Droits
de l'Homme / Human Rights
Access to Taksim is Banned on May Day
Upon the ban of Governorate for May Day celebrations on Taksim, the
Metropolitan Municipality announced that the metro and funicular
services to Taksim will be cancelled.
Also, in various districts there will be planned power cuts.
No Metro Services to Taksim Station
Hanged on the metro stations, the announcement of Istanbul Metropolitan
Municipality stated that the metro and funicular services to Taksim
station will be cancelled “until further notice”.
“On 1st of May, the metro services will be available only between Levent-Hacıosman stations.
“Until further notice, the metro services between Levent-Yenikapı and
the funicular services between Kabataş-Taksim will not be available.”
IETT announced that the Saturday’s transportation schedule will be applied due to the bank holiday on May Day.
Planned Power Cuts
In addition, BEDAŞ electricity company announced that no electricity
will be supplied to the several areas of Fatih, Küçükçekmece, Eyüp,
Esenyurt and Şişli districts on 1st of May due to “maintenance and
repair works” and “improvement works”.
Certain areas in which no electricity is supplied on 1st of May:
* Fatih district: in Cerrahpaşa Kocamustafapaşa neighboordhood; Koca
Mustafapaşa, Kuva-yi Milliye Caddeleri ile Şehit Turan Topal, Berber
Şefik, Emirler Çeşmesi, Kader, İzci Türk, Şırlayan, Cambaziye Mektebi
streets and around.
* Eyüp district: in Defterdar neighboorhood; Fıçıcılar Sokak and Samancılar, Otakçılar, Eyüp Bulvarı Avenue and around,
** Fatih district: in Süleymaniye neighborhood; Tesbihçi, Ağızlıkçı, Mangalcı, Şahande streets İsmetiye Avenue and around,
* Fatih district: in Mevlanakapı neighborhood; Mevlana, Küçük Saray,
Yayla Avenue and Hasırcı Melek, Necef, Asmalı Aktar, Katip Murta Camii,
Çorlulu Alipaşa, Masar Efendi, Kaşıkçı Mektebi, Şeyh Celal streets and
around,
* Küçükçekmece district: in Kartaltepe neighborhood; Özbey, Dilek,
Hisar, Tezcan, Değer, Ayla, Yalçın, Karadeniz, Şirin, Güler streets and
Köyümkent Blocks,
* Şişli district: in 19 Mayıs neighborhood; 19 Mayıs Avenue and Şeker,
Yaşar Doğu, Mumcu,Al Karanfil, Dr.Hüsnü İsmet Öztürk, Hamit Kaplan
streets,
* Esenyurt district: in Atatürk neighborhood; Saka, Kendir, Papağan streets and around,
* Fatih district: in Taya Hatun neighborhood; Bezciler, Celal Ferdi
Gökay, Sultan Mektebi, Aynacılar, Kılıçlar, Mahmutpaşa, Raştıkçı
streets and around.
(BIA, April 29, 2015)
Les meneurs présumés de la fronde anti-Erdogan de 2013 acquittés
Un tribunal d'Istanbul a spectaculairement acquitté mercredi les
meneurs présumés du collectif à l'origine des manifestations sans
précédent qui ont fait vaciller en juin 2013 le régime
islamo-conservateur de l'homme fort de Turquie, Recep Tayyip Erdogan.
Au terme de la septième audience d'un dossier que les ONG de défense
des droits de l'Homme ont qualifié de "procès de la honte", le
président de la cour a annoncé l'abandon, faute de preuves suffisantes,
des charges retenues contre les 26 ingénieurs, architectes, médecins ou
avocats présents dans le box des accusés.
"Nous évaluons votre situation au regard de la liberté d'opinion et
d'expression", leur a lancé le juge Onur Özsaraç, cité par l'agence de
presse Dogan. "Mais à une condition: faites attention à ce qu'il n'y
ait pas de violence", les a-t-il toutefois avertis.
A l'ouverture du procès en juin 2014, le procureur avait requis des
peines allant jusqu'à treize ans de réclusion contre les membres du
collectif Taksim Solidarité, notamment pour "participation à une
organisation criminelle".
"Nous avons tous été acquittés", s'est immédiatement réjouie à l'AFP
Mücella Yapici, la secrétaire générale du collectif. "C'était un procès
absurde qui avait pour seul objectif de faire de Taksim Solidarité une
organisation criminelle".
Juste avant le verdict du tribunal, les accusés ont une nouvelle fois
vigoureusement dénoncé les accusations qui pesaient contre eux.
"C'est un honneur pour moi d'être un des responsables de cette
organisation à ce procès", a déclaré à la barre une des membres du
collectif, Beyza Metin. "Il n'y aucune violence dans les activités de
Taksim Solidarité".
Sans précédent depuis l'arrivée du gouvernement islamo-conservateur au
pouvoir en 2002, le mouvement initié par le collectif a débuté fin mai
2013 par la mobilisation d'une poignée de militants écologistes opposés
à la destruction du désormais fameux parc Gezi, en lisière de
l'emblématique place Taksim d'Istanbul.
- Répression -
Après une violente intervention des forces de l'ordre le 31 mai, ce
combat s'est mué en une vague de contestation politique sans précédent
contre la dérive jugée autoritaire et islamiste du Premier ministre
Recep Tayyip Erdogan, aujourd'hui président.
Pendant trois semaines, plus de 3,5 millions de Turcs ont défilé dans
une centaine de villes du pays aux cris de "Erdogan, démission".
La violente répression alors ordonnée par le chef du gouvernement
contre ceux qu'il avait qualifiés de "terroristes" s'est soldée par au
moins 8 morts, plus de 8.000 blessés et des milliers d'arrestations et
a sérieusement écorné son image.
Dans la foulée de ces manifestations, le pouvoir a engagé des
poursuites judiciaires contre des centaines de manifestants et, fort de
sa légitimité électorale, s'est appliqué à étouffer dans l'oeuf toute
velléité de contestation.
Responsable de l'ONG Human Rights Watch (HRW) en Turquie, Emma
Sinclair-Webb a jugé mercredi l'acquittement de mercredi "sans
importance" pour les autorités. "Contraindre leurs critiques à se
défendre devant un tribunal est un moyen (pour elles) de les
discréditer et de les harceler", a-t-elle estimé sur son compte Twitter.
Symbole de la contestation, la place Taksim d'Istanbul est ainsi depuis
2013 systématiquement interdite aux rassemblements publics. Des
milliers de policiers ont ainsi été mobilisés pour empêcher les
syndicats d'y fêter ce vendredi le 1er mai, fête du travail, laissant
augurer de nouvelles violences.
L'an dernier, les affrontements entre manifestants et forces de l'ordre
s'étaient soldés par 90 blessés et 142 interpellations, selon le bilan
officiel des autorités locales.
Ce 1er mai sera le premier depuis l'adoption par le Parlement turc
d'une nouvelle loi très controversée dite de "sécurité intérieure", qui
a considérablement renforcé les pouvoirs de la police contre les
manifestants.
Sitôt acquittée, Mücella Yapici a défié le gouvernement en appelant les
syndicats à manifester sur la place Taksim. "Le 1er mai, nous serons à
Taksim", a-t-elle lancé. (AFP, 29 avril
2015)
Libération d'un avocat écroué pour avoir "insulté" Erdogan
Un jeune avocat écroué pendant une semaine pour avoir "insulté" le
président islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan lors d'un
concours de la magistrature a été libéré mercredi mais sera jugé, ont
rapporté les médias.
"Vous n'allez de toute façon pas retenir ma candidature, vous êtes tous
des fascistes, des hommes d'Erdogan", aurait dit le jeune avocat Umut
Kiliç aux examinateurs le 22 avril dans la ville d'Afyon (ouest), ce
qui lui a valu d'être incarcéré pour "insulte" au président de la
République.
Son incarcération a provoqué la colère des associations qui défendent la liberté d'expression.
Un tribunal de cette même ville a décidé de le remettre en liberté dans
l'attente de son procès où il risque un maximum de quatre ans de prison
pour avoir "porté atteinte à l'image" du chef de l'Etat et insulte à
des fonctionnaires, selon le journal en ligne Radikal.
Depuis son arrivée au pouvoir en 2003, M. Erdogan, Premier ministre
jusqu'en août 2014, avant d'être élu à la magistrature suprême, a
multiplié les plaintes en diffamation ou insulte contre ses
adversaires, qu'il s'agisse d'adversaires politiques, de journalistes,
d'artistes ou de simples citoyens.
L'opposition turque, qui dénonce régulièrement la dérive autoritaire du
régime islamo-conservateur au pouvoir depuis 2002, a exigé l'abrogation
de l'article 299 très controversé du code pénal qui punit 'l"insulte"
au chef de l'Etat, estimant qu'il porte atteinte à la liberté
d'expression. (AFP, 29 avril
2015)
"The symbol of the Violence in Prisons: Şakran Prison”
In their joint declaration today (April 28), Juvenile Prisons Must be
Banned Initiative and Contemporary Lawyers Association (ÇHD) demanded
the audit of the prisons by the independent institutions and the urgent
ban of the juvenile prisons.
The declaration emphasized that the officials who are responsible from
the violation of rights in Şakran, should be investigated efficiently
and tried.
“Having widespread media coverage ever since it’s opening, the
Aliağa-Şakran Prison is the leading prison among the all other prisons
in which systematic oppression and torture are applied. Aliağa-Şakran
prison has become the actual address of torture, oppression, violence
and abuse.
“During the audits of human rights associations, lawyers, bars, and MPs, the evidences of oppressions were found.
The letter of the women prisoners
The prison recently has come to the fore with the letter of women prisoners.
The declaration addressed to this letter as well.
“According to the letter sent by imprisoned women in Şakran prison, due
to being pregnant, two girls under the age of 18 exposed to the
confinement torture despite having acute pains; being a non-sane, a
woman prisoner was exposed to torture and made to sleep with unknown
pills.”
Also, the letter stated that a woman prisoner were kept in a cold cell
alone due to self-harm, and exposed to torture by scalding.
Auditing the prison upon the letter, the lawyers from Contemporary
Lawyers Association and Libertarian Lawyers' Association pointed out
that “women prisoners are treated badly, and not transferred to
hospital; women, who have to be in prison with their children, are
forced to make baby food with cold water and are not provided heaters.”
Abuse of rights
In the declaration, several examples regarding the abuse of rights in Şakran were provided. Some of them are as below:
* The prisoners, who were transferred from other prisons, were subjected to the strip search forcibly in the entrance.
* The prisoners, who protested the strip search and unlawful
treatments, received disciplinary punishments. Also they punished with
20-days solitary confinements.
* Upon the talks of the lawyers with the children inmates it’s revealed
that; previously suffered from sexual abuse in Pozantı Prison, the
children inmates, who relegated to Şakran Juvenil Prison, also exposed
to the same sexual abuse and physical oppression in Şakran as well.
* In the report issued regarding Şakran Women Prison on 01/01/2015 upon
the appeal of the human rights’ organizations, lawyers’ associations
and women prisoners, it was stated that the women prisoners are exposed
to strip search, these searches are done by oppression, personal
stuffs, letters and photos are damaged, the women suffer from sexual
abuse during the strip search.
* It’s found that “preventing sleep", a method which is recognized as a
torture by European Court of Human Rights, were applied, and the
psychology of the prisoners were damaged.
Infiltrating the press, the internal correspondence of the prison on
February 2015 revealed that the children sexually abuse and use
violence to each other, and especially weak children are exposed to any
kind of oppression and abuse. (BIA, April 28, 2015)
Polémique autour d'une décision de justice favorable à la bête noire du régime
Le conseil supérieur de la magistrature turc (HSYK) a suspendu lundi
trois juges qui avaient décidé de remettre en liberté des détenus
accusés d'être proches de l'imam Fethullah Gülen, la bête noire du
pouvoir islamo-conservateur, provoquant une vive polémique.
Samedi, ces trois magistrats d'un tribunal d'Istanbul ont créé la
surprise en ordonnant la libération de Hidayet Karaca, patron du groupe
de presse Samanyolu, et de 74 policiers arrêtés à la fin de l'an
dernier pour, selon la justice, avoir comploté contre le régime du
président Recep Tayyip Erdogan, qui dirige le pays 2003.
Le procureur s'est immédiatement opposé à cette décision, qu'il a jugée illégale.
Lors d'une réunion publique dans la cadre de la campagne pour les
élections législatives du 7 juin, le Premier ministre Ahmet Davutoglu a
accusé dès dimanche à Erzincan (est) les magistrats à l'origine de la
décision d'avoir "reçu un ordre de la Pennsylvanie", l'État des
États-Unis où M. Fethullah Gülen s'est retiré.
Dans leurs éditions de lundi, les journaux de la presse proches du
gouvernement ont mis en cause les juges, traités en "une" de "traîtres".
De leur côté, les avocats des détenus ont dénoncé la non-application de la décision du tribunal d'Istanbul.
Avant de s'envoler pour le Koweït, M. Erdogan est lui-même intervenu
dans le débat en accusant les trois magistrats d'"usurpation de
pouvoirs". Réuni en urgence lundi, le HSYK les a suspendus à titre
disciplinaire, ont rapporté les médias.
Depuis la fin 2013, M. Erdogan a procédé à de vastes purges dans la
police, la magistrature et la fonction publique en limogeant ou
arrêtant des centaines de personnes soupçonnées d'être proches de
l'organisation de M. Gülen.
Dans un discours prononcé lundi devant MM. Erdogan et Davutoglu, le
président de la plus haute instance judiciaire du pays, la Cour
constitutionnelle, a insisté sur le respect du principe de "séparation
des pouvoirs". "Là où le pouvoir n'est pas limité par les lois, les
droits et les libertés sont en danger", a mis en garde Zühtü Arslan. (AFP, 27 avril
2015)
Paralysis of justice system as court ruling not enforced
Turkey has, perhaps for the first time, seen a public prosecutor
prevent the implementation of a court decision, regarding a recent
ruling for the release of journalist Hidayet Karaca, the top executive
of the Samanyolu Media Group, and 63 police officers who are being held
in pre-trial detention at Silivri Prison.
Although an İstanbul court on Saturday night ruled for the release of
Karaca and the police officers who have been detained for several
months pending trial, the court's ruling was not enforced by the public
prosecutors who were on duty on Saturday and Sunday.
Legal experts say it is incomprehensible to block the implementation of
a court ruling once it is handed down, noting that such a move is in
violation of the law.
İstanbul Chief Public Prosecutor Hadi Salihoğlu allegedly held an
emergency meeting at the İstanbul Courthouse to prevent the entry of
the ruling in the judicial network, the National Judiciary Network
Project (UYAP).
Former public prosecutor Gültekin Avcı, who is among the lawyers
representing Karaca, said nobody can prevent a ruling from being
enforced. He said it does not matter whether a court ruling appears in
the UYAP system or not, as it is enough for the ruling to be submitted
to the prison administrators personally.
Avcı, speaking to the Cihan news agency, said the prosecutor on duty on
Saturday night told him that he could not implement the release verdict
and "appeared nervous and fearful." Avcı commented that prosecutors are
not authorized to override the decisions of judges. "Once again, we are
facing a severe violation of the law," Avcı said.
Lawyer Ömer Turanlı, who is among the lawyers representing several
jailed police officers, also said any attempt to block the
implementation of the court ruling constitutes a crime.
On Sunday, the prosecutor on duty changed, yet the new prosecutor also
failed to take the necessary action for the release of Karaca and the
jailed police officers.
Fikret Duran, another of Karaca's attorneys, said in a statement read
in front of the İstanbul Courthouse on Sunday that the prosecutors are
cornered between being sent into professional exile and committing a
crime, adding that, on behalf of the Turkish judiciary, he is ashamed
of this situation.
He said the lawyers of the suspects for whom release had been ordered
could not meet with the prosecutor on duty on Saturday night despite a
series of attempts and that the prosecutor told them that Deputy Chief
Public Prosecutor Orhan Kapıcı told him not to send the court decision
to the Silivri Prison administration to prevent it from being enforced.
Duran said pressure continued when the new prosecutor came on duty on
Sunday, and that he also failed to enforce the court's ruling to
release their clients.
The lawyer said that public prosecutors have no authority to make an
assessment of the court's rulings and prevent their enforcement.
Duran also said that Karaca's lawyers will file a criminal complaint
against the prosecutors on duty on Saturday and Sunday, as well as
Deputy Chief Public Prosecutor Orhan Kapıcı, on charges of illegally
limiting the freedom of his client and that they will also take the
case to the European Court of Human Rights (ECtHR).
On Sunday İstanbul Chief Public Prosecutor Salihoğlu released a written
statement describing the İstanbul 32nd Court of First Instance's
release decision as null and void based on an earlier ruling from the
10th Penal Court of Peace which rejected the suspects' requests for
release and ordered the continuation of their incarceration.
Salihoğlu's statement drew criticism from the lawyers representing Karaca and the jailed police officers.
Attorneys Avcı and Turanlı made a statement later in the day and
accused Salihoğlu of laying waste to the law. They said the 10th Penal
Court of Peace is a lower court than the İstanbul 32nd Court of First
Instance, and as such its decision cannot override that of the higher
court.
The lawyers also said that Salihoğlu had committed a crime and gone
beyond the scope of his authority by making such a statement. They said
Salihoğlu violated Articles 277 and 288 of the Turkish Penal Code (TCK)
regarding intervention in the judiciary.
In the meantime, Republican People's Party (CHP) deputy Mahmut Tanal
warned on Sunday that the judge who ruled for the release of journalist
Karaca and the jailed police officers might be reassigned by the
government.
“Unfortunately, judges who have made decisions that the government did
not like though they were in compliance with law have either been
investigated or reassigned. That judge could also be reassigned,” he
said.
Independent deputy Hakan Şükür said the pressure on the members of the
judiciary is very obvious. He commented it is like a crisis desk has
been set up and orders are sent to it from the government.
(TODAY'S
ZAMAN, April 26, 2015)
Un ex-magistrat menacé de prison à vie pour un enregistrement visant Erdogan
Un ex-magistrat turc a annoncé samedi qu'il avait été inculpé pour des
faits de "terrorisme" et risquait la prison à vie pour avoir diffusé un
enregistrement mettant en cause le président turc Recep Tayyip Erdogan
dans une affaire de corruption.
Ancien procureur, Gültekin Avci a indiqué sur son compte Twitter qu'il
était poursuivi pour "association de malfaiteur en relation avec une
entreprise terroriste" et "tentative de complot contre le gouvernement".
Il a ajouté qu'il encourait une peine maximale de réclusion à
perpétuité pour avoir mentionné dans un de ses tweets un lien avec
l'enregistrement d'une conversation téléphonique largement diffusée
depuis plus d'un an, dans lequel M. Erdogan demande à son fils Bilal de
faire disparaître 30 millions d'euros en liquide.
Cette bande sonore, fruit d'écoutes téléphoniques illégales qui ont
visé l'homme fort du pays, alors Premier ministre, avait été publiée
pour la première fois en février 2014, après l'ouverture d'une enquête
pour corruption qui a visé plusieurs membres du gouvernement
islamo-conservateur ou proches du régime turc.
M. Erdogan qui a été élu chef de l'Etat en août dernier, a démenti
l'authenticité de ces conversations enregistrées, parlant d'un "montage
abject".
Il a accusé l'organisation de l'imam Fethullah Gülen, longtemps un de
ses alliés politiques, d'avoir fabriqué de toutes pièces les
accusations de corruption visant ses ministres et ses proches dans le
cadre d'un "complot" visant à le renverser.
Depuis cette affaire, M. Erdogan a déclaré la guerre à M. Gülen, qui
vit aux Etats-Unis, et multiplié les purges et les arrestations contre
son organisation.
Aujourd'hui avocat, M. Avci défend notamment les intérêts d'un
journaliste, Hidayet Karaca, détenu depuis quatre mois dans le cadre
d'une enquête judiciaire visant un groupe de presse proche de
l'organisation Gülen. (AFP, 25 avril
2015)
Condamné à 11 ans de prison pour avoir tenté de tuer Erdogan
Un tribunal d'Istanbul a condamné
vendredi à onze ans et huit mois de prison un homme reconnu coupable
d'avoir tenté d'assassiner il y a un an l'actuel président Recep Tayyip
Erdogan, a rapporté l'agence de presse gouvernementale Anatolie.
Selon la justice turque, Ferhat Yildiz a dégainé une arme à feu à moins
de 3 mètres de M. Erdogan, alors Premier ministre, lors d'une cérémonie
d'inauguration qui se déroulait dans le quartier de Sultanbeyli, sur la
rive européenne d'Istanbul.
Mais, pour une raison inconnue, le coup n'est pas parti quand il a
pressé la détente et l'homme a été rapidement maîtrisé par le service
de protection du chef du gouvernement.
A la barre du tribunal, l'accusé a expliqué son acte comme un "geste de
protestation" et qu'il n'avait aucune intention de tuer M. Erdogan.
"Je me suis approché de lui une fois que son convoi était passé devant
moi. Il n'était pas possible de toucher le Premier ministre de
l'endroit où je me trouvais. Je regrette sincèrement ce que j'ai fait,
même si ça n'était qu'un geste de protestation", a-t-il plaidé.
Le procureur avait requis contre lui une peine de vingt-six ans de
réclusion, finalement ramenée à onze ans et huit mois au motif que sa
tentative avait échoué.
Ses détracteurs accusent volontiers M. Erdogan, maître du pays depuis
2003, de mégalomanie et de folie des grandeurs. En mars, son médecin
avait révélé qu'il faisait goûter tous ses plats avant de les manger
par crainte d'assassinat. (AFP, 17 avril
2015)
15 personnes risquent la prison pour avoir manifesté contre la construction d'une mosquée
Un procureur turc a requis de lourdes peines de prison contre 15
manifestants écologistes qui avaient manifesté l'an dernier contre la
construction controversée d'une mosquée sur un espace vert d'Istanbul,
a-t-on appris jeudi de source judiciaire.
Le magistrat a demandé des peines de un an et 7,5 ans de prison pour
avoir enfreint la loi sur les manifestations et pour avoir "attaqué à
coup de pierres et de bouteilles les forces de l'ordre dans l'exercice
de leurs fonctions", a-t-on précisé de même source.
La date de l'ouverture de leur procès n'a pas encore été fixée.
En décembre dernier, une série de manifestations violemment réprimées
par la police ont eu lieu dans le quartier de Validebag, situé dans le
district d'Üskudar de la rive asiatique de la mégapole, où les
autorités municipales avaient donné leur feu-vert à la construction
d'une grande mosquée sur l'un des rares espaces verts de la zone qui
abrite aussi des oiseaux migrateurs.
Les habitants s'étaient élevés contre le projet qui prévoit l'arrachage
d'arbres car, avancent-t-il, la zone abrite déjà 26 mosquées.
Malgré une injonction de la justice censée arrêter le projet, le chantier a continué, protégée par la police anti-émeutes.
Le régime islamo-conservateur turc qui dirige la Turquie depuis 2002, a
fait construire de nombreuses nouvelles mosquées à travers la Turquie.
Il s'est cependant affronté à l'opposition des habitants de grandes
villes comme Istanbul où, en été 2013, un projet d'arrachage d'arbres
sur la place centrale de Taksim s'est mué en un mouvement de
contestation politique sans précédent. (AFP, 9 avril
2015)
Erdoğan approves law bringing draconian security measures
Turkish President Recep Tayyip Erdoğan on Friday approved Turkey's new
and controversial internal security law, which has been at the center
of domestic and foreign criticism for granting extensive powers to
police officers and provincial governors.
The domestic security package, fiercely opposed by opposition parties,
was passed in Parliament late last month after more than a month of
struggle that included brawls and rising tension between opposition and
ruling Justice and Development Party (AK Party) deputies. The initial
132 articles of the proposal were reduced to 68 after the ruling party
removed those it did not consider highly important in order to allow
for the swift passage of the remaining articles.
Critics say the legislation, which expands police powers, gives the
government the power to crush dissent ahead of the June 7 parliamentary
elections and paves the way for a police state.
The domestic security package has been criticized for giving the police
broader authority to use their weapons and also grants the Interior
Ministry, governors and district governors extensive powers -- another
disputed aspect of the bill.
The package also expands the scope of the definition of “other weapons”
carried and used by protesters during demonstrations that justify a
police officer firing his gun. For example, fireworks will be
considered a weapon and a police officer will be able to fire at
protesters who carry or use fireworks.
With the passage of the domestic security package, provincial governors
and district governors are now able to instruct and command police and
gendarmerie forces to investigate criminal activity, whereas previously
only public prosecutors were able to wield this authority.
The domestic security package, which has been said to resemble
practices used during periods of military rule, dictates that damage to
public property be paid for by the perpetrator. Also, those chanting
the slogans of outlawed organizations during protests and those
carrying banners and emblems of outlawed groups will now be charged
with prison sentences ranging from six months to three years.
According to the law, firearms, Molotov cocktails, improvised
explosives and fireworks, which were already classified as illegal,
will now all be classified as assault weapons. Those involved in such
actions and those who hide their faces with masks so as not to be
identified will be charged with a sentence ranging from six months to
four years.
The adoption of the domestic security package also means police
colleges and the police academy, which prepares administrative
personnel for the police force, will be shut down. Current students
will be transferred to suitable schools based on their exam grades,
while tutors of the police colleges and academies will become Ministry
of Education staff. (TODAY'S
ZAMAN, April 3, 2015)
Erdogan veut remplacer la sécurité privée par la police devant les bâtiments publics
Le président turc Recep Tayyip Erdogan veut remplacer les agents de
sécurité privés qui assurent la surveillance des bâtiments publics par
des policiers, après les deux attaques meurtrières perpétrées à
Istanbul, a rapporté vendredi la presse locale.
"Je vais proposer à mes amis (le gouvernement) qu'ils suppriment
purement et simplement les agents de sécurité privés", a déclaré M.
Erdogan aux journalistes qui l'accompagnaient dans son avion de retour
de Roumanie mercredi soir.
"La Turquie dispose de forces de police. Elles doivent assurer la
protection des tribunaux. Les entreprises de sécurité privées doivent
être supprimées", a insisté le chef de l'Etat cité par la presse, "je
pense que ce serait une décision historique".
Mercredi, une femme présentée comme membre d'un groupe radical
d'extrême gauche a ouvert le feu à l'arme automatique sur le quartier
général de la police à Istanbul, avant d'être tuée par les forces de
l'ordre.
La veille, deux militants armés se revendiquant du même mouvement, le
Parti/Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C), se sont
introduits dans un tribunal stambouliote en se faisant passer pour des
avocats et ont retenu en otage un magistrat. Les deux hommes et le
procureur sont morts à l'issue d'une intervention de la police.
La surveillance de ces deux sites ouverts au public est assurée par des gardes privés.
Selon les statistiques officielles, la police turque employait 270.000
personnes en 2014 et les compagnies de sécurité privées un nombre
équivalent au 1er avril 2013.
M. Erdogan a souhaité que la police assure désormais la surveillance de
sites comme les palais de justice, les hôpitaux ou les stades de
football.
Il s'est également prononcé pour la fouille corporelle des avocats.
"Tous les officiels, y compris les avocats, doivent être fouillés à
l'entrée des tribunaux", a jugé le président.
Jeudi, des échauffourées ont éclaté à l'entrée du palais de justice
d'Istanbul, théâtre de la prise d'otage, entre les forces de l'ordre et
des avocats qui refusaient d'être fouillés. Deux d'entre eux ont été
placés en garde à vue, a-t-on appris auprès du barreau.
(AFP, 3 avril
2015)
Photo of handcuffed students laying on the floor reminds Sept 12 Terror

The three recent terror acts in Istanbul that have shaken Turkey are
linked under a “master plan,” Education Minister Nabi Avcı has claimed,
while a photo showing university students being detained by the police
has been criticized.
“We know that these acts of terror were carried out mostly by
subcontractors. We know that these kinds of organizations are prone to
mercenary operations. That is why we can say that these operations were
carried out considering the upcoming the elections,” Avcı told Anadolu
Agency in an interview on April 2.
The terror acts that he was referring to are attacks on the Istanbul
Courthouse that left one prosecutor dead, the attack on the AKP’s
office in Istanbul’s Kartal district, and the attempted armed attack on
the Istanbul Police Headquarters. The first and third of these attacks
were carried out by members of the outlawed far-left Revolutionary
People’s Liberation Party-Front (DHKP/C), whose three terrorists were
also killed by the police.
“Throughout our history, people have always tried to create a
perception that there is a weakness in the management. This usually
happens when there are strong governments running in the elections,”
Avcı said.
“Now they are trying to create a sense of insecurity in the public
opinion and with citizens on the street … We cannot deny the
psychological effect of terror on citizens, and that is why these
events have taken place before the elections,” he added.
More than 20 students at Istanbul University were detained on suspicion
of helping the courthouse attack. A photo showing them laying on the
floor of the university building handcuffed behind the back was widely
criticized on social media April 2. Quoting one of the students, Bianet
news website reported April 2 that the students waited in handcuffs for
nine hours before they testified.
Tensions have also risen after a new body search process was
implemented by security forces on lawyers entering Istanbul’s Çağlayan
courthouse after the death of the prosecutor.
Following the hostage situation in the courthouse, security forces
began searching lawyers with hand detectors, while angered lawyers have
demanded to speak directly with a prosecutor on the issue. Since the
implementation of the new procedure lawyers and security forces have
occasionally clashed, as many lawyers have been forced to wait in a
long queue outside the courthouse.
In addition, the lawyers denounced the new regulation, saying it is
illegal to search lawyers with hand detectors and X-ray equipment. (BIA, April 2, 2015)
La traque à la gauche radicale continue après deux attaques meurtrières
La police turque a poursuivi jeudi sa vague d'arrestations dans les
milieux de la gauche radicale après deux attaques meurtrières
successives à Istanbul qui ont nourri les tensions politiques à deux
mois des prochaines élections législatives.
Au petit matin, les unités antiterroristes de la sûreté, soutenues par
des blindés et un hélicoptère, ont investi le quartier stambouliote
d'Okmeydani, un repaire de la gauche radicale, et interpellé une
vingtaine de personnes proches du Parti/Front révolutionnaire de
libération du peuple (DHKP-C), auquel les deux opérations ont été
attribuées.
Dix autres ont été placées en garde à vue à l'issue d'un autre raid à Karabük (nord).
Cette descente de police intervient au lendemain de l'attaque qui a
visé la direction de la police stambouliote. En fin d'après-midi, une
femme porteuse de deux grenades a été tuée par la police alors qu'elle
ouvrait le feu sur le bâtiment.
Les médias turcs ont identifié l'assaillante comme étant Elif Sultan
Kasem, 28 ans, une militante de longue date du DHKP-C, connue des
services de police.
Le groupe radical lui avait attribué un attentat-suicide à la bombe
commis en janvier contre un bureau de police du quartier touristique de
Sultanahmet, avant que les autorités n'identifient la kamikaze comme
étant une Russe mariée à un jihadiste de retour de Syrie. La jeune
femme avait disparu depuis.
Mardi, deux militants armés du DHKP-C avaient retenu pendant six heures
un magistrat au palais de justice d'Istanbul et menacé de le tuer.
L'intervention des forces de l'ordre s'est soldée par la mort des
preneurs d'otages et du procureur Mehmet Selim Kiraz.
Selon le quotidien Hürriyet citant des sources policières, l'autopsie
du magistrat a montré qu'il avait été atteint par des balles tirées par
les deux militants.
Les deux hommes exigeaient la mise en cause des policiers responsables
à leurs yeux de la mort d'un adolescent, Berkin Elvan, des suites d'une
blessure provoquée par une grenade lacrymogène lors de la fronde
antirégime de 2013.
En charge de l'enquête, le procureur Kiraz n'avait encore inculpé aucun policier.
- 'Complot' -
Le décès du jeune homme en mars 2014, après 269 jours de coma, avait provoqué des manifestations massives dans tout le pays.
Pour l'opposition turque, son nom est devenu un symbole de la dérive
autoritaire et islamiste du régime islamo-conservateur du président
Recep Tayyip Erdogan, qui dirige sans partage la Turquie depuis 2003.
Le DHKP-C, qui a commis depuis les années 1990 de nombreux attentats
contre des cibles représentant l'Etat, a clamé vouloir "venger" Berkin
Elvan.
Une trentaine de ses militants ont déjà été arrêtés mercredi dans plusieurs villes du pays.
Les deux attaques d'Istanbul ont ravivé le souvenir des attentats des
années 1990 et attisé les tensions politiques, déjà vives à la veille
des législatives du 7 juin.
Jeudi, le ministre de l'Enseignement, Bakan Avci, a attribué les
attaques du DHKP-C à un "complot". "Nous avons l'habitude de ces
méthodes à chaque élection", a déclaré M. Avci à l'agence de presse
gouvernementale Anatolie, "c'est un plan pour nous renverser".
La veille, le Premier ministre Ahmet Davutoglu a dénoncé, après avoir
assisté aux obsèques du procureur tué mardi, une "alliance du mal" dans
laquelle il a rangé pêle-mêle les "terroristes" et les manifestants
antigouvernementaux de 2013.
Il a menacé de la plus extrême fermeté tous ceux qui seraient tentés de
défier son gouvernement. "Si quelqu'un manifeste le visage caché ou
avec des cocktail Molotov, je le préviens, ce ne sera pas toléré !",
a-t-il lancé.
En réponse, l'opposition a dénoncé les ratés de la politique de sécurité du gouvernement.
Le Parti démocratique populaire (HDP, prokurde) a exigé "tous les
détails" sur la mort du procureur, alors que le chef du Parti
républicain du peuple (CHP), Kemal Kiliçdaroglu, a exhorté le régime à
retrouver "calme et bon sens" pour ramener l'ordre dans le pays.
M. Erdogan s'est fixé comme objectif de rafler 400 des 550 sièges de
députés lors des prochaines législatives, afin de pouvoir amender à son
gré la Constitution.
(AFP, 2 avril
2015)
Lawyers protest against tight measures taken in İstanbul Courthouse

Strict security measures taken at the İstanbul
Courthouse (Çağlayan Courthouse), where a prosecutor was killed after
being taken hostage by two gunmen on Tuesday, have led to heated
arguments after police officers attempted to search lawyers entering
the courthouse.
Two gunmen from a banned leftist group -- the
Revolutionary People's Liberation Party/Front (DHKP/C) -- and
Prosecutor Mehmet Selim Kiraz, died on Tuesday after a shootout with
special forces. Kiraz had been overseeing an investigation into the
killing of Berkin Elvan, a teenager who was hit by a tear gas canister
fired by the police during the Gezi Park protests in the summer of 2013.
After one of the most dramatic hostage events in
recent history, strict security measures were taken at the courthouse
but when police officers attempted to search lawyers entering the
courthouse, some lawyers refused to be searched and as a result were
denied access.
Furthermore, an X-ray machine has been installed at
the courthouse entrance specially designated for lawyers. Some lawyers
also refused to pass through the machine and were therefore also
prevented from entering the courthouse.
In protest of the detailed searches of lawyers, a
female lawyer -- Özlem Özkan -- took off some of her clothes in front
of the new X-ray machine on Thursday. Özkan also quarreled with some of
the police officers waiting in front of the checkpoint.
While some lawyers quarreled with the police
officers at the checkpoint, another group of angry lawyers entered the
courthouse forcibly without undergoing the security checks. The lawyers
shouted slogans saying that they will never accept being searched as
searching a lawyer is unlawful.
Those lawyers who forcibly entered the courthouse
made a statement to the press inside the courthouse. Speaking on behalf
of the lawyers, lawyer Volkan Gültekin said that some of their
colleagues were forced to pass their bags through the X-ray machine,
which is illegal.
Gültekin said that such searches can be performed
with a court decision, adding: “We asked to see a court decision but
they [the police] did not show us such a decision. They said that they
do not have such a court decision. Then we asked for a written order
from the prosecutor's office, but they said they have just a verbal
order.
Speaking with the press in front of the courthouse
on Thursday, the İstanbul Bar Association's regional representative for
the İstanbul Courthouse, Betül Yergök, said they already knew that
increased security measures would be taken at the courthouse after the
prosecutor's death, but the fact that lawyers are being directly
targeted by the police is unacceptable.
“We were subjected to some extreme treatment from
the police,” said Yergök, who went on to explain: “They [the police]
attempted to search the inside of our bags apart from just checking our
identity cards. They also threatened to search our person if we refused
to allow them to search our bags. Then we asked if there was any
written court decision for this. They said there was no written
decision but a verbal one. They also added that a written decision will
also be issued soon and that they were ordered to conduct the
searches,” Yergök explained.
Yergök said it is normal for the police to check ID
cards, but that police do not have the legal right to search lawyers'
bags via X-ray machines or search lawyers. He also added that some
lawyers additionally received insulting remarks and treatment from the
police officers.
“Some colleagues accepted having to pass through the
X-ray machine and being searched by the police because they were late
to attend their hearings. Some heated arguments erupted between the
police officers and lawyers who refused to be searched. We, as lawyers,
made an official report on the maltreatment the lawyers were exposed
to. An increasing number of colleagues are putting their signatures on
this report,” concluded Yergök.
In the meantime, long queues formed in front of the
courthouse as all others entering the courthouse were exposed to
detailed searches before they were allowed to enter into the İstanbul
Courthouse on Thursday.
(TODAY'S
ZAMAN, April 2, 2015)
La Turquie sous tension après une nouvelle attaque meurtrière
La police turque a tué mercredi une femme, apparemment porteuse de
grenades, qui visait le quartier général de la police d'Istanbul, au
lendemain d'une prise d'otage meurtrière dans un tribunal de la ville
qui a placé le pays sous haute tension.
Selon le gouverneur de la plus grande ville de Turquie, cette femme et
un complice ont ouvert le feu en fin d'après-midi sur le bâtiment qui
abrite la direction de la police, provoquant la riposte immédiate des
agents en charge de sa protection.
"Une femme terroriste a été tuée lors de cet échange, elle portait sur
elle une bombe et une arme à feu", a indiqué Vasip Sahin, qui a ajouté
qu'un policier avait été légèrement blessé pendant la fusillade.
Également blessé, le second assaillant a été arrêté peu après par les
forces de l'ordre, selon les chaînes d'information NTV et CNN-Türk.
Les médias turcs ont précisé que la victime, dont l'identité et les
motivations n'ont pas été immédiatement révélées, était porteuse de
deux grenades à main.
Cette nouvelle attaque intervient moins de vingt-quatre heures après la
dénouement sanglant d'une prise d'otage survenue dans un tribunal de la
ville.
Après six heures de vaines négociations, la police est intervenue mardi
contre deux militants armés proches d'un groupe marxiste radical qui y
retenaient un magistrat et menaçaient de le tuer. Les deux preneurs
d'otages été tués, ainsi que le procureur Mehmet Selim Kiraz, dans des
circonstances qui restent à établir.
Mercredi matin, la police turque a lancé un important coup de filet qui
a abouti à l'interpellation d'une trentaine d'étudiants à Antalya
(sud), Izmir (ouest) et Eskisehir (centre), tous soupçonnés de liens
avec le Parti/Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C)
qui a revendiqué la prise d'otage.
Selon l'agence de presse Dogan, la police soupçonnait les personnes
arrêtées de préparer des opérations similaires à celle menée au palais
de justice d'Istanbul.
Interrogé par Dogan, un avocat des étudiants arrêtés à Antalya a démenti ces allégations.
Considéré comme un mouvement terroriste par Ankara, le DHKP-C s'est
illustré depuis le début des années 1990 par de nombreux attentats,
ciblant notamment les autorités ou, en 2013, l'ambassade des Etats-Unis
à Ankara.
A deux mois des élections législatives du 7 juin, le Premier ministre
islamo-conservateur Ahmet Davutoglu a promis mercredi la plus extrême
fermeté contre ce qu'il a qualifié d'"alliance du mal", dans laquelle
il a rangé aussi bien les auteurs de l'attaque de mardi que les
manifestants qui ont défié son régime dans la rue en 2013.
"Nous ne tomberons pas dans ce piège, nous ne leur sacrifierons pas ce
pays (...) si quelqu'un manifeste le visage caché ou avec des cocktail
Molotov, je le préviens, ce ne sera pas toléré !", a-t-il tonné après
avoir assisté aux obsèques du procureur.
Un peu plus tôt, des centaines de magistrats et d'avocats ont rendu
hommage à leur collègue dans le palais de justice où il a trouvé la
mort, sous une immense banderole proclamant "Nous ne t'oublierons pas,
toi notre martyr".
"C'est un héros", a lancé de son côté le président Recep Tayyip
Erdogan, qui a décidé d'écourter sa visite officielle en Roumanie en
raison des événements. "Il est essentiel que ceux qui croient à la
démocratie se lèvent contre ces attaques", a-t-il lancé.
Le procureur Kiraz enquêtait depuis plusieurs mois sur les
circonstances de la mort de Berkin Elvan, un adolescent de 15 ans
décédé le 11 mars 2014 après 269 jours d'un coma provoqué par le tir
d'une grenade lacrymogène de la police à Istanbul lors de la fronde
antigouvernementale de juin 2013.
Selon les médias turcs, le commando qui a pris le magistrat en otage
exigeait que les policiers à ses yeux responsables de la mort de Berkin
Elvan fassent une "confession publique" et qu'ils soient traduits
devant un "tribunal du peuple".
Aucun policier n'a pour l'heure été mis en cause dans l'enquête sur sa mort.
En mars 2014, l'annonce de son décès avait fait descendre des centaines
de milliers de personnes dans les rues de Turquie. L'adolescent est
devenu un symbole de la dérive autoritaire que ses adversaires
reprochent à M. Erdogan.
Le chef de l'Etat s'est fixé comme objectif de rafler 400 des 550
sièges de députés lors des prochaines législatives, afin de pouvoir
amender à son gré la Constitution. (AFP, 1 avril
2015)
Pression
sur les médias / Pressure on the Media
Une célèbre chanteuse interrogée pour un hommage vidéo à une victime de la police
L'une des plus célèbres chanteuses pop turques a été interrogée par la
justice turque pour être apparue dans une vidéo rendant hommage à un
jeune de 15 ans dont la mort a nourri la révolte contre le régime du
président Recep Tayyip Erdogan.
Connue pour son militantisme, Sevval Sam a été interrogée mardi par un
procureur d'Istanbul dans le cadre d'une enquête pour "incitation au
crime" ouverte la semaine dernière contre une dizaines d'artistes qui
ont participé à la réalisation de cette vidéo, a rapporté mercredi le
quotidien Milliyet.
"J'ai participé à cette vidéo afin d'éviter la mort d'enfants. Je
n'avais pas l'intention de provoquer les gens", a répondu Sevval Sam,
citée par Milliyet, au procureur.
Intitulée "Pour la justice et pour Berkin", ce clip en noir en blanc a
été diffusée en mars pour commémorer le premier anniveraire de la mort
du jeune garçon, Berkin Elvan, décédé en mars 2014 des suites d'une
grave blessure à la tête provoquée par une grenade lacrymogène tirée en
juin 2013 par les forces de l'ordre.
La vidéo met en scène une petite fille jouant à cache-cache en
demandant "où est Berkin Elvan ?". Sevval Sam y intervient en disant:
"je suis Berkin Elvan. Pouvez-dormir en paix ? Où cachez-vous mon
meurtrier ?".
La mort de Berkin Elvan est devenue le symbole de la répression
ordonnée par le régime de M. Erdogan contre la fronde qui l'a fait
vaciller en juin 2013. (AFP, 29 avril
2015)
CPJ report says self-censorship a new way to stifle Turkish media
In its annual assessment of the media freedom
worldwide, the Committee to Protect Journalists has argued that Turkish
authorities now consider declaring critical journalists as "unwanted"
is a more efficient, cunning method of stifling the free press, rather
than jailing them for their reporting.
"Erdoğan seems to have realized that he no longer
needs to resort to jailing journalists," the report entitled "Attacks
on the Press" said, referring to Turkish President Recep Tayyip
Erdoğan. According to the CPJ's latest report, there are seven
journalists remain behind the bars. Since then STV network executive
Hidayet Karaca and Taraf journalist Mehmet Baransu are locked up for
critical reporting, drawing international condemnation.
The Turkey section of the CPJ report, authored by
Yavuz Baydar, an award-winning Turkish journalist who was fired from
his newspaper Sabah two years ago, said the Turkish media has fallen
into "full compliance with the structures of power," most notably those
of Erdoğan in the past five years. He said he warned repeatedly that
the tsunami that is overwhelming Turkish journalism is far beyond the
worrisome, unacceptable number of journalists and dissidents in jail,
that the future of the Turkish media itself, with its professional
values and conduct, is in "serious danger."
2015 edition of the Attacks on the Press includes
articles from around the world, from Egypt to Hong Kong, raising
serious concerns over the freedom of journalists to operate in their
countries. In Turkey, it said, thousands of journalists are now being
forced to operate in what many describe as "prisons without walls"
although the number of journalists in prison is falling.
The report said in the conglomerate media --
controlled by four or five companies -- every newsroom is essentially
an "open-air prison" characterized by severe, routine self-censorship
where the punishment for professional resistance is to be fired and
essentially declared a toxic human resource, making it very difficult
to get a job elsewhere.
The report said thanks to "systematic attacks and
cunning operations," by the Turkish authorities but also by complicit
media outlets that the country has now a "toothless mainstream media"
that lacks efficiency and influence. It added that reporters are either
told or give up as a display of self-censorship in chasing stories that
would be of public interest. It concluded that along with law-enforced
censorship, self-censorship has become the normal, widely internalized
practice. "Imprisonment as a punitive measure is on the decline,
replaced by firings," Baydar wrote.
World's leading press advocacy group Reporters
Without Borders ranked Turkey 149th out of 180 countries, citing an
escalating crackdown on media freedom since the corruption scandal that
blew into open in December 2013. The corruption charges targeted
President Erdoğan and his inner circle.
The lack of coverage and the distortion of news
stories, the report noted, showed that the Turkish media proprietors
had sealed an alliance with the government of the ruling Justice and
Development Party (AK Party). This "unholy alliance", the report
argued, reached new heights with the massive graft probes of 2013.
"From December 17, 2013, until the end of 2014, most of the audio
recordings and leaked documents--almost all with news value, in the
public interest--were deliberately ignored and self-censored by the
same media that had refused to cover the Gezi Park protests," Baydar
wrote.
It added that Erdoğan's "total intolerance" for even
the slightest critique, has made it impossible for the media barons to
be seen as reliable sources of news and therefore to turn a profit.
With thousands of journalists shackled at their desks, Baydar
highlighted, the vacuum in the centerfield is immense. He stated that
elected political leaderships in many parts of the world are now busy
mastering ways to stifle the media. "It is high time to expose this new
dirty media order, which destroys the public's right to know," he said.
(TODAY'S
ZAMAN, April 27, 2015)
Prosecutor prevents journalist Dumanlı from attending EP seminar
A Turkish prosecutor has barred Ekrem Dumanlı, the Editor-in-Chief of
the country's largest circulated daily, from attending a press freedom
event organized in the European Parliament.
In a decision issued on Tuesday, Public Prosecutor Hasan Yılmaz said
the request by Dumanlı's lawyer to temporarily lift the travel ban
imposed on his client, that would allow Dumanlı to attend the
conference in Brussels, “was not proper.” The prosecutor justified his
refusal of the request by citing the nature of the crime Dumanlı was
accused of.
Dumanlı was invited to speak at a seminar titled “Press Freedom in
Turkey” organized by the Alliance of Liberals and Democrats for Europe
Party (ALDE) and the Greens–European Free Alliance (Greens–EFA) in the
European Parliament. The seminar will be held on Wednesday with Guy
Verhofstadt, the president of the ALDE group and former prime minister
of Belgium, moderating the discussion and Rebecca Harms, the president
of the Green group, delivering concluding remarks.
Two other Turkish journalists, Can Dündar, editor-in chief of
Cumhuriyet, and Andrew Finkel were also invited to speak. European
Parliament members Marietje Schaake, of the ALDE group, and Bodil
Ceballos, of the Green group, will also participate.
Dumanlı is expected to contribute to the seminar through a
teleconference. The event is a public conference that will be streamed
live on Internet.
Dumanlı has been the target of a government-orchestrated operation on
critical media and he was detained for five days in December 2014 under
anti-terrorism charges before his release pending trial.
But the court imposed a travel ban on him following his release.
Dumanlı's lawyers have challenged the travel ban several times but were
overruled. His defense lawyers say the ban is an arbitrary decision and
conflicts with the ruling of the judge who said in his ruling that
there is a lack of strong evidence necessitating the arrest of the
suspect.
Dumanlı petitioned the Constitutional Court in January about rights
violations during his more than four-day stay under police custody. He
said the law has been violated in various ways during his detention
such as his not being allowed to know, due to a confidentiality order
placed on the investigation, what he and his journalism colleagues were
accused of until they were questioned.
Dumanlı's lawyer, Hasan Günaydın, asked for TL 100,000 in compensation
for non-pecuniary damages caused by a series of rights violations he
was subjected to during his detention, which he said violated the
European Convention on Human Rights (ECHR), Turkey's Constitution and
rulings of the European Court of Human Rights (ECtHR).
Dumanlı's lawyer said that as they were not informed about the
accusations, they were unable to prepare a defense, saying, “It is
unthinkable for a lawyer who cannot examine an investigation file and
see the relevant documents and evidence to provide legal support to
their client.”
Lawyer Günaydın said although his client repeatedly asked the judge,
when he appeared in court, what the charges against him were, the 1st
İstanbul Penal Court of Peace Judge Bekir Altun only said his detention
was based on two columns and one news article published by the Zaman
daily. The lawyer said let alone any piece of evidence, there was not
even reasonable suspicion to legitimize Dumanlı's detention.
The launch of the operation was controversial in the first place
because when rumors emerged in early December suggesting that Dumanlı
was among those who would be detained in a police operation based on
the tweets of a government whistleblower who goes by the name Fuat
Avni, Dumanlı visited the İstanbul Chief Public Prosecutor's Office on
Dec. 12 to ask the chief prosecutor whether there is an investigation
underway that concerns him.
The prosecutor, who checked the National Judicial Network Project
(UYAP), told him that there was no investigation against him. Despite
this, they were detained in a police operation two days later.
Lawyer Günaydın said it is not legally possible to explain the
detention of his client and his being kept in police custody for days
without the presence of any evidence against him when he went to the
prosecutor's office to ask if there was an investigation against him
and when his permanent address was known.
Another rights violation Dumanlı was subjected to as mentioned by his
lawyer in the petition was his being kept under police custody at the
end of his appearance in court on the fourth day of his detention. The
lawyer said the judge should have announced his ruling immediately but
he detained Dumanlı for another day, which was an open violation of
Dumanlı's freedom.
The petition to release Samanyolu TV network executive and journalist
Hidayet Karaca, who has been in jail for 130 days, was also rejected by
the court on Tuesday. One of Turkey's leading investigative
journalists, Mehmet Baransu, has been imprisoned since March based on
trumped-up charges that he acquired secret documents on the security of
the state.
(TODAY'S
ZAMAN, April 21, 2015)
Journalist Barış İnce Fined 10,620 TL for Insulting Erdoğan
The trial of BirGün newspaper Editor-in-Chief Barış İnce at Istanbul
2nd Criminal Court of First Instance for “insulting then PM Recep
Tayyip Erdoğan and son Bilal Erdoğan” was concluded yesterday (April
16).
Judge Abdurrahman Orkun Dağ found İnce guilty of “ascribing to a
concrete action or fact that could offend persons’ honor, reputation
and respectability” as per article 125/1 of the Turkish Penal Code
(TCK).
İnce’s sentence was increased, as it was “committed openly”, and also
because “the same crime was committed against a person more than once”.
The court also declined from abating the sentence as it noted that İnce
was not seen to “show regret”.
Barış İnce spoke to bianet about his headline news piece titled “Turns
out they built double roads in their pockets” dated March 3rd, for
which he was on trial: “Everybody knows about this corruption, nobody
denies it. The corruption was hushed up by appointing prosecutors and
police officers, and we, journalists, are being charged for writing
about corruption. The aim of cases like this one is to prevent
journalists from reporting the news. This headline [that I had chosen]
too is a political criticism and more importantly it is based on
concrete facts.”
His defense is a whole other suit
Another libel suit was filed against İnce for the plea of defense he submitted to the court on 21 October 2014.
In İnce’s acrostic defense titled “My Defense” which was also published
in BirGün newspaper, the first letters in each row spelled out “Hırsız
Tayyip” [Thief Tayyip]. İnce is facing prison time up to 4 years 8
months for insulting President Erdoğan in his defense. The trial will
take place on June 2nd. (BIA April 17, 2015)
IFJ/EFJ shocked by appeal against acquittal of Dutch journalist
The International Federation of Journalists (IFJ) and the European
Federation of Journalists (EFJ) are shocked today by the decision of
the chief prosecutor to appeal a court decision made on Monday 13th
April to acquit the Dutch journalist Frederike Geerdink for terror
charges.
Mogens Blicher Bjerregård, EFJ President said, This is seriously
alarming. The judicial system and the level of judicial harassment
facing journalists in Turkey show more than ever that more actions must
be taken. We stand together with all human rights organisations and
urge both national governments and international institutions to put
human right issues in Turkey as the central part of their negotiations
with the Turkish government.
Geerdink told the EFJ that she was not shocked by the news. She said, This is Turkey. Things always happen beyond your belief.
Ramazan Demir, Geerdinks lawyer said, "Despite the court's quite sound
reasoning to acquit, this shows they have no intention of leaving
Frederike alone and are determined that she be punished."
According to Geerdinks lawyer, the office of the chief prosecutor has
filed a preliminary challenge to the ruling, saying it was unlawful and
that it would ask a higher court to overturn it once the judges'
detailed decision is released in the coming weeks.
The chief prosecutors decision puts another shadow on press freedom
in Turkey, said IFJ General Secretary, Beth Costa. We cannot accept
that a government continues to harass our colleagues on the ground in
total impunity. Geerdink must be entitled to carry out her duties as a
journalist without fear of imprisonment.
Geerdink, a Dutch freelance journalist and correspondent for Turkey was
charged with producing propaganda for terrorist organisations because
of her reporting and posts on social media on the outlawed Kurdistan
Workers Party (PKK).
On Monday, a court in Diyarbakir ruled in favour of Geerdink after the
prosecutor said that there was not enough evidence to try her and that
her reporting and posts on social media about PKK do not amount to
"terrorist propaganda" but was journalism.
The IFJ, the EFJ and their affiliate, the Journalists Union of
Netherlands (NVJ), urge the court to uphold its decision made on Monday
to acquit Geerdink.
Geerdink did nothing wrong but simply did her job as a journalist. The
Turkish authorities must drop the charges against her, said the
organisations. (IFJ/EFJ, April 15, 2015)
Polémique au festival de cinéma d'Istanbul, qui annule ses récompenses
Le festival du cinéma d'Istanbul a annoncé lundi l'annulation de ses
prix, suite à une polémique provoquée par le retrait d'un documentaire
sur les rebelles kurdes, à la demande des autorités turques.
Plus d'une centaine de cinéastes turcs, dont Nuri Bilge Ceylan, Palme
d'Or à Cannes, s'étaient un peu plus tôt dit prêts à boycotter le
festival afin de protester contre la "censure" de ce film.
Ce documentaire, intitulé "Bakur" ("Nord"), avait été programmé
dimanche après-midi. Mais la projection a été annulée à la dernière
minute, les organisateurs du festival, prévu du 4 au 19 avril, ayant
reçu un courrier du ministère de la Culture turc selon lequel ce film
ne détenait pas les autorisations nécessaires.
Les cinéastes, dont Ceylan distingué l'an dernier au festival de Cannes
pour son film "Winter Sleep", ont signé une lettre ouverte contre
l'"oppression et la censure" exercées par le gouvernement turc. "Nous,
cinéastes signataires, nous opposons à l'imposition (de la législation)
comme outil de censure", écrivent-ils dans ce texte en dénonçant un
"agenda politique".
Ils ont demandé que le festival cesse toute projection, et 23 d'entre
eux ont retiré leurs films en signe de solidarité, selon un décompte
publié sur le site web du festival.
Lors d'une conférence de presse, les organisateurs du festival ont
déclaré soutenir l'initiative des cinéastes et précisé, dans un
communiqué, que tous les prix, y compris "le prix international de la
Tulipe d'Or, le prix national du documentaire, ainsi que la cérémonie
de clôture, ont été annulés". Les projections sont en revanche
maintenues.
Le cinéaste néerlando-australien, Rolf de Heer, président du jury du
festival, a ajouté que les jurés se retiraient en protestation contre
cette "attaque à la liberté d'expression".
Le ministère de la Culture turc a pour sa part estimé lundi dans un
communiqué que ces dénonciations étaient "sans fondement" et a qualifié
les responsables du festival d'"irresponsables".
