Droits
de l'Homme / Human Rights
Almost 130,000 purged public sector workers
still awaiting
justice
More than two years after being arbitrarily dismissed, almost 130,000
Turkish public sector workers are still awaiting justice and facing an
uncertain future, Amnesty International said in a report published
today.
Purged beyond return? No remedy for Turkey’s dismissed public sector
workers reveals that doctors, police officers, teachers, academics and
tens of thousands of other public sector workers dismissed from their
jobs for alleged “links to terror groups” are yet to be reinstated or
compensated, while the Commission set up to review dismissal decisions
is woefully unfit for purpose.
“Branded as ‘terrorists’ and stripped of their livelihoods, tens of
thousands of people who have had their professional and family lives
shattered are still awaiting justice,” said Andrew Gardner, Amnesty
International’s Turkey Strategy and Research Manager.
“Despite the clear arbitrary nature of these dismissals, the Commission
responsible for reviewing the decisions has failed to uphold
international standards and is acting as a de facto rubber stamp for
the initial flawed decisions. The whole process is a shameful affront
to justice.”
Under the state of emergency that followed Turkey’s 2016 coup attempt,
almost 130,000 public sector workers were arbitrarily dismissed through
executive decrees.
Innocuous – and at the time entirely lawful activities - have been used
by the Commission to retroactively justify the dismissals and decisions
to permanently bar these people from working in the public sector or
even in their professions. Actions such as depositing money in a
certain bank, membership of certain trade unions or downloading a
particular smartphone app were used as evidence of “links” with
proscribed “terrorist” groups, without any further proof of such links
or evidence of wrongdoing. (Amnesty
International, Oct 15, 2018)
Un
Allemand condamné à 6 ans de prison pour
appartenance à une milice
kurde
Un Allemand arrêté en Turquie en mars a été condamné à plus de 6 ans de
prison par un tribunal turc pour appartenance à une milice kurde
syrienne considérée comme "terroriste" par Ankara, a indiqué vendredi à
l'AFP son avocat.
Patrick Kraicker a été condamné à 6 ans et 3 mois d'emprisonnement par
un tribunal de Sirnak (sud-est) pour appartenance aux Unités de
protection du peuple (YPG), milice alliée de Washington dans la lutte
contre le groupe Etat islamique (EI).
Il a également été condamné à 1 an et 8 mois avec sursis pour entrée
dans une zone militaire interdite, a ajouté son avocat, Hüseyin Bilgi.
L'avocat a affirmé qu'il ferait appel de la condamnation de son client,
qui est déjà en détention.
Le gouvernement allemand a confirmé dans l'après-midi cette
condamnation.
La Turquie considère les YPG comme une extension en Syrie du Parti des
travailleurs du Kurdistan (PKK), classé "terroriste" par Ankara mais
aussi Washington et l'Union européenne.
Le groupe de soutien Free Patrick a nié que l'homme de 29 ans ait
jamais exprimé de soutien public à la cause kurde et a démenti des
informations initialement publiées dans la presse turque selon
lesquelles M. Kraicker était un ex-militaire allemand.
La condamnation du ressortissant allemand survient en plein processus
de réchauffement des relations entre la Turquie et l'Allemagne entamé
au début de l'année après plusieurs mois de vives tensions.
La Turquie a notamment remis en liberté conditionnelle des journalistes
allemands emprisonnés. Selon Berlin, il reste encore cinq Allemands
emprisonnés pour des raisons politiques en Turquie.
La chancelière allemande Angela Merkel doit par ailleurs se rendre à
Istanbul samedi pour un sommet sur la Syrie, auquel participeront
également les présidents turc Recep Tayyip Erdogan, français Emmanuel
Macron et russe Vladimir Poutine. (AFP, 26 oct
2018)
Un Suédois arrêté pour
liens présumés avec le PKK
Les autorités turques ont arrêté un Suédois accusé d'être lié au Parti
des travailleurs du Kurdistan (PKK), a rapporté tard mardi l'agence
étatique Anadolu.
L'homme, identifié par ses initiales H.B., est accusé d'être un
responsable en Suède du PKK, une organisation classée "terroriste" par
Ankara et ses alliés occidentaux, précise Anadolu.
L'homme de 46 ans est soupçonné d'être venu en Turquie pour des
entretiens clandestins avec des personnes affiliées au PKK, poursuit
l'agence.
Il a été interpellé dans le cadre d'une opération contre le PKK menée à
Diyarbakir, "capitale" du sud-est à majorité kurde du pays. (AFP, 24 oct
2018)
Droits
de l'Homme: L'avocate Eren Keskin en lice pour le
prix
Martin-Ennals
Une avocate turque condamnée pour avoir défendu la liberté de la
presse, un Afro-Colombien militant pour les droits de sa communauté, et
un migrant soudanais retenu en Papouasie-Nouvelle-Guinée ont été
nominés mercredi pour l'une des plus prestigieuses récompenses dans le
domaine des droits de l'Homme, le Prix Martin Ennals.
Le lauréat de ce prix, qui porte le nom du premier secrétaire général
d'Amnesty International, décédé en 1991, sera annoncé le 13 février
prochain à Genève.
La Turque Eren Keskin, 59 ans, est une avocate qui milite depuis plus
de 30 ans pour les droits de l'homme et les libertés fondamentales, en
particulier pour les Kurdes, les femmes et la communauté LGBTI.
Afin de soutenir la liberté de la presse en Turquie, Mme Keskin avait
occupé le poste de "rédacteur en chef" du journal d'opposition Özgür
Gündem de 2013 à 2016, après sa fermeture par les autorités.
Le 30 mars 2018, elle a été condamnée à 12 ans et demi de prison pour
avoir publié des articles "dégradant" la nation turque et "insultant"
le président Recep Tayyip Erdogan.
Elle a été laissée en liberté en attendant son procès en appel.
"Je suis poursuivie (...) en raison de ma solidarité avec un journal
d'opposition dans le contexte de la liberté d'expression. Merci de ne
pas nous oublier", a-t-elle écrit dans une déclaration après sa
nomination.
Marino Cordoba Berrio, 54 ans, est membre de la communauté ethnique
afro-colombienne. Il lutte depuis des décennies contre l'expropriation
des Afro-Colombiens de leurs terres par de puissants groupes forestiers
et miniers.
Contraint de s'exiler aux Etats-Unis en 2002 à la suite de menaces et
d'agressions, il est revenu dix ans plus tard dans son pays afin de
permettre aux groupes ethniques de jouer un rôle dans l'accord de paix
signé entre le gouvernement et la guérilla colombienne.
"Nous avons dans l'histoire été exclus politiquement, socialement et
économiquement (...) La justice qui s'applique à mon peuple est
cruciale pour sa survie", a-t-il dit dans une déclaration écrite.
Le troisième candidat retenu par le jury est un Soudanais de 26 ans,
bloqué depuis 5 ans dans un camp pour migrants installé par l'Australie
sur une île de Papouasie-Nouvelle-Guinée.
En octobre 2013, la marine australienne a intercepté le bateau sur
lequel se trouvait Abdul Aziz Muhamat et débarqué les passagers sur
l'île de Manus.
Depuis, le jeune homme n'a de cesse de dénoncer les souffrances
endurées par les migrants à travers des interviews via internet et des
podcasts.
"Mon travail qui consiste à dénoncer ce système cruel, m'aide à
préserver (...) ma dignité humaine", a-t-il écrit dans une déclaration.
"Cela m'aide à lutter pour les droits de chaque réfugié dans le monde,
que je continuerai à faire jusqu'à mon dernier souffle." (AFP, 24 oct
2018)
Opérations policières contre les membres du HDP
Alors
qu’approchent les élections locales prévues en mars 2019, on assiste à
la reprise des opérations d’arrestation à l’encontre des militants du
HDP. Au cours de la semaine écoulée, plus de 200 personnes ont été
brutalement interpellées dans le cadre de raids menés par la police
turque dans plusieurs provinces. Comme à l’accoutumée, il est
reprochées aux personnes arrêtées d’avoir publié ou partagé sur les
réseaux sociaux des informations critiquant la politique de l’Etat.
Le 6
octobre
dernier, 49 administrateurs et membres du HDP, dont Nizamettin Toğuç et
Berivan Helen Işık, coprésidents du bureau du HDP à Batman, ont été
arrêtés dans le cadre d’opérations menées à Batman, Ankara, Muş, Ağrı,
Mardin et Urfa. A cette occasion, la police a violemment pénétré dans
certains domiciles, brisant les portes d’entrée. Par ailleurs, la
coprésidente du bureau de Batman a été frappée au cours de son
arrestation.
Trois jours
plus tard, le 9 octobre, plus de 120 personnes, dont Mehmet Şerif
Camcı, co-président du bureau du HDP à Diyarbakir, des administrateurs
du Congrès pour une Société démocratique (DTK) et plusieurs
journalistes ont été arrêtés à Diyarbakır, Istanbul, Van, Sırnak, Urfa,
Batman, Mersin et Mardin. Il est fort à craindre que ces vagues
d’arrestation ne s’amplifient dans les semaines à venir. Cette
répression politique exercée à l’encontre des Kurdes et du HDP est une
pratique usuelle à l’approche des élections générales et locales. Elle
vise à paralyser le HDP. Et ce n’est sûrement pas une coïncidence si,
avant chaque opération d’arrestations massives de ce type, les
responsables de l’AKP, en particulier le président Erdoğan, désignent
explicitement le HDP comme une cible à éliminer.
Après les
élections du 24 juin, Erdoğan a ouvertement menacé de poursuites
pénales toutes celles et ceux qui soutiendraient l’entrée du HDP au
parlement. Nous craignons fortement que l'alliance AKP-MHP ne continue
à utiliser la violence policière et l’arbitraire de la justice pour
étouffer toutes les voix dissidente dans le pays à l'approche des
élections. Ceux qui pensent pouvoir intimider le HDP avec de telles
pressions devraient se remémorer les résultats des élections du 24 juin
qui ont été précédées de l’arrestation de milliers de nos
administrateurs et membres.
Nous
poursuivrons notre lutte politique jusqu'à la construction de la
démocratie dans tous les secteurs de la société en Turquie.
16 octobre
2018
Hişyar Özsoy,
Vice-Coprésident du HDP en charge des affaires étrangères
Député de la Province de Diyarbakir
Curfew Declared for 332 Times in 3
Years
The Human Rights Foundation of Turkey (TİHV) Documentation Center has
determined that curfew was declared for at least 332 times in 11
provinces and at least 50 districts from August 16, 2015 to October 1,
2018.
Curfews were declared in the following provinces:
Diyarbakır (190 Times)
Mardin (53 Times)
Hakkari (23 Times)
Şırnak (13 Times)
Bitlis (18 Times)
Muş (7 Times)
Bingöl (7 Times)
Tunceli (6 Times)
Batman (6 Times)
Elazığ (2 Times)
Siirt (7 Times)
According to the report, at least 1 million 809 thousand people have
been affected due to these curfews. (BIA, Oct 3, 2018)
Des
centaines d'arrestations pour des
transferts illicites d'argent
Plus de 200 personnes ont été arrêtées mardi en Turquie dans le cadre
d'une enquête sur des transferts illicites d'argent sur des comptes aux
Etats-Unis appartenant pour la plupart à des Iraniens, selon les médias
officiels.
Au total 417 mandats d'arrêt ont été émis par la justice turque et 216
personnes ont d'ores et déjà été interpellées dans 40 provinces, a
indiqué l'agence étatique Anadolu.
Les personnes concernées par ces mandats d'arrêt sont soupçonnées
d'avoir transféré depuis début 2017 l'équivalent de plus de 400
millions de dollars vers quelque 28.000 comptes bancaires aux
Etats-Unis appartenant pour la plupart à des Iraniens qui y résident, a
précisé l'agence.
Les suspects sont soupçonnés d'avoir réalisé d'importants gains en
percevant des "commissions" sur ces transferts, effectués dans des
agences bancaire ou à l'aide de distributeurs automatiques de billets.
Ils sont accusés de "porter atteinte à la sécurité financière et
économique" de la Turquie et d'avoir violé les législations sur "la
lutte contre le blanchiment d'argent" et "la lutte contre le
financement du terrorisme".
Les transferts suspects ont été effectués durant une période pendant
laquelle la livre turque a enregistré une baisse constante face au
dollar, culminant par un effondrement spectaculaire en août sur fond
d'une forte inflation et d'une crise diplomatique avec les Etats-Unis.
En mai, Mehmet Hakan Atilla, l'ex-directeur général adjoint de la
banque publique turque Halkbank, a été condamné par un tribunal
américain à 32 mois d'emprisonnement après avoir été reconnu coupable
de contournement des sanctions américaines contre l'Iran.
Il a fait appel et Ankara a vivement protesté après sa condamnation.
En outre, une amende colossale pourrait être infligée à Halkbank, une
perspective qui inquiète le pouvoir turc.
Un homme d'affaires turco-iranien, Reza Zarrab, est au coeur de cette
affaire explosive. Au cours du procès, il a impliqué le président Recep
Tayyip Erdogan et des ministres du gouvernement turc. (AFP, 2 oct
2018)
L'application qui permet de dénoncer les opposants
Même à l'étranger, le président turc Recep Tayyip Erdogan ne tolère pas
la contradiction. Si la censure et le contrôle des esprits sont plus
aisés à l'intérieur de son propre pays, les opposants se retrouvent
maintenant traqués y compris à l'extérieur des frontières de la
Turquie. Et notamment en Allemagne où les Turcs représentent la plus
forte communauté immigrée. Les médias allemands, relayés par le site
iGeneration, rapportent qu'une application disponible sur les
smartphones permet de dénoncer les dissidents aux autorités turques.
L'application se nomme EGM, pour Emniyet Genel Müdürlüğü soit la
Direction générale de la Sécurité du pays selon le site. Elle est
disponible sur iOS comme sur Android. Les soutiens les plus zélés de
Recep Tayyip Erdogan peuvent l'utiliser pour partager avec la police
turque des captures d'écran de messages critiques pour le président
postés sur les réseaux sociaux à l'étranger.
Mais même installés à l'étranger, les ressortissants turcs ne sont pas
pour autant libres de donner leur avis sur le président turc sans
risquer de mesures de rétorsion. Les supporters de Recep Tayyip Erdogan
sont actifs aussi en dehors des frontières du pays et pour les citoyens
dénoncés, le retour en Turquie – pour des vacances par exemple – peut
alors se révéler très compliqué. Les médias allemands rapportent le
témoignage d'un homme qui a reçu des menaces après avoir été dénoncé
sur l'application à la suite d'un message critique sur Facebook.
La famille du basketteur Enes Kanter, qui joue aux États-Unis et a
qualifié Erdogan de « dictateur » et d'« Hitler de notre siècle » sur
les réseaux sociaux, a dû le renier publiquement pour éviter des
représailles. Depuis, le joueur de NBA évite aussi les contacts avec
ses proches pour ne pas les mettre en danger. (LePoint.fr, 29 sept
2018)
GB: un Turc conteste une demande d'extradition
Le chef d'entreprise turc Akin Ipek, recherché par Ankara pour ses
liens présumés avec le putsch manqué de 2016, a combattu mardi à
Londres la demande d'extradition dont il fait l'objet, son avocat
dénonçant des accusations "motivées par des considérations politiques".
M. Ipek avait été arrêté en mai au Royaume-Uni à la demande des
autorités turques. Selon l'agence étatique turque Anadolu, cet ancien
dirigeant de la holding Koza-Ipek avait fui Ankara le 30 août 2015 à
bord d'un jet privé pour l'Angleterre, et n'est plus revenu en Turquie
depuis.
Il est soupçonné par la Turquie d'être un proche de l'ennemi juré du
président Recep Tayyip Erdogan, l'imam Fethullah Gülen, qui dirige
depuis les Etats-Unis un influent réseau d'ONG, médias et entreprises
qualifié par les autorités turques d'"organisation terroriste".
Ankara impute à Fethullah Gülen le putsch manqué de juillet 2016, ce
qu'il nie, et accuse Akin Ipek d'avoir financé des entreprises qui lui
seraient liées.
Des accusations "absurdes" et "motivées par des considérations
politiques", a estimé mardi son avocat, Hugo Keith, lors d'une audience
devant le tribunal de Westminster, qui tranchera ultérieurement sur le
dossier.
"C'est un pogrom (...) parce qu'ils sont jugés pour de fausses
accusations", a-t-il insisté en affirmant que son client, ainsi que
deux autres ressortissants turcs également visés par une demande
d'extradition, faisaient l'objet d'une procédure judiciaire en Turquie
en leur absence.
L'avocat a également estimé que le Royaume-Uni ne pouvait extrader Akin
Ipek en arguant que le pouvoir judiciaire turc n'était pas indépendant,
et que son client risquait d'être poursuivi par de nouvelles
accusations infondées s'il est renvoyé dans son pays.
"L'institution judiciaire (turque) est si compromise qu'elle n'offre
aucune protection contre l'appareil d'Etat qui est tombé dans
l'ignominie quasi-fasciste", a-t-il dit.
S'exprimant devant la presse à l'extérieur du tribunal, Akin Ipek a
déclaré que "la vérité finirait par être révélée" sur les accusations
qui le visent en Turquie.
En octobre 2015, la justice turque avait décidé de mettre sous tutelle
la holding d'Akin Ipek, Koza-Ipek, propriétaire de deux quotidiens et
de deux chaînes de télévision.
Un procureur d'Ankara avait accusé la holding de "financer", "recruter"
et "faire de la propagande" pour le compte de Fethullah Gülen.
(AFP, 25 sept
2018)
Pression
sur les médias / Pressure on the Media
Ryad refuse d'extrader les meurtriers
présumés de Khashoggi vers la
Turquie
L'Arabie saoudite a rejeté samedi la demande d'Ankara d'extrader 18
Saoudiens accusés d'avoir assassiné le journaliste Jamal Khashoggi,
Washington prévenant Ryad que la crise liée à ce meurtre risquait de
déstabiliser le Proche-Orient.
"Ces individus sont des citoyens saoudiens. Ils sont détenus en Arabie
saoudite, l'enquête est menée en Arabie saoudite et ils seront
poursuivis en Arabie saoudite", a déclaré le ministre saoudien des
Affaires étrangères Adel al-Jubeir, lors d'une conférence sur la
sécurité à Manama.
Il oppose ainsi une fin de non-recevoir à Ankara qui réclame que les 18
suspects soient extradés pour être jugés sur son sol, car c'est au
consulat saoudien à Istanbul que M. Khashoggi a été tué le 2 octobre.
Journaliste saoudien critique du palais, Jamal Khashoggi, mort à 59
ans, vivait aux Etats-Unis depuis 2017 et collaborait avec le
Washington Post.
Selon des responsables turcs, il a été victime d'un assassinat,
soigneusement planifié et perpétré par une équipe d'agents venus de
Ryad.
Après avoir nié sa mort, les autorités saoudiennes, sous la pression
internationale, ont fini par admettre qu'il avait été tué au consulat
lors d'une opération "non autorisée", soutenant que le prince héritier
Mohammed ben Salmane n'était pas au courant.
Jeudi, le procureur général saoudien Saoud ben Abdallah Al-Muajab a
évoqué pour la première fois le caractère "prémédité" du meurtre.
- Stabilité "affaiblie" -
Le ministre américain de la Défense Jim Mattis a prévenu l'Arabie
saoudite que le meurtre de Khashoggi "doit tous nous inquiéter
grandement", car il affecte la sécurité dans la région.
"Lorsqu'une nation cesse de respecter les normes internationales et la
loi, elle affaiblit la stabilité régionale au moment où elle est la
plus nécessaire", a ajouté le chef du Pentagone, également présents à
la conférence du "Dialogue de Manama".
Ce meurtre a suscité une vague de critiques internationales et affecté
les relations de Washington avec le royaume, sur lequel les Etats-Unis
s'appuient beaucoup pour contrer l'influence de l'Iran dans la région.
Réunis samedi à Istanbul pour un sommet sur la Syrie, le président
français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel ont
convenu d'avoir à l'avenir une "position coordonnée au niveau européen"
sur d'éventuelles sanctions contre l'Arabie saoudite dans l'affaire
Khashoggi.
M. Macron avait implicitement accusé vendredi Berlin de "démagogie"
pour avoir demandé aux Européens l'arrêt des ventes d'armes à Ryad.
Les autorités saoudiennes ont arrêté 18 suspects, et révoqué cinq
responsables des services de sécurité, dont deux proches du prince
héritier.
- "Barbarie" -
Le royaume "surmontera" cette épreuve, a assuré samedi M. Jubeir.
L'affaire "fait l'objet d'une enquête. Nous connaîtrons la vérité. Les
responsables devront rendre des comptes. Et nous mettrons en place des
mécanismes pour nous assurer que ceci ne se renouvellera pas", a-t-il
indiqué.
De nombreuses questions restent sans réponses et le corps du
journaliste n'a toujours pas été retrouvé.
Le fait que Khashoggi "a été tué est une évidence. Mais où est-il? Où
est son corps?", a demandé vendredi le président turc Recep Tayyip
Erdogan.
La presse et des responsables turcs anonymes ont impliqué le prince
Mohammed ben Salmane personnellement dans ce meurtre. Mais M. Erdogan
s'est gardé à ce jour de l'accuser nommément. Les deux hommes se sont
parlé au téléphone mercredi pour la première fois depuis la mort du
journaliste.
La fiancée turque de Khashoggi a exigé vendredi que soient punis "tous
les responsables" de cette "barbarie".
"Ma demande est que tous les responsables impliqués dans cette
barbarie, du plus bas au plus haut niveau, soient punis et traduits en
justice", a déclaré Hatice Cengiz dans une interview à la chaîne
Habertürk TV. (AFP, 27 oct
2018)
An
Academic Given Suspended Prison Sentence of
1 Year, 3 Months
Trial of academics, who have been charged with "propagandizing for a
terrorist organization" for having signed the declaration entitled "We
will not be a party to this crime" prepared by the Academics for Peace,
continued in İstanbul Çağlayan Courthouse today (October 25).
16 academics had their hearings at three separate courts:
At the İstanbul 23rd Heavy Penal Court: Research Assistant S.H., Prof.
Dr. Ertuğrul Tonak, Dr. Lecturer Esra Sakınç, Assoc. Prof. Dr. Ayşe
Evren Hoşgör Çimen, Research Assistant Kudret Çobanlı from Bilgi
University; lecturer İrfan Eroğlu from Maltepe University; Prof. Dr.
Sefa Feza Arslan, Assoc. Prof. Dr. Özgür Martin, Dr. Lecturer Gamze
Toksoy from Mimar Sinan Fine Arts University; PhD student B.K. from
York University; PhD student Deniz Gündoğan İbrişim from Washington
University; lecturer Zeynep Güney from Fatih Sultan Mehmet University
and Assoc. Prof. Dr. Sevgi Uçan Çubukçu from İstanbul University had
their first hearings.
At the İstanbul 24th Heavy Penal Court: Dr. Lecturer Emine Fişek from
Boğaziçi University had her fourth hearing.
At the İstanbul 28th Heavy Penal Court: Research Assistant Gülçin
Karabağ from Yıldız Technical University (YTÜ) and lecturer Fevziye
Deniz Tarba Ceylan from Sabancı University had their second hearings.
One academic sentenced to 1 year, 3 months in prison
At the second hearing of academic Fevziye Deniz Tarba Ceylan, the board
of the 28th Heavy Penal Court ruled that the academic shall be
sentenced to 1 year and 3 months in prison on charge of "propagandizing
for a terrorist organization" as per the Article no. 7/2 of the
Anti-Terror Law.
The announcement of the verdict has been suspended.
Demand for penalization as per Anti-Terror Law
At her second hearing held at the 28th Heavy Penal Court, academic
Gülçin Karabağ presented her statement of defense. The requests of
Karabağ have been rejected by the court. Announcing its opinion as to
the accusations, the Prosecutor's Office demanded that the academic be
penalized as per the Article no. 7/2 of the Anti-Terror Law. The
hearing has been adjourned.
The board of the 23rd Heavy Penal Court has rejected the requests for
immediate acquittal raised by the 13 academics as well as their
requests that their case files be combined with the ones heard by the
same court or with the ones heard by the 13th Heavy Penal Court. The
court board ruled that the case file at the 13th Heavy Penal Court be
summoned to the court.
What happened?
On January 10, 2016, 1,128 academics published a declaration entitled
"We will not be party to this crime" on behalf of the Academics for
Peace initiative. With the participation of further academics, the
number of academics who have signed the declaration has reached 2,212.
With the indictment issued by the Prosecutor İsmet Bozkurt, lawsuits
were filed against the academics on charge of "propagandizing for a
terrorist organization" as per the Article No. 7/2 of the Anti-Terror
Law No. 3713.
As of October 25, 2018, 353 academics had stood trial since December 5,
2017. 33 of these academics were sentenced to 1 year and 3 months in
prison and all of the sentences were suspended, except for those of
Prof. Dr. Zübeyde Füsun Üstel from Galatasaray University and Prof. Dr.
Büşra Ersanlı from Marmara University.
The penalty of Prof. Dr. Üstel was not deferred on the grounds that
"she did not demand deferment of the announcement of the verdict and
that she did not make a statement of penitence." As for the penalty of
Prof. Dr. Büşra Ersanlı, it was not deferred on the ground that "no
opinion as to her avoidance of committing offense has emerged
considering her personality which does not express any remorse."
On March 10, 2016, the Academics for Peace made a statement for press
and shared with the public what they had been going through since the
declaration "We will not be a party to this crime" was published. The
academics Dr. Lecturer Esra Mungan, Dr. Lecturer Muzaffer Kaya, Assoc.
Prof. Dr Kıvanç Ersoy (March 15, 2016) and Dr. Lecturer Meral Camcı
(March 31, 2016), who read out the above-mentioned statement for press,
were arrested on charge of "propagandizing for a terrorist
organization" as per the Article No. 7/2 of the Turkish Anti-Terror
Law. They were released on April 2016. Upon the request of the
Prosecutor's Office, the Ministry of Justice granted a permission of
trial as per the Article No. 301 of the Turkish Penal Code No. 301 on
charges of "insulting the Turkish Nation, the State of the Republic of
Turkey and the institutions and organs of the government."
The trials still continue. (BIA, 25 October 2018)
3 Journalists Sentenced to a Total of 4 Years, 9 Months,
12 Days in
Prison
The lawsuits which have been filed in relation with the Özgür Gündem
newspaper, which was closed as per a Statutory Decree, continued at the
İstanbul 2nd Penal Court of First Instance in İstanbul Courthouse in
Çağlayan today (October 25).
The court board has announced its verdict in the case of former
Co-Editor-in-Chief of Özgür Gündem Hüseyin Aykol, its former Managing
Editor İnan Kızılkaya and writer İhsan Çaralan, who have been tried for
"insulting the President" in an article that was published in the
newspaper in the period, when they were participating in the
Editors-in-Chief on Watch campaign.
While Aykol and Kızılkaya have been separately sentenced to 1 year, 10
months and 26 days in prison, Çaralan has been given a prison sentence
of 11 months and 20 days. The court board, which has suspended the
announcement of the verdict, has not given the same ruling for Aykol.
Accordingly, the prison sentence of Hüseyin Aykol has not been
suspended.
Reduction in prison sentences
In its ruling, the court sentenced Aykol and Kızılkaya to 1 year and 6
months in prison each on charge of "insulting the President". On the
ground that "the defendants committed these acts in public", the court
increased the prison sentences to 1 year and 9 months each. Considering
that "defendants committed the same offence for multiple times", the
court increased the prison sentences of the journalists to 2 years, 2
months and 8 days each.
Taking the behaviors of the journalists during the process of trial
into considerations, the board of the 2nd Penal Court of First Instance
has reduced the prison sentences of Aykol and Kızılkaya to 1 year, 10
days and 26 days each. While the announcement of the verdict of
Kızılkaya has been suspended, the court has not given the same verdict
for Aykol "since the necessary conditions have not arisen".
The court sentenced journalist İhsan Çaralan to 1 year in prison on the
same charge and increased the sentence to 1 year and 2 months on the
ground that "the act was committed in public". Taking the behavior of
Çaralan during the process of trial into account, the prison sentence
of the journalist has been reduced to 11 months and 20 days.
The announcement of the verdict of Çaralan has been suspended. (BIA, 25 October 2018)
Prison Sentences of Journalists Aksoy,
Taş Upheld
The sentences of prison, which were previously given to 26 people,
including journalists Murat Aksoy and Atilla Taş, who were released in
October 2017, on charges of "being members of an armed terrorist
organization" and "attempting to stage a coup", have been upheld.
The 2nd Penal Chamber of the İstanbul Regional Court of Justice (BAM)
announced its verdict, where it had evaluated the requests for appeal,
on October 22. The court ruled that the arrest of imprisoned defendants
shall continue and rejected their requests for appeal with prejudice.
The prison sentences previously given to journalists Atilla Taş and
Murat Aksoy have become definitive since that they are less than five
years.
The 2nd Penal Chamber of the İstanbul Regional Court of Justice (BAM)
rejected the requests for appeal raised by defendants including
Abdullah Kılıç, Ahmet Memiş, Ali Akkuş, Bayram Kaya, Bünyamin Köseli,
Cemal Azmi Kalyoncu, Cihan Acar, Cuma Ulus, Davut Aydın, Gökçe Fırat
Çulhaoğlu, Habip Güler, Halil İbrahim Balta, Hanım Büşra Erdal, Hüseyin
Aydın, Muhammet Sait Kuloğlu, Mustafa Erkan Acar, Mutlu Çölgeçen, Oğuz
Usluer and Ünal Tanık.
