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Inci Tugsavul
23e Année - N°244
December/Décembre 1998
INTERIOR POLITICS/POLITIQUE
INTERIEURE
Yalim Erez nommé
Premier ministre
Yalim Erez, ministre de l'Industrie et du Commerce, a été
nommé Premier ministre par le président turc Suleyman Demirel
le 23 décembre , à quelques mois des législatives
prévues pour avril 1999.
Il succède ainsi au chef du Parti de la Gauche démocratique
(DSP, gauche nationale) Bulent Ecevit qui avait annoncé le 21 décembre
qu'il renonçait à former un gouvernement, ses efforts s'étant
soldés par un échec.
M. Erez, 54 ans, tentera la tâche ardue, vue la composition
fragmentée du parlement, de former une coalition gouvernementale
pour remplacer celle du premier ministre sortant Mesut Yilmaz, qui a été
destituée par le parlement le 25 novembre pour "liens avec la mafia".
"Je tenterai de former un gouvernement d'entente nationale", a poursuivi
M. Erez, indiquant qu'il entamerait avec Recai Kutan, chef du Parti
islamiste de la Vertu (FP), un premier tour de table avec les principaux
dirigeants politiques.
Le FP est le premier parti en sièges (144 sur 550) au parlement.
Il est suivi de l'ANAP (136), du Parti de la Juste Voie (DYP, droite, 99),
du DSP (61) et du parti républicain du peuple CHP (social-démocrate).
Le reste du parlement est composé de petits partis et de non-inscrits.
M. Erez, élu député en décembre 1995
sur les listes du DYP de Mme Tansu Ciller, qu'il a ensuite quitté
en avril 1997, pour protester contre l'alliance de ce parti avec les islamistes,
avait joué un rôle important dans la création du gouvernement
minoritaire de M. Yilmaz, en juin 1997.
Le mois dernier, avant même la destitution du gouvernement
de M. Yilmaz, M. Erez avait réclamé le poste de Premier ministre.
Mme Tansu Ciller, leader du DYP, a annoncé avant cette nomination
que son parti n'était pas favorable à la formation d'un gouvernement
conduit par un ancien membre du cabinet Yilmaz, réclamant pour elle
ce poste.
M. Erez a été le président de la puissante Union
des Chambres de Commerce et de Bourses (TOBB), avant de se lancer dans
la politique. Il avait été élu député
DYP de Mugla (sud-ouest) aux législatives de décembre 1995.
Il avait joué, en juin 1993, un rôle important dans
l'élection de Mme Ciller à la tête du DYP, après
que M. Demirel eut été élu président en mai
1993.
En avril 1997, M. Erez avait rompu avec Mme Ciller et démissionné
du DYP, en signe de protestation contre la poursuite de l'alliance gouvernementale
entre le DYP et le Parti islamiste de la Prospérité (RP),
aujourd'hui dissous pour "activités contraires à la laïcité
de l'Etat".
Si aucune coalition viable ne peut être mise en place jusqu'au
10 janvier, c'est-à-dire dans les 45 jours suivant la destitution
d'un gouvernement au parlement, M. Demirel peut nommer un gouvernement
intérimaire chargé de diriger le pays jusqu'aux législatives
d'avril.
Ce gouvernement, dirigé par un député désigné
par M. Demirel et appelé le "gouvernement de Cankaya", du nom du
palais présidentiel, n'a pas besoin de la confiance du parlement.
(AFP, 23 décembre 1998)
Chronology of Turkish
government crisis
Following is a chronology of the main events leading up to the appointment
of Yalim Erez as Turkey's prime minister-designate.
June 18, 1997 - Islamist Prime Minister Necmettin Erbakan resigns
under army pressure, requesting President Suleyman Demirel to hand power
to his coalition partner Tansu Ciller.
June 20 - Demirel angers the Islamists by picking main conservative
opposition Motherland Party leader Mesut Yilmaz.
June 30 - Yilmaz takes over as prime minister with leftist Ecevit
as his deputy united on an anti-Islamist agenda.
July 12 - Yilmaz coalition wins vote of confidence.
August 16 - Parliament passes a bill to curtail Islamic education,
sparking nationwide anti-government demonstrations.
December 14 - The European Union puts Turkey's entry bid on hold.
Turkey says it will cut political dialogue with the bloc.
March 20, 1998 - Leftist leader Deniz Baykal, who backed the coalition
on key votes, says the government is effectively finished. The army warns
Yilmaz not to go soft on Islamism.
June 3 - Yilmaz strikes a deal with Baykal under which he will resign
as prime minister at the end of 1998 so an interim government can rule
until elections in April 1999.
June 16 - Yilmaz signs the polls deal with Baykal.
July 30 - Parliament approves April 18, 1999, as the date for early
polls, not normally due until 2000.
August 4 - Businessman Korkmaz Yigit's $600 million bid is the highest
in a tender to buy Turkbank from the central bank.
September 3 - Yilmaz asks Baykal to reconsider their deal.
October 22 - Turkey says Syria has stopped aiding Kurdish rebels
following Turkish threats of military force.
November 10 - Baykal calls for Yilmaz to resign after Yigit alleges
corruption in the Turkbank sale.
November 12 - Kurdish rebel leader Abdullah Ocalan arrested in Rome,
leading to tension with Italy over his fate.
November 25 - Yilmaz loses a censure vote on alleged corruption in
the Turkbank sale, ending his government.
December 2 - Demirel nominates Ecevit to form a government.
December 21 - Ecevit abandons his search.
December 23 - Demirel mandates independent MP Yalim Erez to put together
a coalition.
Vingt-et-un
partis en lice pour les élections
Vingt-et-un partis politiques seront en lice en Turquie pour les
élections législatives anticipées et les municipales
prévues simultanément le 18 avril, a annoncé le Haut
comité électoral, chargé de la tenue des scrutins.
Les islamistes du Parti de la Vertu (FP) de M. Recai Kutan étaient
arrivés en téte lors des derniéres législatives
en 1995, suivis du Parti de la Mére Patrie (Anap, droite) du Premier
ministre sortant Mesut Yilmaz, du Parti de la Juste Voie (DYP, droite)
de l'ancien Premier ministre Tansu Ciller, du Parti de la Gauche Démocratique
(DSP, gauche nationale) du vice-Premier ministre sortant Bulent Ecevit
et du Parti Républicain du Peuple (CHP, social-démocrate)
de l'ex-ministre des Affaires étrangéres Deniz Baykal.
Ces formations sont les mieux placés pour étre à
nouveau représentées au parlement.
Selon la loi électorale, les partis politiques doivent dépasser
la barre de 10% des voix à l'échelon national pour obtenir
des siéges au parlement.
Les fonctionnaires qui veulent se porter candidats aux législatives
doivent démissionner de leur poste d'ici le 11 janvier.
Les législatives devaient avoir lieu normalement en décembre
2000. Mais en juillet dernier, elles avaient été avancées
sous la pression du CHP qui soutenait, sans y participer, le gouvernement
de coalition minoritaire de M. Yilmaz. Le parlement avait alors entériné
un accord conclu entre MM. Yilmaz et Baykal pour l'organisation simultanée
des législatives et des municipales.
Le gouvernement Yilmaz a été destitué au parlement
le 25 novembre par les partis d'opposition, dont le CHP, "pour liens avec
la mafia". (AFP, 4 janvier 1999)
HADEP's
"Natural allies" in coming elections
While debates on various government models are continuing in Ankara,
the issue of "after the recent developments, what can the People's Democracy
Party (HADEP) possibly do in the elections" is becoming a matter of interest.
HADEP has announced that initiatives to prepare for the elections have
been activated and subsequent to its recent party congress, it has launched
its political campaign.
HADEP has indicated that it will enter elections with the support
of its natural allies, the Freedom and Democracy Party (ODP), the Laborers'
Party (EMEP), the Turkey Socialist Workers' Party (TSIP) and the Socialist
Power Party (SIP), as well as support from unions and nongovernmental organizations.
HADEP, which seemed to have no obvious obstacle to entering the elections,
is now facing certain problems related to the Abdullah Ocalan crisis.
Based on an statement by the General Staff, an article by Turkish
Daily News Editor in Chief Ilnur Cevik indicated that HADEP could win 11
seats in Parliament if it participated in the elections by fielding independent
candidates. It was also stated in the same article that HADEP has the potential
to gain 8 percent of the total vote. This article had quite an effect
on HADEP circles and has convinced HADEP representatives that if an election
alliance were established with the ODP and the other leftist parties, the
10 percent threshold could be passed. According to surveys conducted by
some nongovernmental organizations, ODP has a 3 percent vote potential.
The Peace Party (BP) could also be convinced to participate in the
election block. While all this progress was building self confidence at
HADEP, the balance was suddenly changed.
Despite the fact that HADEP's vote potential remained stable, recent
developments have created anxiety that they would not be allowed to enter
the elections.
After many raids on all HADEP buildings and over 1,000 members were
taken into police custody due to the rise of nationalistic waves in western
Anatolia, HADEP is now trying to concentrate on what could possibly be
done about the elections.
Government officials, who despite their ongoing struggle with the
Kurdistan Workers' Party (PKK) and their saying that the Kurdish problem
should be separated from the PKK issue, have started to observe with great
anxiety that the Kurdish problem has begun to achieve a political dimension
on an international level -- because of their inability to support military
success in the Southeast with social reform.
The attitude officially adopted by the government, to add the words
"so called" in front of the titles of each and every sub organization affiliated
with the PKK, has developed into a posture of even relating to the southeastern
problem that was once recognized by all the prime ministers and the presidents,
with the prefix of "so called."
In light of recent developments, it is assumed that the southeastern
problem that has a communal, political and a social character will from
now on be referred to as a virtual (make believe) event.
The Motherland Party (ANAP), which was the senior member of the newly
ousted Motherleft minority coalition government, responded to external
developments by organizing interior reactions, and has, consequently, redefined
itself as a nationalist party. It seems that once the ANAP administration
establishes a cooperation with True Path Party (DYP) leader Tansu Ciller,
who has been flirting with the conservative nationalists for a long time,
Turkey will truly assume a rightist identity.