"Les allégations selon lesquelles notre institution est un organisme de
censure sont pour le moins des +mensonges complets et absolus+", a
déclaré le ministère dans un communiqué.
Le documentaire en cause, réalisé par Cayan Demirel et Ertugrul
Mavioglu, montre la vie quotidienne de combattants, hommes et femmes,
du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et des interviews de
responsables du mouvement rebelle, tel le commandant Cemil Bayik basé
en Irak.
Le gouvernement islamo-conservateur d'Ankara est engagé dans des
négociations avec le PKK pour en finir avec un conflit qui a débuté en
1984 et fait quelque 40.000 morts. L'annulation de la projection du
documentaire est intervenue au lendemain de combats meurtriers dans le
sud-est de la Turquie, qui fragilisent ce processus de paix. (AFP, 13 avril
2015)
Une journaliste des Pays-Bas, accusée d'apologie du terrorisme, acquittée
Une journaliste néerlandaise, qui était poursuivie pour apologie du
terrorisme en faveur des rebelles kurdes du Parti des travailleurs du
Kurdistan (PKK), a été acquittée lundi par un tribunal de Diyarbakir,
a-t-on appris de source judiciaire.
Frederike Geerdink, journaliste indépendante basée depuis 2006 à
Diyarbakir, dans le sud-est à majorité kurde de la Turquie, risquait
une peine maximale de cinq ans de prison.
La cour a estimé que "les charges contre l'accusée n'étaient pas constituées" et décidé de l'acquitter, a-t-on souligné.
A l'ouverture de son procès le 8 avril, le procureur avait requis déjà l'acquittement.
Le 6 janvier dernier, Frederike Geerdink avait été interrogée, et son
domicile perquisitionné par la police turque, pour avoir publié sur les
réseaux sociaux des messages assimilés par les autorités à de la
"propagande en faveur d'une organisation terroriste".
Son arrestation a provoqué une vague de protestations chez les
partenaires occidentaux de la Turquie, qui y voient le signe d'une
intolérance de plus en plus forte des autorités à toute critique envers
le président islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan.
Frederike Geerdink a publié l'an dernier un livre sur un raid de
l'aviation turque qui a coûté la vie à 35 civils kurdes en 2011.
Considéré comme une organisation terroriste par Ankara, le PKK mène
depuis 1984 une rébellion contre l'armée turque qui a fait plus de
40.000 morts. A l'automne 2012, Ankara a engagé des pourparlers de paix
avec les rebelles, qui n'ont pour l'heure pas abouti.
La Turquie est régulièrement épinglée par les ONG de défense des
journalistes pour ses atteintes à la liberté de la presse. De nombreux
journalistes turcs sont poursuivis ou détenus pour leurs liens avec la
cause kurde. (AFP, 13 avril
2015)
Press unions slam jail terms sought for columnists over Charlie Hebdo cover
Press unions and associations have strongly
criticized Turkish prosecutors for seeking excessive prison sentences
for two columnists, Ceyda Karan and Hikmet Çetinkaya, who write for the
Cumhuriyet daily, for their articles that featured the front cover of
the French Charlie Hebdo magazine depicting the Prophet Muhammad.
The İstanbul Chief Public Prosecutor's Office had
launched a criminal investigation against Karan and Çetinkaya, in which
the two columnists were accused of using the media to incite the public
to hatred and animosity and of insulting people's religious values.
Karan and Çetinkaya recently testified at the İstanbul Courthouse as
part of the investigation.
According to the Cumhuriyet daily's website, an
indictment in the case was recently completed. The indictment
reportedly seeks a custodial sentence of up to four-and-a-half years
for each of the two columnists on charges of “openly insulting
religious values adopted by sections of society.”
The investigation of the two columnists was reportedly launched after complaints from 1,280 individuals.
Speaking to Today's Zaman, Karan said the image
published in their columns by the Cumhuriyet daily did not include any
insulting content. She questioned why the prosecutors had launched a
trial against the columnists, who were merely defending the magazine's
freedom of expression, instead of launching a trial against those who
had threatened them with a banner held in front of the newspaper's
headquarters, which read, “Our C-4 explosives are ready.”
Karan said that the trial would be a case based on
rights and freedoms against those “peddlers of religion who try to
legitimize terrorism and violence with their ideological ambitions.”
She added that such punishments could only take place in authoritarian
and fascist regimes, emphasizing that they wouldn't be intimidated by
such trials.
In January the Cumhuriyet daily published a
selection of cartoons from an issue of Charlie Hebdo, translating them
into Turkish, in a show of solidarity with the weekly magazine after 12
people were killed in a massacre at its Paris headquarters on Jan. 7.
The assailants said they had attacked Charlie Hebdo staff to avenge
Prophet Muhammad, who was depicted in a number of caricatures by the
magazine.
Although the four pages of Charlie Hebdo cartoons
published by Cumhuriyet on Jan. 14 did not feature any images of
Prophet Muhammad, columnists Karan and Çetinkaya included the
controversial Prophet Muhammad caricature in their articles.
Press unions: Journalists cannot be punished for expressing views
The jail terms being sought for Karan and Çetinkaya
drew harsh reactions from representatives of various press unions and
associations who emphasized that these columnists cannot be punished
with a prison sentence for publishing the controversial caricature.
Turkey Journalists Union (TGS) Secretary-General
Mustafa Kuleli told Today's Zaman that the two columnists did not
publish the controversial caricature to insult any community, but
merely to show their solidarity with the attacked magazine in terms of
the freedom of the press.
“No one is obligated to show the same level of
respect asked by any person or community regarding that person's faith
or religious beliefs,” Kuleli said. “For instance, if I was a Hindu who
worshipped cows, I could not demand that you respect cows at the same
level that I do. Furthermore, there cannot be any legislation that can
determine the limits of the respect towards religious beliefs. As
religion is a matter of the heart, its limits cannot be determined via
laws or punishments.”
Saying that he does not believe religious leaders or
prophets need to be protected via laws, Kuleli added: “It is not
something that can be punished via laws. This is a clear violation of
freedom of expression. They [the columnists] do not have any intention
to insult.”
Turkish Journalists Association (TGC)
Secretary-General Sibel Güneş told Today's Zaman that it evaluates the
jail terms being sought for the two Cumhuriyet columnists in terms of
the freedom of the press, adding that democracies should withstand
different views. “Punishing people for expressing their own ideas
cannot comply with a democratic country,” Güneş said. “What the public
should read or not cannot be determined by the government. The public
decides it in democratic countries.”
Recalling that Turkey has been called a
half-democratic country due to successive punishments and jail
sentences given to tens of journalists in the last two years, Güneş
added that journalists should not be threatened and intimidated for
performing their profession and expressing their ideas.
Commenting on the same issue, Media Ethics Council
(MEK) Secretary-General Nejat Sezik told Today's Zaman that although he
doesn't approve of the publication of the controversial caricature
depicting Prophet Muhammad in the columns, he believes that freedom of
expression must be preserved. Saying that the columnists simply
expressed their ideas in their columns, Sezik said that these
columnists should not be punished with any jail time or receive any
other punishment, emphasizing that the council supports the freedom of
expression of the targeted columnists.
ÇGD: Jail terms against columnists show extent of pressure on Turkish press
Speaking with Today's Zaman, Progressive Journalists
Association (ÇGD) Chairman Ahmet Abakay said the fact that up to
four-and-a-half years in prison is being sought against Karan and
Çetinkaya shows the extent of the pressure being applied on the media
by the central administration.
Saying that Turkey currently has a “repressive and
fascist administration,” Abakay added that this clearly shows that the
judiciary, which must remain impartial, is under the intense inspection
and control of the government.
In the worst militant attack on French soil in
recent decades, gunmen stormed the Paris offices of weekly satirical
magazine Charlie Hebdo on Jan. 7, killing at least 12 people including
two police officers.
Charlie Hebdo is well known for courting controversy with satirical attacks on political and religious leaders. (TODAY'S
ZAMAN, April 9, 2015)
German photojournalist Andy Spyra deported from Turkey
The European Federation of Journalists (EFJ) and its affiliates in
Germany (Deutsche Journalisten Union – DJV and Deutsche
Journalistinnen- und Journalisten-Union – dju in ver.di) have today
condemned the Turkish authorities for deporting the German
photojournalist, Andy Spyra, who was covering the anniversary of the
Armenian genocide for Der Spiegel on 29 March.
Spyra was stopped and searched by the Turkish authorities on 28 March
when he arrived at the Istanbul airport. The authorities accused him of
carrying “military-style equipment” and deported him the next day
following an overnight detention. He explained in his recent Facebook
post that “the military equipment in question” was in fact his camera
dust-blower, army-style boots and khaki-colored clothing.
Spyra believed that his deportation is linked to his reporting on
the100th anniversary of the Armenian genocide which is a sensitive
topic in Turkey.
“Turkey needs to stop abusing its anti-terror law for the purpose of censorship,” said Mogens Blicher Bjerregård, EFJ President.
“It is shocking that Turkey, as a candidate country to the EU, is
barring foreign journalists from entering the country and locking up
local journalists because of their critical voices.”
Federike Geerdink, a Dutch journalist reporting in Turkey was on tried
yesterday for violating the anti-terror law by conducting propaganda
for the outlawed Kurdistan Workers’ Party (PKK). To date, 23
journalists are still in prison for alleged violation of the
anti-terror law in Turkey. The EFJ and its affiliate in Turkey, the
Turkish Journalists’ Union (TGS) continue to campaign for their
freedom. (EFJ, April 9, 2015)
Peines de prison requises contre deux journalistes qui avaient publié un dessin de Charlie
Un procureur d'Istanbul a requis mercredi quatre ans et demi de prison
contre deux journalistes turcs qui avaient illustré leur éditorial
d'une caricature controversée du prophète Mahomet extraite de
l'hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo, ont rapporté les
médias turcs.
Les deux journalistes du quotidien Cumhuriyet visés, Ceyda Karan et
Hikmet Cetinkaya, ont été formellement inculpés d'"incitation à la
haine" et "insulte aux valeurs religieuses" et renvoyés devant un
tribunal, a précisé le quotidien Hürriyet sur son site internet.
Seul dans tout le monde musulman, Cumhuriyet avait reproduit dans son
édition papier du mercredi 14 janvier deux versions réduites de la
"une" du numéro publié par Charlie Hebdo après l'attentat qui a décimé
sa rédaction le 7 janvier à Paris pour accompagner deux éditoriaux de
MM. Karan et Cetinkaya.
Ce dessin représente Mahomet la larme à l'oeil et tenant une pancarte
"Je suis Charlie", le slogan des manifestants qui ont défilé en France
et à l'étranger pour condamner les attaques jihadistes qui ont fait au
total 17 morts à Paris.
La publication de cette caricature a suscité de violentes
manifestations dans tout le monde musulman. Le Premier ministre
islamo-conservateur turc Ahmet Davutoglu l'avait qualifiée de "grave
provocation".
Adversaire résolu du régime du président Recep Tayyip Erdogan, le
quotidien avait également publié un encart de quatre pages
reproduisant, en turc, caricatures et articles du journal français.
Outre Cumhuriyet, plusieurs sites internet turcs avaient affiché le
dessin de Mahomet. Dans la foulée, un tribunal turc avait ordonné le
blocage de toutes les pages web affichant la caricature, la qualifiant
"d'insulte pour les croyants".
(AFP, 8 avril
2015)
La presse "complice" des tueurs d'un magistrat, selon Erdogan
Le président islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan a lancé
mercredi une nouvelle salve d'attaques virulentes contre la presse,
accusant des journaux et des chaînes de télévisions turcs d'être
"complices" des tueurs d'un magistrat turc en publiant des photos de
leur prise d'otage sanglante.
"Les établissements qui ont ouvert leur pages et leurs écrans à la
propagande des terroristes, ont été complices du meurtre de notre
procureur", a martelé M. Erdogan devant un parterre d'élus locaux dans
son nouveau palais controversé.
La justice turque mène actuellement une enquête contre quatre journaux
notamment pour "propagande terroriste" pour avoir publié une photo du
magistrat pendant la prise d'otage à Istanbul la semaine dernière qui
s'est soldée par sa mort et celle de ses deux ravisseurs, des militants
d'un groupuscule d'extrême gauche.
Les autorités reprochent aux quotidiens d'avoir reproduit l'image du
procureur, mains liées et bouche bandée, avec un pistolet braqué sur la
tempe par l'un des deux assaillants.
"Je condamne avec force les organes de presse qui ont été aux côtés des
terroristes", a lancé l'homme fort de Turquie, affirmant qu'un tel
incident n'aurait pu se produire dans un pays de l'Ouest.
"Dans les pays occidentaux considérés comme le berceau de la démocratie
et des droits et libertés, une telle situation ne se produira jamais.
Dans ces pays, les institutions de presse devenues les outils de
propagande du terrorisme et du terroriste se verraient adresser une
injonction d'interdiction formelle", a poursuivi M. Erdogan qui a créé
en Turquie sa propre presse et s'en prend régulièrement aux organes
indépendants.
Pendant la prise d'otage, l'organisme de contrôle de l'audiovisuel turc
a interdit aux chaînes de télévision du pays de retransmettre en direct
des images de l'événement.
L'ONG Reporters sans frontières (RSF) avait déploré ce nouvel exemple de "censure" imposé par le gouvernement turc.
La Turquie figure régulièrement en tête des palmarès des pays les plus
répressifs en matière de liberté de la presse, dressés par les ONG.
(AFP, 8 avril
2015)
RSF: "Le procès de Frederike Geerdink n’aurait jamais dû avoir lieu"
Reporters sans frontières (RSF) a fait le déplacement à Diyarbakır
(sud-est de la Turquie) pour assister, le 8 avril 2015, à l’ouverture
du procès de Frederike Geerdink. Accusée de « faire la propagande du
PKK », elle est l’une des première journaliste étrangère à faire
l’objet d’un procès en Turquie depuis 1995.
La journaliste néerlandaise Frederike Geerdink est connue comme la
seule correspondante occidentale basée à Diyarbakir, où elle vit depuis
2006. Elle est l’auteur d’un livre et de nombreux articles consacrés à
la question kurde, notamment sur le site Diken et sur son blog, «
Kurdish Matters ». Après la perquisition de son domicile et un
interrogatoire de plusieurs heures par la police antiterroriste, le 6
janvier 2015, elle a été inculpée sur la base de l’article 7.2 de la
loi antiterroriste (« propagande d’une organisation terroriste »). Un
chef d’accusation passible de cinq ans de prison.
Le responsable du bureau Europe de l’Est et Asie centrale de RSF,
Johann Bihr, et le représentant de l’organisation en Turquie, Erol
Önderoğlu, ont assisté à l’ouverture du procès le 8 avril en compagnie
de représentants d’Amnesty International, de la Fédération européenne
des journalistes (FEJ), de l’ambassade des Pays-Bas et de nombreux
journalistes locaux et internationaux. Au terme de l’audience, le
procureur a requis l’acquittement de Frederike Geerdink, notant que ses
écrits relevaient du journalisme et ne comportaient pas d’apologie de
la violence. En l’absence du juge titulaire, l’annonce du verdict a été
repoussée au 13 avril.
« Nous sommes soulagés que le procureur ait requis l’acquittement de
Frederike Geerdink, et nous espérons vivement que la cour suivra cette
recommandation, déclare Johann Bihr. Ce procès n’aurait jamais dû avoir
lieu : il fait partie intégrante d’une campagne d’intimidation des
journalistes étrangers basés en Turquie ».
Des réformes incomplètes
Le « quatrième paquet de réformes judiciaires », adopté en avril 2013
dans le cadre du processus de paix entre le gouvernement et la
rébellion kurde du PKK, a commencé à restreindre le champ d’application
de la loi antiterroriste en y introduisant la notion d’incitation ou
d’apologie de la violence. Une précision attendue depuis très longtemps
pour limiter le recours abusif à la législation antiterroriste dans des
délits d’opinion.
L’accusation d’« appartenir à une organisation terroriste » reste
cependant largement utilisée de façon arbitraire pour réprimer les
professionnels des médias critiques des autorités. Une quarantaine de
journalistes sont poursuivis sur cette base dans le cadre du procès du
présumé « comité des médias du KCK », une organisation affiliée au PKK.
Pour avoir critiqué sur Twitter un procureur, la célèbre présentatrice
Sedef Kabaş est accusée d’avoir « mis un fonctionnaire public dans la
ligne de mire d’une organisation terroriste ». Son procès s’ouvrira
bientôt.
« Le procès de Frederike Geerdink illustre à la fois les avancées et
les limites des récentes réformes judiciaires : même si le cadre
législatif a évolué, la culture judiciaire reste imprégnée de réflexes
sécuritaires et paranoïaques. Si elles veulent réellement garantir la
liberté de la presse, les autorités doivent réformer jusqu’au bout la
loi antiterroriste et s’assurer qu’elle est interprétée de façon
restreinte », ajoute Erol Önderoğlu.
RSF est à Diyarbakır du 7 au 9 avril dans le cadre d’une mission
d’enquête sur les répercussions de la question kurde sur la liberté de
la presse. (RSF, 8 avril 2015)
CPJ: In Turkey, photographer denied entry and freelance journalist goes on trial
The Committee to Protect Journalists calls on Turkish authorities to
improve conditions for international reporters after news reports said
German freelance photographer Andy Spyra, who flew to Istanbul to cover
the anniversary of the Armenian massacre, was denied entry to the
country. Separately, the trial of Dutch freelance journalist Fréderike
Geerdink, who is facing terrorism charges over her reporting on the
Kurdish minority, began today, according to news reports.
“Turkey has become increasingly hostile to international journalists,
particularly those who cover sensitive topics, such as the plight of
the Kurdish and Armenian minorities,” CPJ Europe and Central Asia
Program Coordinator Nina Ognianova said. “We call on Turkish
authorities to allow journalists to do their work freely, including by
scrapping the absurd criminal case against Fréderike Geerdink and
allowing entry to Andy Spyra.”
On March 29, Turkish authorities expelled Spyra, who had arrived in
Istanbul the day before on assignment for the German magazine Der
Spiegel, according to local and international press reports. He was
denied entry to the country, detained overnight at the airport, and
then put on a plane to Germany, reports said. After he was expelled,
Spyra told reporters he had intended to cover the 100th anniversary of
the Armenian massacre, a sensitive topic in Turkey. The government
refuses to use the term genocide even though historians believe about
1.5 million Armenians were killed.
When he arrived at Istanbul’s Atatürk international airport,
plain-clothes security officers took Spyra aside and searched his
luggage, paying special attention to his camera and other reporting
equipment, according to multiple press reports. Despite support from
the German Embassy, authorities citing “security reasons” sent him back
to Germany, according to reports. Spyra told reporters that Turkish
authorities accused him of having ties to Islamic extremists.
Separately, at today’s hearing in Geerdink’s trial at a criminal court
in the southeast regional capital of Diyarbakir, a prosecutor who
recently took over the case called for the journalist to be acquitted
of all charges. The court is expected to rule in the case on April 13,
and Geerdink’s attorney said an acquittal is expected, The Wall Street
Journal reported.
Geerdink was indicted on February 1 with “making propaganda” for the
banned Kurdistan Workers’ Party (PKK) and Union of Communities in
Kurdistan (KCK) through her reporting and social media posts, according
to CPJ research. On January 6, terrorism police raided Geerdink’s home,
reports said. The journalist, who has been based in Diyarbakir since
2012, was briefly detained and interrogated the same day as part of an
investigation into allegations that she created “propaganda for a
terrorist organization,” reports said.
A Diyarbakir prosecutor claimed at the time that Geerdink was spreading
propaganda through social media posts and her regular column for the
independent Turkish news website Diken, according to news reports. As
her portfolio on the writers’ platform Beacon shows, Geerdink focuses
on covering the plight of the Kurdish minority, politics, and human
rights in Turkey. (Email: nognianova@cpj.org)
La Turquie bloque à nouveau les réseaux sociaux après la mort d'un procureur
L'accès normal aux réseaux sociaux était rétabli mardi
matin en Turquie, après la levée dans la nuit du blocage qui frappait
encore YouTube pour empêcher la diffusion d'images d'un magistrat turc
tué lors d'une prise d'otages, ont rapporté des médias.
Selon le quotidien Hürriyet, la plateforme de partage de vidéos s'est
conformée aux exigences des autorités turques qui exigeaient qu'elle
retire les images du procureur, comme Twitter et Facebook avant elle.
L'accès aux trois réseaux et à plus de 150 autres sites internet a été
bloqué pendant plusieurs heures lundi en Turquie sur ordre d'un juge
d'Istanbul, qui a estimé que les images du procureur Mehmet Selim Kiraz
un pistolet braqué sur la tempe relevaient de la "propagande
terroriste" et troublaient "l'ordre public".
Le 31 mars dernier, M. Kiraz a été retenu pendant plus de six heures
dans un tribunal d'Istanbul par deux militants armés d'un groupe
radical d'extrême gauche turc, qui a diffusé sur les réseaux sociaux
des photos de son opération. Le magistrat et ses deux ravisseurs ont
été tués après une intervention de la police.
Dans l'ordonnance qu'il a rendu lundi, le juge d'Istanbul a également
ordonné au moteur de recherche Google de retirer les photos du
magistrat, sous peine d'en interdire l'accès en Turquie, selon la
presse turque.
La décision du juge a provoqué l'indignation des internautes turcs, de
l'opposition et des ONG de défense de la liberté d'expression.
Depuis un an, le gouvernement turc a multiplié les mesures
controversées pour tenter de museler l'internet et les réseaux sociaux.
En mars 2014, à la veille des élections municipales, l'actuel président
Recep Tayyip Erdogan avait ordonné le blocage de Twitter et Facebook,
accusés de relayer des allégations de corruption qui visaient son
entourage.
Le Parlement turc a voté le mois dernier une disposition qui autorise
le gouvernement à bloquer un site internet sans obtenir l'aval de la
justice, une disposition qui avait pourtant été censurée par la Cour
constitutionnelle l'an dernier. (AFP, 7 avril 2015)
Writers and academics announce support for HDP
Over 800 writers and academics have announced they will vote for the
HDP in the 7 June elections 'for the democratic future of Turkey.' At a
meeting yesterday Oya Baydar stressed that the HDP was the only party
that could bring peace and fraternity to the country, accusing the
current government of having dictatorial tendencies.
Baydar said: “We feel throttled and under pressure everywhere in this
country at the moment," adding that the election of 7 June is one of
the most important in recent times in Turkey.
"If we want democracy to develop in Turkey and if we want the country
to return to normal I believe our votes should go to the HDP," she said.
'Join the election campaign'
Poet and author Önder Birol Bıyık said that the 808 signatures they had
garnered for their petition demonstrated how aware writers in Turkey
were. HDP Istanbul Co-chair Ayşe Erdem called for people to join
election campaigning in Istanbul, adding: "If we exceed the threshold
in Istanbul we will exceed it in Turkey, too."
The joint declaration of the writers was read out in Kurdish by Mervan
Tan and in Turkish by Fatoş Salman. They criticised the passing of the
'Internal Security Package' 3 months prior to the elections, adding
that the government was trying to silence opposition.
Tan and Salman explained why they were supporting the HDP, saying: "We
support the HDP because it advocates peace, because it defends freedom,
as we believe in the right to self-determination of the Kurdish people,
and as we want an end to all chauvinist measures and because we want
contemporary, secular education in the mother tongue. Also because we
want to see an end to sexist restrictions on women and LGBT individuals
and a society where citizens have equal rights." (ANF, April 7, 2015)
Dutch journalists tried in Turkey for alleged terrorism charges
Frederike Geerdink, freelance journalist and
correspondent in Turkey, is to appear before the court in Diyarbakir,
Turkey on Wednesday 8 April. Early January, Geerdink was arrested and
held for a short time. According to the authorities in Turkey, Geerdink
is accused of spreading propaganda for the banned Kurdistan Workers’
Party in Turkey.
The Dutch Association of Journalists (NVJ), the European Federation of
Journalists (EFJ) and the International Federation of Journalists (IFJ)
condemned the arrest and prosecution of Geerdink saying that the charge
against Geerdink is in violation of international law and treaties
ratified by the Turkish government on freedom of expression.
Thomas Bruning, General Secretary of NVJ said, “Journalists have the
duty to act as a watchdog in a democratic society. Their rights to
exercise their duty as journalists to inform the public shall not be
hindered by the authorities.”
“We are very concerned about the impact of these measures on the
functioning of the press in Turkey, especially the way in which they
restrict journalists.”
To support Geerdink, journalist Froukje Santing will attend the lawsuit
against Geerdink as an observer on behalf of the NVJ, EFJ and IFJ.
Santing works as a correspondent in Turkey for international media for
17 years.
Geerdink is a professional and independent journalist working for the
Dutch and English-language media. In a recent statement, Geerdink told
the absurdity of the prosecution against her and the reason she insists
in returning to Turkey to face the trial against her.
For further information, please contact: efj@ifj.org
Un journaliste allemand persona non grata en Turquie
Les autorités turques tentent-elles d'empêcher la presse internationale
de parler du centenaire du génocide des Arméniens ? Un photoreporter
allemand s’est vu refuser l’entrée en Turquie à son arrivée à
l’aéroport d’Istanbul, où il venait travailler sur les commémorations
du génocide de 1915 - qu’Ankara refuse toujours de reconnaître.
Habitué des reportages en Turquie, Andy Spyra ne s'attendait pas être
traité comme un hors-la-loi dès son arrivée à l'aéroport, ni à être
refoulé dans son pays après une nuit en détention. Le 28 mars dernier,
après un interrogatoire en bonne et due forme et une fouille complète,
y compris des cartes mémoires de ses travaux photographiques, le
photoreporter s'est vu expliquer qu'il était persona non grata en
Turquie « pour raison de sécurité », sans autre détail.
Ce n'est qu'ensuite, à son retour en Allemagne, qu'il apprit que la
police turque avait contacté les autorités allemandes pour vérifier son
identité et son casier judiciaire sur des soupçons d'accointance avec
des réseaux jihadistes.
Et, bien que les services de renseignements allemands aient attesté sa
probité, il a tout de même été remis dans le premier avion pour
Düsseldorf. Le magazine Der Spiegel, pour lequel Andy Spyra était parti
en mission pour travailler sur les cérémonies commémoratives du
génocide, a rapporté l’affaire samedi 4 avril.
Un prétexte jugé falacieux
Pour Andy Spyra, le prétexte de son expulsion était fallacieux, et la
vraie raison de son renvoi est un reportage publié deux semaines
auparavant, qui traitait du centenaire du génocide arménien. Le sujet
qu'il venait justement à traiter de nouveau en Turquie même. Au mois de
mars, déjà, une équipe de la télévision allemande ZDF s'était vue
refuser une autorisation de tournage en Turquie sur le même sujet de
l'anniversaire du génocide de 1915. Un précédent qui renforce Andy
Spyra dans son idée que c'est bien là la raison de son refoulement.
Parallèlement à ces mesures prises à l’encontre de journalistes
étrangers, une conférence internationale annoncée depuis mars, et
coparrainée par la Fondation turque d'histoire (Tarih Vakfi) et
l'université de Californie-Los Angeles (UCLA). Intitulée « Génocide
arménien : concepts et regards croisés », elle devait se tenir à
l'université Bilgi d'Istanbul le 26 avril prochain, mais a été annulée
suite à des pressions, rapporte l'hebdomadaire arménien Agos. Un
hebdomadaire dont le directeur de la publication avait été assassiné en
janvier 2007. (RFI, 6 avril 2015)
RSF: la censure s’abat à nouveau sur les médias turcs
Alors qu’une prise d’otage se déroulait au Palais de justice
d’Istanbul, le 31 mars 2015, le Premier ministre turc a rapidement
interdit toute couverture médiatique de cet événement. Le lendemain, de
nombreux médias critiques des autorités ont été empêchés d’assister aux
funérailles de l’otage abattu. Quatre titres sont également visés par
une enquête pour “propagande du terrorisme”. Reporters sans frontières
(RSF) condamne ces restrictions abusives.
L’exécutif turc a de nouveau démontré que la censure était son premier
réflexe en cas de difficulté. La prise en otage du procureur Mehmet
Selim Kiraz par un commando armé, le 31 mars 2015 au Palais de justice
de Çağlayan (Istanbul), s’est soldée par la mort du magistrat et de ses
deux ravisseurs, après huit heures de négociations infructueuses avec
les forces de l’ordre. Dès les premières heures du drame, le bureau du
Premier ministre a interdit aux médias de couvrir cette affaire.
“En Turquie, chaque affaire sensible fait désormais l’objet d’une
interdiction de publier, observe Johann Bihr, responsable du bureau
Europe de l’Est et Asie centrale de Reporters sans frontières. La
banalisation de cette censure pure et simple est d’autant plus
inquiétante que l’exécutif en assume de plus en plus la responsabilité.
Ce faisant, il foule aux pieds le droit de la population d’être
informée sur un sujet d’intérêt général.”
Interdiction de couvrir la prise d’otage
L’“interdiction temporaire de publier” décrétée en début d’après-midi
par le Premier ministre Ahmet Davutoğlu se fonde sur l’article 7 de la
loi sur le Haut conseil de l’audiovisuel (RTÜK), qui l’autorise en cas
d’’“atteinte à la sécurité nationale ou à l’ordre public”. Aucune
échéance n’a été fixée pour la levée de cet interdit.
Les principales chaînes de télévision ont ainsi abruptement mis fin à
leurs directs depuis le Palais de justice. Citant à l’antenne la
décision du Premier ministre, les chaînes d’information en continu se
sont dès lors bornées à relayer les quelques informations disponibles -
et ce, encore longtemps après le dénouement de la prise d’otage.
“[L’interdiction] n’a eu pour effet que de décupler les rumeurs et
d’empêcher les gens de recevoir des informations exactes”, a déclaré au
journal Today’s Zaman le directeur général de Bugün TV et de Kanal
Türk, Tarık Toros.
La volonté des autorités de contrôler l’information s’est également
traduite aux abords du Palais de justice de Çağlayan par des
débordements policiers vis-à-vis de plusieurs journalistes. Ece Aydın,
correspondante du journal BirGün et de la chaîne Yol TV, a été
interpellée dans la soirée et n’a été relâchée qu’au milieu de la nuit.
La journaliste danoise Nanna Muus, bousculée par les forces de l’ordre,
s’est vu dire : “Rentrez dans votre pays ou nous vous arrêterons”.
Des dizaines d’affaires sensibles ont fait l’objet d’“interdictions de
publier” ces dernières années. Parmi les plus connues, on peut citer
l’enquête parlementaire visant d’anciens ministres soupçonnés de
corruption, les émeutes les plus meurtrières de ces trente dernières
années, la prise d’otages au consulat turc de Mossoul, les convois
d’armes présumés à destination de la Syrie, les sanglants attentats de
Reyhanli…
Les médias critiques proclamés “complices des terroristes”
Sur ordre du Premier ministre, de nombreux médias critiques des
autorités ont été empêchés d’assister aux funérailles du procureur
Mehmet Selim Kiraz, le 1er avril à la mosquée Eyüp Sultan d’Istanbul.
Les journalistes des agences Cihan et Doğan, des quotidiens Zaman,
Hürriyet, Posta, Sözcü, Taraf, Millet, Cumhuriyet, Ortadoğu, Yeniçağ et
Birgün, des chaînes Samanyolu TV, IMC TV, Kanaltürk, CNN Türk et Bugün,
ont été refoulés, qu’ils disposent ou non de cartes de presse.
Ahmet Davutoğlu a reconnu après la cérémonie qu’il avait “donné l’ordre
de barrer l’accès” de la cérémonie à certains médias. “A partir de
maintenant, tout le monde fera attention à son comportement”, a-t-il
ajouté, critiquant ceux qui avaient “publié de la propagande
terroriste”.
Les services du Premier ministre et les journaux proches du pouvoir ont
explicité cet anathème, dénonçant les médias qui avaient republié une
photo postée par les preneurs d’otage, mettant en scène le procureur
Mehmet Selim Kiraz un revolver sur la tempe sur fond d’affiches du
DHKP/C. L’image avait aussitôt fait le tour des réseaux sociaux et
avait été largement reprise. Certains médias se sont également vus
reprocher de n’avoir pas utilisé le mot “terroristes” pour désigner les
preneurs d’otage.
Reporters sans frontières se joint aux protestations du syndicat de
journalistes TGC et le Conseil de la Presse, qui ont dénoncé un boycott
discriminatoire. “Le débat déontologique est légitime au sein de la
profession, mais les actions arbitraires des autorités contribuent à le
rendre impossible, estime Johann Bihr. En tout état de cause, il ne
revient pas au Premier ministre de dicter aux médias leurs choix
éditoriaux, ni de filtrer les entrées à un événement de cette
importance.”
Dans la soirée, le parquet d’Istanbul a ouvert une enquête contre les
quotidiens Hürriyet, Cumhuriyet, Posta et Bugün, soupçonnés de
“propagande du terrorisme” (article 7.2 de la Loi antiterroriste). RSF
dénonce un acharnement déplacé et demande l’abandon de ces procédures.
La Turquie occupe la 149e place sur 180 pays dans le Classement mondial
2015 de la liberté de la presse, établi par l’organisation. (RSF, 2 avril 2015)
Media Organizations Slam Accreditation Censorship on Prosecutor Funeral
Journalists Society of Turkey (TGC) and Press Council (Basın Konseyi)
of Turkey criticized the order issued by Prime Minister’s Office to bar
several newspapers and TV channels from attending the funeral ceremony
of Prosecutor Mehmet Selim Kiraz this afternoon.
Special-ops units held an operation against the hostage-takers in
Istanbul Courthouse last night, killing all 2 Revolutionary People’s
Liberation Front (DHKC) members and evacuating the abducted prosecutor
Mehmet Selim Kiraz in an ambulance who died later on in the hospital.
“Broadcasting towards helping terror organizations to reach their
goals. Prevent the public outrage against those media outlets that
don’t show a clear stance towards the terror organization,” PM’s Office
and Interior Ministry said in a statement.
The aforementioned barring was made upon those media outlets that published the photos of Prosecutor Kiraz under abduction.
The list of those barred media outlets were as follows: Hürriyet,
Cumhuriyet, Bugün, Milat, Taraf and Zaman newspapers as well as CNN
Türk, Bugün TV, Kanaltürk, İMC TV; Samanyolu TV, Cihan News Agency and
Doğan News Agency. The reporters, photo reporters and cameramen of the
aforementioned outlets were not allowed to attend the funeral.
Slamming the PM’s office ruling, TGC said it went at odds with the
principle of equality between journalists who have the duty to inform
the public.
Press Council criticized the PM, saying that the duty of the government is to provide security for journalists.
“In a democratic state of law, if there is a risk of ‘reaction’ or
assault, the duty of the government is not to bar media but to provide
security for the free press according to regulations of the European
Court of Human Rights rulings,” Press Council’s statement cited.
On the other hand, pro-AKP Yeni Şafak and Akşam newspapers used exactly
the same words to describe the accreditation ban: “Those media
organization that didn’t show a clear stance towards the terror
organization and identify terrorists as ‘activists’ were unable to
cover the funeral.” (BIA, April 1, 2015)
Kurdish
Question / Question kurde
HDP: La communauté internationale doit surveiller les législatives
Le parti kurde HDP, coalisé avec toutes les couches sociales, invite
les observateurs internationaux à surveiller étroitement les élections
législatives du 7 juin en Turquie.
Le représentant du HDP en Europe, Eyyup Doru, affirme que le président
turc Recep Tayyip Erdogan cherche à faire réviser la constitution dans
le but de mettre en place un système présidentiel fort débarrassé des
mécanismes de contrepoids.
« Il est probable que le gouvernement AKP recoure à des fraudes, comme
il l’a fait durant les précédentes élections, afin d’empêcher le HDP de
dépasser les 10%» souligne le représentant kurde.
« Les élections législatives qui vont se dérouler en Turquie le 7 juin
sont d’une importance cruciale pour la démocratisation de l’Etat. C’est
pourquoi, la représentation du Parti démocratique des Peuples (HDP) en
Europe vous invite à veiller, en tant qu’observateur international, à
la transparence et à la régularité des élections.
Au lieu de présenter des candidatures indépendantes comme cela a été le
cas en 2007 et 2011, le HDP a décidé de participer aux prochaines
élections en tant que parti. Le seuil électoral de 10% nécessaire au
niveau national pour accéder à l’Assemblée nationale empêchait jusqu’à
présent la représentation adéquate des Kurdes et des forces
démocratiques en Turquie. C’est pourquoi, les partis politiques
pro-kurdes avaient participé aux précédentes élections législatives en
présentant des candidatures indépendantes, dans le but de contourner ce
seuil antidémocratique. Cependant, pour les prochaines élections, le
HDP a décidé de défier le seuil électoral en se présentant en tant que
parti. Cette décision est en particulier motivée par le score de 9,8%
remporté par Selahattin Demirtas, Coprésident du HDP, aux dernières
élections présidentielles qui ont eu lieu en août 2014.
Un succès électoral du HDP serait très significatif en ce qu’il aurait
pour conséquence de faire reculer le règne autoritaire du Président de
la République, Recep Tayyip Erdogan. Ce dernier cherche à faire réviser
la constitution dans le but de mettre en place un système présidentiel
fort débarrassé des mécanismes de contrepoids. Comme le démontrent
plusieurs sondages d’opinion, le franchissement du seuil électoral par
le HDP semble être le seul moyen de prévenir une telle révision. Or, il
est probable que le gouvernement AKP recoure à des fraudes, comme il
l’a fait durant les précédentes élections, afin d’empêcher le HDP de
dépasser les 10%. Les prochaines élections sont aussi importantes pour
le bon déroulement du processus de paix que pour le progrès de la
démocratie et de la transparence politique.
C’est pourquoi, la présence d’observateurs internationaux est d’une
importance capitale pour nous, car elle peut permettre de prévenir les
fraudes et d’améliorer le processus démocratique en Turquie. Afin
d’assurer la transparence totale des élections et des résultats
incontestables, nous vous invitons à surveiller les élections
législatives du 7 juin en Turquie. »
Source :
actukurde.fr
HDP vows to be 'Sultan's nightmare' in Turkey elections
We on behalf of the state will apologize from peoples
for all the genocides and massacres perpetrated in the past. We will
return all the property seized by the state to their owners and
compensate the material damages caused by the state.
Turkey’s opposition Peoples’ Democratic Party (HDP) has
announced its election manifesto for the June 7 parliamentary
elections, promising freedoms in many areas, particularly targeting
women and youth.
HDP co-chairs Selahattin Demirtaş and Figen Yüksekdağ made promises in
several areas, including the economy, foreign policy, freedoms and
rights, the environment and green energy.
"The election manifesto that we present is the nightmare of the sultan
and the dream of all the peoples of Turkey," HDP co-chair Yüksekdağ
said in an apparent reference to President Recep Tayyip Erdoğan, who
presents the upcoming polls as a referendum to switch from the current
parliamentary system to a presidential one.
Demirtaş said the HDP will distribute cards to all people between the
ages of 15 and 25 which will give them 200 Turkish Liras annually for
transportation and communication. This card will also allow free
entrance to all museums across the country.
The HDP vowed to lower the voting age to 16 and the age of candidates for parliamentary seats to 18.
The party also pledged to establish a Women Ministry, which would replace the current Family and Social Policies Ministry.
The party will open local kindergartens, which will be free of charge
and provide education in the students’ mother tongue, according to the
manifesto.
The party said the new constitution will be centered on women and added
International Women’s Day on March 8 will be declared as official
holiday.
The minimum wage will be increased to 1,800 Turkish Liras while the
minimum retirement pension will also be increased to 1,800 liras,
according to the party’s election manifesto.
Speaking on foreign politics, Demirtaş said the border between Turkey
and Armenia will be opened unconditionally and the embargo on Armenia
will be lifted. “We will support the solution of the Nagorno-Karabakh
issue between Armenia and Azerbaijan,” he said.
On the issue of compulsory religion classes in schools, Yüksekdağ said
they will remove the religion classes from the curriculum. The
compulsory religion classes have been widely criticized by the Alevi
community in Turkey for undermining their identity and beliefs.
The goals of the party have been announced as follows:
WE ARE WOMEN
We will establish the Ministry of Women.
We will include indoors labor in social security, arrange social
support packages in accordance with the principle of justice and
equality.
We will open day care centers in all neighborhoods to provide 7/24 service free of charge and in mother tongue.
We will open nursing centers for old persons and rehabilitation centers for the disabled.
We will declare 8 March public holiday.
WE ARE YOUTHS
We will establish the Ministry of Youth that will directly meet the
needs of the youths and replace the Ministry of Youth and Sport which
allocates a substantial part of its budget to sport activities,
identifies youth with sport and attempts to depoliticize them.
We will pave the way for the youths, who are being imposed a monist
life style, to live together and freely preserving their own mother
tongue, belief, culture, sexual tendency and gender identity. We will
remove all the obstacles to the organization of youths in line with
their rights and decisions.
We will initiate a “Young Life Card” to provide every single youth aged
between 15-25 with 200 TL support for communication and transportation.
We will bring down the age of voting to 16 and the age of being elected to 18.
We will realize free and democratic universities and build gender-egalitarian campuses without barriers.
We will remove the unjust testing system that determines the future of
millions of youths every year. We will enable every student to receive
education in the schools and departments they themselves prefer in line
with their success and skills.
We will abolish the YÖK (Council of Higher Education) and replace it
with a inter-university Coordination Board in charge of relations and
flow of information.
We will provide the necessary budget on central and local level in order to ensure non-refundable grant for all students.
We will provide free spheres of life for university students, including dormitory, laundry, library and cultural center.
We will assure the right to employment and develop solutions for the
employment of youths who constitute the leading social group facing an
unemployment problem.
We will ensure social security for all youths as a fundamental right.
We will remove all the obstacles to the freedom of information for youths.
We will provide uncensored and free internet at town centers, mass transportation vehicles and public spheres.
We will recognize the right to conscientious objection.
We will enable all the anti-militarist youths to enjoy their most fundamental right.
We will make all the necessary legal arrangements to enable public
service to replace military service for all conscientious objectors.
We believe it is crucial to abolish compulsory military service.
WE ARE THE RAINBOW
We will end the gender-based discrimination and repression against sexual orientation.
We will enable LGBT individuals to lead an equal, honorable and humanitarian life.
We will give an end to the problem of recognition of LGBT individuals and ensure constitutional assurance for equal citizenship.
We will initiate all legal arrangements and social policies defending
the equality and rejecting the discrimination of LGBT individuals.
We will form local and central management structures to ensure a direct
representation of LGBT individuals in administrative and political
decision-making mechanisms.
We will fight to change the homophobic mentality and build campuses freed of discrimination.
We will initiate a public education process to end the gender-based perspective.
We will form mechanism against all kind of discrimination and violence.
WE ARE CHILDREN
We will establish "Children's Rights Observatory and Assessment
Commissions" affiliated to local municipalities and condition the
allocation of sufficient sources for children.
We will ensure the review and arrangement of all laws and articles that concern children.
We will end the poverty of children, form food banks in every
neighborhood to assure all the children's right to nourishment, and
give free basic food packages to every child.
We will not allow child labor so that children don't have to live and work out in streets.
We will impose the heaviest sentences for perpetrators of violence against children.
We will make sure laws abolishing violence against children at home, schools and streets.
We will close juvenile prisons and establish "Education and Support Centers for Children" for criminalized juveniles.
We will own the memories of Berkins, Uğurs and Ceylans.
WE ARE DEFENDERS OF DEMOCRACY
We will initiate a democratic reform process against all kinds of
military-civilian-bureaucratic tutelage, strict centralist structures
and anti-democratic laws.
We will all together make a new Constitution based on humanity and
pursuant to the multi-identity, multi-cultural, multi-faith and
multi-lingual structure of Turkey.
We will realize “democratic autonomy” everywhere in Turkey to enable
the achievement of democratization, social peace and a free and
voluntary unity of peoples. Local administrators, including the
Governor, will be elected by people.
We will ensure the democratization of the parliamentary system and
initiate the Co-Prime Minister system in the event that parties
implementing the co-chair system come to the power.
We will remove all the restrictions and oppressive laws against fundamental rights and freedoms.
We will consider all democratic actions staged to claim rights as legitimate.
We will abolish all outcomes of the 12 September military coup,
including the National Security Council, specially authorized courts,
JİTEM (gendarmerie intelligence and anti-terror unit) and
counterinsurgency. All kinds of torture and ill treatment will be
counted as crime against humanity.
The Constitution we will prepare will never give place to the presidential system.
We will ensure the democratization of the Law on Political Parties and
make arrangements to ensure the direct participation of party members
in decision-making processes.
We wil remove the election threshold and enable the representation of all parties in line with the rate of votes they receive.
Positive discrimination will be practices until equality in representation is ensured through gender quota.
We will achieve a profound resolution to the Kurdish question and building of a democratic Turkey.
We will establish democratic models of decentralization to involve all
ethnic identities and to ensure their self-administration. Through
regional assemblies, we will switch into a decentralization system.
We will defend a disarmed resolution and democratic politics, whatever the circumstances.
We will ensure conditions to enable the together-living and voluntary
unity of peoples, and a living based on justice in our common land.
WE ARE DEFENDERS OF HUMAN RIGHTS
We will rearrange the justice system to ensure the practice of law
fast, impartially, independently and in a manner to satisfy the public
conscience and individuals. We will end the tutelage of the Ministry of
Justice on the HSYK (Supreme Board of Judges and Prosecutors).
We will ensure the equality of prosecution and jurisdiction within the judicial system.
We will bring an end to arbitrary practices in house, workplace and
body searches and arrests, and provide free legal service in mother
tongue.
We will open prison to civil supervision.
We will end all practices against human dignity in prisons. We will end
isolation, restriction of basic rights and administrative repression,
and make a fundamental arrangement of the Law on Punishment and
Execution.
We will ensure the immediate release of ill prisoners.
We will sentence the perpetrators of crimes of hate and impose no
punishment on anybody for their political thought and acts, remove
'political crimes' from the category of crimes.
Calling on everyone to confront the history, we will establish "Truth
Commissions" to shed light on genocides, massacres, executions,
disappearances and similar actions.
We will give a start to returns.
We will return all the property occupied by the state and settled
individuals as a consequence of forced displacements. Those wanting to
return to their villages will be provided support, including financial,
in order for them to take part in production.
We will bring an end to the construction of dams and hydroelectric
power plants (HES) for security reasons, and the new policies of forced
displacement caused by urban transformation.
We will abolish the village-guard system, employ village guards in other fields and protect their personal rights.
We will not make a concession from the freedom of communication and information.
We will stand against interventions restricting the freedom of press
and communication. We will not allow the owners of media organizations
to be involved in activities in other sectors.
We will end the repression of the state on culture and art. We will
work together with the Ministry of Culture and found a Council of Art
elected by artists. Any decision on the policies of culture and art
will be made together with this Council.
We will end the hindrances to the freedom of thought on social media and arbitrary bans on internet.
We will protect freedoms.
WE ARE FROM ALL IDENTITIES
Defending "equality for peoples and freedom for beliefs", we will
assure the right of all peoples and beliefs to express themselves
freely.
We will enable constitutional assurance to every single person, whether
with a belief or not, on the basis of "equal citizenship".
We will realize the libertarian secularism perspective pertaining to humanity.
We will end obligation to religion lessons which will be provided in
line with elections. Abolishing the Directorate of Religious Affairs,
we will have the state lay its hands off religion and the sphere of
faith.
We will ensure an unhindered freedom of organization to all faith
groups and recognize all Alevi places of worship, Djemevis in the first
place, as a place of worship.
We on behalf of the state will apologize from peoples for all the
genocides and massacres perpetrated in the past. We will return all the
property seized by the state to their owners and compensate the
material damages caused by the state.
We will make no intervention on the appearance and dresses preferred in line with religious beliefs.
We will end racist and nationalist policies that impose the superiority of a people, religion and sect over another.
We will work for the protection and improvement of all identities and cultures.
WE ARE DEFENDERS OF FREE WORLD
We will work in order for all the peoples, those in the Middle East in
the first place, to determine their political future freely. We will
ensure the strengthening of economic, social and cultural ties between
peoples in the Middle East.
We will make an effort for the ending of the civil war in Syria and the
achievement of a resolution based on the fraternity and equality of
peoples.
We will give priority to Great Mankind and peace everywhere.
We will stand against Israeli government's policies for genocide and
occupation. We wil provide any kind of support for the ending of the
occupation of Palestine and for the recognition of the Palestinian
people's right to found an independent state.
We will support Cyprus and Greek peoples' efforts and solution proposals to end the dividedness of the Island.
We will remove the economic embargo on Armenia and build bridges of
friendship with the Armenian people. We will unconditionally open the
Turkey-Armenia border closed by Turkey one sidedly. We wil support
effort for a resolution to the Karabağ issue between Armenia and
Azerbaijan.
We will handle negotiations with the European Union and works for full membership within the scope of our principles.
We will start cooperation with an aim to develop solutions to worldwide
problems such as racism, anti-semitism, human trafficking (exploitation
of women's and children's rights), migration issues, international drug
trafficking, forced displacements, xenophobia, Islamophobia and similar
matters that concern human values.
We will develop relationships for peace, with not only states but also world peoples.
WE ARE PROTECTORS OF THE NATURE
We will protect the nature and all living being's right to life against
capitalism. We will realize the demands of everyone fighting for the
same purpose.
We will stop investments on nuclear energy.
We will stop the destruction of HES, thermal and nuclear energy
projects, mining causing ecological destruction, and the destruction of
living spheres as a result of industrial wastes and pollution.
We will enable the generation of energy on site and to meet the need of
the local people. We will give priority to renewable energy.
We will support in-situ transformation against projects of urban transformation pillaging the cities.
We will not allow the plundering of agricultural and forested lands, pasture areas and shores.
We will cancel all the agreements on the right to use water and all the
projects that might cause the devastation of ecological balance.
We will cancel arrangements, laws and practices that cause the animals
to be killed and become a part of the capital accumulation with their
furs and bodies.
We will protect the nature for the next generations.
WE ARE BUILDERS OF A SAFE LIVING ECONOMY
We will guarantee the basic necessities of a human living.
Through a "Basic Guarantee Package", we will provide 10 cubic meters
water and 180 kw/h electricity free of charge to every house a month.
Tenants will be provided with 250 TL rent support.
Minors and youths under 18, disabled and retirees will be provided with
free transport. Public transport will be provided as a nonprofit
service across the country.
We will give a determined fight against poverty and not allow any
citizen to be left hungry, homeless and in need of care. The
unemployment fund will be used fitting its purpose.
Minimum wage will be increased to 1,800 TL at the first stage.
We will ensure justice in tax payments, collecting taxes in line with earnings.
We will decrease the defense and security spendings and open them to the surveillance of the people.
We will subject public procurement to public surveillance and end the corruption economy.
We will revoke the discretionary fund.
We will revive agriculture and involve all agricultural laborers in the scope of the labor act and social security.
We will turn villages into centers of living and production.
We will provide water and electricity to small farmers free of charge,
write off their electricity debts and levy no taxes for the fuel and
fertilizers used in production.
We will ban genetically modified organisms (GDO) in food production, management and importation.
We will protect city and town squares, parks, woods and shores and allow no crazy projects.
We will give no license for shopping malls to be constructed in city centers.
WE ARE WORKERS, LABORERS
We will make the Great Mankind sovereign in working life.
We will abolish the subcontracting system gradually.
We will stop murders in mines.
We will stop workplace murders by ensuring safe working in all areas.
We will recognize the worker's health and safety as a constitutional
right, end the policy of impunity currently in effect, and ensure the
trial of those responsible for workplace murders.
We will grant all public workers with the right to bargain collectively, to strike and to politically organize.
In order to increase employment and protect workers, the official
weekly working time will be decreased to 35 hours without causing a
loss of salary.
Basic forms of seeking rights such as strike will be taken under legal
assurance. We will hinder the government's authority to delay strikes.
We will make sure that unions and workers will be the basic supervisor of worker's health and safety.
We will guarantee the right of seasonal agricultural workers to
organize, and take all kinds of precautions against discrimination.
We will end discriminative and eliminative practices against immigrants.
WE ARE THE GUARANTOR OF SOCIAL RIGHTS
We will raise the rate of social charges to GDP (Gross Domestic Product) from 1,4 % to 3 %.
By building safe and sheltered public houses, we will guarantee every citizen's housing right.
We will raise the lowest retirement salary to 1,800 TL.
We will enact a law on adjustment and eliminate the wages inequality.
We will remove the obstacles to the organization of retirees.
We will grant social security for all the elderly and disabled and meet
their health care needs without charge. We will not condition an income
to allocate care pension for the elderly and disabled.
We will form a 'Ministry of Removal of Obstacles' to work in line with
the proposals of a council made up of organizations of the handicapped.
Quota for the disabled at workplaces will be made higher. All
workplaces and social spheres will be rearranged for the use of the
disabled.
Seeking to make a revolution in education, we will give priority to the elimination of quality differences between schools.
We will provide free education and demand no money from the families under any cover.
We will free the curriculum and schoolbooks of monist, sex-oriented,
militarist and chauvinist concept, and ensure a multi-lingual education
system on the basis of mother tongue.
We will end the 4+4+4 system that dissociates schools.
Starting from the very beginning, we will rearrange the education system in consideration of the 'Children's Best Interest'.
We will enable the employment of all unassigned teachers, and abolish
the substitute teacher system that damages the human dignity.
We will enable all laborers in educational field to get a salary they
deserve and promote a local and inventive administration of education.
We will establish a democratic health system to be participated by the
people and health workers in order for the planning, practice,
assessment and inspection of health services.
We will give an end to profit-oriented practices in health services.
We will build an order in which no single person will be deprived of their social rights.
(hurriyetdailynews.com-ANF, April 21, 2015)
*The election manifesto of the HDP has been translated from Turkish by ANF English service.
Programme électoral du HDP: Promesse d'abolir "la peur" dans le pays
Le principal parti prokurde de Turquie a promis mardi d'abolir la
"peur" dans le pays et de devenir le "cauchemar du sultan", le
président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan, à l'occasion des
élections législatives du 7 juin.
"Ce manifeste sera le cauchemar du sultan, mais représente aussi
l'espoir et les convictions de tous les peuples de Turquie", a déclaré
Figen Yüksekdag, la coprésidente du Parti démocratique du peuple (HDP),
en dévoilant à Istanbul le programme de sa formation pour le prochain
scrutin.
Le HDP est crédité, selon les dernières enquêtes d'opinion, de 8 à 11%
des intentions de vote. S'il franchit la barre de 10% des voix au plan
national, requise pour être représenté sur les bancs du Parlement, il
devrait largement perturber les ambitions du Parti de la justice et du
développement (AKP), au pouvoir depuis 2002.
L'AKP s'est fixé pour objectif ambitieux de rafler les deux tiers des
sièges (367 sur 550) afin de pouvoir modifier la Constitution dans le
sens souhaité par son ancien chef, M. Erdogan. L'homme fort du pays,
accusé par ses adversaires de dérive autoritaire et islamiste, souhaite
renforcer ses pouvoirs, pour l'heure protocolaires, de chef de l'Etat.
Des sondages récents suggèrent que l'AKP pourrait perdre sa majorité absolue le 7 juin.
"Nous ne pouvons bâtir une toute nouvelle Turquie que par le biais
d'une transformation radicale", a pour sa part souligné l'autre
coprésident du HDP, Selahattin Demirtas, qui a promis de faire
disparaître "la peur" imposée selon lui par le régime de M. Erdogan.
"Dans notre Constitution, il n'y aura pas de régime présidentiel", a assuré Mme Yüksekdag.
Le programme du HDP prévoit une large décentralisation du système
politique turc et une large autonomie pour le sud-est du pays
majoritairement peuplé de Kurdes.
Résolument orienté à gauche, il promet également de lutter pour les
droits des femmes, des jeunes et des homosexuels, ainsi que d'abolir
les cours de religion obligatoires à l'école et de reconnaître
l'objection de conscience.
Dans le passé, les candidats kurdes se présentaient sur des listes
indépendantes afin de ne pas être soumis au seuil de 10% requis pour
entrer au Parlement. Le HDP a décidé de se présenter à ce scrutin sous
sa propre bannière.
La communauté kurde constitue 15 à 20% de la population turque (76 millions). (AFP, 21 avril
2015)
Attaque contre le siège du HDP à Ankara
Des inconnus ont ouvert le feu samedi sur le siège de la principale
formation kurde de Turquie à Ankara, sans faire de victimes, a annoncé
un responsable de ce parti, à l'approche des élections législatives.
"Les assaillants ont tiré au fusil de chasse depuis une voiture sur le
siège du parti à 04H05 du matin (01h05 GMT)", a déclaré à l'AFP ce
responsable du Parti démocratique du peuple (HDP) qui n'a pas voulu
être identifié.