The court also ruled for the continuation of their arrest.
The court board of the İstanbul 25th Heavy Penal Court had previously
ruled that the files of fugitive defendants Bülent Ceyhan and Said Sefa
shall be separated since the arrest warrants issued against them had
not been executed. The board also ruled that Muhterem Tanık shall be
acquitted of the charge of "being a member of an armed terrorist
organization".
In the verdict of the İstanbul Regional Court of Justice, it was stated
that the evidence in the case file was sound and sufficient for
conviction and the ruling of the local court complied with the law. (BIA, 24 October 2018)
Affaire
Khashoggi: comment Erdogan pourrait profiter de
la crise
Dans la nuit de vendredi à samedi, Riyad a reconnu l’évidence : le
journaliste Jamal Khashoggi, entré le 2 octobre dans le consulat
d’Arabie saoudite à Istanbul et que personne n’a vu ressortir, est mort
derrière ses murs à la façade jaunie.
La suite des « aveux » saoudiens exempte la famille régnante de toute
responsabilité. Ils évoquent une « bagarre », une « rixe à coups de
poing » entre le journaliste et « les personnes qui l’ont reçu », la
mort du premier et la « tentative » des secondes pour « dissimuler »
leur méfait. Un accident regrettable, en somme, sanctionné par le
limogeage de deux hauts responsables et l’arrestation de 18 suspects.
Le président américain Donald Trump, embarrassé par cette affaire qui
nuit à l’un de ses grands alliés et partenaires commerciaux, s’est
empressé de juger « crédible » la version de Riyad, qui jurait pourtant
depuis 15 jours que Jamal Khashoggi avait quitté le consulat
paisiblement et en pleine forme. Chez les officiels turcs, en revanche,
personne ne prétend croire à la thèse de la « bavure ». Mais personne
ne le dit encore.
L’attitude d’Ankara depuis le début de l’affaire sera peut-être étudiée
un jour par les apprentis diplomates. Côté pile, des dirigeants très
peu diserts, surtout le président Recep Tayyip Erdogan, d’ordinaire
prompt à commenter la moindre actualité. Côté face, un flot incessant
de révélations sur le déroulement de l’enquête, avec force détails de
plus en plus macabres livrés dans les médias locaux et internationaux –
américains, de préférence – par des officiels anonymes. Publiquement,
aucune mise en cause frontale du pouvoir saoudien. Officieusement, des
fuites accablantes pour la famille royale et son prince héritier,
Mohammed ben Salmane, accusé d’avoir envoyé 15 de ses hommes de main
supprimer brutalement un journaliste dissident.
Cette communication à deux niveaux signale que « les Turcs ont fait un
calcul stratégique, estime le politologue Bayram Balci. Le pouvoir
veille à ne pas trop charger publiquement l’Arabie saoudite car il
compte profiter de ses difficultés pour obtenir des contreparties. »
Mais quelles contreparties, et avec quels leviers ? Beaucoup
d’observateurs pensent à l’économie. Promesses d’investissements,
crédits à taux réduit, contrats énergétiques avantageux… « Les
Saoudiens sont les deuxièmes plus gros investisseurs dans l’immobilier
turc, rappelle Bayram Balci. Ils pourraient limiter les dégâts à
l’heure où l’économie turque – notamment son secteur immobilier –
s’achemine vers la crise. »
Les retombées pourraient aussi être politiques. Entre Turcs et
Saoudiens, les discordes s’accumulent. Soutien d’Ankara au Qatar sous
embargo de Riyad ; soutien de Riyad à l’Egypte du maréchal putschiste
Abdel Fattah al-Sissi, bête noire d’Ankara ; proximité de la Turquie
avec les Frères musulmans, « terroristes » pour Riyad ; appui saoudien
aux forces kurdes de Syrie, « terroristes » pour Ankara… Au lieu de
devenir la « goutte d’eau » qui déclenche la crise, l’affaire Khashoggi
pourrait permettre à Ankara d’obtenir certaines concessions.
En ne se confrontant pas à Riyad, les Turcs évitent aussi de s’isoler
davantage, eux qui se sont brouillés avec plusieurs alliés. « La
Turquie veut remonter la pente diplomatiquement », analyse Bayram
Balci, qui cite la récente embellie des relations avec Washington avec
la libération du pasteur américain Andrew Brunson. Sa détention pendant
près de deux ans avait poussé Donald Trump à décréter contre Ankara des
sanctions commerciales, qui avaient entraîné une chute de la monnaie
turque. « A travers les Saoudiens, Erdogan dit aux Américains : “Vous
nous avez mis en difficulté avec vos sanctions, mais nous avons aussi
les moyens de vous mettre en difficulté via votre allié saoudien”
»,
traduit Bayram Balci.
Pour les autorités turques, mettre en difficulté Riyad et Washington
consisterait à publier les preuves qu’elles affirment détenir au sujet
de la mort de Jamal Khashoggi. Des enregistrements sonores, entre
autres, qui démontreraient que le journaliste a été torturé et tué dans
le consulat saoudien.
Mais après avoir divulgué tant d’accusations dans la presse, le pouvoir
turc peut-il se dédire en acceptant silencieusement la version
saoudienne ? « Je pense que les Turcs vont réagir d’une manière
ambiguë. Ils vont sans doute botter en touche, pronostique le
politologue Bayram Balci. Bien sûr, ils ne vont pas approuver les
Saoudiens à 100 %. Mais ils ne vont pas non plus adopter une position
ultra-tranchée, dans le souci de faire fructifier leurs possibles gains
dans cette crise. » (Le Soir, ANNE ANDLAUER, 21 oct 2018)
32 Academics Face up to 7 Years, 6 Months in Prison
Trial of academics, who have been charged with "propagandizing for a
terrorist organization" for having signed the declaration entitled "We
will not be a party to this crime" prepared by the Academics for Peace,
continued in İstanbul Çağlayan Courthouse yesterday (October 17).
48 academics had their hearings at five separate courts:
At the İstanbul 14th Heavy Penal Court, Prof. Dr. Z.Y., PhD student
B.K., Prof. Dr. Kuban Altınel and Prof. Dr. Nüket Esen from Boğaziçi
University had their third hearings.
At the İstanbul 30th Heavy Penal Court, Prof. Dr. Mehmet Ali Oturan
from Université Paris-Est and PhD student H.T. from İstanbul Bilgi
University had their first hearings.
At the İstanbul 33rd Heavy Penal Court, Prof. Dr. Hülya Kirmanoğlu,
retired Assoc. Prof. Dr. Haydar Durak, Dr. Lecturer Fatma Nihan
Aksakallı, Dr. Lecturer Yusuf Doğan Çetinkaya, Assoc. Prof. Dr. Ahmet
Bekmen, PhD student İrfan Keşoğlu and Dr. Lecturer İlkay Yılmaz from
İstanbul University; Prof. Dr. Erol Katırcıoğlu from Marmara
University; Seçkin Sertdemir, F.A.A., Gözde Aytemur Nüfusçu, and
discharged research assistants Eda Aslı Şeran, Seçil Ercan, Prof. Dr.
Yüksel Taşkın, PhD student Cihan Yapıştıran, Dr. İsmet Akça, Dr. Ayşe
Nilüfer Durakbaşa, Dr. Lecturer Özgür Müftüoğlu, Dr. Lecturer T.D.Y.,
Assoc. Prof. Dr. Y. Y., Dr.Lecturer E.A. from Galatasaray University;
Prof. Dr. Meltem Ahıska from Boğaziçi University; Dr. Lecturer Öznur
Yaşar Diner from Kadir Has University; Prof. Dr. Zeynep Tül Süalp, who
was dismissed from her post at Bahçeşehir University; Dr. Lecturer
Bedriye Aysuda Kölemen Luge and lecturer Esra Kaliber from Kemerburgaz
University; lecturer İlkay Özkuralpli and lecturer Remzi Orkun Güner
from Arel University; and Dr. Lecturer N.M., who was dismissed from her
post at Nişantaşı University had their hearings that had been
previously combined.
At the İstanbul 35th Heavy Penal Court, research assistant Ü.S. and Dr.
Lecturer Özge Ejder Johnson from Mimar Sinan Fine Arts University; PhD
student Elif Sandal Önal, lecturer Onur Ceritoğlu and Dr. Lecturer
Murat Dağlı from İstanbul Bilgi University; Dr. T.Y. from Sabancı
University; Assoc. Prof. Dr. Aslı Telli Aydemir, who was dismissed from
her post at İstanbul Şehir University; Ayşe Dayı from University of
University of Lausanne; and Nihal Oturan from Université Paris-Est had
their first hearings.
At the İstanbul 37th Heavy Penal Court, retired Prof. Dr. Haldun Önalp
and discharged research assistant Dr. Ece Öztan from Yıldız Technical
University; Assoc. Prof. Dr. İpek Yürekli from İstanbul Technical
University; Assoc. Prof. Dr. Y.A. from Kemerburgaz University and
Assoc. Prof. Dr. Feryal Saygılıgil from Arel University had their
second hearings.
Opinion as to the accusations for 32 academics
At the 33rd Heavy Penal Court, the Prosecutor's Office announced its
opinion as to the accusations for 27 academics, whose case files had
been combined; and at the 37th Heavy Penal Court, the Prosecutor's
Office announced its opinion as to the accusations for five academics.
Both Prosecutor's Offices demanded that 32 academics be penalized as
per the 1st and 2nd sentences of Article no. 7/2 of the Anti-Terror Law.
What happened?
On January 10, 2016, 1,128 academics published a declaration entitled
"We will not be party to this crime" on behalf of the Academics for
Peace initiative. With the participation of further academics, the
number of academics who have signed the declaration has reached 2,212.
With the indictment issued by the Prosecutor İsmet Bozkurt, lawsuits
were filed against the academics on charge of "propagandizing for a
terrorist organization" as per the Article No. 7/2 of the Anti-Terror
Law No. 3713.
As of October 17, 2018, 335 academics had stood trial since December 5,
2017. 28 of these academics were sentenced to 1 year and 3 months in
prison and all of the sentences were suspended, except for those of
Prof. Dr. Zübeyde Füsun Üstel from Galatasaray University and Prof. Dr.
Büşra Ersanlı from Marmara University.
The penalty of Prof. Dr. Üstel was not deferred on the grounds that
"she did not demand deferment of the announcement of the verdict and
that she did not make a statement of penitence." As for the penalty of
Prof. Dr. Büşra Ersanlı, it was not deferred on the ground that "no
opinion as to her avoidance of committing offense has emerged
considering her personality which does not express any remorse."
On March 10, 2016, the Academics for Peace made a statement for press
and shared with the public what they had been going through since the
declaration "We will not be a party to this crime" was published. The
academics Dr. Lecturer Esra Mungan, Dr. Lecturer Muzaffer Kaya, Assoc.
Prof. Dr Kıvanç Ersoy (March 15, 2016) and Dr. Lecturer Meral Camcı
(March 31, 2016), who read out the above-mentioned statement for press,
were arrested on charge of "propagandizing for a terrorist
organization" as per the Article No. 7/2 of the Turkish Anti-Terror
Law. They were released on April 2016. Upon the request of the
Prosecutor's Office, the Ministry of Justice granted a permission of
trial as per the Article No. 301 of the Turkish Penal Code No. 301 on
charges of "insulting the Turkish Nation, the State of the Republic of
Turkey and the institutions and organs of the government."
The trials still continue. (BIA, 18 October 2018)
Le
Washington Post publie une tribune du
journaliste disparu Khashoggi
Le Washington Post a publié mercredi ce que le quotidien américain
présente comme la dernière contribution de Jamal Khashoggi dans
laquelle le journaliste saoudien disparu écrit sur la nécessaire
liberté de la presse dans le monde arabe.
Pour M. Khashoggi, collaborateur du Washington Post et résident
américain permanent, disparu le 2 octobre après être entré au consulat
saoudien d'Istanbul, cette liberté manque cruellement dans le monde
arabe.
"Hélas, cette situation ne changera probablement pas", déplore-t-il
dans cet éditorial transmis par son traducteur au Washington Post au
lendemain de sa disparition.
"Il y avait un temps où les journalistes ont cru qu'Internet allait
libérer l'information de la censure et du contrôle associé à la presse
écrite", poursuit-il.
"Mais ces gouvernements, dont l'existence même s'appuie sur le contrôle
de l'information, ont bloqué de manière agressive Internet".
Pour lui, "le monde arabe fait face à sa propre version du rideau de
fer, imposé non pas par des acteurs externes mais à cause des forces
nationales se disputant le pouvoir".
Et le journaliste, critique du pouvoir de Ryad, de citer le Qatar,
grand rival de l'Arabie saoudite au Moyen-Orient.
"Le gouvernement du Qatar continue à soutenir la couverture des
informations internationales, contrairement aux efforts de ses voisins
visant à maintenir le contrôle de l'information afin d'appuyer
+l'ancien ordre arabe+", écrit-il à propos du pays d'où émet la chaîne
Al-Jazeera.
Alors que les soupçons d'un assassinat de Jamal Khashoggi par des
tueurs envoyés par Ryad se font de plus en plus tenaces, le quotidien
de référence américain a décidé finalement de publier cette tribune.
"Le (Washington) Post a retardé la publication parce que nous espérions
que Jamal allait revenir vers nous afin que nous l'éditions avec lui",
écrit dans un texte accompagnant son texte l'éditorialiste Karen Attiah.
"Maintenant je dois l'accepter: ça ne va pas arriver. Ce sera sa
dernière contribution", ajoute-t-elle.
"Cet éditorial saisit parfaitement son engagement et sa passion pour la
liberté dans le monde arabe. Une liberté pour laquelle il a apparemment
donné sa vie". (AFP, 18 oct
2018)
Arrested Journalist Zirngast to be Awarded
Solidarity Prize by Austria
Max Zirngast, a journalist and activist from Austria, who was taken
into custody and arrested in Ankara on charge of "being a member of a
terrorist organization" almost a month ago, will be awarded the Dr.
Karl Renner Solidarity Prize (Dr. Karl Renner Publizistikpreis) by the
Austrian Journalists Club (ÖJC), a journalists' organization based in
Austria.
In 2017, the solidarity prize, which was named after Dr. Karl Renner,
who was one of the founders of the First and Second Republic in
Austria, was awarded to journalists Deniz Yücel and Meşale Tolu, who
were also behind bars in Turkey at the time when the prize was awarded.
According to a statement released by the ÖJC, which has also made a
call for the release of Zirngast, the prize of the journalist will be
given at a ceremony to be held in the Town Hall of Vienna on December
18 by Meşale Tolu, who returned to Germany shortly after being released
from prison.
On the other hand, it has also been reported that the government of
Austria has been using "quiet diplomacy" for the release of Zirngast
and has been meeting and negotiating with the authorities from Turkey,
including President and Justice and Development Party (AKP) Chair Recep
Tayyip Erdoğan, to demand the release of Zirngast from prison.
As reported by the Austria-based Standard newspaper, President of
Austria Alexander van der Bellen and President Erdoğan, who were in the
US for the United Nations (UN) General Assembly, met in New York.
The newspaper has reported that in the meeting, which was also attended
by the ministers of foreign affairs of the two countries, Austria
requested that "the journalist be released from prison as soon as
possible." (BIA,
16 October 2018)
Banned books Exhibition in Frankfurt Book Fair

10-14 October 2018 / Halle 5.0E 127 Belge International Publishing Stand
Curator: Ragıp Zarakolu; Coordinator: Monica E. Dahlgren; Grafics:
Regina Clevehorn
Sigtuna Foundation and Kultur Forum Türkei Deutschland
Free Word / Banned Books was exibited in Sigtuna Literature Festival,
at Sigtuna Foundation Library July 2015. Later it is exibited at
Marsta/Stockholm, Vaxjö, Linköping, Ljungsbro Libraries; in 2016 it was
exibited in La Haye during the Freedom Book Fair; in 2017 Free Word /
Banned Books was seen in Geneve/SSwitzerland, Göteborg/Sweden and
Frankfurt Book Fairs. Updated exibition can be seen now during the
Frankfurt Book Fair.
Basic Titles of the exibition: I. TABOO OF COMMUNISM AND SOCIALISM. II.
TABOO OF ARMENIAN GENOCIDE. III. TABOO OF ANATOLIAN, PONTOS AND CRETAN
GREEKS. IV. KURDISH TABOO. V. ASSIRIAN TABOO. VI. OFFICIAL IDEOLOGY
(KEMALISM) TABOO. VII. MILITARISM AND POLICE STATE TABOOS. VIII. SEXUAL
TABOOS. IX. TABOOS BASED ON RELIGION AND BELIEF. X. TURKISHNESS TABOO.
XI. GUERILLA TABOO. XII. TABOO OF POLITICIANS AND STATEMEN.
XIII.LIBERAL WRITERS IN THE PRISON NOW. XIV. WRITERS IN EXILE.
SUPPEMENTS: 40 years of Belge International Publishing House’s struggle
for freedom to publish / IPA’s Denounce / The eleven of Cumhuriyet:
Watergate or Irangate of Turkey / The nine of Özgür Gündem Newspaper /
Closing and confiscating Evrensel Publishing House, Hayat TV Channel,
Evrensel Kültür and Tiroj Reviews / The fourteen of Özgürlükçü
Demokrasi Newspaper / The Fourteen jorrnalists of ETHA News Agency /
Twenty Workers of GÜN Printing House / Accusation to writer Mukaddes
Çelik: “to attend some funerals”.
Former Editor of Demokratik Modernite Magazine Öner
Detained
The former editor of the monthly political magazine Demokratik
Modernite (Democratic Modernity) Servet Öner has been taken into
custody in her house in the district of Beyoğlu in İstanbul.
While it has been reported that Öner has been detained as part of the
operation that was launched in Turkey's southeastern province of
Diyarbakır on October 9, it has been expected that Öner will also be
taken to Diyarbakır.
The latest developments regarding the journalists who have been taken
into custody in Diyarbakır are as follows:
While journalist Kibriye Evren, who was detained as part of the
operation launched in Diyarbakır on October 9, has been arrested, other
detained journalists, namely Abdurrahman Gök, Semiha Alankuş, Lezgin
Akdeniz, Esra Solin Dal, Cihan Ölmez and Mehmet Akdoğan as well as the
distributor of the Yeni Yaşam (New Life) newspaper Savaş Aslan were
still in custody in Diyarbakır Security Directorate as of 1 a.m. today
(October 12).
While the journalists have been charged with "undertaking actions and
activities in the name of a terrorist organization", it has also been
reported that the following questions were posed to the journalists
while in custody: "What is your relation and contact with the PKK/KCK
(Kurdistan Workers Party/ Kurdistan Communities Union)?", "What is your
position inside the organization?" and "What is your code name that you
use inside the organization?". (BIA, 12 October 2018)
Journalist Seda Taşkın Sentenced to 7 Years, 6
Months in Prison
The Muş 2nd Heavy Penal Court announced its verdict in the case of
journalist Seda Taşkın, who was released on probation after being
detained in Muş on December 20, 2017 and was arrested again in Ankara
upon the objection of the Prosecutor's Office on January 22 yesterday
(October 10).
The hearing was attended by the Free Journalists Initiative
Spokesperson Hakkı Boltan, P24 reporter Özgün Öçer, the Muş MP of the
Peoples' Democratic Party (HDP) Sevin Coşkun and the journalist friends
of Taşkın.
While Taşkın's attorneys Gulan Çağın Kaleli and Ebru Akkan appeared in
court, Taşkın, who has been held in Sincan Closed Prison in Ankara,
attended the hearing via Audio and Visual Information System (SEGBİS).
Presenting her last statement of defense, Taşkın did not accept the
charges which have been pressed against her. Her attorneys Kaleli and
Konak also referred to the verdicts of the Constitutional Court and the
European Court of Human Rights (ECtHR) relating to freedom of the press
and demanded that Taşkın be released on probation.
The court board of the Muş 2nd Heavy Penal Court ruled that Taşkın
shall be sentenced to 3 years and 4 months in prison on charge of
"propagandizing for a terrorist organization" and 4 years and 2 months
in prison on charge of "aiding and abetting a terrorist organization as
a non-member". Taşkın has been sentenced to a total of 7 years and 6
months in prison.
What happened?
Detained on December 20, 2017 in Muş and released on probation,
Mezopotamya Agency reporter Seda Taşkın was arrested in Ankara again on
January 22, 2018.
Speaking to bianet, Taşkın's lawyer Ebru Akkal said that the arrest
decision was made by Bitlis Criminal Judgeship of Peace, which heard
the case upon Prosecutor's Office's objection to the initial verdict.
Following her deposition, Taşkın was arrested on charge of "being a
member of an illegal organization". (BIA, 11 October 2018)
Réquisitoire attendu le 28 janvier contre le
représentant de RSF en
Turquie
Ouvert il y
a
près de deux ans, le procès du représentant de Reporters
sans frontières (RSF) en Turquie et de deux autres défenseurs des
droits humains a de nouveau été ajourné au 28 janvier prochain.
L’organisation réclame un non-lieu et appelle à la mobilisation pour la
prochaine audience, au cours de laquelle le procureur devrait rendre
son réquisitoire.
Déjà sept
reports ! Le représentant de RSF en Turquie, Erol Önderoğlu,
et la défenseure des droits humains Şebnem Korur Fincancı n’ont encore
une fois comparu que cinq minutes, ce 9 octobre, avant que leur procès
ne soit ajourné au 28 janvier 2019. Le tribunal d'Istanbul affirme
devoir traiter la déposition envoyée par leur co-accusé en exil Ahmet
Nesin, après quoi le procureur présentera son réquisitoire. Les trois
activistes risquent jusqu’à quatorze ans de prison pour avoir pris part
à une campagne de solidarité avec le quotidien pro-kurde Özgür Gündem,
qui leur vaut d’être poursuivis pour “propagande d’une organisation
terroriste”, “apologie d’un crime” et “incitation au crime”.
“Cette épée
de Damoclès suspendue au-dessus de la tête de nos collègues
est un signal d’intimidation intolérable pour les journalistes et la
société civile turcs, dénonce Johann Bihr, responsable du bureau Europe
de l’Est et Asie centrale de RSF, qui assistait à l’audience. Nous
appelons à la mobilisation la plus large pour la prochaine audience, au
cours de laquelle le procureur devrait rendre son réquisitoire.”
“Notre seul
crime est d’avoir défendu le pluralisme, et nous
continuerons à le faire, déclare Erol Önderoğlu. Nous demandons à la
justice de reconnaître le rôle légitime de la société civile et de
mettre un terme à ces poursuites arbitraires.”
Défenseur
de
la liberté de la presse de premier plan, Erol Önderoğlu
est le représentant de RSF en Turquie depuis 1996. Son procès et celui
de ses deux co-accusés s’est ouvert en novembre 2016. Au total, une
quarantaine de personnalités ont été ou sont poursuivies pour avoir
pris part à la même campagne de solidarité. Au nom du pluralisme, elles
s’étaient relayées pour prendre la direction d’Özgür Gündem un jour
chacun, à titre symbolique. Persécuté par la justice, ce journal a
finalement été fermé manu militari en août 2016. Son successeur,
Özgürlükçü Demokrasi, a lui aussi été placé sous tutelle judiciaire en
mars 2018. Erol Önderoğlu et ses deux camarades, sont les seuls à avoir
été arrêtés une dizaine de jours dans le cadre de cette campagne.
Outre RSF,
PEN International et PEN Norvège observaient l’audience au
palais de justice de Çağlayan, ainsi que des diplomates français,
luxembourgeois, britanniques et norvégiens. Onze autres journalistes,
dont Faruk Eren, Ertuğrul Mavioğlu, İhsan Çaralan et Fehim Işık,
comparaîtront le 10 octobre à Istanbul pour avoir pris part à la même
campagne de solidarité.
La Turquie
occupe la 157e place sur 180 pays au Classement mondial de
la liberté de la presse établi en 2018 par RSF. Déjà très préoccupante,
la situation des médias est devenue critique après la tentative de
putsch de juillet 2016 : de nombreux médias ont été fermés sans aucun
recours effectif, les procès de masse se succèdent et le pays détient
le record mondial du nombre de journalistes professionnels emprisonnés.
(RSF, 10 octobre 2018)
Prosecutor Announces Opinion
After 30-Month Arrest
The eighth hearing of the case, which was the first lawsuit filed
against Academics for Peace for having signed the declaration entitled
"We will not be a party to this crime" and where four academics were
arrested for a while, was held at the İstanbul 13th Heavy Penal Court
today (October 9).
The hearing was attended by academics Esra Mungan and Meral Camcı.
In the hearing held today, it was seen that the opinion as to the
accusations prepared by the Prosecutor's Office entered the case file
of the academics.
In its opinion as to the accusations, the Prosecutor's Office demanded
that Dr. Lecturer Esra Mungan, Dr. Lecturer Meral Camcı, Dr. Lecturer
Muzaffer Kaya and Assoc. Prof. Dr. Kıvanç Ersoy be penalized as per the
1st and 2nd sentences of the Article no. 7/2 entitled "Propagandizing
for a terrorist organization" of the Anti-Terror Law. The Office also
requested that their period of detention and arrest be reduced from the
related penalty.
The court board granted time to the academics and their attorneys for
the preparation of their statements of defense. Their next hearing will
be held on January 28, 2019 at 10.30 a.m.
At the İstanbul 13th Heavy Penal Court, after the hearing of the four
academics, the eighth hearing of the case, which has been filed against
academic Fuat Özdinç, who was discharged from Kırıkkale University, was
also held. The next hearing of Özdinç will be held on January 28, 2019.
What happened?
On January 10, 2016, 1,128 academics published a declaration entitled
"We will not be party to this crime" on behalf of the Academics for
Peace initiative. With the participation of further academics, the
number of academics who have signed the declaration has reached 2,212.
On March 10, 2016, the Academics for Peace made a statement for press
and shared with the public what they had been going through since the
declaration "We will not be a party to this crime" was published.
The academics Dr. Lecturer Esra Mungan, Dr. Lecturer Muzaffer Kaya,
Assoc. Prof. Dr. Kıvanç Ersoy (March 15, 2016) and Dr. Lecturer Meral
Camcı (March 31, 2016), who read out the above-mentioned statement for
press, were arrested on charge of "propagandizing for a terrorist
organization" as per the Article No. 7/2 of the Turkish Anti-Terror
Law. They were released on April 22, 2016.
Upon the request of the Prosecutor's Office, the Ministry of Justice
granted a permission of trial as per the Article No. 301 of the Turkish
Penal Code No. 301 on charges of "insulting the Turkish Nation, the
State of the Republic of Turkey and the institutions and organs of the
government."
With the indictment issued by the Prosecutor İsmet Bozkurt, lawsuits
were filed against the academics on charge of "propagandizing for a
terrorist organization" as per the Article No. 7/2 of the Anti-Terror
Law No. 3713.
As of October 9, 2018, 292 academics had stood trial since December 5,
2017. 27 of these academics were sentenced to 1 year and 3 months in
prison and all of the sentences were suspended, except for those of
Prof. Dr. Zübeyde Füsun Üstel from Galatasaray University and Prof. Dr.
Büşra Ersanlı from Marmara University. (BIA, 9 October 2018)
Les assassins du journaliste
Khashoggi, sbires de grand ami d'Erdogan
Selon les
autorités turques, il ne fait aucun doute que l'Arabie saoudite est
derrière la disparition du journaliste d'opposition Jamal Khashoggi, il
y a une semaine au consulat saoudien d'Istanbul. Des images de
vidéosurveillance à l'entrée du bâtiment et à l'aéroport de la ville
turque diffusées par les médias turques montreraient selon eux les
responsables.
Les images
de
vidéosurveillance du consulat d'Istanbul, diffusées par le groupe turc
TRT World.
Les images
de
vidéosurveillance du consulat d'Istanbul, diffusées par le groupe turc
TRT World. (Reuters)
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Voilà
plusieurs jours que la Turquie enquête sur la disparition du
journaliste saoudien Jamal Khashoggi, qu'il s'agisse de la police ou
des médias. L'affaire provoque un vif émoi dans ce pays, en même temps
qu'une crise ouverte entre Ankara et Riyad. Les révélations successives
accréditeraient en effet, selon Ankara, le scénario d'un enlèvement ou
d'un assassinat prémédité de cet homme de 59 ans, un critique du
pouvoir du royaume qui s'était exilé en 2017 aux Etats-Unis et écrivait
notamment pour le Washington Post, par un groupe de Saoudiens. Mardi 2
octobre, il s'était rendu au consulat saoudien d'Istanbul pour
effectuer des démarches administratives en vue de son prochain mariage.
Et n'a plus été aperçu depuis.
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Crise ouverte entre l'Arabie saoudite et la Turquie après la
disparition d'un journaliste
Un groupe
d'hommes venus d'Arabie Saoudite a réservé un hôtel sans y passé la nuit
Mercredi,
de
nouveaux éléments diffusés par la presse et la télévision turque
entendent prouver l'existence de cette funeste équipée :
Le
quotidien
pro-gouvernemental Sabah a publié les noms, l'âge et les photographies
de quinze hommes présentés comme l'"équipe d'assassinat" dépêchée par
Riyad. Parmi elles, le nom de Salah Muhammed Al-Tubaigy, qui correspond
à celui d'un lieutenant-colonel du département de la médecine légale
saoudien.