HADEP and the leftist parties that were unable to enter Parliament
have been conducting debates since September on possible alliance. A joint
opinion has already been established to restructure a political formation
similar to the "Labor, Peace and Freedom Block" that was formed among HADEP,
the BSP and the SIP during the 1995 elections.
At a meeting held in September with participation of the above political
parties and various organizations, like the Confederation of Revolutionary
Workers' Union (DISK), the Confederation of Public Workers' Union (KESK),
HAK-Is and TURK-Is labor confederations, the Turkish Union of Engineers
and Architects (TMMOB), the Human Rights Association (IHD), the Progressive
Jurists Association (CHD) and the Progressive Journalists Association (CGD),
it was agreed to form a unified body entitled the Rainbow Project.
Participants of the Rainbow Project, which was jointly established by 37
separate organizations, published a declaration to announce their objectives,
which stated that their main interest was not limited only by the elections,
but the body was formed to congregate all people that are willing to defend
the concepts of a clean society and clean politics, as well as democratic
principles. It was also stated that the social democrats are welcome to
take their place under the same roof.
ODP Deputy Chairman Yildirim Kaya said, "We lay great emphasis on
the Rainbow Project, which was established with the participation of 37
separate organizations. We announce that under the scope of this project,
we will join forces with those powers who appreciate labor, peace and free
cooperation. We realize that this cannot be achieved with the participation
of political parties only, and therefore, we are developing projects in
which civil initiatives could also take part. We consider HADEP as being
one of those powers also."
Kaya went on to say that due to an article in the election law, it
is mandatory for HADEP to enter elections under its own title. In other
words, even if an election alliance were established, ODP has to enter
elections under its own name, otherwise the party would be abolished.
A group within the ODP is strongly against going into alliance with
the HADEP. According to those who are against the alliance, cooperating
with the HADEP would damage their image in big cities, and furthermore,
it would prevent the ODP from conducting independent policies.
The HADEP administration on the other hand, has declared that they
would go into elections regardless of the conditions. During a two-day
meeting held by HADEP's executive board, the proposal suggested by President
Suleyman Demirel to adopt a two-tear election system was evaluated. Although
being convinced that the proposal is aimed to weaken the Virtue Party (FP)
in big cities and HADEP in the rural areas, the HADEP administration claims
that their party will get stronger even under this system. During
an interview with the TDN, HADEP member Zeynettin Unay stated: "People
that made these calculations were wrong. This will only help us to prosper.
People would react to a system that is implemented to weaken HADEP, and
consequently, the reactionary votes would all come to us. Lets say that
during the regional elections in Batman, HADEP received 40 percent of the
votes and entered the second round of the elections with the FP. Those
who proposed the two-tier system assume that the Republican People's Party
(CHP), the DYP and ANAP would automatically join forces against the HADEP.
What we think is completely opposite. We will receive all the reactionary
votes."
In response to a question about their party facing the risk of being
closed and their chairman being in police custody, Unay said: "It is only
natural that our leader being in jail represents a disadvantage for the
party. Knowing the problems we have to endure, people continue to provide
their support. I think the recent developments have increased our vote
potential. We do not foresee any possibility of being closed. The Ankara
State Security Court (DGM) has recently requested the Public Prosecutors
Office to bring certain charges against HADEP to close the party. Two other
requests previously submitted by the DGM were overturned by the prosecutor
of the High Court of Appeals due to technicalities. I am confident that
the last one will also be overturned based on insufficient evidence. There
are no legal obstacles for HADEP to participate in elections." It
is obvious that the recent developments had detrimental effects on HADEP
alliances. There are hard days ahead for HADEP, which had been eagerly
preparing to make a splash during elections. HADEP, which can partially
overcome the difficulties in regional elections by nominating some influential
characters, is also planning to enter elections with independent candidates,
in the case the efforts to establish alliances were to fail.
With increasing public reaction against HADEP, the stance of the
other leftist parties not represented in Parliament, which had drifted
apart from HADEP, is being kept under careful scrutiny as a candidate for
a possible alliance. There is one thing for certain; HADEP will insist
on forming alliances with those parties up until the last minute. (Turkish
Probe, December 6, 1998)
ARMED FORCES/FORCES ARMEES
The Army urges
Western understanding on PKK
The Turkish military urged the West on December 4 to back Ankara's
diplomatic drive against Kurdish guerrillas, describing separatist chief
Abdullah Ocalan's calls for peace as an empty deceit.
The General Secretariat of the General Staff told Reuters Ocalan's
Kurdistan Workers Party (PKK) had been greatly weakened as a fighting force.
Ocalan, now in Rome, was taking his "terror" abroad with a propaganda campaign.
"This separatist organisation seeks to use high values, to which
the Western World is particularly sensitive, for its own interests," the
General Secretariat said in a written reply to Reuters questions.
It was the first top-level public army comment on Ocalan since a
row broke out with NATO partner Italy over his fate. The General Secretariat
is responsible for communicating policy and views of the powerful military
to media and public bodies.
The General Staff said Ocalan, in Rome since his arrest there three
weeks ago, was misleading the West when he said he sought a peaceful solution
after 14 years of guerrilla conflict.
"Turkey is determined to combat terrorism without making any concessions
on its unity and its principles of human rights, democracy (and) secularism,"
it said.
"But we believe that this determination should also be shown by other
countries."
Ankara is accused by critics of closing the door to peace over many
years by refusing to deal with any bodies in recognising a separate Kurdish
ethnic identity within Turkey.
Recent comments by leading Turkish politicians suggest acknowledgement
of the existence of a "Kurdish issue," if only as a result of the devastation
wrought on the southeast by the conflict.
The prospect of Ocalan, blamed here for the deaths of 29,000, being
taken seriously abroad as a political figure becomes all the more galling,
not least to the military.
Ocalan has no previous credentials as anything other than a guerrilla
and Ankara insists it will never treat with him.
Ironically, it was an army-backed diplomatic campaign that drove
Ocalan, at the lowpoint of his military fortunes, from his hideout in Syria,
via Moscow, to Rome.
Only there has he found international attention. (Reuters, December
4, 1998)
STATE TERRORISM/TERREUR
DE L'ETAT
Will
1999 see an improvement over Turkey's 1998 human rights record?
With regard to human rights and democratization, the 55th government
has failed despite the priority given to both issues on the national agenda,
said Human Rights Association (IHD) Chairman Akin Birdal in a written statement
on December 31.
Birdal, who barely survived an armed attack in May, released the
"balance sheet" of the 1998 human rights record which confirms that Turkey
continues to fall short of the mark with respect to the issue.
In 1998, 167 unsolved murders were committed, 103 extra-judicial
killings resulted from torture under detention, 1,651 people were killed
in clashes, 90 civilians were killed and 164 injured in attacks against
civilians, 27 people mysteriously disappeared, 449 people were tortured
or alleged that they were tortured, 848 were attacked or faced threats
or intimidation, 30 villages were evacuated, 410 attacks were directed
at prison inmates, 135 political associations and publications were closed,
and there are still 133 people serving time in prison for "thought crimes."
While no constitutional amendments or legislation regarding human
rights and democratization have been adopted in Turkey, major strides have
been made in the world as a whole. As examples, Birdal cited the U.N. Human
Rights Commission's official recognition of two documents that seek to
protect human rights defenders, the agreement to establish an international
penalty court, the decisions reached by the Human Rights Summit that was
held in Paris and the trial of Pinochet.
In Turkey, on the other hand, attacks towards human rights activists
and organizations increased, particularly planned attacks that were directed
against the IHD and its members and executives. Birdal, who has been an
outspoken critic of Turkey's shaky human rights record and who has frequently
accused the state of conducting a "dirty war" against Kurdistan Workers'
Party (PKK) in the Southeast, was shot six times on May 12 and barely
survived the attack.
Voicing his expectations for 1999, Birdal said that human rights
violations must cease, the necessary legislation and amendments should
be adopted, the Kurdish problem should be solved in a peaceful and democratic
way, tolerance and understanding should increase, the will of the people
should prevail, the State Security Courts (DGM) should be dissolved and
intimidation and discrimination based on gender, religion and ethnicity
should stop. (TDN, January 1, 1999)
Bilan
des violations des droits de l'homme entre 1994-1997
A l'occasion du 50ème anniversaire de la déclaration
des droits de l'homme, l'association turque des droits de l'homme (IHD)
a rendu publique son bilan des violations des droits fondamentaux entre
1994 et 1997 en Turquie. Le bilan se présente comme suit:
Meurtres non élucidés: 1.578 morts,
Exécutions extra-judiciaires et de morts à la suite
de gardes à vue: 724
Morts au combat: 14.267
Nombre de personnes disparues à la suite d'une garde à
vue: 808
Nombre de personnes torturées: 3.124
Nombre d'arrestations: 6.654
Nombre de villages et hameaux évacués: 1.834
Nombre d'associations, de syndicats, d'organes de presse interdits:
508
Nombre de journalistes placés en garde à vue: 1.180
Nombre de prisonniers politiques 466
Mass arrest of HADEP supporters
Police have detained around 200 members and sympathisers of Turkey's
biggest legal Kurdish party (HADEP) on December 7 to try to halt a hunger
strike protesting against a crackdown on Kurdish activism.
Thousands of others were detained last month in nationwide police
raids on party offices following the arrest of Kurdish guerrilla leader
Abdullah Ocalan in Italy. Some were released and others were charged and
kept under arrest.
"Our hunger strike is continuing nationwide although some of party
members are in custody," Cabbar Leygara of HADEP told Reuters.
The party advocates a negotiated solution to the 14-year-old conflict
between security forces and Ocalan's Kurdistan Workers' Party (PKK) in
which more than 29,000 people have died.
Leygara said police had detained 86 HADEP members in the mainly-
Kurdish east and southeast and 23 more in the northwestern province of
Tekirdag. Around 105 party members were arrested in Istanbul.
Party leader Murat Bozlak was arrested in November on charges of
links to Ocalan's guerrillas. (Reuters, December 7, 1998)
The People's
Lawyers Office stormed by police
The People's Lawyers Office issued on January 8, 1999, the following
appeal to international human rights organizations:
"On January 8, 1999, 4 p.m., the People's Lawyers Office in Ankara
was stormed by the police. The raid was ordered by the State Prosecutor
of the State Security Court, Nuh Mete Yuksel. The approximately 15 lawyers
who arrived at the scene during the search were kept waiting outside the
office. Only lawyer Zeki Ruzgar was present during the
search.