Les gardes assurant la sécurité de l'immeuble ont riposté aux coups de
feu et les assaillants ont pris la fuite, a ajouté le responsable. Des
balles ont atteint l'immeuble, situé dans le secteur de Cankaya, ainsi
que le drapeau turc et le drapeau du parti, selon lui.
Le gouvernement turc a condamné cette attaque, le Premier ministre
Ahmet Davutoglu assurant que tout serait fait "pour capturer les
responsables". "Il est évident que cette attaque, comme les
précédentes, vise notre démocratie et notre stabilité", a déclaré M.
Davutoglu sur Twitter. "J'appelle tous les partis (politiques) à
dénoncer la violence, où qu'elle soit en Turquie".
"Des mains sales entrent dans le jeu au moment des élections et
essaient de créer un climat de provocation", avait déclaré plus tôt le
vice-Premier ministre Yalcin Akdogan à l'agence de presse
gouvernementale Anatolie. "D'où qu'elle vienne, nous condamnons
toujours la terreur, quelle que soit sa cible", a déclaré M. Akdogan.
Sur son compte Twitter, Sirri Sureyya Onder, un député du HDP, a
qualifié l'attaque de "provocation" à l'approche des élections
législatives du 7 juin. "Les provocations continuent. Nous ne cèderons
pas", a-t-il affirmé. Il s'est ensuite rendu dans les locaux du parti
dans le quartier de Cankaya, sans plus d'informations sur le nombre
d'assaillants. Il a ajouté que l'attatque était une tentative de
discréditer le HDP et l'empêcher d'atteindre la barre des 10% aux
élections, un score indispensable pour garantir sa représentation au
Parlement.
La tension est vive à quelques semaines du scrutin. S'il réussit à
passer cette barre, le HDP privera le parti islamo-conservateur du
président Recep Tayyip Erdogan de sa majorité qualifiée et pourra ainsi
l'empêcher de changer la Constitution pour imposer un système
présidentiel.
Arrivé troisième de la présidentielle de 2014 avec un peu moins de 10%
des voix, le HDP mise sur l'électorat kurde de Turquie --une communauté
estimée à 15 millions de personnes soit 20% de la population--,
jusque-là largement acquis au Parti de la justice et du développement
(AKP) au pouvoir depuis 2002. L'AKP détient aujourd'hui 312 sièges sur
550 au Parlement, et veut en obtenir 400.
De son côté, le HDP espère réduire "à néant" les "calculs de certains
partis", avait déclaré l'un des présidents du parti, Selahattin
Demirtas, dans un entretien à l'AFP. M. Demirtas accuse le président
turc de vouloir "mettre en place une dictature constitutionnelle". (AFP, 18 avril
2015)
Racist group attacks HDP office in Antalya
A group of around 100 racists attacked the office of the People’s
Democratic Party (HDP) in the Serik district of Antalya last night. The
office was only opened two days ago. The group threatened the HDP
members, saying: “You either close down the office and take down the
signboard, or we do it and set the building on fire”.
The attackers came to the office at around 10 o’clock last night and
threatened the members of the HDP who were still in the office. The
group first left the building, then returned with stones and iron bars
in their hands and reiterated their threat to set the office on fire if
the signboard was not taken down. The group then started to throw
stones at the building. As the HDP executives and people arrived, the
racist group had to step back, but gathered again in front of the
building.
The police then had to take security measures in and around the
building, while the HDP Antalya branch co-chair Zarife Atik, HDP
Antalya MP candidate Deniz Yıldırım and the Serik district governor as
well as the head of the police in the district came to the scene.
The district governor of Serik told the HDP Antalya branch co-chair
Atik that Serik is a sensitive place and that it would be better if the
HDP closed down its office. HDP MP candidate Deniz Yıldırım responded,
saying that it is the duty of the governor to ensure the security of a
legal political party in conducting its political work and guarantee
election security for all.
The HDP Antalya branch co-chair Atik said that tension continued as the
police did not prevent the group attacking the party office, adding
that what happened in Serik was a planned provocation just like the one
in Agri and added that thanks to the sensitivity of the local people,
the provocation had not achieved its goal.
The group waited in front of the building until early morning, while
the HDP executives filed complaints about the attackers at the district
police headquarters. (ANF, April 16, 2015)
Menaces financières sur l'Institut kurde de Paris
L'Institut kurde de Paris (IKP), la plus ancienne institution kurde
d'Europe, "fermera ses portes cet été" si les pouvoirs publics français
ne viennent pas à son secours, a affirmé jeudi son président, Kendal
Nezan.
"Cela fait deux ans que nous tirons la sonnette d'alarme, et nous
serons poussés à la fermeture si la mobilisation n'est pas là", a
expliqué à l'AFP le directeur de l'IKP, qui contribue à la divulgation
de la culture des quelque 40 millions de Kurdes vivant principalement
en Turquie, Irak, Syrie et Iran.
L'institut, créé en 1983 et reconnu d'utilité publique depuis 1993, a
connu d'illustres défenseurs dont l'ancien président François
Mitterrand et surtout son épouse Danielle, et l'écrivain turc d'origine
kurde Yachar Kemal, auteur d'un succès mondial, "Memed le mince", et
décédé cette année.
L'IKP gère notamment des bourses accordées par la France à des
étudiants kurdes, et a mis en place une bibliothèque numérisée qui se
présente comme la "plus importante bibliothèque kurde du monde
occidental, avec plus de 10.000 monographies en 25 langues".
"Nous venons de licencier quatre de nos six employés permanents. Nous
avions autrefois environ 600.000 euros de financements institutionnels
par an, et l'an dernier, cette somme était divisée par dix", a expliqué
la trésorière de l'institut, Joyce Blau.
Le gouvernement autonome du Kurdistan irakien a cessé d'aider
l'institut, a aussi expliqué M. Nezan, "car il fait face à l'afflux de
plus de 1,5 million de réfugiés, poursuit la guerre contre l'Etat
islamique, et ne reçoit plus sa dotation financière" du gouvernement
central de Bagdad.
Le secrétaire d'Etat aux affaires européennes, Harlem Désir, a annoncé
le 8 avril à l'Assemblée nationale que la subvention du ministère des
affaires étrangères à l'institut serait augmentée cette année, pour la
porter à 55.000 euros.
L'institut attend par ailleurs une aide de 20.000 euros de la Mairie
de Paris, et espère la poursuite de financements des ministères de
l'Intérieur et de la Culture, selon M. Nezan.
M. Désir a par ailleurs annoncé que le Quai d'Orsay financerait cette
année 30 bourses à des étudiants kurdes choisis par l'institut, pour
plus de 400.000 euros.
M. Nezan a balayé d'un revers de main certaines accusations formulées à
l'encontre de l'institut, selon lesquelles il aurait bénéficié de fonds
du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), organisation armée kurde
de Turquie, qualifiée de "terroriste" par l'Union européenne.
"Nous avons un commissaire aux comptes et un contrôleur financier de
l'Etat. Nous sommes irréprochables", a déclaré M. Nezan à l'AFP. (AFP, 16 avril
2015)
Turkish Army killed 5 Kurdish militants in Agri, HDP protests

Turkish General Staff said in a written statement that "five
militants of the Kurdistan Workers’ Party (PKK) were killed and four
soldiers were injured in clashes in the eastern province of Ağrı on
April 11".
Firat News Agency reports that "clash started between HPG
(People's Defense Forces) guerrillas and Turkish soldiers in a rural
area in Ağrı province of North Kurdistan. Turkish troops launched an operation before a tree planting event
by civilians led by HDP and DBP in Yukarı Tütek village on the skirts of the Mountain Tendürek.
According to Dicle News Agency, Turkish soldiers attacked the civilians who
went to the area of clashes to act as human shields in order for the
operation to end without leaving casualties.
Soldiers in the operation area have opened fire on 20 civilians
from helicopters, dispersing the people into two groups. DBP Diyadin
district co-chair Nuri Şahin who remained in one of the
groups after dispersion told that 6 human shields in his group have
been taken into custody by soldiers. Şahin said they have received
information that two other people in the other group have been shot,
while the report remains unconfirmed.
According to the statement of Hamdullah Kılınç from the other group,
former co-chair of HDP Diyadin organisation Cezmi Budak has lost his
life and MEYA-DER representative Cenap İlboğa has been wounded in the
attack.
Turkish General Staff has reported in a written statement that 4
soldiers were wounded in the clash that is still going on, adding that
manned aerial vehicles, armed helicopters and reinforcing commando
units have been despatched to the region.
Referring to the statement of the General Staff which argued that
“soldiers were sent to the area in line with intelligence reports that
the people joining the event would spread propaganda for PKK and put
pressure on local people to vote for the candidates they themselves
support, HDP Co-President Selahattin
Demirtaş said that “The General Staff should stop working for
AKP. It is not a party to run in the elections and should avoid making
such statements.”
HDP Co-President said they supported the most recent statement of
İmralı Delegation Spokesman Sırrı Süreyya Önder, who said on a TV show
that “PKK would gather the congress within a week if the state happened
to take a step serving the process”.
Demirtaş said HDP made great efforts to ensure the progress of the
process in search of a peaceful and democratic resolution to the
Kurdish question, and also for the practice of the ten points
highlighted as major steps to keep the process going.
President Recep Tayyip Erdoğan condemned the attack on April 11, while
also slamming the Peoples’ Democratic Party (HDP), accusing it of
trying to gain votes over the PKK actions.
“Today, the separatist terror organization, which aims to dynamite the
peace in our country, sabotage the solution process, attacked our
security forces who serve to ensure the security of our nation. I
strongly condemn this attack,” Erdoğan said in a speech in the
northwestern province of Sakarya.
Deputy Prime Minister Yalçın
Akdoğan, who is the main government figure in the ongoing Kurdish peace
process, also condemned the attack in a message on Twitter .
“Involving pressure, violence and arms in the political competition,
trying to forcefully control the people’s will cannot be accepted,” he
wrote. “Those who play with fire will lose.”
Turkish military activity continues in North Kurdistan
People's Defense Forces Press Centre HPG-BIM reported in a written
statement that the Turkish army continued its aerial and land
activities in North Kurdistan territory.
According to the statement, Turkish troops carried out a bombardment
from the Mamreş hill in Şemdinli district of Hakkari at 13:30 – 14:00
yesterday. The attack with heavy weaponry targeted the Martyr Ronahi
hill and surrounding areas.
HPG-BIM stated that Turkish troops and village guards launched an
operation between Bespin and Gitê areas in Silopi district of Şırnak
yesterday evening, while Turkish units also laid ambushes in Silibê,
Girê, Gitê village, Girê Sor area and Deningê hamlet.
According to HGP-BIM, an intense military shipment has also been made
to the Xapînokê and Tepe guard posts in Norşin and Mutki districts of
Bitlis. Quoting local sources, HPG-BIM said the Turkish army has
recently started another operation in Dêrxus town of Muş. Military
shipment has also been made to Xaça Reş area in Mutki district of
Bitlis as part of this operation.
On April 10, unmanned aerial vehicles of the Turkish army performed
reconaissance flights over Haftanin border line and Kato Silê hamlet
between 8 am and 5 pm.
An intense activity by Turkish UAVs and warplanes took place over Zap
region of Medya Defense Zones at 00:00-01:00 today, and over Gare and
Haftanin regions at 13:30–14:30.
(ANF-DIHA, April 12, 2015)
PKK apologizes to Germany for violent acts in 90s
A senior leader of the outlawed Kurdistan Workers’ Party (PKK) has
extended his apology to Germany for the organization’s violent actions
in the country during the 1990s, adding they did not want to fight with
Turkey anymore.
“On behalf of the PKK, on behalf of our movement, I would like to
apologize to the German nation. Such things will never happen again,”
said Cemil Bayık, the co-chair of the Kurdistan Communities Union
(KCK), a supra organization that includes the PKK, during an interview
with German broadcasters WDR and NDR on April 9.
The PKK held violent rallies in the country in the 1990s, during which
members of the organization had set themselves on fire and blocked
highways to attract attention to their cause.
The PKK is considered a terrorist organization in Germany and the European Union due to its armed conflict against Turkey.
Bayık said they did not want to fight with Turkey anymore, sending out
peace signals in the three-decade fight between armed members of the
PKK and the Turkish military.
“We do not want to fight with Turkey anymore. We say enough with fighting,” Bayık said.
The Turkish government is conducting an ongoing peace bid with Abdullah
Öcalan, the imprisoned head of the PKK, in what is known as the Kurdish
peace process. Öcalan had called for a cease fire in March 21, 2013 –
the day of the start of spring, also known as Nevruz – and called for
the laying down of arms in this year’s Nevruz celebrations.
The German broadcaster said the interview was conducted in a secret
place in the Kandil Mountains of Northern Iraq, where the PKK is
fighting against the jihadists of the Islamic State of Iraq and the
Levant (ISIL). (hurriyetdailynews.com, April 9, 2015)
HDP nominates candidates to embrace whole people of Turkey
In an attempt to surpass the 10 percent election
threshold and be a key party in Parliament, the pro-Kurdish Peoples'
Democratic Party (HDP) submitted on Tuesday an inclusive list of
candidates to the Supreme Election Board (YSK) for the upcoming general
election on June 7.
According to the list, Armenian activist Garo Paylan
from İstanbul, former Diyarbakır mufti Nimetullah Erdoğmuş, pro-Kurdish
politician Leyla Zana from Diyarbakır, Alevi lawyer Ali Haydar Konca
from Kocaeli, former deputy and spokesperson of the ruling Justice and
Development Party (AK Party) Dengir Mir Mehmet Fırat from Mersin,
academicians Prof. Mithat Sancar from Mardin and Prof. Kadri Yıldırım
from Siirt, Islamist writer Ayhan Bilgen from Kars and former member of
the European Parliament (EP) and a member of a Yezidi family Feleknas
Uca from Diyarbakır were some of the prominent names among HDP
candidates.
While HDP Co-chair Selahattin Demirtaş was nominated
from İstanbul, another co-chair, Figen Yüksekdağ, was nominated from
Van province. Other prominent figures in the HDP such as Sırrı Süreyya
Önder, Ertuğrul Kürkçü, Osman Baydemir and İdris Baluken were nominated
from Ankara, İzmir, Şanlıurfa and Bingöl, respectively.
Demirtaş said in an interview on Monday that more
than 40 percent of the party's candidates for parliamentary seats in
the June elections will be women, a record in Turkish party politics.
The new Parliament might have the all-time highest number of female
parliamentarians in Turkish history after the June elections, Demirtaş
added.
According a survey by Gezici on March 29, the AK
Party has lost the majority support of Kurdish voters in İstanbul,
where the tide has turned in favor of the HDP. If the poll of voter
intentions translates into hard votes, the HDP will increase its vote
to 13 percent, compared to the 5.3 percent the party had received in
the 2011 general election when it was known as the Peace and Democracy
Party (BDP).
Other surveys also show the HDP is likely to pass
the 10 percent electoral threshold in the June elections with a
percentage of between 10 and 11 percent across Turkey, which will lead
to a coalition government as the ruling AK Party will not be able to
secure an adequate number of seats in Parliament to form a single-party
government.
The 10 percent election threshold and the
possibility of lifting it is one of the most debated issues in Turkey,
not only among politicians but also countrywide. If the election
threshold is lifted, the HDP will have the chance to increase its
standing, not only in the predominantly Kurdish-populated southeastern
provinces of Turkey but also across society, as it will have the
leverage it needs to directly address the problems facing the country.
The possible success of the HDP will be considered
as a loss for the AK Party. If the HDP fails to overcome the threshold,
its votes will be distributed proportionally among the other parties,
which will help the AK Party come out of the current political turmoil
stronger. (TODAY'S
ZAMAN, April 7, 2015)
Selahattin Demirtas: "Erdogan veut une dictature constitutionnelle"
A deux mois des législatives, le coprésident du
principal parti kurde de Turquie espère contrarier les rêves de pouvoir
du président Recep Tayyip Erdogan, qu'il accuse de vouloir instaurer
une "dictature constitutionnelle".
Sur fond de pourparlers entre le gouvernement et la rébellion du Parti
des travailleurs du Kurdistan (PKK), Selahattin Demirtas sait que son
mouvement, le Parti démocratique du peuple (HDP), détient entre ses
mains une partie du sort du scrutin du 7 juin.
De son score dépend l'ampleur de la victoire annoncée du parti
islamo-conservateur qui règne sans partage depuis 2002. Et donc
l'avenir de l'homme fort du pays.
"M. le président Tayyip Erdogan essaie de mettre en place une dictature
constitutionnelle en s'arrogeant tous les pouvoirs", dénonce M.
Demirtas dans un entretien accordé à l'AFP au quartier général de son
parti à Ankara.
Cofondateur du Parti de la justice et du développement (AKP), M.
Erdogan a été contraint l'an dernier à renoncer au poste de Premier
ministre qu'il occupait depuis 2003, victime d'une règle interne de son
mouvement qui interdit à ses membres d'exercer plus de trois mandats
successifs.
Vainqueur haut la main de la présidentielle en août 2014, il s'efforce
depuis de garder par tous les moyens les rênes du pays, au besoin en
tordant la lettre de la Constitution qui impose au chef de l'Etat la
neutralité et un rôle très protocolaire.
"On peut considérer que la Constitution est aujourd'hui suspendue",
regrette le patron du HDP, "le président ne la respecte pas et fait
campagne ouvertement pour l'AKP".
Depuis des semaines, Recep Tayyip Erdogan bat les estrades pour faire
en sorte que son parti obtienne une majorité d'au moins 367 des 550
sièges de députés, nécessaire pour modifier la loi fondamentale et
renforcer ses pouvoirs.
"La Turquie serait confrontée à de graves défis si quelqu'un qui ne
reconnaît pas la Constitution aujourd'hui imposait demain son pouvoir
personnel sous le prétexte d'instaurer un régime présidentiel",
prévient Selahattin Demirtas.
- Trouble-fête -
Le patron du HDP est déterminé à faire dérailler ce scénario en
ramenant dans le giron de son parti l'électorat kurde de Turquie --une
communauté estimée à 15 millions de personnes soit 20% de la
population--, jusque-là largement acquis à l'AKP.
L'équation politique du 7 juin est simple. Si le parti kurde passe la
barre des 10% au niveau national, indispensable pour garantir sa
représentation au Parlement, il privera le parti de M. Erdogan de sa
majorité qualifiée et pourrait même, à en croire certains sondages,
l'empêcher de garder la majorité absolue qu'il détient depuis 2002.
"Si le HDP franchit le seuil des 10%, les calculs de nombreux partis seront réduits à néant", pronostique M. Demirtas.
Arrivé troisième de la présidentielle de 2014 avec un peu moins de 10%
des voix, le dirigeant kurde est l'une des étoiles montantes de la
politique turque.
Mais, paradoxalement, les discussions engagées depuis 2012 pour mettre
un terme à la rébellion kurde, qui a fait 40.000 morts depuis 1984,
constituent un obstacle sur la route de M. Demirtas.
Ses adversaires de l'opposition l'accusent d'avoir conclu un accord
secret en vertu duquel il soutiendrait la présidentialisation du régime
voulue par M. Erdogan en échange de la paix et de réformes favorables à
la minorité kurde du pays.
"Nous n'avons pas passé d'accord officiel ou secret avec l'AKP",
s'insurge le responsable kurde, en rappelant que ses convictions en
faveur de la laïcité ou du droit des femmes vont à l'encontre de celles
de M. Erdogan.
Même si le chef du Parti des rebelles kurdes du PKK Abdullah Öcalan a
appelé ses troupes à déposer les armes, les perspectives d'un accord de
paix rapide se sont envolées à l'approche du scrutin.
Soucieux de ne pas perdre son électorat le plus nationaliste, M.
Erdogan a durci le ton contre la partie kurde et fait de la fin de la
rébellion un préalable indispensable à toute avancée en faveur des
Kurdes.
Une condition fermement rejetée par M. Demirtas. "Plus vite le
gouvernement prendra des mesures, plus vite nous aboutirons à une
solution", juge-t-il, "mais nous savons que les négociations ne vont
pas dans ce sens". (AFP, Fulya OZERKAN, 6 avril
2015)
HDP: 300 Village Guards Are Being Hired
Peoples’ Democratic Party (HDP) Group Interim Chairman Idris Baluken
submitted a parliamentary inquiry to PM Ahmet Davutoğlu regarding the
reasons for hiring village guards in the southeastern province of
Bingöl and Elazığ during the resolution process.
According to data of İHD (Human Rights Association), village guards
killed 93 people with the guns of government in 2009 and 2013.
The report also said that village guards committed 38 crimes of firing
village, 14 crimes of evacuation of village, 12 crimes of sexual
harassment and rape, 22 crimes of kidnap, 294 crimes of armed attack;
they were charged with wounding 176 people in armed attacks, killing
132 people in armed attacks, 2 cases of loss, 50 executions, 70
seizure, 454 torture and battery, 9 causing to comment suicide and 17
firing forestry.
Baluken wrote that governors of Bingöl’s Kiğı district and Elazığ’s
Karakoçan district gave an order to publicize for the hiring for a
total of 300 village guards.
He also cites that local residents reacted “with democratic protests and demonstrations”.
“During the discussions whether we need to transition towards
negotiation process, it seems that hiring of village guards are rather
sounding like war,” Baluken wrote in his letter.
“It is clear that Justice and Development Party’s (AKP) are worrisome despite the peoples of Turkey’s willingness for peace.” (BIA, April 1, 2015)
Minorités
/ Minorities
Il y a 100 ans, personne au PS ne contestait le génocide arménien
■ Ou comment la chasse aux votes de la communauté turque a modifié la donne.
La Libre Belgique, 30 avril 2015
C’est une crise dont le PS a le secret: un rappel à l’ordre du bureau
politique mené par le président Elio Di Rupo, une déclaration à la
télé, puis une consigne de silence. Cette crise est celle qui a entouré
le centième anniversaire du génocide arménien et les tentatives de
plusieurs députés bruxellois d’origine turque d’empêcher une minute de
silence au parlement de Bruxelles-Capitale. “Elio Di Rupo était furax”,
explique une source à l’intérieur du parti. “Encore un coup comme cela,
a-t-il dit en substance, et c’est la commission vigilance du parti.”
Au final, deux députés, Sevket Temiz et Hasan Koyuncu, ont fait l’objet
d’un “rappel à l’ordre” de Laurette Onkelinx, selon son porte¬parole.
La présidente de la Fédération bruxelloise a également convoqué dès
l’issue du bureau lundi l’ensemble du groupe PS à la région
Bruxelles-Capitale. Car le PS est très gêné aux entournures. Non
seulement les grands leaders du socialisme belge, Jules Destrée et
Emile Vandervelde, avaient pris fait et cause pour les Arméniens au
début du siècle passé, mais en plus, c’est un socialiste, Philippe
Mahoux, qui avait co-introduit en 1998 la résolution du Sénat appelant
la Turquie à reconnaître le génocide.
Des députés alignés sur Ankara
Sevket Temiz est un ex-membre du MR de Schaerbeek, devenu PS lorsqu’il
a déménagé à Laeken. Il est aussi conseiller communal à
Bruxelles-Ville. Hasan Koyuncu, né à Schaerbeek, est issu d’une famille
de commerçants de la chaussée d’Haecht et une locomotive électorale
pour le PS (4 407 voix de préférence).
Mais ces deux députés bruxellois sont loin d’être des cas isolés. La
plupart des élus belgo-turcs pratiquent la double allégeance, votent en
Belgique et en Turquie et s’alignent sur la position d’Ankara à propos
du génocide arménien. Le MR, le FDF le CDH ont tous des élus d’origine
turque qui sont négationnistes. “Les partis sont très hypocrites à ce
propos”, dit Pierre-Yves Lambert, observateur des minorités
bruxelloises. “Ils prennent les candidats et puis ferment les yeux pour
des raisons électorales.” Plus extrême encore fut le livre publié en
2005 par Mustafa Öztürk, alors conseiller communal MR à Schaerbeek, qui
évoquait... “les massacres perpétrés par les Arméniens en Asie mineure,
à Chypre et en Azerbaïdjan”. Le livre était confidentiel, mais il était
signé très symboliquement par le fils du premier immigrant turc venu
d’Emirdag.
“Nul peuple plus digne de notre sympathie”
Au PS, Elio Di Rupo affirme que le parti n’a jamais changé d’avis sur
le génocide arménien, “une réalité historique”. En témoigne Philippe
Mahoux, qui déposa au Sénat avec d’autres députés de la commission
Rwanda, en 1998, une résolution appelant le gouvernement turc “à
reconnaître la réalité du génocide perpétré en 1915 par le dernier
gouvernement de l’empire ottoman”.
La résolution avait été adoptée dans la foulée du génocide rwandais.
“Il n’y avait pas de difficulté particulière à l’époque”, dit Philippe
Mahoux. “La résolution fut adoptée à la quasi-unanimité. L’extrême
droite s’était abstenue. Il n’y a pas de doute, sur le plan historique,
sur le génocide.”
L’Institut Emile Vandervelde avait pourtant bien du mal, cette semaine,
à retrouver dans ses archives les déclarations que le tribun socialiste
avait faites en faveur des Arméniens. Avant de devenir président de
l’ancêtre du PS, le Parti ouvrier belge, Emile Vandervelde, avec Jean
Jaurès, avait soutenu les Arméniens lors du génocide. Il continua son
combat juste avant la conclusion, en 1920, du Traité de Sèvres, qui ne
fut jamais ratifié.
“Nul peuple n’est plus digne de notre sympathie”, déclara Jules
Destrée, alors ministre de l’Instruction publique, à la Ligue des
droits de l’homme, qui l’invitait à un meeting pour l’Arménie le 26
février 1920 à Paris. Déclinant la même invitation, Emile Vandervelde,
ministre de la Justice, plaida “pour qu’on n’accorde pas une prime
monstrueuse à la politique de transformer, par le moyen de massacres,
une majorité en minorité”.
C’était en 1920. Aujourd’hui, le ressac est évident.
Mathieu Colleyn et Christophe Lamfalussy
Emir Kir sera-t-il présent ?
Ce jeudi, la Chambre observera une minute de silence en mémoire du
génocide arménien dont on commémore le centenaire cette année. C’est ce
qu’a décidé la conférence des présidents de l’assemblée suite à une
demande formulée par les députés libéraux Françoise Schepmans et Denis
Ducarme. Interrogé hier, le PS n’a pas été en mesure de confirmer la
présence ou l’absence de son député d’origine turque Emir Kir pour
l’occasion. Mais le débat quant à la reconnaissance du génocide
reviendra à l’agenda de la Chambre. Le FDF a déposé un texte visant à
étendre “le champ d’application de la loi de 1995 réprimant le
négationnisme aux génocides arménien et rwandais, ainsi qu’à tout autre
génocide internationalement et juridictionnellement reconnu”. Au
Parlement bruxellois, le groupe FDF, encore, prépare un texte visant à
reconnaître le génocide arménien, au niveau de la Région et de la
Fédération Wallonie-Bruxelles. Ceci une petite semaine après la
polémique qui a entouré l’organisation d’une minute de silence dans
l’hémicycle régional. Le PS avait été accusé de court-circuiter cette
idée afin de ne pas mettre ses élus d’origine turque en difficulté. Le
FDF avait notamment, sur RTL-TVI, souligné la présence de
négationnistes au sein du Parti socialiste. Non sans heurter son
partenaire de majorité à la Région de Bruxelles-Capitale. M. Co.
Trial of Dink adjourned to Sept. 3 amid calls for justice
A group called Friends of Hrant Dink, including
lawmakers and activists, has called for those behind the murder to be
punished so that society can be peaceful, after the trial of Dink's
accused murderers was adjourned to Sept. 3.
The fifth hearing in the retrial of defendants
accused of assassinating Turkish-Armenian journalist Dink was held on
Tuesday. Dink's family's lawyers mentioned a separate investigation
launched into public officers who they say were informed about the
planned murder and asked to wait the result of the investigation for
the ruling. However, the prosecutor in the current case, Yavuz
Pehlivan, asked for a report from the Scientific and Technological
Research Council of Turkey (TÜBİTAK) on video footage from the day of
the murder. The panel of judges ruled that it would wait for the
TÜBİTAK report and adjourned the trial until Sept. 3.
In a press statement delivered in front of the
İstanbul Courthouse before the hearing, Figen Şakacı, who read the
statement on behalf of the group Friends of Hrant Dink, said that as
the world marks the centenary of the 1915 killings of the Armenians
under the Ottoman Empire, their pain does not heal due to the “the
consistent denial of genocide,” the fact that the “genocide” has not
been accepted and that justice has not been served.
Stating that they are not seeking revenge or to open
new wounds, she said they want their pain to be accepted and the
murderers to be unveiled and punished.
Şakacı emphasized that they do not want any other Armenian to share the same destiny as Dink.
She said "the shows," as she calls the previous
hearings into Dink's death, that have been staged in the name of
justice up until today do not serve any purpose, except to deepen their
wounds and create unease and unhappiness.
“With these shows, by hiding the murders, they
attempt to dismiss the possibility of our living together peacefully by
knowing, accepting each other… We will continue our vigil for justice
and call everyone who has a conscience to also stand vigil,” Şakacı
concluded.
Dink, the late editor-in-chief of the
Turkish-Armenian weekly Agos, was shot and killed in broad daylight on
Jan. 19, 2007, by an ultranationalist teenager outside the offices of
his newspaper in İstanbul. Evidence discovered since then has led to
claims that the murder was linked to the “deep state,” a term that
refers to a shadowy group of military and civilian bureaucrats in
Turkey believed to have links with organized crime.
Although it has been more than seven years since the assassination, no satisfactory outcome has been produced by the trial.
The 14th Specially Authorized High Criminal Court --
as the court was previously called -- on Jan. 17, 2012 acquitted all
suspects in the case on the charge of being a member of a terrorist
organization. The Chief Prosecutor's Office of the Supreme Court of
Appeals challenged the ruling, arguing that the suspects had not acted
alone but as part of a criminal organization. Later, the 9th Criminal
Chamber of the Supreme Court of Appeals reversed the acquittal of the
suspects on charges of membership in a criminal organization. The
chamber ruled that the suspects should be retried on this charge.
(TODAY'S
ZAMAN, April 28, 2015)
Rakel Dink: A Century of Genocide

Rakel Dink, in the article titled ‘A
Century of Genocide’ she wrote for the April 24, 2015, issue of
Cumhuriyet newspaper, relates what befell her family and relatives in
1915, how she met Hrant Dink, and the struggles they put up together:
Today, first at Balıklı, at my Çutak’s grave, then in Şişli, at Sevag’s
grave, and finally, in Taksim Square, to commemorate the ones we lost
during the 1915 Genocide, I will silently wait for this country to
become free.
Today, the day you read this article, is April 24. A
heavy, and very painful day of mourning. Today, I will briefly try to
write for you, with the help of God, my own story.
I was born in 1959, in the Armenian Varto Tribe, which is today
administratively linked to Şırnak. Today its name has been changed to
Yolağzı Village. Varto is the name of my father’s grandfather; it comes
from the name Vartan. Back in the day, my great grandfather Vartan
migrated to this area from Van. The lands of the tribe are in the
southern foothills of Cudi Mountain. Close to the borders with Iraq and
Syria. The Cudi Mountain presents a majestic view when seen from our
lands. And from our neighbouring Hasana Village, the mountain appears
as if it has spread its wings over the land. Today, neither the Hasana
Village, nor the Armenian Varto Tribe exist. In 1915, the firman
(edict) for destruction arrived. In our tribe, they used to call it
‘Fermana Me Xatibi’, in Kurdish. Our tribe managed to survive this
firman with the help of an Arab Muslim tribe we knew as the “Tribe of
Tayans”, in the depths of the Cudi Mountain, hiding for many years in
the highlands, in coves and caves. “Cudi is the name of a saint. Christ
protected us for her sake,” the elders used to say. In fact, there is
even a legend claiming that the caves they sought shelter in did not
actually exist...
Did she fall prey to the wolves, or perhaps to the birds?
As they escaped in 1915, the newly born child of a relative began to
cry, and could not be silenced. The mother-in-law said, “You keep
walking, pass the baby to me, my daughter,” and took her, and then... I
can’t utter the words, you can guess what happened. That baby was the
child of my maternal grandmother’s elder sister... Another person in
the convoy could no longer carry their daughter, blindfolded her, and
left her below a tree. They placed a piece of dry bread in her hand.
They blindfolded her so when harm did come, she was not afraid. Every
time they tell this story, they begin to cry, saying, “Did she fall
prey to the wolves, or perhaps to the birds”. Who knows? Maybe she is
the grandmother of one of you out there...
My father Siyament’s surname was Vartanyan, but it was changed to
Yağbasan when the Surname Law came into force. My mother was Delal.
They were both highly skilful people who did whatever they did in the
best possible way, and they were courageous and honest. They made their
living the hard way, never set eyes on other people’s property, never
breathed a lie, and always defended what’s right, true and just. Even
in the face of persecution. And they gave and taught us what they
carried within themselves, setting an example with their very lives. My
mother fell ill when she was 35. I was eight years old. She passed away
into eternal peace. During that year a group of philanthropists visited
our village. Encouraged by our Patriarch Shenork Srpazan back then,
they travelled to the villages in Anatolia to find remnants of the
sword. Since not a single Armenian school was left in Anatolia, their
aim was to take children of a suitable age and bring them to Istanbul.
Along with my father, Hrant Güzelyan and Orhan Yünkes brought 12
children to Istanbul. We were the second group. We were placed in
boarding school to learn our language and religion and to receive
education.
Our fathers would keep guard
When we were in the village, many nights, our fathers would keep guard.
Dogs would howl. It seemed as if a spirit of fear wandered. Of course,
they tried not to let the children realize, but you would sense it from
their mood, and from the women’s incessant whispering of prayers, and
you would see the anxiety. At different times, twice our shepherds were
murdered. The week before the last remaining people of the tribe
migrated to Istanbul, they murdered a man from the neighbouring Hasana
Village, which was another Christian village, and hurled each part of
his remains in a different corner. Fear gradually increased.
The agha of the neighbouring Dadar Village, a tenant of my father, had
conjured up a fake deed and filed a lawsuit against my father. For 40
years, my father pursued these cases and the field surveys. He was
injured many times, at times he tired, but he never gave up. My father
passed away at the age of 72 in Brussels, while, to use your phrase, as
a member of the “Diaspora” his “land demand” continued. The case is
still open.
I met my beloved husband at boarding school. We first met at the summer
residence of the boarding school, the Tuzla Armenian Children’s Camp.
Together, we played knucklebones, we ran, we sang hymns, and we learned
to help each other, to console each other, to cry with those who cried,
to laugh with those who laughed, and to love and respect. We learned
righteousness, honesty and sharing. We learned how to separate the good
from the bad. On April 23, 1977, on Children’s Day*, we two children
got married. Let me tell you something: We loved each other, and we
loved to love.
In 1978, they shot our camp director Güzelyan. He was injured but
survived. In 1979, they imprisoned him on the pretext of raising
Armenian militants. We, a family with two children, took responsibility
as directors of the camp during summers. Hrant was a student at
university on the one hand, and our struggle to make a living continued
on the other. In 1986, our third child was born. And then, the Tuzla
Camp was seized by the state. It still stands today, dilapidated. I
wish they had used it for a good purpose. They took it from us and gave
it back to its former owner. Then it apparently changed hands several
times. It brought no good to any of its new owners.
And the places in Istanbul where the children stayed were closed one by one during the winter.
Today, in this age of information, no one has the right to say ‘I don’t
know’. My life story, or other people’s life stories... One observes
how each person who survived during that period managed it only by a
miracle.
There is even more to it than murder
These days, the pathetic Perinçek and his like make up stories saying,
“Hrant did not call it genocide”. They have teamed up with state cadres
in their pursuit for “freedom of expression”... Talaat Pasha and his
friends... Thus we see that there is even more to it than murder. We
saw the trials that took place after 19 January 2007. And at those
trials I saw the anger and hatred that is not satiated by murder.
My dear Çutak**... He wanted for you to reach the honour and greatness
of seeing the consequences through your own means, and he wanted to do
that without offending you. Because he was good. He loved you very
much. His wish and aim was to help you. We have seen many guises of
racism, heartless, blinded, and inhuman. In the middle of the
courtroom, they kicked and stamped the remains of the dead. Both while
we lived with the threats, and after the assassination. Is that not the
mentality of the Genocide?
Saying “No one is left... They are all gone, that is all”, “I wish they
had not left. They went, and with them, the abundance of the land
disappeared as well”, “We got along well, it was external powers that
sew discord” means nothing. It is necessary to sincerely recognize the
atrocity that took place, the grave robbing, the evil in laying waste
to all forms of intimacy, that all those rights you call the rightful
share of the servant of God were trampled under foot, that belongings,
property and dignity were destroyed and that no right whatsoever was
protected.
Which heart can comprehend the magnitude of that whole?
What I know, what I have heard, what I have experienced are perhaps
trivial. Perhaps they constitute a mere fraction of a larger whole. But
which mind, which heart can comprehend the magnitude of that whole?
Now I stand and look. I observe how grotesque and ridiculous humanity
looks in the garb of denial. Mine is a bitter smile. A smile turned
sour, full of tears. A smile in part full of anger and expectation.
I observe the world in 1915. I cry bitter tears for all humanity, and
its policies. I observe the humanity of 2015, and my soul wails inside
me. My life is drained out. I observe my country. I am ashamed. I cry.
A lump sticks in my throat. I cannot swallow. I let loose my voice. My
tears flow from my chest. I speak to God, I pour out my grief to Him.
And by faith in His name, I beg to Jesus. For Him to show mercy to
humanity. To lead hearts to repentance. Then the Lord will descend upon
the earth, and humanity will move on with sincere recognition. Hearts
will unite, wounds will be salved, and healing and joy will come. And
thus the old rotten mentality will be cast aside like a dirty ragged
garment. People will become pure, redeemed; they will shed their weight
and emancipate themselves from the noose of history.
Today, first at Balıklı, at my Çutak’s grave, then in Şişli, at Sevag’s
grave, and finally, in Taksim Square, to commemorate the ones we lost
during the 1915 Genocide, I will silently wait for this country to
become free. (Agos, April 24, 2015)
* April 23, in commemoration of the
establishment of the Grand National Assembly of Turkey on that day in
1920, is celebrated in Turkey as Children’s Day.
** Çutak means ‘violin’ in Armenian. It is also
Rakel Dink’s nickname for Hrant Dink, and a pseudonym Hrant Dink used
when he began to write columns.
Le président israélien commémore le génocide arménien, une première
Le président israélien Reuven Rivlin a rencontré dimanche les leaders
de la communauté arménienne israélienne à l'occasion du centenaire des
massacres d'Arméniens, une première dans un pays qui ne reconnait pas
l'existence d'un génocide, selon un communiqué de la présidence.
"Pour la première fois, un président israélien a marqué le massacre de
masse du peuple arménien avec la communauté arménienne d'Israël",
affirme le communiqué.
"Le peuple arménien a été la première victime moderne de meurtre de masse", a déclaré, selon le texte, M. Rivlin.
Le consul honoraire d'Arménie en Israël, Tsolag Momjian, s'est félicité
que pour la première fois des représentants officiels de l'Etat
d'Israël aient participé aux cérémonies. Deux députés israéliens ont
effectué le voyage en Arménie pour les commémorations marquant le 100e
anniversaire du génocide.
Des centaines de milliers d'Arméniens ont commémoré vendredi les
massacres perpétrés par les Turcs ottomans à partir de 1915, avec
notamment à Erevan un hommage solennel en présence des présidents russe
Vladimir Poutine et français François Hollande, qui a appelé la Turquie
à reconnaître ce génocide.
De son coté, le représentant du patriarcat arménien en Israël, Aris
Shirvanian a déploré qu'Israël ne qualifie pas le meurtre de masse du
peuple arménien de "génocide".
Les Arméniens et des historiens estiment qu'un million et demi de
personnes ont été tuées de manière systématique entre 1915 et 1917,
pendant les dernières années de l'Empire ottoman. Une vingtaine de
pays, dont la France et la Russie, et à commencer par l'Uruguay en
1965, ont reconnu le génocide.
La Turquie récuse ce terme, arguant d'une guerre civile en Anatolie,
doublée d'une famine, dans laquelle 300.000 à 500.000 Arméniens et
autant de Turcs sont morts selon elle.
Jeudi, l'Église apostolique arménienne a canonisé le million et demi de
morts, soit la plus importante canonisation en nombre jamais décidée
dans la chrétienté.
L'Arménie et sa nombreuse diaspora luttent depuis des décennies pour
que ces massacres soient reconnus comme ayant constitué un génocide. (AFP, 26 avril
2015)
L'Arménie commémore dans l'émotion le génocide de 1915
Des centaines de milliers d'Arméniens ont commémoré
vendredi les massacres perpétrés par les Turcs ottomans à partir de
1915, avec notamment à Erevan un hommage solennel en présence des
présidents russe Vladimir Poutine et français François Hollande, qui a
appelé la Turquie à reconnaître ce génocide.
Après une cérémonie qui a réuni des délégations de près de 60 pays à
Erevan, une foule d'Arméniens arrivés du monde entier est allée en
procession se recueillir au Mémorial du génocide, déposant près de la
flamme éternelle des monceaux de fleurs et des bougies.
Dans la soirée, une marche aux flambeaux a réuni des dizaines de
milliers de personnes dans le centre de la capitale arménienne. Ses
participants ont chanté des chansons patriotiques et brûlé un drapeau
turc.
"Les Arméniens n'oublieront jamais ce qui s'est passé il y a un siècle.
Nous voulons que la Turquie reconnaisse sa culpabilité et présente des
excuses", a déclaré Sevan Gedelekian, Arménien de la diaspora venu
spécialement du Liban.
"Certains de mes ancêtres ont disparu en 1915 et leur sort reste
inconnu à ce jour", a dit Sousanna Tangian, une habitante d'Erevan.
Plus tôt dans la journée, le président Hollande, chef du premier grand
Etat européen à avoir reconnu, en 2001, le génocide arménien, a appelé
la Turquie à reconnaître le caractère génocidaire des massacres.
- Des mots importants 'attendus' -
"Il y a en Turquie des mots, et des mots importants, qui ont déjà été
prononcés mais d'autres sont encore attendus pour que le partage du
chagrin puisse devenir le partage d'un destin", a affirmé le président
français.
Pour M. Poutine, "rien ne peut justifier des massacres de masse" qu'il
qualifie de "génocide". "Aujourd'hui, nous nous recueillons aux côtés
du peuple arménien", a-t-il déclaré.
Le président allemand Joachim Gauck a reconnu jeudi le génocide,
soulignant la "coresponsabilité" de l'Allemagne avec son allié ottoman
à l'époque.
Cependant, le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter
Steinmeier refuse toujours d'utiliser ce terme pour ces événements,
dans un entretien qu'il a eu avec l'hebdomadaire Der Spiegel.
Le président des Etats-Unis Barack Obama a quant à lui évoqué un "terrible carnage", évitant de parler de "génocide".
La Turquie a continué vendredi de dénoncer systématiquement les déclarations qualifiant les massacres de génocide.
Elle a ainsi sévèrement condamné les propos de M. Poutine. "De telles
déclarations politiques constituent une violation du droit et sont
considérées comme nulles et non avenues par la Turquie", a déclaré dans
un communiqué le ministère des Affaires étrangères.
Le ministère s'en est ensuite pris à Joachim Gauck. Le président
allemand "n'a aucun droit d'accuser la Nation turque d'un crime qu'elle
n'a pas commis", a-t-il estimé dans un autre communiqué. "Le peuple
turc n'oubliera et ne pardonnera pas les déclarations du président
Gauck".
Dans un dernier communiqué, le ministère a aussi critiqué Barack Obama,
l'accusant de défendre un "point de vue unilatéral" sur la question.
Auparavant, Ankara s'était irrité des déclarations du pape François,
qui a prononcé pour la première fois le mot de "génocide" pour les
Arméniens, et du Parlement européen qui a demandé à la Turquie d'en
reconnaître la réalité.
Pour sa part, le président arménien Serge Sarkissian a "remercié" les
dirigeants étrangers présents à Erevan, promettant que "rien ne sera
oublié".
Des cérémonies et manifestations ont été organisées par la diaspora
arménienne de Los Angeles à Stockholm, en passant par Paris, Beyrouth,
Téhéran ou Jérusalem.
A Los Angeles, des dizaines de milliers d'Arméniens, au moins 50.000
personnes selon les organisateurs, 30.000 selon la police, ont
manifesté dans le calme. La foule a défilé sur un parcours qui s'est
terminé devant le consulat de Turquie.
Plusieurs milliers de personnes ont participé à des défilés à Marseille (France).
Pour la première fois, un ministre turc a participé à une messe
d'hommage célébrée au patriarcat arménien de l'ancienne Constantinople.
"Nous respectons les souffrances vécues par nos frères arméniens. Nous
sommes conscients de leurs épreuves", a déclaré le ministre des
Affaires européennes, Volkan Bozkir, à l'issue de l'office.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a pour sa part réitéré ses
"condoléances" aux victimes. "J'affirme que nos coeurs sont ouverts aux
descendants des Arméniens ottomans de par le monde", a écrit l'homme
fort de la Turquie dans son message.
Néanmoins, Ankara avait décidé de célébrer ce jour-là le 100e
anniversaire de la bataille de Gallipoli, épisode meurtrier de la
Première guerre mondiale. Les combats avaient en fait débuté un 25
avril, soit samedi. Mais les autorités ont avancé les cérémonies, et
certains chefs d'Etat ou de gouvernement ont choisi Gallipoli plutôt
qu'Erevan.
- Canonisation des victimes -
Les Arméniens et des historiens estiment qu'un million et demi de
personnes ont été tuées de manière systématique entre 1915 et 1917,
pendant les dernières années de l'Empire ottoman. Une vingtaine de
pays, dont la France et la Russie, et à commencer par l'Uruguay en
1965, ont reconnu le génocide.
La Turquie récuse ce terme, arguant d'une guerre civile en Anatolie,
doublée d'une famine, dans laquelle 300.000 à 500.000 Arméniens et
autant de Turcs sont morts selon elle.
Jeudi, l'Église apostolique arménienne a canonisé le million et demi de
morts, soit la plus importante canonisation en nombre jamais décidée
dans la chrétienté.
L'Arménie et sa nombreuse diaspora luttent depuis des décennies pour
que ces massacres soient reconnus comme ayant constitué un génocide. (AFP, 24 avril
2015)
Rassemblement à la mémoire des victimes du génocide arménien à Istanbul
Des centaines de personnes ont symboliquement honoré
vendredi à Istanbul la mémoire des victimes des massacres d'Arméniens
de 1915, que les autorités turques ont pour la première fois honorées
lors d'une messe mais en continuant à récuser tout "génocide".
Réunis à l'appel d'un collectif d'ONG turques et internationales, les
manifestants se sont successivement retrouvés devant l'ancienne prison,
aujourd'hui Musée des arts islamiques, où furent détenus les premiers
Arméniens arrêtés le 24 avril 1915 et à la gare d'Haydarpasa, d'où ils
furent ensuite déportés.
Sous l'oeil des forces de l'ordre, ils ont exhibé des portraits des
victimes tuées en 1915 et des pancartes "Reconnaissez le génocide!", en
turc, en arménien et en anglais.
"J'ai voulu venir ici, au milieu du peuple turc, pour commémorer cette
cause commune", a confié à l'AFP Satenik Baghdasaryan, une militante
arménienne venue spécialement d'Erevan pour l'occasion. "C'est ma façon
de montrer ma reconnaissance pour le travail qu'ils font ici (...) pour
pousser leur Etat à reconnaître ce qui s'est passé", a-t-elle ajouté.
Un ministre turc a participé vendredi, pour la première fois, à une
messe en l'honneur des victimes au patriarcat arménien d'Istanbul.
"Nous respectons les souffrances vécues par nos frères arméniens. Nous
sommes conscients de leur épreuve, c'est pour cette raison que nous
sommes venus assister à cette cérémonie", a déclaré le ministre des
Affaires européennes, Volkan Bozkir.
Dans un message lu lors de cette messe, le président Recep Tayyip
Erdogan à renouvelé ses "condoléances" aux victimes arméniennes des
tueries de 1915-1917. "J'affirme que nos coeurs sont ouverts aux
descendants des Arméniens ottomans de par le monde", a également écrit
l'homme fort du pays dans son message.
Malgré ce geste d'ouverture, les dirigeants islamo-conservateurs turcs
ont jugé "sans fondement" la qualification en génocide des massacres de
centaines de milliers d'Arméniens commis par l'Empire ottoman à partir
de 1915, dénonçant une "campagne de dénigrement contre la Turquie".
"Nous attendons de l'Etat turc une reconnaissance du génocide, qu'il
arrête de mettre le négationnisme au coeur de son éducation, de sa
diplomatie, de sa politique, de son idéologie", a commenté Benjamin
Abtan, du Mouvement antiraciste européen (Egam), qui a participé aux
rassemblements de la journée.
Quelques dizaines de militants d'un parti nationaliste ont par ailleurs
défilé à Istanbul pour dénoncer les commémorations du génocide aux cris
de "nous n'avons pas commis de génocide, nous avons défendu la patrie".
De brèves échauffourées ont enfin opposé des étudiants de l'université
technique d'Istanbul qui avaient déployé sur leurs campus des
banderoles réclamant la reconnaissance du génocide arménien à des
agents de sécurité privé et la police, a rapporté l'agence de presse
Dogan.
D'autres rassemblements à la mémoire des victimes des massacres de 1915
ont été signalés en Turquie, notamment à Diyarbakir (sud-est), selon
les médias. (AFP, 24 avril
2015)
Ankara dénonce les propos de Poutine et Gauck sur le génocide arménien
La Turquie a condamné vendredi les propos des présidents russe Vladimir
Poutine et allemand Joachim Gauck qualifiant de "génocide" le massacre
de centaines de milliers d'Arméniens par l'Empire ottoman pendant la
Première guerre mondiale.
"Nous rejetons et nous condamnons la qualification des événements de
1915 en génocide par le président russe Poutine, malgré nos
avertissements et nos appels", a écrit dans un premier communiqué le
ministère turc des Affaires étrangères.
Lors des cérémonies du centenaire du génocide organisées vendredi à
Erevan, M. Poutine a affirmé que "rien ne peut justifier des massacres
de masse", et parlé de "génocide".
"De telles déclarations politiques constituent une violation du droit
et sont considérées comme nulles et non avenues par la Turquie", a
déploré Ankara, qui a reproché à la Russie ses "pratiques inhumaines
visant les peuples turcs et musulmans" au cours de son histoire, sans
autre détail.
"Nous pensons que la Russie est probablement la mieux placée pour
savoir ce qu'est un +génocide+ et ce que recouvre cette dimension
juridique", a insisté le ministère turc.
Dans une autre déclaration, il s'en est ensuite pris aux propos du
président allemand Joachim Gauck, qui a reconnu pour la première fois
un génocide arménien et souligné la "coresponsabilité" dans son crime
de son pays, allié de l'Empire ottoman pendant la Première guerre
mondiale.
"Il n'a aucun droit d'accuser la Nation turque d'un crime qu'elle n'a pas commis", a estimé Ankara.
"L'histoire et l'identité turques sont une part indissociable de la
société turco-allemande. Les membres de cette communauté ne resteront
pas silencieux face aux tentatives de remettre en cause cette identité.
Le peuple turc n'oubliera et ne pardonnera pas les déclarations du
président Gauck", a poursuivi le ministère.
L'Allemagne abrite la plus importante communauté turque à l'étranger, évaluée à quelque trois millions de personnes.
Et dans un dernier communiqué, la Turquie a également critiqué le
président américain Barack Obama, qui a soigneusement évité de recourir
au mot génocide mais a parlé de "grand carnage". "Nous rejetons toute
conception discriminatoire et partiale de la justice", a indiqué le
ministère turc des Affaires étrangères, dénonçant le "point de vue
unilatéral" défendu par le président américain.
Depuis plusieurs jours, la Turquie dénonce systématiquement les
déclarations qualifiant de génocide les massacres de centaines de
milliers d'Arméniens perpétrés par l'Empire ottoman pendant la Première
guerre mondiale, ou qui la pressent de le reconnaître.
Les dirigeants islamo-conservateurs turcs ont une nouvelle fois
présenté vendredi leurs "condoléances" aux familles des victimes
arméniennes de 1915 en reconnaissant leurs "souffrances", mais sans
admettre le caractère organisé et systématique de ces tueries. (AFP, 24 avril
2015)
La Bulgarie reconnaît "l'extermination massive" d'Arméniens
La Bulgarie, pays voisin de la Turquie, a reconnu vendredi
"l'extermination massive des Arméniens" il y a 100 ans, tout en évitant
le mot "génocide" et en distinguant l'Empire ottoman de la Turquie
actuelle.
La Bulgarie "reconnaît l'extermination massive du peuple arménien par
l'Empire ottoman de 1915 à 1922", le 24 avril étant déclaré "jour de
commémoration des victimes", selon une déclaration du Parlement adoptée
par 157 voix contre 36.
"L'extermination massive (...) doit être reconnue", a souligné le
Premier ministre conservateur Boïko Borissov devant des journalistes au
Parlement, tout en évitant le mot "génocide".
"Je m'attends à ce que la distinction nette (que nous faisons) entre
l'Empire ottoman et la Turquie actuelle soit relevée par l'Etat turc",
a-t-il ajouté.
La Bulgarie est le pays de l'UE au taux le plus élevé de musulmans -
environ 13% de la population - dont la plupart appartiennent à la
minorité turque demeurée dans le pays après la fin de la domination
ottomane en 1878.
Elle entretient des relations de bon voisinage avec la Turquie.
Les 36 députés du parti de la minorité turque MDL (opposition), ont
voté contre la déclaration. Ce parti, qui a longtemps joué un rôle
incontournable dans la vie politique bulgare, avait empêché depuis 2006
huit tentatives d'adoption de déclarations alors déposées par le parti
ultranationaliste bulgare, et qui comportaient le terme de "génocide
arménien".
Ce terme n'a été endossé à ce jour que par une vingtaine de pays, dont la France, la Russie et l'Allemagne, jeudi.
Mercredi, Ankara a rappelé son ambassadeur à Vienne après la reconnaissance symbolique du génocide par le Parlement autrichien. (AFP, 24 avril
2015)
Obama évite le mot "génocide"
Le président américain Barack Obama a qualifié jeudi le massacre
d'Arméniens pendant la Première Guerre mondiale de "terrible carnage",
évitant d'employer le mot "génocide", à quelques heures de la
date-anniversaire du centenaire de ces tueries.
"Les Arméniens de l'Empire ottoman ont été déportés, massacrés, et
emmenés vers la mort. Leur culture et leur patrimoine ont été effacés
dans leur ancienne patrie", a déclaré M. Obama dans un communiqué aux
mots soigneusement choisis.
"Dans ces violences terribles, responsables de souffrances de tous les
côtés, un million et demi d'Arméniens sont morts", ajoute le communiqué.
Les législateurs américains ont déposé le mois dernier une résolution
appelant M. Obama à reconnaître le génocide, un terme qu'il n'a jamais
employé comme président.
Lors de la campagne présidentielle de 2008, Barack Obama, alors sénateur, s'était engagé à "reconnaître le génocide arménien".
Le président américain a déclaré jeudi que son point de vue sur la question n'avait "pas changé".
"Une reconnaissance pleine, franche et juste des faits est dans notre intérêt à tous", a t-il dit.
Le secrétaire au Trésor, Jack Lew, mènera vendredi la délégation
américaine en Arménie, où se tiendra une cérémonie d'hommage aux
victimes de ces massacres débutés il y a 100 ans, et dans lesquels les
Arméniens estiment qu'un million et demi des leurs ont été tués de
manière systématique par l'armée ottomane.
La Turquie évoque pour sa part une guerre civile en Anatolie, doublée
d'une famine, dans laquelle 300.000 à 500.000 Arméniens et autant de
Turcs ont trouvé la mort et récuse le terme "génocide".
Washington évite le mot "génocide", une "honte" pour une arménienne de 101 ans
Une survivante du massacre d'1,5 million d'Arméniens il y a un siècle,
aujourd'hui âgée de 101 ans et qui vit aux Etats-Unis, a qualifié de
"honte" le fait que la Maison Blanche n'utilise pas le terme de
"génocide" pour qualifier cet événement.
Yevnige Salibian, qui vit dans une maison de repos en Californie
(ouest), estime qu'il s'agit d'un choix politique et diplomatique à la
veille du centième anniversaire, vendredi, de ces tueries qui se sont
déroulées entre 1915 et 1917.