La veille,
le
même journal avait révélé que deux avions privés étaient arrivés
d'Arabie saoudite à Istanbul ce jour-là et que les personnes à leur
bord avaient des chambres réservées dans des hôtels proches du consulat
mais qu'ils n'y avaient pas passé la nuit. 24 TV et d'autres chaînes de
télévision ont aussi diffusé des images qui seraient celles des membres
de ce groupe arrivant à l'aéroport d'Istanbul puis à leur hôtel. Selon
ces sources, ils ont quitté l'hôtel dans la matinée pour se rendre au
consulat puis sont repartis dans la soirée. La police turque avait déjà
révélé samedi qu'un groupe de 15 Saoudiens avait fait l'aller et retour
à Istanbul et au consulat le jour de la disparition du journaliste.
Des
télévisions turques ont par ailleurs diffusé des images de
vidéosurveillance montrant notamment l'entrée au consulat saoudien
d'Istanbul de Jamal Khashoggi puis de l'équipe soupçonnée d'être
responsable de sa disparition. Sur les images, le journaliste apparaît,
entrant dans le consulat à 13h14 tandis qu'un van noir est visible,
garé à proximité. D'autres images diffusées par la chaîne 24 TV
montrent ce van entrer dans le consulat puis en ressortir et se rendre
à 15h08 à la résidence du consul toute proche.
Selon le
rédacteur en chef du quotidien Aksam, Murat Kelkitlioglu, s'exprimant
sur 24 TV lors de la présentation des images, il est "certain" que
Jamal Khashoggi est transporté dans ce van, mort ou vivant. Des sources
turques avaient affirmé durant le weekend que l'homme avait été
assassiné dans le consulat mais certains médias, mardi, ont évoqué la
possibilité qu'il ait été enlevé et emmené en Arabie saoudite.
Des
conversations interceptées évoquent l'enlèvement du journaliste
Bien sûr,
l'Arabie saoudite a fermement démenti la thèse de l'assassinat, ou même
de sa disparition, indiquant que le journaliste était bien ressorti du
consulat. Riyad a autorisé mardi les autorités turques à fouiller le
bâtiment, ce qui n'a pas encore eu lieu.
En outre,
le
Washington Post a affirmé, citant une source informée, que les services
de renseignement américains avaient intercepté avant la disparition du
journaliste des communications entre responsables saoudiens évoquant
son enlèvement. La fiancée du journaliste, Hatice Cengiz, a demandé
mardi dans le quotidien américain l'aide du président américain Donald
Trump pour "faire la lumière" sur cette affaire. Le président des
Etats-Unis a indiqué mercredi avoir parlé de cette affaire "au plus
haut niveau" avec les Saoudiens, après s'être dit lundi "préoccupé" par
le sort de cet homme.
La
police
estime que le journaliste Khashoggi a été tué
au consulat
saoudien
La police turque estime que le journaliste saoudien Jamal Khashoggi,
critique du pouvoir de Ryad et porté disparu depuis mardi à Istanbul, a
été tué au consulat de son pays, selon une source proche du
gouvernement, une information rapidement démentie par Ryad et que ses
proches espèrent fausse.
"La police estime dans ses premières conclusions que le journaliste a
été tué au consulat par une équipe venue spécialement à Istanbul et
repartie dans la même journée", à indiqué cette source à l'AFP.
La police turque avait affirmé un peu plus tôt qu'un groupe de 15
Saoudiens avait fait mardi l'aller-retour à Istanbul et se trouvait au
consulat en même temps que Jamal Khashoggi, qui n'a, selon la police,
jamais quitté la représentation diplomatique.
L'agence de presse officielle saoudienne SPA a rapporté dimanche qu'un
responsable du consulat d'Arabie saoudite avait démenti sous couvert de
l'anonymat les informations selon lesquelles le journaliste aurait été
tué.
"Le responsable a démenti avec force ces accusations sans fondement",
selon SPA. L'agence a ajouté qu'une équipe d'enquêteurs saoudiens se
trouvait en Turquie et travaillait avec les autorités locales.
"J'attends une confirmation officielle du gouvernement turc pour y
croire", a réagi sur Twitter la fiancée turque du journaliste, Hatice
Cengiz.
Ryad assure que Jamal Khashoggi, un critique du pouvoir de Ryad
écrivant notamment pour le quotidien américain Washington Post, a
quitté le consulat après y avoir effectué des démarches mardi.
Dans un entretien vendredi à l'agence Bloomberg le prince héritier
saoudien Mohammed ben Salmane a affirmé que Jamal Khashoggi était
effectivement "entré" au consulat mais qu'il en était sorti peu après.
Il a invité les autorités turques à "fouiller" le consulat. "Nous
n'avons rien à cacher".
M. Khashoggi s'est exilé aux Etats-Unis l'année dernière redoutant une
arrestation, après avoir critiqué certaines décisions de Mohammed ben
Salmane et l'intervention militaire de Ryad au Yémen.
Selon sa fiancée, il s'était rendu au consulat pour effectuer des
démarches en vue de leur mariage.
"Il est allé au consulat avec un rendez-vous, donc ils savaient quand
il y serait", explique à l'AFP un proche du journaliste, Yasin Aktay,
également une figure du Parti de la Justice et du Développement (AKP,
au pouvoir).
"Il avait appelé le consulat un peu avant d'y aller pour voir si ses
documents étaient prêts, ils lui ont dit +oui, c'est prêt, vous pouvez
venir+", poursuit-il.
"Ses amis l'avaient mis en garde, +n'y va pas, ce n'est pas sûr+, mais
lui disait qu'ils ne pouvaient rien lui faire en Turquie. Il y est allé
confiant qu'une telle chose était impossible en Turquie", ajoute M.
Aktay, tout en espérant que les nouvelles de la mort de son ami ne
soient pas vraies.
L'ambassadeur saoudien en Turquie a été convoqué par Ankara mercredi au
sujet de cette affaire. Une enquête judiciaire a également été ouverte.
- "Crime d'Etat" -
"Si les informations sur l'assassinat de Jamal sont vraies, c'est un
acte monstrueux et incompréhensible", a déclaré dans un communiqué Fred
Hiatt, directeur de la rubrique opinion du Washington Post.
"Jamal était --ou, comme nous l'espérons, est-- un journaliste
courageux et engagé. Il écrit par amour pour son pays, et une foi
profonde dans la dignité humaine et la liberté", poursuit M. Hiatt.
"Ce sont des allégations extrêmement graves", a déclaré un porte-parole
du ministère britannique des Affaire étrangères, interrogé par l'AFP.
"Nous travaillons urgemment pour établir les faits".
Le département d'Etat américain a indiqué samedi n'être "pas en mesure
de confirmer" le sort de Jamal Kashoggi mais suivre "la situation de
près".
Le secrétaire général de Reporters sans Frontières (RSF), Christophe
Deloire, a tweeté que si les informations selon lesquelles Khashoggi
aurait été tué étaient confirmées, "il s'agirait d'un crime d'Etat d'un
autre temps".
Le représentant de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la
coopération en Europe) pour la liberté des médias, Harlem Désir, a
appelé sur Twitter les autorités turques à "dévoiler les détails" de
cette affaire, estimant que "les personnes responsables de ce crime
horrible doivent faire face à la justice".
L'Arabie saoudite figure à la 169e place sur 180 au classement mondial
de la liberté de la presse établi par RSF.
Ryad promeut une campagne de modernisation depuis que Mohammed ben
Salmane a été désigné héritier du trône en 2017. Mais la répression
contre les dissidents, avec des arrestations de religieux, de
personnalités libérales et aussi de militantes féministes s'est
accentuée depuis.
M. Khashoggi, 59 ans, est l'un des rares journalistes saoudiens en vue
à élever la voix contre cette répression.
En septembre 2017, il avait annoncé avoir été interdit de contribution
dans le quotidien Al-Hayat, propriété du prince saoudien Khaled ben
Sultan al-Saoud. M. Khashoggi avait alors reconnu avoir défendu les
Frères musulmans, classés par Ryad comme "organisation terroriste". La
Turquie, elle, est considérée comme l'un de leurs principaux soutiens.
(AFP, 7 oct
2018)
Prison à vie confirmée en appel contre trois
célèbres journalistes
turcs
Le tribunal régional d’Istanbul a confirmé, ce 2 octobre 2018, la
condamnation des célèbres journalistes Ahmet Altan, Mehmet Altan et
Nazlı Ilıcak à la prison à vie aggravée. Reporters sans frontières
(RSF) dénonce un lynchage judiciaire.
La sentence est tombée dans la soirée du 2 octobre : le tribunal
régional d’Istanbul a confirmé la condamnation d’Ahmet Altan, Mehmet
Altan et Nazlı Ilıcak à la prison à vie assortie d’un strict isolement.
Comme en première instance, les célèbres journalistes ont été reconnus
coupables d’avoir “tenté de renverser l’ordre constitutionnel”. Leur
ultime recours se trouve désormais entre les mains de la Cour de
cassation.
“C’est un véritable lynchage judiciaire dont font l’objet ces
journalistes de renom, dénonce le secrétaire général de RSF, Christophe
Deloire. La perspective qu’ils finissent leurs jours derrière les
barreaux dans le plus grand isolement est tout simplement honteuse pour
les autorités turques. La communauté internationale doit redoubler
d’efforts pour mettre fin à l’arbitraire total qui prévaut en Turquie.”
Arrêtés en septembre 2016, les frères Altan et Nazlı Ilıcak avaient
déjà été condamnés à la prison à vie aggravée en première instance. En
cause, leurs activités journalistiques, et notamment leurs critiques
des autorités au cours d’une émission de télévision diffusée la veille
de la tentative de putsch de juillet 2016. Marqué par de multiples
violations procédurales, leur procès a fait l’impasse sur un arrêt
contraignant de la Cour constitutionnelle, selon lequel la détention de
Mehmet Altan constituait une violation injustifiée de ses droits. Ce
n’est qu’après six mois de résistance que la justice a fini par
remettre Mehmet Altan en liberté sous contrôle judiciaire, en juin. Il
retournera cependant en prison si sa peine est confirmée en cassation.
Après avoir prétendu qu’Ahmet Altan avait fait passer des “messages
subliminaux” en faveur des putschistes, le procureur s’est efforcé de
démontrer que les journalistes avaient fait “usage de la force… de
façon immatérielle”.
La Turquie occupe la 157e place sur 180 pays au Classement mondial de
la liberté de la presse établi en 2018 par RSF. Déjà très préoccupante,
la situation des médias est devenue critique après la tentative de
putsch de juillet 2016 : de nombreux médias ont été liquidés sans aucun
recours effectif, les procès de masse se succèdent, et le pays détient
le record mondial du nombre de journalistes professionnels emprisonnés.
(RSF,
2 oct 2018)
Dix mois de prison pour l'auteur de tirs sur le
journaliste
d'opposition Dündar
Un Turc qui avait ouvert le feu sur le journaliste d'opposition Can
Dündar en 2015 a été condamné mardi à dix mois de prison pour port
illégal d'arme, a rapporté la presse.
Outre la peine de prison, l'homme, Murat Sahin, a écopé d'une amende de
4.500 livres turques (750 dollars) pour avoir blessé un journaliste qui
se trouvait sur le lieu de l'attaque, selon la chaîne privée NTV.
Rédacteur en chef à l'époque du journal de Cumhuriyet, M. Dündar avait
échappé à l'attaque, qui s'était produite en mai 2016 devant un
tribunal d'Istanbul où il était jugé pour avoir révélé que les services
secrets turcs avaient fourni des armes à des groupes islamistes en
Syrie.
L'auteur des tirs avait été arrêté après l'attaque avant d'être libéré
en octobre 2016.
Can Dündar s'est réfugié en Allemagne après avoir été condamné à cinq
ans et 10 mois de prison en première instance, en 2016, dans cette
affaire désormais connue en Turquie sous le nom d'"affaire des camions
du MIT".
M. Erdogan a confirmé lors d'une visite en Allemagne la semaine
dernière vouloir l'extradition du journaliste critique, l'accusant
d'être un "agent" ayant divulgué des "secrets d'Etat".
Selon les attendus de la décision du tribunal cités par NTV,
l'assaillant a été acquitté de l'accusation d'avoir menacé M. Dündar
avec une arme et condamné à une simple amende pour avoir blessé le
journaliste. La peine de 10 mois de prison sanctionne seulement le port
illégal d'arme.
M. Dündar a critiqué ce verdict sur Twitter, estimant qu'il pourrait
encourager des attaques similaires.
"Quelle est la peine encourue pour avoir tiré sur un journaliste en
Turque? L'acquittement. Et si l'assaillant blesse quelqu'un d'autre par
accident? 4.500 livres", a-t-il écrit.
"Cette décision est une médaille décernée à un homme qui a pointé une
arme sur un journaliste. Et c'est un message consistant à dire à ceux
qui ouvrent le feu: n'hésitez pas, l'Etat est derrière vous", a-t-il
ajouté. (AFP,
2 oct
2018)
Erdogan
accuse l'Allemagne de protéger un journaliste
"terroriste"
Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'en est pris vendredi à
l'Allemagne en des termes peu diplomatiques, reprochant au pays de
protéger un journaliste condamné pour "acte de terrorisme" en Turquie.
"Quand des journalistes sont impliqués dans des actes terroristes et
qu'un tribunal turc les a condamnés, comment peut-on encore les
défendre?", s'est emporté le président turc, déviant de son discours
lors d'un dîner donné en son honneur à Berlin.
"L'un d'entre eux a été condamné à 5 ans et 10 mois de prison. Il est
soi-disant un journaliste. Il a réussi à s'enfuir de Turquie pour
chercher refuge en Allemagne", a-t-il martelé, furieux, en référence au
journaliste Can Dündar qui vit en exil depuis 2016 dans le pays.
"Et ici on lui donne le beau rôle", a-t-il encore critiqué.
M. Erdogan a réaffirmé vouloir l'extradition du journaliste et critique
du pouvoir turc, l'accusant d'être un "agent" ayant divulgué des
"secrets d'Etat".
"Je ne suis pas un agent, je suis un journaliste", avait déclaré Can
Dündar, ancien rédacteur en chef du quotidien d'opposition Cumhuriyet,
au cours d'une conférence de presse vendredi soir. Il s'est dit
poursuivi par la justice turque uniquement "pour avoir écrit un article
de presse" et accusé le président turc de mentir.
M. Erdogan, en visite jusqu'à samedi en Allemagne, a réagi aux propos
du chef de l'Etat Frank-Walter Steinmeier, qui avait exprimé lors du
même dîner ses inquiétudes sur le sort de journalistes, syndicalistes,
scientifiques ou intellectuels emprisonnés en Turquie depuis le putsch
manqué de 2016.
"Je crois que vous avez reçu de fausses informations", a-t-il lancé.
"Nous n'avons pas le devoir de protéger les terroristes", a-t-il
ajouté, ni en Turquie, ni en Allemagne ni dans aucun autre pays.
"J'aurais préféré ne pas avoir à dire cela, nous en avions déjà parlé
ce matin", a-t-il déclaré à l'attention de M. Steinmeier, qui avait
accueilli M. Erdogan avec les honneurs militaires.
Ce dernier est venu en Allemagne avec l'intention déclarée d'entamer un
rapprochement diplomatique après deux ans de brouille entre Berlin et
Ankara.
La chancelière Angela Merkel avait souligné vendredi que "beaucoup de
choses" unissaient les deux pays, tout en soulignant les "profondes
différences" notamment sur la liberté de la presse et le respect des
droits de l'homme en Turquie.
Le président turc doit se rendre samedi à Cologne pour inaugurer une
mosquée. (AFP,
28 sept
2018)
Turkey
Can Be First Country to Ban Netflix
After an almost 5-hour meeting held on September 25, the Radio and
Television Supreme Council (RTÜK) approved the regulation which grants
an authority to impose an extensive supervision and censorship on radio
and television broadcasts made on the Internet.
Speaking to bianet, Prof. Dr. Yaman Akdeniz from the Faculty of Law at
İstanbul Bilgi University has warned that the regulation in question is
ambiguous and censorship can be imposed by using this ambiguity.
The bag bill draft, which covers granting right of broadcasting and
license of transmission to the websites making radio and television
broadcasts on the Internet and foresees supervision of these
broadcasters, were approved by the Grand National Assembly of Turkey
(TBMM) on March 21, 2018.
As per the related regulation, the platform operators providing
services for a fee will be obliged to give the information and
documents of every type about their subscribers to the RTÜK.
Another controversial article of the regulation is that the websites
making broadcasts on the Internet will have to pay a license fee to be
able to continue their online broadcasts.
"Turkey can be the first country to ban Netflix"
Prof. Dr. Yaman Akdeniz has explained the main problem as follows:
"In the regulation, it is not clear which concept will apply to whom.
There is a reference to the channels making broadcasts on the Internet;
however, it is not clear what is meant by this concept: Does it refer
to the broadcasters that transfer their existing broadcasts from the
television to the Internet or to the ones who create special content
for the Internet?
"Turkey can be the first country in the world to ban Netflix. Now, let
us see whether the online platforms such as Netflix and Amazon Prime
will accept the demands of blurring their own contents or putting a
flower on them.
"Or, let us think of it in this way: What if you demand that these
platforms remove their contents? What will they do? I do not think that
their infrastructure is ready for it." (BIA, Sept 27,
2018)
Kurdish
Question / Question kurde
Les étrangers de l'EI, un casse-tête pour les
Kurdes de Syrie
Les forces kurdes en Syrie, fer de lance de la lutte contre le groupe
Etat islamique (EI), détiennent des centaines de jihadistes étrangers
présumés, mais aussi des femmes et des enfants.
Ce dossier constitue un véritable casse-tête pour les autorités
semi-autonomes kurdes, qui refusent de juger ces étrangers et réclament
leur rapatriement vers leur pays d'origine.
Quelque 900 jihadistes étrangers, originaires de 44 pays, sont en
détention, selon Nouri Mahmoud, porte-parole de la principale milice
kurde de Syrie, les Unités de protection du Peuple (YPG).
Environ 550 femmes et 1.200 enfants vivent dans des camps mis en place
pour accueillir les familles de jihadistes, selon des responsables
kurdes.
"Certaines femmes ont quatre enfants, chacun d'un père différent et
chaque père (vient) d'un pays différent", assure Abdel Karim Omar, en
charge des Affaires étrangères au sein de l'administration kurde.
Parmi les détenus les plus connus, figurent les Britanniques Alexanda
Amon Kotey et El Shafee el-Sheikh, qui faisaient partie d'un quatuor
surnommé par leurs otages "les Beatles" en raison de leur accent
anglais. Leur unité avait enlevé des journalistes étrangers et torturé
et décapité certains captifs.
Le Français Adrien Guihal fait également partie des prisonniers. C'est
par sa voix que l'EI avait revendiqué l'attentat de Nice en 2016. Deux
autres figures de l'organisation, Thomas Barnouin et Emilie König, sont
également emprisonnées.
De nombreux détenus n'ont aucun papier d'identité, affirme Abdel Karim
Omar.
- Pas de procès -
Certains étrangers sont en détention depuis plus d'un an. Leur sort
reste incertain.
"Nous jugeons les mercenaires syriens de l'EI. Mais nous ne jugerons
pas les étrangers", insiste M. Omar. "Ils sont très nombreux. C'est un
lourd fardeau que nous ne pouvons pas assumer seuls".
A titre de comparaison, en Irak, plus de 300 personnes ont été
condamnées à mort et autant à la prison à vie pour avoir rejoint l'EI,
dont des dizaines d'étrangers, selon des sources judiciaires.
"Nous n'avons pas une législation qui autorise la peine de mort. Si
nous les condamnons et qu'ils finissent de purger leur peine de prison,
où iront-ils?", demande M. Omar.
Son administration tente de faire "pression sur les gouvernements
(étrangers) pour qu'ils reprennent leurs citoyens".
- Quid des Occidentaux? -
La Russie, l'Indonésie, mais aussi le Soudan ont accepté de reprendre
certains ressortissants, principalement des femmes et des enfants,
indique M. Omar. Mais dans leur grande majorité, les pays occidentaux
rechignent à faire de même.
Pour le chef d'état-major américain Joe Dunford, le retard dans les
rapatriements est dû à "des considérations politiques et des cadres
légaux inadaptés".
Au moins deux Américains, un homme et une femme -mère de quatre
enfants-, accusés d'avoir collaboré avec l'EI en Syrie ont été
rapatriés aux Etats-Unis pour y être jugés, a annoncé Washington en
juillet.
La France, elle, insiste pour que ses ressortissants soient jugés sur
place, tout en rejetant la peine de mort. Les familles et les avocats
des détenus plaident pour un retour et un passage devant la justice
française.
Quelques dizaines de Français soupçonnés d'avoir rejoint l'EI sont
actuellement retenus en Irak et en Syrie avec plusieurs dizaines de
mineurs, d'après une source proche du dossier.
Le Royaume-Uni fait preuve de la même réticence. Les autorités ont
indiqué qu'Alexanda Amon Kotey et El Shafee el-Sheikh n'étaient plus
des "citoyens britanniques", laissant entendre qu'ils avaient été
déchus de leur nationalité.
Londres a entamé des contacts avec Washington pour qu'ils soient jugés
aux Etats-Unis, avant d'annoncer une "pause" dans la coopération. Des
informations de presse assuraient en août que les deux hommes
pourraient être envoyés à Guantanamo.
- Négociations -
Les autorités kurdes ont réussi à établir des contacts avec les
Pays-Bas, le Danemark et le Canada, selon M. Omar. Avec le Canada, les
négociations selon lui, étaient parvenues à un stade avancé, "mais le
gouvernement a tout arrêté, on ne sait pas pourquoi".
Interrogé par l'AFP, un porte-parole des Affaires étrangères
canadiennes a assuré que "toute information sur une entente en vue du
rapatriement de citoyens canadiens de Syrie est sans fondement".
Pour les autorités kurdes, il est essentiel de maintenir des liens
étroits avec les Etats-Unis, à la tête d'une coalition internationale
qui soutient les forces kurdes dans la lutte anti-EI, mais aussi avec
la France, partenaire clé.
Un commandant militaire kurde évoque sous le couvert de l'anonymat des
"réunions" avec le gouvernement français. "Mais on ne veut pas faire
pression pour qu'il reprenne les jihadistes français, ni le mettre dans
l'embarras".
Dans cette optique, il a été décidé de ne pas présenter aux médias les
jihadistes français ou américains, affirme-t-il. (AFP, 23 oct
2018)
Le
parti de Barzani remporte haut la main les
législatives au Kurdistan irakien
Le parti de l'ancien président kurde Massoud Barzani, grand architecte
du référendum d'indépendance, a remporté haut la main les législatives
au Kurdistan irakien, raflant 45 des 111 sièges, a annoncé dimanche la
commission électorale de la région autonome.
Le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) a obtenu 686.070 voix, soient
45 sièges, tandis que son grand rival historique, l'Union patriotique
du Kurdistan (UPK), a remporté 21 sièges avec 319.912 voix, selon les
résultats définitifs, rendus publics trois semaines après le scrutin du
30 septembre.
Les deux poids lourds de la politique kurde s'étaient récemment lancés
dans une bataille inédite à Bagdad,
pour le poste de président de l'Irak, purement honorifique. C'est
finalement Barham Saleh, le candidat de l'UPK qui l'a remporté,
maintenant le statu quo qui depuis des années réserve ce poste à son
parti, tandis que le PDK a la présidence du Kurdistan.
Le parti Goran (changement en kurde), jusqu'alors grande force
d'opposition aux deux partis historiques de la région autonome, a perdu
la moitié de ses sièges avec 12 députés élus cette fois-ci.
L'outsider qui réalise une percée, après avoir remporté quatre sièges
aux législatives fédérales de mai, est "Nouvelle génération", qui
s'assure huit sièges avec 127.115 voix.
Onze sièges sont réservés aux minorités ethniques et religieuses des
trois provinces du Kurdistan, autonome depuis 1991 --cinq pour les
Turkmènes, cinq pour les chrétiens et un pour les Arméniens.
Théoriquement, le PDK peut donc obtenir la majorité au Parlement sans
avoir besoin de s'associer avec aucun de ses rivaux politiques et
uniquement en rassemblant les députés des minorités, selon les experts.
Goran et plusieurs partis islamistes ont déjà annoncé rejeter les
résultats de ce scrutin qui avait suscité peu d'enthousiasme et pour
lequel 57% des électeurs avaient fait le déplacement selon des chiffres
officiels contestés par certains.
Des recours pourront être déposés devant la justice de la région
autonome, a précisé le président de la commission électorale, Handerin
Mohammed Saleh, lors de la conférence de presse au cours de laquelle il
a annoncé les résultats.
Le gouvernement local sera ensuite formé par la plus grande coalition
au sein du Parlement kurde, tandis que le devenir du poste de président
du Kurdistan, vacant depuis le départ fin 2017 de Massoud Barzani,
reste en suspens.
Il a été gelé jusqu'à la rédaction d'une nouvelle Constitution et sa
validation par le Parlement, pour lesquelles aucun calendrier n'a été
fixé. Les pouvoirs du président sont pour le moment répartis entre le
Premier ministre, le président du Parlement et le président de la Cour
suprême. (AFP,
21 oct
2018)
Attack
on Amedspor in Sakarya
In the seventh week of the Turkish Football Federation (TFF) 2nd
League, Sakaryaspor and Amedspor had a match in Sakarya on October 13.
Before the match between Sakaryaspor and Diyarbakır-based Amedspor, the
song called "I would die for you my Turkey" (Ölürüm Türkiyem) was
played. Accompanying the song, the video footages of military
operations were also displayed on the screen at the Sakarya Atatürk
Stadium.
After Sakaryaspor won the match 2:0 against Amedspor, the fans of
Sakaryaspor first attacked the Amedspor bench, then, went to the
Amedspor changing room and attacked the players and the coaching staff.
Speaking to the Mezopotamya Agency reporter Özgür Paksoy, Chairperson
of the Amedspor Nurullah Edemen stated that they would file a criminal
complaint against the ones who were responsible for the attacks.
Both the video footages displayed before the match and the attacks
afterwards were shared both on the official Twitter account of Amedspor
and the accounts of fan groups with the following messages:
"The moment of attack on our changing room and the moment of attack on
coach Sertaç (Küçükbayrak)"
"The moment of attack on our bench by Sakaryaspor fans"
"While our players are entering the football pitch to warm up before
the match, this song is being played and these videos are being
displayed on the screens in the stadium. I do not understand what they
are thinking. Haven't you understood it yet? Amedspor is a football
club." (BIA,
15 October 2018)
Les
forces kurdes disent détenir 900 jihadistes
étrangers présumés
Les forces kurdes syriennes ont
affirmé jeudi détenir plus de 900 jihadistes présumés appartenant au
groupe Etat islamique (EI), soit bien plus qu'un précédent décompte,
selon un porte-parole.
"Environ 900 terroristes de l'EI sont dans nos prisons", a indiqué à
l'AFP Nouri Mahmoud, porte-parole des Unités de protection du peuple
(YPG), les milices kurdes en Syrie.
Ces détenus viennent "de 44 pays", a-t-il précisé. "La guerre est en
cours et nous continuons d'arrêter des terroristes".
Jusqu'à présent, les autorités semi-autonomes kurdes en Syrie avaient
indiqué avoir arrêté quelque 520 jihadistes présumés ressortissants de
pays étrangers. Elles affirmaient avoir aussi détenu près de 550 femmes
et environ 1.200 enfants, de nationalité étrangère également.
"Les chiffres ont augmenté au cours des derniers mois en raison des
combats entre nos forces et l'EI", a expliqué M. Mahmoud.
Les Forces démocratiques syriennes (FDS), dont les YPG constituent la
colonne vertébrale, mènent depuis des mois une offensive pour conquérir
les territoires tenus par l'EI, progressant dans la province de Deir
Ezzor (est) jusqu'à acculer les jihadistes dans Hajine, une localité
proche de la frontière irakienne.
Selon les FDS, quelque 3.000 combattants, en grande partie des
étrangers, sont retranchés dans l'enclave de Hajine.
Les détenus étrangers accusés d'être membres de l'EI constituent un
casse-tête pour les autorités kurdes, qui appellent leurs pays
d'origine à les rapatrier.
Or, de nombreux pays occidentaux font preuve de réticence sur ce
dossier, leurs opinions publiques étant souvent hostiles à tout
rapatriement. Au pic de son "califat" autoproclamé en Syrie et en Irak,
l'EI avait attiré des milliers de combattants étrangers dans ses rangs.
Quatre ans plus tard, chassé de la quasi-totalité des zones qu'il avait
conquises, le groupe ultraradical ne maintient plus qu'une présence
dans l'est de la Syrie et quelques poches désertiques. (AFP, 11 oct
2018)
90 personnes arrêtées pour liens présumés avec le PKK
La police turque a arrêté 90
personnes dans le cadre d'une opération menée contre le Parti des
travailleurs du Kurdistan (PKK), a rapporté mardi le bureau du
procureur de Diyarbakir (sud-est).
En tout, 151 personnes étaient recherchées au cours de cette opération
qui se déroulait dans neuf villes, dont Diyarbakir, considérée comme la
"capitale" du sud-est à majorité kurde du pays.
Elles sont soupçonnées de liens avec le PKK, une organisation classée
"terroriste" par Ankara et ses alliés occidentaux.
Des raids ont été menés à 183 adresses, précise le communiqué du bureau
du procureur, et ont permis la saisie de nombreux documents et
"matériaux numériques".