"After the office rooms were searched, they went to the private apartment
of lawyer Zeki Ruzgar where the search was continued. In the course of
these searches, electronic equipment and office material were being confiscated.
Furthermore, several objects were confiscated in the private apartment
of the lawyer. Asked for the reason of the raid against the office, the
state prosecutor replied 'I'm the reason'. This made clear that there is
a conspiracy, organised by the state prosecutor of the State Security Court
and the police going on against our friend who works for rights and freedom.
Policemen told lawyers in the vicinity 'No to worry, Zeki Ruzgar is still
in good condition'. They also showed the picture of the lawyer of the People's
Lawyers Office, Fuat Erdogan, murdered a few years ago, and remarked: 'We
will do the same to him'.
"While in case of an accusation, lawyer Zeki Ruzgar may only be interrogated
by the state prosecutor personally, he was immediately handed over to the
police. Lawyer Zeki Ruezgar suffers from bone deterioration. Therefore
even a minor physical attack could lead to permanent bodily harm. Our colleague
Zeki Ruzgar was already almost beaten to death on January 13, 1994, in
the Ekin Cultural Centre where he was in the function of his work. His
hands and feet were chained and he was arrested although he informed them
he was a lawyer. He was brought to the Anti-Terror Department. At that
time too, it was state prosecutor of the State Security Court Nuh Mete
Yueksel who ordered the arrest and police detention of 13 days. Lawyer
Zeki Ruzgar was handed a statement that he was unable to work for 7 days
as a result of the torture he was submitted to while in police custody.
"As you know, lawyer Zeki Ruzgar works in our office in Ankara and
he is a person who is active against the violations of law in Turkey. These
activities are the only reason for his arrest. The arrest, and the way
it was conducted, constitute a turning point regarding the increasing attacks
against those who act for rights and freedom. Therefore we want to ask
your organisation to start an urgent campaign for the release of Zeki Ruzgar.
In any case, we will send you any further details. We wish you good luck
with your work."
Ankara
n'est pas "prête" à abolir la peine de mort
Le président de la République Demirel a estimé
le 26 décembre que la Turquie n'est pas "prête" à abolir
la peine capitale, affirmant qu'il n'existe pas dans l'opinion publique
turque une tendance favorable à cette éventualité.
"Actuellement la Turquie n'est pas prête à abolir la
peine de mort (...) Comment voulez vous abolir cette peine alors que des
attaques terroristes se poursuivent dans le pays", a indiqué M.
Demirel en réponse à une question lors de sa conférence
de presse traditionnelle de fin d'année.
La Turquie réclame l'extradition du chef du Parti des Travailleurs
du Kurdistan (PKK), Abdullah Ocalan, arrêté le 12 novembre
à Rome et libéré le 16 décembre. Rome s'y oppose
car la Turquie maintient la peine de mort bien qu'elle n'ait pas été
appliquée depuis 1984.
"Demander l'abolition de cette peine pour obtenir l'extradition du
chef terroriste est une condition très lourde", a estimé
M. Demirel.
Le ministre turc de la Justice Hasan Denizkurdu a présenté
à la mi-novembre au gouvernement un amendement afin d'abolir la
peine capitale mais celui-ci n'a pas reçu l'aval de la plupart des
ministres. (AFP, 26 décembre 1998)
4.000 islamistes
arrêtés en 10 ans en Turquie
Prés de 4.000 personnes, membres présumés d'organisations
islamistes clandestines, ont été capturées en 10 ans
en Turquie, a annoncé le 31 décembre un responsable de la
police anti-terroriste turque.
Ces organisations sont le "Hezbollah", le "Mouvement islamiste",
le "Front islamique des Combattants du Grand Orient" (IBDA-C) et "l'Etat
fédéré islamique d'Anatolie" (AFID), a indiqué
M. Kemal Donmez, responsable du département de lutte contre le terrorisme.
"Leur objectif est de renverser l'ordre contitutionnel établi
pour mettre en place un régime islamiste en Turquie à l'exemple
de l'Iran", a-t-il dit, cité par l'agence Anatolie.
Toutes ces organisations procédent parfois à une collaboration
avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), en rébellion
armée contre Ankara pour créer un Etat kurde indépendant
dans le sud-est de la Turquie à majorité kurde, selon lui.
L'organisation la plus visée par la police est le Hezbollah,
créée en 1991. Elle est active notamment dans le sud-est
de la Turquie et prés de 3.000 membres présumés du
Hezbollah ont été capturés lors d'opérations
policiéres, selon la méme source.
Quatre personnes ont éte tuées et 22 autres blessées
lors d'attentats à l'explosif perpétrés par IBDA-C,
notamment à Istanbul, une métropole de plus de 10 millions
d'habitants, a indiqué ce responsable.
Créée en 1985 et active à Istanbul depuis 1993,
cette organisation s'est faite connaître par des attentats à
la bombe, notamment contre des bars et discothéques vendant de l'alcool,
et contre des églises. 520 de ces membres ont été
arrétés par la police.
Le Mouvement islamiste, créé en 1987 à Batman
(Sud-est), est connu depuis 1993 par la police qui a capturé quelque
250 de ses militants lors d'opérations notamment à Istanbul.
L'AFID, dont l'ancien nom est la "Fédération des associations
et des communautés islamiques" (ICCB), créée en 1984,
est une organisation illégale basée à Cologne.
L'AFID prône l'instauration de la charia (loi islamique) en Turquie
et est dirigé par Metin Kaplan, dont la Turquie réclame l'extradition.
(AFP, le 1er janvier 1999)
PRESSURE ON
THE MEDIA/PRESSIONS SUR LES MEDIAS
Turk TV boss jailed
for insulting army
The owner of a local Turkish television station was sentenced to
more than two years in jail on December 9 for insulting the country's powerful
military, state-run Anatolian news agency said.
It said Ismail Yurdakok, head of Balikesir Karesi TV in western Turkey,
was jailed for two years and four months for "contempt and derision of
the Turkish Armed Forces" while referring to strict secularist former army
chief General Cevik Bir.
Turkey's generals brook little dissent over their prominent position
in the country enshrined in the constitution, drawn up during the last
period of direct military rule which ended in 1983.
Turkey's first Islamist-led government was toppled from power in
June last year under pressure from the generals. The European Union have
called the power of the army in Turkish politics "an anomaly." (Reuters,
December 9, 1998)
Protestation
contre la mise en liberté des tortionnaires
Le secrétaire général de Reporters Sans Frontières,
M. Robert Menard, a envoyé le 14 décembre 1998, la lettre
de protestation suivante au ministre de la Justice turc Hasan Denizkurdu:
"Monsieur le Ministre,
"Reporters sans frontières, organisation indépendante
de défense de la liberté de la presse dans le monde, s'inquiète
de la mise en liberté provisoire de cinq policiers accuses du meurtre
du journaliste Metin Goktepe, le 8 janvier 1996.
"Le 11 décembre, la cour d'assises d'Afyon, a décidé
de mettre en liberté provisoire cinq des six policiers accuses du
meurtre du journaliste de l'ancien quotidien d'extrême gauche Evrensel,
Metin Goktepe. Ceux-ci avaient ete condamnes, le 19 mars 1998, a une peine
de sept ans et demi de prison pour "homicide involontaire" a la suite d'un
proces entache de nombreuses irregularites. Le 17 juillet, la Cour de cassation
avait casse pour "vice de procédure" le verdict prononce en mars,
justifiant sa décision par le "manque d'approfondissement" de l'enquête
et la non audition de certains témoins.
"Reporters sans frontières s'inquiète de ces libérations,
alors que le procès semble approcher de son terme. Notre organisation
rappelle que jusqu'à la septième audience du procès,
le 21 août 1997, les policiers n'ont jamais été présents
dans le box des accusés bien qu'inculpes de meurtre. Le président
du tribunal avait alors reconnu ne pas savoir où ils se trouvaient.
Le 23 juillet 1997, le Premier ministre Mesut Yilmaz et le Président
Suleyman Demirel avaient dû intervenir pour que "l'administration
collabore avec la justice", et que les policiers se rendent a Afyon.
"Si la decision de mise en liberte provisoire de ces policiers a
ete justifiee au nom du droit de chacun d'etre juge dans un delai raisonnable
(article 5 alinea 3 de la Convention europeenne des droits de l'homme),
cette situation illustre l'extreme lenteur de la justice dans un proces
qui devait etre, pourtant, un exemple pour les droits de l'homme en Turquie.
Il faut rappeler qu'au cours des dix dernières années, vingt
journalistes ont trouve la mort sans que jamais personne n'ait été
condamne pour ces assassinats.
Alors que l'on approche du troisième anniversaire de la mort
du journaliste Metin Goktepe, notre organisation ne peut que s'inquiéter
de cette mise en liberté de policiers qui sont accusés de
meurtre et ont été une première fois reconnus coupables.
Cette remise en liberté est d'autant plus inquiétante, que,
comme vous le savez, plusieurs fois depuis la mort de Metin Goktepe, des
témoins cruciaux de ce meurtre ont été l'objet de
pressions et de menaces, certaines provenant des milieux de la police.
Reporters sans frontières vous demande de tout mettre en oeuvre
pour que le procès aboutisse rapidement a une décision juste
et équitable. En outre, nous vous demandons que toutes les mesures
soient prises pour que ces policiers soient effectivement présents
sur le banc des accuses lors des prochaines audiences."
Yurdatapan
and his friends at higher military court
We received the following message from human rights defender Sanar
Yurdatapan on December 30, 1998:
"Dear friends,
"Yesterday, I was in Ankara, for the hearing at the General Staff
Military Court about 'Freedom of Expression Vol. 16' Saruhan Oluçís
crime! (He was sentenced to an imprisoned for 2 months at Mamak Military
Prison ? Ankara. I refused to give any statement or answer the questions
of the judge, about the concent. I only insisted on the basic idea that:
"1. This court cannot try civilians. (Two of the judges and the prosecutor
are military. Plus, the third member of the court is not even a judge,
he is an ordinary military officer!) Military Courts are not 'Natural'
but 'Special' courts.