"Pourquoi? Pour des raisons politiques! Ils ont des bases militaires en
Turquie. Pour des politiques, ils ne veulent pas le reconnaître. Et
c'est une honte, une honte pour l'Amérique", a-t-elle lancé.
Durant sa course à la Maison Blanche en 2008, le candidat Barack Obama
avait pourtant milité pour reconnaître le "génocide arménien".
Mais cette semaine, alors que l'échéance hautement symbolique des 100
ans approche, la Maison Blanche a soigneusement évité ce mot.
Yevnige Salibian se souvient encore du jour où, toute petite fille,
elle a entendu la police turque frapper à la porte pour demander à sa
famille de quitter le pays.
"Je pleurais (...). J'avais 7 ans quand on est partis. Et nous avons
voyagé dans une charrette tirée par deux chevaux", raconte-t-elle à
l'AFP.
Le mois dernier, plusieurs parlementaires avaient déposé une résolution
appelant Barack Obama à reconnaître le génocide, un terme qu'il n'a
jamais employé comme président.
En 2014, il avait évoqué "l'une des pires atrocités du XXe siècle" et
appelé à une "reconnaissance pleine, franche et juste des faits".
La Turquie a toujours refusé d'admettre le génocide ou toute
élimination planifiée, évoquant la mort d'environ 500.000 Arméniens
(contre 1,5 million selon l'Arménie), qui s'étaient rangés pendant la
Première guerre mondiale du côté de son ennemie la Russie, lors de
combats ou à cause de famines.
Les autorités turques se sont d'ailleurs ostensiblement réjouies
mercredi de la volonté des Etats-Unis de ne pas utiliser ce terme. (AFP, 24 avril
2015)
Aznavour persuadé que la Turquie reconnaîtra "un jour ou l'autre" le génocide arménien
A la veille des célébrations du centenaire du génocide arménien,
Charles Aznavour a estimé jeudi à Erevan que la Turquie reconnaîtra "un
jour ou l'autre" ces massacres quand elle "en aura marre d'être montrée
du doigt".
"C'est une tache trop lourde, la tache du sang", a observé devant
quelques journalistes le chanteur, membre de la délégation officielle
du président français François Hollande qui assistera vendredi au
commémorations du génocide dans la capitale arménienne.
Charles Aznavour entend-il demander à la Turquie de le reconnaître ?
"Je ne vais pas dire reconnaissance (...), ça ne peut pas se faire du
jour au lendemain", avance-t-il prudemment.
S'il se refuse de la même manière à adresser un "message aux Turcs" pas
plus qu'il n'appelle à "voter en France (...) pour untel ou untel",
l'Arménien le plus connu au monde estime qu'il leur appartient de
"décider ce qu'ils vont faire".
Selon lui, "les choses évoluent (...) avec le peuple turc et c'est
peut-être le plus important" même si le président turc Recep Tayyip
Erdogan a "un peu la tête dure" sur cette question.
"Je ne le connais pas encore, mais je voudrais le rencontrer aussi", ajoute cependant Aznavour.
"Il ne faut pas croire que tous les Turcs se préoccupent de cacher ce
qui s'est passé, ça n'est pas vrai", insiste-t-il, "le peuple turc n'a
rien à voir avec Ankara", la capitale politique de la Turquie.
Et d'assurer qu'il "ne rêve que d'une chose, c'est d'aller visiter la Turquie et de rencontrer le peuple turc".
Ressent-il une émotion particulière à l'approche du centenaire de ce
génocide ? "Je n'ai pas d'émotion, j'ai une détermination",
assure-t-il, "le côté pleureur, je ne connais pas, il faut aller de
l'avant".
Interrogé sur le sens de cette visite au côté du président français,
Charles Aznavour souligne encore que "chaque fois qu'il y a un
événement important en Arménie", il s'y rend, avec François Hollande
aujourd'hui comme avec Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy dans le passé.
A 90 ans, Aznavour reviendra sur scène à Paris en septembre après une
tournée mondiale qui l'a emmené depuis l'an dernier à New York, Moscou,
Montréal, Londres , Berlin, Los Angeles ou encore Rome et Erevan.
Les Arméniens estiment que 1,5 million de personnes ont été tuées de
manière systématique entre 1915 et 1917, lors des dernières années de
l'Empire ottoman, et une vingtaine de pays, parmi lesquels la France et
la Russie, ont reconnu qu'il s'agissait là d'un génocide.
La Turquie récuse ce terme et évoque pour sa part une guerre civile en
Anatolie, doublée d'une famine, dans laquelle 300 à 500.000 Arméniens
et autant de Turcs ont trouvé la mort. (AFP, 23 avril
2015)
Le président allemand qualifie de "génocide" le massacre des Arméniens en 1915
L'Allemagne, par la voix de son président Joachim Gauck, a reconnu
jeudi soir pour la première fois le "génocide" arménien, soulignant sa
"coresponsabilité" dans ce crime attribué à son allié ottoman pendant
la Première guerre mondiale.
"Nous devons également, nous Allemands, faire notre travail de
mémoire", a-t-il déclaré, évoquant "une coresponsabilité, et même,
potentiellement, une complicité (de l'Allemagne) dans le génocide des
Arméniens", au cours d'une cérémonie religieuse à Berlin, à la veille
des commémorations officielles du centenaire des massacres perpétrés
par les Turcs ottomans.
C'est la première fois que l'Allemagne utilise officiellement le mot de
"génocide" pour évoquer ces tueries qui ont fait 1,5 million de
victimes entre 1915 et 1917. Une vingtaine de pays, dont la France et
la Russie, avaient déjà franchi le pas, alors qu'Ankara rejette
toujours ce terme.
M. Gauck prend le risque de froisser la Turquie, un allié de premier
plan que Berlin s'était toujours efforcé de ménager sur ce sujet.
L'Allemagne abrite la plus importante communauté turque à l'étranger,
évaluée à environ trois millions de personnes.
Dans un texte publié lundi, et qui devait être discuté vendredi, les
groupes parlementaires allemands n'étaient pas allés aussi loin que M.
Gauck, se contentant d'établir un lien entre le massacre des Arméniens
et les "génocides" du XXe siècle. L'initiative avait obtenu le soutien
du gouvernement allemand, après d'âpres débats.
"Parmi nous, vivent des descendants d'Arméniens et de Turcs avec chacun
sa propre histoire. Mais pour une cohabitation pacifique, il est
important que tous, nous fassions référence aux mêmes principes
explicatifs quand il s'agit de travail de mémoire", a souligné M.
Gauck, insistant sur le rôle de l'Allemagne dans le génocide arménien.
- L'Allemagne avec l'empire ottoman -
"Des militaires allemands" ont "participé à la planification et pour
une part à la mise en place des déportations", a-t-il rappelé. "Des
informations d'observateurs et de diplomates allemands qui ont
clairement établi la volonté d'exterminer les Arméniens ont été
ignorées" car le Reich allemand, allié à l'empire ottoman, "ne voulait
pas compromettre les relations" avec lui.
L'historien allemand Rolf Hosfeld s'était d'ailleurs étonné il y a
quelques jours, dans un entretien avec la radio autrichienne, que son
pays mette autant de temps à reconnaître le génocide, alors que de
nombreux documents montrent combien l'Allemagne impériale était au fait
de ce qui se passait.
Le président Gauck a rappelé les mots "lapidaires" du chancelier de
l'époque, Bethmann Hollweg, en décembre 1915 : "Notre objectif unique
est de maintenir la Turquie à nos côtés jusqu'à la fin de la guerre,
peu importe que les Arméniens soient anéantis ou non".
Au cours de la cérémonie jeudi soir, le président de l'Eglise
protestante allemande, Heinrich Bedford-Strohm, a vu dans le
comportement de l'Allemagne impériale "une érosion des valeurs
éthiques, qui, plus tard, (...) allait trouver sa plus effrayante
traduction avec la Shoah" et les six millions de Juifs massacrés.
Le président Gauck a évoqué les propos d'Hitler, invitant ses officiers
à la brutalité le 22 août 1939 au moment de l'invasion de la Pologne.
"Qui parle encore aujourd'hui de l'anéantissement des Arméniens ?",
avait lancé le Führer.
"Nous en parlons !", lui a répondu jeudi soir M. Gauck, ancien pasteur
dissident de RDA qui, depuis son arrivée à la présidence en mars 2012,
a placé sa mission sous le signe du devoir de mémoire face au lourd
passé de l'Allemagne.
Le Parlement autrichien avait déjà suscité mercredi la colère d'Ankara
en reconnaissant le génocide arménien, une première dans ce pays allié,
comme l'Allemagne, à l'empire ottoman pendant la Première guerre
mondiale. La Turquie a réagi en rappelant pour consultation son
ambassadeur à Vienne.
Ankara avait déjà été très irrité par des déclarations du pape
François, qui a parlé pour la première fois du "génocide" des
Arméniens, et par le Parlement européen qui a demandé aux Turcs de
reconnaître le génocide.
"Personne ne doit avoir peur de la vérité", a déclaré le président de
la République fédérale d'Allemagne. "Ce n'est qu'ensemble que nous
pouvons surmonter ce qui nous divise et nous a divisés", a-t-il ajouté.
(AFP, 23 avril
2015)
Critiques de Dogan Özgüden sur le négationnisme turc en Belgique
Belga: Des militants d'origine turque au côté de la communauté arménienne
Le comité belge des
commémorations des victimes du génocide arménien de 1915 a lancé cette
semaine un appel à la reconnaissance de ce génocide, réfuté par le
gouvernement turc. Des associations d'origine turque figurent parmi la
quinzaine d'organisations qui relaient cet appel en Belgique. Le
rédacteur Dogan Özgüden déplore que les autorités belges demeurent
frileuses à ce sujet, pour des raisons électorales. Le centenaire du
génocide sera commémoré dans le monde vendredi, notamment à Bruxelles.
Le comité belge des commémorations des victimes du
génocide arménien de 1915 est composé de la coordination belge du
centenaire du génocide arménien, ainsi que des fédérations syriaque,
kurde, yézidie ou alévie, mais aussi d'associations d'origine turque
comme la confédération des ouvriers de Turquie en Europe ou la
fondation Info-Türk.
Le rédacteur en chef du bulletin Info-Türk, Dogan
Özgüden, déplore mercredi "n'avoir jamais entendu, de la part d'élus
belges d'origine turque, de prise de position démocrate au sujet du
génocide arménien et déviant de la ligne du gouvernement turc".
L'appel porté par le comité belge regrette dans la
même veine que "des négationnistes turcs occupent des postes clés dans
les assemblées fédérales, communautaires, régionales et communales, en
raison des considérations électorales de tous les partis politiques
belges".
Environ 160.000 personnes nées avec la nationalité
turque résident en Belgique, dont trois-quarts ont acquis la
nationalité belge ensuite, estimait en 2013 le Centre pour l'égalité
des chances et la lutte contre le racisme. La communauté arménienne en
Belgique est, quant à elle, estimée à 30.000 personnes, d'après le
Comité des Arméniens de Belgique.
Cette communauté ne bénéficie pas de "la même
bienveillance électorale" que la communauté d'origine turque, estime M.
Özgüden. Il déplore que "les autorités belges, dans ces circonstances
électorales, ne veulent pas intervenir dans l'injustice". Le sénat
belge a toutefois reconnu en 1998 le massacre arménien en tant que
"génocide" dans une résolution invitant le gouvernement turc à emboîter
le pas.
L'appel du comité des commémorations des victimes du
génocide arménien sera relayé lors d'une manifestation à Bruxelles le
24 avril, le jour des commémorations du centenaire du génocide
arménien. (Belga, Marie-Pauline Desset, 22 avril 2015)
Le Soir: La longue et difficile reconnaissance du génocide
En 1998, sur proposition du socialiste Philippe
Mahoux, le Sénat votait une résolution dans laquelle il invitait «le
gouvernement turc à reconnaître la réalité du génocide perpétré en 1915
par le dernier gouvernement de l’Empire ottoman.» Aujourd’hui, vu ce
que sont devenues les attributions du Sénat, on jugerait cette position
purement symbolique. Ce n’était pas le cas alors. Il n’en reste pas
moins qu’à ce jour, l’État belge n’a pas reconnu le génocide arménien.
La Belgique adopte un profil bas dans ce dossier. Sa position reste
ambiguë, et pas seulement aux yeux des 30.000 membres de la communauté
arménienne. Ce vendredi, jour anniversaire du centenaire du génocide,
ses représentants demanderont aux autorités belges de pénaliser la
négation du génocide, au même titre que celle de la Shoah.
Ce n’est pas gagné car, on l’a compris, notre pays a
tendance à éviter soigneusement le sujet. Le ministre des Affaires
étrangères, Didier Reynders (MR), sera lundi en Arménie, mais une
avancée majeure n’est pas attendue. A ce jour, la position des Affaires
étrangères, qui ne sont évidemment pas liées par la résolution du
Sénat, reste la suivante: encourager le rapprochement voire la
réconciliation entre Ankara et Erevan et laisser historiens et juristes
se prononcer sur la pertinence du mot « génocide ». « Il ne paraît pas
opportun que le politique se substitue au pouvoir judiciaire », dit la
diplomatie belge. Ce qui ne diffère pas énormément de la position des
États-Unis ou de la Turquie...
L’appartenance de la Turquie musulmane au camp
occidental explique évidemment la prudence de certains. Mais, en
Belgique, d’aucuns pointent une autre explication: le poids électoral
de la communauté turque dans certaines communes. Quand il était en
politique chez Ecolo, irréprochable sur le dossier, Jean-Claude Defossé
a tenté à plusieurs reprises de faire voter des résolutions condamnant
la Turquie. «C’est impossible, peste-t-il. Le PS, aidé par le CDH, fait
blocage pour ne pas indisposer l’électorat PS turc de Schaerbeek et
Saint-Josse. Ce qui est insultant car cela laisserait penser que tous
les Turcs sont des fascistes. »
Une thèse d’ailleurs corroborée par... des Turcs de
Belgique. Dogan Özgüden, rédacteur en chef du bulletin Info-Türk, a
ainsi déploré mercredi n’avoir «jamais entendu de la part d’élus belges
d’origine turque de prise de position démocratique déviant de la ligne
du gouvernement turc, d’autant que des négationnistes turcs occupent
des postes clés en raison de considérations électorales : il y a
160.000 Turcs en Belgique et 30.000 Arméniens... »
Un site a d’ailleurs répertorié les élus ou
candidats du PS (3), du MR (3), du CDH (1) ou du FDF (1) ayant assisté
à des réunions ou tenu des propos qualifiés de « négationnistes».
Interrogés par nos soins, ces partis marchent sur des œufs. Tous
appellent à la «prudence» et à la «vigilance». Le MR adopte le discours
des Affaires étrangères. Le PS et le CDH affirment que leur position
est celle de « la réalité historique du génocide arménien ». Cela n’a
pas empêché, mercredi, le PS de faire capoter l'idée d’une minute de
silence au Parlement bruxellois afin, raconte La Libre, que « les
députés socialistes d’origine turque n’aient pas à pratiquer une
ostensible politique de la chaise vide ».
La position du PS est pourtant «une et indivisible»,
selon sa porte-parole. Façon de se démarquer de la position de certains
de ses membres? Emir Kir, bourgmestre de Saint-Josse qui réfute le mot
« génocide », avait été interpellé en 2004, quand il était ministre
bruxellois. «Je n’ai pas changé d’avis depuis, mais je n’ai pas
souhaité rouvrir cette discussion, répond-il aujourd’hui. Je reconnais
les faits de 1915 et leur gravité, je trouve normal que la Turquie
présente ses condoléances. Je ne suis pas négationniste mais le mot que
vous utilisez doit être cautionné par des historiens et des juristes.
Si vous voulez y voir une divergence de vue avec mon parti, libre à
vous. Pour moi, il ne s’agit que d’une question sémantique. » Et de
rappeler la proposition... du président turc Erdogan (alors premier
ministre) en 2006 : une commission de l’ONU qui trancherait pour
l’Histoire, piste restée lettre morte car d’aucuns y virent un
enterrement de première classe. (Le Soir, JEAN-FRANÇOIS LAUWENS , 24
avril 2015)
Ankara rappelle son ambassadeur après le geste du Parlement autrichien
La Turquie a annoncé mercredi soir avoir rappelé en consultation son
ambassadeur en Autriche pour protester contre la reconnaissance
symbolique par le Parlement viennois du génocide arménien perpétré par
l'Empire ottoman pendant la Première guerre mondiale.
"La déclaration du Parlement autrichien a créé des cicatrices permanentes dans l'amitié et les relations entre la Turquie et
l'Autriche (...) la Turquie a décidé de rappeler son ambassadeur Hasan
Gögüs en consultation", a indiqué le ministère turc des Affaires
étrangères.
A deux jours de la date-anniversaire commémorant les massacres de 1915,
le Parlement autrichien a observé mercredi une minute de silence en
mémoire du génocide arménien, une première dans ce pays autrefois allié
à l'Empire ottoman et où ce terme n'avait jamais été endossé
officiellement.
Dans son communiqué, la Turquie a rejeté le "comportement
historiquement tendancieux" des députés viennois et leur approche
"discriminatoire", dénonçant une "injure au peuple turc contraire aux
faits".
La Turquie nie catégoriquement que l'Empire ottoman ait organisé le
massacre systématique de sa population arménienne pendant la Première
guerre mondiale et récuse le terme de "génocide" repris par l'Arménie,
de nombreux historiens et une vingtaine de pays dont la France,
l'Italie et la Russie.
Ces derniers jours, la Turquie, héritière de l'Empire ottoman depuis
1923, a été rendue furieuse par les déclarations du pape François, qui
a parlé pour la première fois du "génocide" des Arméniens, et du
Parlement européen qui l'a priée de le reconnaître.
En réaction, Ankara avait déjà rappelé son ambassadeur auprès du Vatican.
En revanche le ministère turc des Affaires étrangères a démenti
mercredi soir avoir empêché le leader des Serbes de Bosnie de se rendre
aux cérémonies de commémoration prévues à Erevan.
Auparavant, la présidence de la Republika Srpska avait affirmé
qu'Ankara n'a pas permis à l'avion transportant Milorad Dodik, de
survoler la Turquie, étape obligatoire pour se rendre en Arménie.
Le président a attendu pendant quatre heures et demie cette
autorisation, avant de décider de rentrer en Bosnie, selon la même
source.
Dans son communiqué, le ministère turc des Affaires étrangères a a
jouté que si M. Dodik "en faisait la demande (...) l'autorisation de
survol pour se rendre à Erevan sera naturellement accordée.
A la mi-avril, M. Dodik a remis au Parlement de l'entité serbe de
Bosnie une déclaration reconnaissant le génocide arménien et qui
devrait être adoptée dans les prochains jours.
Cette initiative a été critiquée par les dirigeants politiques
musulmans de Bosnie dont la Turquie est un des principaux alliés
internationaux.
Par ailleurs, les autorités turques se sont ostensiblement réjouies
mercredi de la volonté des Etats-Unis de ne pas qualifier de génocide
les massacres d'Arméniens perpétrés en 1915, assurant avoir le plein
"soutien" du président américain Barack Obama.
"Je n'aimerais pas entendre Obama dire quelque chose comme ça, et je ne
m'y attends pas de toute façon. Pour la Turquie, la position américaine
est très claire, elle est contre" la reconnaissance du génocide, a
déclaré le président Recep Tayyip Erdogan lors d'une conférence de
presse avec le président irakien Fouad Massoum.
La Maison Blanche a appelé mardi à une reconnaissance "pleine, franche
et juste" des massacres de centaines de milliers d'Arméniens perpétrés
par l'Empire ottoman à partir de 1915, mais elle a comme toujours évité
d'utiliser le mot "génocide". (AFP, 22 avril
2015)
Ankara empêche le leader des Serbes de Bosnie de participer aux commémorations
La Turquie a empêché mercredi le leader politique des Serbes de Bosnie,
Milorad Dodik, de se rendre en Arménie pour assister aux cérémonies
commémoratives du centenaire du génocide arménien, interdisant à son
avion de survoler son territoire, selon la présidence de la Republika
Srpska.
"Même si les autorisations pour ce vol avaient initialement été
obtenues, les autorités turques n'ont pas permis le survol de leur
territoire", affirme un communiqué du président de la Republika Srpska,
entité des Serbes de Bosnie.
L'avion à bord duquel se trouvait M. Dodik avait fait une escale à
Bourgas, dans l'est de la Bulgarie, pour attendre l'autorisation finale
de survoler la Turquie, étape obligatoire avant de parvenir en Arménie.
Le président a attendu pendant quatre heures et demie cette
autorisation, avant de décider de rentrer en Bosnie, selon la même
source.
Dans la soirée le ministère turc des Affaires étrangères a démenti l'information dans un communiqué.
"Les allégations selon lesquelles l'avion du président des Serbes de
Bosnie Milorad Dodik n'a pas été autorisé à entrer dans l'espace aérien
turc pour se rendre à Erevan ne réflètent pas la réalité", indique le
texte du communiqué. Il précise que "l'avion transportant M. Dodik
n'avait pas fait de demande à cet effet par les canaux diplomatiques."
Selon le ministère la "direction générale de l'aviation civile (turque)
n'en a jamais été informée (...) il n'a jamais été question d'un
quelconque refus" ajoutant que "l'autorisation de survol pour se rendre
à Erevan sera naturellement accordée à M. Dodik s'il en fait la
demande".
L'Arménie marque vendredi les 100 ans des massacres ayant coûté la vie
à un million et demi d'Arméniens sous l'Empire ottoman, malgré les
critiques de la Turquie qui rejette toujours le terme de génocide.
Des centaines de milliers de personnes sont attendues à Erevan pour une
cérémonie commémorative au Mémorial dédié aux victimes du génocide
arménien. Parmi les invités, les présidents russe Vladimir Poutine et
français François Hollande.
A la mi-avril, M. Dodik a remis au Parlement de l'entité serbe de
Bosnie une déclaration reconnaissant le génocide arménien et qui
devrait être adoptée dans les prochains jours.
Cette initiative a été critiquée par les dirigeants politiques
musulmans de Bosnie dont la Turquie est un des principaux alliés
internationaux.
Ils ont dénoncé un "comportement hypocrite" de M. Dodik, qui refuse de
reconnaître que les Musulmans de Bosnie ont été victimes d'un génocide
à Srebrenica (est), dans lequel près de 8.000 personnes ont été tuées à
la fin de la guerre intercommunautaire de Bosnie (1992-95).
Ce massacre, le pire en Europe depuis la Deuxième guerre mondiale et
qui a été perpétré par les forces serbes de Bosnie, a été qualifié de
génocide par la justice internationale. (AFP, 22 avril
2015)
La commémoration de l'Armenian Council of Europe à Istanbul annulée
La commémoration de l'Armenian Council of Europe prévue place Beyazit à
Istanbul le 24 avril à 10:00 est annulée pour des raisons de sécurité.
Telle est la décision qui s'impose à l'Armenian Council of Europe du
PSDH. En se rendant en Turquie le 24 avril 2015, l'Armenian Council of
Europe voulait diffuser son message du cœur même de la Turquie, de la
place Beyazit, un lieu symbolique non seulement pour le Parti
Social-Démocrate Hentchakian, mais pour toute une Nation. C’est en
effet sur cette place que des potences ont été installées pour
décapiter tout un peuple.
En toute responsabilité, cette décision doit permettre d'éviter des
troubles qui pourraient remettre en cause les différents événements
organisés par les autres organisations et c’est avec un grand regret
que nous annonçons l'annulation de la commémoration prévue place
Beyazit le 24 avril 2015 à 10 :00.
Nous appelons à rejoindre nos amis et partenaires de l’IHD (Association
des Droits de l’Homme – Istanbul), à Sultanahmed à 11:00 ainsi que
toutes les autres manifestations prévues ce jour-là à Istanbul.
Armenian Council of Europe
Paris, 22 avril 2015
contact.europe@armeniancouncil.org
Ankara partage les souffrance des Arméniens tout en reniant le génocide
La Turquie "partage les souffrances des enfants et des petits-enfants"
des Arméniens, a déclaré lundi le bureau du Premier ministre, à
l'occasion du centenaire du début de leur génocide sous l'empire
ottoman qu'Ankara nie catégoriquement.
Présentant des "condoléances" aux descendants des victimes de ce drame
survenu entre 1915 et 1917, le bureau d'Ahmet Davutoglu estime que la
Turquie et l'Arménie voisines doivent "panser les blessures de ce
siècle et rétablir leur rapports humains", selon un communiqué.
Ce texte mesuré intervient à quelques jours des commémorations pour le
centenaire de ces événements et ne va pas au-delà des "condoléances"
inédites présentées l'an dernier par Ankara aux descendants des
victimes.
Une première messe sera d'autre part organisée le 24 avril au
patriarcat arménien d'Istanbul, l'ancienne Constantinople, "à la
mémoire des Arméniens", précise le communiqué.
Pour les Arméniens, le 24 avril 1915 marque le coup d'envoi des
arrestations et des déportations massives qui coûteront la vie à un
million et demi des leurs dans le cadre d'une campagne d'élimination
systématique.
La Turquie récuse catégoriquement le terme de génocide, reconnu par de
nombreux pays, et dénonce tous ceux qui l'utilisent. Elle évoque des
"massacres mutuels" aux dernières années d'un empire en voie
d'éclatement.
Lundi soir encore, au sortir d'un conseil de ministres, le porte-parole
du gouvernement a renié un génocide. "Nous n'avons pas commis un
génocide. Il n'y a pas eu d'action délibéré et systématique", a-t-il
dit devant la presse.
Ces derniers jours, la Turquie, héritière de l'empire ottoman depuis
1923, a été rendue furieuse par les déclarations du pape François, qui
a parlé pour la première fois du "génocide" des Arméniens, et le
Parlement de l'Union européenne (UE), qui l'a prié de la reconnaître.
Le communiqué invite par ailleurs la communauté internationale à
"rechercher les causes et les responsables" de ces évènements survenus
pendant la Première guerre mondiale, l'exhortant à renoncer à une
"rhétorique de la haine" vis-à-vis du peuple turc.
La Turquie et l'Arménie n'entretiennet pas de relations diplomatiques
en raison de leur profond désaccord sur le génocide. Les deux pays
avaient amorcé un rapprochement il y quelques années mais cela n'a pas
abouti.
"Défendre la mémoire des Arméniens ottoman et l'héritage culturel
arménien est, pour la Turquie, un devoir historique et humain", fait
remarquer dans son communiqué le bureau du chef de l'exécutif turc.
Cette année, accusée de vouloir éclipser les commémorations, Ankara a
suscité une polémique en programmant les cérémonies du centenaire de la
Bataille de Gallipoli, traditionnellement célébrée le 25 avril, pour le
24, le même jour que celui où l'Arménie se souviendra des victimes du
génocide.
A Istanbul, un petit rassemblement est prévu vendredi pour commémorer
le centenaire du génocide. Et, à travers le monde, des cérémonies
commémoratives organisées par de nombreuses diasporas arméniennes sont
prévues, de Los Angeles à Stockholm, Paris ou Beyrouth. (AFP, 20 avril
2015)
L'Allemagne utilise le terme de génocide en lien avec le massacre des Arméniens
L'Allemagne dénonce le massacre des Arméniens il y a 100 ans sous
l'Empire ottoman en établissant un lien avec les "génocides" du XXe
siècle, dans un texte de parlementaires dévoilé lundi après d'intenses
débats.
"Le destin des Arméniens durant la Première Guerre mondiale est
exemplaire de l'histoire des crimes de masse, des épurations ethniques,
des expulsions de population et des génocides du XXe siècle", affirme
un projet de résolution des députés dont l'AFP a obtenu copie.
Ce projet de résolution, qui évite de qualifier directement
l'extermination des Arméniens de génocide, doit être débattu par les
députés du Bundestag vendredi, jour du 100e anniversaire de ces
massacres ayant coûté la vie à 1,5 million d'Arméniens en 1915-1917.
Le texte insiste également sur "le caractère unique de l'Holocauste dont l'Allemagne assume la faute et la responsabilité".
Le projet de résolution a fait l'objet d'intenses échanges entre le
gouvernement, le Bundestag et la présidence de la République en raison
de divergences sur l'opportunité de qualifier ces crimes de génocide.
Le porte-parole de la chancelière Angela Merkel, Steffen Seibert, a
affirmé lundi que le gouvernement approuvait désormais ce texte.
L'Allemagne, à la différence d'une vingtaine de pays dont la France et
la Russie, n'a jusqu'ici pas reconnu le génocide arménien afin
notamment de ménager la Turquie, un partenaire important. Elle abrite
en outre la première communauté turque à l'étranger, avec près de trois
millions d'habitants turcs ou d'origine turque.
Ankara rejette toujours le terme de génocide pour désigner cette page sombre de l'histoire du XXe siècle.
Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier,
a assuré que le souvenir de ces crimes ne devait pas "être réduit à un
terme ou à une querelle de terme".
D'autres voix, en particulier au sein des conservateurs de la
chancelière Angela Merkel, ont en revanche appelé à reconnaître le
génocide des Arméniens.
Le dirigeant des Verts, Cem Özdemir, d'origine turque, a assuré qu'il
fallait "un terme clair" pour désigner ces massacres, "un génocide".
Le président de la République Joachim Gauck doit participer jeudi soir
à une cérémonie de commémoration à Berlin, où il doit faire une courte
intervention au cours de laquelle il pourrait aussi employer le terme
de génocide.
Dans une résolution du Bundestag en 2005, les parlementaires allemands
s'étaient contentés de constater que "beaucoup d'historiens
indépendants, de parlements et d'organisations internationales
considèrent l'expulsion et l'extermination des Arméniens comme un
génocide". (AFP, 20 avril
2015)
Campagne négationniste contre un nouveau monument arménien en Belgique

La communauté arménienne de Belgique a assisté ce dimanche 19 avril
2015 à Mechelen à l'inauguration d'une croix de pierre commémorant le
génocide arménien d'il y a 100 ans. La cérémonie a été tenue en
présence de M. Tatoul Markarian, ambassadeur d'Arménie à Bruxelles, du
bourgmestre Bart Somers (Open VLD) ainsi que des échevins Marc
Hendrickx (N-VA), Koen Anciaux (Open VLD) et Marina De Bie (Groen).
Le bourgmestre Somers a rappelé la douleur du génocide qui prévaut
toujours chez de nombreux citoyens belges d'origine arménienne.
"Cette croix de pierre pour eux est un symbole de ce qui est arrivé il y a une centaine d'années ", a dit l'échevin Hendrickx.
Après les discours, des fleurs ont été déposées et des bougies ont été
allumées au pied du monument. La cérémonie s'est terminée avec la
performance d'une danse arménienne.
Avant cette inauguration, plusieurs organisations négationnistes
turques avaient organisé des manifestations contre la résolution du
Parlement européen sur le génocide arménien à Bruxelles et contre
l'érection de la croix de pierre commémorant le génocide arménien à
Mechelen.
Un des sites Internet au service du lobby turc a donné l'information
relative à l'inauguration de la croix de pierre sous titre "Une
nouvelle crise de monument arménien entre la Belgique et la Turquie" et
a diffusé des communiqués négationnistes de certaines organisations
turques.
L'Arménie commémore vendredi le centenaire du génocide
L'Arménie commémore vendredi les 100 ans des
massacres ayant coûté la vie à 1,5 millions de leurs ancêtres sous
l'Empire ottoman, malgré les critiques de la Turquie qui rejette
toujours le terme de génocide pour désigner l'une des pages les plus
noires du XXe siècle.
Des centaines de milliers de personnes sont attendues à Erevan pour une
cérémonie commémorative au Mémorial dédié aux victimes du génocide
arménien. Parmi les invités, les présidents russe Vladimir Poutine et
français François Hollande.
Cet imposant mémorial, qui comprend notamment 12 stèles en basalte,
penchées sur une flamme éternelle, et une flèche de 44 mètres de haut
symbolisant la renaissance du peuple arménien, a été inauguré en 1967,
deux ans après des manifestations de masse à Erevan réclamant pour la
première fois la reconnaissance du "génocide".
Avant ces manifestations d'une ampleur sans précédent pour l'Arménie,
qui était alors l'une des 15 républiques soviétiques de l'URSS, les
Arméniens se référaient à ces massacres en parlant de "Medz Yeghern" ou
la "grande catastrophe".
"Le génocide des Arméniens, c'est non seulement la tragédie de notre
peuple, mais aussi un crime d'ampleur mondiale contre la civilisation
et l'humanité", a souligné le président arménien Serge Sarkissian, à
l'approche du centenaire.
Les Arméniens estiment que 1,5 million de personnes ont été tués de
manière systématique entre 1915 et 1917, lors des dernières années de
l'Empire ottoman, et une vingtaine de pays parmi lesquels la France,
l'Allemagne ou la Russie ont reconnu le génocide.
Mais la Turquie -- héritière de l'Empire ottoman -- est loin d'être
d'accord avec les estimations d'Erevan et n'évoque pour sa part qu'une
guerre civile, doublée d'une famine, dans laquelle 300 à 500.000
Arméniens et autant de Turcs ont trouvé la mort.
Ankara a par ailleurs suscité une polémique en programmant les
célébrations du centenaire de la Bataille de Gallipoli,
traditionnellement célébrée le 25 avril, pour le même jour -- le 24 --
que celui où l'Arménie se souviendra des victimes du génocide.
Le 24 avril 1915, des milliers d'Arméniens soupçonnés d'hostilité au
gouvernement central de l'Empire ottoman avaient été arrêtés à
Constantinople (aujourd'hui Istanbul), la plupart d'entre eux étant
ensuite exécutés ou déportés.
A Istanbul, un petit rassemblement est prévu vendredi pour commémorer
le centenaire du génocide. Et à travers le monde, des cérémonies
commémoratives organisées par de nombreuses diasporas arméniennes
auront lieu, de Los Angeles à Stockholm et de Paris à Beyrouth.
L'Eglise orthodoxe arménienne va quant à elle officiellement canoniser les 1,5 million de victimes des massacres.
- Reconnaissance du Pape -
A moins de deux semaines de la cérémonie commémorative à Erevan, le
pape François a lui même employé pour la première fois le terme de
"génocide" à propos du massacres des Arméniens, lors d'une messe
concélébrée avec le patriarche arménien Nerses Bedros XIX Tarmouni au
Vatican.
"Au siècle dernier, notre famille humaine a traversé trois tragédies
massives et sans précédent. La première, qui est largement considérée
comme +le premier génocide du XXe siècle+ a frappé votre peuple
arménien", avait déclaré le pontife.
Cette déclaration a provoqué la fureur d'Ankara qui a rappelé son
ambassadeur au Vatican, le président turc Recep Tayyip Erdogan
exhortant le pape à ne pas répéter cette "erreur".
En avril 2014, M. Erdogan, alors Premier ministre, avait cependant fait
un pas inédit, en présentant des condoléances pour les victimes
arméniennes de 1915, sans pour autant cesser de contester toute volonté
d'extermination.
Dans une résolution adoptée mercredi, le Parlement européen a
"encouragé" la Turquie à reconnaître le "génocide" arménien et appelé
Erevan et Ankara à "travailler à une normalisation de leurs relations"
qui restent gelées.
Mais les autorités turques semblent faire sourde oreille à cet appel.
"La Turquie ne peut reconnaître un tel péché ou un tel crime", a
réitéré M. Erdogan avant même le vote de Bruxelles.
Un proche conseiller d'origine arménienne du Premier ministre turc
Ahmet Davutoglu est par ailleurs "parti à la retraite" jeudi après
avoir déclaré dans la presse que les massacres d'Arméniens en 1915
constituaient un génocide.
Pour les présidents des Etats-Unis où vit une forte communauté
arménienne, la question a toujours été délicate. Barack Obama, qui
avait plaidé avant son élection pour la reconnaissance du génocide
arménien, ne fait pas exception à la règle en utilisant désormais le
terme arménien de Medz Yeghern. (AFP, Mariam HAROUTYUNYAN, 19 avril
2015)
La Turquie a perdu la "bataille de la vérité" autour du génocide arménien
Politologue à l'université privée Sabanci
d'Istanbul, Cengiz Aktar a défrayé la chronique en Turquie en signant
en 2008 avec trois autres intellectuels un fameux appel, "je demande
pardon", où il priait ses compatriotes de reconnaître le génocide
arménien.
A la veille des commémorations des massacres de 1915, il juge que son
pays a définitivement perdu la "bataille de la vérité" autour de ces
événements et se réjouit de la lente évolution de la société civile
turque autour de ce qui était encore, il y a quelques années, un tabou
absolu.
- Comment jugez-vous les violentes réactions de déni des autorités turques ?
- Je crois que la Turquie a perdu la bataille de la vérité. Personne ne
croit à ce négationnisme primitif, le cadavre est tellement grand qu'il
ne rentre plus dans le placard.
Ce gouvernement ne peut pas aller au-delà de ce qu'a déjà dit Erdogan
l'an dernier, en présentant ses condoléances aux victimes
arméniennes... et turques. C'est mieux que rien mais encore très loin
de ce qu'imposerait l'ampleur du crime commis en 1915.
Il a pourtant fait plus que tous ses prédécesseurs pour faire tomber
les tabous autour de la fondation de la République mais il s'est arrêté
en cours de route (...) il manque en Turquie un homme d'Etat
visionnaire qui accepterait d'aborder de front cette question. Pas
évident ! Le seul objectif du gouvernement turc en cette année 2015,
c'est de limiter les dégâts, d'en prendre le moins possible...
Tout ce que je peux encore attendre de lui, c'est qu'il n'empêche plus
le travail de mémoire en Turquie. Certains s'y emploient toujours. Par
exemple, l'article 305 du code pénal qui interdit l'utilisation du mot
génocide existe toujours, même s'il n'est plus utilisé.
- Comment expliquez-vous ce blocage ?
- "Il y a d'abord un déficit d'éducation. Les Turcs ne savent pas ce
qui s'est passé, pour beaucoup d'entre eux +Arménien+ est simplement
une insulte. Et quand il y a un peu d'éducation, elle est tellement
erronée, falsifiée que c'en est une honte.
On explique toujours ce qui s'est passé par ces quatre arguments sans
cesse rabâchés: la révolte des Arméniens contre l'Etat, leur
collaboration avec la Russie tsariste, les provocations des
impérialistes et l'autovictimisation sur le thème +ce sont les
Arméniens qui nous ont massacré+. On ne va pas loin avec ça.
Il y a aussi la peur, très répandue parmi les Turcs, que les Arméniens
vont récupérer les biens et les terres qui leur ont été volés en 1915.
La spoliation à une échelle inouïe est un des éléments fondamentaux du
génocide.
Et puis surtout, il y a le fait que la Turquie moderne s'est construite
sur l'exclusion et l'annihilation des non-musulmans qui vivaient en
Anatolie. Remettre ça en cause, c'est remettre en cause les fondements
mêmes de la nation turque et, pour l'instant, c'est impossible.
- D'où peut venir une évolution des esprits sur ce sujet ?
- J'attends beaucoup de la société civile turque. Les séminaires,
colloques, publications continueront à faciliter le travail de mémoire
et de pédagogie sur ce qui s'est passé. Un récent sondage montre qu'il
n'y a que 9% des Turcs qui sont favorables à la reconnaissance du
génocide. Même si on ne dispose pas des instruments pour s'en assurer,
je suis persuadé que c'est beaucoup plus qu'il y a seulement cinq ans.
Les djinns sont sortis de la bouteille. L'évolution sera lente mais elle se produira, j'en suis persuadé. (AFP, Philippe ALFROY, 20 avril
2015)
La Turquie sème le trouble dans le calendrier de centenaires
En décidant de célébrer en grande pompe le 100e
anniversaire de la bataille de Gallipoli avec un jour d'avance, la
Turquie s'est attirée de vives critiques, certains l'accusant de
vouloir faire de l'ombre à un autre centenaire plus polémique, celui du
"génocide" arménien.
Plus qu'une simple querelle de calendrier, l'affaire a tourné en
guérilla politique, avec pour toile de fond les événements tragiques de
la Première guerre mondiale.
La controverse a démarré en janvier, lorsque le président turc Recep
Tayyip Erdogan a invité son homologue arménien Serge Sarkissian, entre
autres chefs d'Etat et de gouvernement, au centième anniversaire des
combats qui ont opposé les troupes de l'Empire ottoman aux Alliés dans
l'embouchure des Dardanelles.
Comme l'an dernier déjà, les autorités d'Ankara ont retenu le 24 avril
pour leurs festivités, avec un jour d'avance sur la date du
débarquement des soldats britanniques, australiens, néozélandais et
français dans la presqu'île de Gallipoli, le 25 avril 1915.
L'invitation a suscité la fureur de M. Sarkissian, qui l'a
immédiatement refusée en rappelant qu'il honorerait le même jour, dans
sa capitale Erevan, le souvenir des centaines de milliers d'Arméniens
massacrés par les Ottomans à partir de 1915.
Selon Erevan et de nombreuses autres capitales, ces tueries ont coûté
la vie à 1,5 million d'Arméniens lors d'une campagne d'élimination
systématique qui relève du génocide. La Turquie récuse catégoriquement
ce terme et dénonce tous ceux qui l'utilisent.
Le président arménien a donc clairement accusé le dirigeant
islamo-conservateur turc de vouloir se livrer à une "manipulation de
l'histoire" et "détourner l'attention du monde des activités marquant
le centenaire du génocide".
La controverse s'est transformée en cauchemar diplomatique pour les
grands de ce monde, sommés de choisir entre Gallipoli et Erevan.
C'est notamment le cas du président russe Vladimir Poutine, écartelé
entre l'appel de l'ancienne république soviétique où ses troupes
disposent toujours d'une base et son désir de plaire à Ankara, son
partenaire dans un projet important de gazoduc.
- 'Posture politique' -
Selon le quotidien Kommersant, le numéro 1 russe devrait finalement se
rendre en Arménie et dépêcher en Turquie le président du parlement, 4e
personnage de l'Etat.
Pour les deux pays, ces événements revêtent une même importance
historique, qui relève de la fierté nationale ou de l'acte fondateur.
Pour les Turcs, la bataille de Gallipoli est une victoire,
particulièrement meurtrière. Mais elle a également été un événement
précurseur de la fondation de la Turquie moderne, et le colonel Mustafa
Kemal, qui proclamera en 1923 la République turque moderne née de la
chute de l'Empire ottoman, s'est illustré à Gallipoli.
Pour les Arméniens, le 24 avril 1915 marque le coup d'envoi des
arrestations et des déportations massives qui coûteront la vie à un
million et demi des leurs dans le cadre d'une campagne d'élimination
systématique.
"Tout ceci relève de la posture et de la rhétorique politiques",
déplore le directeur du centre d'études régionales d'Erevan, Richard
Giragosian, "c'est un bras de fer obstiné et émotionnel où chaque camp
essaie de provoquer et susciter des réactions exagérées".
A l'approche du jour J, la tension est à son comble. Le pape François,
en évoquant le "génocide" arménien, et le Parlement de l'Union
européenne (UE), en la priant de le reconnaître, ont rendu la Turquie
furieuse. Des "délires", a tranché M. Erdogan, pendant que les médias
qui le soutiennent s'offusquent de cette "guerre" faite à leur pays.
"De nombreuses personnes en Turquie sont persuadés que le génocide
arménien n'a pas existé ou qu'il n'a jamais été planifié", rappelle
l'ancien ambassadeur de l'UE à Ankara, Marc Pierini, aujourd'hui expert
à la fondation Carnegie.
Le fossé entre les deux camps est profond, illustré par la paralysie du
processus historique de normalisation des relations entre Ankara et
Erevan amorcé en 2009. Mais certains veulent croire que ce n'est que
partie remise.
"La réconciliation prendra plusieurs générations", pronostique M.
Giragosian, "mais la normalisation sera un premier pas important". (AFP, Stuart WILLIAMS, 19 avril
2015)
Le CHP en colère contre sa seule candidate d'origine arménienne
Une candidate dans la seconde circonscription d’Istanbul du principal
parti d’opposition le Parti républicain du peuple (CHP) Selina Doğan, a
fait des remarques reconnaissant le génocide arménien et disant qu’elle
sera sur la place Taksim le 24 Avril.
Les remarques de Selina Doğan ont provoqué des tensions au sein du parti entre les membres du CHP.
« La victimisation continue. Tant que les politiciens continuent le
déni, cette victimisation ne prendra pas fin“, a déclaré Selina Doğan,
qui est d’origine arménienne, dans une interview avec Al Jazeera.
Le vice-président du CHP Gürsel Tekin a commenté les propos de Dogan
dans une entrevue, disant qu’ils “n’acceptera jamais“ les
revendications de génocide, indépendamment de la demande et du soutien
à leur candidat.
S’adressant au journal Sabah, Selima Doğan a dit qu’elle prendra la parole sur la question après les élections du 7 Juin.
Lors d’une conférence de presse organisée pour annoncer la position du
CHP sur les revendications de génocide, le vice-président du CHP en
charge des relations extérieures, Murat Özçelik, a déclaré : “Les
remarques de Doğan reflètent sa propre opinion La déclaration que j’ai
lu de notre président lie notre parti. C’est la ligne du parti et elle
a besoin d’être suivi “.
Murat Özçelik a ajouté que les Arméniens devez aussi réaliser ce que
les musulmans ont traversé, et qu’il devrait y avoir une relation
fondée sur la coopération et la compréhension mutuelle. “Si Selina
Doğan ne sait pas que, elle devra également la comprendre et suivre
cette position,“ a-t-il ajouté. (Stéphane ©armenews.com, 19 avril 2015)
Davutoglu dénonce le "racisme" de l'Europe
Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a
sévèrement condamné vendredi la résolution du Parlement européen qui
demande à son pays de reconnaître le "génocide" arménien de 1915,
affirmant qu'elle symbolisait la montée du "racisme" en Europe.
"S'il veut contribuer à la paix, le Parlement européen ne devrait pas
prendre de décisions qui incitent à la haine envers une certaine
religion ou un certain groupe ethnique", a déclaré M. Davutoglu devant
la presse à Ankara.
"Cette question dépasse désormais la seule question turco-arménienne.
C'est un nouveau signe du racisme en Europe", a-t-il ajouté.
Le chef du gouvernement islamo-conservateur turc a aussi dénoncé la
présence, au sein de l'assemblée européenne, de députés nationalistes
ou d'extrême droite. "Tous les groupes marginaux d'Europe ont réussi à
avoir des sièges au Parlement européen", a déploré M. Davutoglu,
déplorant que les décisions y soient prises de "façon très légère".
A l'approche des cérémonies du centenaire des massacres d'Arméniens
commis par l'Empire ottoman à partir de 1915, la tension monte entre la
Turquie, qui rejette catégoriquement la qualification de génocide, et
les pays ou institutions qui l'incitent à profiter de l'occasion pour
le faire.
Le pape François a évoqué la semaine dernière ce génocide, provoquant
la fureur d'Ankara qui a rappelé son ambassadeur au Vatican.
Selon Erevan et de nombreuses autres capitales, ces tueries ont coûté
la vie à 1,5 million d'Arméniens lors d'une campagne d'élimination
systématique. La Turquie ne reconnaît à l'inverse que la mort dans des
déportations d'environ 500.000 personnes, victimes de groupes armés ou
de famine.
Position habituelle de son gouvernement, M. Davutoglu a rappelé
vendredi les "souffrances" également subies à l'époque par les "Turcs
musulmans". "Nous sommes prêts à partager les peines mais nous ne
plierons jamais", a-t-il lancé.
Vendredi, un éditorialiste du quotidien proche du régime Yeni Safak,
Yusuf Kaplan, a accusé les Européens de mener "une guerre qui ne dit
pas son nom contre la Turquie" en les renvoyant aux "guerres de
religion" et à leur "sanglante histoire coloniale". (AFP, 17 avril
2015)
Du Medz Yeghern au génocide arménien: un siècle de débats et de revendications
Tout a commencé par une marée humaine dans
les rues d'Erevan. Ce 24 avril 1965, plus de 100.000 personnes battent
le pavé de la capitale de la "République socialiste soviétique" pour
réclamer la reconnaissance du "génocide" arménien. Le début d'un
mouvement de revendication jusque-là discret.
Pendant des décennies, les Arméniens ont parlé de "Medz Yeghern", la
"grande catastrophe", pour évoquer les massacres dont ont été victimes
des centaines de milliers d'entre eux entre 1915 et 1917. Et jusqu'aux
manifestations de 1965, le mot "génocide" était tabou en Union
soviétique, dont l'Arménie était une des quinze républiques.
Dans la foulée, et surtout avec l'indépendance du pays à la chute de
l'URSS en 1991, la lutte pour la reconnaissance internationale du
génocide arménien est devenue le fil d'Ariane de la politique étrangère
du pays. Pour Ankara, en revanche, le massacre des Arméniens n'était
qu'une page noire de plus dans le livre du chaos de la Première guerre
mondiale.
"Pour les Arméniens, le mot +génocide+ résume ce qu'on a fait à leurs
ancêtres en 1915 mais élève aussi leur expérience à celle de
l'holocauste", explique Thomas de Waal, spécialiste du Caucase pour la
fondation Carnegie.
"C'est précisément pour cette raison que la Turquie a toujours rejeté
ce terme: cela mettrait leurs grands-parents sur le même pied que les
Nazis, et génère des craintes qu'on entame des poursuites contre la
Turquie", ajoute-t-il.
La bataille des mots se double d'une bataille des chiffres: l'Arménie
estime que jusqu'à 1,5 million des siens ont été systématiquement tués
entre 1915 et 1917 quand la Turquie affirme qu'il s'agissait d'une
guerre civile, doublée d'une famine, dans laquelle 300 à 500.000
Arméniens et autant de Turcs ont trouvé la mort.
- Lutte pour la reconnaissance -
Les Arméniens se sont longtemps référés à ces massacres en parlant de
"Grande catastrophe". Ce n'est qu'en 1944 que le juriste polonais
Raphaël Lemkin inventa le mot génocide, dérivé du grec "genos" (race)
et du suffixe latin -cide (du latin "caedere", tuer). La Convention des
Nations unies le reconnut quatre ans plus tard: celle-ci énumère une
série de crimes, dont le meurtre, qui le constituent à condition d'être
commis "avec l'intention de détruire en tout ou en partie un groupe
national, ethnique, racial ou religieux".
En Arménie, les manifestations d'avril 1965, à l'ampleur jamais vues
auparavant, forcèrent l'URSS à ouvrir le débat. "C'était comme si un
génie était sorti de sa bouteille", se souvient Rolan Manoucharian, un
professeur de physique descendu dans la rue.
Les années 1980 virent plus tard l'émergence d'un mouvement
international pour la reconnaissance du génocide arménien, largement
alimenté par la diaspora arménienne des Etats-Unis, dont une minorité
radicale se rendit coupable de l'assassinat de plusieurs
haut-responsables turcs.
Si 22 pays ont à ce jour reconnu le génocide, parmi lesquels la France,
la question a en revanche toujours été délicate pour les présidents
américains. Barack Obama, qui avait plaidé avant son élection pour la
reconnaissance du génocide arménien, ne fait pas exception à la règle
en utilisant désormais le terme arménien de Medz Yeghern.
- Retour à la terre ? -
Cent ans après la tragédie, les relations diplomatiques entre l'Arménie et la Turquie sont toujours gelées.
"Le mot 'génocide' n'est pas qu'un concept. Il signifie aussi qu'un
crime a été commis, qui mérite punition et demande réparation",
souligne Ruben Safrastian, le directeur de l'Institut d'études
orientales d'Erevan. Le gouvernement arménien n'insiste plus sur ses
revendications territoriales mais le procureur général arménien, Aghvan
Hovsepyan, avait jeté un froid en 2013 en affirmant que les Arméniens
devaient récupérer leurs "territoires perdus", dans l'est de la Turquie.
Peu d'analystes croient pour autant en une telle possibilité. "Pour un
dirigeant politique arménien, affirmer que l'Arménie n'a aucune
revendication territoriale serait difficile (...) mais les hommes
politiques occidentaux ne prennent pas au sérieux" la possibilité d'une
querelle territoriale, analyse Svante Cornell, directeur de recherche à
l'Institut d'Asie centrale et du Caucase.
En Arménie, certaines voix minoritaires estiment même que l'insistance
des autorités à faire reconnaître le génocide arménien dévie le pays de
sa priorité: le développement économique.
"La mémoire du génocide force les Arméniens à rester prisonniers de
leur passé", estime l'analyste arménien Ruben Hovsepian, dont la mère
avait pu échapper aux massacres quand elle était enfant. "En gaspillant
tant d'énergie à forcer la Turquie à reconnaître notre génocide, nous
n'arrivons pas à nous construire notre propre avenir", ajoute-t-il. (AFP, 17 avril
2015)
A Istanbul, la vie discrète des Arméniens de Turquie
Si elle n'en fait pas la publicité,
Yasmin Rostomyan a toujours refusé de taire ses origines. Cent ans
après les massacres de 1915, cette Arménienne s'efforce tant bien que
mal de faire vivre la culture et l'histoire de sa famille dans son
pays, la Turquie.
Comme chaque jour ou presque, cette mère de famille de 42 ans sacrifie
au rituel de la sortie d'école. Au coeur d'Istanbul, dans le district
de Sisli, ses deux enfants fréquentent l'un des 20 établissements
arméniens de la mégapole sous contrat avec les autorités turques, qui
accueille près de 200 élèves de la maternelle au collège.
En ce milieu d'après-midi, la cour de récréation résonne de cris des
deux langues, un symbole de la lente, très lente levée des tabous sur
la question arménienne en Turquie.
"Nous sommes très contents de cette école, nos enfants peuvent y
apprendre notre langue, normalement", se réjouit Yasmin. "A notre
époque, c'était plus caché, on ne parlait pas arménien dans la rue",
dit-elle, "mais mon père a insisté pour que nous prenions des cours à
la maison, c'était très important pour lui".
L'école Karagözyan partage son enseignement entre turc et arménien,
comme elle respecte le calendrier des deux religions, musulmane et
chrétienne. Sur les murs des classes, dessins et peintures sont encore
couverts d'oeufs et de lapins de Pâques.
"Nous avons des enseignants de culture turque, alors nous essayons de
faire vivre nos deux cultures en y associant les familles",
s'énorgueillit sa directrice, Arsuvak Koç-Monnet.
Le défi est immense. Noyée au milieu d'une population de 77 millions
d'habitants, en quasi-totalité musulmane, la communauté arménienne de
Turquie, chrétienne, est aujourd'hui officiellement estimée qu'à 60.000
personnes.
Leur nombre est en réalité bien plus élevé. Pendant la Première guerre
mondiale, des dizaines de milliers d'Arméniens se sont convertis à
l'islam pour échapper aux tueries perpétrées par l'Empire ottoman et
ont enfoui leur identité au plus profond de leur mémoire. Quelques uns
de leurs descendants commencent à peine à la déterrer.
La famille Rostomyan, elle, n'a pas oublié ses racines. Ni le souvenir
des déportations, des massacres et des centaines de milliers de
victimes de 1915. Dans l'appartement de Yasmin, la photo sépia de son
arrière-grand-père, tué cette année-là, trône toujours sur le buffet du
salon, au milieu des dictionnaires.
- 'Grand secret' -
"Nous n'avons jamais entendu parler du génocide pendant l'enfance,
c'était un grand secret. En le cachant, certains pensaient que l'on
pouvait tirer un trait sur tout ça", raconte Yasmin, "j'ai compris plus
tard, à l'adolescence".
Malgré le poids de ce passé écrasant, les Rostomyan se sont toujours
refusés à émigrer, contrairement à de nombreux autres Arméniens.
Dans les années 1950, la famille a quitté Amasya (nord-est), près de la
Mer noire, pour Istanbul. Elle a posé ses valises dans un immeuble du
quartier de Bomonti. Une minuscule îlot arménien au milieu d'un océan
turc, où elle s'efforce de vivre loin du tumulte du passé.
Discrètement, sans faire d'histoire.
"C'est plus tranquille aujourd'hui. On est en sécurité", assure Yasmin,
créatrice de tissus. Mais la prudence reste de mise. "Je dis encore à
mes enfants: à la maison appelez-moi +Mama+, dans la rue appelez-moi
+Anne+ (maman en turc)".
Dans la rue, les regards se détournent et les bouches se ferment dès
lors que l'on aborde la question des origines. Ceux qui acceptent de
les évoquer sont encore rares.
Le quotidien est parfois difficile, mais pas au point de vouloir
renoncer à Istanbul. "La Turquie est mon pays, je ne veux pas partir",
insiste Yasmin Rostomyan, "et je ne voudrais pas non plus que mes
enfants soient obligés de le faire. S'ils pouvaient continuer à vivre
heureux ici, ça suffirait à mon bonheur".