Les forces de l'ordre turques procèdent régulièrement à l'arrestation
de membres ou sympathisants présumés du PKK, dont la lutte armée contre
Ankara a fait plus de 40.000 morts depuis 1984.
Le sud-est de la Turquie est en proie à des violences
quasi-quotidiennes depuis la reprise du combat entre le PKK et Ankara
après la rupture, à l'été 2015, d'un fragile cessez-le-feu.
Jeudi dernier, huit soldats turcs ont été tués dans l'explosion d'une
bombe artisanale déclenchée, selon les autorités, par des militants du
PKK. (AFP,
9 oct
2018)
Arrestation
de 137 personnes soupçonnées de liens avec le PKK
Les autorités turques ont arrêté 137 personnes entre vendredi et samedi
dans le cadre d'une opération menée contre les rebelles du Parti des
Travailleurs du Kurdistan (PKK) à travers le pays, a rapporté l'agence
étatique Anadolu.
Parmi elles, quarante-neuf ont été arrêtées samedi, pour des liens
présumés avec le PKK, une organisation classée "terroriste" par Ankara
et ses alliés occidentaux.
Les forces de l'ordre turques procèdent régulièrement à l'arrestation
de membres ou sympathisants présumés du PKK, dont la lutte armée contre
Ankara a fait plus de 40.000 morts depuis 1984.
Le sud-est de la Turquie est en proie à des violences
quasi-quotidiennes depuis la reprise du combat entre le PKK et Ankara
après la rupture, à l'été 2015, d'un fragile cessez-le-feu.
Huit soldats ont été tués jeudi dans l'explosion d'une bombe artisanale
déclenchée, selon les autorités, par des militants du PKK.
Le président Recep Tayyip Erdogan a juré lors d'un discours télévisé
samedi qu'"au moins 800 terroristes paieront le prix" de cette attaque.
(AFP,
6
oct
2018)
Arrest of Selahattin Demirtaş to Continue
The hearing of the case, where the former Co-Chair of the Peoples'
Democratic Party (HDP) Selahattin Demirtaş has been behind bars pending
trial, was held today (October 4).
While Selahattin Demirtaş stated, "Since the verdict that you will give
is obvious, I do not demand release", the Prosecutor's Office demanded
that his detention shall continue. The Ankara 19th Heavy Penal Court
ruled that the arrest of Selahattin Demirtaş shall continue.
Demirtaş and his attorneys previously requested that his summaries of
proceedings which were within the scope of his legislative immunity be
identified and his statements at the Parliament be analyzed. The court
board also rejected these requests.
Selahattin Demirtaş has been facing charges of "establishing and
leading a terrorist organization", "propagandizing for a terrorist
organization" and "praising the crime and the criminal". The lawsuit,
which was filed in Turkey's southeastern province of Diyarbakır, was
then moved to the Ankara 19th Heavy Penal Court for reasons of security.
The case, a hearing of which was held today, consists of the total of
31 summaries of proceedings, which were previously prepared for
Selahattin Demirtaş and sent to the Grand National Assembly of Turkey
so that he would be relieved of his MP duties.
Demirtaş, who has been in Edirne Prison since November 4, 2016,
presented his statement of defense via Audio and Visual Information
System (SEGBİS). His next hearing will be held on December 12-14, 2018.
(BIA,
Oct 4, 2018)
Erdogan
threatens the world over the Kurds in the UN
As the 73rd General Assembly of the UN started, Secretary General
Antonio Guerres gave a speech followed by speeches by various leaders.
Donald Trump was expected to give a speech due to the trade wars he
launched with several countries and the tensions about nuclear power in
North Korea and Iran. Trump pointed out the foreign trade deficit with
China and other countries, and argued that a foreign trade deficit of
800 billion dollars can’t be sustained.
Turkish President Erdogan’s speech stood out with threats once again.
Erdogan argued that the world has left Turkey alone with the refugees
and repeated the lie that they provided aid for millions in the region,
ignoring the hundreds of thousands of people forced out of Afrin after
they occupied the city.
Erdogan didn’t hide his goals to invade all areas under SDF and YPG
control including Manbij, and repeated his threat that there will be a
“cleansing” up to the Iraqi border.
Erdogan alleged once again that the world “supports terrorism” over the
Kurds and threatened the rest of the world. Referring to the US,
Erdogan said: “Those who filled tens of thousands of trailers and
thousands of cargo planes for tactical interests will definitely suffer
for that in the future.” There have been various ISIS attacks
immediately after Erdogan made such comments in recent years.
TURKISH MEDIA WISHES SOMETHING WILL COME OUT OF CHATS
The Erdogan government tries to explain the financial crisis of the
last two months with just the crisis with the US over Pastor Brunson’s
arrest, and they are trying very hard to get a meeting with Trump. Due
to their back to back speeches, Trump and Erdogan were only able to
chat in passing.
Erdogan’s advisor Fahrettin Altun’s attempts to keep up appearances as
he said the meeting was “warm and sincere” were not received well. It
is known that the talk between Erdogan and Trump was very brief.
The AKP and Erdogan have attempted to soften the relationship with the
US over the Pastor Brunson crisis and will be holding a meeting in
Washingon to that end. (ANF, Sept 28,
2018)
La
CEDH rejette une demande d'avocats d'Öcalan pour
des mauvais
traitements
La Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) a rejeté jeudi une
demande formulée par deux avocats du chef de l'opposition kurde
Abdullah Öcalan pour de prétendus mauvais traitements qu'il aurait
subis dans sa prison d'Imrali en 2008.
Le 21 octobre 2008, deux avocats d'Öcalan et 236 détenus avaient porté
plainte, alléguant que le leader du Parti des travailleurs du Kurdistan
(PKK) aurait été torturé et menacé par des gardiens de l'île-prison
d'Imrali deux semaines plus tôt, le 7 octobre 2008, lors d'une fouille
dans sa cellule.
Les requérants ont été déboutés par la justice turque. Celle-ci avait
également ouvert une enquête disciplinaire contre un directeur et deux
gardiens de la prison, qui a abouti à un non-lieu.
Les sept juges de la CEDH ont décidé à l'unanimité que le recours
intenté devant l'instance de Strasbourg n'était pas non plus recevable.
Les requérants invoquaient, entre autres, l'article 3 de la Convention
européenne des droits de l'Homme, relatif à l'interdiction de la
torture, des traitements inhumains ou dégradants.
"La Cour observe notamment que, le jour des incidents allégués ainsi
que les jours suivants, Abdullah Öcalan a été examiné par plusieurs
médecins, lesquels n'ont relevé aucune lésion physique ou psychique.
Par ailleurs, le requérant n'a rien indiqué aux médecins non plus. En
outre, il n'a pas personnellement porté plainte", ont noté les
magistrats.
Une commission d'enquête européenne a également "annulé son déplacement
à la prison d'Imrali du fait qu'Abdullah Öcalan aurait indiqué à ses
avocats de +ne pas exagérer+ les faits en cause", souligne la CEDH.
Celle-ci avait condamné la Turquie en 2014 pour la peine incompressible
de réclusion à perpétuité infligée au rebelle kurde, et son isolement
"inhumain" durant ses premières années sur l'île-prison d'Imrali, de
1999 à 2009.
Depuis, le Conseil de l'Europe a noté une nette amélioration des
conditions de détention du chef historique du PKK, âgé aujourd'hui de
70 ans.
Cependant, le Conseil de l'Europe s'est inquiété en mars dernier de
l'absence de visites et de contacts auxquels Abdullah Öcalan est
confronté: il n'avait alors plus vu ses proches depuis 18 mois, et ses
conseils depuis cinq ans. (AFP, 27 sept
2018)
Minorités
/ Minorities
Yézidies : poursuivre des
djihadistes étrangers pour génocide
Issu d’une enquête de terrain, un rapport publié aujourd’hui par
l’organisation Kinyat et la FIDH décrit l’exercice de légitimation,
d’organisation et de planification de la traite sexuelle des captives
Yezidies par l’organisation État Islamique (Daesh) en Irak et en Syrie.
Il appelle à l’inclusion des charges de crimes sexuels constitutifs de
génocide et de crimes contre l’humanité dans la poursuite des
djihadistes étrangers par les juridictions nationales et
internationales, poursuites jusqu’à présent limitées à la lutte contre
le terrorisme.
Le rapport qui sort aujourd’hui est basé sur le travail d’enquête mené
par l’organisation de documentation Kinyat, qui documente depuis 2014
les crimes commis contre les Yézidis, et par une série d’entretiens
menés par la FIDH et Kinyat avec des survivantes, lors de deux missions
d’enquête en Irak.
Il contribue à mettre en lumière les graves crimes perpétrés à
l’encontre des captives Yezidies notamment par des ravisseurs
étrangers. Des djihadistes français, allemands, américains, saoudiens,
libyens, tunisiens, libanais, palestiniens, yéménites et chinois
figurent parmi les nationalités documentées par Kinyat et la FIDH.
Avec la prise de Mossoul par Daesh le 10 juin 2014, débute une campagne
visant à « purifier » la région de ses éléments « non islamiques » et
chiites. Le 3 août 2014, les combattants de Daesh attaquent la région
du Sinjar, obligeant 130 000 Yézidis à fuir vers les zones kurdes. Sans
possibilité de repli, des dizaines de milliers de personnes sont
contraintes de se réfugier dans les monts du district de Sinjar, dans
des conditions dantesques : le manque d’eau, de nourriture, d’ombre, et
de matériel médical feront au moins 1700 morts.
L’attaque contre le Sinjar marque le début d’une campagne brutale,
visant à éliminer l’identité Yézidie. Ce projet génocidaire entraîne
crimes de masse, conversions forcées à l’Islam, dispersions brutales
des familles et réduction en esclavage des femmes et enfants
survivants, considérés comme des butins de guerre. Les crimes commis
contre les Yezidis ont été largement médiatisés par Daesh, qui les a
mis en scène et utilisés comme outil de propagande, afin de s’attirer
de nouvelles recrues et terroriser les populations.
Au préalable, ces crimes contre l’humanité avaient été légitimés via
une série de justifications théologiques et juridiques autour des
notions de « Sabaya » (butin de guerre) et surtout d’« Al Sabi »
(capture et esclavage des femmes et enfants de mécréants). Cette
rhétorique a été développée dans les revues de Daesh ainsi que dans des
fascicules théologiques spécifiquement consacrés à l’esclavage, avec
une focalisation particulière sur l’esclavage sexuel.
Dans le même temps, la traite de femmes et enfants Yezidis –
systématiquement séparés des hommes - a été organisée et planifiée. De
nombreuses captives furent vendues sur des marchés aux esclaves et sur
des sites internet spécialisés, via les applications Telegram et
Signal. Un des groupes de revente en ligne, appelé « The Great Mall of
the Islamic State », compta jusqu’à 754 membres. Il permettait
d’acheter des femmes ou des enfants, avec des descriptions explicites
sur leur âge ou apparence physique, au milieu des annonces de ventes
d’armes ou de voitures.
(FIDH, 25/10/2018)
Décès de l'iconique photographe d'Istanbul Ara Güler
à 90 ans
Le photographe d'origine arménienne Ara Güler, dont les iconiques
photographies
d'Istanbul ont fait le tour du monde, est décédé mercredi soir à 90
ans, a annoncé l'agence étatique Anadolu.
Ara Güler, né le 16 août 1928, a commencé sa carrière de photographe au
journal "Yeni Istanbul" en 1950, puis chez Hürriyet, avant de
travailler pour des médias internationaux comme Time-Life ou Paris
Match.
Le photographe, surnommé "l'Oeil d'Istanbul", a su capter l'âme de la
mégalopole turque à travers presque trois quarts de siècle, avec des
scènes en noir et blanc de la vie quotidienne, des pêcheurs au bord du
Bosphore aux petits commerçants et ouvriers.
"Les gens m'appellent le photographe d'Istanbul. Mais je suis un
citoyen du monde. Un photographe du monde", a-t-il un jour répliqué.
Son métier lui a en effet permis de voyager à travers le monde, du
continent africain à l'Afghanistan, mais surtout à travers sa Turquie
natale. Ses photographies ont été réunies dans de nombreux ouvrages,
qui gardent une place proéminente dans les librairies du pays.
Avant la photographie, M. Güler a commencé dans le cinéma, inspiré par
les amis artistes de son père pharmacien, selon la biographie publiée
sur son site officiel.
Au cours de sa carrière, il a croisé des grands noms de la photographie
comme Marc Riboud et Henri Cartier-Bresson, et a rejoint l'agence
Magnum Photos.
Un musée en son nom a été ouvert à Istanbul en août afin de célébrer
ses oeuvres.
Il est décédé mercredi soir des suites d'une "insuffisance cardiaque" à
l'hôpital Florence Nightingale d'Istanbul, où il avait été admis en
soins intensifs.
Figure incontournable d'Istanbul, M. Güler pouvait encore être vu ces
derniers mois à la terrasse du café qui porte son nom dans le centre de
la ville. (AFP,
17 oct
2018)
Paylan: Those Whom You Have
Enemized are My Relatives
In his speech in Beştepe People Congress and Culture Center at 18th
Turkish History Congress, Deputy President Fuat Oktay has said, “We
don’t respect decisions of the parliaments which give into Armenian
diaspora and ban arguments of Turks”.
Addressing to the remark, Peoples’ Democratic Party (HDP) Diyarbakır MP
Garo Paylan said, “State’s new position is not based on confrontation
but denial”.
Oktay: We don’t respect
Oktay said in the congress:
“We don’t respect decisions of the parliaments which give into Armenian
diaspora and ban arguments of Turks.
“Those who attempt to throw mud at us over 1915 incidents failed to
achieve their goal despite all their efforts”.
Paylan: There’s no avail in enemizing
Evaluating Oktay’s remarks to bianet, HDP’s Paylan said that Oktay’s
statement is a result of state’s re-positioning:
“State’s new position is not based on confrontation but denial and
assimilation. In this regard, it needs new enemies. There is no avail
in enemizing the Armenian diaspora”.
Stating that the remarks which don’t touch on suffering of thousands of
Armenians living Turkey won’t benefit peoples of Turkey, Paylan said
that this discourse was a result of “Turkism perspective”.
“Those whom you have enemzied are my relatives, they are our citizens”,
Paylan concluded. (BIA, Oct 1, 2018)
Politique
intérieure/Interior Politics
Le partenaire électoral
d'Erdogan met fin à leur alliance
Le dirigeant du parti ultranationaliste turc Devlet Bahçeli, principal
partenaire de Recep Tayyip Erdogan au Parlement, a déclaré mardi qu'il
ne nouerait pas d'alliance avec la formation du président en vue des
élections municipales l'an prochain
Cette décision survient alors que des différends au sujet d'un projet
de loi d'amnistie ont affleuré ces dernières semaines entre MM.Erdogan
et Bahçeli, leader du Parti d'action nationaliste (MHP).
"En tant que parti, il ne nous reste à ce stade plus aucune attente,
volonté de rechercher, plus aucune intention de former une alliance
pour les élections locales du 31 mars 2019", a déclaré M. Bahçeli lors
d'un discours devant son groupe parlementaire à Ankara.
Reste à savoir désormais si cette décision de faire cavalier seul
s'applique également à l'alliance informelle que le MHP et le Parti de
la justice et du développement (AKP) de M. Erdogan ont au Parlement.
Avec 290 élus, l'AKP n'a pas assez de sièges pour avoir la majorité
absolue à lui seul au Parlement, qui en compte 600.
Signe que les marchés redoutent qu'un tel scénario ne débouche sur une
phase d'instabilité politique, la livre turque a perdu plus de 3% en
valeur face au dollar immédiatement après l'allocution de M. Bahçeli.
"Ils disent qu'ils veulent suivre leur propre voie aux élections
locales. Eh bien, nous disons +chacun sa route!+", a réagi M. Erdogan
lors d'un discours à Ankara.
Il a ensuite minimisé la dispute devant la presse. A un journaliste qui
demandait si l'alliance entre l'AKP et le MHP était rompue, M. Erdogan
a déclaré: "nous voulons que l'alliance (...) continue".
Lors des dernières élections législatives et présidentielle en juin,
l'AKP et le MHP avaient conclu une alliance qui avait permis à M.
Erdogan d'être réélu confortablement.
Même si aucune coalition de gouvernement n'avait été formellement
constituée, les deux partis sont depuis restés alliés au Parlement,
votant à l'unisson.
Cependant, des tensions sont apparues ces dernières semaines lorsque M.
Bahçeli a indiqué qu'il voulait faire voter une loi d'amnistie, un
projet rejeté par M. Erdogan.
"Aucune alliance ne peut rester debout si une partie repousse l'autre,
la contraint à faire marche arrière, l'ignore complètement", a menacé
M. Bahçeli mardi.
M. Bahçeli, qui dirige le MHP depuis 1997, a longtemps été l'un des
plus féroces détracteurs de M. Erdogan. Il s'est rapproché du président
turc après une fronde de cadres de son parti qui a manqué de le faire
tomber, en 2016. (AFP, 24 oct
2018)
259 responsables locaux
suspendus
Plus de 250 chefs de quartiers et de villages ont été suspendus de
leurs fonctions pour leur adhésion présumée à des groupes "terroristes"
ou des activités
incompatibles avec leurs fonctions, a annoncé lundi le ministère turc
de l'Intérieur.
Les "muhtar" sont élus localement pour gérer certains aspects
administratifs des quartiers et villages. 103 chefs de villages et 156
chefs de quartiers ont été suspendus selon le communiqué du ministère,
qui ne précise pas à quels groupes "terroristes" ils sont soupçonnés
d'être liés.
La semaine dernière déjà, 559 "gardiens de village" (des locaux
recrutés et armés pour combattre les rebelles kurdes) ont été suspendus
sur des accusations similaires et 76 autres l'ont été pour des
accusations de contrebande, de trafic de migrants et d'activités liées
à la drogue.
Les autorités turques ont entrepris, après le putsch manqué de juillet
2016, une vaste purge de ses institutions.
Plus de 140.000 personnes ont ainsi été limogées ou suspendues de
la fonction publique, pour des liens présumés avec le prédicateur
Fethullah Gülen, à qui Ankara impute le putsch manqué malgré ses
dénégations, avec la rébellion kurde ou d'autres groupes classés
"terroristes". (AFP, 15 oct
2018)
Le parlement prolonge d'un an le mandat des forces
turques
Le parlement turc a approuvé mercredi la prolongation d'un an du
déploiement des forces turques en Syrie et en Irak, a annoncé l'agence
officielle Anadolu.
Ce déploiement, approuvé la première fois par le parlement en octobre
2014, a été depuis prolongé chaque année d'un an.
Le mandat autorise des actions militaires dans ces deux pays voisins de
la Turquie contre le groupe Etat islamique et d'autres organisations
considérées par Ankara comme des organisations terroristes.
La motion approuvée mercredi par le parlement souligne qu'il est
"essentiel pour la sécurité nationale de la Turquie de prendre toutes
les mesures nécessaires (...) face à n'importe quelle menace".
Ismet Yilmaz, président de la commission de la Défense du parlement, a
assuré que le combat de la Turquie contre le terrorisme ne connaîtrait
pas de relâche.
"Nous en permettrons pas au groupes terroristes de s'abriter ou d'être
entraînés à nos frontières méridionales, ou d'organiser des attaques
contre notre pays en mettant à profit la situation politique instable
en Irak et en Syrie", a averti M. Yilmaz cité" par Anadolu.
En mars, les forces turques, soutenues par des groupes rebelles syriens
équipés et formés par Ankara, avaient pris la région d'Afrine dans le
nord de la Syrie, auparavant bastion des Unités de protection du peuple
(YPG), une milice kurde soutenue par Washington mais considérée comme
"terroriste" par Ankara. (AFP, 3 oct
2018)
Forces
armées/Armed Forces
La Turquie bombarde une milice
en Syrie du nord
L'armée turque a bombardé dimanche des positions dans le nord de la
Syrie d'une milice kurde soutenue par les Etats-Unis, mais considérée
comme "terroriste" par Ankara, a rapporté l'agence de presse étatique
turque Anadolu.
Au lendemain d'un sommet Turquie-Russie-France-Allemagne sur la Syrie à
Istanbul, l'artillerie turque a pilonné des positions des Unités de
protection du peuple (YPG) situées sur la rive est de l'Euphrate, à
l'ouest de Kobané (Aïn al-Arab, en arabe), a indiqué Anadolu.
Ce bombardement survient alors que le président turc Recep Tayyip
Erdogan a plusieurs fois menacé ces derniers jours de lancer une
offensive à l'est de l'Euphrate, après deux précédentes opérations à
l'ouest du fleuve.
Vendredi, M. Erdogan avait même lancé un "dernier avertissement" aux
YPG.
D'après Anadolu, les bombardements turcs ont visé dimanche des abris et
des tranchées des YPG sur une colline dans le village de Zur Maghar,
situé sur la rive orientale de l'Euphrate en face de la ville de
Jarablous.
L'agence étatique affirme que l'artillerie turque a répliqué à des tirs
provenant de cette zone.
Les YPG font partie d'une coalition arabo-kurde, les Forces
démocratiques syriennes (FDS), qui est soutenue par les Etats-Unis pour
combattre le groupe Etat islamique (EI).
Mais Ankara considère les YPG comme le bras armé de l'extension en
Syrie du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe qui livre
une sanglante guérilla sur le sol turc depuis 1984.
Si le PKK est classé comme "terroriste" par les alliés occidentaux de
la Turquie, ce n'est pas le cas des YPG.
Le soutien américain aux YPG est l'un des principaux points de discorde
entre Ankara et Washington, deux alliés au sein de l'Otan dont les
relations se sont dégradées depuis 2016.
Une offensive turque d'envergure à l'est de l'Euphrate risquerait
d'aggraver encore les tensions entre les deux pays qui ont connu un pic
au cours de l'été.
Au cours des derniers mois, la Turquie a plusieurs fois menacé
d'attaquer la ville de Minbej, tenue par les YPG et où des militaires
américains sont également déployés.
Pour apaiser les tensions, la Turquie et les Etats-Unis mènent
désormais des patrouilles coordonnées.
L'état-major turc a indiqué dans un communiqué que l'une de ces
patrouilles avait eu lieu dimanche.
La Turquie est très active en Syrie, où elle soutient l'opposition au
régime de Bachar al-Assad.
Mais ces dernières années, elle s'est surtout concentrée sur les
activités des milices kurdes syriennes à sa frontière qu'elle considère
comme une menace à sa sécurité nationale.
La Turquie redoute en effet que l'établissement d'un "Etat kurde" à sa
frontière galvanise les velléités séparatistes sur son sol.
Depuis 2016, l'armée turque a lancé deux offensives dans le nord de la
Syrie, à l'ouest de l'Euphrate, pour repousser les jihadistes de sa
frontière et empêcher la jonction des différentes zones contrôlées par
les YPG. (AFP,
28 oct
2018)
Sept soldats tués dans un attentat
Sept soldats turcs ont été tués jeudi dans l'explosion d'une bombe
artisanale déclenchée par des séparatistes kurdes dans le sud-est de la
Turquie, ont rapporté les autorités locales et l'agence de presse
étatique Anadolu.
Un premier bilan avait fait état de quatre morts et cinq blessés, mais
trois de ces derniers ont succombé à l'hôpital, selon un communiqué du
gouvernorat de Batman, la province où a eu lieu l'incident.
L'explosion s'est produite vers 06H00 du matin (03H00 GMT) au passage
d'un véhicule militaire, a ajouté le gouvernorat.
Le bureau du gouverneur de Batman, cité par Anadolu, a imputé cet
attentat au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation
classée "terroriste" par la Turquie et ses alliés occidentaux.
Une vaste opération a été déclenchée pour arrêter les "terroristes"
responsables de l'attaque, affirme dans son communiqué le gouvernorat.
Le sud-est de la Turquie est en proie à des violences
quasi-quotidiennes depuis la reprise de la lutte entre le PKK et les
autorités turques après la rupture, à l'été 2015, d'un fragile
cessez-le-feu qui visait à mettre fin à un conflit ayant fait plus de
40.000 morts depuis 1984.
L'ambassade des Etats-Unis à Ankara a condamné cette attaque.
"Les terroristes du PKK doivent mettre fin à ces actes. Nous nous
tenons aux côtés de la Turquie face au terrorisme", a-t-elle écrit sur
son compte Twitter.
Cette condamnation survient à un moment où la Turquie reproche aux
Etats-Unis leur soutien aux milices kurdes en Syrie considérées par
Ankara comme la branche syrienne du PKK.
Washington voit dans ces milices la force la plus efficace sur le
terrain contre les jihadistes du groupe Etat islamique. (AFP, 4 oct
2018)
Un
nouveau convoi militaire turc pénètre dans
une zone rebelle
Un convoi militaire turc est entré mercredi en zone rebelle dans le
nord-ouest de la Syrie, a rapporté un correspondant de l'AFP, à moins
de deux semaines de la date butoir pour établir une "zone
démilitarisée" dans l'ultime grand bastion insurgé du pays.
Au moins 40 véhicules, y compris des transports de troupes, des camions
et des fourgonnettes, se sont déplacés lentement dans la nuit le long
d'une autoroute principale menant de la frontière turque vers le nord
syrien.
L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a indiqué à l'AFP
que le convoi se dirigeait vers des "postes d'observation" qu'Ankara
maintient dans les zones rebelles de la région, notamment dans le
sud-ouest d'Idleb.
La Turquie n'a pas fait de déclaration à ce propos, alors qu'elle avait
envoyé un convoi similaire dans le nord de la Syrie le 25 septembre.
L'arrivée en Syrie du nouveau convoi intervient à l'approche de la date
butoir pour la mise en oeuvre d'un accord russo-turc sur
l'établissement d'une "zone démilitarisée" dans le dernier grand
bastion insurgé en Syrie.
Conclu à Sotchi (Russie) le 17 septembre, cet accord prévoit la
création d'une zone tampon de 15 à 20 km de large, en forme de fer à
cheval, sous la surveillance de la Russie et de la Turquie, dans la
province d'Idleb et des secteurs des régions voisines d'Alep, Hama et
Lattaquié.
Les groupes rebelles et jihadistes doivent avoir retiré leurs armes
lourdes de la zone d'ici le 10 octobre, stipule l'accord. Les seuls
jihadistes doivent en outre avoir quitté les lieux avant la mi-octobre.
La majorité des groupes rebelles pro-Ankara avaient accueilli
favorablement cet accord, mais certaines factions l'ont récemment
rejeté ou objecté sur certains points qu'il comporte, notamment
l'emplacement de la "zone démilitarisée" et la présence de la police
militaire russe.
Hayat Tahrir al-Cham (HTS), organisation formée par l'ex-branche
syrienne d'Al-Qaïda et principal groupe armé de la région, ne s'est
elle toujours pas prononcé.
Dans une interview diffusée mardi, le ministre syrien des Affaires
étrangères, Walid Mouallem, a dit espérer que cet accord serait un
premier pas vers la "libération" d'Idleb et des zones rebelles
avoisinantes.
M. Mouallem a confié à la chaîne Al-Mayadeen basée à Beyrouth qu'il
était confiant dans la capacité de la Turquie à remplir son rôle dans
l'accord "en raison de sa connaissance des factions" sur le terrain.
(AFP, 3 oct
2018)
Ankara envoie des renforts à Idleb après l'accord
russo-turc
La Turquie consolide mardi ses positions militaires chez son voisin
syrien dans l'ultime grand bastion insurgé d'Idleb, à l'approche d'une
date-butoir fixée pour établir une "zone démilitarisée" dont les
jihadistes doivent être chassés.
C'est à Ankara qu'incombera la lourde tâche de convaincre les insurgés
d'Idleb de respecter la création de la zone démilitarisée, prévue d'ici
le 15 octobre. Le défi est d'autant plus délicat que des centaines de
jihadistes du groupe Etat islamique (EI) viennent d'être transférés
dans cette province du nord-ouest syrien.
Parrain traditionnel des rebelles dans le conflit syrien, la Turquie
s'inquiète du sort réservé à Idleb: la région se trouve directement à
sa frontière et toute instabilité se répercuterait sur son territoire.
Le 17 septembre, Ankara a négocié un accord sur la création d'une "zone
démilitarisée" avec Moscou, l'allié indéfectible du régime de Bachar
al-Assad, éloignant la perspective d'une offensive de Damas sur Idleb.
L'initiative prévoit la mise en place d'une zone-tampon large de 15 à
20 km pour isoler les territoires insurgés des zones gouvernementales
tout autour.
En vertu de l'accord, toutes les armes lourdes des groupes insurgés
devront être retirées de la zone et, surtout, les jihadistes sont
appelés à quitter le secteur, qui sera contrôlé par les forces turques
et la police militaire russe.
Mardi, des renforts de l'armée turque sont arrivés dans la province:
durant la nuit, environ 35 véhicules militaires ont fait le trajet sur
l'autoroute principale depuis la frontière turque jusqu'à une zone
proche de la localité de Saraqeb, a constaté un correspondant de l'AFP.
Le convoi était accompagné par des combattants du Front national de
libération (FNL), coalition rebelle pro-turque.
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les forces
turques ont été déployées dans plusieurs des 12 postes d'observation
tenus par l'armée d'Ankara, installés dans le cadre d'un précédent
accord qui prévoyait d'imposer une "désescalade" à Idleb.
- Jihadistes sceptiques -
L'accord russo-turc vient apporter un répit relatif à Idleb, dans un
pays ravagé depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 360.000 morts.