"2. The articles concerning this case, article 162 and article 155
of the Turkish Penal Code, are in a clear contradiction with article 19
of UHRD and article 10 of EHRD. Due to article 90 of the Constitution,
International Conventions, after the approval of the Parliament are accepted
as a part of the interior legislation and they cannot be sent to Constitutional
Court with demand of being cancelled.
"3. Military prosecutors answer as: 'Military Courts are based on
the article 145 of the constitution, established depending on a law, and
it is decided by the Ministry of Defence, that they are authorized to try
the crimes concerning some articles of the Penal Code, including article
155 (anti-military propaganda)' brings us only to a 'Deafs' Dialogue'.
There is also a hierarchy in legislation:
1.Constitution, 2. Laws, 3. Governmental Decisions, 4Ö etc. Due to article
90 of the constitution, International convertions are prior. Can a captain
give an order in contradiction with the general's order? If he does, who
obeys?
"4. Remember the 'Incal' decision of EHRC (April 1998): State Security
Courts cannot be accepted as 'Independent justice organs', because one
of the 3 judges is military. Here, in the military court everybody is military
and one of the judges is not even a judge! It is almost 100% that EHRC
will give a similar decision. Then who will pay me back the months I will
have to spend in military prison and more important than that, who will
bring back the broken prestige of Turkey in the world public opinion?
"Therefore, we invite you, judges and prosecutors who are in this
practice 24 hours a day, and hope that you will take your place beside
us, refusing take part in such cases by freezing the trials and sending
them to Constitutional Court.
"The case came to the last step, when I refused to make defence.
But somehow they decided to delay it to 09.02.1999 Tuesday, 09:35. The
same day, they gave a date ? at 09:25 hrs!?- for the next hearing of journalist
Koray Düzgören and singer Nilüfer Akbal for the booklet
'Freedom of Expression Vol.9' in which they participated at the crime!?
of consciencous objector Osman Murat Ülke.
"We invite international observers to both cases."
Journalist
sentenced to twenty-month prison term
RSF has protested a new sentencing of a Turkish journalist. On 18
December 1998, Nureddin Sirin, an editorialist with the Islamic daily "Selam",
was sentenced to a twenty-month prison term by Istanbul's State Security
Court No. 1 for "inciting hatred and racial discrimination through a publication"
(Article 312 of the Penal Code).
This sentencing follows the 15 July 1997 publication of an article
entitled "One has to side with the oppressed even if they are atheists."
The journalist presented his political view of the "Kurdish question" and
recognised the Kurdish people's cultural identity. Sirin has appealed the
sentence.
RSF is of the opinion that the incriminating article contains no
racist or xenophobic views and does not incite hatred. (RSF/IFEX, December
30, 1998)
KURDISH QUESTION/QUESTION
KURDE
Appel
de 75 personnalités kurdes pour une solution politique
Dans son éditorial du 3 décembre 1998, Cengiz Candar,
journaliste au quotidien turc Sabah souligne: "l'extradition d'Abdullah
Ocalan en Turquie suscite en réalité des inquiétudes
sur 'la politisation' du PKK et la conquête d'une 'légitimité'
en Europe (...) Jusqu'aujourd'hui 'une politique négationiste du
problème' a été observée. A partir de maintenant,
il faut reconnaître la réalité du problème et
formuler une politique à ce titre (...) Sur la scène politique
en Turquie, de nombreuses personnalités d'origine kurde ne sont
pas du PKK; la plus part d'entre eux ne sont même pas sympathisants
du PKK. Il y a cinq jours 75 d'entre eux ont fait une conférence
à Ankara (...) On se doit de prêter l'oreille à ce
que ces 75 personnalités issues d'un large éventail politique
ont à dire (...)".
En effet, soixante-quinze personnalités représentant
les divers secteurs de la mouvance non violente du mouvement kurde en Turquie
ont tenu, le 28 novembre, une réunion dans un grand hôtel
d'Ankara pour lancer un appel commun en faveur d'une solution politique
de la question kurde en Turquie.
Parmi les signataires de cet important texte figurent Serafettin
Elles, ancien ministre des travaux publics, Abdulmelik Firat, député
pendant plusieurs législatures au sein des partis de la Justice
et de la Juste Voie de S. Demirel; Ahmet Turk, ex-député,
ex-président du parti HEP, Adnan Ekmen, ex-dirigeant du SHP d'Erdal
Inönü, Mehmet Vural, ex-dirigeant du mouvement de la nouvelle
démocratie de Cem Boyner. M. Emin Sever, ex-député
social-démocrate. Voici les principaux extraits de cet appel:
"Les derniers développements en Turquie font l'objet, de manière
de plus en plus ample, de discussions à la fois en Turquie et dans
le monde. Conscients de notre devoir éthique et politique d'informer
l'opinion publique du pays et du monde entier et la presse, nous, soussignés,
faisons part de notre évaluation de la situation et de notre sensibilité
à ce sujet. Si (comme le prétendent les dirigeants turcs)
la question kurde n'existait pas, elle n'occuperait pas depuis 70 ans l'agenda
de la Turquie, ne deviendrait pas d'année en année plus brillante
pour se transformer aujourd'hui en problème fondamental de la Turquie
s'étendant avec ses flambées récentes au monde extérieur.
"En raison des positions basées sur la violence et la négation
des dirigeants de la Turquie, qui n'ont pas leur place dans nos sociétés
d'aujourd'hui, sur les problèmes fondamentaux du pays, y compris
la question kurde, l'idéologie dominante a conduit le pays vers
le chaos et la ruine. Suivant cette politique, des milliers de villages
kurdes ont été détruits et brûlés. Des
millions de Kurdes ont fui la torture et l'oppression et se sont réfugiés
dans les villes turques ou en Europe.
"Comme l'affaire Susurluk l'a mis en lumière, des bandes composées
de tueurs à gages et de trafiquants de drogue, ont assassiné
des milliers de personnes et en ont kidnappé et fait disparaître
autant. Devenues incontrôlables, ces bandes ont commencé à
s'accaparer des postes clés du pouvoir dans les domaines politique
et économique et ont ainsi transformé la Turquie en un paradis
de criminels. Dans ce tableau tragique, il y a une question dont la solution
exige une urgence absolue: la question kurde. Il faut l'appeler par son
nom et trouver une solution avec bon sens.
"On comprend maintenant que cette question ne peut être ni
réglée et ni étouffée par la violence. Elle
a un aspect politique et dépend directement de la démocratisation
de la Turquie.
"Profitant de la crise résultant de l'affaire Ocalan qui a
commencé avec la Syrie et qui continue à présent avec
l'Italie, les forces dominantes ont commencé à utiliser les
forces fascistes sous prétexte de protester contre l'Italie et ont
montré du doigt le peuple kurde en provoquant les sentiments chauvins
des foules. Elles s'en sont violemment prises aux partis et organisations
légales qui sont sensibles à la question kurde.
"Certains hauts dirigeants de l'État en collaboration avec
les média et certaines institutions se sont mis à provoquer
une confrontation entre Kurdes et Turcs. Cette vague chauvine a déjà
coûté la vie de certains de nos citoyens et pourrait conduire
la Turquie vers un chaos et une situation catastrophique, si la société
n'agit pas.
"Une telle chose ne profiterait à personne en Turquie.
"Tout autant que les autres ethnies, depuis des millénaires les
Kurdes ont également contribué à donner la vie à
cette région, à établir une civilisation et à
vivre avec humanisme et fraternité avec les Turcs. En Anatolie et
en Mésopotamie, les Kurdes et les Turcs ont vécu côte
à côte, en toute communion.
"On ne doit pas laisser une poignée de chauvins briser les
liens existants entre des peuples qui vivent de concert depuis des siècles.
On doit faire échec à ce genre d'ambition dès le début.
Les Kurdes tout autant que les Turcs ont besoin de la paix, de la démocratie,
du pain et de la liberté. Le problème ne se pose pas entre
eux mais avec les personnes qui les ont amenés jusqu'à cet
imbroglio. La Turquie se doit de se débarrasser de cette conception
primitive. La Turquie a soi-disant adopté le système démocratique,
signé la plupart des conventions internationales et s'est tournée
vers l'Union européenne fondée sur le principe universel
des droits de l'homme et des libertés individuelles. Or ce qui se
passe à l'intérieur du pays va à l'encontre de tout
cela.
"La société de Turquie doit désormais prendre
sa décision. Soit elle acceptera d'adopter les normes démocratiques
universelles pour son système afin de faire partie des pays démocratiques
et civilisés, soit elle jouera dans la ligue des régimes
dictatoriaux et primitifs du Moyen-Orient. Nous sommes en faveur de la
première option. La Turquie doit dès maintenant briser cette
vague chauvine, renoncer à la violence dans la solution des problèmes.
Il faut qu'elle crée un contexte démocratique et pacifique
pour le règlement de ses problèmes, à commencer par
la question kurde. L'avenir de la Turquie en passe par la paix et la démocratie.
Il faut pour cela: un système égalitaire basé sur
les principes du droit, doté d'une culture démocratique et
sur la tolérance que ces terres ont toujours cultivée.
"Comme on peut le constater avec les derniers développements,
nous assistons à des scènes de provocation dans une ambiance
de délire, ce qui produit les sentiments ultra-nationalistes et
une hostilité en Turquie. De tels comportements ne sont pas dans
l'intérêt de la Turquie ne peuvent pas résoudre nos
problèmes. Au contraire, il rendrait difficile la résolution
des problèmes et provoquerait de plus graves problèmes. De
telles réactions pouvant conduire la Turquie vers une guerre civile
ne devraient pas être considérées comme l'amour pour
la Turquie et le patriotisme. Il faut renoncer à ce genre de folie
sociale et de débordements démesurés. Les Kurdes aussi
devraient éviter toutes sortes de provocation pouvant servir à
alimenter un contexte de guerre que certains tentent de créer de
toutes leurs forces". (CILDEKT, 17 décembre 1998)
Abdullah Ocalan
wants an equitable trial
Kurdish rebel leader Abdullah Ocalan told a German news program on
December 6 that he wants to stand trial on terror and murder charges before
an international court.