Cent ans après le drame de 1915, elle veut encore croire que les
commémorations du 24 avril seront l'occasion d'une prise de conscience,
que les Turcs reconnaîtront enfin ce qu'elle considère comme la réalité
des événements. Mais sans trop d'illusion.
"Je n'espère plus rien des Etats et des politiques, mais j'attends
quelque chose de mes amis. J'aimerais qu'ils me disent +ma chère
Yasmin, pour nos fautes...", murmure-t-elle, "malheureusement, la
plupart ne savent pas ce qui s'est passé".
En Turquie, le mot de génocide n'existe pas dans les livres d'Histoire.
Et l'article 305 du code pénal punit toujours ceux qui osent l'évoquer.
Pour "insulte" à la Turquie. (AFP, 17 avril
2015)
Le journal "Jamanak", mémoire de 100 ans de vie des Arméniens d'Istanbul
"Jamanak" est né le 28 octobre 1908,
quand la Turquie était encore l'Empire ottoman et les Arméniens ses
citoyens. Cent ans après les massacres de 1915, le plus vieux quotidien
turc continue à informer la communauté arménienne d'Istanbul dans sa
langue.
Entrer au siège de Jamanak, Le Temps en arménien, c'est un peu comme
poser le pied dans un musée. Derrière la porte d'un discret immeuble du
quartier de Feriköy, des reproductions du premier numéro et de numéro
du centenaire accueillent le visiteur, au-dessus d'un buste en bronze
du fondateur, toutes moustaches dehors.
Dans un labyrinthe de couloirs, les murs sont recouverts de photos ou
des rayonnages où s'entassent les collections du journal, précieusement
conservées.
De son étroit bureau, le directeur de la publication et petit-neveu du
fondateur, Ara Koçunyan, dicte à l'ancienne ses articles à trois
secrétaires de rédaction, dont les écrans d'ordinateurs se noircissent
de caractères arméniens.
"Nous sommes le journal de la communauté arménienne de Turquie",
annonce le patron. "Jamanak est publié depuis si longtemps et sans
interruption, il a traversé tant d'événements et d'époques qu'il est
devenu une anthologie de la vie des Arméniens sous la République de
Turquie", ajoute-t-il, "il est notre mémoire".
Six jours par semaine, ses 2.000 exemplaires quotidiens sont tirés sur
une rotative époumonée, dans un rez-de-chaussée proche de la rédaction.
Comme autrefois.
L'imprimerie est le domaine exclusif d'Ibrahim Celik, un septuagénaire
d'origine kurde et arménienne qui, même s'il confesse ne pas savoir
parler, ni lire la langue de sa grand-mère, se fait une haute opinion
de sa fonction.
"Il est très important d'imprimer ce journal pour ne pas perdre cette
langue", explique doctement l'imprimeur, "si ce genre de journaux
n'était pas imprimé, tous les enfants oublieraient l'arménien et
finiraient par oublier leurs origines".
Lien culturel, Jamanak se veut aussi organe d'influence auprès des
quelque 60.000 Turcs d'origine arménienne officiellement recensés dans
le pays, surtout à Istanbul.
- 'Préparer l'avenir' -
Son prestige n'a rien à voir avec celui de l'hebdomadaire Agos, écrit
en turc. En 2007, l'assassinat de son directeur, le journaliste
d'origine arménienne Hrant Dink, a créé une onde de choc en Turquie et
réveillé dans le pays les fantômes des tueries de 1915.
Mais Ara Koçunyan s'attribue un petit rôle, quand même. "Au niveau
politique, nous n'avons quasiment aucun poids, c'est évident",
admet-il, "mais nous avons une mission importante (...) servir de
tampon entre la communauté arménienne et la communauté turque et
l'aider à préparer son avenir dans ce pays".
Une mission à ses yeux essentielle, à l'heure des célébrations du
centenaire des tueries de 1915, qui ont réveillé les tensions autour de
leur qualification en génocide.
"Le 24 avril 1915, notre journal a été le seul à parler de ce qui s'est
passé", rappelle fièrement son patron. Ce jour-là, la police de
l'Empire ottoman arrête plus de 200 notables arméniens d'Istanbul. Leur
déportation puis leur assassinat marque le coup d'envoi de massacres
qui feront des centaines de milliers de victimes.
"Cent ans après, regarder cette tragédie est toujours très difficile", lâche Ara Koçunyan.
Mais le directeur de Jamanak veut aller plus loin. "Les gens qui, comme
moi, sont nés dans les années 1970 n'ont pas grandi, comme nos parents,
avec le poids de cette expérience catastrophique", explique-t-il, "il
faut que nous, les jeunes, abordions ce sujet avec sérénité pour
continuer à vivre dans ce pays".
Partagé entre deux cultures, le directeur de Jaramak juge un peu
radicale la vision antiturque de la diaspora arménienne. Dans ses
colonnes, il prêche un rapprochement entre Turcs et Arméniens, "en
protégeant notre histoire et notre culture, bien sûr".
Jusque-là, son discours a été toléré par le gouvernement
islamo-conservateur turc qui, comme ses prédécesseurs, rejette
catégoriquement la notion de génocide.
"Nous avons un problème de liberté de la presse en Turquie mais il
concerne tous les organes de presse", note Ara Koçunyan, "sur ce
plan-là, nous n'avons pas plus de difficultés parce que nous sommes
d'origine arménienne". (AFP, 18 avril
2015)
Départ d'un conseiller du Premier ministre qui a évoqué le génocide arménien
Un proche conseiller d'origine arménienne du Premier ministre turc
Ahmet Davutoglu a quitté ses fonctions, après avoir déclaré dans la
presse que les massacres d'Arméniens perpétrés par l'Empire ottoman en
1915 constituaient un génocide.
Agé de 65 ans, Etyen Mahcupyan est "parti à la retraite, ayant atteint
la limite d'âge", a annoncé à l'AFP une source gouvernementale,
démentant tout lien entre son départ et les tensions
politico-historiques qui agitent la Turquie à la veille du centenaire
des événements de 1915, le 24 avril prochain.
"Son départ n'a rien à voir avec les propos qu'il a tenus", a ajouté cette source sous couvert d'anonymat.
Dans un entretien accordé cette semaine à un site internet, M.
Mahcupyan a qualifié de "génocide" le massacre de centaines de milliers
d'Arméniens citoyens de l'Empire ottoman pendant la Première guerre
mondiale.
"Si on accepte que ce qui est arrivé en Bosnie et en Afrique constitue
des génocides, il est alors impossible de ne pas appeler également
génocide ce qui est arrivé aux Arméniens en 1915", a-t-il déclaré.
Le ministre turc des Affaires européennes Volkan Bozkir a jeudi
regretté ces propos. "Bien sûr, ces positions ne sont pas convenables
pour un citoyen turc. Peut-être les amendera-t-il lui-même", a-t-il
déclaré à la télévision.
M. Mahcupyan était, depuis 2014, le premier Turc d'origine arménienne à
occuper un poste aussi élevé de conseiller du chef du gouvernement.
La Turquie nie catégoriquement que l'Empire ottoman ait organisé le
massacre systématique de sa population arménienne pendant la Première
guerre mondiale et récuse le terme de "génocide".
Mercredi, le Parlement européen a, dans une résolution, "encouragé"
Ankara à reconnaître "le génocide" arménien, trois jours après des
propos du pape François évoquant lui aussi le "génocide" de 1915.
Ces prises de position ont provoqué la fureur des autorités turques.
Jeudi, le président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan a jugé la
résolution de l'assemblée européenne "nulle et non avenue".
Mercredi soir, le mufti d'Ankara a suggéré que les propos du souverain
pontife pourrait accélérer la réouverture aux fidèles musulmans de la
basilique Sainte-Sophie d'Istanbul, transformée en mosquée au XVe
siècle avant de devenir un musée dans les années 1930.
"Franchement, je pense que les propos du pape ne feront qu'accélérer le
processus de réouverture d'Hagia Sophia aux prières", a dit Mefail
Hizli dans un communiqué.
Ankara a également annoncé jeudi que les "événements de 1915"
figureraient à l'ordre du jour de la visite que doit effectuer son
ministre des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu aux Etats-Unis du 18
au 21 avril.
Washington a appelé mardi à une reconnaissance "pleine et franche" du "génocide". (AFP, 16 avril
2015)
Assyrian Genocide Monument in Sydney Vandalized for Third Time
The Assyrian genocide monument in Bonnyrigg was vandalized yesterday
for the third time (AINA 2012-04-06) since it was erected on August 20,
2010 (AINA 2010-08-07). The monument is in memory of the 750,000
Assyrians who were killed by Ottoman Turks and Kurds in World War One,
between 1915 and 1918. That genocide was targeted at the Christian
population of the Ottoman Empire, and saw 1.5 million and 500,000
Greeks also killed in a systematic genocide against Christians.
The vandals painted Nazi swastikas on the monument and plaque, and spray painted the words "Fuck Armenians, Assyrians and Jews."
The vandalism occurred just 9 days ahead of the centennial anniversary
of the Turkish genocide of Assyrians, Armenians and Greeks. The
genocide began on April 24, 1915.
The Assyrian Universal Alliance, which sponsored the monument, said in a statement:
The Assyrian Universal Alliance strongly condemns this act and demands
that the perpetrators be brought to justice. We urge everyone to remain
calm and refrain from passing judgment on any specific group of people,
holding them responsible for this reprehensible conduct. We call upon
the authorities to be diligent in identifying the responsible parties.
The Armenian National Committee of Australia issued the following statement:
There is no place for racial hatred and bigotry. The Jewish, Armenian
and Assyrian communities have suffered the worst form of racial hatred
in the last 100 years -- genocide. Such memorials are designed to pay
homage to the extensive loss of life that has scarred the pages of
humanity.
The monument was vandalized hours after the European Parliament adopted
a resolution recognizing the Armenian, Assyrian and Greek Genocide,
urging all European states to follow suit.
There are 9 Assyrian genocide monuments throughout the world. (AINA, April 16, 2015)
Une scultpure sur le génocide arménien au Danemark fâche la Turquie
Une sculpture de neuf mètres de haut suscite la polémique au Danemark
avant qu’elle ne soit érigée, explique le quotidien danois Politiken.
La sculpture, qui doit être exposée pendant dix jours sur Kultorvet,
une des places les plus centrales de Copenhague, commémore le génocide
arménien.
C’est le studio d’architecture américano-arménien Invivia qui a obtenu
auprès des autorités locales le droit d’installer cette œuvre.
L’architecte qui l’a conçue, Allen Sayegh, la décrit dans Politiken
comme “un symbole du souvenir du génocide et une célébration de
l’empathie”.
Néanmoins, la Turquie, qui ne reconnaît pas l’existence du génocide, a
exprimé son mécontentement : “Nous sommes déçus qu’une sculpture qui
décrit les événements de 1915 comme un génocide soit montée sur une des
grandes places de Copenhague”, a écrit l’ambassade de Turquie au
Danemark dans un mail adressé directement à Politiken. “La Turquie n’a
pas à se mêler de ce que nous faisons à Copenhague”, a répondu le
chargé de la Culture de la mairie de la capitale danoise, Carl
Christian Ebbesen (Parti du peuple, extrême droite). courrierinternational.com
European Parliament set to vote on the Armenian genocide
Following Pope Francis' remarks characterizing the
slaughter of Armenians by Ottoman Turks during World War I as “the
first genocide of the 20th century,” the European Parliament is set to
vote during its plenary session on Wednesday on a resolution to
officially commemorate the centennial anniversary of the “Armenian
genocide,” in a move that would be perceived by Turkey as another slap
in the face.
European parliamentarians in Brussels will debate the mass killings of
Armenians under Ottoman rule in 1915 and then vote on a resolution to
commemorate the 100th anniversary of the tragic events.
On Sunday, the pope uttered the word “genocide” to describe the 1915 events during Mass, prompting a strong reaction in Turkey.
Last week Turkish Foreign Ministry spokesman Tanju Bilgiç told
reporters that Turkey feels the European Parliament's decision to vote
on the Armenian resolution recognizing the 1915 events as "genocide" is
wrong. Bilgiç said, “We are taking the necessary steps,” but did not
elaborate.
It is widely expected that the European Parliament will adopt the
resolution. The European Parliament's annual human rights and democracy
report last month called on EU member states to legally acknowledge the
Armenian “genocide.”
An increasing number of EU members and national parliaments recognize
the resolution, which states, "The year 2015 marks the centennial of
the Armenian genocide perpetrated in the Ottoman Empire." It also
points out that Turkey and Armenia have embarked on a process of
diplomatic normalization by signing protocols in 2009 in Zurich,
stressing that “the importance of keeping alive the memories of the
past is paramount, since there can be no reconciliation without the
truth and remembrance.”
The resolution pays tribute to the “memory of the one-and-a-half
million innocent Armenian victims who perished in the Ottoman Empire,”
and calls on the European Commission and European Council to join the
commemoration. It also condemns all crimes against humanity and
genocide and strongly deplores any attempts at denying such crimes.
The European Parliament resolution also asks for the establishment of
an “International Remembrance Day for Genocides” and stresses that the
timely prevention and effective punishment of genocide and crimes
against humanity should be among the main priorities of the
international community and the EU.
The resolution welcomes the statements made by President Recep Tayyip
Erdoğan and Prime Minister Ahmet Davutoğlu offering condolences to the
victims of atrocities against the Ottoman Armenians as steps in the
right direction.
In the meantime, European Parliament Vice-President and Commissioner
for Industry and Entrepreneurship Antonio Tajani has said that if
others had tried to exterminate Turks in the past, the European
Parliament would be fighting for the right of Turks to have such a
crime acknowledged today. Speaking to the private Doğan news agency,
Tajani said, “We are not punishing today's Turkey, but something
committed 100 years ago,” adding that Turkey will not lose its
importance by acknowledging the 1915 events as genocide.
“Genocide is genocide. It happened. We can understand Turkey is very
sensitive. We, as Europe, struggle for human rights, human dignity as
part of our priorities. We do not do these things in the name of being
against Turkey. We have taken the same approach and applied it to self
criticism. This is our history. Thousands of Armenians have been killed
and this is part of our human history. There is no benefit to deny the
Armenian genocide,” Tajani was quoted as saying.
(TODAY'S
ZAMAN, April 14, 2015)
Washington appelle à reconnaître le massacre arménien, sans le mot "génocide"
Les Etats-Unis ont appelé mardi à une "pleine et franche"
reconnaissance des faits concernant le massacre d'Arméniens pendant la
Première guerre mondiale mais sans utiliser le mot "génocide", repris
dimanche par le pape.
"Le président (américain) et d'autres hauts responsables de
l'administration ont souvent reconnu comme un fait historique, et l'ont
déploré, que 1,5 million d'Arméniens aient été massacrés ou conduits à
la mort à la fin de l'Empire ottoman", a affirmé mardi Marie Harf, une
porte-parole du département d'Etat, lors du point de presse quotidien.
"Une pleine, franche et juste reconnaissance de ces faits est dans
notre intérêt, y compris celui de la Turquie, de l'Arménie, et de
l'Amérique", a-t-elle ajouté.
"Les pays sont plus forts et progressent quand ils reconnaissent et
tiennent compte des éléments douloureux de leur passé", a estimé la
représentante de la diplomatie américaine.
De tels changements sont "essentiels pour construire un avenir
différent, plus tolérant", a noté Mme Harf, qui a cependant refusé
d'utiliser le terme de "génocide".
Barack Obama, alors sénateur, avait pourtant utilisé ce mot lors de sa
campagne présidentielle en 2008, quand il avait promis de "reconnaître
le génocide arménien".
Mme Harf a refusé de s'exprimer sur la promesse de M. Obama en 2008 et
a demandé aux journalistes de s'adresser à la Maison Blanche. (AFP, 14 avril
2015)
Erdogan dénonce les propos du pape, évoque des "délires"
Le président islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan a fermement
dénoncé mardi les propos du pape François qui a parlé dimanche de
"génocide" à propos des massacres d'Arméniens commis en 1915 par
l'Empire ottoman, évoquant des "délires".
"Si les politiques ou les religieux font le travail des historiens,
alors on n'aboutira pas aux réalités, ce ne seront que délires", a
lancé M. Erdogan dans un discours devant des hommes d'affaires à Ankara.
Il s'agit de la première réaction du président turc aux remarques du
souverain pontife qui ont provoqué une crise entre Ankara et le Vatican.
L'homme fort de Turquie s'est également dit "consterné" par les
déclarations du pape François et l'a exhorté à ne pas répéter cette
"erreur".
"Il faut laisser l'Histoire aux historiens", a souligné M. Erdogan,
qui a renouvelé sa proposition à l'Arménie de créer une commission
conjointe d'historiens pour étudier les archives des deux pays sur la
question.
La Turquie nie catégoriquement que l'Empire ottoman ait organisé le
massacre systématique de sa population arménienne pendant la Première
guerre mondiale et récuse le terme de "génocide" repris par l'Arménie,
de nombreux historiens et une vingtaine de pays dont la France,
l'Italie et la Russie.
Ankara a violemment réagi après les déclarations du pape, rappelant son
ambassadeur au Vatican, tandis que le Premier ministre turc Ahmet
Davutoglu a qualifié les propos du souverain pontife de "partiaux" et
"inappropriés". (AFP, 14 avril
2015)
Surp Giragos Armenian Church Receives EU Prize for Cultural Heritage
Surp Giragos Armenian Church in Diyarbakır province, restored after 30
years, received the European Union Prize for Cultural Heritage / Europa
Nostra Award.
28 projects, selected out of 263 people and organizations’ applications
from 29 countries were found worthy of prizes for their excellence in
areas such as conservation, research and digitization, dedicated
service by individuals or organizations, and education, training and
awareness raising.
Its history
Although some parts of the Surp Giragos Armenian Church in Diyarbakır
were completely rebuilt in the 1880’s, the church originally dates back
to the 17th century.
The 350-year-old church suffered numerous fires, served as German
headquarters during WWI and then as a Sümer Bank storage building.
Starting to serve as a church again between 1960-1980, the ruined
structure had come to be used as a barn after Diyarbakır’s remaining
Armenian population, estimated to be around 35,000 people in 1927, left
the city.
The restoration project including the substantial construction of new
buildings was realized thanks to the efforts of the Surp Giragos Church
Foundation, non-governmental organizations and interested individuals.
The church opened its doors on 22 September 2011.
The European Union Prizes for Cultural Heritage will be given out to
their recipients on June 11th, in an award ceremony in Oslo City Hall.
(BIA, April 14, 2015)
Génocide: L'attaque furieuse d'Ankara contre le Pape

www.les4verites.com, 12 avril 2015
Le pape François a employé dimanche, pour la première fois, le terme de
"génocide" à propos des massacres des Arméniens il y a 100 ans,
déclaration jugée inacceptable par la Turquie qui a rappelé son
ambassadeur au Vatican.
"Au siècle dernier, notre famille humaine a traversé trois tragédies
massives et sans précédent. La première, qui est largement considérée
comme +le premier génocide du XXe siècle+ a frappé votre peuple
arménien", a déclaré le pontife en citant un document signé en 2001 par
le pape Jean Paul II et le patriarche arménien.
Il a ensuite évoqué les tragédies perpétrées "par le nazisme et par le
stalinisme" puis cité les "exterminations de masse" au Cambodge, au
Rwanda, au Burundi et en Bosnie.
Le pape s'exprimait à l'ouverture d'une messe pour les fidèles de rite
catholique arménien, concélébrée avec le patriarche arménien Nerses
Bedros XIX Tarmouni à l'occasion du centenaire des massacres de
1915-1917, et en présence du président arménien, Serge Sarkissian.
Ces propos ont provoqué la fureur de la Turquie, qui a toujours récusé
le qualificatif de "génocide" au sujet des massacres qui ont commencé
le 24 avril 1915.
Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a qualifié les propos de
François sur le génocide arménien de "partiaux" et "inappropriés".
Le ministère turc des Affaires étrangères a immédiatemement annoncé le rappel pour consultations de son ambassadeur au Vatican.
Il avait auparavant convoqué le représentant du Vatican à Ankara,
l'archevêque Antonino Lucibello, afin qu'il s'explique sur
l'utilisation de ce terme de "génocide".
"La déclaration du pape, qui est loin de la réalité légale et
historique, ne peut pas être acceptée", a réagi sur son compte Twitter
le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu, qualifiant
les propos de François "d'allégations sans fondement".
Le ministère a accusé le pape François d'avoir un "point de vue
sélectif" de l'époque de la Première Guerre mondiale, d'"ignorer les
atrocités endurées par les Turcs et les musulmans qui ont perdu la
vie", et de ne se consacrer qu'aux chrétiens, et surtout aux Arméniens.
Toujours selon le communiqué, les propos du pape constituent pour
Ankara une "sérieuse déviation" par rapport au message de paix et de
réconciliation que le pontife avait transmis lors de sa visite en
Turquie en novembre dernier.
- Se souvenir est 'un devoir' -
"Je pense que c'était très courageux" de la part de François, a déclaré
à l'AFP le vaticaniste Marco Tosatti. "Avant de devenir pape, Jorge
Bergoglio avait déclaré clairement plusieurs fois que c'était un
génocide. En citant Jean Paul II, il a renforcé la position de
l'Eglise, en indiquant clairement son point de vue sur le sujet".
Évoquant les innombrables victimes, majoritairement chrétiennes, d'une
"effroyable et folle extermination", le pape a insisté: "Se souvenir
d'eux est nécessaire, plus encore c'est un devoir, parce que là où il
n'y a plus de mémoire, cela signifie que le mal tient encore la
blessure ouverte".
Les Arméniens estiment que 1,5 million des leurs ont été tués de
manière systématique à la fin de l'empire ottoman. Nombre d'historiens
et plus d'une vingtaine de pays, dont la France, l'Italie et la Russie,
ont reconnu un génocide.
La Turquie affirme pour sa part qu'il s'agissait d'une guerre civile,
doublée d'une famine, dans laquelle 300 à 500.000 Arméniens et autant
de Turcs ont trouvé la mort.
En 2014, le président turc islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan,
alors Premier ministre, avait présenté pour la première fois des
condoléances aux Arméniens, sans pour autant cesser de contester toute
volonté d'extermination.
La déclaration du pape risque de compliquer encore un peu ses relations
avec la Turquie, où sa visite en novembre avait été marquée par un
dialogue de sourds, le pape se faisant l'avocat d'une alliance des
religions contre le terrorisme tandis que les autorités d'Ankara
restaient arc-boutées sur une dénonciation de l'islamophobie.
Au cours de la messe de dimanche, François a aussi proclamé "docteur de
l'Eglise" Saint Grégoire de Narek, moine mystique arménien du Xe
siècle. (AFP, 12 avril
2015)
Le pape François utilise le mot "génocide" à propos du massacre des Arméniens
Le pape François a utilisé dimanche le terme de "génocide" à propos du
massacre des Arméniens il y a 100 ans, au risque de s'aliéner la
Turquie, allié potentiel dans la lutte contre l'islam radical menaçant
les chrétiens du Moyen-Orient.
"Au siècle dernier, notre famille humaine a traversé trois tragédies
massives et sans précédent. La première, qui est largement considérée
comme +le premier génocide du XXe siècle+ a frappé votre peuple
arménien", a déclaré le pontife en citant un document signé en 2001 par
le pape Jean Paul II et le patriarche arménien.
"Les deux autres ont été ceux perpétrés par le nazisme et par le
stalinisme. Et plus récemment d'autres exterminations de masse, comme
celles au Cambodge, au Rwanda, au Burundi, en Bosnie", a-t-il ajouté.
Le pape s'exprimait à l'ouverture d'une messe pour les fidèles de rite
catholique arménien, concélébrée avec le patriarche arménien Nerses
Bedros XIX Tarmouni à l'occasion du centenaire des massacres de
1915-1917, et en présence du président arménien, Serzh Sargsyan.
Il s'est employé à n'utiliser qu'entre guillemets le terme de génocide,
vivement rejeté par Ankara, en citant son prédécesseur. Mais
l'essentiel reste: le mot a résonné de la bouche du pape dans le cadre
solennel de la basilique Saint-Pierre de Rome.
"Des évêques, des prêtres, des religieux, des femmes, des hommes, des
personnes âgées et même des enfants et des malades sans défense ont été
tués" lors d'une "effroyable et folle extermination", a-t-il insisté.
- Se souvenir est 'un devoir' -
"Se souvenir d'eux est nécessaire, plus encore c'est un devoir, parce
que là où il n'y a plus de mémoire, cela signifie que le mal tient
encore la blessure ouverte. Cacher ou nier le mal, c'est comme laisser
une blessure continuer à saigner sans la panser !", a-t-il lancé.
Les Arméniens estiment que 1,5 million des leurs ont été tués entre
1915 et 1917, à la fin de l'empire ottoman. Nombre d'historiens et plus
d'une vingtaine de pays, dont la France, l'Italie et la Russie, ont
reconnu un génocide.
La Turquie affirme pour sa part qu'il s'agissait d'une guerre civile,
doublée d'une famine, dans laquelle 300 à 500.000 Arméniens et autant
de Turcs ont trouvé la mort.
En 2014, le président turc Recep Tayyip Erdogan, alors Premier
ministre, avait présenté pour la première fois des condoléances pour
les victimes, sans pour autant cesser de contester toute volonté
d'extermination.
La déclaration de François risque de compliquer encore un peu ses
relations avec la Turquie, où sa visite en novembre avait été marquée
par un dialogue de sourds politique, le pape se faisant l'avocat d'une
alliance des religions contre le terrorisme tandis que les autorités
d'Ankara restaient arc-boutées sur une dénonciation de l'islamophobie.
Au cours de la célébration, le pape François a aussi proclamé "docteur
de l'Eglise" Saint Grégoire de Narek, moine mystique arménien du Xe
siècle, tout en rappelant le statut de "première nation chrétienne" de
l'Arménie, la première à adopter le christianisme comme religion d'Etat
en l'an 301.
Comme il l'a fait à de nombreuses reprises et avec force ces dernières
semaines, le pontife argentin a aussi évoqué les violences qui frappent
les chrétiens à travers le monde, en particulier au Moyen-Orient.
"Malheureusement, encore aujourd'hui, nous entendons le cri étouffé et
négligé de beaucoup de nos frères et soeurs sans défense, qui, à cause
de leur foi dans le Christ ou de leur appartenance ethnique, sont
publiquement et atrocement tués - décapités, crucifiés, brûlés vifs -,
ou bien contraints d'abandonner leur terre", a-t-il lancé.
"Il semble que l'humanité ne réussisse pas à cesser de verser le sang
innocent", a-t-il déploré. "Aujourd'hui encore, nous sommes en train de
vivre une sorte de génocide causé par l'indifférence générale et
collective", a insisté le pape. (AFP, 12 avril 2015)
Un colloque international sur le génocide arménien annulé en Turquie
Le colloque international consacré au génocide arménien, qui aurait dû
se tenir à Istanbul, près de l’Université de Bilgi, dimanche 26 avril,
a été annulé à l’improviste.
L’événement, intitulé « Génocide arménien : conceptions et perspectives
comparatives », avait été organisé conjointement par l’Université, la
Fondation turque pour l’Histoire et par la University of California de
Los Angeles. Il aurait dû voir la participation d’enseignants et de
chercheurs de renommée internationale.
Son annulation a été communiquée aux organisateurs par le doyen de
l’université au début du mois d’avril. L’université a émis ensuite un
communiqué dans lequel elle tentait de démentir l’annulation de
l’événement, affirmant qu’aucune demande officielle en vue de son
organisation n’étant parvenue sur le bureau du Recteur, l’initiative
n’avait jamais été autorisée.
ANNONCÉE DEPUIS DES MOIS SUR LE SITE
En réalité – selon les médias turcs – l’initiative avait été annoncée
depuis des mois sur le site Internet de l’Université dédié aux
événements et les modules d’accréditation et de participation au
congrès avaient déjà été publiés.
Les membres de l’équipe qui avait organisé la conférence ont fait une
déclaration à Agos, hebdomadaire arménien bilingue publié à Istanbul,
dans laquelle ils confirment que la programmation de l’initiative avait
suivi les standards ordinaires en vigueur auprès de l’Université,
qualifiant l’annulation de la conférence de « blessure à la liberté
académique et à la liberté d’expression, qui cause des dommages à
l’image positive bien méritée de notre Université, construite en tant
d’années ». (la-croix.com)
World’s first Yazidi MP on her way to Turkish parliament
The Peoples’ Democratic Party (HDP) has nominated Feleknas Uca, a
German-born politician and the world’s first Yazidi parliamentarian, as
one of its leading candidates for the June 7 elections.
On April 7, the HDP nominated Uca as its fourth candidate from the
southeastern province of Diyarbakır, one of the party’s strongholds. If
the HDP manages to exceed the 10 percent national election threshold,
Uca is expected to win a seat in parliament easily.
As a German Die Linke politician of Kurdish ancestry who was elected to
the European Parliament in 1999, Uca was the world’s only Yazidi
parliamentarian until the Iraqi legislature was elected in 2005.
The 39-year-old politician has faced probes twice before in Turkey. In
2005, Turkish police launched an investigation into the Democratic
People’s Party (DEHAP), where Uca spoke in Kurdish and called on Turkey
to decrease the 10 percent election threshold, declare a general
amnesty and suspend all military operations.
Uca was also detained at Istanbul’s Atatürk Airport in 2012 for
carrying a large number of B-1 vitamins that she reportedly planned to
take to Kurdish hunger strikers in Turkish prisons.
Beaten retired teacher tops election list
Meanwhile, another highlight of the HDP’s candidate list was the
nomination of a retired teacher who was beaten in the Black Sea
province of Rize before the presidential elections in August 2015 due
to his support of HDP’s candidate, Selahattin Demirtaş.
While Demirtaş, the HDP co-chair, has topped the party’s general
elections candidate list in Istanbul, the retired teacher, Necmettin
Durmuş, has been picked to lead the Rize province.
Durmuş was lightly injured during an attack by three assailants, who
damaged Demirtaş’s campaign stand on the street before being detained. (hurriyetdailynews.com, April 7, 2015)
Les Arméniens de Belgique dévoilent leur programme

C’est une année spéciale pour la communauté arménienne de Belgique. Il
y aura cent ans, le 24 avril prochain, que les premières rafles contre
les intellectuels arméniens débutaient dans l’empire ottoman déclinant,
prélude à un génocide effroyable qui fit près de 1,5 million de morts.
Ces chrétiens vivaient à l’est du plateau anatolien (dans l’actuelle
Turquie) et au nord de la Mésopotamie (là où sévit maintenant l’Etat
islamique).
Pour commémorer cet anniversaire, les descendants ont choisi de faire
connaître leur culture. Jusqu’à la fin de l’année, des concerts,
colloques et expositions sont programmés. Ce choix est un pari, celui
de convaincre l’Etat turc de reconnaître ce génocide dont les victimes
sont sans sépultures. Celui aussi d’inciter les pouvoirs politiques
belges à inscrire le génocide dans les manuels scolaires. "C’est par la
culture que l’âme s’éveille", justifie, en paraphrasant Thomas Mann,
Grégoire Jakhian, président de l’assemblée des représentants du Comité
des Arméniens de Belgique.
Trente mille Belges sont d’origine arménienne, dont 70 % à Bruxelles et
dans le Brabant flamand. Avant 1915, ils excellaient dans le diamant,
le tapis et les cigarettes.
Une priorité : combattre le négationnisme
La communauté arménienne n’entretient pas de relations avec les
autorités turques de Belgique "sauf sur un plan personnel" et regrette
qu’Emir Kir, condamné au civil pour négationnisme, soit toujours le
bourgmestre de Saint-Josse. Elle regrette aussi "le manque de tact
absolu " de la direction d’Europalia qui a programmé, cette année, un
Europalia Turquie. Mais l’humeur est davantage à la réconciliation
qu’aux escarmouches verbales. Car, depuis quelques années, la Turquie
remet progressivement en question la thèse négationniste. Près de 30
000 Turcs ont signé une pétition demandant une révision de l’histoire
officielle turque. Europalia a promis d’inclure des éléments de la
culture arménienne dans ses expositions.
Ankara souffle, en fait, le chaud et le froid, explique Christian
Vrouyr, président exécutif du Comité. D’une part, il dépêche un artiste
arménien pour le représenter à la Biennale de Venise; de l’autre, son
président Erdogan propose de commémorer la bataille de Gallipoli, le 24
avril.
Ce jour-là, à Bruxelles, une cérémonie de recueillement aura lieu au
Mémorial du génocide au square Henri Michaux, après une messe requiem à
l’église arménienne. Une manifestation suivra l’après-midi pour
réclamer des députés belges qu’ils votent l’extension au génocide
arménien d’une loi de 1995 punissant le négationnisme.
Plus d’infos sur le site www.armencom.be
Centenary of the Armenian genocide in Istanbul
European delegation to convene in Istanbul 100 years after the Armenian genocide
On the occasion of the Centenary of the Armenian Genocide, AGBU Europe
and the European Grassroots Anti-Racist Movement (EGAM) will lead a
delegation to Istanbul, composed mainly of young people from around
Europe. They will be joined in the metropolis by numerous other
international visitors from around Europe who have chosen to
commemorate this event in the city where it all started.
The commemorations themselves will take place in Istanbul throughout
the day on April 24 and will culminate on the central Taksim square at
the symbolic time of 19.15. Commemorative events will also be held at
Haydarpasha train station, where community leaders were deported from
and at Sultanahmet, a former prison, where they were held prior to
their deportations. April 24 will also be an occasion to visit the tomb
of Sevag Balikci, a young Armenian conscript who was assassinated by a
fellow conscript on April 24, 2011 on account of his ethnicity. The
commemorations are organized by Turkish organizations, including local
EGAM member organization DurDe and the Turkish Human rights Association
IHD.
Numerous other events will be held throughout the week, including a
major concert on April 22 hosted by the foundation Anadolu Kultur and
featuring numerous international artists, including Turkish and
Armenian musicians. The AGBU Europe-EGAM delegation will take the
opportunity to engage with numerous audiences at universities,
non-governmental organizations and other location.
The Armenian genocide of 1915, which caused an estimated 1.5 million
dead, uprooted the entire Armenian civilization. Commemorations have
been held in many places over the years; but they have only been
allowed in Turkey since 2010. AGBU Europe and EGAM have led
international delegations to the former Ottoman capital city since
2013. Their approach has aimed to engage with Turkish society, and
particularly with those organizations who work for the awareness of the
genocide in Turkey, in the believe that their joint efforts can help
promote tolerance, democracy and justice. (AGBU, April 3, 2014)
Syriac Association closed on account of 'Co-presidency'
Following the closure of the Anatolian Arab Unity Movement Association
in the Midyat district of Mardin, the Mardin Syriac Unity Association
has been dissolved on the grounds that the word 'unity' and the concept
of 'Co-presidency' in the association's constitution contravened the
law. Association president Yuhanna Aktaş said the decision was a
political one, and that they would appeal, and if they could not get
redress would go to the European Court of Human Rights.
The Mardin Syriac Unity Association was closed down at the first
hearing in the Mardin no. 2 Court of First Instance in a case initiated
after a complaint by the Midyat District Governor's office regarding
the concept 'Co-presidency' and the word 'unity'. The association was
closed down on the same day, 31 March, as the Anatolian Arab Unity
Movement Association in a different court. Yuhanna Aktaş said it was
the first time a Syriac association had been closed down in Turkey. He
said they had initially started a platform in 2002 and become an
association last year.
He added that the aim of the association had been to unite
Assyrian-Syriacs, Chaldeans, Kurds and Arabs. He said Syriacs living in
Turkey and abroad had been dismayed by this decision, which contravened
the spirit of the resolution process. Aktaş said the decision would
also discourage Syriacs from returning home, adding that 2015 marks the
centenary of the genocide against Syriacs, and that while they were
awaiting an apology from the state it had instead closed down their
association.
Aktaş said they would appeal the court decision, and, if they could not
obtain redress, would go to the European Court of Human Rights.
(ANF, April 3, 2015)
Court orders closure of biggest Arab association in Turkey
The biggest Arab association in Turkey, the Anatolian Arab Unity
Movement Association, has been closed down by a court decision for
mentioning in its constitution: “co-presidency, struggle for women,
children, youth, the disabled, for ecology and against poverty, defence
of rights and public health and use of the old names of settlements”.
The court session held on Tuesday in Mardin to discuss the complaint
filed against the association decided to close down the biggest Arab
association in Turkey.
The Anatoalian Arab Unity Movement Association president Mehmet Ali
Aslan has issued a statement regarding the court decision, saying that
the decision to close down an association in which Muslim, Christian,
Alevi and Sunni Arab people are organised jointly proves that the
authorities are afraid of this unity of people and their organising
together.
Aslan said the government is not taking concrete steps although it
continues to talk about the peace and resolution process before the
elections and added: “Currently there are court cases against two Arab
and Mıhalmi associations in the region. The attitude of the resolution
process towards the Arabs in the country should not be like this”.
Aslan also criticized NGO’s for not supporting their association during
the case and added that they will take the case to the ECtHR if the
decision of the local court is approved by the Supreme Court after
their appeal. Aslan said they will share with the public the reasons of
the court decision after it is released in the coming days by the
court. (ANF, April 1, 2015)
Politique
intérieure/Interior Politics
Erdoğan denies existence of Kurdish issue to garner nationalist votes
President Recep Tayyip Erdoğan has once again
refused to recognize that Turkey has a Kurdish issue, contrary to
previous statements which have acknowledged the problem, a move
considered an attempt by Erdoğan to garner nationalist votes for the
Justice and Development Party (AK Party).
En route back to Turkey from Kuwait on Tuesday,
Erdoğan, for the second time, alleged that using the term "Kurdish
problem" is a form of discrimination, arguing: "Those who still insist
that the country has a Kurdish issue embark on this discourse to occupy
the country's agenda and garner more votes in the election. Calling the
matter the ‘Kurdish problem' is a step towards dividing the country, a
type of discrimination."
Erdoğan also accused the pro-Kurdish Peoples'
Democratic Party (HDP) of “engaging in illegal methods,” refusing to
recognize the HDP as an interlocutor in the talks on the Kurdish issue,
further claiming: "Who do you think you are, claiming to be an
interlocutor? There is a state in this country. There is not a table
that is being sat around. If there were, it would mean the collapse of
the state. The state does not lay down its arms and if the terrorists
take up arms, then the state will do whatever the situation requires."
Ongoing talks between the HDP and imprisoned leader
of the outlawed Kurdistan Workers' Party (PKK) Abdullah Öcalan to find
a solution to the decades-old Kurdish problem have apparently stalled
ahead of the June 7 election amid criticism that the government is not
sincere in its initiative due to Erdoğan declining to recognize the
Kurds' suffering and deprivation of rights. Thus, Erdoğan's remarks
have exacerbated a worsening situation amid fading hopes of a solution.
Erdoğan, in sharp contrast to his remarks in a
historic speech in the southeastern province of Diyarbakır in 2005 in
which, for the first time, he acknowledged the existence of a Kurdish
problem in Turkey, contended in March that Turkey never had a Kurdish
problem, raising concerns about the talks and overshadowing the
solution process.
"My brothers, there has never been any problem
called the Kurdish issue in this country. Yet, there are intentional
efforts to keep this on the agenda. … We ended it [the problem] in a
speech I made in Diyarbakır in 2005 and that is it. My Kurdish citizens
could have problems. They could have problems just like the problems of
Turkish citizens. Thirty-six ethnic groups in the country have their
own problems. There is constant talk about the Kurdish problem. Turkey
has been kept busy with this for years -- 40,000 people have been
killed in this country for this reason,” Erdoğan argued during a speech
in March.
The government, the HDP and the PKK agreed on a
roadmap based on 10 articles, including a commitment to change the
Constitution in order to solve the Kurdish problem after a meeting at
Dolmabahçe Palace in early March, as Öcalan called on the PKK to lay
down its arms.
All ethnic and religious groups' demands fall on deaf ears
However, Erdoğan's backpedaling on the Kurdish issue
is not only specific to the settlement process but also the
government's previous, similar initiatives with Alevis, an orthodox
sect of Islam that uses a different interpretation of Sunni Islam, and
Roma people, which did not yield any results while Erdoğan was prime
minister and leader of the AK Party.
Nearly 10 workshops with Alevi organizations in
recent years to identify their demands yielded no tangible results, as
conditions worsened for Alevis in terms of enjoying even basic freedoms
and rights and their demands for cemevis (Alevi places of worship) to
be recognized by the government as places of worship have been
persistently rejected though the European court of Human Rights (ECtHR)
recently ruled that cemevis must be recognized by the Turkish
government as places of worship equivalent to mosques.
In a similar vein, the government, which kicked off
an initiative to follow the EU ideal and promised to follow the EU path
for the democratization of Turkey after it came to power in 2002,
abandoned the path after consolidating support in subsequent elections.
Promoting the idea of a "New Turkey," which
represents a real deviation from the EU ideal, while maintaining a
sound relationship with Russia, China and the former Soviet republics
rather than the EU, Erdoğan has thereby disappointed large parts of
society that once backed him in hopes of a stronger democracy and more
freedoms.
Erdoğan also did not hesitate to declare groups
enemies that once declared their support for Erdoğan and a more
democratized Turkey.
These civil society groups offered their support to
scores of former changes to the laws that expanded the scope of
freedoms but have been since been replaced by repressive laws that are
intended to save Erdoğan and the political group he represents.
In this context, Erdoğan has labeled the faith-based
Gülen movement (also known as the Hizmet movement), whose ideas are
inspired by Turkish Islamic scholar Fethullah Gülen, as an "enemy"
since the country's largest corruption scandal -- which implicated
Erdoğan's family, inner circle and high-ranking figures within the AK
Party -- went public on Dec. 17, 2013. Instead of backing the
investigation, Erdoğan stifled the probe and made the movement a
scapegoat by accusing it of plotting to topple the government via the
graft probe.
As part of the crackdown on the movement, Erdoğan
and the government have carried out intimidation operations against
individuals and groups who are thought to have links with the movement.
In this context, thousands of judges, prosecutors and police officers
have been reshuffled, detained or arrested on charges of being members
of a terrorist group, paving the way for a police state managed by the
AK Party.
Hypocritical stance of Erdoğan and gov't lambasted by HDP and experts
Erdoğan's comments rejecting the existence of the
Kurdish issue and problems related to the country's other ethnic and
religious groups, have been lambasted by the HDP and experts on the
matter.
HDP Muş deputy Demir Çelik replied to Erdoğan's
remarks by saying: "The whole world recognizes the existence of the
Kurdish problem. His comments imply that military options and security
precautions will once again step in, as has been done for the last 40
years, and a total war will be waged against Kurds instead of seeking a
solution to the subject based on peaceful talks."
"If there is not an interlocutor on the Kurdish
issue, then why do you continue to meet with Öcalan and send
delegations to İmralı Island where Öcalan is being held? What do those
meetings between the government and delegations mean? Denying reality
is an empty effort," Çelik emphasized.
Speaking to Today's Zaman regarding Erdoğan's U-turn
over the Kurdish issue, Mesut Ülker, a retired colonel and strategist,
said the government, Erdoğan and those circles who offer their support
to the government are in a panic because they have realized that the
government is, for many reasons, losing popular support. This has in
turn urged them to engage in new election ploys to secure the votes
that they appear to have lost.
"The Kurdish issue is a leading issue in terms of
the democratization of Turkey. The real problem is in essence
non-democratization. What Erdoğan is trying to do is regain the
nationalist votes. Even though Erdoğan ignores the Kurdish problem, it
is still a core issue. This is an indication of a serious inconsistency
when the previous practices of the political authority are considered
-- a process of unlawfulness accompanied by many anti-democratic
actions, such as silencing the free media and putting pressure on the
judiciary. If the Kurdish issue had been solved, then it would upgrade
Turkey's level of democracy. However, society's demands for more
freedom and rights cannot be crushed anymore. More efforts on this path
will face more reactions from the people. No one is eager to lose the
rights that they have been enjoying for years. These demands will go
further and they [Erdoğan and the government] are concerned with the
increasing demand, that is why they are trying to block all channels to
democracy," Ülker added.
Professor Sedat Laçiner from Çanakkale 18 March
University also highlighted similar concerns regarding the government
and Erdoğan's policy of denial regarding the country's substantial
issues, such as the Kurdish issue: "For years, the Kurdish side and the
government have conducted negotiations around a table. Most recently, a
declaration was reached at Dolmabahçe but Erdoğan undermined the
process. The reason is simple: The talks made the PKK stronger and the
people have realized this. The unease among the people has increased
recently. Kurdish votes, which were previously secured by the AK Party,
now show a tendency toward the HDP. Accordingly, nationalist voters
have preferred the Nationalist Movement Party [MHP] in line with those
election polls. After Erdoğan realized this, he changed his rhetoric on
the matter and began to reject the existence of the Kurdish issue. He
is weak in terms of developing solutions to the country's problems but
a good strategist in terms of dealing with his opponents. Instead of
focusing on solutions to the problems, Erdoğan aims to collect more
votes in an opportunistic manner."
(TODAY'S
ZAMAN, April 29, 2015)
CHP ready for a joint stance with gov’t against EP over genocide motion
Main opposition Republican People’s Party (CHP) leader Kemal
Kılıçdaroğlu has announced his party’s readiness to engage in a joint
effort with other parties to issue a joint statement against the
European Parliament’s recognition of the 1915 massacre of Ottoman
Armenians as genocide.
Speaking with reporters after meeting ambassadors of EU countries over
lunch on April 16, Kılıçdaroğlu was reminded of an April 15 call by
Prime Minister Ahmet Davutoğlu, who suggested that they could draft “a
contract” together with opposition parties that would address the
entire Turkish population. Davutoğlu’s call came as he announced his
party’s 100-article “2023 New Turkey Contract,” along with his ruling
Justice and Development Party’s (AKP) election manifesto.
Kılıçdaroğlu strictly ruled out the idea, saying his party’s
ideological view based on the principles of social democracy was
totally different from the AKP’s ideology. However, he said the CHP
could draft a joint text to counter the resolution passed by the
European Parliament.
“We can sign this joint text. Our views on this issue are common, so
there is no problem in this field. There are [problems] in other
fields,” he added.
Earlier in the day, Kılıçdaroğlu criticized both Pope Francis and the
European Parliament for recognizing mass killings of Ottoman Armenians
as genocide, saying that such moves will not help the reconciliation
between Turks and Armenians.
“The statements of Pope Francis and the adoption of a resolution
calling on EU countries to recognize the Armenian genocide are
unacceptable, as they constitute political moves that do not serve for
the reconciliation of the two people,” he said.
‘A crusader lens’
According to Nationalist Movement Party (MHP) leader Devlet Bahçeli, it
was the government’s policy of rapprochement with Armenia that laid the
ground for such “a dramatic result,” which he said was part of a
“slandering campaign against the Turkish nation.”
“We don’t and will not have territory to give or apologies to offer to
those who look at history through the crusader lens,” Bahçeli said in a
written statement on April 16.
He also claimed that there is “actually no difference between the
ruling AKP and the European Parliament’s interpretation of the events
of 1915.”
‘Kindergarten or state?’
Peoples’ Democratic Party (HDP) Co-Chair Selahattin Demirtaş was the
only opposition leader to display a different approach to the other
political leaders.
The government should move to found a “truth and reconciliation commission” in order to face the past, Demirtaş said.
“The pope says something; they give a childish reaction. The European
Parliament makes a decision; they give a childish reaction to this too.
It is as if this is a kindergarten; it is as if they are not governing
a state. They display reflexes like children attending kindergarten,”
Demirtaş said on April 16, speaking to reporters in Diyarbakır.
“You should explain to society how the Armenian reality should be
faced. This is an issue that is not discussed in Turkey. This is an
issue that is not officially clarified. This problem cannot be resolved
by simply saying ‘We don’t recognize the pope,’” he added.
(hurriyetdailynews.com, April 16, 2015)
L'AKP promet un régime présidentiel, le dossier kurde absent
Le Premier ministre islamo-conservateur turc Ahmet Davutoglu a donné
mercredi le coup d'envoi de la campagne de son parti pour les
législatives du 7 juin, promettant, en cas de victoire, le passage à un
régime présidentiel voulu par le chef de l'Etat Recep Tayyip Erdogan.
Il n'a cependant pas placé le règlement du conflit kurde qui perdure
depuis 1984 dans les priorités de son gouvernement qui a pourtant
entamé en 2012 de difficiles négociations de paix avec le Parti des
travailleurs du Kurdistan (PKK, interdit).
"Nous estimons indispensable que la structure administrative soit
remaniée dans le cadre d'un système présidentiel", a dit M. Davutoglu,
chef du Parti de la justice et du développement au pouvoir (AKP) au
pouvoir depuis 2002.
"Les conflits de pouvoir ont provoqué des crises en Turquie (...) un
système présidentiel permettra d'empêcher la discorde", a-t-il ajouté
dans un discours enflammé, prononcé devant des milliers de ses
partisans réunis dans une salle de sports d'Ankara.
M. Davutoglu s'est fixé pour objectif ambitieux dans son "manifeste
électoral" de rallier 55% des suffrages et a confirmé que son parti
amenderait, en cas de victoire, l'actuelle Constitution de 1980.
Plusieurs fois modifié depuis, ce texte accorde l'essentiel du pouvoir
exécutif au Premier ministre et n'accorde au chef de l'Etat qu'un rôle
essentiellement protocolaire. Dans la nouvelle Constitution, "le
président deviendra responsable" de ses actes, a plaidé M. Davutoglu.
Homme fort de la Turquie depuis 2003, M. Erdogan a été contraint de
quitter la tête du gouvernement, victime d'un règlement de l'AKP qui
interdit à ses membres d'effectuer plus de trois mandats successifs.
Elu président en août dernier, il souhaite désormais faire modifier la
Constitution pour conserver les rênes de son pays.
Il a à cet égard besoin de la majorité des deux tiers des 550 députés
pour réviser directement la loi fondamentale ou, à défaut, de la
majorité des trois cinquièmes au Parlement pour proposer un référendum
constitutionnel.
Tous les sondages créditent l'AKP, qui a réalisé un grand chelem en
remportant tous les scrutins depuis 2002, d'une large avance sur ses
concurrents aux législatives, insuffisante toutefois pour obtenir la
majorité qualifié nécessaire à une révision de la Constitution. (AFP, 15 avril
2015)
"All cats caught," Turkish official reassures public over Election Day blackouts
A top electoral official in Turkey has reassured the public that the
controversial blackouts during the local elections last year would not
be repeated in the upcoming parliamentary elections, as “all cats have
been caught.”
After the March 30, 2014, local elections last year, Energy Minister
Taner Yıldız created controversy by saying a cat entered a power
distribution unit in Ankara during the crucial vote-counting process at
night, causing a blackout.
A year after the elections, almost all Turkish provinces suffered a
massive power cut on March 31. Turkish authorities, alarmed by the
crisis, have decided to take all measures to prevent power distribution
cuts during the June 7 general elections.
The State Supply Office recently opened a tender to buy generators for
voting centers, but this was apparently not the only measure taken by
Turkish officials.
“We caught all the cats. No more cats left,” Supreme Election Board
(YSK) head Sadi Güven jokingly said at Okan University in Istanbul on
April 14 when a student asked him about last year’s incident, according
to Cihan news agency.
“If there is a generator, then there won’t be a problem. We are trying
to do this job in a healthy way, leaving no question marks in the
public’s mind, by putting generators in all districts,” he added.
(hurriyetdailynews.com, April 14, 2015)
Le leader du CHP à l'amende pour "insulte" à Erdogan
Un tribunal d'Ankara a condamné jeudi le chef du principal parti
d'opposition turque à verser 10.000 livres (environ 3.500 euros) de
dommages et intérêts au président islamo-conservateur Recep Tayyip
Erdogan pour l'avoir insulté, ont rapporté les médias turcs.
Dans son jugement, le juge a estimé coupable le président du Parti
républicain du peuple (CHP, social-démocrate), Kemal Kiliçdaroglu,
d'avoir insulté et violé les droits de M. Erdogan, alors Premier
ministre, lors d'un discours prononcé en janvier 2013.
Dans ce discours, M. Kiliçdaroglu avait évoqué les graves accusations
de corruption qui visaient à l'époque le chef du gouvernement, ses
proches et plusieurs ministres du parti au pouvoir depuis 2002. La
justice a depuis classé son enquête sans suite.
Dans sa plaidoirie, l'avocat de M. Kiliçdaroglu, Celal Celik, a plaidé
la relaxe de son client, estimant que ses propos reposaient sur des
"faits avérés" et servaient "l'intérêt du public".
M. Erdogan, élu chef de l'Etat en août dernier, réclamait à son rival 100.000 livres.
Depuis son arrivée au pouvoir en 2003, M. Erdogan multiplie les
plaintes en diffamation ou insulte contre ses adversaires, qu'il
s'agisse d'adversaires politiques, de journalistes, d'artistes ou de
simples citoyens.
Avec son élection à la présidence, il a ressuscité l'article 299 du
code pénal turc, qui punit d'un maximum de quatre ans de prison ferme
toute personne qui "porte atteinte à l'image" du président.
L'opposition, qui dénonce la dérive autoritaire de M. Erdogan, a exigé
l'abrogation de cette disposition, la jugeant contraire à la liberté
d'expression.
Lors de son retour d'une visite en Iran mardi soir, M. Erdogan a
justifié ces procédures devant les journalistes qui l'accompagnaient.
"Je me considère comme une personne normale et je dis à mes avocats
+ceci n'est pas une critique, lorsque cela devient une insulte, faites
ce que prévoit la loi+", a-t-il déclaré. (AFP, 9 avril
2015)
Will Turkish democracy pass the 10 percent threshold?
All political parties participating in the parliamentary elections set
for June 7 submitted their lists of candidates to the Supreme Election
Board (YSK) on April 7. Over the next two weeks, the parties are
planning to publicize their election manifestos and pledges to the
electorate. The candidacy lists will be finalized on April 24 and the
parties will hit the roads for their election campaigns up to June 6.
With less than two months to go to the polls, an analysis on the
profile of the party’s candidates would give us clues about the
post-election era. In power since late 2002 under Recep Tayyip
Erdoğan’s strong leadership, the ruling Justice and Development Party
(AKP) is entering these elections under a new chairman, Prime Minister
Ahmet Davutoğlu. However, Davutoğlu, whose objective is to prove
himself as a successor to Erdoğan by keeping the party at least above a
45 percent level, is facing serious disadvantages. One of the most
important disadvantages is Erdoğan’s unending interventions into his
affairs and decisions in the party and in the government, which have
seriously tarnished his political career. The fact that some of the
AKP’s most senior and experienced politicians will remain out of the
election race is also a huge disadvantage for Davutoğlu.
Navigating a parliamentary group composed of a new team with relatively
less experience and younger lawmakers will take time for Davutoğlu.
Although he tried hard, he was unable to stop his predecessor’s
ambition to turn these elections into referendum in which “a Turkish
model presidential system under Erdoğan’s rule” will be voted on.
Therefore, it might be said that Davutoğlu will be demanding votes for
a presidential system that he does not really support. Furthermore,
Erdoğan’s recent statement about reading the part of the manifesto
outlining the party’s approach to the presidential system, as well as
his views about it, put Davutoğlu into a position of “subcontractor of
Erdoğan.” It is in this state that the AKP will run in the elections.
Of all the parties, the main opposition Republican People’s Party (CHP)
underwent the most transparent and democratic process for the selection
of its candidates, with around 85 percent of potential lawmakers having
been elected through primaries. Some 20 percent of candidates are women
and a considerable number of them will be elected. CHP’s leader Kemal
Kılıçdaroğlu also became the first party head to run in the primaries,
setting an important example to all politicians in the country.
The profile of the CHP candidates, however, is not much of an indicator
of what Kılıçdaroğlu has in mind for his party’s objectives and
priorities for the next parliament. Three important subjects have
dominated and are still dominating the party’s agenda: The Gezi
demonstrations and its effects on social and political life in Turkey,
the Kurdish peace process, and the massive corruption and fraud
allegations against Erdoğan, his family and some other prominent AKP
figures. It is obvious that Kılıçdaroğlu’s team lacks some figures who
would shape the CHP’s policies in the best way to respond to these
issues. This election is also very important for Kılıçdaroğlu’s
political career, with his set target at 35 percent. Anything less than
this target will make his dissidents start to question his leadership.
The Nationalist Movement Party (MHP) will enter elections under the
leadership of its two-decade leader Devlet Bahçeli, who will be able to
keep the party’s votes at around 15 percent. There is information that
the MHP’s votes will possibly increase, especially in response to the
Kurdish peace process. The party has imported some important, prominent
and urban faces to its cadres in order to reach its non-traditional MHP
voters and collect votes that might defect from the AKP.