Face à la menace d'une offensive du régime, agences onusiennes et
organisations internationales avaient mis en garde contre un "bain de
sang" à Idleb, redoutant la "pire catastrophe humanitaire" du XXIe
siècle.
Quelque trois millions de personnes, dont la moitié sont des déplacés
d'autres régions de Syrie, vivent dans la province et les poches
insurgées des régions voisines de Hama, Alep ou Lattaquié, selon l'ONU.
Mais rien n'est encore totalement joué et, pour Ankara, le casse-tête
ne fait que commencer. Il faut maintenant convaincre les jihadistes de
respecter l'accord, en particulier le puissant groupe Hayat Tahrir
al-Cham (HTS), dominé par l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda.
Aux côtés d'autres factions jihadistes, HTS contrôle près de 70% de la
"zone démilitarisée" envisagée, selon l'OSDH.
Si l'organisation n'a pas officiellement réagi à l'initiative
russo-turque, elle s'est montrée sceptique, via son organe de
propagande Ebaa, quant aux intentions de la Turquie. Samedi, le groupe
Houras al-Din, groupuscule lié à Al-Qaïda, a lui rejeté l'accord.
- L'EI entre en scène -
La situation s'est encore compliquée alors que le régime syrien a
transféré plus de 400 combattants de l'EI vers Idleb, selon l'OSDH.
Or, le groupe ultra-radical est un grand rival de Hayat Tahrir al-Cham,
et ses cellules dormantes déjà présentes à Idleb ont mené ces derniers
mois plusieurs assassinats et attentats contre des dirigeants et des
combattants de HTS.
Ces centaines de jihadistes de l'EI sont arrivés lundi à l'aube dans un
secteur d'Idleb tenu par le régime, en attendant d'entrer en territoire
insurgé, d'après l'OSDH.
Ils ont été transférés depuis une zone désertique de la province de
Deir Ezzor (est), près de la frontière irakienne, a précisé
l'Observatoire.
Selon l'OSDH, l'objectif de cet accord négocié par le régime et son
allié iranien est d'accélérer la fin de leur bataille contre l'EI dans
l'est syrien.
Avec l'appui de Moscou et de Téhéran, le pouvoir d'Assad a déjà
reconquis près des deux-tiers du territoire, multipliant les victoires
face aux rebelles et aux jihadistes.
Pour Tore Hamming, spécialiste du jihadisme à l'European University
Institute, l'initiative montre que le régime est à la recherche "d'un
prétexte pour une offensive".
"Il est plus facile de convaincre les acteurs internationaux d'accepter
un assaut si vous pouvez dire qu'il y a un nombre important de
combattants de l'EI" concernés, souligne-t-il. (AFP, 25 sept
2018)
Affaires
religieuses / Religious Affairs
Où sont les comptes des mosquées wallonnes et
bruxelloises?
Les ASBL sont tenues de déposer leurs comptes au greffe du tribunal de
commerce, y compris les mosquées. Mais les ASBL des mosquées wallonnes
et bruxelloises sont très peu nombreuses à s’acquitter de cette
obligation légale, rapportait Sudpresse, vendredi.
Le dossier de la Grande Mosquée, notamment, ne comporte aucun compte.
Sur la vingtaine de mosquées et d’organismes religieux bruxellois, 13
disposent d’un dossier (pas toujours complet), les autres sont aux
abonnés absents. (Belga, 27 oct 2018)
More Money for The President, Islam
and Secret Funds
The parliamentary debate on Turkey's 2019 draft budget bill will
continue next week in the Planning and Budget Commission.
A quick glance on the budget allocation among major ministries and
administrative bodies provides a graphic picture of the priorities of
the "Presidential Government" under construction. The draft budget bill
reflects an administration trapped between financial necessities
imposed by the financial crisis for cutting down government
expenditures vis-a-vis indispensable costs to continue building a new
"presidential" regime across a fault line which cuts the nation into
two diametrically opposed sections for and against a presidential
regime and the president himself.
According to the general introduction in the name of the President on
Monday by the Treasury and Finance Minister Berat Albayrak, Tayyip
Erdoğan's son in law, the total central administrative budget is
proposed to increase by 16 percent from that of TL 762.75 Bn in 2018 to
TL 885.2 Bn in 2019. *
The major losers for the cuts are the Disaster and Emergency Situation
Administration and the Transportation and Substructure Ministry. The
first will undergo a 37 percent cut in 2019 and will have to survive
with a budget of TL 1.5 Bn in a country situated on one of the major
global sismic belts and anticipating an extremely destructive
earthquake in the biggest city Istanbul any moment in a few decades
from today.
The second loser, Transportation and Substructure Ministry will lose
nearly 8 percent of its 2018 budget of TL 31.4 Bn -a practical
indicator that government expenditures for public construction
projects, a major catalyst for Turkey's construction based growth
strategies will be shrinking in 2019.
The lion's share of the increase goes to the Presidential and security
and defense expenditures.
The draft budget bill proposes the Presidential budget rise up to TL
2.82 Bn in 2019 by 233 percent increase from that of TL 845 Mn in 2018.
A further comparison with the 2008 budget of TL 55 Mn reflects an
enormous increase of 5 thousand 25 (5025) percent in Presidential
expenditures in just one decade. Compared with four fold increase in
overall budget in that period the disproportionality in Presidential
budget growth reflects the financial priorities of the "presidential
regime" under construction.
The "secret funds" (örtülü ödenek), an invisible apparatus which is
fully under control of President Erdoğan himself and immune from
auditing and parliamentary control, had also benefited from a 510
percent increase in one decade. The rise from TL 423 Mn in 2008 to TL
1,98 Bn in 2017 in "secret funds" budget was followed by a slight
decrease in 2018. The "secret funds" seem to have disappeared from the
public documents for the 2019 budget. Yet the specialists predict that,
if alloted on the maximum level of 0.5 percent of the central
administrative budget as allowed by law, it is anticipated to rise over
TL 4 Bn for 2019.
Another important "secret" apparatus, direcetly tied to the President,
the National Intelligence Organisation (MİT) too has benefited from a
500 percent increase in a decade rising from TL 423 Mn in 2008 to TL
2,33 Bn in 2018. For 2019 the MIT budget is proposed to remain nearly
on the 2018 level with TL 2.18 Bn.
Department of Religious Affairs is another beneficary preferred for
increased budget allocations. A major instrument in Tayyip Erdoğan's
"utopia" of "raising pious and venomous generations" Department of
Religious Affair is proposed to have TL 10.45 Bn by 34 percent
increase. In one decade the Department of Religious Affairs budget has
benefited from nearly 300 percent increase.
Interior Ministry's 2019 budget, by approximately 18 percent increase,
is proposed to rise up to TL 8.6 Bn, from that of TL 7.53 Bn in 2018.
The increase in the Interior Ministry budget in one decade is more than
600 percent.
The priorities of the "Presidential regime" in public expenditures as
reflected in the 2019 draft budget bill is expected to fuel heated
controversy during the parliamentary debate, and the collapse of the
"Cumhur alliance" which had brought the presidency to Erdoğan may lead
to unexpected debates between the deputies of former allies AKP and
MHP.
The inconsistencies between the amended Constitution which endows the
President with supreme power and the existing Parliamentary Statutes
which is based on the supremacy of the parliament, as well as the
existing rules and procedures pertaining the Planning and Budget
Committee's conduct may also lead to angry confrontations as witnessed
in the opening session of the committee meetings. (BIA, 25 October 2018)
L'avocat
du pasteur américain Brunson saisit la Cour
constitutionnelle
L'avocat du pasteur américain Andrew Brunson, dont la détention puis
l'assignation à résidence en Turquie ont provoqué de vives tensions
avec Washington, a fait appel devant la Cour constitutionnelle pour
demander sa libération, a-t-il annoncé mercredi à l'AFP.
La demande a été présentée mardi après-midi, a déclaré l'avocat Cem
Halavurt.
"La procédure peut durer plusieurs mois", a-t-il dit, et la Cour
constitutionnelle pourrait ainsi s'exprimer après la prochaine audience
du procès de M. Brunson, prévue le 12 octobre à Izmir (ouest).
M. Brunson risque jusqu'à 35 ans de prison pour espionnage et activités
"terroristes", des accusations qu'il rejette en bloc.
Un tribunal turc avait rejeté en août une nouvelle demande de levée de
l'assignation à résidence imposée le 25 juillet au pasteur Brunson, qui
était auparavant en détention depuis octobre 2016.
Sa détention pendant un an et demi puis son placement en résidence
surveillée en Turquie ont provoqué une grave crise diplomatique entre
la Turquie et les Etats-Unis.
Washington a imposé une série de sanctions contre la Turquie -- qui a
répliqué avec des mesures similaires -- en raison de cette affaire.
Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a déclaré espérer le 24
septembre que le pasteur Brunson pourrait être libéré très
prochainement. (AFP, 3 oct
2018)
Le
frère de Gülen condamné à dix ans de prison
Le frère de l'ex-prédicateur Fethullah Gülen accusé d'avoir fomenté la
tentative de coup d'Etat avorté en juillet 2016 en Turquie a été
condamné à plus de dix ans de prison lundi, ont rapporté les médias.
Kutbettin Gülen a été reconnu coupable "d'appartenance à une
organisation terroriste armée" par un tribunal d'Izmir (ouest) qui l'a
condamné à dix ans et six mois de prison, selon l'agence étatique
Anadolu.
Kutbettin Gülen avait été arrêté en octobre 2016 chez un de ses proches
à Izmir.
Les autorités turques accusent l'ex-prédicateur Fethullah Gülen d'avoir
orchestré la tentative de coup d'Etat menée le 15 juillet 2016 par des
militaires factieux pour renverser le président Recep Tayyip Erdogan.
Ancien allié devenu l'ennemi numéro un de M. Erdogan, M. Gülen qui vit
en exil aux Etats-Unis depuis 1999, dément ces accusations. (AFP, 1 oct
2018)
Socio-économique
/ Socio-economic
88 Thousand More People Unemployed in
July
The Turkish Statistical Institute (TurkStat) has announced the
Turkey-wide unemployment rate in July 2018 as 10.8 percent.
According to the figures shared by the Turkstat, in July 2018, the
number of unemployed has increased by 88 thousand people in comparison
with July 2017 and become 3 million 531 thousand people. The
unemployment rate has also increased by 0.1 points when compared to
July 2017 and increased by 0.6 points when compared to June 2018.
While the youth (ages of 15-24) unemployment rate has fallen by 1.2
points and become 19.9 percent in July 2018, the unemployment rate in
the age group of 15-64 has increased by 0.1 points and become 11
percent.
Women's participation in workforce on the increase
In July 2018, the workforce has increased by 596 thousand people in
comparison with the same month last year and become 32 million 796
thousand people. As for the rate of participation in workforce, it has
increased by 0.3 points and been measured as 54 percent.
According to the comparisons made between the same periods, the
participation in workforce among men has increased by 0.3 points and
become 73.8 percent while the participation in workforce among women
has increased by 0.4 points and reached 34.7 percent.
Increase in the rate of employment
The number of people employed in July 2018 has increased by 507
thousand people in comparison with July 2017 and become 29 million 265
thousand people. As for the rate of employment in July 2018, it has
increased by 0.2 points and reached 48.2 percent.
While 19.7 percent of the ones employed in July have started working in
the agricultural sector, 19.5 of them have been employed in the
industrial sector, 6.9 percent in the construction sector and 53.9
percent in the service sector. (BIA, 15 October 2018)
Des lacunes persistantes
dans la lutte contre les violences faites aux
femmes
Mariages forcés, harcèlement, conceptions stéréotypées du rôle de la
femme: des experts du Conseil de l'Europe ont pointé lundi les lacunes
persistantes en Turquie en matière de lutte contre les violences faites
aux femmes, malgré certains progrès.
Dans leur premier rapport sur la mise en oeuvre -- depuis 2014 en
Turquie -- de la Convention d'Istanbul de prévention et de lutte contre
la violence à l'égard des femmes, un groupe d'experts sur le sujet
(Grevio) a salué des "initiatives positives", mais aussi "des lacunes
persistantes dans les lois, les politiques et les mesures destinées à
éradiquer la violence".
Ces experts soulignent notamment leur "vive inquiétude" concernant "des
conceptions restrictives et stéréotypées du rôle des femmes" restant
très répandues dans la société turque, y compris "aux plus hauts
niveaux de la politique et de l'administration".
Par ailleurs, "les mariages précoces et les mariages forcés sont
fréquents", plus de 25% des femmes ayant été mariées avant 18 ans, tout
comme "la violence psychologique, forme la plus répandue de violence
domestique à l'égard des femmes en Turquie", et le harcèlement, qui a
touché au moins une fois 27% des Turques.
Le Grevio s'inquiète également "des faibles taux de signalement de la
violence à l'égard des femmes fondées sur le genre" par crainte de
stigmatisation, de représailles, en raison d'une méconnaissance du
droit ou encore de la dépendance économique de la femme à l'égard de
l'auteur des violences. Ainsi les viols et les cas de violence sexuelle
"ne sont quasiment jamais signalés par les victimes elles-mêmes",
relèvent les experts.
Côté positif, la Turquie a toutefois engagé des réformes pour mettre la
législation pénale turque en conformité avec la convention et fait des
progrès dans la sensibilisation de la population "à l'existence de
mécanismes institutionnels à même de protéger et soutenir les victimes
de violences", pointe notamment le Grevio.
Signée en 2011, la convention du Conseil de l'Europe "sur la prévention
et la lutte contre les violences à l'égard des femmes et la violence
domestique", dite Convention d'Istanbul, a suscité l'ire de milieux
conservateurs y voyant une référence supposée aux théories du genre et
lui reprochant de lier la violence à la religion ou aux traditions, ce
qui a amené des pays, comme la Bulgarie ou la Slovaquie, à refuser de
la ratifier.
Elle a été ratifiée par 33 pays sur les 47 Etats membres du Conseil de
l'Europe. (AFP, 15 oct
2018)
Men
Kill 23 Women in September
According to reports bianet compiled from local and national
newspapers, news sites and agencies, men killed at least 23 women and
two girls; raped four women; forced 24 women to sex work; harassed 22
women; sexually abused 19 girls; inflicted violence on 36 women in
September.
Other than these murders, perpetrator of murder of a woman who is
citizen of Georgia is yet to be found, another woman was found
suspiciously dead in Antalya. It was determined that murderer of
Moldovan Tatiana A. who was killed in İstanbul in February was son of a
friend of hers.
Men killed at least 183 women and 10 children; raped 50 women; harassed
162 women; forced 375 women to sex work; sexually abused 279 girls;
injured 316 women in 2018.
Homicide
Men killed at least 23 women, two girls and four men in September.
22 percent of the women were killed for attempting to break up or
divorce, or rejecting the proposal to recommence the relationship. One
woman was murdered by husband of her daughter who attempted to divorce.
17 percent of the murders were committed despite protection order. Two
of the murdered women had filed complaint numerous times and had
protective order issued.
69.5 percent of the women were killed by their husbands or boyfriends:
10 women were killed by their husband; four by their boyfriend; one by
her ex-husband, one by her father and elder brother, one by the husband
of her daughter who attempted to divorce, two by their renters, two by
male strangers whose car they got in. (BIA
News Desk,
8 October 2018)
Rights Defenders Do Not Celebrate World Animal Day
Several municipalities have been holding a series of different events
on the occasion of the October 4 World Animal Day, several shops have
made discounts in their animal products.
As for the human rights defenders in Turkey, where there are continuing
and systematic animal rights violations and torture of animals as well
as an absence of an animal protection law and impunity, they have not
been celebrating the World Animal Day.
"We do not wish a happy World Animal Day"
The Committee for Monitoring Animal Rights (HAKİM) has stated, "When
animals are being subjected to cruelty in the sectors and places such
as slaughterhouses, shelters, production facilities, experiment
laboratories, phaetons, zoos, dolphin parks, aquariums, circuses,
hunts, animal fights, pet shops, fur and leather production facilities
and animal import and transportation, we will not celebrate the World
Animal Day."
In their banners which read "We Do Not Wish a Happy World Animal Day",
the Animal Rights Confederation (HAYTAP) has said, "As people who have
been cooperating to put an end to torture of animals for 365 days, we
are saying "NO" to all people and institutions that try to fit all this
cruelty into 1 sham day and calling everyone who carries a heart and
conscience to, at least, abide by the existing laws and to have 'MERCY'
for 365 days."
"40 animal rights violations in six months"
The animal news website ajanimo.com has also released a statement on
its website on the occasion of the World Animal Day. The website has
stated, "We wish that we could give you such news as 'October 4 World
Animal Day has been celebrated in our country with enthusiasm'" and
shared the animal rights violations reported in the media for the last
six months. The website has shared 40 cases of animal torture, rape and
killing across Turkey.
In the meanwhile, various events have been held by several district
municipalities to mark the World Animal Day. However, among these
municipalities have also been the ones, where human rights violations
have been frequently encountered. (BIA, Oct 4, 2018)
Number
of Arrested 3rd Airport Workers Becomes 27
-
A petition campaign has been launched with the demand that the 27
workers, who have been arrested after protesting the bad working
conditions and occupational homicides in the construction of the 3rd
Airport in İstanbul, be released from prison.
The campaign has been started by the Construction and Builder's Workers
Union (İYİ-SEN) and Progressive Construction Workers Union
(Dev-Yapı-İş).
A statement for the press was held for the announcement of the petition
campaign at the Confederation of Progressive Trade Unions of Turkey
(DİSK) Head Office in Beşiktaş, İstanbul today (September 28).
In the meeting hall, a banner was hung on the wall, which read,
"Arrested workers and unionists should be released! The demands of the
workers should be accepted." In the meeting, it was also stated that
more than 50 people and institutions have signed the petition so far.
3 more workers have been arrested
The latest information regarding the workers was also shared in the
meeting. It was stated that the workers working in the construction of
the 3rd Airport are gradually being dismissed from their jobs.
In the meeting, Kadir Kurt from the Construction Workers Union
(İnşaat-İş) also made a brief statement. Emphasizing that the three
unions will act together from then on, Kurt also stated that three more
construction workers were arrested last evening (September 27). (BIA, Sept 28,
2018)
Un
syndicat appelle à la libération de 24
ouvriers du nouvel aéroport
d'Istanbul
L'un des principaux syndicats turcs a appelé vendredi à la libération
de 24 ouvriers du chantier du nouvel aéroport d'Istanbul écroués après
avoir manifesté contre leurs conditions de travail.
Un tribunal turc avait ordonné le 18 septembre le placement en
détention provisoire de 24 ouvriers et militants syndicaux interpellés
à la suite de la manifestation qui s'était déroulée sur le site du
chantier le 14 septembre.
Ils faisaient partie de centaines d'ouvriers arrêtés au lendemain de la
manifestation et dont la majeure partie avaient ensuite été remis en
liberté.
"Les ouvriers de l'aéroport ont été détenus pour avoir simplement
défendu leurs droits. Il ne s'agit pas d'une détention, ce sont des
otages", a déclaré à l'AFP Nihat Demir, secrétaire général du syndicat
Dev Yapi-is, en marge d'un rassemblement organisé à Istanbul pour
exiger leur libération.
Il a affirmé que son syndicat avait été empêché d'inspecter le site du
chantier ou d'entrer en contact avec ses membres qui y travaillent.
"Une pression sérieuse est exercée. Les ouvriers vont déjeuner et se
rendent à leur camp sous garde policière", a-t-il ajouté.
Il a affirmé que les services de sécurité interdisent l'accès de
chantier en cas d'accident. "Si un ouvrier tombe et meurt, la police
boucle la zone et empêche qui que ce soit de s'approcher".
Le nouvel aéroport est l'un des projets gigantesques lancés sous la
houlette du président Recep Tayyip Erdogan. Quelque 36.000 ouvrier sont
mobilisées sur le chantier de l'aéroport qui doit ouvrir le 29 octobre.
M. Demir juge toutefois que cette date ne pourrait être respectée "Et
même s'il devait ouvrir à cette date, il serait dangereux", a-t-il
estimé.
Au cours d'une visite organisée pour la presse en avril, le ministre
des Transports avait déclaré que 27 ouvriers avaient perdu la vie sur
ce chantier, dont 13 dans des accidents du travail.
Mais de nombreux ouvriers et syndicats assurent que ces chiffres sont
bien en-deçà de la réalité. (AFP, 28 sept
2018)
External Debt Increases by 4 Billion Dollars in
First Half of 2018
The gross external debt stock of Turkey as of June 30, 2018 has been
announced as 457 billion dollars. The external debt of the country has
increased by almost 4 billion dollars in the first six months of 2018.
The Ministry of Treasury and Finance has announced the gross external
debt stock of Turkey as of June 30, 2018 as 457 billion dollars. The
ratio of debt stock to domestic income has been stated as 51.8 percent.
The debts incurred by the Central Bank of the Republic of Turkey (TCMB)
and the private sector have been included in the gross external debt.
The net external debt stock of Turkey has been announced as 300.4
billion dollars and its ratio to the domestic income has been 34.1
percent.
The net public debt stock of Turkey has been announced as 305.9 billion
Turkish Lira (TRY) and its ratio to the domestic income has been 9
percent.
In the same period, the "EU-defined general government debt stock" has
been 990.4 billion TRY and its ratio to the domestic income has been
announced as 29.2 percent.
The EU-defined general government debt stock is calculated within the
frame of "Maastricht Criteria", which are prerequisite for accession to
the economic and monetary union in the European Union (EU). This debt
amount is a data with international comparability.
The amount of debt in 2017
In the end of 2017, the gross external debt stock of Turkey increased
by 9 billion 40 million dollars in comparison with the same period in
the previous year and became 453 billion 207 million dollars.
Therefore, the gross external debt has increased by approximately 4
billion dollars in the first half of 2018.
The EU-defined general government debt stock has also been increasing;
it was 877 million 943 TRY in 2017. (BIA, Sept 28,
2018)
Moody’s Downgrades Ratings of 9 Banks in Turkey to
B2
International credit rating agency Moody's has downgraded the foreign
currency deposit ratings of nine banks operating in Turkey from B1 to
B2.
While the rating B1 means "speculative," B2 means "very speculative."
The banks whose deposit ratings have been downgraded are as follows:
Akbank, Alternatifbank, ING Bank, QNB Finansbank, Ziraat Bank, Türk
Ekonomi Bank, Garanti Bank, Türkiye Vakıflar Bank and Yapı ve Kredi
Bank.
As the rationale behind the downgrading, Moody's has stated, "The
downgrades are driven solely by the lowering of Turkey's foreign
currency deposit ceiling and do not reflect bank-specific credit
considerations."
Moody's previously lowered Turkey's deposit rating
On September 24, Moody's also lowered Turkey's country ceiling for
long-term foreign currency bank deposits from B1 to B2, stating that
there is a "risk that the government places constraints on deposit
holders' access to their foreign currency deposits."
On June 2, another international credit rating agency Fitch also placed
25 banks in Turkey on Rating Watch Negative (RWN), stating that the
decision in question "reflects risks to their performance, asset
quality, capitalisation and, in most cases, liquidity and funding
profiles."
(BIA,
Sept 27,
2018)
Relations
turco-européennes / Turkey-Europe Relations
Folie: Sanctions à l'encontre de la
Russie, rien contre la Turquie!
Le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini, également chef de
file de la Ligue, parti d'extrême droite, a de nouveau dénoncé mercredi
à Moscou la "folie" des sanctions occidentales prises à l'encontre de
la Russie, critiquant durement l'Union européenne.
"Je viens parce que je suis convaincu que les sanctions sont une folie
économique, sociale et culturelle", a déclaré M. Salvini, également
vice-président du Conseil des ministres du gouvernement italien, lors
d'une rencontre avec la communauté d'affaires russo-italienne.
Ces propos ont déclenché les applaudissements fournis de la salle,
pleine d'entrepreneurs russes et italiens dont certains ont pris le
microphone pour implorer le ministre d'oeuvrer à mettre fin à ces
sanctions.
"Il n'est pas normal que je sois ici avec vous un mercredi après-midi.
La normalité serait que vous soyez dans vos entreprises et que je sois
avec mon homologue russe en train de parler d'anti-terrorisme,
cyber-sécurité, etc.", a déclaré M. Salvini, qui a été accueilli par le
vice-ministre des Affaires étrangères Alexandre Grouchko, mais n'a pas
été reçu par d'autres responsables.
"Nous sommes en train de financer, de tenter de convaincre la Turquie
d'entrer en Europe, un pays qui occupe militairement un pays européen
depuis 44 ans", alors que "nous sanctionnons la Russie" pour avoir
annexé la Crimée en 2014, a-t-il affirmé. "C'est une folie", a-t-il
répété.
Le nord de Chypre est géré par l'autoproclamée République de
Chypre-nord (RTCN) et est occupé par l'armée turque. Quelque 35.000
soldats turcs y sont stationnés.
Lors d'une visite à Moscou mi-juillet, Matteo Salvini avait affirmé
vouloir mettre fin au régime des sanctions "d'ici à la fin de l'année"
et "n'exclure aucune option" pour convaincre les autres pays européens,
à savoir mettre son veto à leur reconduction.
Mercredi, le ministre n'a plus donné de date butoir et a estimé que le
veto était "une carte à ne jouer qu'une fois" et que la priorité était
désormais du côté de la politique italienne, secouée récemment par
l'adoption d'un budget bien en dehors des clous européens pour 2019.
Défendant le budget, M. Salvini a lancé "un appel à Bruxelles, Berlin,
Paris: laissez le gouvernement italien s'occuper des Italiens. On n'en
peut plus, laissez-nous travailler".
Le président du Conseil italien Giuseppe Conte est attendu le 24
octobre à Moscou, où il doit rencontrer le Premier ministre Dmitri
Medvedev et le président Vladimir Poutine. (AFP, 17 oct
2018)
Rencontre des dirigeants
despotiques turc et hongrois
Après sa visite d'Etat délicate en
Allemagne, le président turc Recep Tayyip Erdogan a reçu lundi un
accueil sans réserve, à Budapest, du Premier ministre Viktor Orban, qui
a plaidé pour "une coopération stratégique" de l'UE avec la Turquie.
Le chef de gouvernement hongrois avait été l'un des premiers dirigeants
à féliciter le président turc après sa réélection en juillet, et l'un
des rares responsables européens à assister à la cérémonie
d'investiture de son second mandat à Ankara.
Pourfendeur régulier d'une Europe qu'il juge "non démocratique", Viktor
Orban a plusieurs fois salué "la stabilité" offerte par le régime turc.
"La stabilité de la Turquie est le gage de notre sécurité", a-t-il
répété lundi lors d'une conférence de presse aux cotés de l'homme fort
d'Ankara, faisant notamment référence au rôle des autorités turques
dans la maîtrise de l'immigration vers l'Europe.
Après un séjour à haute tension diplomatique fin septembre en
Allemagne, dans un contexte de brouille entre Berlin et Ankara, M.
Erdogan joue sur du velours en Hongrie où il reste jusqu'à mardi.
"C'est agréable pour lui de visiter un pays de l'UE où on ne lui pas
fera pas de reproche sur la situation des droits de l'homme et de la
démocratie en Turquie", observe pour l'AFP Tamas Szigetvari, professeur
d'économie à l'Université Peter Pazmany de Budapest.
Cette visite lui permet aussi de montrer à ses contempteurs que "non,
l'UE n'a pas complètement tourné le dos à la Turquie", poursuit-il.
Ankara a besoin de l'Union européenne au moment où ses relations avec
Washington se dégradent et son économie, très dépendante des échanges
avec l'Europe, bat de l'aile.
Viktor Orban a exhorté lundi l'Europe à mettre en place "une
coopération stratégique avec la Turquie, à tout prix."
- Les "cousins" de Turquie -
Le président turc et le Premier ministre hongrois, largement réélu en
avril pour un troisième mandat d'affilée, sont souvent présentés comme
les visages d'une nouvelle catégorie de dirigeants démocratiquement
élus mais mus par une tentation autoritaire et agissant contre les
libertés individuelles.
La dérive répressive de la Turquie fait l'objet de nombreuses critiques
internationales. Le gouvernement hongrois est visé depuis mi-septembre
par une procédure inédite du Parlement européen qui lui reproche de
porter atteinte aux valeurs de l'UE en matière de libertés publiques et
de droits des migrants notamment.
Plus étonnant, la bonne relation entre les deux pays passe par un
épisode de l'histoire qui pourrait les diviser: les 150 ans
d'occupation ottomane de la Hongrie (1541-1699).
En 2016, la Hongrie avait commémoré, en présence de représentants
turcs, les 450 ans de la mort de Soliman le Magnifique, sultan ottoman
tombé près de la forteresse de Szigetvar, dans le sud du pays.
Mardi, MM. Erdogan et Orban inaugureront à Budapest le mausolée rénové
de Gül Baba, derviche et poète, arrivé en Hongrie avec les troupes de
Soliman.
Alors que le président turc s'affiche en nostalgique de l'empire
ottoman, le gouvernement de Viktor Orban promeut les thèses dites
touranistes, très contestées par les historiens et les linguistes, qui
voudraient que les peuples de langues turques et finno-ougriennes (dont
le hongrois) partagent une origine commune.
En visite en septembre au Kirghistan, le Premier ministre y a encore
vanté le hongrois "cette langue étrange et unique apparentée aux
langues turques".
Aux yeux de Tamas Szigetvari, cette thèse lui permet avant tout de se
présenter en "cousin lointain" dans des pays d'Asie où la Hongrie
souhaite gagner des marchés.