Such a court could determine "if we or the Turkish government are
responsible for the war against each other, in which many thousand people
have died on both sides," he explained in an interview with station ZDF.
Ocalan, the leader of the outlawed Kurdish Workers Party, or PKK,
was arrested Nov. 15 in Rome, where he remains under police guard while
Italy weighs his asylum request and European leaders work toward setting
up an international court.
Italy and Germany agreed last month to push for a neutral tribunal.
The PKK has fought a 14-year war for Kurdish autonomy in southeastern
Turkey in which 37,000 people have been killed. Ocalan faces murder and
terror charges in Turkey and in Germany, but his fate remains uncertain.
Italy by law cannot extradite him to Turkey because he faces the
death penalty there. Germany has no death penalty, but Chancellor Gerhard
Schroeder ruled out seeking his extradition for fear of stirring unrest
among Germany's Turkish population of 2 million, one-fifth of which is
Kurdish.
Even as Ocalan gave his interview, 5,000 Turks were demonstrating
on December 6 in Frankfurt and Hamburg for the Kurdish leader to be sent
to Turkey for trial. (AP, December 6, 1998)
Ocalan Rally Draws
40,000 Kurds in Germany
About 40,000 Kurds from across Europe gathered in Germany on December
19 to demonstrate for the release of Kurdish guerrilla chief Abdullah Ocalan,
German police said.
An Italian appeals court formally freed Ocalan from detention on
December 16 a month after he slipped into Italy with a false passport.
But he remains under police surveillance and may not leave Italy.
The Italian government is embroiled in a row with Turkish authorities
over its refusal to extradite Ocalan to Turkey where he could face a possible
death sentence for leading a 14-year-old insurrection.
Kurdish protesters marched through Bonn holding pictures of the Kurdistan
Workers' Party (PKK) leader to press their demand for Ocalan to be granted
political asylum in Italy.
The protesters, who rallied under the banner "Peace, Freedom and
Democracy," also called for an international peace conference to debate
the Kurdish question.
Italy, which would prefer to send Ocalan before a European tribunal,
has said it will decide in the next few days whether to try Ocalan or expel
him. (Reuters, December 19, 1998)
Le
ministre italien de la Justice: Ocalan reste libre
Le ministre italien de la Justice Oliviero Diliberto a rejeté
une demande faite par la Turquie de remise aux arrêts d'Abdullah
Ocalan, et le chef kurde demeure ainsi libre de ses mouvements, a-t-on
appris le 24 décembre de source judiciaire.
Le ministre a répondu par la négative, dans un fax
envoyé à la Cour d'Appel de Rome, à la requête
de l'avocat du gouvernement turc, Me Augusto Sinagra, demandant des mesures
de restriction à la liberté du dirigeant kurde motivées
par un risque de fuite.
Le chef du Parti des travailleurs du Kurdistan avait été
arrêté le 12 novembre à son arrivée à
Rome, puis assigné à résidence le 29 novembre avant
d'être remis en liberté le 16 décembre.
Le 28 décembre, la cour d'Appel donnera formellement sa réponse
à la requête turque concernant l'arrestation en tenant compte
de l'avis du ministre de la Justice.
Des tractations sont menées depuis plusieurs jours pour trouver
un pays d'accueil pour celui que la Turquie considère comme son
ennemi public numéro un, mais le chef kurde demande des garanties
quant à sa sécurité personnelle et veut pouvoir continuer
à faire de la politique en faveur de la cause kurde.
Il voudrait également, indiquent ses proches, rester en Europe,
ce qui semble difficile, la plupart des pays ayant décliné
l'offre. L'Estonie évoquée a notamment démenti vouloir
accueillir M. Ocalan ainsi que la Norvège dont le porte-parole du
gouvernement a indiqué à l'AFP que son pays n'avait pas accordé
l'asile politique au chef kurde.
Cependant le porte-parole de M. Ocalan, M. Ahmed Yaman, a indiqué
le 24 décembre matin que son départ d'Italie était
imminent. "Je ne sais pas quand exactement, mais je peux vous assurer qu'il
quittera l'Italie au plus tard ces prochains jours." (AFP, 24 décembre
1998)
Turkey's
future depends on resolving Kurdish question
The Kurdish insurrection against the Turkish army, in which an estimated
30,000 people have been killed, is one of Ankara's most severe problems,
writes David Reed.
The Turkish national anthem sounds a little out of place in the mouths
of the Kurdish villagers of Yigityolu. This week, the military, press and
Emergency Zone Governor have descended on this tiny hamlet 75 miles from
the Syrian border on the scrub plains of Turkey's conflict-ridden south-east.
On every rooftop within a mile, soldiers finger automatic weapons,
and as the portly governor, Mr Aydin Arslan, makes his way between the
ramshackle buildings he is squeezed between heavily armed body guards.
"This is just security for my visit," he says. "There is no support among
these people for the PKK. There isn't a Kurdish problem in our region,
but a terrorism problem."
The brass band strikes up and the governor shovels a spadeful of
concrete to lay the foundations of a new school. The army's new role
as a benevolent giant stretching out a tender hand to the impoverished
Kurds aims to cut the support on the ground from under the PKK. It is classic
counter-insurgency. But while the army may win hearts and minds here, its
policy between 1992-95, which saw some 3,000 villages in this region emptied,
has left lasting scars.
"The day the soldiers came to empty our village, they stripped us
naked and beat us," says Ms Iffet Mutaf (40), speaking in her native Kurdish,
a language banned in schools and all public institutions. It is from among
Kurdish villagers like her - rounded up from their farms and corralled
into the south-east's major cities: cities such as Diyarbakir - that the
Kurdish Workers' Party and its leader, Mr Abdullah Ocalan, find greatest
support.
The 14-year war between the PKK and the Turkish army has cost an
estimated 30,000 lives and so tarnished Turkey's human rights record that
it is now a major obstacle to entry into the European Union.
In Turkey's capital, Ankara, the third floor of a police station
has been given over to the Mothers of the Martyrs, an organisation for
people like Ms Gulsen Ones whose husband, a policeman, was killed in 1981
by a 16-year-old PKK guerrilla. Her two children have had to grow up fatherless.
"When I sent my three year-old boy to primary school," she says,
"he always painted pictures of graveyards, so I had to send him for psychotherapy.
Now I want to ask those who talk about human rights: how about our human
rights, my children's rights, and how about my husband's life?"
It's human rights day in Turkey, and while the country is not winning
any awards, its human rights association is honouring doctors who saved
the life of its leading campaigner. In May this year, Mr Akin Birdal was
hit by six bullets in an assassination attempt. In answer to Ms Ones's
demand he says he wants human rights for all, but he sees the Kurdish issue
and the constitution that outlaws advocacy of anything but a unified Turkish
state as central to the country's sorry rights record.
"The main reasons for human rights violations are the legal and constitutional
structure here," he says. "They are based on the 1982 constitution put
in place after the military coup in 1980. We want Turkey to be in line
with the international conventions and declar ations she has signed up
to."
But just as soldiers still guard the mausoleum to the country's founder,
Kemal Ataturk, so the military still acts as the guardians of his vision
in Turkish politics. It was his dream that the ethnic divisions that unravelled
the Ottoman Empire not dog the secular state he founded in 1923.
Those suggesting a political answer, such as the leader of the party,
Hadep - which claims to democratically embrace the Kurdish issue - can
fall victim to the draconian constitution and be arrested. With Hadep's
leader in jail, the deputy director of the party, Mr Osman Ozcelik, suggested
that were Turkey more democratic, support for the PKK would fall away.
However, according to an international relations professor at Ankara
University and a lecturer at the National Security College, the authorities
in Turkey feel too insecure to trust the democratic route. "If we can build
confidence in Turkey then perhaps there can be more democratic solution
possible," Prof Hassan Kroni says.
That will come, he says, only after entry into Europe - ironically,
without a solution to the Kurdish issue, that is unlikely to happen.
In the meantime many Kurds will continue to place all their hope
in Mr Ocalan and the PKK. According to commentators it will not be until
the military cease their meddling in Turkish politics that the Kurdish
question will be addressed politically.
Perhaps then the Kurds will look less to the PKK to solve their ills,
and the Turkish national anthem will sound less out of place in the mouths
of Kurdish villagers. (Irish Times, December 24, 1998)
Kurdish Politicians
Charged with Rebel Ties
A Turkish prosecutor on December 28 charged 47 leaders and members
of the country's main Kurdish party with aiding the rebels of Kurdish guerrilla
leader Abdullah Ocalan.
The Anatolian news agency said prosecutor Talat Salk charged the
the People's Democracy Party (HADEP) officials with abetting the rebels
through statements and hunger strikes they began after Ocalan was arrested
in Rome last month.
If convicted the 47, among them party head Murat Bozlak, face between
four and seven years in jail.
Ocalan's arrest sparked short hunger strikes by Kurds across Turkey
in support of the Kurdistan Workers Party (PKK) leader. Such strikes are
a common form of political protest in Turkey.
Police detained hundreds of HADEP members and sympathisers in raids
on party offices where the hunger strikers had gathered.
"The unity and organic link between the PKK and HADEP was shown clearly
by documents found during searches of party local buildings," the agency
quoted Salk's indictment as saying.
The case adds to a growing number of charges against HADEP party
officials. A court has sentenced Bozlak to a year in jail for speeches
made in 1993. He is appealing the verdict.
Rome's Appeal Court on December 28 threw out a petition by lawyers
acting for Turkey asking Italy to put Kurdish rebel leader Abdullah Ocalan
under preventive detention.
Court president Tommaso Figliuzzi declared the request inadmissible,
saying it could only be granted at the behest of Italy's Justice Minister,
Oliviero Diliberto, who has already recommended the guerrilla leader remain
free.
The court also said the request to detain Ocalan, arrested in Rome
on a German warrant on November 12 but freed this month by a Rome appeals
court, itself lacked legal foundation. (Reuters, December 28, 1998)
NATIONAL MINORITIES/MINORITES
NATIONALES
Syrian Christian
prisoner's case at Strasbourg
The restructuring of the European Court of Human Rights (ECHR) put
into effect November 4 is expected to speed up Syrian Christian Soner Onder's
chances of having his case reviewed by a neutral judicial body outside
his native Turkey.