However, there is no doubt that the pro-Kurdish Peoples’ Democratic
Party (HDP) that will be the main determiner of the Turkish political
environment after June 7. In challenging the 10 percent national
election threshold, the HDP is doing everything it can to enter
parliament. Under the strong and successful leadership of Selahattin
Demirtaş, the HDP is trying to mobilize its grassroots all around the
country to garner enough votes to pass the threshold. To this end, it
has enriched its lawmaker candidate list with strong names as well as
figures from social democratic and socialist backgrounds in order to
reach different political groups. Having the experience of last year’s
local and presidential elections, the party will first focus on
collecting lawmakers from Southeastern Anatolia as well as being
heavily involved in the three largest cities: Istanbul, Ankara and
İzmir, which together make up nearly 30 percent of all 550 seats of
parliament.
Despite the complexity of this political picture, there is only one
simple question: Will the HDP pass the threshold or not? That is why
political forecasts about the composition of the next parliament should
wait until late June 7. If the HDP fails to pass the threshold,
Turkey’s already-weakened democracy will pay the price. (hurriyetdailynews.com, April 7, 2015)
Erdoğan appoints rector candidate with less votes for İstanbul University
President Recep Tayyip Erdoğan once again contradicted with his famous
motto that the ballot box should be the ultimate determinant in
democracies and appointed a candidate who came second in the
presidential election at Istanbul University,
Erdoğan on Thursday appointed Mahmut Ak as the new rector of the
prestigious İstanbul University although he came second in the
elections. Ak received 908 votes while Raşit Türkel received 1202 votes
in the elections held at the university.
The names of the first six candidates who received the most votes in
the elections were presented to the Higher Education Board (YÖK), which
has the legal authority to arbitrarily change the order of the names
before submitting the list to the president.
In the YÖK-prepared list, which comprises three competitors, Ak appeared at the top.
Also last month, Erdoğan ignored the winner to appoint Yücel Acer as the new rector of the Çanakkale March 18 University (ÇOMÜ).
Acer, who came second in the race, received only 180 of the total 670
votes available from faculty members at the ÇOMÜ election, while Sedat
Laçiner, the incumbent rector, actually won with 237 votes.
(TODAY'S
ZAMAN, April 2, 2015)
Flambée de violences politiques en Turquie
Une prise d'otage meurtrière, une attaque armée contre un bureau local
du Parti de la justice et du développement (AKP) du président Recep
Tayyip Erdogan, une fusillade devant la direction de la sécurité
d'Istanbul et deux quartiers populaires en ébullition... En un peu plus
de vingt-quatre heures, Istanbul a connu une flambée de violences
politiques, à deux mois des élections législatives du 7 juin prochain.
En fin d'après-midi, mercredi 1er avril, une fusillade a éclaté devant
le siège de la police de la métropole turque, dans le quartier de
Fatih, sur la rive européenne. Le gouverneur de la région d'Istanbul,
Vasip Sahin, a annoncé en début de soirée qu'un homme et une femme
étaient impliqués dans cette attaque.
La femme, qui portait sur elle des explosifs, a été tuée par les
policiers, tandis que l'homme, blessé, a réussi à prendre la fuite. Des
médias turcs ont annoncé par la suite que celui-ci avait également été
rattrapé par les forces de l'ordre. Au moins un policier a été
légèrement blessé dans l'échange de coups de feu, selon les premières
informations.
« Vengeance de la mort de Berkin »
Les médias pro-gouvernementaux ont rapidement imputé l'attaque au
mouvement marxiste DHKP-C (Front révolutionnaire de libération du
peuple), classé comme groupuscule terroriste par la Turquie, les
Etats-Unis et l'Union européenne.
La police turque a tué mercredi une femme, apparemment porteuse de
grenades, qui visait le quartier général de la police d'Istanbul, au
lendemain d'une prise d'otage meurtrière dans un tribunal de la ville
qui a placé le pays sous haute tension.
La fusillade survient au lendemain de la prise en otage, dans un
tribunal d'Istanbul, d'un procureur par deux militants du DHKP-C.
L'assaut donné par les policiers en soirée, mardi 31 mars, s'est conclu
par la mort des deux preneurs d'otage. Le magistrat, Mehmet Selim
Kiraz, est également décédé après avoir été grièvement blessé lors de
l'intervention policière.
Il était en charge de l'enquête sur la mort du jeune Berkin Elvan, tué
par une grenade lacrymogène reçue en pleine tête lors des émeutes de
Gezi, en juin 2013. Les militants de ce mouvement d'extrême gauche, qui
a pris fait et cause pour la « vengeance de la mort de Berkin »,
menaçaient d'exécuter leur otage si des « excuses publiques » n'étaient
pas faites par les policiers, dont aucun n'a été reconnu responsable du
décès de l'adolescent.
Ce mercredi matin, les policiers ont procédé à une vague d'arrestations
de militants supposés du DHKP-C à Antalya, Izmir et Istanbul, notamment
dans certaines universités stambouliotes. Une quarantaine de personnes
auraient été placées en garde à vue. Deux hommes ont également été
arrêtés après avoir fait irruption, armés, dans un bureau local de
l'AKP du quartier de Kartal, à l'est d'Istanbul. Les médias turcs ont
publié une séquence vidéo montrant un homme accrochant à la fenêtre de
l'édifice un drapeau turc frappé d'une épée.
Echéances électorales
Ce sursaut de violences intervient à deux mois des élections
législatives, alors que la société turque est particulièrement
polarisée entre partisans et adversaires du président – et ancien
premier ministre – Recep Tayyip Erdogan, qui entend profiter du
prochain scrutin pour obtenir une majorité qualifiée lui permettant de
transformer la Turquie en régime présidentiel.
Les attaques des dernières heures pourraient également permettre au
gouvernement de justifier l'adoption d'un « paquet de lois sécuritaires
», contestées, qui accordent davantage de pouvoirs aux forces de
l'ordre.
Mercredi soir, des affrontements avaient lieu entre policiers et
manifestants dans deux quartiers de la mégalopole turque, à Okmeydani,
quartier d'origine du jeune Berkin Elvan, un fief du DHKP-C, ainsi qu'à
Gazi, un quartier majoritairement alévi (une branche du chiisme,
minoritaire en Turquie), d'où étaient originaires les deux preneurs
d'otage tués par les policiers mardi soir. Sur les réseaux sociaux, des
partisans du parti au pouvoir ont appelé à se rendre dans ces quartiers
pour en découdre avec les manifestants. (Le Monde, 1 avril 2015)
Forces
armées/Armed Forces
Quatre soldats turcs blessés lors d'affrontements avec le PKK
Quatre soldats turcs ont été blessés samedi lors d'affrontements dans
le sud-est du pays avec des militants du Parti des travailleurs du
Kurdistan (PKK), les autorités dénonçant une "attaque terroriste".
L'armée a envoyé des hélicoptères, des avions de reconnaissance et une
unité de commandos dans la région d'Agri (sud-est), frontalière avec
l'Iran, où les affrontements se poursuivaient, selon un communiqué
militaire.
Selon l'armée turque, les soldats s'étaient rendus sur place, dans le
district de Diaydin, après avoir appris qu'un "festival" y était prévu
avec pour objectif de promouvoir "l'organisation séparatiste
terroriste", termes utilisés par la Turquie pour désigner le PKK,
considéré comme une organisation terroriste par Ankara.
Des rebelles du PKK ont tiré sur des soldats qui ont répliqué, selon
le communiqué de l'armée publié sur son site internet et qui fait état
de quatre soldats blessés.
Ces combats portent un coup au processus du paix entre l'Etat turc et
le PKK, qui avait lancé en 1984 une rébellion armée séparatiste qui a
fait 40.000 morts. Fin mars, des affrontements avaient déjà eu lieu
près de la frontière irakienne.
Le vice-Premier ministre Yalcin Akdogan a fermement condamné ces
"attaques terroristes" tandis que le chef du Parti démocratique
populaire (HDP, pro-kurde), Selahattin Demirtas, déplorait "un
développement triste et inquiétant".
Fin mars, le chef emprisonné du PKK Abdullah Öcalan a réitéré sa
volonté de déposer les armes. Son mouvement ne réclame plus
l'indépendance mais une large autonomie pour les 15 millions de Kurdes
de Turquie (20% de la population).
Partisan de la paix avec les Kurdes, le président islamo-conservateur
Recep Tayyip Erdogan a toutefois musclé son discours à l'approche des
élections législatives du 7 juin. A plusieurs reprises, il a accusé le
gouvernement d'être trop conciliant avec le PKK.
Décrété unilatéralement par le PKK en mars 2013, le cessez-le-feu en vigueur depuis est globalement respecté.
(AFP, 11 avril
2015)
We Said “Don’t Serve in the Military” Because…

Prosecution launched an investigation about 381 people who contributed to the book, “Don’t Serve in the Military Because…”
Ankara Chief Public Prosecutor’s Office opened the investigation based
on the charge of “turning people against military service” included in
article 318 of the Turkish Penal Code (TCK), upon the complaint made by
Turkish General Staff.
Well-known public figures are also among those being investigated.
Mustafa Sütlaş and Şeyhmus Diken who contribute to bianet with their pieces are included in the list of the accused.
Click here for the names of all 381 under investigation
Sütlaş and Diken spoke to bianet about the investigation they are facing:
Sütlaş: It is a physician’s duty to oppose death and killing
As a writer, I had written and submitted this sentence at the time:
“Military service is a training for war and killing; as for wars, they
are the cause of the greatest diseases and death at every age, and
therefore the cause of unhealthiness and a very grave public health
issue; don’t serve in the military or learn to kill because in order to
ensure and protect health and healthiness one needs to oppose wars and
not do military service, remember: if you don’t serve in the military,
there won’t be any wars!”
The book and website in question only wanted one sentence, so they
featured the “if you don’t serve in the military, there won’t be any
wars!” part which was also included in the news piece in bianet.
As you know I am a physician. Physicians side with life against death.
Opposing death and killing are among a physician’s duties.
A war is fought with soldiers and military service is the time and
place where people are trained to fight and thus to kill. So in
essence, someone who is against war and killing can’t not be against
military service as well.
On the other hand, one duty of physicians is to prevent problems before
they occur. And with these words I’m making an observation and a
suggestion. This is a requisite of the freedom of thought and
expression. I say, write and express these whenever I can. I think and
maintain the same things today. It is my most fundamental right to do
so.
In my opinions, the law or the case resting upon it is a direct
intervention of militarism in democracy and freedom of thought and
conscience. I hope and wish for independent judiciary to make the right
decision in this lawsuit process, in line with the requisites of
universal human rights that Turkey signed to accept.
Diken: Should we have said ‘kill each other, all for the homeland’?
Two years ago when they asked, I said; "Don’t serve in the military
because one day the bullet that’s prone to leave the cold iron that’s
handed to you can cause your peer born of a mother like your own to be
buried under the black earth.”
So they launched an investigation. What can we say? Frankly we belong
to those that oppose children raised to the point when they’re of age
only to be sent to do their “national service” at the military being
buried in a government-stamped bag-coffin under the black earth wet by
mothers’ tears.
If it’s a “crime” to say these, we’ve committed it. What should we have
done? Should we have said, kill each other, good job, all for the
homeland?
Kentel: Military service makes you dumber
One of those under investigation, Şehir University Sociology faculty
member Professor Ferhat Kentel, PhD spoke to the university’s news
website GasteŞehir about the investigation.
Kentel made the following evaluations:
“I had written the following in the book ‘Don’t Serve in the Military
Because’: ‘Don’t serve in the military because it makes you dumber;
orders, beatings, guns, dying and killing are normalized. Whereas life
and conversation without orders enriches the soul; living and letting
live renders people more humane.’
“Of course, perhaps other sentences could be added to these; for
instance: ‘Or if you really want to go, then go, but don’t force
anybody; everybody does not have to go through the same cogs.’
“The fact that military service cannot be questioned, that those who
say ‘don’t go’ face prosecution is the typical result of a sanctifying
operation... It’s a so-called sanctification produced by the
nation-state’s ideology caught in the dilemma between security and
insecurity or by the interest-based dominant class relations that
propose this dilemma as the sole rational option...
“The ‘modern religion’ of the nation-state gathers the sanctity of
previous traditional societies and religions to reconfigure secular
faiths and sanctities. And of course, an official and dominant ideology
wrought with self-proclaimed, intense sanctities cannot tolerate
injuries to this sanctity. It can protect its sanctity only through
restrictions and laws.
“As a result, paradoxically, every new oppression brought against those
that say ‘the emperor has no clothes’ only serves to rub off the golden
veneer of sanctity.”
(BIA, April 9, 2015)
17 militaires inculpés pour avoir intercepté un convoi pour la Syrie
Une cour d'Istanbul a inculpé vendredi 17 militaires turcs pour avoir
intercepté en janvier 2014, sur ordre d'un procureur, un convoi des
services secrets turcs en route pour la Syrie, dans le cadre d'une
affaire controversée, a rapporté l'agence de presse Dogan.
Ces militaires qui ont été écroués sont membres de la gendarmerie,
corps d'armée en Turquie, et ont notamment été accusés de comploter
contre le gouvernement islamo-conservateur au nom de la "structure
parallèle", en l'occurrence la confrérie du prédicateur musulman exilé
Fethullah Gülen que le président Recep Tayyip Erdogan accuse de vouloir
le renverser.
Ils avaient intercepté à Adana, dans le sud de la Turquie, frontalière
avec la Syrie, un convoi de camions en partance pour la Syrie. Les
agents des services secrets (MIT) qui accompagnaient le convoi les ont
empêchés d'inspecter le chargement, soupçonné d'être des armes pour un
groupe d'opposition syrienne.
Dix-neuf autres membres des services militaires sont actuellement jugés
pour "espionnage" dans le cadre de cette affaire et encourent de
lourdes peines de prison.
Les autorités avaient affirmé que le personnel à bord du convoi était
en mission officielle. Les camions sont repartis après leur fouille et
le gouvernement, très irrité, a annoncé qu'ils transportaient de l'aide
à la minorité turkmène du nord de la Syrie et démenti toute livraison
d'armes.
Les militaires qui avaient intercepté les camions ont par la suite été relevés de leurs fonctions.
Depuis cet incident, le pouvoir turc a fait voter au parlement une
législation controversée qui accorde des pouvoirs accrus aux services
de renseignements turcs, notamment une impunité judiciaire pour les
membres du MIT dans l'exercice de leurs fonctions.
Le gouvernement d'Ankara est un farouche opposant au pouvoir du
président syrien Bachar al-Assad et soutient l'opposition, mais a
démenti à plusieurs reprises avoir fourni des armes aux insurgés
notamment au groupe de l'Etat islamique (EI) qui contrôle des pans
entiers de territoire en Syrie et en Irak, à la frontière turque. (AFP, 10 avril
2015)
Investigation against antimilitarist website
An investigation was started by Ankara Chief Public Prosecutor’s Office
following the complaint made by the General Staff against the website “www.askeregitmeyin.com,” with the charge of “alienating the public from military service.”
Approximately 30 people were gathered on 13 September 2013 by
conscientious objectors’ call across Çağlayan Courthouse to repeal
Article 318 of the Turkish Criminal Code, titled “the crime of
alienating the public from military service.” The crowd made a civil
disobedience protest with their sentences starting with “don’t fulfill
your military service because…” Following the protest, the campaign
continued for four months on the website www.askeregitmeyin.com; expressions of 381 people who participated to the campaign were then collected in a book.
The websites official, conscientious objector Atty. Mehmet Ali Başaran
is expected to testify with his lawyer Davut Erkan in the following
days. The lawyer stated that Article 318 is outdated and is now an
unlawful article, expressing that they want the article to be repealed.
Affaires
religieuses / Religious Affairs
Pope’s remarks ‘to accelerate Hagia Sophia’s conversion into mosque’
Pope Francis’ labeling of the mass killings of the Ottoman Armenians as
“the first genocide of the 20th century” will only accelerate the
reopening of Hagia Sophia to Muslim worship, the top Islamic official
in Ankara has suggested.
“Frankly, I believe that the pope’s remarks will only accelerate the
process for Hagia Sophia to be re-opened for [Muslim] worship,”
Professor Mefail Hızlı, the mufti of Ankara, said in a written
statement released late April 15.
According to Hızlı, the pope’s statement “has reflected a modern color
of the crusader wars launched in these lands for centuries.” These
lands have long been the “standard bearer” of the Muslim world, meaning
many enemies, both from inside and outside of the country, have been
launching attacks with different methods.
“The statement that the Catholic world’s spiritual leader pope
delivered three days ago, saying Armenians had been subjected to a
genocide, is extremely spectacular,” Hızlı said, noting that the pope’s
statement was intruding on the realm of historians and was hastily made.
Hızlı did not touch on the precise relationship between Francis, the
leader of the world’s Catholics, and the Haghia Sophia, which served as
a Greek Orthodox basilica until the Turkish conquest in 1453.
Armenia says up to 1.5 million Ottoman Armenians were killed in a
genocide starting in 1915. Turkey denies that the deaths amounted to
genocide, saying the death toll of Armenians killed during mass
deportations has been inflated and that those killed in 1915 and 1916
were victims of general unrest during World War I.
Stressing that all sides, not just Armenians, suffered in Anatolia 100
years ago, Hızlı also recalled that the theme of the 2015 Holy Birth
Week, marking the birth of Prophet Muhammad, was the “Prophet and the
Moral of Coexistence.”
Debate over landmark’s status
The Hagia Sophia Museum was first dedicated as an Orthodox patriarchal
basilica in 360. Until 1453 it served as the Greek Patriarchal
cathedral of Constantinople. Following the city’s conquest by the
Ottoman Empire, the building turned into a mosque in 1453 and remained
so until 1931, when it was closed to the public for four years. It was
reopened by the authorities of Turkey’s young Republic in 1935 as a
museum.
The status of Istanbul’s Hagia Sophia has come under increasing
scrutiny in recent years, with a number of campaigns to open it for
Muslim prayers being initiated, despite suggestions that this would be
disrespectful to the building’s past as a church.
Back in November 2013, Deputy Prime Minister Bülent Arınç expressed his
hope of seeing the Hagia Sophia be used as a mosque, already calling it
the “Hagia Sophia Mosque” while speaking to reporters.
“We currently stand next to the Hagia Sophia Mosque … we are looking at
a sad Hagia Sophia, but hopefully we will see it smiling again soon,”
Arınç said at the time in a speech during the opening ceremony of a new
Carpet Museum, located adjacent to the ancient Hagia Sophia complex.
First Quran recitation in 85 years
On April 10, a Muslim cleric recited the Quran in the Hagia Sophia for the first time in 85 years.
A passage from the Quran was recited late on April 10 at a ceremony in
the Hagia Sophia to mark the opening of a new exhibition “Love of the
Prophet” on the occasion of the 2015 Holy Birth Week.
It was read by Ali Tel, imam at the Ahmet Hamdi Akseki Mosque in Ankara.
The ceremony was attended by top Turkish officials including the
country’s top cleric, President Mehmet Görmez of the Directorate
General for Religious Affairs (Diyanet).
(hurriyetdailynews.com, April 16, 2015)
Lecture du Coran pour la première fois en 85 ans à Sainte Sophie

Une lecture du Coran a eu lieu pour la première fois en 85 ans dans
l'enceinte de la basilique Sainte-Sophie, monument emblématique
d'Istanbul devenu un musée après été une église puis une mosquée, ont
rapporté les médias samedi.
Oeuvre architecturale majeure construite au VIe siècle, Sainte-Sophie a
été désaffectée puis transformée en musée dans les années 30 sous le
régime laïque de Mustafa Kemal Atatürk et fait régulièrement l'objet de
polémiques entre chrétiens et musulmans qui se disputent son
utilisation.
Vendredi soir, un passage du Coran a été lu lors de l'inauguration
d'une exposition ayant pour thème "L'amour du Prophète", à laquelle
assistaient des responsables turcs dont le chef de l'agence des
affaires religieuses de Turquie, Mehmet Gormez.
Cette lecture du Coran, la première dans l'enceinte de Sainte-Sophie
depuis 85 ans, a été assurée par Ali Tel, imam de la mosquée Ahmet
Hamdi Akseki d'Ankara, a précisé l'agence Anatolie.
L'exposition qui sera visible jusqu'au 8 mai présente des oeuvres calligraphiques à la gloire du prophère Mahomet.
Construite à l'entrée du détroit du Bosphore et de la Corne d'or,
Sainte-Sophie, où étaient couronnés les empereurs byzantins, a été
convertie en mosquée au XVe siècle après la chute de Constantinople aux
mains des Ottomans en 1453. Des minarets avaient alors été érigés
autour du dôme Byzantin.
Sainte-Sophie a continué de servir de mosquée après l'effondrement de
l'Empire ottoman, jusqu'au milieu des années 1930, quand les fondateurs
de la Turquie laïque en ont fait un musée ouvert à tous.
Mais depuis l'arrivée au pouvoir en 2002 du Parti de la justice et du
développement (AKP, islamo-conservateur) de l'actuel président Recep
Tayyip Erdogan, les défenseurs de la laïcité s'inquiètent d'une
éventuelle reconversion de Sainte-Sophie en mosquée.
Le vice-Premier ministre Bulent Arinc avait d'ailleurs provoqué un
tollé en novembre 2013 lorsqu'il avait laissé entendre que
Sainte-Sophie pourrait changer de statut, disant que Sainte Sophie
avait l'air "triste" mais qu'il espérait qu'elle allait "bientôt
retrouver le sourire".
La Grèce avait à l'époque réagi violemment et dénoncé des déclarations "offensantes pour des millions de Chrétiens".
(AFP, 11 avril
2015)
Contre les mosquées sur les campus, pourquoi pas un temple Jedi ?
Certains étudiants turcs ne manquent pas d'humour. En réaction à
l'annonce de construction de mosquées dans leurs universités, ils ont
réclamé, au nom de l'égalité entre religions, l'installation d'un
temple bouddhiste ou d'un sanctuaire jedi.
Le mois dernier, des étudiants de l'université technique d'Istanbul
(ITÜ) se sont mobilisés contre un projet d'érection d'une mosquée sur
leur campus en lançant une pétition en ligne réclamant en même temps
celle d'un temple bouddhiste. Ce texte avait recueilli vendredi près de
20.000 signataires.
Si ce projet aboutit, cette mosquée deviendra le premier édifice
religieux construit dans l'enceinte même d'un établissement
d'enseignement supérieur turc, en principe laïc, depuis l'arrivée du
Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) de
l'actuel président Recep Tayyip Erdogan en 2002.
"Je ne peux pas satisfaire mes obligations religieuses parce que le
temple bouddhiste le plus proche est éloigné de plus de 2.000 km et je
n'ai pas le temps d'y aller pendant ma pause déjeuner", s'est plaint un
des signataires, Utku Gürçag Borataç, sur le site internet de la
pétition.
"Un établissement d'enseignement supérieur doit se tenir à égale
distance de toutes les religions et non pas d'une seule", a plaidé dans
le journal Hürriyet l'étudiante qui a lancé l'initiative, Zeynep
Özkatip, qui a ajouté avoir depuis reçu des "menaces".
Une polémique identique a secoué le campus de l'université d'Izmir
(ouest), troisième ville de pays. Là, les étudiants ont réclamé la
construction d'un temple Jedi, les chevaliers héros de la saga de
science-fiction "La guerre des étoiles".
"Pour recruter de nouveaux Jedi et apporter l'équilibre à la force,
nous voulons un temple Jedi", indique la pétition, signée par 6.500
personnes, sur le site change.org.
A la tête du pays depuis 2003, M. Erdogan est accusé par ses
détracteurs de dérive autoritaire et islamiste. Il a notamment autorisé
le port du voile islamique dans la fonction publique et les universités
et, plus récemment, dans les lycées.
(AFP, 11 avril
2015)
Erdogan met en garde contre un "éclatement" du monde islamique
Le président islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan s'est
inquiété des guerres qui déchirent les pays musulmans et a mis en garde
contre un "éclatement" du monde islamique, dans des déclarations
rapportées jeudi par la presse locale.
"Actuellement le monde de l'islam est d'éclatement", a confié M.
Erdogan aux journalistes dans l'avion qui le ramenait mardi d'une
visite en Iran, où il a plaidé avec son homologue Hassan Rohani pour
l'arrêt de la guerre au Yémen, source de tensions entre les deux pays.
L'homme fort de Turquie, qui dirige sans partage depuis 2003 un pays
très majoritairement sunnite, a exhorté les organisations
internationales islamiques, à commencer par l'Organisation de la
coopération islamique (OCI), à se mobiliser d'urgence pour arrêter les
guerres dans les pays musulmans.
"Vous pouvez avoir une confession différente mais si vous l'imposez à
une autre confession, alors vous détruisez l'oumma (la communauté
musulmane", a estimé le chef de l'Etat turc, "l'islam doit en fin de
compte prévaloir".
La semaine dernière, M. Erdogan a pourtant vertement critiqué le régime
iranien, dénonçant la volonté de "domination" de l'Iran au Yémen, où
des rebelles chiites soutenus par Téhéran sont la cible d'une
intervention militaire orchestrée par l'Arabie saoudite avec
l'approbation de la Turquie.
Depuis son arrivée au pouvoir en 2003, le gouvernement de M. Erdogan,
président depuis août dernier, a tenté de s'imposer comme un acteur
incontournable dans le monde islamique en prônant une politique
étrangère de "zéro problème avec les voisins".
Mais cette diplomatie a fait long feu. La Turquie a notamment rompu
avec le régime de Damas après le début de la guerre civile en 2011 et
s'est brouillée avec l'Egypte après l'éviction du pouvoir des Frères
musulmans, qu'elle soutenait, par un coup d'Etat militaire. (AFP, 9 avril
2015)
Report: More than 100,000 fake Turkish passports given to ISIL
Islamic State of Iraq and the Levant (ISIL)
militants were given more than 100,000 fake Turkish passports in order
to travel to Turkey and then enter Syria to join ISIL, a daily reported
on Thursday.
According to a story in the Meydan daily, A.G., an
aide of Nurali T., a Uyghur Turk working for ISIL to provide militants
with passports worldwide, Nurali T.'s office in İstanbul's Zeytinburnu
district functions as an ISIL passport office. Each passport was sold
for $200, A.G. told Meydan.
More than 50,000 Uyghur Turks came to Turkey with
these fake passports from China via Thailand and Malaysia and entered
Syria after staying a day in İstanbul, Meydan reported. A.G. claimed
that most of the Uyghurs with fake passports were caught by police in
Turkish airports but they were released in Turkey after their passports
were seized. “The Uyghurs' release in Turkey is due to a secret
[little-known] Turkish law on Uyghur Turks. More than 50,000 Uyghurs
joined ISIL through this method,” A.G. added.
A.G. further said that Nurali T. organizes recruits
from around the world from his İstanbul office. Militants who entered
Turkey with these fake passports are hosted either in hotels or
guesthouses for a day before they join ISIL in Syria, A.G. said.
The Turkish government's stance toward ISIL has so
far been ambiguous. The Justice and Development Party (AK Party)
government has been accused of supporting the terrorist organization by
turning a blind eye to its militants crossing the border and even
buying its oil. There have also been claims that Turkey has sent
weapons to opposition groups fighting the regime of President Bashar
al-Assad in Syria. The NATO ally has also been facing a backlash for
its reluctance to join US-led coalition efforts to eliminate ISIL,
feeding speculation that this reluctance may be an indicator that some
Turkish officials are ideologically close to the terrorist group.
Based on a 2014 report, Sezgin Tanrıkulu, deputy
chairman of the main opposition Republican People's Party (CHP) said
that ISIL terrorists fighting in Syria have also been claimed to have
been treated in hospitals in Turkey. However, publicly, Turkish
authorities have strongly condemned the terrorist acts of ISIL
militants and say these actions have nothing to do with Islam.
(TODAY'S
ZAMAN, April 9, 2015)
Un journaliste turc raconte ses 40 jours de captivité chez les jihadistes
Il y a un an, Bunyamin Aygun a cru sa dernière heure arrivée, lorsque
les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) qui le retenaient en otage
lui ont annoncé son exécution. Le photographe turc s'en est
miraculeusement sorti et raconte aujourd'hui son épreuve.
Publié en janvier, son livre intitulé "Quarante jours entre les mains
de l'EI" décrit son quotidien de prisonnier, ses relations avec ses
geôliers et donne un coup de projecteur inédit sur le fonctionnement de
l'EI et la psychologie de ses combattants.
"Si je ne l'avais pas écrit, j'aurais trahi mes collègues", confie
Bunyamin Aygun dans un entretien accordé à l'AFP au siège stambouliote
de son journal Milliyet en évoquant les journalistes qui, captifs de
l'EI comme lui, ont été décapités. "Ces quarante jours m'ont semblé
aussi longs que quarante années".
Primé à plusieurs reprises, le photographe fut l'un des premiers à
traverser la frontière syrienne pour y couvrir la guerre civile qui
dévaste le pays depuis quatre ans.
Le 25 novembre 2013, sa mission tourne au cauchemar. A peine franchie
la frontière, la voiture qu'il partageait avec un commandant de l'Armée
syrienne libre (ASL) pour rallier une unité rebelle dans la ville de
Salkin est interceptée par huit combattants jihadistes.
Son prénom à consonance israélite attise la suspicion de ces
ravisseurs, qui l'accusent d'être un espion à la solde de l'Etat hébreu.
Les yeux bandés, entravé en permanence, il est pressé de questions,
sans ménagement. "Ils me demandaient +est-ce que tu bois (de l'alcool)
? Pour qui tu travailles ? Donne-nous des noms+", se souvient-il, "on
était forcé de faire des ablutions et de prier cinq fois par jour, ce
que je ne savais pas faire".
Bunyamin Aygun raconte qu'un de ses compagnons de cellule lui a
rapidement appris le rituel musulman. "Ils torturaient moins ceux qui
priaient", note le journaliste turc.
- 'La pire des tortures' -
Mais un jour, un des geôliers avec lequel le photographe avait
sympathisé, qu'il nomme "Dayi" (oncle), lui annonce qu'il a été
condamné à mort. "Lève-toi, prie et repend-toi", lui lance-t-il, "tu
seras exécuté demain par le sabre".
"Toute ma vie s'est mise à défiler devant moi", se souvient le
journaliste de Milliyet. "J'imaginais la façon dont j'allais être
exécuté chaque fois que je fermais les yeux", poursuit-il, "attendre ma
mort a été la pire des tortures".
Bunyamin Aygun s'attend alors à voir débarquer son bourreau à chaque
instant. Il se prépare à attaquer ses geôliers, préférant mourir d'une
balle que par le sabre. Mais pendant trois jours, rien. Jusqu'à ce
qu'un de ses gardiens lui montre le corps de "Dayi", tué au combat, en
lui disant qu'il sentirait comme lui une fois tué.
Le journaliste turc est à nouveau livré à lui-même plusieurs jours, au
point de se demander si ses ravisseurs n'ont pas décidé de le laisser
mourir de faim.
Après quarante jours de détention, il est finalement libéré par un
groupe jihadiste rival. Il n'apprendra que plus tard que le groupe Etat
islamique s'était retiré de la ville où il était détenu et que les
services de renseignement turcs (MIT) avaient pris contact avec ses
ravisseurs pour négocier son élargissement.
Plus d'un an après, Bunyamin Aygun confie penser encore chaque jour à
sa captivité. Mais il espère pouvoir un jour retourner en Syrie pour y
faire son métier.
"Les choses que j'ai vécues m'ont profondément affecté mais elles ne
sont pas si importantes quand on sait combien de personnes sont
brutalement tuées (par l'EI) chaque jour", dit le photographe. Il se
souvient de ses collègues américains James Foley ou Steve Sotloff,
décapités, ou de nombreux autres otages, anonymes, pendus.
"Ecrire ce livre a été très douloureux, revivre ses moments-là, mais j'en ai éprouvé un grand soulagement", confie-t-il.
(AFP, Dilay GUNDOGAN, 3 avril
2015)
Socio-économique
/ Socio-economic
Discussions Grèce/Russie en vue d'un accord sur le gazoduc "Turkish stream"
Les discussions entre le gouvernement grec et le géant gazier russe
Gazprom , en vue d'un accord sur le prolongement en Grèce du projet de
gazoduc "Turkish Stream", se trouvent à un "stade satisfaisant", a
indiqué mardi le ministre grec de l'Energie Panagiotis Lafazanis.
Le ministre s'exprimait à l'issue d'une rencontre à Athènes avec le
patron de l'entreprise publique russe Alexeï Miller qui s'est aussi
entretenu avec le Premier ministre de gauche radicale Alexis Tsipras.
"Nous avons eu des discussions très constructives et substantielles", a
déclaré le ministre grec (...) Ces discussions se trouvent à un stade
satisfaisant et j'espère qu'elles se concluront de manière positive,
sur un bénéfice important pour notre pays et pour l'économie grecque",
a ajouté le ministre.
"Nous n'avons rien signé", a-t-il ajouté en réponse à des questions de journalistes.
Une source ministérielle grecque avait indiqué ce week-end à plusieurs
médias que cette visite serait l'occasion de la signature d'un accord
entre Athènes et Moscou, couplé à une importante avance sur recettes,
pour l'extension à la Grèce du projet de gazoduc "Turkish stream".
Cette annonce laissait plusieurs analystes septiques alors que la
construction du gazoduc jusqu'à la frontière turquo-grecque est encore
dans les limbes et que la Russie n'a pas encore signé d'accord
définitif avec la Turquie sur ce projet annoncé il y a quelque mois
seulement.
Ce gazoduc doit compenser l'abandon d'un autre projet de gazoduc, le
South Stream vers l'Union européenne, arrêté par la Russie en raison du
blocage de la Commission européenne.
"Je crois que l'UE soutiendra le projet (Turkish stream) car nous
souhaitons que ce chantier s'inscrive dans un cadre institutionnel
pleinement conforme à celui de l'UE. Par conséquent, il ne peut y avoir
d'objection de la part de l'Europe", a soutenu M. Lafazanis. (AFP, 21 avril
2015)
Turkish Airlines veut que ses pilotes se marient
Le PDG de la compagnie Turkish Airlines a
recommandé vendredi à ses pilotes encore célibataires de se marier
rapidement, en rappelant le crash de l'avion de Germanwings attribué à
un geste délibéré de son copilote atteint de troubles psychiatriques.
"On pense que l'accident s'est produit parce que le copilote qui l'a
provoqué avait rompu avec sa petite amie. Alors s'il vous plaît, mes
chers amis, sachez que nous conseillons à nos pilotes célibataires de
se marier", a lancé Temel Kötil, cité vendredi par la presse turque, à
une nouvelle promotion de pilotes sortis du centre de formation de
Turkish Airlines.
"Le mode de vie des pilotes, qu'ils soient hommes ou femmes" est d'une importance considérable, a souligné M. Kötil.
Le copilote de l'Airbus A320 de Germanwings, une filiale de Lufthansa,
qui s'est écrasé le 24 mars dans les Alpes françaises est accusé
d'avoir volontairement précipité l'avion contre la montagne alors qu'il
souffrait de graves problèmes psychiatriques.
Le crash de l'appareil, qui effectuait la liaison entre Barcelone et
Düsseldorf, a causé la mort de 150 personnes, pour l'essentiel de
nationalités allemande et espagnole. (AFP, 17 avril
2015)
Réquisitions contre les accusés de la catastrophe minière de Soma
Un procureur turc a réclamé mercredi que les dirigeants de l'entreprise
qui exploitait la mine de Soma passent le reste de leur vie en prison,
au deuxième jour du procès sous haute tension de la catastrophe qui a
coûté la vie à 301 ouvriers il y a un an.
Devant les centaines de proches des victimes massés dans le petit
tribunal d'Akhisar (ouest), le magistrat a requis contre le PDG de la
société Soma Kömür, Can Gürkan, et sept de ses cadres des peines de
vingt-cinq ans de réclusion pour chacun des 301 morts, et de trois ans
pour chacun des 162 blessés.
La justice turque reproche à la direction de Soma Kömür d'avoir
délibérément négligé la sécurité de ses mineurs et de leur avoir imposé
des conditions de travail indignes, au nom de la rentabilité et de ses
profits.
Pendant le reste de la journée, un greffier a lu les dépositions des
huit accusés recueillies pendant l'enquête, dans lesquelles ils
récusent les charges qui pèsent contre eux.
"Je ne suis qu'un dirigeant et, comme je n'ai aucune expertise
technique, je ne peux être tenu pour responsable de ce qui s'est
passé", a affirmé le patron lors d'un interrogatoire. "Je n'ai pas la
moindre idée des causes de l'accident", a ajouté M. Gürkan, évoquant un
"sabotage". La lecture de sa déclaration a provoqué les huées du public.
Le PDG de Soma Kömür devrait être interrogé à partir de jeudi après-midi par le juge.
En détention provisoire à Izmir (ouest), M. Gürkan et ses sept cadres
sont apparus mercredi pour la première fois sous bonne escorte dans la
salle d'audience, où ils ont été violemment pris à partie par les
familles des victimes.
"Qu'Allah brûle ces pécheurs en enfer et pour l'éternité", leur a lancé une veuve.
Pour des raisons de sécurité, ces accusés devaient être interrogés
depuis leur prison par vidéo-conférence. Confronté à la colère des
proches, le juge a finalement décidé de les faire comparaître devant
son tribunal.
- Fatalité -
Trente-sept autres personnes, techniciens de la mine ou agents
subalternes du ministère de l'Énergie chargés de la contrôler ont
poursuivis pour homicides involontaires.
Le 13 mai 2014, un violent incendie a éclaté dans un des puits de la
mine de charbon de Soma et tué 301 mineurs, brûlés ou intoxiqués au
monoxyde de carbone. Cet accident constitue la pire catastrophe
industrielle de l'histoire du pays.
Dans les mois qui ont suivi, les experts judiciaires ont imputé à Soma
Kömür une impressionnante série de négligences, du manque de détecteur
de monoxyde de carbone au mauvais fonctionnement des masques à gaz des
mineurs.
Les procureurs ont aussi mis en cause la "surexploitation" de la mine
et les cadences infernales imposées aux salariés par l'entreprise, dont
les dirigeants se vantaient d'avoir divisé par cinq le coût de
production de la tonne de charbon.
Dans une de ses déclarations lues devant le tribunal mercredi, le
directeur général de la mine, Ramazan Dogru, a exprimé ses remords,
mais contesté les conclusions de la justice en attribuant l'accident à
la fatalité.
"Je connais tous les mineurs qui sont morts, je suis terriblement
désolé, j'aurais préféré mourir à leur place", a-t-il dit. "De tels
accidents peuvent survenir dans des endroits que vous ne pouvez pas
contrôler", a toutefois estimé M. Dogru.
A moins de deux mois des législatives du 7 juin, les avocats des
parties civiles veulent mettre en cause à la barre le gouvernement
islamo-conservateur, accusé d'avoir couvert les fautes des dirigeants
de Soma Kömür, présentés comme proches du pouvoir.
Un an après la fronde antigouvernementale de 2013, l'accident de Soma
avait réveillé la contestation contre le Premier ministre Recep Tayyip
Erdogan, aujourd'hui chef de l'Etat. (AFP, 15 avril
2015)
La construction de la centrale nucléaire suscite des protestations
La Turquie a lancé mardi dans le sud du pays la construction de sa
première centrale nucléaire, un chantier de 19 milliards d'euros
destiné à réduire sa dépendance énergétique vis-à-vis de l'étranger
mais qui suscite les protestations des écologistes.
Le ministre turc de l'Energie Taner Yildiz et le chef de l'agence russe
de l'énergie atomique (Rosatom), maître d'oeuvre du projet, Sergueï
Kirienko, ont posé sur le site d'Akkuyu, au bord de la Méditerranée, la
première pierre du premier des quatre réacteurs prévus, d'une puissance
de 1.200 mégawatts chacun.
"Il n'y a pas de développement dans un pays sans l'énergie nucléaire.
Une Turquie qui grandit ne peut se passer de cette énergie", a déclaré
M. Yildiz.
A l'appel notamment de l'association Greenpeace, quelques dizaines de
militants écologistes ont perturbé la cérémonie en bloquant la route
d'accès au futur site nucléaire, avant de lever leur siège après
l'intervention des forces de l'ordre équipées d'un canon à eau, ont
rapporté les médias turcs.
D'autres manifestants ont dénoncé le coup d'envoi officiel de ce
projet, notamment à Ankara et à Istanbul, où une banderole barrée du
slogan "le nucléaire tue, nous voulons vivre" a été déployée devant le
consulat de Russie.
Le gouvernement islamo-conservateur turc a engagé un ambitieux
programme nucléaire civil qui prévoit la construction de trois
centrales d'ici 2030, afin de diversifier sa production électrique et
réduire sa dépendance vis-à-vis du gaz russe et iranien.
"Si cette centrale avait été bâtie il y a dix ans, nous aurions pu
économiser 14 milliards de dollars (13 mds d'euros) en achat de gaz
naturel", a souligné le ministre de l'Energie en donnant le coup
d'envoi officiel des travaux du site d'Akkuyu.
- 'Obsolète et coûteux' -
La Turquie a prévu la construction d'une deuxième centrale nucléaire
dans la province de Sinop (nord) sur la Mer noire. Ce marché, d'un
montant estimé à 15 milliards d'euros, a été attribué en 2013
à un consortium réunissant le turc EUAS, les japonais Mitsubishi et Itochu, et le français GDF Suez.
Fin
2014, le Premier ministre Ahmet Davutoglu a envisagé publiquement la
mise en chantier d'une troisième centrale d'ici 2030.
Le projet d'Akkuyu essuie de vives critiques de la part des
écologistes, qui dénoncent ses effets sur l'environnement et sa
localisation sur une zone à forte activité sismique.
"Il n'est pas nécessaire pour le pays de se mettre sur la voie de
risques nucléaires imprévisibles avec une technologie obsolète et très
coûteuse", a déclaré à l'AFP Jan Beranek, du programme méditerranéen de
Greenpeace.
"La Turquie n'est pas prête à construire des centrales nucléaires", a
ajouté M. Beranek en référence à la législation turque qu'il juge
"inadaptée" à ce type de mégaprojets. "Cette inauguration n'est qu'une
mascarade à l'approche des élections" législatives du 7 juin prochain,
a conclu le représentant de l'ONG.
Mercredi, Taner Yildiz a assuré que la centrale d'Akkuyu serait capable
de résister à un séisme de magnitude 9 et que les nombreuses stations
balnéaires de la région ne seraient pas affectées par sa présence.
Le littoral méditerranéen turc attire chaque année des millions de touristes.
La Turquie a été frappée le 31 mars par une panne électrique géante
inédite qui a touché frappé la quasi-totalité du pays et mis en
évidence la fragilité actuelle de son réseau. (AFP, 14 avril
2015)
Nouveau record de faiblesse de la livre face au dollar
La livre turque (LT) a atteint mardi un nouveau plancher historique
face au dollar, victime de la fermeté générale de la monnaie américaine
et des tensions politiques internes à l'approche des élections
législatives du 7 juin.
La devise turque a franchi dans la matinée la barre des 2,6740 LT pour
un billet vert et s'échangeait en fin de matinée autour des 2,66 LT.
La monnaie turque était également en baisse par rapport à l'euro, à 2,81 LT pour un euro.
Depuis la fin janvier, la livre a perdu plus de 11% de sa valeur face
au dollar. Comme les autres monnaies des pays émergentes, elle est
affaiblie par la perspective d'une hausse des taux d'intérêt
américains, qui bénéficie au dollar.
Les incertitudes suscitées par les législatives contribuent à affaiblir la devise turque.
Parmi elles figure le sort qui sera réservé au vice-Premier ministre Ali Babacan, très respecté dans les milieux financiers.
A la barre de l'économie turque depuis l'arrivée en 2002 au pouvoir du
Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur), il
ne peut briguer sa réélection au Parlement en vertu d'une règle interne
au parti au pouvoir qui interdit à ses membres d'effectuer plus de
trois mandats de député consécutifs.
Après des années fastes à plus de 8% en 2010 et 2011, la croissance
turque a nettement fléchi. L'économie turque a ainsi enregistré en 2014
une croissance de 2,9%, en-deçà des prévisions du gouvernement. Les
autorités tablent sur une chiffre de 4% en 2015, puis 5% en 2016 et
2017.
Largement dépendante des investissements étrangers, l'économie turque
est directement affectée par les soubresauts du dollar et souffre aussi
de forts déficits publics (près de 8% du PNB en 2013) et d'une
inflation importante (8,17% l'an dernier). (AFP, 14 avril
2015)
Faux départ pour le procès de la catastrophe minière de Soma

Le procès de la catastrophe minière la plus meurtrière de l'histoire de
la Turquie, qui a tué l'an dernier 301 ouvriers, a été suspendu lundi
pour deux jours à l'issue d'une première audience tendue où les
familles des victimes ont déversé leur colère contre les accusés.
Sur requête des parties civiles, le président du tribunal de la ville
d'Akhisar (ouest), à une quarantaine de kilomètres des lieux du drame,
a décidé de reporter à mercredi le début de l'audition des principaux
protagonistes du dossier, le PDG et sept autre dirigeants de la société
qui exploitait la mine de charbon.
Poursuivis pour avoir délibérément négligé la sécurité de leurs
salariés au nom de la rentabilité, ces huit responsables de la société
Soma Kömür devaient être interrogés par vidéoconférence depuis la
prison d'Izmir (ouest) où ils sont incarcérés.
Dès l'ouverture des débats, cette mesure de sécurité a suscité
l'indignation des centaines de parents des mineurs de Soma et de leurs
avocats qui ont garni le centre culturel d'Akhisar transformé en
tribunal. "Nous voulons la justice !", ont crié plusieurs mères à
l'adresse des juges, provoquant l'entrée sous les sifflets de policiers
casqués dans la salle d'audience.
Sur décision du juge, ces accusés déposeront donc au tribunal à partir
de mercredi, pour la plus grande satisfaction des parties civiles qui
attendaient ce face-à-face depuis longtemps.
"Bien sûr qu'il faut qu'ils soient devant nous", s'est réjouie Gamze
Degirmen, qui a perdu son mari dans la tragédie, "il faut qu'ils
donnent des réponses à la cour, il faut qu'ils nous donnent des
réponse, il faut qu'ils parlent".
Le procureur a requis contre ces huit accusés, exceptionnellement
inculpés de "meurtres", des peines sévères allant jusqu'à vingt-cinq
ans de prison pour chaque victime de l'accident.
Trente-sept autres personnes, techniciens et ingénieurs de la mine ou
agents subalternes du ministère de l'Energie chargés de contrôler la
mine sont poursuivis pour homicides involontaires.
Présents dans le box des accusés, ils ont été violemment pris à partie, au beau milieu de l'audience.
- 'Tu n'as pas honte ?' -
"Combien tu as pris pour les faire travailler comme ça ?", a lancé une
mère de famille à l'un des inculpés. "C'est toi qui est venu chercher
mon mari chez moi pour le plonger dans l'enfer", a lancé une veuve en
interpellant un autre accusé, "tu n'as pas honte ?".
Symboliquement, les parents des victimes sont arrivés lundi au tribunal
en cortège, regroupés derrière une immense banderole noire portant les
noms des 301 ouvriers morts le 13 mai 2014. "Je veux que tous ceux
qui ont donné des ordres, tous ceux qui nous ont fait travailler comme
ça soient punis pour leurs fautes", a déclaré à l'AFP l'un d'eux, Murat
Aybak.
Des centaines de policiers avaient été déployés autour du tribunal pour éviter tout incident.
Le drame de Soma s'est noué le 13 mai 2014, lorsqu'un incendie a éclaté
dans un des puits de la mine de charbon du groupe Soma Kömür, prenant
au piège les quelque 800 mineurs qui travaillaient à plusieurs
centaines de mètres sous terre. Les galeries ont été rapidement
envahies par les flammes et les émanations mortelles de monoxyde de
carbone, tuant de nombreux mineurs.
Au terme de quatre longues journées de recherches, le bilan définitif de la catastrophe s'établira à 301 morts et 162 blessés.
Dans les mois qui ont suivi, les experts judiciaires ont imputé à Soma
Kömür une impressionnante série de défauts de sécurité, du manque de
détecteur de monoxyde de carbone au mauvais fonctionnement des masques
à gaz des mineurs.
Les procureurs ont également mis en cause la "surexploitation" et les
cadences infernales imposées à leurs salariés par les dirigeants de
Soma Kömür, qui se vantaient avant l'accident d'avoir divisé par cinq
le coût de production de la tonne de charbon.
A deux mois des élections législatives du 7 juin, les avocats des
familles des victimes ont profité de l'ouverture de l'audience lundi
pour mettre en cause le gouvernement, accusé d'avoir couvert les fautes
des dirigeants de l'entreprise exploitante, présentés comme proches du
pouvoir.
A la demande des parties civiles, le président du tribunal a donné
lundi son feu vert à d'éventuelles poursuites contre les hauts
fonctionnaires ou ministres en charge du secteur des mines. "C'est ce
que nous voulions, nous verrons comment le procès va évoluer", s'est
réjouit auprès de l'AFP un de leurs avocats, Selçuk Kazagaçli. (AFP, 13 avril
2015)
La catastrophe meurtrière de la mine de Soma devant la justice
La justice turque ouvre lundi le dossier de la catastrophe industrielle
la plus meurtrière de l'histoire du pays, qui a coûté il y a près d'un
an à Soma la vie à 301 mineurs et terni l'image du régime
islamo-conservateur du président Recep Tayyip Erdogan.
Quarante-cinq personnes sont poursuivies dans ce procès, dont les huit
plus hauts cadres de la société exploitante de la mine poursuivis pour
avoir délibérément négligé la sécurité de leurs ouvriers au nom d'une
course effrénée à la rentabilité.
En conclusion de son enquête, le procureur a requis contre ces huit
responsables, exceptionnellement inculpés de "meurtres", des peines
d'une extrême sévérité allant jusqu'à vingt-cinq ans de prison pour
chacune des victimes de l'accident.
Selon l'agence de presse DHA, ces accusés ne seront pas présents à la
barre mais témoigneront pour des raisons de sécurité par
vidéoconférence depuis la prison d'Izmir (ouest) où ils sont détenus.
Les débats doivent débuter lundi à 06H30 GMT dans la ville d'Akhisar
(ouest de la Turquie), à une quarantaine de kilomètres des lieux du
drame.
Des centaines de policiers antiémeute y ont été dépêchés en renfort
afin d'assurer la sécurité du centre culturel transformé en tribunal,
alors que plusieurs syndicats ont appelé à des rassemblements de
solidarité avec les familles des victimes.
Un an après la fronde antigouvernementale de juin 2013, l'accident de
Soma avait réveillé la contestation contre le Premier ministre Erdogan,
aujourd'hui chef de l'Etat, accusé d'avoir négligé l'ampleur du drame
et couvert les fautes des dirigeants de l'entreprise exploitante,
présentés comme proches du pouvoir.
Le drame s'est noué le 13 mai 2014 en début d'après-midi, lorsqu'un
incendie a éclaté dans un des puits de la mine de charbon du groupe
Soma Kömür, prenant au piège les quelque 800 mineurs qui travaillaient
à plusieurs centaines de mètres sous terre.
Selon l'enquête menée par la justice, l'incendie s'est rapidement
propagé à plusieurs galeries, envahies par les flammes et les
émanations mortelles de monoxyde de carbone. De nombreux mineurs sont
morts très rapidement, brûlés ou intoxiqués.
- 'Esclaves' -
Après quatre longues journées de recherche, le bilan définitif de la catastrophe s'établira à 301 morts et 162 blessés.
Dans les mois qui ont suivi, les experts judiciaires ont confirmé les
premiers témoignages des rescapés et des collègues des victimes en
imputant à Soma Kömür une impressionnante série de défauts de sécurité,
du manque de détecteur de monoxyde de carbone au mauvais fonctionnement
des masques à gaz des mineurs.
Les procureurs ont également mis en cause la "surexploitation" de la
mine par l'entreprise et son PDG Can Gurkan, le principal accusé du
procès, qui se vantait avant l'accident d'avoir divisé par cinq le coût
de production de la tonne de charbon.
"La direction de l'entreprise était parfaitement consciente du danger
de mort qui pesait sur les ouvriers. Ils auraient dû fermer des
galeries mais ne l'ont pas fait pour protéger leurs marges", a dénoncé
à l'AFP Selçuk Kozagacli, un avocat des parties civiles.
"C'est un accident d'un autre temps, on est à l'époque d'internet et on
fait travailler des gens comme des esclaves", a renchéri un de ses
confrères, Unal Demirtas, qui défend la femme d'un des mineurs décédés,
"cela n'aurait jamais dû arriver".
A moins de deux mois des élections législatives du 7 juin, les avocats
des familles des victimes ont annoncé leur intention de mettre en cause
le gouvernement à la barre, notamment l'actuel ministre de l'Energie
Taner Yildiz qui avait rouvert en grande pompe la mine en 2013 en la
présentant comme une des plus modernes et des plus sûres de la planète.
Juste après la catastrophe de Soma, le gouvernement a fait voter une
loi pour renforcer la sécurité dans les mines. Mais cinq mois plus
tard, un nouvel accident a à nouveau tué dans un puits de charbon de
Karaman (sud), faisant cette fois dix-huit victimes. (AFP, 13 avril
2015)
Après celui des footballeurs de Fenerbahçe, le bus des handballeurs de Besiktas attaqué
Le bus de l'équipe stambouliote de handball de Besiktas a été jeudi la
cible à Mersin (sud) de jets de pierres par des individus non
identifiés, quelques jours après les tirs de fusil essuyés par
l'autocar de l'équipe du célèbre club de football de Fenerbahçe.
"Après le match, nous avons constaté que les vitres du bus étaient
cassées", a rapporté l'entraîneur de l'équipe, Mufit Arin, sur le site
internet du club, qui diffuse également une vidéo des dommages causés
au véhicule.
Selon l'agence de presse gouvernementale Anatolie, l'attaque s'est
déroulée pendant le match du championnat turc de handball disputé par
Besiktas contre Mersin. Aucun joueur n'a été blessé et l'équipe a pu
quitter la salle sans incident, a précisé Anatolie.
Samedi soir, le car qui transportait les joueurs de Fenerbahçe a essuyé
plusieurs coups de fusil alors qu'il roulait sur une autoroute en
direction de l'aéroport de Trabzon (nord-est), après la victoire du
club sur la pelouse de la ville voisine de Rize (5-1).
Cette attaque, inédite, a suscité l'indignation dans tout le pays et
contraint la Fédération turque de football (TFF) à suspendre pendant
une semaine le championnat de 1ère division.
La justice turque a remis en liberté mercredi soir sous contrôle
judiciaire deux personnes qui avaient été arrêtées la veille en liaison
avec cette agression.
La rivalité entre clubs sportifs rivaux est très vive en Turquie,
notamment entre les trois principales équipes d'Istanbul, Fenerbahçe,
Galatasaray et Besiktas, et donne souvent lieu à des règlements de
comptes entre supporteurs. (AFP, 9 avril
2015)
Fenerbahçe refuse de rejouer après l'attaque de son équipe
Le club de football turc de Fenerbahçe a
annoncé lundi son retrait de toutes les compétitions, deux jours après
une attaque à coups de fusil qui a visé le bus transportant son équipe
près de Trabzon (nord) et suscité l'indignation en Turquie.
Dans la foulée, le président de la Fédération turque de football (TFF)
Yildirim Demirören a annoncé la suspension pendant une semaine du
championnat de 1re division.
"Nous n'avons pas l'intention de jouer tant que les circonstances de
cet incident n'auront pas été éclaircies", a déclaré un des
responsables du prestigieux club d'Istanbul, Deniz Tolga Aytöre, lors
d'une conférence de presse.
"Ces matches n'ont plus aucun sens, c'est ce que nous voulons
souligner", a poursuivi M. Aytöre. "Aucun championnat ne peut avoir
autant d'importance que la vie humaine. Nous ne tenons aucun compte de
la décision de la ligue d'interrompre ou non le déroulement du
championnat. Nous n'oublierons jamais ce qui s'est passé", a-t-il
ajouté.
Samedi soir, le bus qui transportait les joueurs de Fenerbahçe a essuyé
plusieurs coups de fusil alors qu'il roulait sur une autoroute en
direction de l'aéroport de Trabzon (nord-est), après la victoire du
club sur la pelouse de la ville voisine de Rize (5-1).
Ces tirs ont endommagé le pare-brise et une vitre latérale du véhicule
et blessé grièvement au visage le chauffeur du bus, qui est cependant
parvenu avec l'aide des agents de sécurité du club à arrêter le
véhicule sans dommage.
- Suspect arrêté -
Le procureur de Trabzon, qui a ouvert une enquête pour tentative de
"meurtre avec préméditation", a indiqué lundi dans un communiqué qu'un
homme identifié sous les initiales M.D. avait été placé en garde à vue
pour avoir menacé Fenerbahçe sur internet.