Le touranisme, explique le professeur Norbert Pap, qui a dirigé les
fouilles archéologiques sur le site où est mort Soliman, est un refuge
idéologique récurrent des Hongrois obsédés par leur identité.
"C'est attractif pour ceux qui ont le sentiment d'une perte de
prestige, d'un échec de l'alignement sur l'Ouest en terme de salaire,
d'intégration", explique-t-il à l'AFP.
La bonne entente turco-hongroise ne fait pas que des heureux: un petit
parti de centre gauche a affirmé que la manifestation qu'il comptait
organiser contre la visite de Recep Tayyip Erdogan avait été interdite
par les autorités hongroises.
Il pourrait s'agir de la première application d'une loi entrée en
vigueur début octobre en Hongrie et qui restreint la liberté de
rassemblement. (AFP, 8 oct
2018)
Le
Parlement européen annule une aide de 70
millions d'euros à la
Turquie
Les députés européens ont voté mardi à une très large majorité
l'annulation d'une aide de 70 millions d'euros à la Turquie pour
sanctionner les violations des droits de l'homme et de la liberté de la
presse dans ce pays, trois jours après une visite du président Erdogan
à Berlin.
La proposition, qui porte sur les fonds dits de "pré-adhésion" de la
Turquie à l'UE, a été approuvée par 544 voix contre 28 et 74 abstention
au cours d'un vote organisé durant la session plénière de l'assemblée à
Strasbourg.
"La Turquie s'éloigne de l'UE, les normes démocratiques se dégradent et
les droits fondamentaux sont violés. Cela signifie que l'UE ne peut pas
accorder de fonds", a expliqué le défenseur de cette proposition,
l'eurodéputé roumain Siegfried Muresan, membre du Parti Populaire
Européen (PPE), la famille politique de la chancelière Angela Merkel.
L'aide avait été placée en réserve en novembre 2017 et l'octroi de ces
fonds avait été conditionné à la réalisation par la Turquie de "progrès
suffisants et mesurables dans les domaines de l'Etat de droit, de la
démocratie, des droits de l'homme et de la liberté de la presse".
La Commission européenne a jugé qu'aucune amélioration n'a été
constatée, ce qui a motivé la décision des élu européens.
Lors de sa visite à Berlin, le président turc n'a montré aucune volonté
de clémence pour les nombreux journalistes emprisonnés et a même
réclamé l'extradition du journaliste Can Dündar, exilé en Allemagne.
L'aide européenne accordée pour favoriser une adhésion de la Turquie à
l'UE a en outre été réduite de 40% pour la période 2018-2020. Ankara
devrait tout de même recevoir 1,18 milliard d'euros de la part de l'UE
pour s'adapter aux standards européens.
L'UE a en revanche maintenu les aides pour les réfugiés syriens,
indépendantes des fonds pour l'adhésion. Ankara a reçu depuis 2016
quelque 3 milliards d'euros pour les 3,5 millions de Syriens réfugiés
en Turquie.
Les relations entre l'UE et la Turquie se sont considérablement
détériorées depuis la tentative manquée de putsch de juillet 2016 et
les purges massives touchant opposants et journalistes qui ont suivi.
Les négociations d'adhésion engagées avec Ankara depuis 2005 sont "au
point mort", ont constaté les ministres des Affaires étrangères de
l'UE, lors d'une réunion à Luxembourg fin juin. (AFP, 2 oct
2018)
Erdogan
conclut sa visite en Allemagne par
l'inauguration d'une mosquée
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a achevé samedi sa visite d'Etat
en Allemagne par l'inauguration d'une grande mosquée à Cologne, marquée
par des manifestations sous haute protection policière.
Le chef de l'Etat, doté de pouvoirs accrus depuis le début de son
nouveau mandat en juillet, a inauguré samedi après-midi avec son épouse
ce lieu de culte, un des plus vastes d'Europe, financé par l'Union des
affaires turco-islamiques (Ditib), étroitement liée au pouvoir turc.
Il s'agissait de l'ultime étape du déplacement en Allemagne de M.
Erdogan, qui s'efforce de tourner la page de deux années de tensions
avec Berlin. Une visite dont il a salué le bilan "très fructueux",
après les "tensions récentes", dans un discours à la mosquée de Cologne.
Vendredi, il s'est entretenu avec Angela Merkel, avant d'être l'invité
d'un banquet boudé par une partie de la classe politique allemande,
dont la chancelière. Les deux dirigeants se sont toutefois retrouvés
samedi matin pour un petit-déjeuner, avant que M. Erdogan ne gagne
Cologne.
Dans cette ville, il a une nouvelle fois appelé l'Europe à lutter
contre les "terroristes" du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK,
séparatistes kurdes) et les partisans de l'opposant Fethullah Gülen,
qui ne devraient selon lui "trouver aucun abri" sur ce continent.
Il a aussi apporté une nouvelle fois un soutien appuyé au footballeur
allemand d'origine turque Mesut Özil, "mis à l'écart" en raison de ses
origines. Le joueur a claqué la porte de la "Mannschaft", accusant de
"racisme" une partie de la fédération. Il avait été au coeur d'une
polémique en posant, en pleine campagne présidentielle turque, avec M.
Erdogan.
Environ 2.000 opposants au président turc, dont de nombreux Kurdes, ont
manifesté à Cologne sous le mot d'ordre "Erdogan n'est pas le
bienvenu". "Erdogan pense que tout ce qui diffère de son opinion est du
terrorisme. Je suis ici pour montrer ma solidarité" avec les
opposants", a dit Cansu, un étudiant de 30 ans qui s'est spécialement
déplacé de Suisse.
- Accès restreint-
Des centaines de partisans du chef de l'Etat, agitant des drapeaux
turcs, se sont aussi mobilisés.
"Les autres pays ne le soutiennent pas forcément, mais ce qu'il a fait
pour son peuple est apprécié, sinon il n'aurait pas été
démocratiquement réélu", a expliqué Yusuf Simsek, un informaticien turc
de 42 ans, "déçu que nous n'ayons pas été autorisés à nous approcher de
la mosquée".
Les autorités de Cologne ont en effet restreint pour des raisons de
sécurité l'accès à la grande mosquée, un édifice susceptible
d'accueillir des milliers de fidèles.
Le chantier avait débuté en 2009 et, malgré de nombreuses oppositions
et controverses locales, de premiers fidèles ont pu aller y prier dès
2017, avant l'inauguration officielle samedi.
Avec ses minarets de 55 mètres de haut et une grande coupole de 36
mètres, cet édifice de béton et de verre, censé incarner l'ouverture,
selon son architecte Paul Böhm, est une des plus imposantes mosquées
d'Europe. Située dans le quartier d'Ehrenfeld, non loin de la tour de
télévision de Cologne, sa superficie atteint 4.500 m2.
Comme le banquet vendredi soir à Berlin, l'inauguration a été boudée
par une partie des dirigeants politiques du Land (Etat régional). Ils
reprochent à Ditib l'opacité qui a entouré le déroulement du chantier
et le fonctionnement de la mosquée.
- Visite prématurée -
Des élus accusent aussi cette institution religieuse de défendre les
intérêts du régime de M. Erdogan car elle gère 900 lieux de culte en
Allemagne avec des imams en provenance de Turquie. Ses détracteurs
affirment même qu'elle espionne les opposants au président turc.
Avec cette visite d'Etat, la Turquie, minée par une crise économique
aigüe et en froid avec les Etats-Unis de Donald Trump, tente un
rapprochement avec l'Allemagne, où vivent trois millions de personnes
de nationalité ou d'origine turque.
Le gouvernement allemand, dont M. Erdogan dénonçait en 2017 les
supposées "pratiques nazies", se montre ouvert à ce réchauffement,
malgré les "différences profondes" qui subsistent, pour reprendre les
termes utilisés par Mme Merkel.
Cette approche ne convainc pas une partie de la formation politique de
la chancelière. Cette visite d'Etat est intervenue "beaucoup trop tôt",
les "malentendus mutuels" persistent, a ainsi estimé samedi le
président CDU de la commission des Affaires étrangères du Bundestag (la
chambre basse du parlement), Norbert Röttgen. (AFP, 29 sept
2018)
Merkel et Erdogan affichent une timide détente
malgré de "profondes
différences"
Angela Merkel et Recep Tayyip Erdogan ont affiché vendredi un timide
rapprochement entre leurs deux pays même si de "profondes différences"
demeurent sur les droits de l'homme et la liberté de la presse en
Turquie.
La seule annonce concrète à l'issue de la rencontre porte sur
l'éventuelle organisation en octobre d'un sommet inédit sur la Syrie,
axé sur le sort du dernier bastion rebelle d'Idleb et réunissant
Russie, Turquie, Allemagne et France.
Un dossier sur lequel Moscou a la main, tandis que Paris et Berlin
n'ont guère eu d'influence jusqu'ici.
La Turquie et l'Allemagne, où M. Erdogan effectue une visite d'État
jusqu'à samedi, sortent de deux années de brouille : depuis le putsch
manqué de 2016, Ankara reproche à Berlin la timidité de son soutien.
Les autorités allemandes critiquent quant à elles la dérive répressive
de la Turquie ou encore l'espionnage d'opposants turcs en territoire
allemand.
- Questions esquivées -
Il y a encore de "profondes différences", a reconnu Mme Merkel à
l'issue de cette rencontre, évoquant la liberté de la presse et le
respect des droits de l'homme en Turquie.
Mais à l'heure du dégel entre les deux pays, la chancelière a aussi mis
l'accent sur les intérêts communs avec Ankara.
"Nous avons beaucoup de choses qui nous unissent", a-t-elle martelé.
L'Allemagne compte trois millions d'habitants de nationalité ou
d'origine turque.
Et avec 7.500 entreprises allemandes travaillant en Turquie, Berlin a
besoin d'une "économie turque stable", a expliqué Mme Merkel, à un
moment où ce pays est frappé par une crise aiguë.
M. Erdogan s'est lui réjoui que cette visite permette de repartir sur
de nouvelles bases : "nous sommes parvenus à un consensus pour relancer
les mécanismes de coopération".
Tous deux membres de l'Otan, Allemagne et Turquie ont par ailleurs des
intérêts communs à lutter contre le terrorisme et à éviter tout nouvel
afflux de migrants en provenance de Syrie, a souligné Mme Merkel. Les
deux pays accueillent à eux deux plusieurs millions de réfugiés syriens.
- "Démocratie gravement menacée" -
M. Erdogan, doté de pouvoirs accrus depuis le début de son nouveau
mandat en juillet, s'était dans la matinée entretenu avec le président
allemand Frank-Walter Steinmeier dans sa résidence du Château de
Bellevue, où il a reçu les honneurs militaires.
M. Steinmeier a abordé la question des prisonniers "politiques" détenus
en Turquie, dont cinq Allemands toujours retenus dans les geôles
turques.
Quelques milliers de manifestants, mais loin des 10.000 espérés, ont
protesté sans incident dans l'après-midi à Berlin à l'appel de groupes
turcs et kurdes. Sur une banderole, M. Erdogan est représenté en train
de tuer un journaliste avec une kalachnikov, sur une autre avalant une
colombe. "C'est un scandale que le tapis rouge soit déroulé à Erdogan",
a dit à l'AFP Nujiyan Gunay, la quarantaine.
Une autre manifestation est prévue pour samedi à Cologne où le
président turc doit inaugurer une mosquée.
Au cours de la conférence de presse, un homme arborant un tee-shirt
"Liberté pour les journalistes", a été évacué sans ménagement.
Et M. Erdogan a confirmé vouloir l'extradition du journaliste et
critique du pouvoir turc Can Dündar, qui s'est exilé en Allemagne,
l'accusant d'être un "agent" ayant divulgué des "secrets d'Etat". Il a
été condamné à cinq ans de prison dans son pays.
Lors d'un dîner donné en son honneur à la présidence, boudé par
plusieurs responsables politiques dont la chancelière, M. Erdogan s'est
emporté à ce propos contre l'Allemagne.
"Quand des journalistes sont impliqués dans des actes terroristes et
qu'un tribunal turc les a condamnés, comment peut-on encore les
défendre?", a-t-il lâché.
"Je ne suis pas un agent, je suis un journaliste", a déclaré Can Dündar
vendredi soir au cours d'une conférence de presse, se disant poursuivi
par la justice turque uniquement "pour avoir écrit un article de
presse".
Mme Merkel a une nouvelle fois refusé de considérer, malgré le souhait
d'Ankara, les partisans du prédicateur Fethullah Gülen comme faisant
partie d'une "organisation terroriste", ceux-ci étant accusés d'avoir
fomenté le coup d'Etat avorté de 2016. Fethullah Gülen rejette de
telles accusations."Nous prenons les informations de la Turquie au
sérieux (...) mais ça ne suffit pas", a-t-elle dit.
En Allemagne, à gauche comme à droite, les appels à ce qu'Angela
Merkel, affaiblie par une année de crises gouvernementales et par les
tensions dans sa majorité sur la politique migratoire, s'étaient
multipliés pour qu'elle reste ferme. (AFP, 29 sept
2018)
Adhésion à l'UE: Bruxelles réduit drastiquement
son aide à la Turquie
Bruxelles a drastiquement réduit son aide à la Turquie destinée à une
potentielle adhésion à l'UE, en raison du manque de progrès faits par
Ankara pour remplir les critères demandés, a indiqué jeudi un
porte-parole de la Commission européenne à l'AFP.
Entre 2018 et 2020, l'exécutif européen a réduit de près de 40% son
aide à la Turquie, qui recevra au total 759 millions d'euros de moins
que ce qui était prévu initialement, a précisé le porte-parole,
confirmant un article du groupe allemand de médias Funke.
Outre le peu de progrès réalisés pour remplir les critères d'adhésion,
l'exécutif européen a invoqué comme autre raison à la réduction des
coûts le faible nombre de projets lancés par Ankara dans lequel l'UE
souhaiterait investir, comme ceux notamment destinés à améliorer l'Etat
de droit et la démocratie.
Pendant ces trois ans, la Turquie recevra quand même 1,18 milliard
d'euros de la part de l'UE pour l'aider à s'adapter aux standards
européens.
Dans le cadre du budget européen pluriannuel de 2014 à 2020, étaient
prévus 4,45 milliards d'euros d'aide à la Turquie pour préparer son
éventuelle adhésion à l'UE. Mais jusqu'ici n'ont été versés que
quelques centaines de millions d'euros.
Les relations entre l'UE et la Turquie se sont considérablement
détériorées depuis la tentative manquée de putsch de juillet 2016 et
les purges massives touchant opposants et journalistes qui ont suivi.
Les négociations d'adhésion de ce pays à l'Union sont d'ailleurs "au
point mort", avaient constaté les 28 ministres de l'UE, lors d'une
réunion à Luxembourg fin juin dernier.
En raison de son expérience passée avec la Turquie, la Commission
européenne veut profondément modifier sa politique d'aide à une
potentielle adhésion à l'UE, lors du prochain budget pluriannuel de
l'UE qui court de 2021 à 2027.
Selon la nouvelle stratégie, il n'y aura plus de promesses faites
concrètement aux cinq candidats à l'UE, la Turquie, l'Albanie, la
Macédoine, le Monténégro et la Serbie. Pour ces cinq pays, il y aura
une enveloppe commune de 14,5 milliards d'euros et l'argent sera
réparti selon les progrès réalisés par chacun.
Indépendamment des aides d'adhésion à l'UE, Ankara a reçu depuis 2016
quelque 3 milliards d'euros de la part des Européens pour l'accueil de
3,5 millions de réfugiés syriens en Turquie. (AFP, 27 sept
2018)
Turquie-USA-OTAN
/
Turkey-USA-NATO
Washington envisage de lever
certaines sanctions imposées à Ankara
Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a suggéré mercredi que
Washington pourrait lever certaines sanctions imposées à la Turquie
après la récente libération par la justice turque du pasteur américain
Andrew Brunson.
"Certaines sanctions (...) étaient directement liées au pasteur
Brunson, il y a donc une logique à également les lever. Cela reste à
décider", a-t-il déclaré devant des journalistes.
Mike Pompeo s'exprimait au cours d'une escale de son avion à Bruxelles,
au retour d'une visite à Ankara pendant laquelle il s'est entretenu
avec le président turc Recep Tayyip Erdogan.
Andrew Brunson, 50 ans, était à la tête d'une petite église protestante
d'Izmir en Turquie, lorsqu'il a été accusé en 2016 par le régime
d'Ankara de soutenir des "organisations terroristes", puis a été
emprisonné.
Vendredi dernier, un tribunal turc l'a condamné à trois ans et un mois
de prison mais il a été immédiatement remis en liberté, la justice
faisant notamment valoir qu'il avait déjà passé un an et demi en prison
et plus de deux mois en résidence surveillée.
En guise de représailles aux accusations portées contre le pasteur,
Washington a imposé des sanctions aux ministres turcs de la Justice et
de l'Intérieur et a doublé les droits de douane sur l'acier et
l'aluminium de provenance turque. Ankara avait répliqué par des mesures
similaires.
A Ankara, après la visite de Mike Pompeo en grande partie consacrée à
l'affaire du journaliste saoudien disparu Jamal Khashoggi, le ministre
turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu a qualifié les sanctions
de "non-sens".
"Dès lors qu'il y a des sanctions, les relations ne peuvent aller nulle
part", a-t-il dit devant les journalistes.
La crise diplomatique alimentée par cette affaire entre ces deux alliés
au sein de l'Otan avait provoqué un effondrement en août de la livre
turque et mis en lumière les fragilités de l'économie turque.
La livre s'est toutefois redressée ces derniers jours. Elle s'est
encore consolidée après les déclarations de M. Pompeo, remontant de
près de 2% face au billet vert mercredi par rapport à mardi soir. Vers
15H50 GMT, un dollar s'échangeait contre 5,57 livres turques.
Le pasteur a été condamné pour soutien à des "organisations
terroristes" - les séparatistes du Parti des travailleurs du Kurdistan
(PKK) et le réseau du prédicateur Fethullah Gülen, accusé par Ankara
d'avoir orchestré le putsch manqué de 2016. (AFP, 17 oct
2018)
Trump
reçoit le pasteur libéré et
salue Erdogan
Donald Trump a reçu samedi à la Maison
Blanche le pasteur américain Andrew Brunson au lendemain de sa
libération par la Turquie, saluant un "pas énorme" pour améliorer les
relations "très tendues" avec Ankara après une grave crise diplomatique.
Dans le Bureau ovale, aux côtés de l'ex-détenu au coeur d'un bras de
fer sans précédent entre les deux pays alliés, le président des
Etats-Unis a remercié de manière appuyée son homologue turc Recep
Tayyip Erdogan "pour avoir rendu cela possible".
"Ce n'était pas facile pour lui", a-t-il estimé.
S'il a réaffirmé qu'il n'y avait eu aucun "accord" avec les autorités
turques pour obtenir cette libération, Donald Trump a promis d'étudier
l'avenir des sanctions imposées durant l'été pour faire pression sur
elles. "Le seul accord" est "psychologique: nous sommes disposés très
différemment aujourd'hui (...) à l'égard de la Turquie", a-t-il lâché
sans plus de précisions.
Un peu plus tôt, il avait estimé sur Twitter que cela allait même
"conduire à des relations bonnes, voire excellentes", s'attirant une
réponse relativement froide du président turc qui s'est borné à appeler
de ses voeux une bonne "coopération" après avoir mis en avant
l'indépendance de la justice de son pays.
Arrivé à Washington samedi au terme d'une longue détention et après une
brève escale en Allemagne, le pasteur Brunson a vivement remercié le
président Trump, son administration et de nombreux parlementaires
américains qui se sont mobilisés en sa faveur.
- Prière pour Trump -
Genou à terre et la main sur l'épaule du président, il a tenu à dire
une prière pour Donald Trump, qui avait fait de sa libération une
priorité et peut donc savourer une victoire qui devrait satisfaire la
partie évangélique de son électorat, à moins d'un mois d'élections
législatives délicates pour son camp républicain. "J'en ai besoin plus
que quiconque", a souri le milliardaire.
Le tribunal turc d'Aliaga, dans la région d'Izmir, a condamné vendredi
le pasteur à trois ans et un mois de prison pour soutien à des
"organisations terroristes" -- les séparatistes du Parti des
travailleurs du Kurdistan (PKK) et le réseau du prédicateur Fethullah
Gülen, accusé par Ankara d'avoir orchestré le putsch manqué de 2016.
Des accusations rejetées en bloc par cet homme de 50 ans, qui dirigeait
une petite église protestante d'Izmir.
Malgré cette condamnation, la justice turque l'a remis en liberté
immédiatement en soulignant notamment qu'il avait déjà passé un an et
demi en prison et plus de deux mois en résidence surveillée.
La crise diplomatique alimentée par cette affaire entre ces deux pays
alliés au sein de l'Otan a provoqué un effondrement en août de la livre
turque et mis en lumière les fragilités de l'économie turque, lorsque
Washington a haussé le ton et imposé des sanctions.
Après cette escalade, les deux camps avaient semblé jouer l'apaisement,
donnant l'impression qu'une sortie de crise était négociée en coulisses.
Ce dénouement devrait permettre de retrouver un peu de sérénité au
moment où les deux gouvernements ont besoin de coopérer pour faire la
lumière sur la disparition à Istanbul du journaliste saoudien Jamal
Khashoggi, mais surtout au sujet du conflit syrien qui envenime
également leurs relations depuis plusieurs mois.
- Nombreux contentieux -
Selon un diplomate occidental, alors que les Turcs sont dans une
situation délicate face au risque d'une bataille d'envergure à Idleb,
dans le nord-ouest de la Syrie frontalier de la Turquie, les Américains
rechignaient à afficher leur soutien diplomatique en attendant la
libération du pasteur, de peur de relâcher la pression.
Pour autant, les contentieux ne sont pas tous dissipés.
Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a appelé Ankara à
"libérer rapidement" les autres Américains toujours détenus en Turquie
ainsi que des employés locaux de la diplomatie américaine.
Le sort du prédicateur Gülen, installé aux Etats-Unis et dont Ankara
réclame jusqu'ici en vain l'extradition, est un autre dossier qui mine
les relations.
Tout comme celui de la banque publique turque Halkbank, qui risque une
amende colossale aux Etats-Unis et dont l'ex-directeur général adjoint
Mehmet Hakan Atilla a été condamné en mai à 32 mois de prison par la
justice américaine pour contournement des sanctions américaines contre
l'Iran.
La Turquie s'expose enfin à des mesures punitives américaines si elle
mène à leur terme deux projets controversés: la poursuite
d'importations de pétrole iranien après l'application de nouvelles
sanctions des Etats-Unis en novembre et l'acquisition de systèmes de
défense antiaérienne S-400 russes. (AFP, 13
oct
2018)
USA:
tentative d'intrusion chez l'opposant
turc Fethullah Gülen
Un homme a essayé de pénétrer mercredi matin dans le complexe de
l'opposant turc Fethullah Gülen en Pennsylvanie, sans succès, a affirmé
mercredi l'organisation qui supervise ses activités aux Etats-Unis, en
évoquant la possibilité d'une action du gouvernement turc.
Selon un communiqué de l'organisation Alliance for Shared Values (ASV),
un "homme inconnu, apparemment armé, a tenté de pénétrer dans le
complexe de Saylorsburg, en Pennsylvanie, où réside de longue date
Fethullah Gülen".
Un garde du complexe a tiré "un tir d'avertissement", et l'individu
s'est enfui, sans que personne ne soit blessé, selon le communiqué.
La police est à la recherche de l'intrus, a assuré l'organisation.
Contactée, la police d'Etat de Pennsylvanie, dont des médias locaux ont
indiqué qu'elle s'était rendue sur les lieux, n'a pas immédiatement
confirmé l'incident.
L'organisation ASV, sans accuser directement le gouvernement de Recep
Tayyip Erdogan, souligne que cet incident survient après que le
porte-parole de la présidence turque a annoncé récemment des
"opérations à l'étranger" contre les soutiens de Fethullah Gülen,
accusé d'être à l'origine du coup d'Etat manqué contre le président
turc en juillet 2016.
Alors qu'Ankara ne cesse de réclamer l'extradition de l'ex-prédicateur,
l'Alliance for Shared Values a appelé "les autorités américaines à
continuer de tenir la Turquie pour responsable de ses actions et de ses
menaces contre les personnes innocentes, aux Etats-Unis comme à
l'étranger". (AFP, 3 oct
2018)
Vers des patrouilles turco-américaines dans la région
syrienne de Manbij
Des soldats américains et turcs ont commencé des entraînements
conjoints dans la perspective de patrouiller ensemble dans la région de
la ville syrienne de Manbij, a annoncé mardi un porte-parole du
Pentagone.
Cette initiative se déroule dans un contexte de relations s'étant
récemment brouillées entre Washington et Ankara, autour de divers
points de crispation, notamment la volonté turque d'acheter un système
de défense antiaérien russe.
Les jihadistes du groupe Etat islamique ont été délogés de Manbij,
ville stratégique du nord de la Syrie, grâce à des opérations associant
des milices kurdes, menées avec le soutien militaire des Etats-Unis.
Depuis, la Turquie s'oppose à la présence près de sa frontière
méridionale de ces combattants des Unités de protection du peuple
(YPG), qu'elle considère comme une extension en Syrie du Parti des
travailleurs du Kurdistan (PKK), classé "terroriste" par Ankara.
Selon un accord destiné à réduire les tensions, la Turquie a commencé
des patrouilles en juin autour de Manbij, les Etats-Unis effectuant
leurs propres patrouilles de leur côté.
Désormais les militaires des deux pays s'exercent ensemble en vue de
patrouilles conjointes, a expliqué le colonel Sean Ryan.
Ce porte-parole du Pentagone n'a pas précisé quand les patrouilles
conjointes débuteraient. (AFP, 2 oct
2018)
Erdogan
espère relancer la relation avec Washington
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a émis lundi l'espoir que les
relations avec les Etats-Unis puissent être relancées en dépit de
tensions entre les deux pays au sujet d'un pasteur américain jugé en
Turquie.
"Grâce à Dieu, nous espérons résoudre les problèmes avec les Etats-Unis
le plus rapidement possible et développer de nouveau nos relations dans
les domaines politique et économique", a déclaré M. Erdogan lors d'un
discours au Parlement.
La détention, pendant un an et demi, puis le placement en résidence
surveillée en Turquie du pasteur Andrew Brunson, ont provoqué une grave
crise diplomatique entre la Turquie et les Etats-Unis, pays alliés mais
dont les relations sont déjà brouillées par plusieurs dossiers,
notamment autour du conflit syrien.
Washington a imposé cet été une série de sanctions contre la Turquie
--qui a répliqué avec des mesures similaires-- du fait de cette
affaire, et a menacé cet été de nouvelles mesures punitives. Ces
sanctions ont provoqué l'effondrement de la livre turque en août.
Le pasteur risque jusqu'à 35 ans de prison pour espionnage et activités
"terroristes", des accusations qu'il rejette en bloc. La prochaine
audience de son procès aura lieu le 12 octobre.
"Nous sommes déterminés à lutter, dans les limites de la diplomatie et
de la loi, contre cette approche tordue consistant à imposer des
sanctions contre notre pays en prétextant du cas d'un pasteur jugé pour
ses liens troubles avec des groupes terroristes", a ajouté M. Erdogan.
Il a accusé Washington d"emprunter le mauvais chemin en essayant de
résoudre des problèmes politiques et juridiques à travers les menaces
et les sanctions au lieu du dialogue".
Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a dit espérer le 24
septembre que le pasteur Brunson puisse être libéré très prochainement.
(AFP,
1
oct
2018)
Pasteur américain en Turquie:
Pompeo espère une libération prochaine
Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a dit lundi espérer que
le pasteur américain Andrew Brunson, assigné à résidence en Turquie et
au coeur d'un crise diplomatique entre Washington et Ankara, puisse
être libéré très prochainement.
Interrogé en marge de l'Assemblée générale annuelle de l'ONU à New York
sur les rumeurs faisant état d'une possible libération ce mois-ci, M.
Pompeo a répondu: "Il pourrait être libéré ce mois-ci, il aurait dû
être libéré le mois dernier et il devrait être libéré aujourd'hui en
fait".
"Nous avons parlé aux Turcs, ils connaissent nos attentes" et d'autres
échanges devraient avoir lieu cette semaine à New York, a ajouté le
secrétaire d'Etat américain.
"Le pasteur Brunson et les autres Américains détenus en Turquie doivent
tous être libérés par la Turquie, immédiatement", a-t-il insisté.
La détention, pendant un an et demi, puis le placement en résidence
surveillée en Turquie d'Andrew Brunson, ont provoqué une grave crise
diplomatique entre la Turquie et les Etats-Unis, pays alliés mais dont
les relations sont déjà brouillées par plusieurs dossiers, notamment
autour du conflit syrien.
Washington a imposé cet été une série de sanctions contre la Turquie
--qui a répliqué avec des mesures similaires-- du fait de cette
affaire, et a menacé cet été de nouvelles mesures punitives. Ces
sanctions ont provoqué l'effondrement de la livre turque en août.
Le pasteur risque jusqu'à 35 ans de prison pour espionnage et activités
"terroristes", des accusations qu'il rejette en bloc. (AFP, 24 sept
2018)
Relations
régionales / Regional Relations
Le sommet de quatre appelle à préserver la trêve
d'Idleb
Les dirigeants de Turquie, Russie, France et d'Allemagne ont appelé
vendredi lors d'un sommet sur la Syrie à Istanbul à préserver le
cessez-le-feu en vigueur dans la province rebelle d'Idleb et à une
"solution politique" du conflit qui ravage le pays depuis 2011.