Otherwise, Onder faces another five and one-half years in a high-security
military prison cell, marked as a political prisoner aligned with the terrorist
activities of the Kurdistan Workers' Party (PKK).
A 17-year-old youth at the time of his arrest in December 1991, Onder
was accused of participating in a firebombing attack on an Istanbul department
store in which 12 people were killed by PKK. Despite clearcut testimony
contradicting the incriminating police report, as well as an official medical
report verifying his claims that torture was used to extort a false confession,
he was convicted and handed a death sentence, later commuted to life in
prison.
An affidavit from the Syrian Orthodox Metropolitan of Istanbul confirming
Onder's attendance at Christmas Day church services just prior to the December
25 attack was ignored by the Turkish courts. Nor was evidence produced
that Onder had any links with the PKK.
Now almost 25, he has already spent seven years behind bars. His
sentence was eventually reduced to 16 years and eight months because he
was less than 18 years of age at the time of his arrest. The Turkish penal
code forbids the death penalty against minors. He would be eligible for
parole after serving three-fourths of his sentence, a total of 12 years
and six months.
After exhausting all possible judicial appeals through the Turkish
State Security Courts and the Supreme Court, Onder's Turkish human rights
lawyer Hasip Kaplan filed an appeal last January before the ECHR in Strasbourg.
Kaplan is optimistic that the court's newly-streamlined hearing procedures
should bring up Onder's case for consideration during 1999.
"I am hoping for an unprejudiced decision from the European Court,"
Onder told relatives during a special family visit granted at Bayrampasa
Prison the last weekend in October, on the occasion of the 75th anniversary
of the Turkish Republic.
Normally incarcerated in Istanbul's Umraniye Military Prison, Onder
had been admitted to a hospital for minor surgery in mid October, just
days before a prison uprising broke out among his fellow political prisoners.
Family members admitted they were "relieved" that he was still recuperating
in the hospital ward of Bayrampasa Prison during the one-day protest October
24. The youth had suffered serious head injuries during a crackdown by
Umraniye prison guards in December 1995 in which several inmates were killed.
ECHR proceedings are conducted in English and French, requiring all
documents concerning Onder's case to be translated into both languages.
Kaplan, who said he lacked fluency in either of these languages, hopes
to be assisted by a European lawyer at the Strasbourg hearing of the case.
Onder's family believe the youth was arrested simply because his
identity card revealed that he was born in Diyarbakir, a major city in
the heavily Kurdish-populated southeast region of Turkey. Separatist forces
of the PKK have been fighting with government troops in the region since
1984, at the cost of more than 30,000 lives.
"Our whole family is awaiting a positive result from Strasbourg in
the shortest possible time", Onder's brother Teoman Onder told Compass
last month.
The latest ECHR reforms enacted November 4 require the court to function
full-time, eliminating the cumbersome backlog of cases from the 1992 policy
under which the Human Rights Commission spent a week of every month working
separately from the court.
As the judicial body of the Council of Europe, the ECHR is authorized
to hear appeals from private citizens of member nations, once all internal
legal avenues have been exhausted. Onder's case qualified for consideration
after his final appeal before the Turkish Supreme Court was rejected in
December 1997.
Turkey has a record 2,400 cases on file before the ECHR, the largest
number from any member nation. However, less than 10 percent are accepted
for formal review: only 29 of the 365 cases filed from Turkey during 1997
were accepted.
The Turkish government remains at odds with the ECHR over an array
of rulings against Turkey, the majority related to cases involving the
Kurdish struggle. In early November, the Turkish Justice Minister criticized
recent ECHR rulings, claiming the court's "biased rulings" were being used
to exert political pressure against Turkey. Turkey has threatened to suspend
its membership in the Council of Europe, which would freeze its implementation
of the court's rulings.
Onder's elderly mother and all but two fo his eight older siblings
have immigrated to Europe, part of the Syrian Christian diaspora from Southeast
Turkey where they were born. Numbering some 70,000 in the 1930s, less than
2,000 of the ancient community remain in the war-torn region, which still
boasts the oldest Christian monastery in the world at Tur Abdin. (HRWF-Compass,
November 20, 1998)
Assassination
of a Christian north of Tur Abdin
Hannah Atekti, a Christian in his sixties from south-east Turkey,
was assassinated by "unidentified" people on November 26 while guarding
his flock outside his village, Besbin. He was the head of the last Christian
family of this village. The announcement of the death of Hannah Atekti
has just been made to his son-in-law Isa Karakut, who took refuge in Belgium
in 1995 because he was threatened with death by Muslims.
Since the beginning of this decade, thousands of Christians have
fled from that part of Turkey because their security could not be guaranteed
any more. Although the gravity of the situation is well known, the Belgian
authorities persist in arbitrarily denying the right of asylum to Christians
coming from that region.
"Human Rights Without Frontiers" has met Isa Karakut who since July
1, 1998 has been threatened with deportation from Belgium back to Turkey.
He is a Chaldean Christian and the religious minority he belongs to is
systematically persecuted both by the local authorities and by the Kurds.
"Human Rights Without Frontiers" confirms the persecution of Christians
in south-east Turkey. However, the Belgian authorities think they there
is no risk for him as he left behind his wife, Kitane Atekti (29), and
their two children Ziver and Verine Karakut, respectively 7 and 5 years
old. Though, what is true is that men are the priority targets of the religious
hostility of the local population and that his wife wanted to stay in her
village to take care of her aged parents. Moreover, in 1995, Isa Karakut's
children were less than 4 and 2 years old. In such conditions, a travel
of several thousands of kilometres was not conceivable. Up to now, the
Belgian authorities have obstinately refused to take these local realities
into consideration.
Isa Karakut will "celebrate" the 50th anniversary of the Universal
Declaration of Human Rights mourning the death of his father-in-law, a
victim of religious hatred, and waiting in anxiety for deportation back
to Turkey. (HRWF, 9.12.1998)
MAFIA RELATIONS/RELATIONS
MAFIEUSES
Agitation
dans la police après des accusations de liens avec la mafia
La police turque était le 16 décembre en pleine ébullition,
après le limogeage du chef du département antidrogue de la
police d'Istanbul qui a accusé ses supérieurs d'avoir reçu
4 millions de dollars de pots-de-vin de chefs mafieux.
Ferruh Tankus a été rétrogradé lundi
au poste de chef d'un commissariat de quartier et, dans la foulée,
a accusé mardi des dirigeants de la police d'Istanbul d'avoir reçu
4 millions de dollars de mafieux se livrant au trafic de drogue.
"Mon départ à un autre poste a été rendu
possible par un pot-de-vin payé par des chefs mafieux à des
dirigeants policiers parce que je menais des opérations sans merci
et couronnées de succès contre ces mafieux", a affirmé
M. Tankus, sans donner de noms.
La presse estimait qu'il visait notamment le chef de la police d'Istanbul,
Hasan Ozdemir, et plusieurs de ses proches collaborateurs.
Le directeur général de la police nationale, Necati
Bilican, a accusé M. Tankus "d'avoir dissimulé jusqu'ici
ce qu'il savait, si ses accusations s'avèrent vraies". Le gouverneur
d'Istanbul Erol Cakir a pour sa part accusé M. Tankus d'avoir "des
liens avec les organisations criminelles".
Le ministère de l'Intérieur a ouvert une enquête
sur les déclarations de M. Tankus et l'a limogé du poste
auquel il venait d'être nommé. (AFP, 16 décembre 1998)
Drug dealer's
prison death raises storm in Turkey
The mysterious suicide of a drug trafficker who had accused the police
of links to organised crime sparked a storm of questions in the Turkish
press on December 29.
An official inquiry into the death of Huseyin Uzun, found hanged
on December 26 in the toilets at the Organised Crime Bureau in Istanbul,
ruled on December 28 that the jailed drugs trafficker had committed suicide.
Huseyin gave himself up to police last week and the press said he
had made a lengthy confession accusing high-ranking Istanbul police officials
of taking bribes from drugs barons.
His accusations focused on the former chief of the anti-drugs squad
Ferruh Tankus, who was sacked from his post last week.
Tankus, who was demoted to the rank of local police station chief,
accused his superiors of taking four million dollars in bribes from mafia
bosses in return for his dismissal after his crackdown on the drugs trade.
Uzun's lawyer disputed the suicide verdict, arguing that his 180- centimetres
(six foot) tall client could not have hanged himself in the alleged space,
which was only 150 centimetres (five feet) high.
He said: "A suicide should look like a suicide." The Turkish
press asked on December 29 whether Uzun had been silenced by the men he
had accused or by his police questioners. The press also mooted the idea
that he had been killed by the mafia.
The popular daily Sabah said: "Scandals which can overthrow a government
in a civilised country are accepted in our country as ordinary events."
The government of outgoing premier Mesut Yilmaz collapsed last month
amid allegations of the premier's links with organised crime. (AFP, December
29, 1998)
SOCIO-ECONOMIC/SOCIO-ECONOMIQUE
Global
economic crisis fuels Turkish unemployment
World financial woes are triggering large-scale layoffs in Turkey
and intensifying pressure for new economic policies but the country is
struggling even to form a new government, business groups said. The slowdown
is being felt most acutely in the vital textile sector, focused in the
Aegean region, where companies are being increasingly challenge by cheaper
foreign competition and funding problems. "The crisis is escalating by
the day. The sector's problems must be addressed immediately," said Hasan
Ozmen, chairman of the Chamber of Commerce in Izmir. "If this crisis is
not solved and the (textile) sector collapses, nobody will be able to get
up from under it."
Turkey's textile and readywear sectors account for 39 percent of
its total industrial production and some 10 percent of its gross national
product. Faruk Giyik, deputy chairman of the Aegean Clothing Manufacturers'
Association, quoted a sector report as saying more than 300 companies had
closed in the last year, leaving 20,000 people unemployed. "Hundreds of
firms are facing closure in our region. Around 300,000 people are facing
the threat of redundancy," he told a sector meeting at the weekend to discuss
the crisis. The downturn is evident across the country, leading Turkey
towards stagnation and possible recession next year, according to Professor
Esfender Korkmaz, head of Istanbul University economics faculty.