Dès dimanche, le ministre de l'Intérieur Sebahattin Öztürk avait
annoncé que l'arme du crime, un fusil de chasse sans numéro de série,
avait été retrouvé par les enquêteurs dans le lit d'une rivière à 150 m
des lieux de l'incident.
Inédite par sa gravité, l'agression visant le club d'Istanbul, deuxième
du classement provisoire du championnat de 1ère division, a suscité
l'indignation générale en Turquie.
Lundi encore, les dirigeants de Fenerbahçe ont vigoureusement dénoncé
cette violence, qu'ils ont assimilée à une "tentative d'assassinat".
"L'objectif de cette attaque était très clair: tuer 41 personnes", a
déclaré M. Aytöre.
"Nous n'avons pas l'intention de mettre en cause une région ou notre
population. Cela n'a rien à voir avec Trabzon, c'est un acte de
terrorisme", a-t-il ajouté.
Fenerbahçe compte quelques vedettes comme le Brésilien Diego, le
Portugais Raul Meireles, l'ancien Lillois Moussa Sow ou le Néerlandais
Dirk Kuyt. Aucun d'entre eux n'a été blessé et l'équipe avait pu
finalement rentrer quelques heures plus tard à Istanbul, où elle a été
accueillie en pleine nuit par des centaines de fans.
- 'Acte terroriste' -
"Nous considérons ça comme un acte terroriste", a lui aussi jugé le président de la TFF.
"Nous avons pris notre décision (NDLR: de suspendre le championnat) en
prenant en compte l'état d'esprit des joueurs. Tous les responsables de
clubs nous ont demandé un report des matchs", a poursuivi M. Demirören,
qui a toutefois souligné être personnellement opposé à cette mesure
qui, à ses yeux, "donne satisfaction aux auteurs" des violences.
La rivalité entre clubs de football rivaux est très vive en Turquie,
notamment entre les trois principales équipes stambouliotes Fenerbahçe,
Galatasaray et Besiktas, et donne souvent lieu à des règlements de
comptes entre supporteurs.
Ces violences ont également déteint sur d'autres sports, réputés plus
calmes. En novembre, un supporteur serbe de l'Etoile rouge de Belgrade
avait été tué par un partisan de Galatasaray en marge d'un match de
l'Euroligue de basket disputé à Istanbul, une première dans cette
compétition.
En riposte, les autorités turques ont durci en 2011 leur législation en
la matière et punissent désormais jusqu'à trois ans de prison ferme les
violences dans les stades ou le port d'armes à feu ou d'explosifs dans
les enceintes sportives. (AFP, 6 avril
2015)
Coups de feu contre le bus du club de foot turc de Fenerbahçe
Le bus de l'équipe de football Fenerbahçe Istanbul (1ère division
turque) a été touché par des coups de feu et le chauffeur blessé à
l'issue d'un match de championnat samedi soir dans la ville de Trabzon
(nord-est), une attaque sans précédent en Turquie.
Le bus a été la cible de plusieurs tirs alors qu'il roulait sur une
autoroute après un match remporté 5 buts à 1 contre Rizespor, une
équipe de la ville du même nom située sur la mer Noire, a indiqué
Mahmut Uslu, responsable du club qui se trouvait dans le bus.
Le chauffeur blessé notamment au visage est parvenu, avec difficulté, à
arrêter le bus et a été immédiatement transporté à l'hôpital à bord
d'une voiture de police qui escortait le véhicule, selon M. Uslu qui a
dénoncé devant les caméras une agression visant à "faire renverser le
bus et tuer ainsi les joueurs".
"C'est incroyable. Une telle attaque a pour seul objectif de commettre
un meurtre", s'est-il exclamé sur les chaînes de télévision.
Des images ont montré l'avant du bus criblé de balles.
Aucun des joueurs n'a été blessé.
Abdil Celil Öz, le gouverneur de Trabzon, a confirmé que des tirs à
balles réelles avaient touché le véhicule et que le chauffeur avait été
blessé au côté gauche du visage mais que le pronostic des médecins
était "pour l'heure" positif.
"Nous avions d'abord pensé qu'il s'agissait de pierres lancées contre
le bus, mais après la police scientifique arrivée sur les lieux a
conclu à une attaque armée," a-t-il dit sur la chaîne de télévision 360.
- 'Attaque lâche' -
Abdil Celil Öz a souligné que le président islamo-conservateur turc,
Recep Tayyip Erdogan, un sympathisant du club stambouliote, l'avait
appelé au téléphone pour lui demander des renseignements sur l'enquête
en cours.
La fédération turque de football (TFF) a "dénoncé avec la plus grande
fermeté" l'incident, réclamant dans un communiqué que les auteurs
soient "immédiatement traduits devant la justice et punis" alors que la
presse sportive était sous le choc de cette attaque sans précédent en
Turquie, où les violences sont pourtant régulières dans le football,
sport favori du pays.
Le ministre des Sports Cagatay Kiliç a dénoncé pour sa part une
"attaque lâche et inhumaine" mais affirmé que le championnat ne serait
pas suspendu.
Les joueurs et l'encadrement technique du club ont été accueillis dans
la nuit à l'aéroport Sabiha Gökçen d'Istanbul par des centaines de
supporteurs arborant les couleurs jaune et bleu de leur club ainsi que
le président de Fenerbahçe, Aziz Yildirim, venu personnellement
soutenir ses joueurs, ont montré les chaînes de télévision.
Cette attaque survient alors que la Turquie a été frappée la semaine
dernière par une flambée de violences politiques à deux mois des
élections législatives du 7 juin dans un pays polarisé entre les
partisans et les détracteurs du président Erdogan qui veut renforcer
ses pouvoirs à l'issue du scrutin.
Un procureur a été pris en otage par deux extrémistes membres d'un
groupuscule d'extrême gauche à Istanbul. La prise d'otage s'est
terminée par les morts du magistrat et des deux hommes. Et une
militante du même groupe clandestin a attaqué le siège de la police
dans cette mégapole avant d'être tuée par les policiers en faction. (AFP, 4 avril
2015)
Le parlement turc donne son feu vert à la deuxième centrale nucléaire
La construction de la centrale a été attribuée en
mai 2013 à un consortium réunissant les Japonais Mitsubishi et Itochu,
GDF Suez (qui en sera l’exploitant) et le turc EUAS. Ankara prévoit de
construire trois centrales d’ici 2030.
Le Parlement turc a donné son feu vert mercredi à la
construction de la deuxième centrale nucléaire du pays, située dans la
province de Sinop, sur la côte nord de Turquie. au nord. Une adoption
qui s’est faite en dépit des remarques de l’opposition.
Le député de Mersin du Parti républicain du peuple
(CHP), Aytug Atici a appelé à tirer des leçons de la catastrophe
nucléaire de Fukushima au Japon. Il a aussi estimé que la construction
d’une centrale nucléaire ne sera pas le bon choix à cause des risques,
ainsi que des aspects économiques.
L’opposition turque demande un référendum sur le projet
Contesté dès le départ, le projet de centrale nucléaire de Siinop suscite toujours la controverse en Turquie.
Même si le contrat a été attribué en 2013, en début
d’année l’opposition et notamment le parti d’opposition, le CHP, a
appelé à un référendum, estimant que ce type d’installation n’était pas
sure et n’avait pas obtenu toutes les autorisations nécessaires.
Cette centrale d’une puissance totale de 4.400
mégawatts représente un marché de plus de 15 milliards d’euros. La
construction de la centrale a été attribuée en mai 2013 à un consortium
mené par les Japonais Mitsubishi et Itochu, comprenant GDF Suez - qui
en sera l’exploitant - et le turc EUAS.
Elle comprendra quatre réacteurs Atmea-1, un modèle
conçu en collaboration par Mitsubishi Heavy Industries et Areva, dont
c’est le premier succès commercial.
Préparer le cadre financier et contractuel du projet
« Le consortium va maintenant réaliser une étude de
faisabilité, comprenant notamment des études géologiques, des analyses
d’impact environnemental et de risques sismiques afin d’évaluer
l’adéquation du site de construction proposé, explique GDF Suez dans un
communiqué publié ce jeudi.
Le consortium « procédera également à la préparation
et à l’analyse du cadre financier et contractuel du projet », explique
encore le groupe français qui rappelle que sa présence en Turquie est
ancienne.
Un projet symbolique pour Ankara
Le projet de Sinop est particulièrement symbolique
pour Ankara. En théorie et sauf retard la centrale doit être
opérationnelle en 2030, à l’occasion du centenaire de la République
turque.
Qui plus est, hasard du calendrier l’aval donné par
le Parlement est intervenu deux jours après une panne d’électricité
géante qui a paralysée le pays. « La Turquie ira de l’avant avec son
chantier nucléaire », a d’ailleurs réaffirmé mardi le président Recep
Tayyip Erdogan.
La Turquie, qui importe l’essentiel de son énergie
de Russie et d’Iran, prévoit de construire trois centrales nucléaires
pour une capacité cumulée de 5.000 mégawatts, qui devraient fournir 8%
de ses besoins électriques en 2020 et 20% en 2030.
La construction de la première d’entre elles, celle d’Akkuyu au sud du pays doit commencer dans les semaines qui viennent.
En savoir plus sur Les Echos
Questions en série sur une panne d'électricité géante et gênante
La Turquie restait toujours sans réponse officielle mercredi sur
l'origine de la panne d'électricité géante qui l'a sérieusement
perturbée la veille, devenue une source d'embarras pour le gouvernement
islamo-conservateur à deux mois des élections législatives du 7 juin.
Métros et tramways paralysés, trafic automobile engorgé, activité
économique bousculée... A l'exception de quelques provinces de l'est
qui s'approvisionnent en électricité importée d'Iran, le pays a vécu
mardi au ralenti une partie de la journée.
Si elle n'a pas provoqué officiellement d'accident, cette coupure, la
plus importante enregistrée dans le pays depuis quinze ans, a suscité
la grogne de nombreux Turcs. C'est vrai à Istanbul, où certains
quartiers de la mégapole de plus de 15 millions d'habitants ont été
plongés dans le noir pendant dix heures.
Selon une estimation de la chambre de commerce d'Ankara, la facture de
cette panne pourrait atteindre un milliard de livres (360 millions
d'euros) pour l'économie turque, qui a confirmé son ralentissement avec
la publication, précisément mardi, d'une croissance décevante de 2,9%
pour l'année 2014.
Dans l'urgence, plusieurs explications ont été évoqués dès mardi, de
l'attaque informatique à une série de défaillances techniques, en
passant par un sabotage du réseau, privatisé depuis 2010, ou une
opération "terroriste".
Plusieurs médias ont évoqué mercredi comme le plus crédible le scénario
d'un arrêt successif de plusieurs centrales électriques, parti de
l'ouest du pays, et qui aurait ensuite par "effet domino" fait sauter
l'ensemble du réseau.
Gênées aux entournures, les autorités n'ont jusque-là fourni aucune
explication. "L'enquête est toujours en cours", a répété mercredi le
Premier ministre Ahmet Davutoglu. "Il n'y pour l'instant aucun résultat
clair", a-t-il ajouté en remettant sur la table l'hypothèse d'un acte
"terroriste".
Car à deux mois des élections législatives du 7 juin, cette panne
majeure a ravi les adversaires du régime, qui ont raillé son ambition
d'instaurer, depuis son arrivée au pouvoir en 2002, une "nouvelle
Turquie".
- 'Péter l'ampoule' -
"L'Etat s'est effondré (...) la chose qui s'est éteinte hier dans le
pays tout entier, c'est l'ampoule du parti unique et de son unique
dépositaire", a commenté mercredi l'éditorialiste Ertugrul Özkok dans
le quotidien Hürriyet.
"L'ampoule du pouvoir a bel et bien éclaté et cette fois pour de bon",
a renchéri Yusuf Halacoglu, un député du Parti de l'action nationaliste
(MHP, droite) en référence à l'ampoule qui sert d'emblème au parti de
la justice et du développement (AKP).
Tout au long de la journée de mardi, les réseaux sociaux se sont
déchaînés contre le gouvernement, appelant à "péter l'ampoule aux
législatives".
Elu en août dernier, le président Recep Tayyip Erdogan, qui a
auparavant dirigé le gouvernement pendant onze ans, s'est fixé pour
objectif de remporter 400 des 550 sièges de députés. La majorité des
deux tiers lui est indispensable pour réformer à sa main la
Constitution et renforcer ses pouvoirs de chef de l'Etat.
Selon les derniers sondages, l'AKP ne devrait pas atteindre cette limite.
Ironique, un responsable du principal parti d'opposition, Sezgin
Tanrikulu, a vu dans la panne de mardi une répétition générale et
accusé le pouvoir de "préparer le terrain à une coupure similaire le
soir des élections pour des fraudes massives".
Loin de la polémique politique, cet incident a révélé les
vulnérabilités de la Turquie en matière de sécurité énergétique et de
préparation aux fléaux naturels.
"La coupure a montré que la Turquie n'est pas prête à affronter les
désastres", a regretté Hakan Celik, présentateur de la chaîne
d'information CNN-Türk.
La dernière grande panne électrique, plus localisée, s'est produite
lors du violent séisme qui a frappé le nord-ouest de la Turquie en
1999, faisant près de 20.000 morts.
La Turquie, qui importe l'essentiel de son énergie de Russie et d'Iran,
prévoit de construire trois centrales nucléaires pour une capacité
cumulée de 5.000 mégawatts, qui devraient fournir 8% de ses besoins
électriques en 2020 et 20% en 2030.
"La Turquie ira de l'avant avec son chantier nucléaire", a insisté mardi M. Erdogan. (AFP, 1 avril
2015)
Relations
turco-européennes / Turkey-Europe Relations
Kurdish Friendship Group in the EP debate Kobanê, Sinjar and HDP
The Kurdish Friendship Group in the European Parliament (EP) has
discussed the reconstruction of Kobanê, the situation in Sinjar and the
HDP’s perspective regarding the 7 June elections.
Marie Christine Vergiat from the French Left Group said that everything
must be done to support Kobanê, where a heroic resistance is
continuing. Vergiat also emphasised the importance of the HDP
succeeding in the elections, saying she hoped the elections would take
place in a safe environment.
Call for a permanent corridor
Dr. Nasan Ahmad, the Health Minster of Kobanê, stressed that they were
aiming to establish a democratic autonomous system based on equality
between men and women and reciprocal respect, adding that the
reconstruction of Kobanê was important and in order for the work to
take place a permanent corridor needed to be opened.
Dr. Ahmad called on international institutions to take initiatives to
assist the reconstruction of Kobanê. He said 85% of the city had been
destroyed, and that since 1 February 36 people had died as a result of
mines laid by ISIS in the city. He added that he hoped success for the
HDP in the upcoming elections would lead to more constructive relations
with the Turkish authorities.
Erdoğan and the AKP want an authoritarian regime’
Nazmi Gür, member of PACE and the HDP’s Foreign Relations department
said that President Erdoğan wanted a more authoritarian regime,
pointing to the recent provocation in Ağrı as evidence of this. Gür
emphasised that the HDP represented pro-freedom and egalitarian
currents at the elections and said the OSCE and PACE were sending
election monitors. He called on the EP and the left and green group in
particular to send delegations.
'We consider democratic autonomy to be a reasonable demand’
Fikret Igrek, a representative of the Federation of Yazidi Associations
and President of the Sinjar Council in Exile, said that the PKK and
YPG/YPJ had done their utmost to resist the savage ISIS attacks on
Sinjar, adding that they considered democratic autonomy similar to that
which existed in Rojava to be a reasonable perspective for the
different communities in the Nineveh region.
60 MEPs issue urgent appeal for reconstruction of Kobanê
In another development, 60 MEPs from various countries have issued a
statement calling for urgent support for the process of reconstruction
in Kobanê.
(ANF, April 29, 2015)
La Turquie commémore la bataille de Gallipoli, dans l'ombre du génocide arménien
La Turquie du président Recep Tayyip Erdogan a célébré vendredi le 100e
anniversaire de la bataille de Gallipoli en délivrant un message de
réconciliation toutefois polluée par la polémique sur l'autre
centenaire du jour, celui du génocide arménien.
Entouré d'une vingtaine de dirigeants du monde entier réunis sur les
rives du détroit des Dardanelles, le chef de l'Etat turc a honoré la
mémoire des soldats de l'Empire ottoman et du corps expéditionnaire
franco-britannique tombés pendant cet épisode meurtrier de la Première
guerre mondiale, et a prêché pour la paix.
"Je veux redire à nouveau au nom de tous, devant la mémoire des
centaines de milliers de jeunes qui reposent dans cette petite
péninsule, notre détermination à assurer la paix et la prospérité dans
le monde", a-t-il promis dans son discours.
"J'espère que Canakkale (Dardanelles) servira d'exemple au monde entier
et à toutes les communautés pour transformer notre peine commune en un
outil de promotion de la fraternité, de l'amour et de la paix", a-t-il
insisté, "un remède contre le terrorisme, le racisme, l'islamophobie et
la haine".
"Nous devons honorer l'héroïsme des combattants de Gallipoli dans les
deux camps", a renchéri sur le même ton le prince Charles, héritier de
la couronne britannique.
Malgré ce ton très oecuménique, le message délivré par l'homme fort de
Turquie est resté largement brouillé par la polémique sur le génocide
arménien.
D'autres chefs d'Etat et de gouvernement, dont les présidents russe
Vladimir Poutine et français François Hollande, ont ainsi boudé
l'invitation de Gallipoli et préféré rendre vendredi hommage à Erevan
aux centaines de milliers d'Arméniens massacrés par l'Empire ottoman à
partir du 24 avril 1915.
Ces derniers jours, les Turcs ont vigoureusement dénoncé toutes les
déclarations, du pape François au président allemand Joachim Gauck, les
pressant de reconnaître un "génocide" arménien, et ont dénoncé une
"campagne de dénigrement".
Pour la première fois cependant, un ministre turc a assisté vendredi à
Istanbul à une messe en l'honneur des victimes arméniennes de 1915.
- 'Coeurs ouverts' -
"Nos coeurs sont ouverts aux descendants des Arméniens ottomans de par
le monde", a déclaré M. Erdogan dans un message lu pendant cet office
en leur renouvelant ses condoléances. Mais le chef de l'Etat turc n'est
pas allé plus loin.
Après la cérémonie internationale de Gallipoli, les anciens
belligérants de 1915 ont commencé vendredi à honorer leurs morts dans
des rendez-vous "nationaux".
Le plus célèbre, le fameux "service de l'aube" organisé par l'Australie
et la Nouvelle-Zélande, se déroulera samedi au petit matin, à l'heure
précise du débarquement des premières troupes alliées sur les plages
turques.
La bataille des Dardanelles a débuté en février 1915 par la tentative
d'une flottille franco-britannique de forcer le détroit pour s'emparer
d'Istanbul, capitale de l'Empire ottoman.
Repoussés, les Alliés ont débarqué le 25 avril à Gallipoli mais ont été
contraints à une humiliante retraite après neuf fois d'une guerre de
tranchées qui a fait plus de 400.000 morts ou blessés dans les deux
camps.
Malgré la défaite, l'héroïsme des jeunes soldats australiens et
néo-zélandais, dont c'était le baptême du feu, contribuera à former
l'identité nationale des deux pays. "Leur persévérance, leur
dévouement, leur courage et leur compassion nous a défini en tant que
Nation", a déclaré le chef du gouvernement australien Tony Abbott.
Comme chaque année, de nombreux touristes ont fait le pèlerinage de
Gallipoli depuis l'autre côté de la planète. "Il est très important de
revenir ici pour leur rendre l'hommage qu'ils méritent", a déclaré
Marjorie Stevens, 87 ans, venue d'Adelaïde (Australie).
L'Empire ottoman a fini la guerre dans le camp des perdants et
démantelé. Mais la bataille de Gallipoli est devenue un symbole de la
résistance qui a abouti à l'avènement de la République turque moderne
en 1923. A la tête d'un régiment, son père-fondateur Mustafa Kemal y a
forgé sa légende de héros national.
A un mois des élections législatives turques du 7 juin, M. Erdogan n'a
pas manquer de faire vibrer la fibre patriotique nationale. "Nous avons
payé un prix élevé pour la victoire de Gallipoli. Il ne faut pas
oublier que nous devons à cet esprit et à cette persévérance notre
indépendance d'aujourd'hui", a-t-il dit. (AFP, 24 avril
2015)
Le CE appelle l'Arménie et la Turquie à établir les relations diplomatiques
Le secrétaire général du Conseil de l'Europe, Thorbjorn Jagland, a
appelé mercredi l'Arménie et la Turquie à relancer le processus visant
à établir les relations diplomatiques entre les deux pays, à la veille
des commémorations du centenaire du génocide arménien.
"S'il y a une chance de revenir aux protocoles de 2009 visant à établir
des relations diplomatiques entre l'Arménie et la Turquie, j'appelle
les deux parties à la saisir", a déclaré M. Jagland, lors d'un forum
international contre le crime de génocide, qui s'est ouvert mercredi à
Erevan.
"Le Conseil de l'Europe est prêt à soutenir ce dialogue de toutes les manières possibles", a-t-il ajouté.
Les massacres d'Arméniens perpétrés par les Turcs ottomans en
1915-1917, ont constitué "une perte non seulement pour l'Arménie, mais
pour le monde entier (...). Et nous devons essayer d'empêcher que cela
se produise de nouveau", a souligné M. Jagland.
Cette conférence de deux jours où participent environ 600 historiens,
responsables politiques et religieux de différents pays du monde se
déroule à Erevan.
Et vendredi, le pays commémorera, en présence de nombreux chefs d'Etat et de gouvernement, le centenaire du génocide.
"Le génocide est un crime de si grande ampleur, qui porte un tel
préjudice que son impact est ressenti même plusieurs décennies après
par les descendants à la fois des victimes et des coupables, ainsi que
par toute la communauté internationale", a souligné le président
arménien, Serge Sarkissian, lors d'un discours devant les participants
à la conférence.
Les Arméniens estiment que 1,5 million de personnes ont été tuées de
manière systématique entre 1915 et 1917, lors des dernières années de
l'Empire ottoman, et une vingtaine de pays, parmi lesquels la France et
la Russie, ont reconnu le génocide.
Mais la Turquie --héritière de l'Empire ottoman-- est loin d'être
d'accord avec les estimations d'Erevan. Elle n'évoque pour sa part
qu'une guerre civile, doublée d'une famine, dans laquelle 300 à 500.000
Arméniens et autant de Turcs ont trouvé la mort.
L'Arménie et la Turquie, qui n'entretiennent pas de relations
diplomatiques en raison de leurs divergences sur le caractère de ces
massacres, ont signé en 2009 des protocoles d'accord pour normaliser
leurs relations et ouvrir mutuellement les frontières, mais ces textes
n'ont toujours pas été approuvés par leurs parlements. (AFP, 22 avril
2015)
Le Parlement autrichien reconnaît symboliquement le génocide arménien
Le Parlement autrichien a observé mercredi une minute de silence en
mémoire du génocide arménien, une première dans ce pays autrefois allié
à l'empire ottoman et où ce terme n'a jamais été endossé officiellement.
"Le 24 avril 1915 a marqué le début de persécutions qui se sont
achevées en génocide", a déclaré la présidente sociale-démocrate (SPÖ)
du Parlement, Doris Bures, avant d'inviter l'ensemble des députés à se
lever et à se recueillir.
Cette cérémonie fait suite à la rédaction, par les six groupes
représentés au Parlement, d'une déclaration commune reconnaissant le
génocide.
"Au nom de la responsabilité historique, la monarchie austro-hongroise
ayant été l'alliée de de l'empire ottoman durant la Première guerre
mondiale, il est de notre devoir de qualifier ces terribles événements
de génocide, et de les condamner comme tel", souligne ce texte,
présenté à la presse mercredi.
"Il est également du devoir de la Turquie d'affronter de façon honnête
les chapitres douloureux de son histoire et de reconnaître comme
génocide les crimes commis contre les Arméniens sous l'empire ottoman",
est-il ajouté.
Cette déclaration, signée par les chefs des six groupes parlementaires
-- les partis social-démocrate (SPÖ) et chrétien-démocrate (ÖVP) au
pouvoir ainsi que le FPÖ (extrême-droite), les Verts et deux petits
partis libéraux --
n'a toutefois pas été soumise au vote et n'a donc pas de valeur
juridique. Elle marque cependant un premier pas symbolique dans la
reconnaissance du génocide par l'Autriche.
L'Arménie, où s'est ouverte mercredi une conférence internationale sur la lutte contre le génocide, a salué cette déclaration.
"L'Autriche a ainsi apporté une contribution importante dans une noble
cause visant à empêcher les génocides et les crimes contre l'humanité",
a déclaré le ministre des Affaires étrangères arménien, Edouard
Nalbandian, dans un communiqué.
Début avril, le Conseil oecuménique des Eglises chrétiennes d'Autriche
(ÖRKÖ) avait déjà solennellement appelé la présidence de la République
et le gouvernement à reconnaître le génocide arménien, "à l'instar de
beaucoup d'autres pays".
Mais le président Heinz Fischer a décliné l'invitation de l'Arménie à
participer aux cérémonies du centenaire à Erevan vendredi, auxquelles
prendront part notamment les présidents russe et français Vladimir
Poutine et François Hollande. Le pays sera représenté par un
ambassadeur.
L'Autriche-Hongrie, comme l'Allemagne, avait été l'alliée de l'empire
ottoman durant le Premier conflit mondial. La communauté turque
représente la deuxième communauté d'origine étrangère du pays, avec
quelque 240.000 personnes.
Lundi, le chef du FPÖ, Heinz-Christian Strache, avait accusé les partis
au pouvoir de "s'agenouiller devant la Turquie" de peur de froisser
leur électorat d'origine turque.
Une vingtaine de pays, dont la France et la Russie, ont reconnu le
génocide arménien, qui selon Erevan a coûté la vie à quelque 1,5
million de personnes entre 1915 et 1917.
Ankara, comme plusieurs autres pays dont les Etats-Unis, rejette
toujours le terme de génocide pour qualifier ces massacres qui avaient
débuté il y a cent ans, le 24 avril 1915.
En Autriche, une messe oecuménique commémorative doit être célébrée en
la cathédrale Saint-Etienne de Vienne vendredi. Une marche est en outre
prévue dans la soirée, à l'appel notamment d'organisations arméniennes
et turques libérales. (AFP, 22 avril
2015)
La Turquie fête en grande pompe le centenaire de la bataille de Gallipoli
La Turquie du président Recep Tayyip Erdogan célèbre en grande pompe
vendredi le 100e anniversaire de la bataille de Gallipoli, une
célébration aux accents nationalistes et sous l'ombre d'un autre
centenaire, plus polémique, celui du "génocide" arménien.
Un vingtaine de dirigeants du monde entier sont annoncés sur les rives
du détroit des Dardanelles pour célébrer la mémoire des dizaines de
milliers de soldats de l'Empire ottoman et du corps expéditionnaire
franco-britannique tombés pendant neuf mois d'une lutte acharnée qui
s'est conclue sur une cinglante défaite des Alliés.
En tête d'affiche de ce grand raout diplomatico-historique apparaissent
le prince Charles, héritier de la Couronne britannique, et les Premiers
ministres d'Australie et de Nouvelle-Zélande, deux pays dont le
sacrifice des combattants, les fameux "Anzacs", sur le sol turc a forgé
l'identité nationale.
M. Erdogan s'est promis de faire de ces festivités un moment de
réconciliation. "Les fils des pays qui se sont affrontés dans des camps
rivaux il y a cent ans se rassembleront sous le même toit pour porter
au monde un message de paix et de fraternité", a-t-il dit.
Après un "sommet pour la paix" très symbolique avec ses hôtes dès jeudi
dans un palais stambouliote, le chef de l'Etat turc présidera vendredi
sur le champ de bataille une grande cérémonie internationale.
Une série de commémorations "nationales" suivra jusqu'au lendemain. La
plus célèbre est le fameux "service de l'aube", organisé par
l'Australie et la Nouvelle-Zélande au petit matin du 25, à l'heure
précise du débarquement des troupes alliées.
Une ombre de taille va toutefois peser sur Gallipoli, celle des
commémorations qui auront lieu au même moment à Erevan à la mémoire des
centaines de milliers d'Arméniens massacrés par l'Empire ottoman à
partir du 24 avril 1915.
Cette "grande catastrophe" a suscité ces derniers jours de violents
échanges entre les autorités d'Ankara, qui refusent catégoriquement de
reconnaître leur caractère planifié, et ceux qui les qualifient de
génocide, comme le pape François ou le Parlement européen.
- Fibre patriotique -
Le président arménien Serge Sarkissian a même accusé son homologue turc
d'avoir délibérément programmé les célébrations de Gallipoli le 24
avril --c'était déjà le cas l'an dernier-- pour détourner l'attention
des crimes commis par l'Empire ottoman.
A moins de deux mois des élections législatives du 7 juin, M. Erdogan
ne devrait pas manquer non plus de profiter de ces festivités pour
exalter la fibre patriotique turque.
Concoctée par la présidence, la bande-annonce au ton très religieux qui
inonde depuis plusieurs jours les télévisions du pays a donné le ton et
suscite déjà l'ire de ses adversaires. L'homme fort du pays y lit un
texte du poète nationaliste Arif Nihat Asya et prie devant la tombe
d'un des soldats turcs morts au combat.
La bataille des Dardanelles a débuté en février 1915 lorsqu'une
flottille franco-britannique a tenté de forcer le détroit des
Dardanelles pour s'emparer d'Istanbul, capitale d'un Empire ottoman
alors allié de l'Allemagne.
Leur expédition repoussée en mars, les Alliés débarquent le 25 avril à
Gallipoli. Mais après neuf mois d'une guerre de tranchée meurtrière qui
a fait plus de 400.000 morts ou blessés dans les deux camps, ils sont
contraints à une humiliante retraite.
Malgré cette victoire, l'Empire ottoman déjà sur le déclin finira la
guerre dans le camp des perdants et sera démantelé. Mais la bataille de
Gallipoli est devenue un symbole de la résistance qui a abouti à
l'avènement de la République turque moderne en 1923.
A la tête d'un régiment, son père-fondateur Mustafa Kemal y a forgé sa
légende de héros national par cette fameuse harangue à ses troupes: "je
présume qu'il n'y a personne parmi nous qui ne préfèrerait mourir
plutôt que de voir se répéter les événements honteux de la guerre des
Balkans".
Dans les deux camps, cette bataille épique a inspiré plusieurs films
sortis récemment. Réalisé en Turquie, "La Dernière lettre" s'en est
servi pour exalter la ferveur patriotique, alors que "La promesse d'une
vie", de l'acteur et réalisateur australien Russell Crowe, a préféré
jouer la carte de la réconciliation. (AFP, 22 avril
2015)
Le Parlement européen appelle la Turquie à reconnaître le "génocide arménien"
Le Parlement européen a "encouragé" mercredi la Turquie à reconnaître
le "génocide" arménien, trois jours après la déclaration du pape
François et à l'occasion du centenaire des massacres.
"Mon propre peuple a commis des génocides", a lancé l'eurodéputé
allemand Elmar Brok (PPE/droite), évoquant "une obligation morale" de
reconnaître de tels crimes. "Des centaines de milliers d'Arméniens ont
trouvé la mort sous la main des sbires de l'Empire ottoman" entre 1915
et 1917, a-t-il asséné avant le vote.
"Quel que soit le mot utilisé (...), il ne peut y avoir de déni de
cette affreuse réalité", a estimé la vice-présidente de la Commission
européenne, Kristalina Georgieva, soulignant "les divergences de vues"
entre l'Arménie et la Turquie, pays candidat à l'adhésion à l'UE.
L'exécutif européen refuse de parler de "génocide" car ce terme n'est
pas utilisé par tous les 28 Etats membres de l'Union européenne.
Le Parlement européen avait qualifié ces massacres de "génocide" dès
1987. Sa reconnaissance par le pape François dimanche a provoqué la
fureur d'Ankara. Elle a au contraire été "saluée" par les eurodéputés.
Les massacres ont coûté la vie à 1,5 million d'Arméniens dans des
opérations d'élimination systématique, selon Erevan, alors que la
Turquie reconnaît la mort dans des déportations d'environ 500.000
personnes, victimes de groupes armés ou de la faim.
Mme Georgieva a espéré que les cérémonies pour le centenaire, le 24
avril, seront "une occasion pour avancer vers la réconciliation, qui
est au coeur du projet européen".
Dans leur résolution votée à une très large majorité, les eurodéputés
"saluent les déclarations" du président turc, Recep Tayyip Erdogan, et
du Premier ministre, Ahmet Davutoglu, "qui ont présenté leurs
condoléances et reconnu les atrocités contre les Arméniens ottomans", y
voyant "un pas dans la bonne direction".
Mais ils appellent la Turquie à aller plus loin, l'encourageant à
"profiter des commémorations du centenaire (...) pour poursuivre ses
efforts en vue d'accepter son passé -y compris par l'ouverture des
archives-, reconnaître le génocide arménien et ainsi jeter les bases
d'une véritable réconciliation entre les peuples turc et arménien".
Le Parlement européen "appelle la Turquie et l'Arménie à travailler à une normalisation de leurs relations".
En 2014, M. Erdogan, alors Premier ministre, avait présenté pour la
première fois des condoléances aux Arméniens, sans pour autant cesser
de contester tout génocide.
Il a pris les devants mercredi matin, avant même le vote à Bruxelles.
"Le vote (...) entrera dans une de mes oreilles et ressortira aussitôt
par l'autre parce que la Turquie ne peut reconnaître un tel péché ou un
tel crime", a-t-il commenté. (AFP, 15 avril
2015)
Résolution du Parlement européen sur le centenaire du génocide arménien
Le Parlement européen,
– vu la convention des Nations unies pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948,
– vu sa résolution du 18 juin 1987 sur une solution politique de la question arménienne ,
– vu sa résolution du 12 mars 2015 concernant le rapport annuel 2013
sur les droits de l'homme et la démocratie dans le monde et la
politique de l'Union européenne en la matière ,
– vu le protocole sur l'établissement de relations diplomatiques
entre la République d'Arménie et la République de Turquie, ainsi que le
protocole sur le développement des relations entre la République
d'Arménie et la République de Turquie signés à Zurich le 10 octobre
2009,
– vu la déclaration prononcée le 12 avril 2015 par le pape François,
– vu l'article 123, paragraphes 2 et 4, de son règlement,
A. considérant que l'année 2015 marque le centenaire du génocide arménien perpétré dans l'Empire ottoman;
B. considérant qu'un nombre croissant d'États membres et de
parlements nationaux reconnaissent le génocide arménien perpétré dans
l'Empire ottoman;
C. considérant que l'une des principales motivations du mouvement
d'unification européen est la volonté d'empêcher que des guerres et des
crimes contre l'humanité ne se reproduisent en Europe;
D. considérant que la Turquie et l'Arménie se sont engagées dans un
processus de normalisation diplomatique en signant, en 2009, à Zurich,
des protocoles sur l'établissement et le développement de relations;
E. considérant qu'il est d'une grande importance d'entretenir le
souvenir du passé, puisqu'il ne peut y avoir de réconciliation sans
vérité ni œuvre de mémoire;
1. rend hommage, en cette veille du centenaire, à la mémoire des
victimes innocentes arméniennes, au nombre d'un million et demi, qui
ont perdu la vie dans l'Empire ottoman; participe à la commémoration du
centenaire du génocide arménien dans un esprit de solidarité et de
justice européennes; invite la Commission et le Conseil à se joindre à
la commémoration;
2. rappelle que, dans sa résolution du 18 juin 1987, il
reconnaissait entre autres que les actes tragiques perpétrés entre 1915
et 1917 contre les Arméniens sur le territoire de l'Empire ottoman
constituaient un génocide au sens de la convention pour la prévention
et la répression du crime de génocide de 1948; condamne tout crime
contre l'humanité et tout génocide et déplore vivement toute tentative
de dénégation de ces actes;
3. rend hommage à la mémoire des victimes innocentes de tous les
génocides et crimes contre l'humanité; propose d'instaurer une journée
internationale de commémoration des génocides afin de réaffirmer le
droit de tous les peuples et de toutes les nations du monde à la paix
et à la dignité;
4. souligne que la prévention en temps utile et la condamnation
effective des génocides et des crimes contre l'humanité devraient
figurer parmi les priorités principales de la communauté internationale
et de l'Union européenne;
5. se félicite des déclarations de Recep Tayyip Erdoğan, président
de la République de Turquie, et d'Ahmet Davutoğlu, Premier ministre de
la République de Turquie, qui ont adressé leurs condoléances aux
Arméniens ottomans et reconnu les atrocités commises à leur égard, et
les considère comme un pas dans la bonne direction; encourage la
Turquie à saisir l'occasion propice offerte par la commémoration du
centenaire du génocide arménien pour poursuivre ses efforts de
réconciliation avec son passé, notamment par l'ouverture de ses
archives, pour reconnaître le génocide arménien et pour poser ainsi les
jalons d'une véritable réconciliation entre les peuples turc et
arménien;
6. Se félicite du message du pape François en date du 12 avril 2015,
dans lequel il commémore le centenaire du génocide arménien dans un
esprit de paix et de réconciliation;
7. invite la Turquie à respecter et à remplir pleinement les
obligations qu'elle a contractées pour la protection du patrimoine
culturel et, en particulier, à effectuer en toute bonne foi un
inventaire complet du patrimoine culturel arménien et autre détruit ou
endommagé au cours du siècle dernier sur son territoire;
8. encourage l'Arménie et la Turquie à prendre exemple sur la
réconciliation des nations européennes et à privilégier une stratégie
mettant au premier plan la coopération entre les peuples; ne doute pas
que cela contribuera à une réconciliation historique des peuples
arménien et turc dans un esprit de vérité et de respect; appuie les
initiatives de la société civile entre la Turquie et l'Arménie
destinées à normaliser les relations; exhorte la Turquie et l'Arménie à
normaliser leurs relations en ratifiant et en mettant en œuvre, sans
conditions préalables, les protocoles sur l'établissement de relations
diplomatiques, en ouvrant la frontière et en s'efforçant d'améliorer
leurs relations eu égard notamment à la coopération transfrontalière et
à l'intégration économique;
9. charge son Président de transmettre la présente résolution au
Conseil, à la Commission, à la vice présidente de la Commission/haute
représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique
de sécurité, aux gouvernements et aux parlements des États membres, au
gouvernement et au parlement de la République d'Arménie et au
gouvernement et au parlement de la République de Turquie.
La Turquie rejette par avance le vote du Parlement européen
Les dirigeants islamo-conservateurs turcs ont rejeté mercredi par
avance le vote du Parlement européen, qui doit se prononcer sur une
résolution dans laquelle il évoque le "génocide" des Arméniens par
l'Empire ottoman pendantla Première guerre mondiale.
"Quelle qu'en soit l'issue, le vote du Parlement de l'Union européenne
m'entrera dans une oreille et ressortira aussitôt par l'autre parce que
la Turquie ne peut reconnaître un tel péché ou un tel crime", a déclaré
le président Recep Tayyip Erdogan à la presse avant une visite
officielle au Kazakhstan voisin.
"Nous ne laisserons pas notre nation se faire insulter pour son
histoire", a renchéri le Premier ministre Ahmet Davutoglu lors d'une
réunion publique de lancement de la campagne du parti au pouvoir pour
les élections législatives du 7 juin.
Le Parlement européen doit se prononcer mercredi sur une résolution
concernant "la commémoration du centenaire du génocide arménien", le 24
avril prochain.
L'Assemblée européenne a reconnu le génocide arménien dès 1987.
Ce vote intervient trois jours après les propos du pape François, qui a
provoqué la fureur des autorités turques en évoquant le "génocide" de
centaines de milliers d'Arméniens perpétré par l'Empire ottoman pendant
la Première guerre mondiale. Ankara a annoncé le rappel pour
consultations de son ambassadeur auprès du Vatican.
Mardi, M. Erdogan s'était dit "consterné" par les déclarations du
souverain pontife, évoquant des "délires" et plaidé pour laisser la
question aux seuls historiens.
"Je ne sais pas quelle décision ils (les députés européens) vont
prendre", a indiqué mercredi le chef de l'Etat turc. "Personnellement
je ne m'en préoccupe pas car nous (les Turcs) ne portons pas la tache
ou l'ombre d'un génocide".
M. Erdogan a également souligné que son pays accueillait actuellement
quelque 100.000 Arméniens de la diaspora vivant en Turquie. "Nous
aurions pu les déporter mais nous ne l'avons pas fait. Ils sont
toujours les bienvenus dans notre pays", a-t-il insisté, jugeant
"incompréhensibles" les critiques adressées à son pays, qui "fait
preuve d'hospitalité".
De son côté, M. Davutoglu a dénoncé mercredi les "accusations injustes"
visant la Turquie à la veille des législatives. "Le pape a rejoint ceux
qui tendent des pièges à l'AKP (Parti de la justice et du
développement, au pouvoir) et à la Turquie", a-t-il dit.
La Turquie nie catégoriquement que l'Empire ottoman ait organisé le
massacre systématique de sa population arménienne pendant la Première
guerre mondiale et récuse le terme de "génocide" repris par l'Arménie,
de nombreux historiens et une vingtaine de pays dont la France,
l'Italie et la Russie.
Les deux pays se querellent également autour du nombre des victimes.
Ankara reconnaît la mort d'environ 500.000 Arméniens lors de
déportations, victimes de groupes armées ou de la faim, alors qu'Erevan
évoque la mort d'environ 1,5 million d'entre eux lors d'opérations
d'élimination systématique.
En 2014, M. Erdogan, alors Premier ministre, avait présenté pour la
première fois des condoléances aux Arméniens, sans pour autant cesser
de contester tout génocide. (AFP, 15 avril
2015)
Adhésion à l'UE: la Turquie demande à Schulz de reprendre les discussions
Le président du Parlement européen (PE) Martin Schulz a rencontré
mercredi à Ankara les dirigeants turcs qui lui ont réitéré leur souhait
de voir s'ouvrir de nouveaux chapitres des négociations d'adhésion de
la Turquie à l'Union européenne (UE), engagées en 2005.
"Il a été souligné que l'ouverture de nouveaux chapitres de négociation
était une nécessité", a indiqué un communiqué du ministère turc des
Affaires étrangères.
D'autre sujets, comme le dossier chypriote et le centenaire des
massacres d'Arméniens commis sous l'Empire ottoman à partir de 1915,
que la Turquie refuse de considérer comme un génocide, ont aussi été
évoqués lors de la rencontre entre M. Schulz et le chef de la
diplomatie turque, Mevlüt Cavusoglu.
Le responsable européen s'est enfin entretenu avec le président
islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan et son Premier ministre Ahmet
Davutoglu.
Selon une source turque, M. Schulz a également discuté avec ses
interlocuteurs de la loi très controversée votée récemment par le
Parlement turc pour renforcer les pouvoirs de la police. Ce texte est
jugé "liberticide" par l'opposition turque, les ONG de défense des
droits de l'Homme et Bruxelles.
La Turquie est candidate à l'UE depuis 1999, mais les négociations
n'ont que peu avancé en raison des réticences de certains pays
européens, comme la France et l'Allemagne. Seuls 14 des 35 chapitres de
discussion ont été ouverts et un seul bouclé.
M. Schulz doit se rendre jeudi dans les province de Gaziantep et Kilis
(sud-est), frontalières de la Syrie, pour y visiter deux camps de
réfugiés syriens.
La Turquie accueille quelque 1,7 millions de Syriens qui ont fui la guerre civile dans leur pays.
(AFP, 8 avril
2015)
Turquie-USA-OTAN /
Turkey-USA-NATO
Le maire d'Ankara traite de "stupide blonde" une porte-parole américaine
Le très controversé maire d'Ankara, soutien indéfectible du président
turc Recep Tayyip Erdogan, s'est à nouveau distingué mercredi en s'en
prenant vertement à la porte-parole de la diplomatie américaine, sommée
de s'expliquer sur les émeutes de Baltimore.
"Allez la blonde, réponds maintenant!", a lancé en anglais Melih Gökçek
sur son compte Twitter dans un message associant la photo de deux
policiers américains frappant un manifestant à terre lors des violentes
manifestations qui agitent la ville du nord-est des Etats-Unis et un
portrait de la porte-parole du département d'Etat Marie Harf.
"Ou es-tu, stupide blonde, toi qui as accusé la police turque de
recourir à la force de façon excessive?", a ajouté le maire de la
capitale turque.
"La blonde, selon toi la réaction du gouvernement (turc) pendant les
émeutes de Gezi étaient préoccupantes. Mais lorsqu'il s'agit de ton
pays, il est normal d'instaurer un cessez-le-feu?", a poursuivi sur le
même ton M. Gökçek, membre du Parti de la justice et du développement
(AKP, islamo-conservateur) au pouvoir depuis 2002.
Mme Harf a refusé lors de son point de presse quotidien de répondre aux insultes proférées par le maire d'Ankara.
Elle a préféré rappeler que le président Barack Obama avait condamné
mardi les violences à Baltimore, tout en admettant qu'elles étaient
révélatrices d'une fracture entre la jeunesse afro-américaine et la
police, appelant les deux camps à "l'introspection".
Les Etats-Unis ont "un bilan record en matière de transparence et
d'examen de conscience lorsque nous sommes confrontés à des défis, un
bilan que j'opposerais à celui de n'importe quel autre pays dans le
monde", a défendu Mme Harf.
En juin 2013, Washington avait, comme de nombreuses capitales
étrangères, sévèrement condamné la violente répression des
manifestations en cours en Turquie contre le régime de M. Erdogan. Les
affrontements s'étaient soldés par au moins 8 morts, plus de 8.000
blessés et des milliers d'arrestations.
Les médias turcs favorables au régime ont dénoncé la répression des
manifestations de Baltimore, provoquées par la mort d'un jeune Noir
dans un commissariat.
Surnommé "Melih le fou" par ses détracteurs, le maire d'Ankara est un
habitué des sorties polémiques et des projets iconoclastes. Des
soupçons de fraude ont entaché sa victoire aux municipales de 2014 qui
l'ont reconduit pour la cinquième fois à son poste. (AFP, 29 avril
2015)
Erdogan se réjouit que Washington évite le mot "génocide"
Les autorités turques se sont ostensiblement réjouies
mercredi de la volonté des Etats-Unis de ne pas qualifier de génocide
les massacres d'Arméniens perpétrés en 1915, assurant avoir le plein
"soutien" du président américain Barack Obama.
"Je n'aimerais pas entendre Obama dire quelque chose comme ça, et je ne
m'y attends pas de toute façon. Pour la Turquie, la position américaine
est très claire, elle est contre" la reconnaissance du génocide, a
déclaré le président Recep Tayyip Erdogan lors d'une conférence de
presse avec le président irakien Fouad Massoum.
La Maison Blanche a appelé mardi à une reconnaissance "pleine, franche
et juste" des massacres de centaines de milliers d'Arméniens perpétrés
par l'Empire ottoman à partir de 1915, mais elle a comme toujours évité
d'utiliser le mot "génocide".
"Tout au long de ces six années depuis qu'il (M. Obama) est président,
nous avons longuement parlé de cette question et convenu qu'elle devait
être laissée aux historiens, pas aux dirigeants politiques", a
poursuivi M. Erdogan.
Le Premier ministre Ahmet Davutoglu s'est lui aussi félicité de la position américaine.
"A la lumière de sa grande expérience de président des Etats-Unis,
j'espère que M. Obama ne fera pas de déclaration qui blesse la
Turquie", a déclaré M. Davutoglu à la presse, à l'issue d'un entretien
avec son homologue australien Tony Abbott.
Le chef du gouvernement turc a précisé qu'il s'était entretenu avec la
chancelière allemande Angela Merkel pour lui conseiller de s'opposer au
projet de résolution sur le génocide déposé au Parlement allemand.
La Turquie nie catégoriquement que l'Empire ottoman ait organisé le
massacre systématique de sa population arménienne pendant la Première
guerre mondiale et récuse le terme de "génocide" repris par l'Arménie,
de nombreux historiens et une vingtaine de pays dont la France,
l'Italie et la Russie.
Le président turc a aussi dénoncé les commémorations organisées en
Arménie le 24 avril pour commémorer le "génocide". "Ils vont parler,
parler et insulter la Turquie. Nous serons à Canakkale (sur les rives
du détroit des Dardanelles: ndlr) ce jour-là, mais l'Arménie n'est pas
à notre programme", a-t-il ajouté.
La Turquie célèbre vendredi en grande pompe le 100e anniversaire de la
meurtrière bataille de Gallipoli, ou des Dardanelles, qui a opposé
d'avril 1915 à janvier 1916 les troupes de l'Empire ottoman à celles de
l'Empire britannique et de la France. (AFP, 22 avril
2015)
La Maison Blanche évite toujours le mot "génocide"
La Maison Blanche a appelé mardi à une reconnaissance "pleine, franche
et juste" des faits concernant le massacre d'Arméniens pendant la
Première Guerre mondiale tout en évitant toujours d'utiliser le mot
"génocide".
Denis McDonough, secrétaire général de la Maison Blanche et Ben Rhodes,
conseiller du président Barack Obama, ont rencontré mardi les
représentants de la communauté arménienne aux Etats-Unis pour évoquer
le centenaire "des atrocités de 1915".
Ils ont souligné "l'importance de cette occasion" pour honorer le 1,5
million de personnes qui ont perdu la vie "durant cette période
horrible", a indiqué l'exécutif américain, s'en tenant à la formulation
utilisée à plusieurs reprises et ne mentionnant à aucun moment le mot
"génocide".
La conseillère de Barack Obama pour les affaires de sécurité, Susan
Rice, s'est entretenue mardi avec le ministre turc des Affaires
étrangères Mevlut Cavusoglu, en visite à Washington, et l'a encouragé à
"améliorer" les relations entre Ankara et l'Arménie ainsi qu'à lancer
un dialogue ouvert en Turquie sur les "atrocités de 1915", selon un
communiqué de la Maison Blanche.
Lors de la campagne présidentielle de 2008, Barack Obama, alors
sénateur, avait utilisé ce mot, mais ne l'a plus jamais utilisé depuis
son arrivée à la Maison Blanche.
Le secrétaire au Trésor, Jack Lew, mènera la délégation américaine à
Erevan, vendredi, lors du centenaire, "en solidarité avec le peuple
arménien".
La Turquie nie catégoriquement que l'Empire ottoman ait organisé le
massacre systématique de sa population arménienne pendant la Première
Guerre mondiale et récuse le terme de "génocide" repris par l'Arménie,
de nombreux historiens et une vingtaine de pays dont la France,
l'Italie et la Russie.
Les Arméniens estiment que 1,5 million des leurs ont été tués de
manière systématique à la fin de l'Empire ottoman par l'armée dans le
but d'éradiquer les Arméniens d'Anatolie, une région située dans l'est
de la Turquie actuelle. (AFP, 22 avril
2015)
La Turquie et les Etats-Unis veulent croire à une réunification chypriote en 2015
La Turquie et les Etats-Unis ont fait part mardi de leur espoir de voir
une solution diplomatique ouvrir la voie à la réunification de Chypre
dès cette année, après plusieurs décennies de séparation.
"Ce problème dure depuis trop longtemps et exige des efforts
internationaux pour aider à trouver une solution, un accord durable", a
déclaré le secrétaire d'Etat américain John Kerry lors d'une rencontre
avec son homologue turc à Washington.
Chypriotes-turc et Chypriotes-grecs sont séparés par une "ligne verte" gardée par les Nations unies.
Au début du mois, l'envoyé spécial de l'ONU Espen Barth Eide avait
indiqué que les pourparlers sur la réunification de l'île, à l'arrêt
depuis plus de six mois, devaient reprendre dans les prochaines
semaines.
"Les Etats-Unis et la Turquie soutiennent les négociations sous l'égide
de l'ONU en vue de la réunification de l'île dans une fédération
bi-zonale et bi-communautaire", a poursuivi M. Kerry. "Nous pensons que
les parties sont en mesure de faire de véritables progrès durables
pendant l'année 2015".
Le territoire de la RTCN, République turque de Chypre nord, est une
entité non reconnue par la communauté internationale. Il représente
environ un tiers de l'île méditerranéenne et est occupé depuis 1974 par
la Turquie, en réaction à un coup d'Etat de nationalistes visant à
rattacher l'île à la Grèce et orchestré avec l'appui d'Athènes.
La République de Chypre est membre de l'Union européenne et seule entité reconnue par la communauté internationale.
Depuis Washington, le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut
Cavusoglu a appelé les Etats-Unis à jouer un rôle actif dans toute
reprise des négociations.
"La Turquie et les Chypriotes-turcs ont la volonté politique de trouver
une solution et nous nous tenons prêts, à la table des négociations",
a-t-il dit à son homologue américain. "Nous espérons trouver une
solution avant la fin de l'année".
La République turque de Chypre nord (RTCN) a voté dimanche pour élire
son "président". Le sortant, Dervis Eroglu, est arrivé en tête et le
second tour doit avoir lieu dimanche. Le vainqueur tentera de négocier
la paix avec la République de Chypre. (AFP, 22 avril
2015)
Relations
régionales / Regional Relations
Assad accuse Ankara d'avoir saboté le plan de l'ONU pour Alep
Le président syrien Bachar al-Assad a accusé
la Turquie, qui soutient la rébellion, d'avoir torpillé un plan de
l'ONU visant à faire cesser les combats dans la métropole d'Alep, dans
une interview diffusée vendredi.
Il a jugé que la situation en Syrie était aujourd'hui "plus dangereuse"
car des pays "utilisent le terrorisme par procuration pour détruire un
autre pays", faisant allusion notamment à l'Arabie saoudite, la Turquie
et le Qatar qui, selon des analystes, ont fait parvenir récemment
davantage d'armes aux rebelles, leur permettant de prendre entre autres
la grande ville d'Idleb (nord-ouest).
Le médiateur de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura préconise un
plan portant sur le "gel" des combats dans la deuxième ville de Syrie,
ravagée par la guerre depuis 2012 et divisée entre secteur rebelle et
secteur contrôlé par le régime. La province septentrionale d'Alep,
comme celle d'Idleb, est frontalière de la Turquie.
"Les Turcs ont dit aux terroristes (rebelles) qu'ils soutiennent et
supervisent de refuser de coopérer avec De Mistura", a affirmé M. Assad
au quotidien suédois Expressen, selon une vidéo de l'entretien en
anglais diffusée par le journal.
D'après lui, "tout plan que vous voulez faire appliquer en Syrie
aujourd'hui pour mettre fin au problème sera saboté par une
intervention étrangère".
Selon le président syrien, dont les forces sont appuyées sur le terrain
par le Hezbollah libanais et d'autres groupes étrangers, l'envoyé de
l'ONU est "conscient qu'il échouera s'il n'arrive pas à convaincre ces
pays (pro-rébellion) de cesser de soutenir les terroristes et de
laisser les Syriens résoudre leurs problèmes".
Mardi, l'adjoint de M. De Mistura, Ramzy Ezzeldin Ramzy, a affirmé que
le médiateur n'avait pas renoncé à son plan et qu'il était en contact
avec le régime et "tous ceux qui ont une influence sur le terrain".
Le régime s'était dit d'accord sur le principe d'un gel des combats à
Alep, l'opposition rejetant en revanche cette idée, estimant qu'il
fallait une solution globale au conflit qui a fait plus de 220.000
morts depuis quatre ans.
Interrogé sur les derniers revers subis par son armée notamment à
Idleb, Assad a expliqué la défaite par "l'immense soutien logistique et
militaire parvenu (aux rebelles) à travers la Turquie et le soutien
financier de l'Arabie saoudite et du Qatar".
Des analystes estiment que Ryad, Ankara et Doha ont mis de côté leurs
rivalités régionales afin de freiner les avancées du régime et surtout
l'expansion en Syrie et dans la région de leur grand rival iranien.
Concernant les milliers de jihadistes étrangers qui combattent en
Syrie, M. Assad a affirmé que "les leaders les plus dangereux du groupe
Etat islamique sont Scandinaves", en référence au groupe extrémiste,
responsable de nombreuses atrocités, qui contrôle de larges territoires
en Syrie et en Irak.
Il a par ailleurs prévenu que tant que "l'arrière-cour de l'Europe, en
particulier la Méditerranée et l'Afrique du Nord, est plongé dans le
chaos et plein de terroristes, l'Europe ne peut pas être en sécurité".
La guerre en Syrie a commencé par des manifestations pacifiques
réclamant des réformes politiques avant d'être matées dans le sang par
le régime, provoquant la militarisation du conflit qui a jeté la moitié
de la population syrienne hors de chez elle. (AFP, 17 avril
2015)
Les combattants kurdes avancent dans la province de Raqa, fief de l'EI
Les combattants kurdes ont avancé dans la province septentrionale de
Raqa, où le groupe extrémiste Etat islamique (EI) a établi son fief en
Syrie, ont indiqué dimanche des responsables kurdes et une ONG.