Le sommet "a insisté sur l'importance d'un cessez-le-feu durable (à
Idleb) tout en soulignant la nécessité de poursuivre la lutte contre le
terrorisme", selon la déclaration finale lue à l'issue de la réunion
par le président turc Recep Tayyip Erdogan.
La réunion a salué "les progrès" accomplis à Idleb (nord-ouest de la
Syrie) en ce qui concerne la mise en place d'une zone démilitarisée et
le retrait des groupes radicaux de cette zone, aux termes d'un accord
turco-russe conclu en septembre.
M. Erdogan, les présidents russe Vladimir Poutine, français Emmanuel
Macron et la chancelière allemande Angela Merkel ont en outre dit leur
détermination "à travailler ensemble pour créer les conditions propices
à la paix et à la sécurité en Syrie" et à "soutenir une solution
politique et renforcer le consensus international à cet égard".
En cas d'élections, il appartient aux Syriens "de l'intérieur et de
l'extérieur" de décider du sort d'Assad, a affirmé M. Erdogan.
"Nous devons avancer dans le processus politique qui doit conduire à
des élections libres, ouvertes à tous les Syriens, y compris ceux de la
diaspora", a renchéri Mme Merkel.
Les quatre dirigeants ont aussi appelé à "l'établissement et à (une
première) réunion à Genève avant la fin de l'année du Comité
constitutionnel" censé élaborer une nouvelle loi fondamentale sous les
auspices de l'ONU, "si les conditions le permettent".
Ils ont aussi souligné l'importance d'"assurer l'accès rapide, sûr et
sans restrictions des organisations humanitaires à travers la Syrie".
- "Pression très claire" -
Le sommet, inédit dans ce format, a en outre appelé à créer les
"conditions" permettant un retour "sûr et volontaire" des réfugiés et
déplacés syriens.
Le conflit en Syrie a fait plus de 360.000 morts et des millions de
déplacés depuis 2011.
Cette rencontre est survenue alors que la situation dans la province
rebelle d'Idleb reste explosive : des frappes du régime y ont fait sept
morts vendredi, le bilan le plus élevé depuis l'entrée en vigueur
mi-septembre d'un accord russo-turc ayant imposé un relatif silence aux
armes.
Dans des déclarations à l'issue du sommet, M. Macron a appelé la Russie
à "exercer un pression très claire sur le régime syrien" pour garantir
un "cessez-le-feu stable et durable à Idleb".
"Nous comptons sur la Russie pour exercer une pression très claire sur
le régime, qui lui doit sa survie", a-t-il déclaré.
M. Poutine a toutefois affirmé que Moscou se réservait "le droit
d'aider le gouvernement syrien à éliminer toute menace terroriste à
Idleb en cas d'attaques menées par les radicaux".
L'accord conclu entre Moscou, allié du régime, et Ankara, parrain des
rebelles, prévoyait notamment la mise en place d'une "zone
démilitarisée" de 15 à 20 kilomètres de large pour séparer les
territoires insurgés d'Idleb des régions gouvernementales.
MM. Erdogan et Poutine avaient conclu cette entente in extremis alors
que le régime était sur le point de lancer une offensive de grande
ampleur sur cet ultime grand bastion de l'opposition, au risque d'une
catastrophe humanitaire.
- "Coordination accrue" -
La formation d'un Comité constitutionnel auquel le sommet d'Istanbul a
apporté son soutien s'annonce comme l'un des principaux défis en raison
du blocage du régime qui refuse que l'ONU désigne un tiers des 150
membres de cet organisme.
L'émissaire des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, qui a
déploré vendredi la paralysie de son plan, était lui aussi présent au
sommet d'Istanbul.
La Turquie et la Russie forment avec l'Iran un trio incontournable sur
le terrain, où ces trois pays aux intérêts propres ont investi
d'importantes ressources militaires.
La France et l'Allemagne font partie avec cinq autres pays, dont
les Etats-Unis, du "small group" sur la Syrie qui travaille notamment à
trouver une solution politique. Leurs efforts ont cependant été
éclipsés par le processus dit d'Astana mené par Ankara, Moscou et
Téhéran.
Le sommet d'Istanbul a souligné "l'importance d'une coordination accrue
entre les différentes initiatives internationale visant à parvenir à
une solution crédible et viable du conflit syrien".
Deux acteurs importants du conflit en Syrie, l'Iran et les Etats-Unis,
qui sont à couteaux tirés, étaient absents samedi. M. Macron s'est
toutefois entretenu jeudi avec le président Donald Trump pour accorder
leurs positions.
Face à l'influence que Moscou obtient grâce à ses victoires militaires
au bénéfice du régime, le ministre américain de la Défense, Jim Mattis,
a affirmé samedi que la Russie ne pourrait "pas remplacer les
Etats-Unis" au Proche-Orient. (AFP, 27 oct
2018)
Près
de 70 combattants d'une coalition tués par l'EI
Au moins 68 membres des Forces démocratiques syriennes (FDS), une
alliance de combattants kurdes et arabes soutenue par Washington, ont
été tués lors d'une contre-attaque du groupe Etat islamique (EI) dans
l'est de la Syrie, a indiqué samedi une ONG.
Les jihadistes ont mené des attaques meurtrières "entre vendredi soir
et samedi à l'aube" dans leur dernier réduit dans la province de Deir
Ezzor, près de la frontière irakienne, a indiqué à l'AFP le directeur
de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel
Rahmane.
Il avait donné plus tôt dans la journée un bilan de 41 morts.
"Le bilan s'est alourdi en raison de la découverte de nouvelles
victimes sur le front et l'existence d'une centaine de blessés" dont
certains sont dans un état grave, a ajouté M. Abdel Rahmane, qui a
également fait état de la mort de 24 jihadistes dans les combats.
Ceintures explosives et attentats à la voiture piégée ont permis à l'EI
de reprendre des secteurs récemment reconquis par les FDS, notamment
les localités de Soussa et de Baghouz, dont des pans entiers sont
retombées samedi dans l'escarcelle de l'organisation jihadiste.
L'EI a revendiqué ces attaques sur ses chaînes de propagande sur la
messagerie en ligne Telegram, indiquant que "les soldats du califat ont
lancé ce matin (vendredi) une offensive d'envergure contre des
positions des apostats" dans la localité de "Soussa et ses environs".
Le porte-parole de la coalition antijihadiste menée par Washington en
Syrie et en Irak, a estimé qu'une "tempête de sable a facilité cette
contre-attaque".
"Mais maintenant que le ciel s'est dégagé, la coalition poursuivra son
soutien aérien" aux combats menés au sol, a indiqué à l'AFP le colonel
Sean Ryan.
Les FDS, soutenues par la coalition anti-EI, ont lancé le 10 septembre
l'ultime étape d'une offensive visant à mettre un terme à la présence
de l'EI dans l'est syrien.
Elle cible le dernier réduit tenu par le groupe jihadiste sur la rive
Est du fleuve Euphrate, qui comprend, outre Soussa et Baghouz, les
localités de Hajine et Al-Chaafa.
Depuis le 10 septembre, les combats ont fait 507 morts parmi les
jihadistes, contre 297 combattants des FDS, selon l'OSDH.
La coalition menée par les Etats-Unis a reconnu la mort de plus de
1.100 civils en Irak et en Syrie depuis le début de ses opérations dans
ces deux pays en 2014.
Depuis 2011, le conflit syrien a fait plus de 360.000 morts, et poussé
près de la moitié de la population à fuir sa maison. Il est au coeur
d'un sommet samedi à Istanbul entre les dirigeants de Turquie, Russie,
France et d'Allemagne. (AFP, 27 oct
2018)
Ankara
et Moscou accordent un
délai supplémentaire aux jihadistes
La Turquie et la Russie ont donné mardi un délai supplémentaire aux
jihadistes de la province syrienne d'Idleb, estimant que l'accord
conclu le mois dernier à Sotchi restait en vigueur malgré l'expiration,
la veille, de sa principale date-butoir.
Lundi, le délai officiel pour le départ des combattants radicaux,
notamment ceux de Hayat Tahrir al-Cham (HTS), de la future "zone
démilitarisée" est arrivé à échéance. Il n'a été précédé d'aucun
mouvement ou signe de retrait préalable, jetant un doute sur l'accord,
censé prévenir un nouveau bain de sang dans l'ultime grand bastion
insurgé de Syrie.
"Selon les informations que nous recevons de nos militaires, l'accord
est mis en oeuvre et l'armée est satisfaite de la façon dont la Turquie
travaille", a jugé mardi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
Lui emboitant le pas, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt
Cavusoglu, s'est aussi voulu rassurant.
"Il n'y a aucun souci en ce qui concerne le retrait des armes lourdes
(qui était prévu pour le 10 octobre, ndlr) et il ne semble pas y avoir
de souci à propos du retrait (...) de certains groupes radicaux",
a-t-il déclaré.
L'accord russo-turc conclu à Sotchi (Russie) le 17 septembre prévoit
une "zone démilitarisée" pour séparer les territoires du régime de
Bachar al-Assad de ceux encore tenus par les rebelles et jihadistes.
Selon cet accord, les armes lourdes des groupes rebelles et jihadistes
devaient être retirées avant le 10 octobre, tandis que les jihadistes
avaient jusqu'au 15 octobre pour quitter la zone tampon.
La première échéance a été globalement respectée, pas la seconde.
- "Aucun retrait" -
"Nous n'avons observé aucun retrait ni aucune patrouille dans la +zone
démilitarisée+", a dit mardi à l'AFP le directeur de l'Observatoire
syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.
Et "aucun signe ne laisse présager" un retrait, a-t-il ajouté.
La "zone démilitarisée", de 15 à 20 km de large, comprend, outre des
secteurs d'Idleb, des parties des provinces voisines d'Alep, Hama et
Lattaquié.
Il incombe à l'armée turque et à la police militaire russe de
surveiller cette zone à travers des patrouilles communes, en vertu de
l'accord.
A ce jour, les jihadistes de HTS ont promis de poursuivre le combat.
"Nous n'abandonnerons pas nos armes", ont-il fait savoir dimanche, sans
clairement dire s'ils rejetaient le marché Ankara-Moscou, après avoir
accepté de retirer leurs armes lourdes de la future zone tampon, selon
l'OSDH.
Les analystes voient dans la réaction russe une extension de facto du
délai nécessaire à la mise en oeuvre de la deuxième phase de l'accord
de Sotchi.
"Les parties concernées (...) savent pertinemment qu'il était difficile
de le mettre en oeuvre dans les délais initiaux", déclare Nawar Oliver,
spécialiste de la Syrie au centre de réflexion Omran basé en Turquie.
Selon le quotidien syrien pro-régime Al-Watan, Ankara aurait demandé "à
Moscou de lui accorder un délai (supplémentaire) pour influencer" HTS.
Lundi, le chef de la diplomatie syrienne, Walid al-Mouallem, a affirmé
que son pays allait "attendre" la réaction russe au non retrait des
jihadistes, en rappelant toutefois que les "forces armées (du régime)
étaient prêtes dans les environs d'Idleb".
- "Marge de manoeuvre" -
Justifiant la période de grâce, les experts évoquent en outre
l'existence d'une "marge de manoeuvre" propre au contenu de l'accord.
Celui-ci ne mentionne pas les groupes jihadistes nommément, se
contentant de désigner l'ensemble des groupes "radicaux". Il n'évoque
pas non plus explicitement le mécanisme de surveillance du deuxième
volet -- crucial-- de l'accord.
Concernant HTS, deux courants semblent y coexister, notent les experts:
le premier appuie l'accord de Sotchi, tandis que le second, plus
radical, le rejette.
Un récent rapport du centre Omran avance à cet égard que la branche
"modérée", dirigée par l'actuel chef de HTS Mohammad al-Joulani, "a
fait part de sa disposition à intégrer le Font de libération nationale
(FNL)", une coalition de groupes rebelles pro-Ankara ayant entériné
l'accord.
Selon Nicolas Heras, chercheur au Center for a New American Security,
Ankara doit désormais renforcer son action.
La Turquie n'a déployé "jusque-là aucun effort pour éloigner les
groupes jihadistes d'Idleb ou de la zone démilitarisée", dit-il. Cela
soulève des questions sur son "intention réelle à mettre fin à la zone
refuge dont bénéficie al-Qaïda en Syrie", juge M. Heras.
Déclenchée en 2011, la guerre en Syrie a déjà fait plus de 360.000
morts, tandis que plus de la moitié de la population a été déplacée ou
a dû quitter le pays. (AFP, 16 oct
2018)
Les
jihadistes restent sur zone, contre le plan
russo-turc
Les jihadistes sont restés dans une zone
qu'ils devaient évacuer avant ce lundi matin, où ils comptent
poursuivre le combat, fragilisant ainsi l'accord russo-turc pour Idleb
destiné à éviter un assaut meurtrier du régime Assad contre le dernier
bastion insurgé en Syrie.
Majoritaires dans cette province du nord-ouest du pays, les jihadistes
occupaient toujours une zone, devant être démilitarisée, après la
date-limite de dimanche soir prévue pour leur départ par ce plan
russo-turc.
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), aucun retrait
visible n'a été constaté dimanche avant minuit, malgré l'accord négocié
en ce sens entre la Russie, une alliée du président syrien Bachar
al-Assad, et la Turquie, qui soutient les rebelles.
Les jihadistes avaient d'ailleurs clairement annoncé leurs intentions,
quelques heures avant la limite prévue pour leur retrait: "Nous
n'abandonnerons pas le choix du jihad et du combat pour réaliser les
objectifs de notre révolution bénie, en premier lieu faire tomber le
régime criminel", a écrit dans un communiqué Hayat Tahrir al-Cham
(HTS), principale alliance jihadiste à Idleb et issue de l'ex-branche
syrienne d'Al-Qaïda. "Nous n'abandonnerons pas nos armes", a-t-il
affirmé.
HTS ne dit toutefois pas clairement s'il rejette l'accord russo-turc
conclu le 17 septembre à Sotchi.
Dans une référence implicite à la Turquie, le groupe jihadiste indique
"apprécier les efforts de tous ceux qui luttent à l'intérieur de la
Syrie et à l'extérieur pour protéger les zones libérées (du régime) et
empêcher leur destruction ou des massacres".
- Violations de l'accord -
"Mais nous mettons en garde contre la duplicité de l'occupant russe et
contre toute confiance dans ses intentions", ajoutent les jihadistes,
qui avec d'autres groupes contrôlent plus des deux tiers de la
censément future zone tampon et 60% de la province.
L'accord russo-turc prévoit une zone démilitarisée pour séparer les
territoires du régime Assad de ceux encore tenus par les rebelles et
jihadistes, évitant ainsi un assaut et une possible catastrophe
humanitaire à Idleb.
HTS a "essayé de gagner du temps en évitant de refuser explicitement et
d'accepter l'accord", a décrypté Rami Abdel Rahmane, directeur de
l'OSDH.
Mais Sam Heller, analyste à l'International Crisis Group (ICG), a
tweeté que l'annonce de HTS apparaissait comme un "accord tacite du
plan de Sotchi".
Le Front national de libération, principal groupe rebelle, l'a
officiellement endossé et a affirmé avoir totalement retiré ses armes
lourdes mercredi dernier, selon la date butoir établie.
Mais samedi soir, plusieurs tirs de mortier venant de la zone tampon
ont visé une position militaire à Jourine, dans le nord de la province
voisine de Hama, tuant deux soldats, ainsi que des secteurs dans celle
d'Alep, selon l'OSDH.
L'ONG n'a pas été en mesure de préciser si les tirs avaient été
effectués par des rebelles ou par des jihadistes.
"Il s'agit de la première violation claire de l'accord depuis le
retrait des armes lourdes. Cette zone est censée être débarrassée des
obus de mortier", a déclaré Rami Abdel Rahmane.
- Offensives possibles -
Le quotidien syrien prorégime Al-Watan a aussi fait état de
bombardements, indiquant que des zones de l'ouest de la province d'Alep
avaient été touchées par "des obus de mortier et des tirs d'artillerie
lourde censés être retirés de la zone".
Selon M. Abdel Rahmane, le régime a aussi bombardé par intermittence
ces derniers jours la zone tampon. Et de nouveaux bombardements du
régime ont été enregistrés dimanche soir sur un secteur situé "dans
l'ouest de la zone tampon", rattaché à la province de Hama.
Dans un rapport du centre de réflexion Omran basé en Turquie, le
spécialiste de la Syrie, Nawar Oliver, estime que si HTS fait capoter
l'accord, deux scénarios sont à envisager: "Soit la Turquie et le FNL
lancent une offensive militaire contre HTS, soit la Russie saisit
l'occasion avec le soutien du régime et ses alliés pour entrer à Idleb".
M. Assad, qui a maintes fois fait part de sa volonté de reconquérir
l'ensemble de la Syrie, a qualifié de "temporaire" l'accord russo-turc
et assuré qu'Idleb et les régions voisines reviendraient à terme au
régime.
Vendredi, des habitants autour d'Idleb avaient reçu des avertissements
sur leurs téléphones portables de la part de l'armée syrienne.
"Eloignez-vous des combattants. Leur destin est scellé", disait l'un de
ces messages.
L'accord Ankara-Moscou n'est que le dernier en date d'une série
d'accords de trêve conclus au cours des sept années de guerre en Syrie,
qui ont fait plus de 360.000 morts et des millions de déplacés et
réfugiés. (AFP, 15 oct
2018)
Combats entre jihadistes et rebelles près
d'une future zone
"démilitarisée"
Des affrontements ont éclaté vendredi entre des rebelles soutenus par
la Turquie et des jihadistes dans le nord-ouest de la Syrie, non loin
de la future "zone démilitarisée" convenue entre Ankara et Moscou dans
cette région, ont indiqué une ONG et un habitant.
Cette confrontation armée intervient à quelques jours de la date butoir
pour la création de cette zone tampon qui vise à séparer les
territoires insurgés de la province d'Idleb -- contrôlée par une
myriade de groupes rebelles et jihadistes--, des secteurs adjacents
tenus par le régime syrien de Bachar al-Assad.
La Turquie soutient les rebelles tandis que les Russes sont alliés du
régime syrien.
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), les premiers
combats ont eu lieu entre Hayat Tahrir al-Cham (HTS), formation
jihadiste dominée par l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda, et le groupe
rebelle Noureddine al-Zinki, dans la ville de Kafr Halab.
HTS aurait tenté d'arrêter un commandant rebelle présent dans la ville,
située à l'extrême ouest de la province d'Alep, près de la province
d'Idleb.
"Noureddine al-Zinki a envoyé des renforts avant que les affrontements
ne s'étendent à plusieurs régions et que le Front de libération
nationale (FNL) ne se rallie" aux combats, a indiqué le directeur de
l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.
Le FNL est la principale coalition rebelle soutenue par la Turquie dans
la province d'Idleb, dernier grand bastion des insurgés en Syrie.
Noureddine al-Zinki fait partie de cette coalition pro-Ankara. Mais HTS
contrôle lui plus de la moitié de la province.
"Les affrontements se déroulent près de la zone tampon" prévue, a
indiqué M. Abdel Rahmane.
A l'issue des affrontements, HTS a pris le contrôle de deux villes,
dont Kafr Halab, tandis que trois civils, un jihadiste et deux
combattants du FNL ont été tués, selon l'OSDH.
"Nous nous sommes réveillés à 4H du matin au son des tirs d'un convoi
de HTS", a raconté à l'AFP un habitant de Kafr Halab, faisant état de
la mort d'un "enfant", sous le couvert de l'anonymat.
Le 17 septembre, la Russie, alliée du régime, et la Turquie, soutien
des rebelles, se sont mises d'accord pour instaurer d'ici au 15 octobre
une zone tampon de 15 à 20 km de large à Idleb, où armes lourdes et
jihadistes seraient absents.
Le FNL a prudemment salué le compromis mais HTS ne s'est toujours pas
prononcé. De nombreux détails de l'accord, y compris l'emplacement
exact de la zone, restent flous. (AFP, 5 oct
2018)
Un
groupe rebelle rejette l'accord russo-turc sur
Idleb
Le groupe rebelle Jaich al-Ezza a annoncé samedi rejeter l'accord
conclu entre Ankara et Moscou sur la création d'une zone démilitarisée
dans la province d'Idleb, en Syrie, devenant la première faction
rebelle à refuser cet accord.
Le groupuscule jihadiste Houras al-Din, lié à Al-Qaïda, l'a déjà
rejeté, tandis que le principal groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham,
qui domine plus de la moitié de la région d'Idleb, n'a toujours pas
commenté l'accord.
Signé mi-septembre, ce dernier prévoit la création d'ici au 15 octobre
d'une "zone démilitarisée" sous contrôle de la Russie et de la Turquie
à Idleb, dernier bastion insurgé de la Syrie en guerre.
L'accord "grignote les zones libérées (rebelles, ndlr) et renfloue
Bachar al-Assad", a dénoncé auprès de l'AFP Jamil al-Saleh, à la tête
de Jaich al-Ezza.
Dans un communiqué publié sur Twitter, le groupe rebelle a appelé à la
"parité", exigeant que la zone démilitarisée, de 15 à 20 km de large,
soit située à parts égales sur les territoires contrôlés par le régime
et ceux sous domination rebelle.
En forme de fer à cheval, elle doit servir de zone tampon entre les
territoires tenus par le régime syrien et ceux acquis aux insurgés dans
la province d'Idleb et des régions voisines d'Alep, de Hama et
Lattaquié.
En vertu de l'accord Ankara-Moscou, qui a permis d'éloigner les
perspectives d'une offensive militaire du régime syrien, toutes les
armes lourdes des groupes insurgés ainsi que des jihadistes doivent
quitter d'ici mi-octobre cette zone démilitarisée.
Anciennement soutenu par les Etats-Unis et des pays arabes, le groupe
Jaich al-Ezza compte 2.500 combattants, selon une estimation de
l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) datant de samedi.
Il est notamment actif dans le nord de la province de Hama, dans le
voisinage immédiat de la région d'Idleb.
Jaich al-Ezza s'était récemment rapproché de la Turquie avant que ses
liens avec Ankara ne se refroidissent en raison de son refus d'adhérer
au Front national de libération (FNL).
Cette coalition de groupes rebelles à Idleb, créée début août à
l'instigation d'Ankara, a accueilli favorablement l'accord russo-turc.
(AFP, 29 sept
2018)
Erdogan
appelle Putin à nettoyer les zones kurdes en Syrie
Le
président
turc Recep Tayyip Erdogan a accordé le 23 septembre une interview au
quotidien russe Kommersant qui donne la mesure du spectaculaire
rapprochement en cours depuis 2016 entre Ankara et Moscou sur le
dossier syrien - et de la colère que lui inspire l’administration Trump.
Parlant de
son "cher ami" Poutine, M. Erdogan a appelé la Russie à l’aider à "dans
ses efforts contre les groupes terroristes, particulièrement le PKK, le
PYD et les YPG", soit les combattants kurdes que les États-Unis
soutiennent au nord de la Syrie et qui sont le fer de lance de la lutte
contre Daech.
"Nettoyer"
cette région est "particulièrement important" pour Erdogan qui estime
que le soutien américain aux Kurdes "nuit aux équilibres régionaux".
Les Kurdes
sont pour le moment en négociation avec Damas pour faire reconnaître
leur autonomie et leur système politique dans le cadre d’un futur État
syrien confédéral, ce qui ne manque pas d’alarmer Erdogan qui craint
une contagion aux Kurdes de Turquie.
À New York,
où le président turc s’est rendu ce week-end pour l’assemblée générale
de l’Onu, il a également parlé au Turkish American National Steering
Committee. Dans ce discours, Erdogan annonce qu’il compte instaurer des
zones de sécurité, dites safe zones, "à l’est de l’Euphrate". Ceci
signifie qu’en dépit de la présence des forces spéciales américaines,
françaises ou britanniques, la Turquie espère prendre le contrôle
militaire d’une vaste région qui comprend des villes à majorité kurde
comme Qamichli et Kobané.
L’armée
turque et ses milices ont déjà pris le contrôle de 4 000 km2 en L’armée
turque et ses milices ont déjà pris le contrôle de 4 000 km2 en Syrie,
au nord d’Alep et dans la région d’Afrine. Son but est la
réinstallation d’une partie des 3,5 millions de réfugiés qui sont
hébergés en Turquie depuis le début de la guerre syrienne.
Dans
l’interview, Erdogan tacle aussi les États-Unis et Israël pour le
transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, "notre première qibla"
(Dans un premier temps, Mahomet avait incité les fidèles à prier en
direction du temple de Salomon à Jérusalem).
L’appel du
pied d’Erdogan à la Russie survient après la conclusion d’un accord in
extremis pour la création d’une zone démilitarisée sous contrôle
russo-turc dans la poche d’Idleb.
Cet accord
évite pour le moment un bain de sang dans cette poche où se mêlent
civils et milices d’opposition à Damas, dont Hayat Tahrir al-Cham
(HTS), l’ex-branche syrienne d’al-Qaïda. La Turquie s’est engagée à
démanteler ce groupe et à enlever aux insurgés toutes leurs armes
lourdes dans cette zone.
Les
Occidentaux sont écartés des pourparlers pour mettre fin à la guerre.
L’Iran, la Russie pour Damas, la Turquie pour l’opposition sont les
principaux acteurs. (La Libre Belgique, Ch. Ly. , 25 sept 2018)
Chypre
et la Grèce / Cyprus and Greece
Chypre dénonce l'arrestation de pêcheurs par la Turquie
Le gouvernement chypriote a annoncé samedi avoir protesté auprès des
Nations unies après l'arrestation par les forces turques de l'équipage
d'un bateau de pêche battant pavillon chypriote en Méditerranée.
De nationalité égyptienne, les cinq membres de l'équipage naviguaient
au large de l'île, divisée depuis 1974 et dont la partie nord est
contrôlée par la République turque de Chypre du Nord (RTCN), uniquement
reconnue par Ankara.
Selon le propriétaire du bateau de pêche cité par l'agence Cyprus News
Agency (CNA), un navire militaire turc a arrêté les cinq hommes
vendredi soir avant de remorquer l'embarcation jusqu'à Kyrenia, une
ville située dans la partie de l'île contrôlée par la RTCN.
Les médias chypriotes-turcs affirment de leur côté que les pêcheurs ont
été arrêtés pour avoir violé l'espace maritime de la RTCN. Leur bateau
se trouvait à 14 km des côtes chypriotes-turques, selon les mêmes
sources.
Le gouvernement chypriote a porté cet incident à la connaissance des
Nations unies et l'a dénoncé "avec force", a déclaré son porte-parole
Prodromos Prodromou, selon la CNA.
La Force de maintien de la paix de l'ONU pour Chypre (UNFICYP) a dit
"être au courant de cet incident et en contact avec les autorités des
deux côtés pour aider à résoudre la situation", selon son porte-parole
Aleem Siddique.
La République de Chypre, membre de l'Union européenne, n'exerce son
autorité que sur les deux tiers sud du pays, le tiers nord de l'île
étant géré par la RTCN et occupé par l'armée turque.
Celle-ci a envahi en 1974 la partie nord de l'île en réaction à un coup
d'Etat qui visait à rattacher le pays à la Grèce et qui avait suscité
une vive inquiétude dans la minorité chypriote-turque.
Quelque 35.000 soldats turcs sont stationnés dans la partie nord et
leur présence est l'une des principales pierres d'achoppement dans les
négociations visant à réunifier l'île. Le dernier round de pourparlers
s'était soldé par un échec en juillet 2017. (AFP, 22 sept
2018)
Immigration
/ Migration
Trois migrantes trouvées mortes ont
été égorgées
Trois migrantes retrouvées mortes début octobre près du fleuve Evros
qui marque la frontière terrestre gréco-turque au nord de la Grèce sont
une mère et ses deux filles qui ont été égorgées après avoir été
entravées, a indiqué vendredi une source policière.
Le scénario de ce triple meurtre, "des femmes contraintes à
s'agenouiller avant d'être égorgées, pourrait évoquer une action de
type jihadiste, mais dans l'immédiat, la police n'exclut ni ne
privilégie aucune piste", a précisé la même source à l'AFP.
L'hypothèse d'une "punition" infligée par un réseau de passeurs a
aussi été avancée par les médias grecs. L'affaire "est sans précédent
dans les annales du pays, c'est un mystère", a relevé la même source
policière.
Les derniers résultats de l'enquête ont confirmé que les trois
victimes, âgées respectivement d'environ 35 ans, 17 et 15 ans, étaient
une mère et ses filles, originaires du continent asiatique, mais sans
plus de précision sur leur possible nationalité ou identité.
Aucun proche n'a signalé leur disparition, contrairement à ce qui
arrive souvent quand les passages migratoires par cette frontière
terrestre tournent au drame.
Les corps des trois femmes avaient été découverts le 10 octobre par un
agriculteur dans un champ près du fleuve Evros. La mère a apparemment
réussi à se délier et a tenté de résister à son ou ses agresseurs,
selon le médecin légiste.
Concentré en 2015 et 2016 sur des passages par mer vers les îles
égéennes grecques proches de la Turquie, le flux migratoire, notamment
de Syriens et Afghans, mais aussi de Turcs fuyant les purges du régime
d'Ankara, a repris via la frontière terrestre, traditionnel passage
depuis des décennies.