Gross national product growth slowed sharply to 1.9 percent year-on-year
in the third quarter from 8.3 percent in 1997. Turkey's official unemployment
rate rose to 6.4 percent in April, from 5.9 percent a year earlier, but
analysts believe it could be higher. "Turkey's economy will shrink in 1999
unless necessary steps are taken," Korkmaz told Reuters in an interview.
Newspaper front pages reflected the concerns. "Unemployment Alarm," said
the mass-circulation daily Sabah. "The crisis has hurt Turkey badly." It
said 10,500 people had been made redundant in the southeastern province
of Gaziantep. Some 5,000 will be made redundant in the southern province
of Adana at the weekend.
Textile sector representatives say part of the problem is the high
financing costs which they have to pay. They pointed to interest rates
of around 145 percent, while annual consumer price inflation stands at
72.8 percent. Political uncertainty generated by the government's recent
collapse, and apparent difficulties in establishing its successor, point
to a worsening of the situation, business leaders said. "1999 looks bleak,"
said Ankara Chamber of Industry chairman Zafer Caglayan.
Alongside textiles, the readywear sector, metal industry and building
sectors were feeling the pinch. Associated industries are expected to be
next on the list, Caglayan said. He said government anti-inflationary policies,
designed to curb demand, were at the heart of the slowdown. (Reuters, December
7, 1998)
Net minimum monthly
wage $ 184 in Turkey
Gross minimum wage was decided as TL 78,075,000 ($ 250)for the first
six months and TL 93,600,000 for the second half of 1999 for workers over
the age of 16. For workers under the age of 16, gross minimum wage will
be TL 66,363,750 and TL 79,560,000 for the first and second halves of 1999.
(1 $=312.860 TL Official Rate)
The new minimum wage was increased by 103.2 percent compared to the
minimum wage for the first half of 1998. The new minimum wage was accepted
in the Commission of Determining Minimum Wage unanimously on December 29,
1998.
Labor Minister Nami Cagan announced the decision stating that for
the first time, minimum wage was determined for six months. The net minimum
wage for the first half of 1999 will be TL 57,620,790 ($ 184)for those
over 16. Cagan said that the minimum wage hike is well over the annual
inflation rate, the Anatolia news agency reported.
When it was considered that consumer prices index is 73 percent,
it would be seen that the real increase is 22.6 percent, said Cagan.
On the other hand, Turk-Is's Third Region Representative Mustafa
Kundakci claimed that the new minimum wage will drive 4-4.5 million workers
into desperation and they are not satisfied with it. Kundakci said "In
November, the food spending of a four-member family reached TL 85 million.
When sheltering, clothing, education and health expenses are considered,
it can be seen that this amount is not enough meeting a four-member family's
basic needs."
Salih Kilic, general education secretary of Turk-Is, said that they
spent effort for improving unequal income distribution. Kilic warned that
if income distribution is not bettered, social explosions can be experienced.
However, Deputy General Secretary of the Confederation of Turkish
Employers' Unions (TISK) Bulent Pirler said that their warnings that if
the minimum wage is increased too sharply, then unemployment will increase
were not taken into consideration. (TDN, December 30 1998)
RELATIONS
WITH THE WEST/RELATIONS AVEC L'OUEST
Mme
Mitterrand demande l'expulsion de l'ambassadeur turc
Mme Danielle Mitterrand a demandé aux autorités françaises
de juger ou d'expulser l'ambassadeur de Turquie en France, Sonmez Koksal,
estimant sa responsabilité engagée dans la répression
contre les nationalistes kurdes.
Cette demande est exprimée dans un communiqué signé,
notamment, d'organisations dont la veuve du président François
Mitterrand est la présidente: France-Liberté et le Comité
international pour la libération des députés kurdes
emprisonnés en Turquie (CILDEKT).
Le texte, parvenu le 3 décembre à l'AFP, rappelle que
Sonmez Koksal était, avant de prendre son poste à Paris,
le chef du service de renseignement turc (MIT). Il a occupé cette
fonction de 1993 à 1997, période pendant laquelle ce service,
selon le texte, a participé à "la politique d'élimination
physique des élites intellectuelles kurdes suspectées de
nationalisme".
Les organisations signataires demandent aux autorités françaises
"de lever son immunité diplomatique" afin "qu'il puisse répondre
devant la justice des crimes commis sous son autorité par sa police
ou à défaut de le déclarer non grata et de l'expulser".
(AFP, 3 décembre 1998)
Le
parlement européen demande une solution politique à la question
kurde
Dans une résolution datée du 3 décembre 1998,
le Parlement européen, en réitérant sa demande pour
la "libération de Leyla Zana, lauréate du prix Sakharov,
et de tous les prisonniers politiques", a appelé à la solution
pacifique du problème kurde et à un "dialogue entre les forces
sociales pertinentes, dont les représentants de population kurde".
L'instance européenne a demandé que les "droits culturels
garantis constitutionnellement, y compris la liberté d'expression
et la publication en langue kurde, ainsi que le droit à une éducation
dans la langue maternelle dans toutes les régions de la Turquie"
soient mis en place. D'autre part, il a appelé à la "mise
en uvre de réformes démocratiques" permettant "la participation
et une représentation équitable de tous les intérêts"
à l'Assemblée nationale turque, mais également "à
la réforme de la loi sur les partis politiques, la loi électorale
et, en particulier, l'abaissement du seuil des 10% pour la représentation
politique, ainsi que l'abrogation de la législation "antiterroriste",
et plus spécialement de l'odieux article 8 en vertu duquel des intellectuels,
des écrivains et des personnalités politiques restent détenus".
De plus, la résolution demande "l'abandon de l'actuel rôle
constitutionnel des militaires dans le système politique" et donc
d'aller vers "la démilitarisation de la société turque",
mais aussi "la levée de l'état d'urgence dans les provinces
de l'est et du Sud-est et le démantèlement du système
de gardes dans les villages de ces régions". Le Parlement européen
met l'accent sur "le développement social et économique au
profit de la population située dans les régions dévastées
par le violent conflit et qui a souffert des effets à long terme
du manque d'investissements et de la destruction des infrastructures".
(CILDEKT, 17 décembre 1998)
Ankara
qualifie d'"ingérence" la résolution du parlement européen
Le président turc Suleyman Demirel a condamné le 4
décembre une résolution du parlement européen qui
a adopté le 3 décembre un rapport sur la Turquie proposant
une conférence européenne sur les Kurdes, la qualifiant "d'ingérence"
dans les affaires intérieures de la Turquie.
"C'est une ingérence directe dans les affaires intérieures
de la Turquie", a déclaré M. Demirel, dans l'avion qui le
ramenait à Ankara d'une visite en Roumanie.
Le parlement européen a adopté un rapport sur la Turquie
élaboré par le parlementaire autrichien Hannes Swoboda, demandant
la tenue d'une conférence internationale sur les Kurdes et l'établissement
d'un dialogue entre "les autorités turques et les représentants
du peuple kurde".
"Toute résolution, toute intervention visant l'intégrité
territoriale, la souveraineté de la Turquie et ses affaires intérieures
est inadmissible", a dit M. Demirel, cité par l'agence Anatolie.
Le rapport Swoboda demande également qu'Ankara "réponde
favorablement à la trêve" déclarée unilatéralement
à compter du 1er septembre par le Parti des travailleurs du Kurdistan
(PKK), en rébellion armée contre Ankara pour créer
un Etat kurde indépendant dans le sud-est de la Turquie, à
majorité kurde.
"Deux autres résolutions identiques ont été
adoptées par le parlement européen en septembre 1992 et en
juillet 1993 (...) S'il (parlement européen) veut dire que la Turquie
sera acceptée à l'Union européenne en cas de division
de notre pays, nous ne voulons pas (adhérer à) l'UE", a indiqué
M. Demirel.
La trêve du PKK, dont le chef Abdullah Ocalan a été
assigné à résidence à Rome par la justice italienne,
avait été immédiatement rejetée par les autorités
turques.
Le ministère des Affaires étrangères a pour
sa part accusé le parlement européen "d'être le porte-parole
des milieux hostiles à la Turquie".
"Il est évident que le parlement européen n'a cette
fois non plus adopté une attitude susceptible de contribuer au développement
des relations entre la Turquie et l'UE", indique un communiqué de
la diplomatie turque.
"Le parlement européen insiste pour poursuivre son attitude
qui n'est pas constructive et réaliste", ajoute le texte.
"Cette approche déformée, qui reste indifférente
à la mort des milliers de citoyens turcs, signifie une approbation
du terrorisme. Nous condamnons cette approche de la façon la plus
sévère au nom des familles victimes du terrorisme", affirme
le ministère des Affaires étrangères. (AFP, 4 décembre
1998)
Règlement
à l'amiable: Ankara paye 1 million de francs à deux plaignants
Le gouvernement turc a accepté de verser 1,02 million de francs
(environ 182.000 dollars) au total aux parents de deux hommes "prétendument
tués par les forces de l'ordre après avoir été
torturés", a annoncé le 4 décembre le Conseil de l'Europe
dans un communiqué.
Ce règlement à l'amiable met un terme à une
procédure judiciaire engagée au niveau européen en
décembre 1994 par le père de l'un des deux tués et
le frère de l'autre. Les deux décès remontent à
mai 1992.
Les deux victimes avaient été arrêtées
avec trois amis par des gendarmes dans l'est de la Turquie, où les
forces de sécurité turques et des rebelles kurdes se livrent
depuis plusieurs années une lutte sanglante. Les cinq corps avaient
été retrouvés par la suite près du lieu de
l'arrestation.
Des traces de torture avaient été décelées
et le procureur de la République avait estimé que les victimes,
d'abord couchées au sol sur le ventre, avaient été
tuées ensuite par des balles tirées dans la tête.
Le gouvernement turc avait alors soutenu que des armes se trouvaient
dans leur voiture et que les cinq personnes avaient été tuées
lors d'un affrontement entre les forces de l'ordre et un autre groupe composé
de "terroristes", selon Ankara.
Selon le gouvernement, une enquête sur cette affaire est en
cours devant le procureur de la République près de la Cour
de sûreté de l'Etat de Diyarbakir.
