le vote par les députés allemands en
juin d'une résolution qualifiant de "génocide" le massacre des
Arméniens sous l'empire Ottoman en 1915.
Dans un entretien à paraître lundi dans le quotidien Frankfurter
Allgemeine Zeitung, le chef de la diplomatie turc, Mevlut Cavusoglu a
réitéré la menace de laisser tomber l'accord UE-Turquie sur les
réfugiés si les Européens n'ouvrent pas leurs frontières aux Turcs en
octobre au plus tard. (AFP, 31 juillet 2016)
Un prêtre limbourgeois
poignardé par un demandeur d’asile présumé
Le père Jos Vanderlee, un prêtre de 65 ans de Lanaken dans le Limbourg,
a été poignardé chez lui Koning Albertlaan ce dimanche par un demandeur
d'asile, selon le parquet du Limbourg qui a ouvert une enquête.
Selon le porte-parole du procureur du Roi du Limbourg Bruno Coppin,
l'homme âgé de 25 ans environ et d'origine Libyenne est venu sonner à
la porte du prêtre sur le coup de 14h40. Il s'est présenté comme un
demandeur d'asile aux Pays-Bas (Lanaken est une commune frontalière de
Maastricht) et lui a demandé de l'aide et à pouvoir prendre une douche.
Le père Vanderlee l'a laissé entrer et quand il est ressorti de sa
douche, le demandeur d'asile lui a demandé de l'argent. Le prêtre a
refusé et c'est là que l'homme a sorti un couteau et s'est jeté sur
lui. Le prêtre s'est défendu et a été blessé aux mains et aux tendons.
L'agresseur a alors pris la fuite.
Le père Jos Vanderlee a été emmené à l'hôpital de Genk où il a été
opéré directement. Ses jours ne sont pas en danger. Il devrait rentrer
chez lui cet après-midi.
Le parquet du Limbourg a ouvert une instruction et la zone de police
Lanaken-Maasmechelen a été saisie de l'enquête. La police a lancé un
appel à témoins.
Le bourgmestre de Lanaken, Marino Keulen, a fait savoir que "en dépit
du fait que nous soyons très choqués, nous devons souligner que cet
incident ne peut pas être lié à des faits de terrorisme à ce stade de
l'enquête". Malgré des similitudes, l’acte n’a en effet aucun lien avec
ce qu’il s’est passé en France. Marino keulen, "Cela n’a rien à
voir
avec des actes terroristes, Daesh ou IS, explique encore Marino Keulen.
Seulement comme but l’argent du curé." La ville de Lanaken a également
confirmé que le suspect ne provient pas du centre d’asile local.
Le prêtre Vanderlee est responsable de huit paroisses sur le territoire
de Lanaken et a fêté ce mois-ci ses 40 ans de sacerdoce.
Le parquet de Hasselt invite toute personne qui aurait aperçu
l’agresseur à se manifester. (RTL, 31 juillet
2016)
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