Les Unités de protection du peuple (YPG), la milice kurde qui combat
les jihadistes dans le nord et le nord-est de la Syrie, "se sont
emparés d'une grande cimenterie et de trois villages" au nord-ouest de
la localité d'Aïn Issa, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de
l'Homme (OSDH).
Selon le directeur de cette ONG, Rami Abdel Rahmane, "de violents
accrochages" ont opposé les YPG aux jihadistes de l'EI au cours des
dernières 48 heures. Les combattants kurdes contrôlent à présent trois
villages dans la région.
Au moins six combattants de l'EI ont été tués au cours des
affrontements dimanche, portant à 20 le bilan des morts dans les rangs
du groupe jihadiste en 48 heures, a-t-il dit à l'AFP.
Aucun bilan n'était disponible sur les pertes côté kurde.
Aïn Issa se situe à moins de 60 km de la ville de Raqa, chef-lieu de la
province éponyme de facto devenue la "capitale" de l'EI en Syrie. Elle
se trouve par ailleurs à 45 km au sud de Tal Abyad, localité à la
frontière turque utilisée par l'EI pour le passage de combattants en
provenance de la Turquie.
Selon un porte-parole du Parti de l'Union démocratique (PYD), aile
politique des YPG, les combattants kurdes se sont emparés "d'une très
grande cimenterie" dans la province de Raqa. "Les YPG tentaient depuis
longtemps de prendre le contrôle de cette zone", a dit à l'AFP Nawaf
Khalil joint par téléphone.
Depuis qu'ils ont chassé les jihadistes de la localité de Kobané en
janvier, les combattants kurdes ont pris le contrôle d'une grande
partie de la campagne alentours dans la province d'Alep (nord),
avançant vers l'est dans la province voisine de Raqa.
En février, les Kurdes et autres groupes rebelles aidés des raids
aériens de la coalition internationale anti-EI conduite par les
Etats-Unis ont pris le contrôle de 19 villages dans la province de Raqa.
Les YPG ont dans le même temps lancé une contre-offensive dans le nord-est de la Syrie contre l'EI.
Samedi, ils ont repoussé l'EI à Tall Tamer, une localité stratégique
que les jihadistes tentent de conquérir pour pouvoir contrôler les
routes menant d'une part à la frontière turque et de l'autre à Mossoul,
la deuxième ville d'Irak dont les jihadistes se sont emparés en juin. (AFP, 12 avril
2015)
D'accord entre la Turquie et l'Iran pour arrêter la guerre au Yémen?
La Turquie et l'Iran sont d'accord pour arrêter la guerre au Yémen et
encourager une solution politique, a déclaré mardi le président iranien
Hassan Rohani après un entretien avec son homologue turc Recep Tayyip
Erdogan en visite à Téhéran.
"Nous avons parlé de l'Irak, de la Syrie, de la Palestine (...). Nous
avons eu une plus longue discussion à propos du Yémen. Nous pensons
tous deux qu'on doit voir le plus rapidement possible la fin de la
guerre, qu'un cessez-le-feu complet soit instauré et que les attaques
cessent" contre le Yémen, a dit M. Rohani, dans une déclaration commune
diffusée par la télévision d'Etat.
L'Iran, qui soutient les rebelles Houthis au Yémen, a condamné les
frappes de la coalition arabe menées par l'Arabie saoudite. La Turquie
ne participe pas militairement à l'opération mais a envoyé une mission
de formation militaire et a évoqué un partage des renseignements avec
la coalition.
Un peu plus tard, en recevant M. Erdogan, le numéro un iranien,
l'ayatollah Ali Khamenei, a également déclaré que "la solution pour
régler la crise au Yémen est l'arrêt des frappes et les ingérences
étrangères (pour que, ndlr) les Yéménites décident eux-même du sort de
leur pays", a rapporté l'agence Irna.
Mais le président Erdogan a évité d'évoquer le sujet lors de ces rencontres.
M. Erdogan avait reçu lundi à Ankara le ministre saoudien de
l'Intérieur et futur prince héritier Mohammed ben Nayef, pour un
entretien qui n'avait pas été annoncé.
M. Rohani a souhaité que les deux pays, "avec l'aide d'autres pays de
la région, aident pour qu'il y ait la paix, la stabilité, un
gouvernement élargi et un dialogue" entre les Yéménites.
"Nous sommes d'accord sur le fait que l'instabilité, l'insécurité et la
guerre doivent cesser dans toute la région", a ajouté le président
iranien.
Le président turc islamo-conservateur avait dénoncé fin mars ce qu'il a
appelé la volonté de "domination" de l'Iran au Yémen, appelant Téhéran
à "retirer toutes ses forces du Yémen, de la Syrie et de l'Irak".
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammed Javad Zarif,
avait alors accusé Ankara d'alimenter l'instabilité au Moyen-Orient.
M. Zarif doit se rendre mercredi à Oman puis au Pakistan pour parler notamment du conflit au Yémen, selon l'agence Irna.
Des journaux et députés conservateurs iraniens ont pour leur part
dénoncé les "insultes" de M. Erdogan, demandant l'annulation de cette
visite.
Mardi, le quotidien modéré Shahrvand a publié une caricature de M. Erdogan sur un âne en le qualifiant de Don Quichotte ottoman.
La Turquie et l'Iran s'opposent également sur la Syrie. Téhéran est le
principal allié régional du président Bachar al-Assad alors qu'Ankara
soutient la rébellion.
Malgré ces tensions, les deux pays voisins veulent renforcer leurs
relations commerciales et économiques pour atteindre 30 milliards de
dollars en 2015.
M. Erdogan a toutefois affirmé que le commerce bilatéral était
actuellement défavorable à la Turquie puisque "l'Iran exporte 10
milliards de dollars et importe seulement 4 milliards de produits
turcs".
Il a également souhaité que les échanges commerciaux soient libellés
"dans les monnaies des deux pays" et non plus en dollars ou en euros
afin de ne pas "rester sous la pression" de la valeur de ces deux
devises.
Mais il a demandé une baisse du prix du gaz acheté à l'Iran. "Le gaz
que nous achetons à l'Iran est le plus cher. Si le prix baisse nous
pourrons en acheter plus", a déclaré M. Erdogan, ajoutant: "C'est ce
que doit faire un pays ami".
Il a également souhaité étendre les liaisons aériennes aux villes
moyennes en Iran, ainsi qu'une hausse des importations d'électricité
comme c'est déjà le cas pour plusieurs provinces turques.
Lors de cette visite, huit documents de travail, notamment dans les
domaines des transports, des douanes, de l'industrie et de la santé,
ont aussi été signés. (AFP, 7 avril
2015)
Transit des jihadistes: tensions entre la Turquie et la Tunisie
La Turquie a demandé vendredi à l'ambassadeur de Tunisie de s'expliquer
sur les propos de son pays accusant Ankara de faciliter le transit des
jihadistes vers la Syrie, a déclaré un haut-responsable turc.
"Le ministère des Affaires étrangères demande des explications au sujet
des remarques faites par le ministre tunisien des Affaires étrangères",
a déclaré ce haut-responsable à l'AFP.
Le chef de la diplomatie tunisienne, Taieb Baccouche, a fortement
irrité Ankara en déclarant jeudi devant la presse: "La Turquie est un
lieu de passage de jeunes qui vont combattre en Syrie ou bien qui
reviennent par la Turquie, vers la Libye puis clandestinement vers la
Tunisie".
"Nous avons demandé à notre ambassadeur en Turquie d'attirer
l'attention des autorités turques sur le fait que nous ne voulons pas
que le pays islamique qu'est la Turquie aide directement ou
indirectement le terrorisme en Tunisie en facilitant le déplacement de
terroristes", avait-il ajouté.
Quelque 3.000 Tunisiens combattent, selon les estimations de Tunis, en
Syrie ou en Irak dans des groupes jihadistes comme celui de l'Etat
islamique (EI), qui a revendiqué le sanglant attentat au musée du Bardo
au coeur de la capitale tunisienne le 18 mars.
Quelque 500 de ces vétérans sont rentrés en Tunisie et les autorités
tunisiennes les considèrent comme l'une des principales menaces
sécuritaires pour le pays.
La communauté internationale a déjà reproché à la Turquie de laisser
des jihadistes pour rejoindre l'Etat islamique, qui s'est emparé d'une
grande partie des territoires irakiens et syriens jusqu'à la frontière
turque.
En réponse, Ankara affirme que la Turquie a pris des mesures pour
renforcer la sécurité à ses frontières, appelant l'Occident à un
partage des renseignements et d'une liste complète des candidats
présumés au jihad.
(AFP, 3 avril
2015)
La Turquie veut enquêter sur les "persécutions" des Tatars de Crimée
La Turquie va envoyer en Crimée une "mission informelle" pour y
enquêter sur les "persécutions" dont font l'objet, selon elle, les
Tatars, une minorité musulmane majoritairement opposée à l'annexion en
mars 2014 de la péninsule ukrainienne par la Russie.
"Nous allons envoyer rapidement une mission informelle pour observer
les violations des droits de l'Homme en Crimée", a déclaré vendredi
devant la presse à Vilnius le chef de la diplomatie turque Mevlüt
Cavusoglu.
"La situation en Crimée est inacceptable. Les habitants de la Crimée,
et en particulier les Tatars, sont persécutés, attaqués et leurs droits
sont violés", a ajouté le ministre turc, en visite en Lituanie.
La chaîne de télévision des Tatars de Crimée --qui ont des liens
historiques avec la Turquie-- a cessé d'émettre mercredi après des mois
de pressions exercées par les autorités russes qui l'avaient accusée
d'"extrémisme".
Le président ukrainien Petro Porochenko a condamné la fermeture de la
chaîne et annoncé avoir demandé au ministère de l'Information politique
de mettre en place les conditions permettant à ATR d'émettre en
Ukraine. La station travaillait en trois langues dont le tatar.
En mars 2014, Moscou a annexé la Crimée au terme d'un référendum
contesté, largement boycotté par les 300.000 Tatars de Criméen soit
environ 12% de la population de la péninsule.
Depuis, les autorités russes ont arrêté de nombreux Tatars de Crimée,
dont des dirigeants de la communauté, accusés d'avoir "organisé et
participé à des troubles de masse" lors de heurts qui s'étaient
produits le 26 février 2014 entre partisans et opposants de l'annexion
de la Crimée par la Russie.
En 1944, sur ordre de Staline, les Tatars de Crimée avaient été
déportés en Sibérie et en Asie centrale, accusés d'avoir collaboré avec
les occupants nazis. Ils n'avaient été autorisés à revenir dans la
péninsule qu'en 1991, lorsque la chute de l'URSS a mené à
l'indépendance de l'Ukraine.
(AFP, 3 avril
2015)
Neuf Britanniques arrêtés en Turquie à la frontière syrienne
Quatre enfants dont un bébé d'un an font partie des neuf Britanniques
arrêtés mercredi en Turquie alors qu'ils tentaient de se rendre en
Syrie, a indiqué jeudi la police britannique, précisant qu'ils étaient
tous de la même famille.
Deux femmes âgées de 22 et 47 ans et trois hommes de 21, 22 et 24 ans
ont été arrêtés dans la région d'Hatay, dans le sud de la Turquie, avec
quatre enfants âgés de un, trois, huit et onze ans.
"Neuf personnes de nationalité britannique ont été arrêtées à la
frontière alors qu'elles tentaient d'entrer de Turquie en Syrie", avait
annoncé mercredi l'état-major de l'armée turque dans un communiqué
publié sur son site internet.
Un élu local travailliste a confirmé que son fils était l'un des neuf Britanniques arrêtés.
"J'ai été choqué, inquiet et extrêmement préoccupé d'apprendre que mon
fils a été arrêté à la frontière turco-syrienne. La raison pour
laquelle il était là-bas est un mystère total pour moi alors que je
pensais qu'il effectuait un stage à Birmingham", a-t-il déclaré sans
évoquer les huit autres personnes.
"Il étudie la politique et la sociologie à l'université de Manchester
et a un bel avenir devant lui. Je veux juste parler à mon fils et le
ramener le plus vite possible à la maison pour comprendre ce qui s'est
passé", a-t-il ajouté.
Ils résident tous à Rochdale, près de Manchester (nord-ouest de
l'Angleterre) et doivent être renvoyés au Royaume-Uni "en temps voulu",
a déclaré jeudi une porte-parole de la police britannique.
"Ce qui est évidemment préoccupant c'est de savoir pourquoi une famille
tentait vraisemblablement d'emmener ses enfants, très jeunes et
vulnérables, dans une zone de guerre", a estimé Ian Wiggett de la
police du Grand Manchester.
"Un tel environnement instable et dangereux n'est en aucune manière un endroit pour eux", a-t-il ajouté.
"L'une de nos principales préoccupations est la sécurité et le
bien-être des jeunes enfants et nous travaillons avec nos partenaires
pour nous assurer qu'un dispositif de protection soit en place à leur
retour au Royaume-Uni", a-t-il encore expliqué.
Une enquête est en cours pour déterminer les raisons pour lesquelles
cette famille se rendait en Syrie mais la police a indiqué que ses
membres ne représentaient pas a priori une menace imminente pour le
Royaume-Uni.
La Turquie est régulièrement accusée par ses partenaires occidentaux de
ne pas empêcher le flux actuel de candidats au jihad de rejoindre le
groupe Etat islamique (EI), qui a pris possession de vastes pans de
territoires en Irak et en Syrie.
Ankara a notamment été durement critiqué pour ne pas avoir empêché le
passage de trois adolescentes britanniques en Syrie en février, parties
y rejoindre l'EI.
La Turquie a récemment renforcé ses contrôles aux frontières et expulsé
le mois dernier vers la Grande-Bretagne une jeune femme et trois
adolescents britanniques soupçonnés de vouloir rejoindre les rangs des
jihadistes.
(AFP, 2 avril
2015)
Chypre
et la Grèce / Cyprus and Greece
Scandale: Erdogan rappelle à l'ordre le nouveau président chypriote-turc

Le président islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan a
publiquement rappelé à l'ordre lundi le tout nouveau président
chypriote-turc Mustafa Akinci en lui reprochant d'avoir revendiqué un
peu vite son émancipation vis-à-vis d'Ankara.
"M. le président ne réalise pas bien ce qu'il dit", a lancé M. Erdogan devant la presse avant
de quitter Ankara pour une visite au Koweït, assurant que la Turquie
entendait bien garder sa mainmise sur la République turque de Chypre du
Nord (RTCN).
M. Akinci a été élu dimanche à la présidence de Chypre-Nord pour un
mandat de cinq ans. Connu pour ses positions favorables à la
réconciliation entre les deux parties de l'île, il a plaidé pour que
les Chypriotes-turcs gardent "le contrôle de leurs propres
institutions". "Nous serons maîtres chez nous", a-t-il ajouté.
Le chef de l'État turc a immédiatement rappelé les règles du jeu à M. Akinci.
"Chaque année, nous contribuons à hauteur d'un milliard de dollars" au
budget de la RTCN, a souligné M. Erdogan , "nous avons payé un lourd
tribut (à Chypre-Nord) et c'est justement pour cela que nous en sommes
la mère-patrie".
Interrogé lundi par la chaîne d'information CNN-Türk, M. Akinci a
indiqué ne pas vouloir de tensions avec Ankara mais insisté vouloir des
"rapports sains et directs" avec la Turquie.
La RTCN, créée en 1983, est uniquement reconnue par Ankara, qui
contribue à un tiers de son budget et finance ses infrastructures.
Chypre est divisée depuis l'invasion en 1974 de son tiers nord par la
Turquie en réaction à un coup d'État nationaliste visant à rattacher
l'île à la Grèce. Les efforts internationaux menés depuis n'ont pas
abouti à une réunification.
L'élection de M. Akinci a ravivé les espoirs d'une réconciliation sur l'île méditerranéenne.
L'élection d'un nouveau dirigeant chypriote-turc suscite espoir à Chypre
La presse et le dirigeant chypriote-grec Nicos Anastasiades ont exprimé
lundi leur espoir d'avancer vers la réunification de l'île
méditerranéenne divisée depuis plus de quarante ans, après l'élection
d'un nouveau dirigeant chypriote-turc dans la partie nord de l'île.
Mais la Turquie, seul Etat à reconnaître la République turque de
Chypre-nord (RTCN), a rapidement émis des réserves à l'élection de
Mustafa Akinci, qui n'a pas caché son intention de desserer les liens
avec Ankara.
"L'espoir existe de voir notre patrie réunifiée pour devenir un Etat
moderne gouverné selon les principes de l'Union européenne, ce qui
ouvre des perspectives de coopération, de paix et de tranquillité", a
déclaré le président de la République de Chypre, Nicos Anastasiades,
dont l'autorité s'exerce sur la partie sud de l'île.
La veille, il avait félicité Mustafa Akinci, élu avec 60,50% des voix
"président" de la RTCN, petit bout de territoire non reconnu par la
communauté internationale et qui occupe le tiers nord de Chypre depuis
son invasion par la Turquie il y a plus de 40 ans.
"Notre main est tendue (...) comme une invitation à la coopération", a
ajouté M. Anastasiades, dont le pays a adhéré à l'UE en 2004.
M. Akinci, homme politique expérimenté de centre-gauche, est connu pour ses positions favorables à la réconciliation.
Les deux hommes devraient se rencontrer très rapidement à l'occasion de
la reprise des négociations de paix, suspendues depuis des mois et dont
l'ONU a annoncé début avril la reprise.
Les Nations unies ont indiqué que l'envoyé spécial de l'ONU Espen Barth Eide était attendu sur l'île du 4 au 8 mai.
La presse chypriote-grecque s'est aussi réjoui de l'élection de Mustafa
Akinci, dont le logo de campagne était la branche d'olivier. "Une page
a été tournée avec Akinci", titrait le principal quotidien
chypriote-grec Phileleftheros, tandis que le journal communiste
Haravghi évoquait "une branche d'olivier portant la fleur de l'espoir"
sur sa une.
Après sa victoire, M. Akinci, élu pour cinq ans, a réitéré sa volonté
de "mettre en oeuvre une politique visant à trouver une solution" à la
division.
"Les Chypriotes-turcs doivent avoir le contrôle de leurs propres
institutions. Nous serons maîtres chez nous", a-t-il ajouté au sujet
des relations avec la Turquie, qui contribue à un tiers du budget de la
RTCN.
Une déclaration qui a immédiatement fait bondir Ankara, le président
islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan rappelant dès lundi à
l'ordre le tout nouveau "président".
"M. le président ne réalise pas bien ce qu'il dit", a lancé M. Erdogan
devant la presse, assurant que la Turquie entendait bien garder sa
mainmise sur la RTCN.
"Chaque année, nous contribuons à hauteur d'un milliard de dollars" au
budget de la RTCN, a souligné M. Erdogan. "Nous avons payé un lourd
tribut (à Chypre-Nord) et c'est justement pour cela que nous en sommes
la mère-patrie". (AFP, 27 avril
2015)
Les Chypriotes-turcs élisent le candidat de centre-gauche à la "présidence"
Les habitants de la République turque de Chypre-Nord, autoproclamée,
ont élu dimanche à la "présidence" Mustafa Akinci (centre-gauche), dont
la tâche principale sera de relancer des pourparlers de paix avec les
Chypriotes-grecs plus de 40 ans après la partition de l'île
méditerranéenne.
M. Akinci, homme politique expérimenté considéré comme favorable à une
réconciliation avec la partie chypriote-grecque (sud), a été élu avec
60,50% des voix face à son rival, le président nationaliste sortant
Dervis Eroglu.
"Quand le temps est venu pour le changement, aucun pouvoir ne peut
l'arrêter", a déclaré après l'annonce des résultats M. Akinci, 67 ans.
Des centaines de personnes se sont rassemblées sur une place de Nicosie
pour fêter la victoire de cet ancien maire de la partie nord de la
dernière capitale européenne à être divisée.
Quelque 64% des 176.000 inscrits ont participé au scrutin dans ce petit
bout de territoire non reconnu par la communauté internationale, qui
occupe le tiers nord de Chypre.
Nicos Anastasiades, le président de la République de Chypre, dont
l'autorité ne s'étend que sur la partie sud de l'île, a dans un tweet
salué la victoire de M. Akinci, un choix "prometteur pour le
développement de notre patrie commune".
Les deux hommes se sont ensuite parlé au téléphone, faisant part de
leur "désir d'une véritable réunification" du pays, selon un second
tweet de M. Anastasiades.
MM. Akinci et Anastasiades devraient se rencontrer très rapidement à
l'occasion de la reprise des pourparlers de paix, attendue pour mai.
Le "président" de la République turque de Chypre-Nord (RTCN) a pour
principale mission de mener ses négociations visant à réunifier l'île,
la gestion des affaires internes étant à la charge du gouvernement.
Le mandat de M. Eroglu avait été marqué par deux retraits de la table
de négociations, la première fois en 2012 lorsque les Chypriotes-turcs
ont rompu le dialogue en réaction à la prise par Chypre de la
présidence tournante de l'Union européenne, la seconde en 2014, lorsque
les Chypriotes-grecs sont partis après l'envoi par la Turquie d'un
navire sismique dans leur zone économique exclusive (ZEE).
Chypre est divisée depuis l'invasion en 1974 de son tiers nord par la
Turquie en réaction à un coup d'Etat nationaliste visant à rattacher
l'île à la Grèce. La RTCN, créée en 1983 et sous le coup de sanctions
internationales, est uniquement reconnue par Ankara, qui contribue à un
tiers de son budget, et finance l'immense majorité de ses
infrastructures.
- Espoirs -
M. Akinci devra donc ménager la Turquie, mais beaucoup espèrent qu'il
parviendra à une solution après plus de 40 ans d'efforts infructueux,
ayant été un fervent partisan de la coopération bi-communautaire lors
de ses 14 années comme maire de la partie nord (occupée) de Nicosie.
Les pourparlers pour réunifier le pays traînent depuis des années sans
enregistrer de véritable percée sur les principaux sujets -le partage
du pouvoir, le sort des propriétés spoliées et les ajustements
territoriaux.
L'envoyé spécial de l'ONU Espen Barth Eide a téléphoné au vainqueur de
l'élection et "salué son engagement à reprendre des négociations dès
que possible".
La campagne a cependant suscité moins d'enthousiasme que lors du
précédent scrutin, en 2010, où 75% des électeurs s'étaient déplacés.
"Pour notre futur, pour le futur de l'île, il est important de voter",
expliquait cependant, optimiste Arman Anik, 38 ans, dans un bureau de
vote de Nicosie. "Nous entrons dans une période critique, et il est
important de donner le poste à la bonne personne".
L'entre deux tours a pourtant été marqué par ce que M. Akinci a qualifié de "développements indésirables".
L'entourage de Dervis Eroglu, 77 ans, a accusé notamment M. Akinci de
vouloir ôter un gigantesque drapeau chypriote-turc peint à flanc de
montagne face à Nicosie, et les organisateurs du scrutin ont annoncé
une enquête sur des allégations selon lesquelles 50 bulletins de vote
avaient disparu d'un bureau à Famagouste.
Les Etats-Unis et la Turquie ont espéré la semaine dernière que 2015
soit la dernière année de partition de Chypre, mais certains électeurs
étaient plus circonspects.
"Les gens que nous avons élus dans le passé nous avaient fait espérer, puis ils n'ont rien fait", a lâché, amer, Ugur Barani. (AFP, 26 avril
2015)
Les Chypriotes-turcs votent en espérant s'ouvrir au monde
Aux marges de l'Union européenne, la République turque de Chypre nord
(RTCN) vote dimanche pour élire le "président" de ce territoire reconnu
par un seul pays, la Turquie, et dont les habitants espèrent s'ouvrir
davantage au monde.
La principale tâche du vainqueur sera de mener les négociations de paix
avec la République de Chypre, pays membre de l'UE qui couvre les
deux-tiers de l'île méditerranéenne.
Mais les quelque 300.000 habitants de la RTCN ne nourrissent pas de
grands espoirs, conscients que le "président" héritera d'une situation
qu'aucun leader, aucune résolution de l'ONU, n'a réussi à régler en 40
ans.
"C'est mon devoir de voter", affirme toutefois Ahmed Shaheen, 29 ans,
qui aimerait croire à la fin prochaine de l'isolement de la RTCN. "Il
n'y a pas d'avenir ici parce que c'est fermé".
Assise devant sa boutique du vieux marché de Nicosie nord, Erham Tayfor
rêve aussi que les choses changent. "Nous voulons pouvoir bouger
librement et faire du commerce sans embargo", soupire cette femme de 62
ans, dont l'échoppe regorge de paniers, châles et babioles.
La RTCN vit sous perfusion de la Turquie, dont les côtes sont distantes
d'environ 80 km. Pour le reste du monde, ce territoire est une zone
occupée par Ankara depuis son annexion en 1974 en réaction à un coup
d'Etat nationaliste visant à rattacher Chypre à la Grèce.
Un millier de soldats de l'ONU surveillent la "ligne verte" qui coupe
l'île d'est en ouest, tandis que des dizaines de milliers de militaires
turcs sont stationnés à Chypre-nord.
"Les gens sont nés, ont vécu, ont eu des enfants et sont morts en
attendant que les dirigeants résolvent la situation. En vain", avance
Ermine Colak, avocate et spécialiste des droits de l'Homme, pour
expliquer le désintérêt croissant de la population.
"Le problème chypriote" a été le principal enjeu de la campagne livrée
par les sept candidats, dont le "président" sortant et candidat à sa
propre succession, Dervis Eroglu.
Leurs visages s'affichent en grand sur les façades de Nicosie nord,
Famagouste, Kyrenia et Morfou, les grandes villes où ils ont tenu des
meetings. La participation s'annonce élevée, selon les experts.
- 'Danseuses du ventre' -
Les débats ont aussi porté sur l'épineuse question des relations entre
la RTCN et la Turquie, qui contribue à 30% du budget et finance une
grande partie des infrastructures.
"Je veux que le futur 'président' ne prenne ses ordres ni auprès de la
Turquie ni auprès d'aucun autre pays", lance Erham Tayfor. "Nous ne
voulons aucune interférence".
M. Eroglu est accusé par ses adversaires d'être trop proche d'Ankara.
Mais beaucoup doutent que cette dépendance soit moins forte si l'un des
deux autres candidats bien placés, l'ancien maire de Nicosie Mustafa
Akinci ou la présidente de l'Assemblée Sibel Siber, l'emportait.
"Les candidats sont comme des danseuses du ventre qui ne doivent pas
embêter la Turquie et dans le même temps montrer qu'ils le pourraient
s'ils le voulaient", explique l'analyste Mete Hatay.
Pour la première fois, la campagne a été marquée par l'apparition
d'autres thèmes, même si constitutionnellement le président a peu de
pouvoir en dehors des négociations de paix. "Pour les gens dans la rue,
le 'président' devrait aussi se préoccuper de l'environnement, de
l'éducation ou de la santé", souligne Ahmed Sozen, vice-recteur à
l'Eastern Mediterranean University de Famagouste.
Il se déclare également surpris que les débats aient porté sur des questions délicates comme "la corruption ou le népotisme".
C'est d'ailleurs pour cela que Gamze Karaderi ira voter dimanche. Cette
ancienne avocate de 36 ans a raccroché la robe, dégoûtée d'un "système"
qui ne lui a jamais permis de devenir juge, son rêve, parce qu'elle n'a
pas les bonnes connections selon elle.
Gamze Karaderi travaille depuis dans une boutique du vieux
caravansérail de Nicosie, pour rien ou presque. Mais "je n'ai pas
abandonné tout espoir. J'aime toujours mon pays", témoigne-t-elle. (AFP, 15 avril
2015)
L'ONU annonce une prochaine reprise du dialogue à Chypre
Les pourparlers sur la réunification de Chypre, à l'arrêt depuis six
mois, doivent reprendre dans les prochaines semaines à la faveur d'un
apaisement des tensions liées aux richesses énergétiques de cette île
méditerranéenne divisée depuis quatre décennies.
C'est l'envoyé spécial de l'ONU Espen Barth Eide qui a fait cette
annonce mardi à la presse à Nicosie, sans avancer de date précise. Mais
il a évoqué une relance des négociations après l'élection du dirigeant
chypriote-turc lors d'un scrutin à deux tours débutant le 19 avril.
L'île est coupée en deux depuis l'invasion en 1974 de son tiers nord
par la Turquie en réaction à un coup d'Etat visant à rattacher l'île à
la Grèce. La partie sud majoritairement hellénophone est gouvernée par
la République de Chypre reconnue par la communauté internationale;
celle du nord est dirigée par la "République turque de Chypre du Nord
(RTCN)", entité autoproclamée reconnue uniquement par Ankara.
Les pourparlers pour réunifier le pays traînent depuis des années sans
enregistrer de véritable percée sur les principaux sujets -le partage
du pouvoir, les droits de propriété et les ajustements territoriaux.
Chypriotes-grecs et Chypriotes-turcs se sont mis d'accord pour
reprendre les négociations sous l'égide de l'ONU "dans plusieurs
semaines, et pas plusieurs mois, à partir d'aujourd'hui", a déclaré M.
Eide.
"Je crois fermement que 2015 sera une année décisive, dans la bonne
direction", a ajouté le diplomate norvégien, en espérant parvenir à un
"compromis stratégique".
- 'Dialogue sérieux' -
"C'est une fenêtre d'opportunité qui ne va pas rester ouverte à jamais.
Ce pays doit trouver une solution, c'est possible, chaque question peut
être réglée s'il y a une volonté", a dit M. Eide.
Outre les divergences politiques entre les deux camps, la découverte
d'importantes réserves de gaz au large de Chypre avait redonné un coup
de fouet aux discussions et généré de vives tensions entre Nicosie et
Ankara.
A Nicosie, le porte-parole du gouvernement Nicos Christodoulides a
affirmé que M. Eide avait assuré le président Nicos Anastasiades que la
Turquie faciliterait le processus de paix et ne publierait pas un
nouvel avis de recherches maritimes au large des côtes sud de l'île.
"Nous attendons de voir cela dans les faits", a-t-il dit en soulignant
que pour "faciliter" la reprise du dialogue, la Turquie ne "devrait
plus avoir recours à des actes illégaux comme en octobre 2014 et
devrait soutenir le processus de négociations".
"Dans ces circonstances (...), nous sommes prêts à reprendre un
dialogue sincère et sérieux (...) loin des menaces et intimidations",
a-t-il ajouté.
M. Anastasiades et le chef de la RTCN Dervis Eroglu avaient relancé les
négociations en février 2014, après deux ans de suspension.
Mais en octobre 2014, les Chypriotes-grecs s'étaient retirés des
pourparlers pour protester contre des prospections maritimes de la
Turquie dans leur zone économique exclusive (ZEE), considérant cela
comme une tentative de violer leur droit à exploiter leurs ressources
gazières et pétrolières.
- Querelle sur le gaz -
La Turquie avait envoyé un bateau pour sonder les fonds marins dans la
ZEE au large des côtes sud de l'île. Mais ce navire avait ensuite
quitté la ZEE, au moment où le consortium italo-coréen ENI-Kogas et le
Français Total annonçaient ne pas avoir trouvé de réserves exploitables.
De plus, un avis publié préalablement à d'éventuelles nouvelles
recherches a expiré le 6 avril sans que la Turquie ne le prolonge, une
attitude qui favorise une relance des négociations.
La République de Chypre, membre de l'Union européenne, a néanmoins
averti qu'en cas de nouvelle violation de sa ZEE, elle se retirerait à
nouveau des négociations.
Ankara est opposée à ce que la République de Chypre exploite les
réserves en hydrocarbures découvertes au large de ses côtes avant un
accord sur la réunification, afin de permettre à tous, Chypriotes-grecs
comme Chypriotes-turcs, de bénéficier des retombées.
Pour les Chypriotes-grecs, l'exploitation des richesses gazières ne doit pas être suspendue à un compromis. (AFP, 7 avril
2015)
Chypre vote une loi criminalisant la négation du génocide arménien
Les députés chypriotes ont voté jeudi à l'unanimité une loi
criminalisant la négation des massacres d'Arméniens commis sous
l'Empire ottoman il y a un siècle, qu'ils qualifient de "génocide".
La loi établit le 24 avril, date des premiers massacres en 1915, comme
Journée nationale du souvenir à Chypre, où les membres de la minorité
arménienne sont pour la plupart des descendants des rescapés du
"génocide".
L'île méditerranéenne a elle-même fait partie de l'Empire ottoman,
avant d'être intégrée à l'empire colonial britannique au XIXe siècle.
Chypre entretient une très grande animosité à l'égard d'Ankara depuis
l'invasion en 1974 du nord du pays par la Turquie, en réaction à un
coup d'Etat visant à rattacher l'île à la Grèce. L'île et sa capitale
sont depuis divisées.
La Turquie a toujours refusé d'admettre toute élimination planifiée et
le terme de "génocide", évoquant la mort d'environ 500.000 Arméniens
(contre 1,5 million selon l'Arménie), qui s'étaient rangés du côté de
son ennemie la Russie, lors de combats ou à cause de famines.
Selon l'Institut national arménien, vingt-et-un pays, dont la France et
la Russie, reconnaissent les tueries comme un "génocide".
La loi votée par les parlementaires chypriotes est un amendement à un
texte préexistant contre le racisme, les crimes haineux et les
comportements xénophobes.
Le président du Parlement, Yiannakis Omirou, a salué un vote permettant
de "restaurer (...) la vérité historique", affirmant que le "génocide
arménien" constituait "l'un plus important et des plus odieux crimes de
l'histoire moderne de l'humanité".
(AFP, 2 avril
2015)
Immigration
/ Migration
Commémoration massive du 100ème
anniversaire en Belgique

Plus de 3000 personnes, selon la police, ont marché
vendredi après-midi à Bruxelles pour la commémoration du 100ème
anniversaire du début du génocide arménien et pour sa reconnaissance
par tous les Etats et plus particulièrement la Belgique.
Cette journée de commémoration a été initiée dès 10h00 par une messe à
l'Église apostolique arménienne d'Ixelles située rue Kindermans. Cet
hommage a été suivi de 12h00 à 13h30 par un dépôt de fleurs square
Henri Michaux, devant le monument dressé pour les victimes du génocide
arménien. Les manifestants ont ensuite marché à partir de 14h00 de la
gare Centrale jusqu'au Parlement européen, en passant devant
l'ambassade de Turquie où un arrêt a été marqué pour demander la
reconnaissance du génocide arménien par l'Etat turc. Le rassemblement
final place du Luxembourg s'est terminé à 18h00.
Les manifestants ont rappelé que le 24 avril 1915, le dernier
gouvernement de l'empire Ottoman a donné l'ordre d'arrêter les
intellectuels arméniens. Ils seront environ 2300 en deux jours. Entre
1915 et 1917, il est estimé qu'un million et demi d'Arméniens ont été
déportés et massacrés au cours de ce qui a été le premier génocide du
20ème siècle.
"C'était un crime contre l'humanité, pas seulement contre les Arméniens
et les chrétiens. En tant que Belges d'origine arménienne, on demande à
notre pays de reconnaitre le génocide arménien. En 1988, seul le Sénat
belge l'a reconnu. Nous demandons largement la reconnaissance du
génocide arménien, mais aussi sa réparation et la pénalisation de la
négation du génocide", a expliqué Peter Petrossian, président du Comité
de défense de la cause arménienne de Belgique, qui estime entre 30 000
et 35 000 le nombre de Belges d'origine arménienne.
Côté bruxellois, le président de l'assemblée, Charles Picqué, avait
plus tôt proposé aux députés présents d'observer une minute de silence
pour mettre fin à la polémique née cette semaine dans les couloirs du
parlement, certains ayant soupçonné le PS d'avoir usé d'un stratagème
pour ne pas exposer certains élus dans ses rangs à prendre part à un
hommage alors que l'État turc n'a jusqu'ici jamais reconnu l'existence
d'un génocide du peuple arménien il y a un siècle.
Charles Picqué a annoncé qu'étaient maintenues les deux initiatives
décidées au sein du bureau de l'assemblée, à savoir le dépôt d'une
gerbe de fleur, par lui-même et les membres du bureau qui le souhaitent
au pied du monument érigé à la mémoire des victimes du génocide
arménien, et par ailleurs l'envoi d'une lettre aux présidents de la
Commission, du Conseil et du Parlement européens pour faire part de la
solidarité des députés bruxellois avec toute initiative positive à
l'égard des naufragés.
La cheffe du groupe Ecolo, Zoé Genot, s'était indignée en milieu de
semaine du refus du bureau de suivre sa demande d'organiser une minute
de silence en hommage des victimes du génocide arménien, perpétré il y
a cent ans cette année.
Le chef du groupe FDF, Emmanuel De Bock, dont la formation est dans la
majorité, avait affirmé qu'il avait soutenu cette demande. Non sans
provoquer des grincements de dents chez son partenaire socialiste, il
avait notamment affirmé que le PS tenait dans ses rangs "les plus
fervents négationnistes par rapport à la reconnaissance du génocide
arménien". (RTBF, avec Belga, 24 avril 2015)
*) La grande marche a été organisée par:
Comité des commémorations des victimes du génocide de 1915
Ateliers du Soleil
ATIK (Confédération des Ouvriers de Turquie en Europe)
Centre Culturel Kurde de Bruxelles
Collectif d’immigres en Belgique
Comité de Coordination Belge du Centenaire du Génocide Arménien
European Syriac Union
Fédération des Araméens (Syriaque) de Belgique
Fédération des Associations Kurdes en Belgique
Fédération Union des Alévis en Belgique- FUAB
Fondation Info-Türk
Institut Assyrien de Belgique
Institut Kurde de Bruxelles
La Maison des Yézidis
La Maison du peuple – BXL
Reportage du quotidien Le Soir sur la grande marche à Bruxelles
C’était le jour attendu par tous les Arméniens. Le 24 avril 2015, date du centenaire du génocide arménien.
Il y a cent ans, en 1915, des élites arméniennes étaient enlevées à
Constantinople sur ordre du gouvernement jeune-turc qui dirigeait alors
l’Empire ottoman. C’était le début des déportations et des massacres
des Arméniens, des Grecs du Pont et des Syriaques qui vivaient en
Anatolie; le début de l’extermination de deux millions de personnes.
Hier, cent ans jour pour jour après les faits, des descendants des
rescapés du premier génocide du XXe siècle ont réclamé «justice», dans
les rues de Bruxelles. Un cortège de 3.000 personnes, selon les forces
de l’ordre, a traversé une partie de la capitale avec une multitude de
slogans, dont deux principaux: «Le silence appelle un autre génocide»
et «Justice pour les Arméniens».
«Quelle justice? Et bien la reconnaissance du génocide par la Turquie,
pour commencer. Ensuite, ce qui va avec: un dédommagement moral et la
reconnaissance de notre langue», explique Orban. Il parle fort pour
couvrir les cris d’une organisatrice, postée quelques mètres devant:
«On ne vous entend pas les Arméniens! On n’est pas là pour
pique-niquer!» C’est le début de la manifestation, la foule n’est pas
encore très chaude.
«Je veux mes terres, Etat génocidaire», peut-on lire à gauche et à
droite. Ces manifestants attendent davantage de la «justice pour les
Arméniens»: que la Turquie leur rende les terres occupées autrefois par
leurs ancêtres. «En 1915, la moitié de la Turquie était arménienne.
Quand elle aura reconnu le génocide, l’étape suivante sera de nous
rendre ces terres», estime Hagop, un jeune.
Katia, venue d’Anvers pour l’occasion, nuance: «Tous les Arméniens ont
gardé les bouts de papier qui mentionnent les terres qui leur
appartiennent. Ils espèrent les récupérer un jour. Mais moi je n’y
crois pas. Tout ce que je veux, c’est que la Turquie reconnaisse le
génocide. Quand on entend les Turcs parler d’actes de guerre, ça fait
vraiment mal.»
Le cortège se dirige vers l’ambassade de Turquie. L’ambiance va monter,
avait prévenu un manifestant. Effectivement, ça crie et ça siffle bien,
maintenant. Il y a même des fumigènes aux couleurs du drapeau arménien.
Un barrage de policiers empêche le cortège d’approcher l’ambassade.
Mais les manifestants ne tentent pas vraiment de débordements. Seuls
quelques jeunes mettent le feu à un drapeau turc et jettent des œufs en
direction du bâtiment. Un aîné les recadre presque aussitôt…
L’agressivité se limite aux chants des uns («Qu’est-ce que tu manges?
La tête d’un Turc! Qu’est-ce que tu bois? Le sang d’un Turc!») ou aux
slogans des autres («Etat turc, assassin!»).
Si la Turquie en prend pour son grade, les pays qui reconnaissent le
génocide arménien sont, eux, mis à l’honneur. En tête de cortège: une
grande banderole qui remercie les 24 pays en question. Dans la foule:
des drapeaux belges (le Sénat a reconnu le génocide en 1998) et
européens (une résolution du Parlement européen a été votée il y a deux
semaines).
Il y a aussi affiches adressées au pape François(«Thank you Father»),
pour le remercier d’avoir qualifié les massacres de 1915 de «génocide».
«Et il n’a pas oublié de mentionner les autres ethnies massacrées»,
insiste Numan, un Araméen qui estime que les 500.000 victimes
syriaques, grecques et araméennes du génocide sont occultées. «Les
médias ne citent que les Arméniens. Pourtant, ça ne coûte rien
d’ajouter les mots grec et assyrien quand ils parlent du génocide…»
Un avis partagé par d’autres manifestants non-Arméniens: il y a un
génocide oublié au cœur du génocide non-reconnu. (Le Soir, CATHERINE
JOIE, 25 avril)
European Summit outcome: A face-saving not a life-saving operation
Communiqué by Amnesty International:
(Brussels, 23 April 2015) The commitment from several European nations
to provide resources, ships and aircrafts to search and rescue
operations in the Mediterranean is welcome on paper, but the failure to
extend Triton’s operational area will fatally undermine these promises.
The announcement of increased funding and assets towards existing
European Union (EU) border control operations, including Operation
Triton, came at the end of an emergency summit in Brussels on the
humanitarian crisis in the Mediterranean.
A planned tripling of finances towards Triton will not address the
reality of the search and rescue needs in the Mediterranean unless the
operational area is extended to the high seas where most of the deaths
occur.
“Having ships in the Mediterranean only matters if they are in the
right place as the deadly shortcomings of Operation Triton have
demonstrated. Unless they go the full mile, migrants and refugees will
continue to drown,” said Iverna McGowan acting Director of Amnesty
International’s European Institutions Office in Brussels.
“If Triton’s mandate can’t be changed, then Triton is not the solution,
however many resources one gives it. Real solutions could have been
agreed today. No one should be fooled. They haven’t been.”
Today’s Council Conclusions on paper suggest that the European
governments are taking a serious stance on the humanitarian crisis in
the Mediterranean. In practice however, they are still only meeting the
problem halfway.
For more information or to arrange an interview please contact:
Maeve Patterson
Head of Media & Communications
Amnesty International European Institutions Office
Email: mpatterson@amnesty.eu
Telephone: +32 (0)2 548 27 73
Mobile: +32 (0)483 680 812
Twitter: @mpat79
Kimyongür dénonce le signalement de son épouse dans le fichier Interpol
Le militant politique belgo-turc Bahar Kimyongür a annoncé jeudi à
l'agence Belga que son épouse Deniz avait été arrêtée le 5 avril
dernier à l'aéroport de Zurich (Suisse) à cause d'un mandat d'arrêt
international à son nom émis par la Turquie. Le service Interpol de
Berne a indiqué aux policiers qu'il ne souhaitait pas la poursuivre et
elle a été libérée après seulement une à deux heures. Bahar Kimyongür
demande à Interpol la radiation du signalement de son épouse.
Des faits anciens ont été évoqués à la base de son signalement. La
Turquie avait initié une procédure judiciaire à la suite de leur
interpellation conjointe du ministre turc des Affaires étrangères
Ismail Cem au Parlement européen, le 28 novembre 2000. Deniz a
bénéficié d'un non-lieu le 16 juillet dernier, pour cause de
prescription.
"Il n'y a jamais eu de signalement Interpol contre Deniz à ma
connaissance", remarque Bahar Kimyongür. "Elle n'a jamais été arrêtée à
une frontière. Il semble donc que ce soit un nouveau signalement. (...)
C'est abject de s'en prendre aujourd'hui à ma famille". L'activiste
belge a annoncé en décembre qu'il ne se rendrait pas en Turquie pour
participer au procès qui devait lui permettre d'être acquitté des
charges de terrorisme relatives à ses liens avec le groupe DHKP-C.
Pour rappel, Bahar Kimyongür a été arrêté le 28 avril 2006 aux Pays-Bas
et libéré le 4 juillet après 68 jours d'emprisonnement. Il a ensuite
été arrêté le 17 juin 2013 en Espagne et libéré sous caution le 20
juin. Le 21 novembre 2013, il est à nouveau arrêté en Italie. Il a
passé dix jours en prison avant d'être assigné à résidence. L'Audiencia
nacional de Madrid a refusé son extradition en juillet 2014. Le 21
février 2014, Interpol a provisoirement bloqué son signalement et, le
11 mars, la Cour d'appel de Brescia (Italie) a ordonné sa remise en
liberté. Sa radiation du fichier d'Interpol a été actée le 22 août
dernier. En Belgique, Bahar Kimyongür a été condamné à 4 ans de prison
le 28 février 2006 par le tribunal de première instance de Bruges pour
appartenance au DHKP-C. Il a été acquitté définitivement le 23 décembre
2009 par la cour d'appel de Bruxelles. (Belga, 23 avril 2015)
Enquête sur le décès d'Eda, 3 ans, aux cliniques Saint-Luc
Eda, une fillette de 3 ans, est décédée ce samedi matin, aux cliniques
universitaires Saint-Luc. Le décès a été qualifié de naturel par le
personnel hospitalier. Mais la famille de la petite Eda a déposé
plainte pour abstention coupable dans le chef des médecins des
cliniques Saint-Luc.
Pour les parents d'Eda en provenance de Turquie, si un anesthésiste
s’était occupé à temps de leur fille, cette dernière serait toujours en
vie. “C’est d’ailleurs ce qu’un médecin nous a ouvertement avoué devant
des policiers et d’autres témoins, samedi matin. Il ne s’est pas occupé
du cas de la petite mais nous a affirmé avoir regardé dans son dossier
et nous a clairement déclaré que si un anesthiste avait été disponible,
nous n’en serions pas là”, affirme la tante de la fillette, devant les
parents de l’enfant.
Jusqu'à vendredi matin, tout allait pourtant bien, déclarent les
parents, dont l’enfant a vu son état se dégrader subitement dans
l’après-midi. “Elle était si pâle et présentait des taches sur le
visage. Avant de se rendre aux urgences, elle a demandé à passer aux
toilettes. Et là, elle a uriné du sang”.
Aux urgences, le personnel se veut toutefois rassurant le vendredi
soir, vis-à-vis des parents. “Ils ont dit que la petite avait besoin
d’une transfusion mais que pour ce faire, il fallait l’anesthésier et
attendre qu’une anesthésiste soit disponible. Il a fallu attendre toute
la nuit. Le temps nécessaire pour que la petite se vide complètement de
son sang, jusqu’à en mourir samedi matin”, affirme Emine, la tante de
la petite Eda.
Plainte a donc été déposée ce week-end par les parents de la fillette.
Au parquet de Bruxelles, une instruction a immédiatement été ouverte. A
la demande de la juge d’instruction Panou, l’autopsie du corps de la
fillette devait, en principe, être réalisée dans le courant de la
journée de ce lundi.
Au parquet de Bruxelles, la porte-parole, qui confirme l’existence d’une instruction, se refuse à tout commentaire.
Les parents d’Eda ont déjà pris conseil auprès du cabinet de l’avocat
Sven Mary. Ils comptent bien obtenir toute la clarté sur le décès de
leur enfant.
Contactées par La DH, les cliniques universitaires Saint-Luc ne
souhaitent pas s’étendre sur l’affaire, se limitant à renvoyer la
réponse suivante, par voie électronique : “L’hôpital partage la peine
de la famille d’Eda Unlü Songul. Eu égard à l’enquête en cours,
l’hôpital ne souhaite cependant pas commenter la situation
particulièrement complexe, même pour un centre d’expertise.” (http://www.lalibre.be/actu/)
Kurdes assassinées: Valls est "loin" de son engagement de transparence
Les familles des trois militantes kurdes
assassinées à Paris en 2013 reprochent à Manuel Valls d'être "loin de
(son) engagement de faire toute la lumière" sur ces crimes, en ne
déclassifiant pas largement des documents confidentiels, dans une
lettre dont l'AFP a eu copie vendredi.
"Lorsque vous vous êtes rendu au matin du 10 janvier 2013" sur les
lieux des crimes, "en plein coeur de Paris, vos fortes paroles ont
donné espoir aux familles des victimes que nous représentons", écrivent
les avocats dans ce courrier daté du 27 mars, adressé à Manuel Valls,
ministre de l'Intérieur à l'époque des faits.
Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez avaient été abattues
quelques heures plus tôt. Un Turc, Omer Guney, actuellement incarcéré,
est soupçonné d'être leur assassin. Il nie.
Convaincues d'une implication des services secrets turcs, les familles
des victimes veulent que l'enquête s'oriente dans cette direction.
Explorant cette piste, la magistrate antiterroriste en charge de
l'instruction a fait des demandes de déclassification de documents aux
ministères de l'Intérieur et de la Défense.
En janvier et février, la Commission consultative du secret de la
défense nationale (CCSDN) a donné aux ministres un avis recommandant
des déclassifications très partielles.
Un avis consultatif que les ministres ont suivi en transmettant à
la juge des documents "massivement caviardés", "déjà connus en
procédure ou (figurant) dans le domaine public, de telle sorte qu'ils
n'apportent aucun élément permettant de faire progresser utilement les
investigations", déplorent les avocats.
"A titre d'exemples, une note du 7 janvier 2013, soit l'avant-veille
des assassinats, n'est déclassifiée qu'à raison de trois paragraphes
généraux sur la situation d'une des victimes, à l'exclusion des cinq
autres pages du document émanant de la DGSI", détaillent-ils. "Il en
est de même d'une note de ce service du 23 janvier 2013" sur Guney
"comportant sept pages dont la quasi intégralité n'a pas été
déclassifiée".
"On est loin de l'engagement que vous aviez pris de faire toute la
lumière sur cet acte insupportable", reprochent les avocats qui
demandent au Premier ministre de faire en sorte que son gouvernement
participe "pleinement à l'élucidation de ces assassinats en produisant
les pièces de nature à faire avancer les investigations et à éclairer
la Justice". (AFP, 17 avril
2015)
Appel commun à Bruxelles: 100 ans de déni ça suffit!
Il y a 100 ans… La terre de grandes civilisations au sud-est de
l’Europe a été salie par le premier génocide de l’histoire
contemporaine… Le 24 avril 1915, le gouvernement ottoman a procédé à
l'arrestation de toutes les personnalités arméniennes intellectuelles
et politiques d’Istanbul.
Cette opération a ouvert pour les Arméniens,
Assyriens-Araméens-Chaldéens-Syriaques, Juifs, Grecs pontiques et
Yézidis une période de déportations systématiques qui tendait à
l'élimination complète des peuples et communautés non-musulmanes qui
vivaient déjà en Anatolie avant l’arrivée des Turcs au 11e siècle.
Le génocide réalisé par le Comité Union et Progrès après les «coups
d'essai» d’Abdülhamid II, le Sultan Rouge, en 1894-1896 fut en tout
point conforme à la définition donnée par la Convention de 1948 sur la
Prévention et la Répression du Crime de Génocide.
Le régime kémaliste, héritier de l’ultra nationalisme du Comité Union
et Progrès, n’a jamais cessé les pratiques génocidaires, non seulement
contre nos peuples non-musulmans, mais également contre ses
coreligionnaires Kurdes et Arabes.
La migration forcée consécutive au traité de Lausanne de 1923 a mené à
une élimination presque totale de la présence de la population grecque
d’Anatolie.
En 1934, il y a eu un important pogrom contre les Juifs de la province d'Edirne.
Un génocide planifié dès 1932 et mis en place à partir de 1937 a conduit au massacre de milliers de citoyens à Dersim.
Pendant la deuxième guerre mondiale, des citoyens chrétiens et juifs
ont été envoyés au camp de travail forcé à Askale car ils n'avaient pu
payer les lourds impôts auxquels étaient assujettis seulement les
non-musulmans.
En effet, une paranoïa chronique a continué à déterminer la politique
des gouvernements successifs, même après le passage à un régime
parlementaire en 1946 sous la pression des alliés occidentaux.
Les pogroms et pillages de 1955 contre les minorités chrétiennes à
Istanbul et Izmir sont des complots honteux du pouvoir du parti
démocrate.
Les putschistes de 1971 et de 1980 sont responsables de pendaisons, de
tortures, d’arrestations massives, de répressions des citoyens kurdes
et turcs progressistes et démocrates ainsi que des minorités ethniques
et religieuses.
Le peuple kurde lutte contre la répression étatique depuis le début de l’ère républicaine.
Le lynchage médiatique demeure toujours une des méthodes honteuses de
l’Etat turc. Les pogroms de Hatay, Kahramanmaras et Corum dans les
années 60 et 70 contre des citoyens de gauche ou de confession alévie…
Le massacre par le feu de plus de trente intellectuels majoritairement
alévis à Sivas en 1993… Finalement, l’assassinat de notre frère Hrant
Dink devant son journal en 2007 à Istanbul.
Huit ans se sont écoulés depuis ce crime, mais l’Etat turc poursuit
toujours sa politique négationniste et, au centième anniversaire du
génocide, en 2015, utilise tous les moyens diplomatiques, économiques
et médiatiques pour éclipser sa commémoration.
L’organisation des cérémonies le 24 avril aux Dardanelles et surtout,
avec la complicité des dirigeants de la Belgique, l’attribution du
festival Europalia à la Turquie en sont deux exemples les plus
spectaculaires.
En raison des considérations électorales de tous les partis politiques
belges, les négationnistes turcs occupent déjà des postes clés dans les
assemblées fédérales, communautaires, régionales et communales.
Nos associations regroupant les descendants des victimes des pratiques
génocidaires de l’Etat turc et les exilés politiques alévis,
arméniens, Assyriens-Araméens-Chaldéens-Syriaques, grecs pontiques,
juifs, kurdes, turcs, et yézidis honoreront ensemble la mémoire des
victimes du génocide de 1915.
Nous revendiquons la reconnaissance de ce génocide par toutes les instances de l’Union européenne et de ses pays membres.
Comité des commémorations des victimes du génocide de 1915
Ateliers du Soleil
ATIK (Confédération des Ouvriers de Turquie en Europe)
Centre Culturel Kurde de Bruxelles
Collectif d’immigres en Belgique
Comité de Coordination Belge du Centenaire du Génocide Arménien
European Syriac Union
Fédération des Araméens (Syriaque) de Belgique
Fédération des Associations Kurdes en Belgique
Fédération Union des Alévis en Belgique- FUAB
Fondation Info-Türk
Institut Assyrien de Belgique
Institut Kurde de Bruxelles
La Maison des Yézidis
La Maison du peuple – BXL
pour tous renseignements Khatchik Demirci: e-mail :hacikdemirci@hotmail.com – GSM : 0489 739 701
GRANDE MARCHE A BRUXELLES
LE 24 AVRIL 2015 A 14 H
DE LA GARE CENTRALE A LA PLACE DU LUXEMBOURG
"100 ANS DE DENI CA SUFFIT - CONDAMNONS L’ETAT GENOCIDAIRE TURC"
Arrestation en Italie d'un Turc recherché dans son pays pour attentat
Un ressortissant turc, dont l'extradition a
été demandée par la Turquie pour sa participation présumée à un
attentat contre une banque d'Ankara en 1995, a été arrêté par la police
italienne près de Venise (nord-est), a annoncé lundi l'agence Agi.
Ce ressortissant turc, dont l'identité et l'âge n'ont pas été précisés,
serait membre du Front révolutionnaire de libération du peuple
(DHKP-C), un groupe radical turc d'extrême gauche, à l'origine de deux
attaques meurtrières mercredi et jeudi àn Istanbul. Il a été arrêté à
Mestre, port sur l'Adriatique proche de Venise, selon cette agence
italienne.
Il est également accusé par les autorités turques d'être un agent recruteur du DHKP-C, interdit en Turquie.
L'homme a été mis à disposition de la justice italienne à Venise qui doit décider de son extradition ou non vers la Turquie. (AFP, 6 avril
2015)
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