Ankara a cependant accepté de verser 510.000 FF à chacun
des requérants. (AFP, 4 décembre 1998)
EU says no place
for Turkey at Vienna summit
European Union foreign ministers said on December 7 Turkey would
not be invited to a two-day EU summit in Vienna on December 11 to join
11 candidates involved in the 15-nation bloc's eastward expansion drive.
After a day of wrangling in which Greece dug in its heels against
treating Turkey as a candidate member, Austrian Foreign Minister Wolfgang
Schuessel told a news conference that the current lack of a government
in Ankara made an invitation difficult.
He played down talk of a crisis in EU-Turkey relations. "I don't
think we are facing any serious crisis with Turkey," he said after a meeting
in which ministers also favoured sending Kurdistan Workers' Party (PKK)
leader Abdullah Ocalan for international trial.
Schuessel said ministers expressed broad support for an international
solution to the diplomatic crisis prompted by Ocalan's arrest in Italy
last month.
A year ago in Luxembourg EU leaders had snubbed Turkey's longstanding
bid to join the Western bloc when they left it off an invitation to join
the expansion process involving 10 former communist bloc countries and
the Mediterranean island of Cyprus. (Reuters, December 7, 1998)
La presse
turque tente d'expliquer l'échec d'Ankara
L'Union européenne attend les résultats des prochaines
élections en Turquie, qui se heurte, en outre, toujours au refus
de la Grèce de la voir adhérer à l'UE, estimait le
13 décembre la presse turque pour expliquer l'échec d'Ankara
à se faire reconnaître officiellement comme candidat à
l'entrée dans l'UE.
Ankara a décidé le 12 décembre de geler de nouveau
ses relations politiques avec l'Union européenne, en riposte au
fait que les Quinze ne l'ont toujours pas explicitement désignée
comme candidate à l'adhésion, lors de leur sommet à
Vienne.
"L'Union européenne attend que les élections se soient
déroulées en Turquie", écrit le quotidien Radikal
(libéral). "La Turquie est bien le 12e candidat (à l'entrée
dans) l'Union. Le seul problème est le veto d'Athènes et
le fait qu'il n'y a pas de gouvernement à Ankara", poursuit-il.
Le Premier ministre turc désigné Bulent Ecevit s'est
déclaré le 10 décembre sur le point d'abandonner la
tâche de former un nouveau gouvernement. Si aucune coalition viable
n'est trouvée d'ici mi-janvier, le président turc Suleyman
Demirel peut nommer un gouvernement intérimaire jusqu'aux élections
législatives d'avril.
"Cette fois, 14 pays membres ont officiellement reconnu que la Turquie
était candidate", écrit, pour sa part, Sabah, citant une
source non identifiée au ministère des Affaires étrangères.
"L'Allemagne, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas et la France notamment ont
fait un grand effort. Mais l'obstacle de la Grèce n'a pas pu être
surmonté", ajoute le quotidien.
En décembre 1997, ulcérée d'avoir été
laissée à l'écart de la liste des onze pays officiellement
candidats à l'adhésion par le sommet européen de Luxembourg,
la Turquie avait décidé de geler ses relations politiques
avec les Quinze. Dans un rapport le mois dernier, la Commission de Bruxelles
avait inclu la Turquie parmi les pays candidats, suscitant à Ankara
l'espoir que la décision de Luxembourg serait révisée
à Vienne.(AFP, 13 décembre 1998)
Le rapport
de Human Rights Watch sur la Turquie
Selon le rapport de l'organisation Human Rights Watch, rendu public
le 3 décembre 1998, les scandales en série concernant les
bandes illégales au sein de forces de sécurité de
l'État, la montée de l'islam politique et le conflit armé
dans le Sud-Est (kurde) ont marqué le bilan des droits de l'homme
et l'agenda politique de la Turquie en 1998. Malgré des débats
vigoureux entre dirigeants politiques et représentants de la société
civile à propos de la nécessité d'"un État
de droit", des lois restreignant les libertés d'expression et de
réunion ont continué à être appliquées
de manière arbitraire. Les militaires ont continué, à
travers les privilèges qu'ils se sont attribués dans la Constitution
de 1982, à exercer une influence sur la vie politique de manière
tout à fait incompatible avec les standards des États démocratiques.
Les partis politiques pro-islamiste, pro-kurde ou de tendance gauchiste
ont fait l'objet de harcèlements et certains de leurs locaux ont
été fermés. Il y a eu des attaques violentes contre
des défenseurs des droits de l'homme et des bureaux de groupes de
défense des droits de l'homme ont été fermés
occasionnellement. La liberté d'expression a été restreinte
par les actions arbitraires et abusives de la police. En raison de poursuites
légales en vigueur, nombre de manifestants non-violents, d'écrivains
et de journalistes ont été arrêtés et plusieurs
publications interdites durant toute l'année. Bien que des dirigeants
de haut rang aient condamné l'usage de torture et promis de faire
des réformes, la torture a continué à rester très
largement pratiquée en détention et ceux qui en étaient
accusés ont reçu plutôt de la clémence ou n'ont
pas été du tout condamnés dans certains cas bien connus
(...).
(...) Les scandales en série à propos de militants
d'extrême droite et de membres d'organisations de crime organisé
- appelés soi-disant "bandes ou gangs illégaux" - que les
forces de sécurité de l'État ont mis à leur
solde pour commettre des abus de droits de l'homme, ont occupé le
premier plan du débat politique en Turquie. Les investigations du
Parlement et du gouvernement relatives à l'accident de route à
Susurluk qui a révélé en 1996 l'évidence de
liens entre les forces de sécurité de l'État et ultra-nationalistes
fugitifs, ont donné lieu à certaines poursuites très
minimes. En 1998, plusieurs procès entamés contre des membres
présumés de ces soi-disant "gangs illégaux" étaient
en cours, mais les investigations qui pourraient donner lieu à l'implication
de certains bureaucrates bien placés, poursuivent leur chemin très
lentement (...).
(...) Bien que le conflit armé dans le Sud-Est ait perdu de
son intensité, les forces gouvernementales et à la fois celles
du PKK ont commis des sérieuses violations de droits de l'homme.
Des protecteurs de villages - d'origine kurde, ils fonctionnent comme gardiens
civils désignés par l'État dans le Sud-Est - et les
civils sont restés vulnérables dans la région. Durant
une mission parlementaire sur les droits de l'homme, le gouverneur de Batman
affirme que des méthodes qui sont loin d'"être qualifiées
de normes acceptables" sont utilisées pour convaincre les villageois
de ne pas soutenir le PKK. Les villageois précisent ces méthodes
: marcher sur les champs de mines, torture des membres de famille ou de
voisins (...)
(...) Cependant, en 1998, même des journalistes et écrivains
éminents ont été poursuivis en vertu de la loi anti-terreur.
Parmi eux, on peut énumérer l'emprisonnement du professeur
d'université Haluk Gerger (relâchés neuf mois plus
tard), du journaliste Ragip Duran (condamnés à dix mois de
prison) and de l'avocat et activiste humanitaire Esber Yagmurdereli (condamné
à vingt ans de prison), tous pour des raisons liées à
la liberté d'expression. Le 21 mars, un communiqué de l'état-major
des armées excluaient deux principaux éditorialistes libéraux
Mehmet Ali Birand (Sabah-Show TV) et Yalcin Dogan (Milliyet, NTV) de toute
sorte de reportages sur les militaires, sur des sites militaires ou de
réaliser des reportages avec le personnel militaire (...)
()Le gouvernement a souvent évoqué la loi anti-terreur
pour punir les propos tenus relatifs à l'expression de l'identité
kurde. Le journal Ulkede Gündem, défenseur de la reconnaissance
de l'identité kurde, a été condamné à
une amende de 40 milliards de livres turques (12000 $) durant l'année
1998 et fermé par un arrêt judiciaire pour une durée
de 312 jours. L'hebdomadaire Hêvi (Espoir), connu pour sa prise de
position non-violente, a été confisqué quarante-trois
fois pour les neuf premiers mois de l'année. Sefik Beyaz, ex-président
de l'Institut kurde d'Istanbul a, quant à lui, a été
condamné à un an de prison et à une amende de 100
$ "pour avoir fait de la propagande séparatiste en jouant de la
musique kurde" durant sa campagne électorale en 1995. (CILDEKT,
17 décembre 1998)
Pope's
Cordial Christmas greeting to Kurdish People
A tired-looking Pope John Paul II offered a Christmas prayer that
people stand firm against violence and work to end weapons production,
the death penalty and genocide.
After leading the faithful in a Christmas Eve midnight Mass that
ended about 1:30 a.m., John Paul had a few hours to rest before appearing
on the central balcony of St. Peter's Basilica at noon today to deliver
his traditional "Urbi et Orbi" message.
His speech mentioned no region except for the Middle East. However,
at the end of his speech, John Paul offered an unscripted "cordial greeting
to the Kurdish people."
A small group of Kurds was reportedly in the crowd of about 40,000
people in St. Peter's Square.(AP, December 26, 1998)
REGIONAL RELATIONS/RELATIONS
REGIONALES
Le
parlement turc reconduit le mandat de "Northern Watch"
Le parlement turc a décidé le 24 décembre de
reconduire, pour une durée de six mois, le mandat de la force multinationale
"Northern Watch" déployée sur la base turque d'Incirlik (sud),
chargée de surveiller la zone d'exclusion de vol imposée
à l'aviation irakienne au nord du 36ème parallèle,
a rapporté l'agence Anatolie.
La base d'Incirlik, située près d'Adana, avait été
massivement utilisée par l'aviation américaine lors de la
guerre du Golfe, en 1991, pour des raids aériens sur l'Irak.
"Northern Watch" est composée essentiellement d'avions américains
et britanniques, chargés de surveiller la zone d'interdiction de
vol imposée au nord du 36ème parallèle depuis la fin
de la guerre du Golfe.
La Turquie faisait partie de la coalition anti-irakienne formée
sous la direction des Etats-Unis lors de la crise du Golfe.
L'assemblée turque procède à la reconduction
du mandat de cette force tous les six mois. (AFP, 24 décembre 1998)