Au premier semestre 2018, 8.407 migrants ont été arrêtés dans cette
zone du nord-est de la Grèce, 1.611 pour la même période l'année
précédente. En 2017, 5.600 arrivants avaient été arrêtés contre 3.700
en 2016. (AFP,
26 oct
2018)
L'échevin
Sait Köse, exclu
de DéFI, s'attaque à Olivier Maingain
Lundi, la RTBF vous révélait l'exclusion de Sait Köse du parti DéFi.
Raison? Son inculpation dans une affaire de faillite frauduleuse
présumée et son refus de rendre son mandat avant les élections
communales de dimanche dernier.
Ce jeudi, Sait Köse a décidé de réagir, pour la première fois, à son
exclusion. A la presse, il adresse copie du courrier envoyé au
président de DéFI Olivier Maingain. Et les termes qui y sont employés
ne sont pas tendres.
Tout d'abord, l'exclusion remonte déjà au 10 octobre et la RTBF l'a
rendue publique le lundi 15. "Par la présente, je vous fais savoir que
je ne ferai pas appel de cette décision", écrit Sait Köse qui enchaîne:
"L'argumentation de la décision du Comité des sages me parait bancale
et s’assimile davantage à de l’argutie juridique plutôt qu’à un
raisonnement fondé en droit. En effet, elle ne tient nullement compte
du contexte politique, qui était prédominant, puisque mon exclusion
intervient à quatre jours des élections communales du 14 octobre
2018
et qu’il vous fallait, sans doute, montrer "patte blanche" en regard
des potentielles attaques, relayées par la presse, de vos adversaires
politiques."
Sait Köse précise que dans les faits, il était déjà en retrait du
parti. "Mon courrier, daté du 17 septembre 2018, évoquait très
clairement ma "mise en congé" du parti DEFI ce qui signifiait, en
réalité, ma démission du parti DéFI. J’ai eu recours à cette formule
élégante parce que j’ai voulu préserver le travail de conviction de la
Liste du Bourgmestre de Schaerbeek et de mes ex - colistier(ère)s à
quelques encablures des élections communales. J’avais non seulement
fait un pas de côté en retirant ma candidature de la liste électorale
mais j’ai, en sus, loyalement et activement soutenu la liste du
bourgmestre en lui présentant des candidat(e)s de substitution qui ont
été, par ailleurs toutes et tous bien élu(e)s."
Dans la foulée, Sait Köse, d'origine turque avance des arguments
ethniques, rappelant les démêlés judiciaires d'Alain Kestemont, tête de
liste DéFI à Anderlecht et Jean-Pierre Lutgen à Bastogne. "Pour vous
(Olivier Maingain), l’honorabilité semble être jugée de manière très
variable selon qu’on s’appelle Alain, Jean–Pierre ou Sait et plus
encore que l’on soit d’un côté ou l’autre du canal, ou que l’on soit
originaire des Ardennes ou bien de Schaerbeek. Votre acharnement
médiatique s’applique "erga omnes" (à l'égard de tous, ndlr) mais
également "in tempore suspecto" et vous a contraint, en définitive, à
effectuer des choix contestables, rompant, de la sorte, avec le
principe d’égalité des membres de votre parti. J’en veux pour preuve
votre score personnel à Woluwe Saint–Lambert mais avec un tassement
général du parti DéFI dans les autres communes de Bruxelles et à
Schaerbeek ; dans ce dernier cas, votre positionnement a réellement nui
à la Liste du Bourgmestre qui a malgré tout, et grâce notamment à mon
soutien indéfectible, pu remarquablement limiter la casse." En clair:
l'électorat turc a snobé la Liste Clerfayt.
Tout comme Bernard Clerfayt, bourgmestre DéFI de Schaerbeek, Sait Köse
remet en cause la légitimité d'Olivier Maingain en Wallonie. Mais
rappelle également l'épisode de son parachutage contesté à
Woluwe-Saint-Lambert il y a douze ans: "Que dire encore de votre
investissement en Wallonie par rapport à un résultat non tangible et,
plus encore, votre statut de transfuge de la ville de Bruxelles pour
faire barrage à la candidature, en qualité de Bourgmestre, de Danielle
Caron en 2006…"
"J’ose affirmer ici que la probité individuelle des membres d’un parti
(lorsque que cette dernière ne peut en l’état être contestée) n’est
rien en comparaison de l’esprit de rassemblement et de cohésion de ses
membres à l’heure du combat électoral", ajoute encore l'ex-échevin dans
son courrier. La décision du comité des sages s’apparente donc à une
"victoire à la Pyrrhus" et je ne puis que regretter ce choix
malencontreux qui donne une image étiolée du parti que vous présidez."
Contacté, Bernard Clerfayt n'a pas souhaité commenter ce courrier,
n'ayant pas pris connaissance de celui-ci.
Précisons que Sait Köse est toujours échevin en exercice, sans parti.
Il ne le sera plus dès le début du mois de décembre, à l'installation
du nouveau conseil communal et de la nouvelle majorité. (RTBF, 18 octobre 2018)
Les
conseillers turcs dans les communes
bruxelloises
Anderlecht
*Abdurrahman Kaya – PS – 857
*Mustafa Ulusoy – LB – 670
Mustafa Yaman – Defi – 363
Ville de Bruxelles
*Şevket Temiz – LB – 2426
Filiz Güleş – Defi – 459
Evere
*Belma Tek – MR – 1290
*Ali-İhsan İnce – LB – 618
Saint-Josse
*Emir Kır – LB – 3579
*Nezahat Namlı – LB – 859
*Kadir Özkonakçı – LB – 736
Safa Akyol – LB – 720
*Halil Dişli – LB – 590
Hatice Özlücanbaz – LB – 458
Hayat Mazibaş – Ecolo – 373
Kenan Aydoğan – Ecolo – 280
Halit Akkaş – MR – 200
Schaerbeek
*Sadık Köksal – LB – 2177
Mehmet Bilge – LB – 1071
Emel Doğancan Kotaoğlu – LB – 640
Yusuf Yıldız – LB – 573
Emel Köse – LB – 504
*Hasan Koyuncu – PS – 2581
*Emin Özkara – PS – 1674
*İbrahim Dönmez – PS – 1179
*Döne Sönmez – PS – 891
Les réélus sont indiqués avec astérisque.
22 morts
dans l'accident d'un véhicule transportant des migrants
Vingt-deux personnes dont des enfants ont
été tuées dimanche en Turquie lorsqu'un véhicule transportant des
migrants a quitté la route pour s'écraser dans le lit d'une rivière
plusieurs mètres en contrebas, a annoncé l'agence de presse d'État
Anadolu.
Le camion arrivait d'Aydin et roulait sur l'autoroute vers Izmir, sur
la côte occidentale de la Turquie quand l'accident s'est produit, a
précisé l'agence.
On ignorait dans un premier temps la nationalité des migrants.
Apparemment, ils se dirigeaient vers la côte, probablement vers la
péninsule de Dilek, d'où l'île grecque de Samos n'est distante que de
quelques kilomètres.
Le camion transportait également deux canots pneumatiques.
La télévision turque a montré des images du véhicule réduit à l'état de
métal calciné dans le lit de la rivière, entouré de secouristes. Le
bilan révisé était à la mi-journée de 22 morts et 13 blessés.
Le conducteur, un Turc de 35 ans, a survécu, et, de son lit d'hôpital,
a expliqué à la police qu'il avait fait une embardée pour éviter un
véhicule arrivant en sens inverse, d'après l'agence de presse DHA.
Il était titulaire d'un permis B et n'avait donc pas les papiers
nécessaires à la conduite d'un camion de cette taille, loué pour deux
jours, a ajouté DHA, selon laquelle deux bébés, deux enfants et une
femme enceinte figurent parmi les morts.
La Turquie est un lieu de transit important pour les migrants en
provenance du Moyen-Orient, d'Asie et d'Afrique et qui veulent tenter
d'entrer en Europe via la Grèce.
Un million de migrants étaient passés de Turquie en Grèce en 2015,
provoquant une crise qui s'était conclue par un accord entre l'UE et
Ankara. Depuis, le nombre des migrants prenant cette route a fortement
baissé, mais ils ont été encore près de 25.000 à arriver en Grèce
depuis le début de l'année et 118 personnes sont mortes en tentant la
traversée. (AFP, 14 oct
2018)
"Arrêtez l'infiltration du fascisme turc dans vos
partis"
A l’approche des élections communales, l’Institut Kurde de Bruxelles a
publié un avertissement important destiné aux partis politiques belges.
Nous soutenons ce cri d’alarme des amis kurdes et partageons leur
appel: "les partis politiques doivent faire preuve de prudence et
appliquent une politique qui contrecarre ce phénomène d’infiltration.
Un signe clair doit être donné afin que les idées racistes et fascistes
ne soient pas les bienvenues.”
TEXTE DE l’APPEL DE L'INSTITUT KURDE DE BRUXELLES
Dans le contexte des prochaines élections du 14 octobre 2018, tous les
candidats qui défendent un parti démocratique en Belgique devraient
adhérer à la démocratie et aux droits de l'homme ici et dans leur pays
d'origine.
Les hommes politiques belges doivent être conscients du risque
d’infiltration aux partis belges par des organisations telles que les
Loups Gris, Diyanet, Milli Görüş, la Fédération turque et des
personnalités ultra-nationalistes.
Ces personnalités, qui n’accordent évidemment pas une importance
primordiale à la démocratie, mais croient fanatiquement à une idéologie
raciste-fasciste, ont réussi à occuper de saisir certaines positions
dans des partis politiques sans méfiance, des institutions et de la
société en général. Cette idéologie est basée sur l'autoritarisme et
l'orthodoxie stricte au lieu du pluralisme et de l'ouverture. Les
personnes visées par cet appel revendiquent l'identité turque et
imposent unilatéralement leurs points de vue aux autres. Ils propagent
la vénération des centres de pouvoir conservateurs et islamiques et du
militarisme. Les gens qui pensent différemment, qui ont d'autres modes
de vie, sont rejetés, contestés et marginalisés.
Plusieurs articles sur l'attitude schizophrénique de ces hommes
politiques turcs ont déjà été publiés dans les médias. Les objectifs de
l'AKP, du MHP, des Loups gris ont été exposés à la population flamande
par des mots comme "multiculturalisme" et "démocratie" mais à
l'électeur turc, les mêmes hommes politiques se présentent comme de
grands partisans d'Erdogan et Bahçeli, les deux dirigeants politiques
qui perpétuent l'ultra nationalisme et le racisme au sein de la
communauté et de la diaspora.
Les politiciens qui envahissent les partis progressistes, mais qui en
réalité ont une vision ultranationaliste et raciste ne croient pas aux
valeurs démocratiques de la Belgique.
Le fait que de telles idéologies se soient infiltrées dans la politique
pendant des années et la possibilité que ces personnalités puissent
influer sur la politique suscite de vives inquiétudes. Leur vision est
en contradiction avec le dialogue, l'ouverture, la reconnaissance des
autres, le pluralisme et la participation démocratique.
Les partis traditionnels flamands et belges ne semblent pas avoir de
politique pour empêcher ce phénomène. Nos politiciens sont souvent trop
ignorants de l'idéologie et de l'agenda des ultra-nationalistes turcs
qui sont produits par des partis tels que l'AKP et le MHP.
Mais la question est de savoir si cette situation découle uniquement de
l'ignorance ou si l'opportunisme et les voix jouent également un rôle ?
En tout état de cause, le résultat est que les partis politiques belges
et flamands qui adoptent cette attitude légitiment les tendances
négatives au sein de la communauté belgo-turque et les aident à se
développer.
La crédibilité de la politique belge est en train d'être endommagée.
L’Institut kurde demande donc que les différents partis politiques
fassent preuve de prudence et appliquent une politique qui contrecarre
ce phénomène d’infiltration. Un signe clair doit être donné afin que
les idées racistes et fascistes ne soient pas les bienvenues. Il
incombe aux organisations politiques flamandes et belges de rechercher
et de renforcer les tendances démocratiques et de libre-pensée au sein
des communautés.
Institut Kurde de Bruxelles
Le
fils de Laurette Onkelinx condamné pour trafic
de stupéfiants
Le tribunal correctionnel de Bruxelles a prononcé mardi une peine de
travail de 140 heures à l'encontre de Sami G. pour trafic de
stupéfiants en association. Le prévenu, fils de la vice-présidente du
Parti socialiste Laurette Onkelinx, a été reconnu coupable pour avoir
permis l'utilisation de sa voiture au service du trafic.
Nabil A., âgé de 23 ans, a été condamné mardi par le tribunal
correctionnel de Bruxelles à une peine de 30 mois de prison avec sursis
complet pendant trois ans pour trafic de cocaïne et pour avoir été
dirigeant d'une association de malfaiteurs.
Deux autres hommes, âgés de 22 et 24 ans, ont écopé d'une peine de
travail de 180 heures, pouvant être remplacée par une peine subsidiaire
de 20 mois de prison en cas de non-exécution.
Enfin, le dernier prévenu, fils de la députée Laurette Onkelinx et
vice-présidente du PS, a écopé d'une peine de 140 heures de travail,
pouvant également être remplacée par une peine subsidiaire de 20 mois
de prison en cas de non-exécution.
Le tribunal a tenu compte du rôle moindre qu'il a joué. Celui-ci avait
permis que sa voiture soit utilisée pour faciliter la commission de
l'infraction. Selon l'enquête, Sami G. avait emmené dans ce véhicule
son ami Nabil A., qui profitait des déplacements pour livrer de la
cocaïne à Bruxelles.
Les quatre hommes avaient été interpellés en juillet 2016. (RTL, 10
octobre 2018)
Accusations de menaces de membres PS contre
l’opposition à Saint-Josse
Laurette Onkelinx, présidente de la Fédération bruxelloise du PS, a
réagi aux propos tenus hier sur le plateau du débat communal consacré à
Saint-Josse. L’opposition Ecoco-Groen et MR, ont accusé la majorité
d’exercer des pressions sur leurs candidats et de faire peser un climat
délétère sur la la campagne.
Sollicitée par bx1, la présidente de la Fédération bruxelloise du PS
soutient Emir Kir, tête de liste LB et bourgmestre sortant de
Saint-Josse. Dans un communiqué, elle commente : “C’est le citoyen le
grand perdant de ce débat ! L’opposition a tellement tiré sur la
personnalité d’Emir Kir, que peu de place a été laissée pour le bilan
pourtant exceptionnel de la majorité – comme par exemple les
chèques-sport pour plus de 600 jeunes, la gratuité des garderies, les
primes à la rénovation… Et trop peu de place a été laissée aux
propositions en lien avec les préoccupations de la population. Pour le
reste, s’il y a des problèmes , que ce soit en provenance de militants
de la majorité ou de l’opposition , il faut déposer plainte et
instruire les dossiers. Je serais la première à intervenir
énergiquement si faute il y avait dans le chef d’un socialiste. Pour le
surplus, on est dans une ambiance délétère où l’opposition lance des
accusations sans preuve et des rumeurs nauséabondes. Comme dit Victor
Hugo, la rumeur est la fumée du bruit. Cela empêche parfois de
s’expliquer sur le fond des projets.” (Bxl.be, 10 oct 2018)
Turkey
arrests Belgian citizen in
Mersin
Political genocide operations against the Kurds and opposition in
Turkey are never ending.
In the northern Kurdistan province of Erzurum, a total of ten people
charged with social media contributions were arrested during morning
raids at various locations. Baki Özdemir, one of the detainees, was
issued an arrest warrant for "spreading propaganda for a terrorist
organization" and “insulting the President”.
In the southern province of Mersin, Belgian citizen Zerif Y. was
detained on October 2, accused of “membership in a terrorist
organization”. Zerif Y. was remanded in custody on Friday. (AFP, Oct 6, 2018)
Plainte contre le frère du
bourgmestre Emir Kir
«J’étais du côté du square Victoria Régina quand j’ai aperçu une
affiche électorale d’Emir Kir colée sur une poubelle. Moi-même
candidat, j’ai trouvé cela drôle. Quand j’ai voulu la prendre en photo
quelqu’un m’a empoigné, insulté de « connard » et menacé de me casser
la gueule », nous affirme Thierry Balsat.
«J’ai pu rejoindre mon véhicule mais il m’a rattrapé. J’ai
pu esquisser des coups pour m’en sortir », nous explique-t-il.
Thierry Balsat n’a pas été blessé durant l’altercation, nous fait-il
savoir. Le candidat aux élections communales nous fait savoir qu’il a
déposé plainte le jour même contre le frère d’Emir Kir (PS), qu’il a
reconnu formellement comme étant son agresseur. Au vu de l’heure
tardive, la zone de police Bruxelles-Nord (Saint-Josse-ten-Noode, Evere
et Schaerbeek) ne pouvait nous confirmer ces faits, puisque le p.-v.
n’était toujours enregistré à l’heure d’écrire ces lignes.
« C’est la guérilla dans les rues de Saint-Josse-ten-Noode. J’ai
déjà prévenu la police locale du climat très tendu en cette période de
campagne. Il a de véritable milice dans les rues », commente
Thierry Balsat. Ces dernières semaines, des candidats de plusieurs
partis présentant des listes aux élections communales dénonçaient des
pressions émanant d’Emir Kir, afin de ne pas se présenter.
« J’ai prévenu la police qu’il finirait par y avoir du sang. Ça a
failli être le cas aujourd’hui. J’hésite à demander l’intervention de
la police fédérale », conclut le candidat indépendant au poste de
bourgmestre de Saint-Josse-ten-Noode. (Sud Info, 5 Octobre 2018)
Erdogan roule pour le CD&V en
Belgique
À Genk, il y a une importante minorité d’électeurs d’origine turque.
Suffisamment pour que l’AKP, le parti du président Recep Tayip Erdogan,
se permette d’intervenir dans le débat belgo-belge… Sur sa page
Facebook belge officielle, il prie les Genkois d’origine turque de ne
pas voter pour Zuhal Demir, candidate bourgmestre N-VA et secrétaire
d’État fédérale de l’égalité des chances. La jeune femme y est décrite
comme une "ennemie
de l’islam et de la Turquie". Pour le parti islamo-conservateur, la
N-VA, et Zuhal Demir en particulier, attisent "le racisme et
l’animosité contre l’islam en Belgique".
L’AKP appelle donc les Turco-Belges à voter pour… le "parti le plus
puissant de Genk". En l’occurrence le… CD&V, parti de l’actuel
bourgmestre.
Zuhal Demir est très mal vue dans les cénacles islamistes.
À cause de son opposition au port du voile à l’école mais également à
la création d’une école musulmane à Genk. Et, last but not least, elle
est d’origine
kurde. (La
Libre Belgique, 5 octobre 2018)
Quand le maïeur de Saint-Josse Emir
Kir dérape
Au cours des dernières semaines, on a souvent entendu dire de cette
campagne qu’elle était presque trop pacifique et lisse. Il y a pourtant
bien une commune qui déroge à la règle : Saint-Josse-ten-Noode.
Prolongation d’un climat déjà très tendu en cours de législature,
l’ambiance de la campagne qui s’y joue peut en effet franchement être
qualifiée de délétère. Un climax a notamment été atteint mi-septembre
lorsque le coprésident d’Ecolo, Patrick Dupriez, a accusé publiquement
le bourgmestre en fonction d’avoir voulu intimider plusieurs candidats
d’origine turque présents sur des listes d’opposition en les convoquant
durant plusieurs heures. Des accusations auxquelles Emir Kir a répondu
qu’il n’avait qu’à porter plainte s’il avait des éléments permettant
d’appuyer ces affirmations.
Dans ce contexte, mettre Emir Kir et Zoé Genot face à face dans le
cadre de ce débat organisé au sein de la rédaction du Soir ne fut pas
une mince affaire. Dans un premier temps, le bourgmestre avait refusé
l’invitation, prétextant que son adversaire ne défendait de toute façon
« aucun programme » et ne se contentait que de mener un projet «
anti-Kir ». Après être finalement (et assez rapidement) revenu sur sa
position, ce dernier a ensuite refusé de poser sur une photo aux côtés
de la tête de liste des écologistes tennoodois. Chaude ambiance.
Autour de la table, la conversation semble pourtant commencer sous de
meilleurs auspices. Malgré une tension bien palpable, les candidats
réussissent à aborder assez cordialement leurs divergences de vues sur
une série de sujets de fond, allant même jusqu’à reconnaître, à
quelques rares reprises, des points positifs à l’adversaire.
Accusations de« xénophobie » et propagande
En fin de débat, des accusations portées par Zoé Genot mettent
néanmoins le feu aux poudres. Expliquant avoir des preuves écrites
appuyant ses affirmations, la députée accuse la commune et son
bourgmestre d’avoir procédé à 416 embauches au cours des six dernières
années, la plupart du temps sans que celles-ci ne soient référencées
nulle part, à l’exception d’une vingtaine d’entre elles. « Cela veut
dire que les 400 autres ont été faites sans procédures claires, sans
appels à candidature, sans égalité entre les citoyens tennoodois et
donc, ça veut dire qu’on a engagé les amis, la famille ou d’autres
personnes en fonction du nombre de voix qu’elles pouvaient apporter. »
Réfutant ce chiffre et refusant de reconnaître tout manque de clarté
dans ce domaine, le maïeur socialiste trouve une parade. « Vous avez
annoncé le 21 avril que vous aviez un projet, cette coalition anti-Kir.
Je ne suis pas naïf. Je sais le message que vous avez passé. C’est un
message teinté de xénophobie. Clairement, de xénophobie, a-t-il
rétorqué. Le message, c’est de dire “Débarrassons-nous du métèque, de
l’étranger”. Vous savez, c’est comme ça, mon ressenti, c’est que Madame
va chasser les voix des rascards. »
Des propos très durs qui ont précipité la fin du débat. « Toute
personne qui a suivi mon parcours parlementaire sait qu’on m’a plus
souvent accusé d’être trop pro-migrants que xénophobe, donc cette
attaque est totalement déplacée et montre vraiment que vous êtes aux
abois », a souligné Zoé Genot, rappelant qu’elle subissait déjà une
campagne de démolition au travers de plusieurs médias turcophones
distribués dans la commune. Dans un article faisant l’éloge d’Emir Kir
que nous avons pu consulter et faire traduire, la candidate est en
effet pointée comme proche de groupes terroristes anti-turcs et
anti-gouvernement turc. (lesoir.be, 5 oct 2018)
La
N-VA se mue en reporter traquant les loups gris chez
la concurrence
La N-VA diffuse sur Facebook un reportage fait maison débusquant des
candidats d'autres partis, singulièrement au CD&V et à l'Open Vld,
sympathisants des loups gris, organisation nationaliste turque
d'extrême droite.
"Tout apparaît clairement sur les réseaux sociaux. Une enquête
approfondie nous ferait tomber de notre chaise face à une telle
obscénité", explique le porte-parole du parti un mois après qu'une
enquête journalistique a mis au jour les accointances de certains
militants nationalistes avec le groupuscule d'extrême droite flamand
Schild&Vrienden.
La vidéo postée par la N-VA souligne l'influence grandissante de
l'ultranationalisme turc dont les loups gris sont un fer de lance. On y
voit des photos sur lesquelles leurs représentants posent aux côtés de
politiciens belges, parfois à leur insu - on reconnaît sur une des
photos le président de la Chambre Siegfried Bracke (N-VA). Le parti
affirme que d'autres politiciens belges ont des liens très étroits avec
les loups gris.
Le reportage du parti s'attarde sur une candidate du CD&V à Lokeren
qu apparaît dans des événements organisés par les loups gris, sur un
candidat à Lier qui loue l'action de Devlet Bahçeli, le leader du parti
turc d'extrême droite MHP, ainsi que sur l'un ou l'autre candidat de
Groen dont un qui parle du "prétendu" génocide arménien. (Le Vif, 4 oct 2018)
Charles Michel a rencontré le président turc
Erdogan
Le Premier ministre belge Charles Michel s'est entretenu longuement
avec le président turc Recep Tayyip Erdogan au siège des Nations Unie
lundi, en marge de l'assemblée générale onusienne à New York. "Ce fut
un entretien bien plus à cœur ouvert que je ne l'escomptais", a déclaré
Charles Michel à l'issue de cette discussion, mais "nous pensons qu'il
est nécessaire de dialoguer davantage encore sur une série de points et
de mieux coopérer".
Le Premier ministre belge est arrivé lundi à New York pour l'Assemblée
générale des Nations unies et a directement rencontré le dirigeant
turc, plus d'une heure durant. Beaucoup d'éléments ont été passés en
revue, du rôle géopolitique de la Turquie dans la région, à la lutte
contre le terrorisme, en passant par la migration, les relations avec
l'UE et la situation de l'Etat de droit et de la liberté de la presse
dans la république.
Une discussion "à coeur ouvert"
Estimant que la discussion avait été menée à "cœur ouvert", Charles
Michel a insisté sur le fait qu'il était "nécessaire d'avoir une
discussion ouverte et honnête sans être trop diplomatique".
La Belgique et la Turquie divergent sur de nombreux points, mais les
deux dirigeants partagent l'avis que leurs pays nécessitent "plus de
dialogue" et doivent tout entreprendre pour "mieux coopérer sur divers
éléments", selon M. Michel.
La Turquie se situe dans le voisinage immédiat de l'Europe, souligne le
Premier ministre belge, si bien que le pays restera à l'avenir un
partenaire de discussion important dans le domaine de la migration, de
la lutte contre le terrorisme et de la stabilité dans la région.
Il a donc été question durant la rencontre de donner un nouvel élan à
la concertation bilatérale en matière de sécurité et justice, et de
partage de données dans la lutte contre le terrorisme.
Les valeurs fondamentales en Belgique
Une meilleure coopération avec Ankara ne signifie pas pour autant qu'il
faut "rester sourd ou aveugle", relève M. Michel. "J'ai rappelé que les
principes de démocratie, d'état de droit et de liberté de la presse
sont des valeurs fondamentales en Belgique".
Quant à l'adhésion de la Turquie à l'UE, le Premier ministre belge
estime que ce processus n'est actuellement "pas réaliste". "Ce qui est
nécessaire, c'est une coopération stratégique". (Belga, 25 sept 2018)
A l'approche des élections, un
projet de mosquée à Haren
Le bourgmestre de la Ville de Bruxelles Philippe Close (PS) a confirmé
lundi l'existence d'un projet de mosquée à Haren. Il a souligné que si
celui-ci devait se poursuivre, il devrait suivre la voie normale en
matière d'obtention des autorisations et permis requis."En tant que
bourgmestre, j'ai effectivement été sollicité par des citoyens qui
m'ont ainsi présenté un projet de mosquée", a répondu le maïeur à Johan
Van den Driessche (N-VA) qui l'interrogeait sur les informations
évoquant l'existence d'un projet de construction d'une mosquée d'une
capacité de 1.200 places dans cette partie de la Ville.
"J'ai entendu cette demande et pris connaissance d'une maquette. Rien
de plus. Ce projet, s'il devait se poursuivre, devra évidemment suivre
la voie normale en la matière - demande de permis, enquête publique,
etc.", a ajouté le bourgmestre.
Au passage, Philippe Close a souligné, à l'attention de l'élu N-VA, que
"ce projet, porté par des particuliers, n'impactera certainement pas
aussi significativement la vie de quartier que les projets qu'entend
développer le fédéral dans cette partie de la Ville. Je vise ici la
méga-prison de Haren ou encore un centre Fedasil à
Neder-over-Heembeek". (Belga, 24 sept 2018)
La procédure d’exclusion de
l’échevin Défi Saït Köse est engagée
La procédure d’exclusion l’échevin schaerbeekois Sait Köse des rangs de
Défi, le parti auquel il appartient, est engagée, a indiqué dimanche la
formation amarante.
M. Köse est inculpé pour des faits ne relevant pas de son mandat
politique. Il y a deux semaines, il a annoncé le retrait de sa
candidature sur la Liste du Bourgmestre de sa commune, Bernard
Clerfayt, sans démissionner pour autant de son parti, jusqu’à présent.
Un « comité de sages »
« La procédure d’exclusion de l’échevin S. Köse est engagée
puisqu’il n’a pas démissionné de son mandat dans le délai fixé alors
qu’il est inculpé pour des faits certes sans lien avec son mandat mais
d’une certaine gravité. Cohérence donc chez Défi », a affirmé
dimanche après-midi la formation amarante sur son compte Twitter.
Chez Défi, la procédure d’exclusion passe par la convocation d’un «
comité des sages » (sept personnes) et la possibilité pour la
personne concernée, d’y être entendue avant la décision finale, a
indiqué dimanche après-midi le secrétaire général du parti, Marc
Loewenstein.
Benoît Lutgen réagit
Interrogé dimanche sur la chaîne RTL-TVI, le président du CDH, Benoît
Lutgen, n’a pas manqué l’occasion qui lui était donnée de critiquer
l’attitude du président de Défi, Olivier Maingain, pour n’avoir
jusqu’ici pas concrétisé, à l’égard de M. Köse, ce qu’il prône à
l’échelle de l’ensemble des partis – à savoir la démission de tout
mandataire occupant une fonction exécutive en cas d’inculpation. (Le Soir, 23 sept 2018)
Un
nouveau candidat négationniste du PS à
Saint-Josse

Le 23 mai 2015 à Bruxelles... Safa Akyol, actuellement N°19 de la liste
du bourgmestre Emir Kır (PS), parle lors d'une manifestation contre la
reconnaissance du génocide de 1915.
http://m.rtl.be/videos/537470

Ardent admirateur
d'Erdogan et de Kir:
https://www.facebook.com/groups/672213746202585/permalink/1855890531168228/
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